Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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An Pierlé

De l'émotion, de l'énergie, du charme et de l'humour...

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La grande salle de la Maison de la Culture était presque pleine pour accueillir An Pierlé et son White Velvet. Pas vraiment un endroit adapté pour un concert de pop ou de rock, vu sa configuration en gradins et ses chaises (davantage destinée aux spectacles de théâtre, de cinéma ou de variétés et surtout de musique classique), mais finalement jugé très confortable par la majorité du public présent au cours de soirée, un public constitué pour la majorité de trentenaires, de quadragénaires et même de quinquas. En avril 2002, l’artiste s’était produite dans la petite salle devant un parterre réunissant essentiellement des jeunes. Depuis, elle a quand même commis un opus en compagnie d’un orchestre symphonique ("Live Jet set with Orchestra") et l’an dernier, « An Pierlé & White Velvet ». Il était donc fort intéressant de la revoir, sous un nouvel angle…

En première partie, Allan Muller s’est fendu d’un set d’une demi-heure. Muller n’est pas un néophyte, puisqu’en 1994, il militait chez Metal Molly, une formation belge responsable de trois albums. En 2003, il a également transité par Satellite City, un groupe dont les deux elpees sont passés inaperçus. Il a sorti, en mars dernier, un opus solo intitulé « Resting My Case ». Allan chante en s’accompagnant d’une gratte acoustique électrifiée. Il possède une belle voix dont les inflexions peuvent rappeler Mark Eitzel, mais en plus optimiste. Il entame son concert par la cover d’« Accident will happens » d’Elvis Costello, et embraie par plusieurs compos de son opus solo. C’est sympa, c’est frais, mais trente minutes suffisent amplement. A revoir dans un local de plus petite taille. Un club ou un bar, par exemple…

Cinq minutes plus tard, An Pielé et son White Velvet montent sur les planches sous les applaudissements. An est vêtue d’une robe noire signée Sonia Rykiel. Ample mais mi-courte. De couleur noire. Elle est d’ailleurs tout de noir vêtue, y compris les collants. Elle se dirige immédiatement vers son piano sis à gauche de la scène et s’assied sur son traditionnel ballon ergonomique transparent. Les musiciens sont disposés de manière assez curieuse. En escalier. De droite à gauche, Koen Gisen le guitariste et pilier du groupe (c’est également le compagnon d’An). Au même niveau, le drummer. Il a une très longue chevelure qui lui couvre la quasi-intégralité du dos. Face à lui : un minimum de toms et une cymbale. Dans ses mains deux baguettes. Il joue debout. Un peu plus haut, le bassiste ; épisodiquement, il redescend s’asseoir pour jouer du violoncelle. On monte encore d’un cran où se cache presque Tom Wolf, préposé au laptop, à la sèche et aux backing vocaux. Un des deux musiciens de tournée. Le second, Dominique Vantomme trônant à sa droite derrière ses claviers, lorsqu’il ne vient pas remplacer Pierlé aux ivoires –après avoir pris soin de remplacer le ballon par un tabouret– lorsqu’An se consacre exclusivement au micro. Et manifestement si elle arrache une dose phénoménale de sensibilité de son piano, Dominique est un surdoué.

La première chanson nous plonge dans une atmosphère jazzyfiante, languissante, proche même d’un Robert Wyatt, s’il n’y avait les chœurs très mâles en fin de parcours. Pour « Good year », les claviers se font vintage alors qu’An chante avec un peu de reverb dans la voix. Une voix superbe, ample, sensuelle, dont le timbre peut osciller de Kate Bush à Tori Amos en passant par Hope Sandoval et Tanya Donnelly (NDR : à moins que ce ne soit Kristin Hersh). Les compos oscillent entre morceaux empreints de quiétude, d’intimisme (lorsqu’elle s’assied sur le bord du podium), parfois même dramatiques (« It’s got to be me » surtout !) et titres plus pêchus. Tout en y manifestant tantôt de l’émotion, de l’énergie, du charme ou de l’humour. Beaucoup d’humour même, notamment lorsqu’elle propose comme remède à nos problèmes de sexualité ou de kilos superflus d’acheter son cd à l’issue du spectacle. Ou lors du rappel, lorsqu’à l’instar d’une Liza Minnelli, elle passe la main ou le pied derrière le rideau, avant de réapparaître hilare. Mais revenons-en au contenu du show. On épinglera ainsi un « How does it feel », au cours duquel claviers atmosphériques et riffs de guitares ‘reverb’ tissent une trame presque floydienne circa « Echoes ». Sans oublier ce morceau assez insolite partagé entre An et Peter. Ce dernier joue sur le dossier d’une chaise pendant qu’An chante en s’accompagnant aux ivoires. Elle taxera même ce passage de numéro de cirque. « Jupiter », moment choisi par An pour siffloter. Le légèrement reggae « Tower » qui se mue lors du final en chaos organisé, presque psychédélique. L’accordéon, elle ne l’empoignera que pour interpréter « Not the end ». On ne l’entend presque pas, mais à cet instant sa longue silhouette et son piano à bretelles se déploient comme un éventail. Le charleston « Any time you live ». Elle en profite alors pour se livrer à quelques petits pas de claquettes. Et puis deux nouvelles chansons. En final, elle demande au public de se lever pour faire un peu la fête. Et, enfin, survolté il acclame et participe en frappant généreusement dans les mains à sa reprise du « C’est comme ça » des Rita Mitsuko. Elle arpente alors toute la largeur du podium, en tournoyant sur elle-même.

Les applaudissements sont nourris et après avoir passé le pied, puis la main derrière le rideau, An revient s’installer derrière son piano. Au grand complet son team la suit comme son ombre. Et ils se lancent dans une remarquable version du « It’s a shame » de Talk Talk. La formation s’éclipse, mais le public en demande encore. Ce sera une adaptation en français du « Anytime you leave ». Nouvelle ovation et remerciements de l’équipe qui bras-dessus, bras-dessous vient saluer une dernière fois le public. Pas de « Sing song Sally » dans le tracklisting de ce set, mais une chouette soirée au cours de laquelle tout le monde s’en est retourné ravi. Une chose est sûre, en ‘live’, bien soutenue par son Velours Blanc, An Pierlé prend une toute autre dimension, sans pour autant attraper la grosse tête. Et cela méritait d’être souligné.

Various Artists

Studio One Roots vol.3

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Il y a plusieurs déjà plusieurs années que le label anglais Soul Jazz réédite l’immense catalogue du label jamaïcain « Studio One ». On ne va pas faire refaire l’histoire, mais sachez simplement que « Studio One » est l’endroit où le reggae est né. Le studio a été pendant plus de vingt ans un incroyable vivier de talents (il a été, entre autres, fréquenté par Bob Marley, Jackie Mittoo, John Holt et Alton Ellis) et la musique enregistrée sonne toujours aussi bien, plus de trente (ou quarante) ans après sa conception.

