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Farfouiller dans la Pure Carrière…

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort. Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force.…

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Carla Torgerson

Saint Stranger

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Franchement, il n’y a pas grand-chose à dire du nouvel album de Carla Torgerson. Intitulé « Saint Stranger » cet opus contient onze morceaux oscillant entre rock mou et trip-hop délavé. Monotones et peu originaux, ceux-ci suscitent rapidement l’ennui… Si la deuxième partie du disque se révèle un peu plus convaincante par l’entremise de morceaux atmosphériques comme « The Forever Last Nothing » ou « Temperature Dream Thinkin Bed », force est cependant de constater que l’ensemble s’avère souvent confondant de platitude à défaut d’être vraiment mauvais. Sans relief, « Saint Stranger » plaira peut-être à ceux d’entre-vous qui, fragiles des nerfs, cherchent un disque à passer en fond sonore lorsqu’ils cuisinent. Pour les autres, par contre, passez votre chemin…  

Emiliana Torrini

Fisherman´s Woman

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Un peu de douceur… Ou comment, par la grâce d’un album aussi fragile qu’un œuf en chocolat, guérir son petit cœur meurtri par les vicissitudes de l’amour. Debout à côté d’une fenêtre ouverte, on écoutera ce nouvel album d’Emiliana Torrini. Vers 5h00 du matin. Après une soirée gâchée par une mauvaise rencontre. En laissant les fragiles odeurs et la légère clarté des matinées printanières se mélanger aux petites chansonnettes contenues dans « Fisherman’s Woman ». On se surprendra alors à se demander si le chant des oiseaux entendu au loin fait partie des morceaux ou pas. Bercé par la voix de la charmante Islandaise (que l’on espérera, jusqu’au bout, apercevoir sur le trottoir d’en face, se faufilant le long de la rue), il sera alors temps d’ôter ses vêtements et de se mettre au lit en rêvant de prendre la belle Emiliana par la main pour l’emmener faire une petite ballade champêtre, loin de ses vieux démons… Que du bonheur !

Ali Farka Toure & Toumani Diabate

In The Heart Of The Moon

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On ne présente plus Ali Farka Touré, maire de la ville de Niafunké au Mali et surtout guitariste magnifique. Il s’est associé à une autre pointure de la musique malienne, le joueur de kora Toumani Diabaté. Ensemble ils revisitent des traditionnels maliens et composent quelques nouveaux morceaux où l’improvisation se taille la part du lion. Un album instrumental tout simplement lumineux et émouvant qui s’écoute comme on boirait de l’eau fraîche et pure dans le désert du Sahara, à 12h30. Chaque chanson est une gorgée d’eau qui nous ramène un peu plus à la vie, nous fait voir les choses sous un meilleur jour. La production de Nick Gold est exemplaire de sobriété et les rares instruments qui viennent quelquefois soutenir les deux maîtres ne sont jamais décoratifs. Quand on pense que le disque a été enregistré en trois sessions de seulement deux heures… Que dire de plus ? Que « Heart of the Moon » recèle les plus belles choses entendues cette année et que ce serait une grave erreur de passer à côté… Go and check it out baby !

Tracy + The Plastics

Culture for Pigeon

Écrit par
Un projet étonnant pour un titre d’album abrutissant. Tracy + The Plastics n’existe pas. Au sens matériel du terme du moins. Cachée sous la tapisserie d’un groupe imaginaire, Wynn Greenwood, éblouissante égérie de la scène électro punk, signe son premier album : « Culture for Pigeon ». Concrétisation enchantée de longues années de bourlingues à écumer les clubs punk et les galeries d’art, ce disque emprunte des voies distinguées, parfois redondantes, jamais inintéressantes. Le beat ramolli campe discrètement sous le doux timbre de la belle et offre une vison électromécanique de l’univers dépeint par Coco Rosie. Aussi, une voix chevrotante nous conduit au terme des déambulations électroniques des 11 titres de ce drôle de projet. Sur l’autre face digitale de l’album, la miss nous invite à découvrir ses talents de vidéaste. Le kitch frappe alors à la porte en plastique : collages à deux centimes, dédoublages naïfs, discours farfelus et coloriages enfantins alimentent une facette totalement dispensable.

Trashmonkeys

The maker

Écrit par
Andreas Wolfinger, Daz Fralick, Offer Stock et Gunnar Riedel sont…allemands. Sur ce coup-ci, on serait tenté d'ajouter que leur nom de famille trahit leur origine. De fait, les quatre Trashmonkeys débarquent de la banlieue de Brême dans un style assez personnel. Pour ouvrir le disque, les gaillards nous balancent "Song n°1", portion de rock'n'roll sauvage et déjantée, imprégnée d'influences sixties et d'effluves de cambouis. Car autant y aller franco: ces Monkeys là sont de véritables garagistes, le genre d'énergumènes qui fleurissaient aux quatre coins des pavillons ricains au lendemain de la beatlesmania. Emmené par les éructions vocales de Wolfinger, nos extraterrestres germaniques s'approchent de la planète Hives à grands coups de riffs insistants. Forcément moins classe que la bande à Howlin' Pelle Almqvist, les Trashmonkeys n'hésitent pas à mélanger costards et trainings, cravates et converses, brillantine et lunettes noires pour un effet contestable mais divertissant. "The Maker", troisième album en date, a manqué son époque de quelques décennies. L'univers des Trashmonkeys n'a pas traversé l'histoire. Ces gars sont restés scotchés sur l'année 1977. Ils ne peuvent nier l'affaire. Néanmoins, ce passéisme convaincu les amène à livrer des brûlots d'excellentes factures: "Wrong Education", "Innocent" (un ersatz de Franz Ferdinand joué par The Sonics !) ou encore "Wake up". En Allemagne, ces barjots assurent les premières parties de The Killers. On imagine la tête des fans (NDR : les morts?) de Brandon Flowers devant telle d'ébauche d'énergie et de mauvais goût vestimentaire. On vous laisse entrevoir le décorum: c'est trash !

Dan Treanor and Frankie Lee

African wind

Écrit par
Dan Treanor est issu du Colorado. De Pueblo, très exactement. Il y a 35 ans qu'il joue le blues. Au cours de sa carrière, il a notamment côtoyé Son Seals, Louisiana Red, Jimmy Carl Black et Frankie Lee. S’il est surtout réputé pour ses talents d’harmoniciste, il est également capable de jouer d’une multitude d’instruments, dont la guitare, le banjo, le dobro, la basse, les claviers et la flûte. Depuis quelques années, il est passionné par la fabrication d’instruments à cordes africains. Une instrumentation qu’il exploite sur le présent album ! Début 2004, il avait commis un elpee autoproduit, "African soul". Certaines plages de cet album sont reprises sur cet "African wind". Dans le registre soul blue, Frankie possède une des plus belles voix de la soul music. Elle est même proche de Little Johnnie Taylor ou d’O.V Wright. Au cours des sixties, il a sévi au sein de l’Ike & Tina Turner Soul Revue. Ensuite, il a apporté sa collaboration à Albert Collins et Johnny Guitar Watson.
 
"Missing" est une excellente mise en place rythmique. Gary Flori est aux percussions. Dan Treanor tire son épingle du jeu à l'harmonica, à la flûte et à l'orgue. Cet accompagnement assez dépouillé permet à la voix claire de Frankie Lee de se détacher nettement! L’influence africaine est manifestement exercée par les percussions. Le Bo Diddley beat fait résonner "Mean woman blues" à l’aide d’un instrument ancestral rebaptisé le Diddley bow. L'harmonica de Dan répond au superbe chant de Frankie. David Henderson excelle à la guitare. "Love a woman's soul" nous plonge au cœur de l’Afrique. A cause de la texture riche, très complexe de l’instrumentation. Plus simples, "Tell me mama" ou encore "Kidnapped by the blues" nous ramènent dans le Delta du Mississippi. L’harmonica et la guitare acoustique épousent la voix parfaite de Mr Lee. Pas besoin de deviner le type d'ambiance manifesté tout au long du titre maître ; une plage enrichie de choeurs tribaux. Et "The groit man", au cours duquel les percussions suivent la slide d'Henderson à la trace, est de la même veine. La voix de Frankie recèle une puissance phénoménale. Et il ne s'économise guère pour cracher des phrases enflammées sur les très électriques "Got no lifeline"et "Black Hanna", deux fragments au cours desquels la guitare se fait menaçante. L'album monte en puissance pour "Cut with dynamite". Un savoureux cocktail, fruit du tempo boogie, des percussions tribales et de la guitare déjantée ! La voix naturellement soul de Lee brille sur la ballade bien nerveuse "Texas son". "Lenesome road" nous transporte une dernière fois dans le coeur du blues. La voix féminine de Peggy Brown répond à celle de Frankie. L'album s’achève par "Can flute soul", une compo impliquant flûte, harmonica et ngoni (NDR : une espèce de banjo africain !) Très original, cet opus évolue hors des sentiers sans cesse battus du blues actuel. A découvrir !