Les Anglais de Soul Jazz privilégiant les séries thématiques, ce volume constitue le troisième volet des chansons dédiées à la Black Pride et le rastafarisme. Des paroles conscientes enregistrées par des artistes connus (The Gladiators, Dillinger, Cedric Im Brooks, Count Ossie) et d’autres plus obscurs (Winston Flames, Clifton Gibbs, Lloyd Forest). L’immense qualité de « Studio One » reposant sur la recherche mélodique et musicale constante, l’auditeur retrouvera ici peu de déchets et beaucoup de bonnes surprises. Que ça soit de la soul (Jennifer Lara, Freddie Mc Kay), du psychédélisme dub (Winston Flames), des instrus jazzy (Vin Gordon, Count Ossie) ou des harmonies vocales (le magnifique « Re Arrange » des Gladiators). Un seul mot d’ordre donc : check it out !

 


Saturation Point

Three

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Il existe des endroits presque inaccessibles, de par leur hauteur ou leur complexité. Il n’est malgré tout pas toujours nécessaire d’avoir sous la main une échelle aux dimensions incroyables pour atteindre ces lieux. Parfois sept échelons d’une escabelle suffisent. Comme dans le chef de ces Anglais issus de Bristol répondant au patronyme de Saturation Point. Ils ne proposent que sept étapes ayant pour seul titre leur numéro d’apparition sur la galette : « Three-Point-One », « Three-Point-Two », « Three-Point-Three »… Intitulé globalement « Three », ce premier opus semble se taper une fixette sur les chiffres et le jeu qu’ils en font. Chaque pas posé plus haut sur l’échelon, décolle d’un bond de géant dans un univers exclusivement instrumental, et déclenche un foisonnement d’associations de sons. Ces derniers se chevauchent sans gêne et frisent le ‘faux’ sans jamais en souffrir. Les cuivres et la batterie découpent des lamelles fines qui se glissent entre les cordes saturées des guitares. Un véritable patchwork apparaît et met en exergue le parfum d’une créativité courageuse. Rempli d’énergie jusqu’à la garde, chaque morceau se démarque de l’autre par une vélocité grandissante et successive. Les trois (surnommés The 3 J’s) artistes composant le groupe ne dérapent jamais dans leur ascension et aboutissent sans embûche à leur propre point de saturation. A l’instar d’un Mogwai, ils se rendent là où les sensations de plénitude ont explosé pour ne laisser s’exprimer que l’émotion seule. Sept titres parfaitement disposés et dénués d’un quelconque élément inutile ou superflu. Faussement simple et parfaitement efficace !! J’adore !

Kill The Young

Proud Sponsor Of Boredom

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A hurler leur mal-être et leur révolte, il y a fort à parier que les membres de Kill The Young souffrent d’être jeunes et attendent plus de reconnaissance malgré le manque flagrant d’expérience. Leurs pères, attentifs aux messages qu’ils distillent à travers les 13 plages, auront certainement un rictus moqueur et laisseront de côté les messages enfantins, prétextant un ‘Il faut que jeunesse se fasse’. Pourtant signés sur un label français (Discograph), les frères Gorman son devenus des stars du rock par la force des choses, l’Angleterre idolâtrant assez vite les jeunes rockeurs nationaux. A l’exercice de ‘l’album du tournant’ (le deuxième), flotte un parfum suranné ; et là où Arctic Monkeys, The Libertines ou The Rakes ont prouvé par la seule force des bras leur statut d’artistes talentueux, le trio finit par lasser tant l’innovation est absente. Tantôt énergiques, tantôt romantiques, ces vilains garçons cachent un cœur d’or. Ils fabriquent en famille les calicots qu’ils afficheront à l’issue d’un combat gagné depuis belle lurette, semblant nous dire : ‘On va tout révolutionner !!’ Ce n’est, à mon avis, pas en gueulant leur incompréhension et en dénigrant le manque de dialogue que l’on attirera le crédit. C’est donc un peu lassé que je parcours des titres comme « Saturday Soldiers », « She’s Got Il All » ou « Dial’s for Saviour ». J’ai même l’impression d’avoir pris un train en retard. Mais je me permets une réflexion issue de mon esprit de trentenaire : affublé d’un nom de groupe pareil et vu leur motivation pour poursuivre leur chemin, ils auront l’air malin et un rien pervers ces vieux-jeunes, dans dix ans (NDR : s’ils tiennent jusque là !) J’espère qu’à leur tour, ils essayeront de comprendre les nouveaux-jeunes qui hurleront notre (et leur) côté vieux jeu.

Just Jack

Overtones

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« Overtones » n’est pas un album récent ; et quelques singles ont déjà fait la preuve de son succès : « Writers Block » (du même nom que le dernier album de Peter Bjorn & John, mais dans un tout autre registre) et « Starz In Their Eyes ». Et d’autres comme « I Talk Too Much » ou « Symphony Of Sirens » sont en passe de le devenir. Car « Overtones » est littéralement une boîte à singles. Les trois-quarts des morceaux sont accrocheurs et parfaitement huilés afin d’affronter les chaînes de télévision musicales et radios en tous genres. Cette galette pleine d’énergie semble rallier pas mal de générations. Dans le shaker Just Jack, on retrouve de la dance, un zeste d’électro, une mesure de hiphop, une nuance de soul, le tout saupoudré d’un flow parfaitement british. Une fois la mixture préparée, elle est agitée dans les studios Mercury et servie à la clientèle attablée, assoiffée de beats à déhanchements variables. Les soixante minutes partagées en douze pistes de cet album accompagneront judicieusement toute activité sportive ou festive. Et c’est carrément incroyable de voir y figurer autant de morceaux intéressants, malgré le dessein ultra commercial qui les guident. On ne rechignera pas sur les bons moments qu’il procure et la qualité générale des mixes. C’est avec un sifflotement contenté que je termine cette chronique. Sympa Just Jack et ses airs de Wayne. Juste sympa, mais sur toute la longueur de l’elpee, ce qui, en soi, est une prouesse.