Troubled Hubble

Making Beds In a Burning House

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L’indie US n’est pas morte ! Dans la digne lignée de Dismemberment Plan, Archers of Loaf, ou encore Built To Spill, Troubled Hubble se pose et en impose. Après 4 albums (dont 3 autoproduits et auto-distribués), “Making Beds In a Burning House” enfonce les pédales d’un émo-rock énergique, puissant et drôle (“Even Marathon Runners Need To Nap”). Nouveauté chez ce groupe de Chicago en activité depuis 1998, l’apparition parcimonieuse mais juste d’un violon sur certains titres dont le très réussi “Safe & Sound”. Quasiment rien à jeter de ce 5e album (les ballades ne sont pas leur point fort, mais qui a réellement besoin de ballades ?) A pointer particulièrement, l’enfiévré “To Do That Build the House” au final envolé et lyrique. Emocorement recommandé.

Troubleman

Penny Symphonies

Écrit par
Au sein de ce quatuor milite un certain Manu Zwern, un chanteur/guitariste d’origine anglaise mais établi à Anvers. Un line up impliquant un second guitariste, Luc Van De Poel, mieux connu pour avoir sévi chez The Kids, l’ex bassiste de Mistigri John Guilaman et le drummer Yves Peters. La formation s’était déjà illustrée en commettant "Random Acts of Kindness", une compo qui figure sur la bande originale du film "Shades", produit par Mickey Rourke. Un morceau que vous avez sans doute déjà eu l’occasion d’entendre sur l’une ou l’autre station radiophonique belge. " Penny Symphonies " constitue le premier opus de Troubleman. Découpé en treize chansons, il nous plonge au sein d’un univers pop/rock à la fois féerique et guilleret. Difficile cependant de ne pas penser à Mercury Rev, à l’écoute de ce disque, même si le band possède son propre style et ses propres spécificités. Indéniablement, on ne peut rester insensible à ces ballades langoureuses, évanescentes, qui trahissent une richesse instrumentale ample et variée. Je conseille d’ailleurs vivement cette plaque à tous les mélomanes. En écoutant d’abord "The Space In Between", une petite perle qu’on ne peut s'empêcher d’écouter et de réécouter…

Eric Truffaz

Saloua

Écrit par
Aux confins du jazz, de la world et du grand Jah, Eric Truffaz veille sur les vertes contrées du globe. Entouré de divers musiciens, auteurs et compositeurs (Mounir Troudi, Nya, Michel Benita, Philippe Pipon Garcia), Eric Truffaz s’étend sur un de ses thèmes de prédilection : la vie. « Saloua » se chante en anglais et en arabe, se traduit en français. Cet album arpente des hymnes poétiques récursifs : ‘Tu as pris mon âme et tu es ma préférence sur cette terre. La seule chose que je demande maintenant à la vie, c’est la beauté en ta grâce’ ou des exercices de styles du genre : ‘la grande roue ne cesse de tourner. La vie n’est pas préméditée’. D’accord, l’écriture glisse sur les compositions comme de grosses goûtes d’eau de rose. Mais qu’à cela ne tienne, Eric Truffaz ne se ment pas. Il recherche les limites de sa musique. Et cette prospection semble l’aider à repousser les frontières de son espace créatif. Avec ce disque, l’univers d’Eric Truffaz entrevoit de nouvelles dimensions et cherche, désormais, à les apprivoiser.