Southern Culture on the Skids

Countrypolitan

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Fréquentant l’univers plus ou moins  underground depuis plus de vint ans, les punkabilly rockers de Southern Culture on the Skids (Scots pour les amis) ont décidé de prendre du bon temps en concoctant un album de reprises. Des covers qui puisent alternativement dans le catalogue pop (T Rex, The Who, The Byrds, The Kinks) et les sons hillbilly et blues (Slim Harpo). Réputés pour leur curieux sens de l’humour, les Scots réalisent des versions ‘countrypolitan’ (un son country plus clinquant) de morceaux rock et apportent une coloration soul sixties aux classiques ruraux, comme sur le « Te Ni Nee Ni Nu » du grand Slim Harpo. Caractérisés par un son vintage (orgues, guitares surf pleines de reverb) cette douzaine de titres brillamment exécutés pourraient facilement divertir une soirée arrosée dans un bar au fin fond du Kentucky. Dans le tas, une belle reprise au banjo du « Happy Jack » des Who se détache sans difficulté. Mais on a du mal à entrer dans leur monde. Parce que les pauvres Européens que nous sommes ne connaissent et ne comprennent guère cette sensibilité typiquement américaine. Un peu comme si un disque de reprises des Snuls était uniquement distribué à New York. Pas vraiment désagréable donc, mais tout de même un peu anecdotique…

Louis Bertignac

Live power trio

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‘Bonsoir ! On va peut-être vous faire un peu de rock’n’roll, non ?’ Pas le temps de répondre que les premiers riffs nous claquent à la gueule. De tout son être, Bertignac transpire le rock. Il faut dire que la formule ‘power trio’ fonctionne plutôt bien. Ce double live, comme un ami qui vous veut du bien, se divise en deux volets. « Rêves » ouvre le premier, suivi de « 2000 nuits », « Je joue » et « Audimat ». Vient alors « Cendrillon 2006 » : en plus de neuf minutes, Bertignac déchaîne la foule qui chante en chœur, plonge littéralement dans un solo incendiaire et digresse sur « So lonely » de Police. Rock’n’roll toujours, « Blue Suede shoes » de Perkins. Bertignac est généreux, très généreux et livre son art sur "Vas-y Guitare" ou comment le solo fait la chanson. Loup et agneau tour à tour, Bertignac passe sans complexe du rock dur à la douceur des mots de Carla Bruni sur « Les frôleuses ». Peu de répit car la fièvre revient de plus belle lorsque « Help » relance les festivités. Le trio s’amuse, le public en profite et suit avant de retomber dans les souvenirs nostalgiques de « Ces idées-là ». Si la chanson avait atteint les sommets des charts dans les années 80, elle franchit désormais un pic d’émotions sans précédent : rarement une telle communion s’installe entre l’artiste et son public. Fin du premier disque, Bertignac rend un hommage convaincant à Led Zep, pour un « Rock’n’Roll » bien nommé. Si ce premier volet souffrait néanmoins de quelques longueurs, le second n’est que fête.

Au programme de la seconde partie, on retrouvera Hendrix, les Beatles, les Rolling Stones, The Who et Téléphone. Voilà qui promet. « Hey Joe » du maître rappelle que Bertignac est lui aussi un guitar hero. « I’m down » et « Helter Skelter » de Lennon/Mac Cartney versus « Dead flowers », « Jumpin’ Jack Flash » et « Midnight Rambler » de Jagger/Richards: Bertignac ne choisit pas son camp et met tout le monde d’accord. Double final en beauté : « Ca, c’est vraiment toi » qui défoule la foule toujours debout et « Un autre monde » que le public fidèle chante intégralement. Le morceau clôt définitivement la performance, le rendez-vous a eu lieu. Promesses tenues : Bertignac traverse les époques et impose un constat : tant qu’il y aura du rock’n’roll, il y aura Bertignac. A moins que ce ne soit l’inverse…

Northern State

Can I keep this pen ?

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Un vent de fraîcheur souffle sur le hip-hop de l’“East Coast”. Après la sortie récente de « The Mix Up » des Beastie Boys, c’est au tour de Northern State d’y mettre du sien. Et c’est plutôt rassurant de voir trois donzelles dont les flows surprenants tiennent tête aux légendaires rappeurs blancs de la Grande Pomme.

Mais pas de rivalités entre ces deux groupes ! Considérées comme les protégées des Beastie Boys, Northern State présente son troisième essai, « Can I keep this pen ? », fruit d’une collaboration étroite entre Adrock (membre des Beastie Boys) et Chuck Brody à la production (il a notamment mis en forme des œuvres de Wu Tang Clan ou de Yoko Ono.)

Les décevants « Dying in stereo » en 2003 et « All City » en 2004, avaient entraîné de multiples différents avec le label major Columbia. Nos trois nanas ont donc dû garder la tête froide pour remonter la pente. C’est donc chez le label Ipecac de Mike Patton désormais que Spero, Hesta Pryn et Sprout se sont tournées en espérant que l’avenir leur ouvre les portes toutes grandes…

Mélangeant hip-hop, électro et rock de façon intelligente, les trois New-yorkaises débordent d’énergie. Tantôt douces et sensuelles, tantôt énervées, les voix aux paroles chargées d’humour et d’ironie ne peuvent laisser indifférent. Northern State s’intéresse ainsi à la politique, n’hésitant pas à vilipender l’égo démesuré de George W. Bush, sur « Cowboy man ». On bouge la tête… et dans le rythme s’il vous plaît! Alignant une série de titres accrocheurs tout en concédant des influences oscillant de Bloodhound Gang aux Breeders, Northern State ne manque absolument pas d’originalité. A l’instar de « Better Already » qui transpire un mélange fiévreux de rock et de hip-hop. Ou encore « Cold War » qui aurait pu figurer au répertoire de Le Tigre, célèbre groupe punk de trois autres féministes engagées (NDR : enragées ?). La longueur de l’album peut cependant se muer en handicap ; et au beau milieu de l’elpee une lassitude commence subrepticement à s’installer. Cependant, « Can I keep this pen ? » relance le débat : ‘Est-ce que les blancs savent rapper ?’ Question qui n’est maintenant plus d’actualité ! Au diable les machos ! Les femmes sont dans la place !

Efterklang

Parades

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Au même titre que Sigur Ros, Efterklang (qui signifie réverbération) fait office de figure de proue dans le paysage post-rock/expérimental scandinave (NDLR : scandinave au sens large du terme). Issu de Copenhague, le quintet a bataillé ferme en studio durant dix-huit longs mois pour finalement sorti vainqueur de son combat. Après avoir concocté ‘Tripper’ en 2004 et ‘Under Giant Trees’ en 2007, il nous revient fatigué mais heureux de présenter son troisième opus, ‘Parades’.

Efterklang nous invite à voyager dans un monde envoûtant, peuplé de sonorités majestueuses, dont eux seuls ont le secret. Plus réfléchi et mieux conçu que les précédents elpees, « Parades » est sans doute l’album correspondant le mieux à la sensibilité d’Efterklang. Perfectionnistes, les Danois ont invité une trentaine de musiciens dont trois chorales différentes, un quatuor à cordes et un quintet de cuivres. Ils ont privilégié l’acoustique, tout en ne négligeant pas le recours à l’électronique. Et le résultat est probant. Les onze titres de cet elpee sont agencés un peu à la manière d’un concept album, même si la formation danoise préfère parler de gigantesque pièce musicale de théâtre.

« Polygone » démontre que le combo est friand de grands espaces. Il y produit une sorte de symphonie d’orgues d’église impressionnante de lyrisme. « Mirrador » ou encore « Horseback Tenors » conjuguent harpe, piano et éruptions vocales. Saisissant ! Alors que l’humeur lugubre et la froideur scandinave envahissent « Frida found a friend » pour finir par nous glacer le sang…

Malgré le tempo plutôt lent, le manque de nuances et la structure basée sur la répétition, leur musique parvient à créer une ambiance qui reflète la mentalité et le feeling des groupes du nord de l’Europe. Pensez à Mùm, par exemple.

Si vous aimez les paysages sonores visionnaires, le combo se produira au Pathé Palace, Bld Anspach, à Bruxelles, le 2 décembre (organisation VK).  Vous savez ce qu’il vous reste à faire.

La vidéo du nouveau single "Mirador" d’Efterklang sur Youtube!!!

http://www.youtube.com

http://www.youtube.com/watch?v=vSKIl-NeZeE

 

Dominique A

Sur nos forces motrices

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‘Enfin un disque live de Dominique A qui ressemble à un best of’ titre le communiqué de presse ; et manifestement, on ne peut démentir. A l’instar de Bénabar ou Miossec, Dominique A possédait et possède toujours le talent pour réussir. Mais il a trop injustement été snobé par le grand public, échouant même au port, lors de l’arrivée de la nouvelle vague de ‘chanson française’. Puisse ses « Forces motrices » l’aider à parvenir (enfin) à prendre de l’envergure…

Après plus de 15 ans de carrière, ponctuée par pas moins de 8 albums studio, on peut affirmer que le Français a déjà bien roulé sa bosse. Il est cependant déjà loin le temps du premier opus minimaliste, « La Fossette ». Et que dire de sa progression sur scène, après avoir assisté à un de ses premiers concerts accordés en Belgique, lors d’une soirée d’étudiants montois, dans une salle pourrie (l’Alhambra pour ne pas la citer). C’était en 1992 !

A l’époque, Dominique A était seul derrière sa boîte à rythmes, devant un parterre de fans (dont votre serviteur) clairsemé, mais dégageait déjà une aura incontestable. C’est qu’il a fait du chemin depuis. Et son dernier opus, « L’horizon », pour lequel il s’est entouré de musiciens aussi talentueux que complices de la vie de tous les jours, en est une nouvelle démonstration. Mais venons-en à ce nouvel album. Il réunit des titres issus de pas moins de quatre concerts enregistrés à la Rochelle, Angoulême et Rosporden. La touche finale (mix et master) a été réalisée dans notre bonne vieille capitale dont il est tombé sous le charme. Autre caractéristique, Dominique A aime placer la barre bien haute. Il a donc préféré attendre que ses musiciens de pointe atteignent la cohérence parfaite pour réaliser son projet. Cette maîtrise se ressent dès le titre d’ouverture « L’Amour», une plage remise au goût du jour. Et se confirme sur « Le Courage des oiseaux », souvent repris, notamment de façon énergique par nos René Binamé. D’ailleurs cette version ‘live’ n’est pas très loin de celle de nos punks belges. L’artiste est exigeant et intègre. Il ajoute d’ailleurs, dans son communiqué, qu’‘une version live doit optimiser ou surpasser la version originale ; et que si un artiste n’a rien à ajouter à un morceau, ce n’est pas la peine de le reprendre sur scène’. Les titres s’enchaînent et les ambiances se déchaînent. Pour « La Peau », la clarinette et le saxo entraînent l’auditeur dans une atmosphère brumeuse, voire ténébreuse, avant de le faire remonter à la surface. L’intonation du chant passe d’un style Gainsbourg sur « Exit » à celui d’un Léo Ferré sur « Marina Tsvetaeva », un inédit tout comme pour « Revoir les choses ». Les aficionados les plus fidèles n’ont donc pas été oubliés, puisque outre ces bonnes surprises, l’elpee recèle quelques raretés dont « Empty white blues » ou « Le Commerce de l’eau ».

L’horizon de Dominique A est donc très large mais aussi profond. Sa musique est toujours un peu mélancolique, pour ne pas dire nostalgique. Mais là où un Miossec finit par nous lasser sur ses amours manqués, son frère de sang n’a pas son pareil pour continuer à capter notre attention. Et l’auditeur ne s’ennuie jamais à l’écoute de ce live, qui peut très bien s’apprécier d’une seule traite. Durant une heure et treize minutes, vous pouvez rester confortablement assis et vous plonger dans l’ambiance de ce live, à acheter les yeux fermés.

Stars

In Our Bedroom After The War

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Attendus au tournant par les fans et les critiques depuis l’excellent « Set Yourself On Fire », les échappés de Broken Social Scene (oui, encore…), Amy Millan et Torquin Campbell alias Stars, reviennent avec une troisième galette à la hauteur des attentes. Après la douce intro de « The Beginning After The End », le duo nous plonge instantanément dans son univers pittoresque, où le texte est tout aussi substantiel que la mélodie. « In Our Bedroom After The War » captive naturellement et pousse, pour ainsi dire, l’auditeur à abandonner toute activité afin de se concentrer sur la beauté et la richesse des splendides mélopées que sont « The Night Starts Here », « My Favourite Book », « Personal », le titre éponyme ou encore le radicalement obsédant  « The Ghost Of Genova Heights ». Un recueil qui aurait pu être parfait si le duo avait omis le trop ‘cardiganesque’ « Bitches in Tokyo » et le geignard « Barricade ». Un faux-pas mineur qui n’entache cependant aucunement l’excellence de ce quatrième recueil. On en oublierait presque l’abominable effort solo d’Amy Millan paru l’an dernier.

Hundred Reasons

Quick The Word, Sharp The Action

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Cinq années après « Ideas Above Our Station », l’album de la consécration, et à peine un peu plus d’un an après « Kill Your Own », troisième essai plutôt bon mais passé relativement inaperçu, Hundred Reasons tente désespérément de se raccrocher aux ingrédients responsables d’un succès aujourd’hui dépassé. « Quick The Word, Sharp The Action », nouvelle galette du quintet briton, s’ouvre sur « Break The Glass », intro catastrophique qui ne laisse rien présager de bon. Et le reste du disque confirme cette prédiction.

Victime de graves problèmes au niveau des cordes vocales un an auparavant, Colin Doran, leader de la formation, ne donne plus autant de sa personne et cela se ressent sur quasiment l’entièreté du disque. Le micro est donc désormais partagé entre lui et l’un des autres membres de la formation. Malheureusement, la combinaison de ces deux voix ne fait pas vraiment bon ménage et s’avère gonflante au bout de quelques morceaux. « Quick the Word, Sharp the Action » ne trouve son intérêt que sur les morceaux « Pernavas Iela », jolie plage instrumentale, et « The Shredder », où Doran pousse une petite gueulante revigorante, contre tout avis médical.

Pour Hundred Reasons, 2006 aura été marqué par de nombreux désastres tels la mort de leur manager, le démission de Pete Townsend, guitariste et figure de proue de la bande, les difficultés vocales du vocaliste ou encore le départ forcé de chez SonyBmg qui estimait trop faibles les ventes des deux premiers albums. Il aurait donc peut-être fallu à la formation un peu plus de temps pour se remettre de ces mésaventures qui n’auront apporté à ce nouvel essai que platitude et désintérêt. Quant à écouter de l’emo à l’anglaise, on vous conseille plutôt de vous jeter sur la dernière plaque de Biffy Clyro, bien plus marquante...

Stereophonics

Pull The Pin

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Il est parfois étonnant de constater que, dans la carrière d’un groupe, il arrive que le plus mauvais disque de ce dernier soit également le mieux vendu. « Just Enough Education To Perform », troisième recueil des Stereophonics, figure parmi ceux-ci. Depuis, Kelly Jones et ses deux compères ont publié deux autres recueils somme toute sympathiques mais quasiment snobés par le public (« You Gotta Go There To Come Back », « Language. Sex. Violence. Other ? ») Triste. Les Gallois en sont aujourd’hui à leur sixième essai et, pourtant très correct, il risque logiquement de connaître le même sort que ces prédécesseurs, les Anglais attendant certainement avec impatience que le trio sorte à nouveau une grosse daube…

Après une petite escapade solo, Kelly Jones a retrouvé ses potes afin de concocter un nouveau recueil dans la même lignée que son prédécesseur, « Language. Sex. Violence. Other ? ». Le son est ici légèrement plus lourd et encore mieux travaillé qu’auparavant. Bien qu’ils ne parviennent pas à atteindre le brio de « Word Gets Around » et « Performance & Cocktails », les Stereophonics nous offrent tout de même l’un de leurs meilleurs travaux. Et puis, un peu de mainstream de temps en temps ne peut pas faire de mal…

Aunt Kizzy'z Boyz

It's tight like that

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Cette formation est établie dans la partie méridionale de la Californie, près de San Diego. Leur line up a tout pour plaire, puisqu’il réunit trois musiciens noirs et trois blancs. Un premier album chargé de promesses, "Trunk full of bluez", était paru en 2004. Le combo recèle en Sugaray Rayford un formidable vocaliste, un véritable blues shouter. Originaire de Tyler au Texas, il a forgé sa voix dans les chants gospel. Le drummer, Dwane Hawthorn, adore Willie Big Eyes Smith. Originaire de l'Angola, Bastos "Moe" Moenho se réserve les percussions. Côté blanc, le guitariste Jim King est un musicien très affûté. Le mois dernier, je vous avais présenté son album solo, "When the blues are green", un hommage au guitariste anglais Peter Green. Michael Mack siège derrière les claviers et enfin, Big Joe Schiavone tient la basse. AKZ a représenté récemment San Diego à l'International Blues Challenge de Memphis. Il a décroché la seconde place sur un total de 130 formations. Et notez bien, le combo se produira en France, la première quinzaine de novembre. Rayford et King forment une paire de compositeurs prolifiques. Ils signent d’ailleurs la majorité du répertoire de ce nouvel elpee.

"Texas bluesman" ouvre le disque. Une plage autobiographique consacrée au chaleureux Sugaray. L'introduction est puissante. La guitare de King largement amplifiée et la section rythmique bien solide. L'orgue Hammond tient bien sa place au cœur de l’ensemble. La voix de Sugaray est impressionnante. Elle écrase tout sur son passage. Guère étonnant que le backing group soit de poids. Il faut en effet pouvoir donner la réplique à ce diable d'homme qui récite son chapelet de bluesmen texans, égrenant les très intéressants Freddie King, Stevie Ray Vaughan, Gatemouth Brown, etc., alors qu’en soutien, King ne cesse de distiller des notes très électriques. Rayford nous conte les aventures de la "Bad gal". Le tempo est très marqué. En récitant à l'infini des phrases inspirées par BB et Albert King, Jim King porte bien son nom. L'orgue offensif de Michael Mack est très bien épaulé par les instruments de ses compagnons. Le son est inspiré du Memphis blues. Les lumières s'éteignent. L'intensité devient dramatique, le tempo lourd. King marque son territoire en s'acquittant d'une introduction de choc au classique des classiques : "Sugar mama". Sa voix est également bien puissante. Il l’avait également démontré sur son opus solo, mais ses interventions à la guitare étaient plus réservées. Il est vrai qu'il s'inspirait de Peter Green. Il se révèle un gratteur fort intéressant, mais au style personnel. Il utilise beaucoup l’écho et l’intensité. Son jeu accrocheur exige une lucidité permanente pour ne pas déraper et perdre le contrôle de ses desseins sonores. Le chant de Sugaray nous flanque des frissons partout tout au long d’"I still remember", une plage superbe, très simple et dépouillée, au cours de laquelle les accords acoustiques de Jim trament un rythme hypnotique. A cet instant, il est à la recherche du fantôme de John Lee Hooker et des fameux ‘chillun’, et ‘old folks on the porch on the Sunday afternoon’. Le frisson, je vous disais! Divertissement instrumental, "Bundalogy" est animé par les percussions de Moe et Dwane. Nous entrons alors dans "Juke joint", pas un de ces juke joints délabrés et poussiéreux des collines du Mississippi ; mais encore plus près des lumières de Beale street. Sous les reflets de BB King et aux accents du piano boogie de Mack. Classique de BB, "The thrill is gone" est introduit par un jeu très aérien de King. Le rythme imprimé par les percussionnistes est volontairement exotique. Le tempo est élevé. Cette lecture du "Thrill" est très réussie, à cause du jeu flamboyant du guitariste, de la cohésion de l'ensemble et de la voix épanouie de Sugaray. Cette œuvre fort intéressante s’achève par "Annie Mae's Café", un blues lent majestueux de plus de 10'. Cette longue plage ne suscite jamais l’ennui, car elle évolue progressivement avant d’atteindre sa puissance maximale ; et après plus de 7', Jim King vient occuper le devant de scène pour ne plus guère la quitter, tandis que le chant de Sugaray est beau à pleurer! 

Bad Brains

Banned in Brussels

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Au même instant où le sol de Forest National devait être trempé, et pas que de sueur, les Halles de Schaerbeek recevaient l’une des formations les plus mythiques de la scène hardcore punk américaine, les Bad Brains.

De retour dans sa configuration d’origine, le quatuor washingtonien venait présenter dimanche soir en Belgique, « Build A Nation », leur nouvelle galette produite par le Beastie Boy, Adam Yaunch. Après une première partie (dont le nom nous a échappé) plutôt médiocre devant un parterre plus que clairsemé, H.R. (chant), Dr. Know (guitare), Darryl Jennifer (basse) et Earl Hudson (batterie) sont apparus tranquillement sur la scène des Halles. Un peu trop tranquillement pour un public, beaucoup plus nombreux que lors du supporting act, bouillonnant et prêt à se rentrer dedans. Les Bad Brains ont enchaîné en une heure et sans cérémonie leurs plus grand classiques dont « Banned in D.C. », « Pay To Cum » et autres « Sailin’ On », entrecoupés de morceaux du dernier venu, « Build A Nation ». Un concert plutôt sympathique si l’on considère que le spectacle s’est joué beaucoup plus au niveau du public, motivé à souhait, que de la scène. En effet, H.R. en aura irrité plus d’un, débarquant devant l’assistance tel un fonctionnaire venu prester ses heures contre son gré. Un sourire béat aux lèvres et s’adressant au public comme à des gosses de 10 ans, l’interprète est resté planté devant son micro durant quasi toute sa prestation. L’assistance, qui en demandait plus, n’aura été ensuite servie que d’un rappel de deux minutes. Le visage enfoui sous une écharpe, H.R. s’est contenté d’enchaîner les morceaux avant de repartir comme il était arrivé, nonchalant et je-m’en-foutiste. Un vrai punk, quoi…

Organisateur : Live Nation

 

Miam Monster Miam

Une libellule dans la tête

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Artiste tout terrain, boute-en-train légèrement schizophrène, Benjamin Schoos, alias Miam Monster Miam, revient sur le devant de la scène pour nous présenter « L’Homme Libellule », son septième album. Depuis Liège, l’artiste plane à travers les décennies et (ré)explore les galaxies axiales de la pop moderne. Après une série d’albums ancrés dans la plus pure tradition folk, Miam Monster Miam signe une petite tuerie, méchamment décalée, clin d’œil assumé à l’Homme à la tête de chou et à de nombreuses théories scientifico-fictives. Une pochette splendide, des sonorités seventies arrangées en pleine guerre des étoiles, une bonne dose d’humour : c’est le grand retour de Miam !

Sur « L’Homme Libellule », ton nouvel album, tu délaisses la musique folk, tes côtés les plus sombres, pour te concentrer sur des mélodies ouvertement rétro futuristes. Comment expliques-tu ce changement de direction ?  

J’essaie toujours de me surprendre en suivant mes inspirations du moment. J’avais enregistré un disque, juste après « Soleil Noir ». Ce mini album s’intitulait « L’histoire de William Buckner ». Il était très minimaliste… La suite logique de « Soleil Noir » devait être « Baby Banjo », un enregistrement très folk. Mais sur cet album, je touchais vraiment aux limites du style. D’une certaine façon, il s’agissait du disque de trop. Si bien que le jour du mixage, je suis arrivé en annonçant : « On ne mixe pas l’album ! Je vais faire autre chose ! ». A l’époque, l’envie de retravailler avec des synthétiseurs était très forte. J’ai donc commencé à enregistrer des morceaux qui me passaient par la tête en m’accompagnant de synthétiseurs. De fil en aiguille, le disque s’est profilé. Tout s’est passé très vite : pour me rendre au studio, je prenais le bus. Chaque jour, sur le trajet, j’écrivais les paroles des nouvelles chansons. 

Une partie de l’album a été enregistrée au Danemark. Comment tes chansons sont-elles arrivées en Scandinavie ?

Quelques morceaux ont été composés, voire retravaillés, là-bas. Mais je ne m’y suis pas rendu… En fait, le gros du travail s’est déroulé à Liège, à la Soundstation.

Sur l’album, tu es accompagné des ‘Love Drones’, un orchestre un peu particulier. Peux-tu nous en parler ?

En fait, les ‘Love Drones’, c’est l’équipe de Phantom sous un autre nom. En gros, il s’agit de tous les musiciens qui accompagnaient Jacques Duvall sur son dernier album : Sophie Galet, Pascal Scalp, Georges Hermans, etc. On retrouve aussi Jérôme Mardaga (NDR : alias Jeronimo). Marc Moulin est également venu prêter main forte. Mais je tiens à souligner que Marc n’est pas un membre permanent de Love Drones ! Pour le disque, je me suis aussi entouré de gens qui s’appellent les Massachusetts. Dans la vraie vie, ils ne font que des reprises des Bee Gees. Là, pour l’occasion, je les ai invités à venir faire des chœurs sur le disque ! 

Sur le morceau « 69 Love Songs », tu collabores une nouvelle fois avec Jacques Duvall. Depuis quelques années, vous semblez vous attirer mutuellement. Comment êtes-vous arrivés à travailler ensemble ?

Sur l’album « Baby Banjo », Jacques avait réalisé quelques reprises de grands standards de la musique traditionnelle américaine. Cette collaboration était géniale. Ensuite, on a embrayé sur l’aventure Phantom. Au départ, Jacques nous rejoignait uniquement pour enregistrer un disque. Mais l’ambiance aidant, il a pris goût à la scène. Aujourd’hui, je pense que nous formons une petite famille qui se personnalise sous les traits de Freaksville. Pour revenir à « 69 Love Songs », Jacques m’a aidé à écrire les paroles. C’est vraiment le roi de la rime : il est très fort ! A mes yeux, Jacques Duvall est un héritier de Gainsbourg. Et comme Serge Gainsbourg est assez présent dans les ambiances de « L’Homme Libellule », la collaboration de Jacques tombait sous le sens…  

Justement, parlons de Gainsbourg… Son spectre traverse de façon évidente ton nouvel album. Comment cette idée est-elle, née ?

A la base, j’avais envie de réaliser un disque pop, en français… Très vite, la volonté de parasiter mes chansons s’est imposée… Après avoir trituré les synthétiseurs pour composer les nouveaux morceaux, je me suis posé une question : quelle grammaire utiliser pour les textes ? Mon désir, c’était de donner naissance à un disque de genre. C’est pour cette raison que j’ai composé des chansons dans un moule clairement défini. Ensuite, il fallait faire évoluer cet album vers d’autres horizons, afin d’éviter qu’il ne sonne comme une sorte de sous-Gainsbourg.

Selon toi, quel est l’impact de Gainsbourg sur la musique pop, en général, et sur ta propre musique, en particulier ?

Si on parle aujourd’hui de génie en évoquant Gainsbourg, il faut garder à l’esprit qu’en son temps, il enregistrait bide sur bide… Jacques Duvall me disait encore récemment qu’à l’époque, il n’était pas facile de dénicher les premiers enregistrements de Gainsbourg chez les disquaires belges… Dans le fond, le génie de Gainsbourg, c’est d’être arrivé à sentir ce qui allait marcher à l’étranger pour, ensuite, le mettre à sa sauce. Partant de là, avec Freaksville, on se sent proche du processus créatif entamé par Gainsbourg. Nous aimons mélanger la chanson à l’indie rock américain, l’esprit lo-fi à la langue française. Par contre, je pense sérieusement que certaines personnes pourraient être déstabilisées par « L’Homme Libellule », en le concevant comme une vulgaire photocopie de l’œuvre de Gainsbourg. Pour comprendre cet album, il faut creuser et dépasser les clichés.

Qui est « L’Homme Libellule » ?

Je trouvais très amusant d’opposer ce titre à d’autres intitulés de ma discographie : « Soleil Noir », par exemple. On se trouve là du côté sombre et crépusculaire de la chose. Cette fois, le titre implique quelque chose de plus lumineux. C’est assez logique en somme : « L’Homme Libellule » tire sur quelque chose de plus léger…

Sur l’album, tu allonges une liste de références artistiques à la mode (The Arctic Monkeys, la Star Académy, Asia Argento, etc.). Cherches-tu à opposer ce côté nouveau, hype, à une musique délibérément rétro futuriste ? 

Peut-être inconsciemment. Mais ma musique s’inscrit dans mon époque… En ce sens, elle est terriblement présente. Après, on peut vraiment parler de ‘name droping’, une technique pop ancestrale…

En concert :

le 19 à la Soundstation

le 20 au Botanique

le 26 octobre à l’Abbaye de Stavelot

le 17 novembre au Rayon Vert à Jette

 

Wallace Records ou l’alternatif de l’alternatif…

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C’est en 1999, que Mirko Spino a fondé Wallace Records. Passionné par les musiques alternatives de tout type, depuis l’expérimental au rock, en passant par le jazz, le noise et l’avant-garde, cet Italien a décidé de ne signer sur son label indépendant, que des groupes ou des artistes qui répondent à trois critères : la création, l’intégrité et l’exigence. En bref, qui émargent à l’alternatif de l’alternatif. 90% du catalogue est consacré à des artistes ou groupes issus de la péninsule ; donc le reste relève du reste du monde. Mais le plus intéressant procède de cette créativité pure et extrême qui est la source même de la régénérescence des scènes pop, rock ou électro. Bien sûr, cette écurie, dont le logo est inspiré du fameux Marsellus Wallace de Pulp Fiction, film de Quentin Taratino, ne doit pas vendre des tonnes de disques. N’empêche si vous êtes un inconditionnel de musique expérimentale, Wallace Records (la distribution est effectuée en Belgique via Mandaï) devrait faire votre bonheur…

A épingler : Black Engine, Bachi Da Pietra, Bron y Aur, Dälek, Oxbow, Uncode Duello, etc.

Pour plus d’infos : http://www.wallacerecords.com et http://www.mandai.be

 

Avec Britney Spears, on en voudrait beaucoup plus…

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Finalement, la sortie du nouvel album de Britney Spears, « Blackout » a été avancée au 29 octobre. Et la nouvelle vidéo de Britney Spears du mega hit « Gimme More » est finalement online! « Gimme More » est le premier single extrait du nouvel opus qui sort donc finalement lee 29/10. Suffit de checker, mais manifestement on en voudrait beaucoup plus…

http://www.youtube.com/watch?v=m3ceCMpPJgc

 

The Dallas Explosion : entre girlfriends et excès…

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Deux années après la sortie de leur Ep, « Depression is a fulltime job », le trio belge The Dallas Explosion nous propose son tout premier elpee. Un disque qui a bénéficié du concours de John Roo (Hollywood Porn Stars, The Experimental Tropic Blues Band) au mixing. Intitulé « Girlfriends & Excess » il a été masterisé par Alan Ward aux studios Electric City à Bruxelles.

Tracklisting

1. Silent Pain

2. Not Even Gone

3. Swimming Contest

4. The Closer You Can Get

5. Demon In My Pants

6. All You Need Is A Prince

7. Videoclip

8. She's A Heather

9. Secret Journal

10. I Love Them All

11. Not Even Gone (part

 

Pour plus d’infos : http://www.thedallasexplosion.com et http://www.mandai.be

 

 

 

 

Hollywood P$$$ Stars

Repartir pour un tour

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L’effet de surprise est passé. Cette fois, tout le monde a entendu (parler) des morceaux d’ Hollywood P$$$ Stars . Attendus au tournant après un premier album (« Year of the Tiger ») à l’énergie contagieuse et au succès retentissant, Anthony Sinatra et son collègue Redboy voulaient éviter les redites. « Satellites », le nouvel album des P$$$  Stars, prend donc le contre-pied de « Year of the Tiger ». Né de l’imagination fertile d’Anthony Sinatra, remodelé démocratiquement, enregistré sous la houlette de Christine Verschoren (Ghinzu, Montevideo) et mixé par John Goodmanson (Wu-Tang Clan, Blondie, Death Cab for Cutie), ce second essai prend rapidement de l’altitude. Logique quand on s’intitule « Satellites ». Mais avant d’évaluer son champ de gravité, nous nous devions de les rencontrer.

Que ce soit par l’entremise de My Little Cheap Dictaphone ou de Piano Club, vous êtes aujourd’hui sur tous les fronts musicaux. Est-il évident pour vous de vivre l’aventure Hollywood P$$$  Stars en étant impliqués dans ces autres projets ?

Anthony : C’est quelque chose qui a toujours existé chez nous. Nos groupes parallèles ont précédé notre projet commun. Au fil du temps, nous avons réussi à mettre sur pied trois groupes aux influences et à l’imagerie différentes. La composition des morceaux ne pose pas spécialement de problème. La répartition s’effectue naturellement. Entre Hollywood et My Litlle Cheap, la question ne se pose pas. Ce n’est pas le même compositeur, pas le même chanteur. Par contre, entre Piano Club et Hollywood P$$$ Stars, on retrouve forcément une même griffe dans la mesure où je chante et compose la plupart des morceaux…

Redboy : On rencontre parfois quelques difficultés pour gérer nos agendas respectifs. Mais à partir du moment où nous sortons un nouvel album pour Hollywood P$$$ Stars, il est évident que, pendant deux ans, ce sera notre priorité absolue… 

Est-ce que vos expériences au sein de vos projets respectifs sont bénéfiques pour Hollywood P$$$ Stars ? 

R. : Que ce soit sur scène ou en studio, tu tires toujours des enseignements de tes expériences musicales. Sans parler d’échappatoire, l’existence de nos projets personnels nous permet de respirer pour, finalement, mieux nous retrouver…

A.: Cette situation favorise également notre envie de jouer ensemble. A nos yeux, nos projets respectifs constituent davantage un bon moyen de se ressourcer qu’une cause d’éparpillement artistique.

Hollywood P$$$ Stars est un groupe né dans l’urgence, l’impulsion et la précipitation d’un concours (NDR : le Concours Circuit). Conservez-vous encore des traces de cette époque : une attitude spontanée, un côté empressé ? 

R. : Nous sommes très attachés au côté spontané de nos chansons. En composant les nouveaux morceaux, on a toujours évolué en ce sens. Par contre, au fil du temps, nous avons appris à prendre du recul. Cette distance nous permet d’être plus performants, d’aller au-devant de chacune des étapes qui jalonnent la vie d’un disque : le choix du studio, des chansons à enregistrer, etc. Nous avons donc trouvé un équilibre au sein du groupe.

A. : Ce qui ne nous a pas empêchés de conserver notre esprit d’aventure. Quand on se lance le défi de créer un groupe pour essayer de remporter un concours, ça laisse forcément des traces... Pour le nouvel album, on s’est également imposé des challenges. On sait que ce disque est attendu, contrairement au premier. A partir de là, nous pouvions passer des mois en studio. Mais, une fois encore, on a préféré foncer. Prendre des risques. Se limiter à dix jours de studio et ne pas regarder en arrière.

Vous avez enregistré l’album en compagnie de Christine Verschoren. Pourquoi ce choix ?

R. : Sur le premier, elle avait mixé deux morceaux. On était très content de son travail. Pour « Satellites », elle a donc opéré toutes les prises sonores. Chaque morceau a bénéficié de sa propre journée. Ce timing nous permettait de dépasser l’approche initiale de nos chansons. Chaque jour, on repartait donc à zéro, en quelque sorte. Pour le reste, il a été mixé par le producteur John Goodmanson. Depuis nos débuts, on rêvait de travailler avec lui. Il a bossé sur les albums de groupes qu’on apprécie énormément : Death Cab for Cutie, Blonde Redhead, The Von Bondies, The Blood Brothers ou Sleater-Kinney.

Après le succès de « Year of the Tiger », ressentiez-vous une certaine pression à l’entame de votre nouvel album ?

R. : Peut-être… Mais elle n’a pas eu de conséquence sur le résultat final. On a réalisé « Satellites » dans notre bulle, sans tenir compte des avis extérieurs.

A. : Par contre, on a tiré des enseignements de notre premier cd. Dans le passé, on jouait sur le second degré. On s’est aperçu que certaines personnes ne nous comprenaient pas. On identifie donc un côté plus posé, plus mature, en filigrane de nos nouveaux morceaux. En fait, sur « Year of the Tiger », on entrevoit les prémisses du nouvel album. Cette fois, nous avons poussé les choses plus loin sans recourir aux clichés du simple rock basique…

En attendant, ‘Andy’, votre premier single, verse dans un rock puissant. C’est un titre assez différent des autres chansons de l’album…

A. : A nos yeux, c’est un morceau qui opère une charnière entre « Year of the Tiger » et « Satellites ». C’est pour cette raison que cette chanson ouvre le disque. Après ce titre, on plonge dans une autre atmosphère…

R. : Néanmoins, ce n’est pas le morceau le plus représentatif du nouvel album… On a beaucoup travaillé sur les intensités. De nombreuses chansons vont ainsi se dévoiler au fil des écoutes…

A. : Il est certainement moins immédiat. Mais on a vraiment l’impression d’avoir enregistré un ensemble de chansons cohérentes, pas seulement un tube perdu dans la mêlée. 

« Satellites » est-il obsédé, voire persécuté, par la mort et les disparitions ? Des titres comme « Crimes », « Ben’s dead », « Calling the ghosts », « There’s a god » pourraient, en effet, le laisser penser. Pourriez-vous nous éclairer à ce sujet ?

A. : Ce sont les différents concepts qui traversent l’album : la distance qui sépare les gens, la vie et la mort, l’absurdité et la réalité. Ces grands thèmes côtoient des histoires réellement vécues, abordées de façon romancée. Si le disque s’adresse à la première personne du singulier, il n’est pas autobiographique pour autant. Tous les textes ont été écrits sur une période très courte. Pas nécessairement la plus heureuse de ma vie. Mais je n’ai jamais cherché à verser dans l’amertume. On recherche toujours l’espoir, les aspects positifs de l’existence.

Nicolas Alsteen

 

En concert :

Le 3 novembre à la Cecoco (Ciney)
Le 10 novembre au CC René Magritte (Lessines)
Le 14 novembre à la Soundstation (Liège)
Le 15 novembre à l’AB Club (Bruxelles)
Le 16 novembre à L'Entrepôt (Arlon)
Le 17 novembre à L'Eden (Charleroi)

Pre noisy ou post noisy ?

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Réputé pour ses formations très alternatives, le label Skingraft a signé le groupe londonien Pre. Le quintet vient d’enregistrer un premier album. Intitulé "Epic Fits", il ne dure qu’une bonne vingtaine de minutes et libère une musique 'noisy' particulièrement virulente. Pas étonnant, quand on sait que le line up est limité à une guitare, deux basses, une batterie et des hurlements lunaires…

Tracklisting

Drool...

Fudging on our Folks

Scenes from a 1963 Los Angeles Love-in

Slash in the Snake Pit

Ace Cock

I Met Her in the Bin

Nope Fun So Jazzed

Dude Fuk

Greasers

Popping Showers

And Prolapse...

Ride Ride Ride

Know Yr Teachers 

 

Pour plus d’infos : http://www.skingraftrecords.com/pre.html et http://www.mandai.be