Turin Brakes

JackInABox

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C’était en été 2001 : un joint partagé avec le colocataire d’une amie dans une piaule miteuse d’une bicoque typique de Bristol. En fond sonore, de gracieuses berceuses acoustiques venaient se mélanger aux effluves toxiques. Certains moments restent ainsi gravés au plus profond de notre mémoire. Le fond sonore en question, c’était « The Optimist Lp », le premier album de Turin Brakes. C’était une sympathique petite claque. Depuis, ce duo britannique nous intrigue. En 2003, la guitare s’est frayée quelques incursions en territoire acoustique pour un deuxième disque (« Ether Song ») pour le moins décevant. Aujourd’hui, Turin Brakes semble avoir opté pour un compromis de bon aloi. Leur nouveau né, baptisé « JackInAbox », creuse la veine entamée sur « The Ether Song » mais de façon plus subtile et maîtrisée. Aussi, chaque chanson ondule habilement entre violence romantique et douceur nostalgique. « They can’t buy the sunshine » lance ce troisième exercice de style vers de nouveaux desseins folk-rock. Le vibrato D’Ollie Knights mêle délicatesses et écorchures sur le thème de prédilection de ces messieurs : l’amour. Oui, Turin Brakes chante l’amour et le désespoir, l’amertume et l’espoir. « Peu à peu, tout doucement, je suis infecté de ton amour », déplore Knights de son timbre langoureux (« Forever »). Esseulés, orphelins de leur accompagnateur mélodique, ces mots sonnent creux, gouttes d’eau de rose épanchées sur une feuille blanche. Mais sur disque, les billets doux de Turin Brakes prennent de l’altitude et se permettent de jeter un regard de dédain sur les mièvreries romantiques de leurs contemporains. Le duo signe également un des premiers tubes disco-folk de ce siècle par l’entremise du très réjouissant « Asleep with the fireflies ». Turin Brakes continue de construire le pont imaginaire qui les sépare encore de ses maîtres. Bref, chez certains, les travaux de voieries avancent plus vite qu’ailleurs…

Turn Me On Dead Man

God Bless the Electric Freak

Écrit par
Un peu d’histoire d’abord. 1968, Double blanc des Beatles. La chanson « Revolution 9 » est un collage sonore de John Lennon où, telle une litanie hypnotique, se répètent en boucle ces quelques mots : number nine, number nine, etc. Certains allumés du bocal, déchiffreurs inconditionnels des œuvres de leurs gourous, s’empressent de passer les bandes à l’envers et y entendent Turn me on dead man. Ce qui, dans la langue de Molière signifierait quelque chose comme Fous moi la gaule, vilain macchabée (sacré paillard, ce Jean-Baptiste). Venons-en aux faits, les Turn Me on Dead Man, encore inconnus dans nos contrées, excitent déjà les tympans de leurs concitoyens. The best kept secret of San Fransisco pouvait-on lire récemment dans une feuille de chou locale. Rock stoner racé, certes, fourbi d’influences psychés assumées, l’album, sans être déshonorant, ne mérite pas forcément une telle dithyrambe. Excellente entrée en matière, « Killer Sound Waves From Space » pérégrine lentement vers le cervelet et touche son but dans un ultime assaut de fuzz. Première salve infligée, on reste un peu sur sa faim jusqu’à la seconde face qui s’avère nettement plus inspirée. Réouverture des (d)ébats « Apocalypse rock », hurlements, frappe lourde, format plus court, high energy pur jus. Un hommage au Beatle discret, « Beatle George », se plie sur quelques notes de sitar électrique, évidemment. Quelques dérives psychotropes warholiennes, dans le sens dandy du terme se concluent par un « Mistery Ride » bien nommé. Une clope, chérie ?

Steve Turner

Steve Turner and his bad ideas

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Steve Turner, nous le connaissions déjà en tant que ‘lead guitarist’ au sein des ‘cultissimes’ Mudhoney, cette formation de Seattle qui depuis 1988 livre un rock abrasif, cynique, fruit d’un mélange de grunge, de hardcore et de garage. Steve Turner, à l’instar des autres membres de Mudhoney, mène une carrière parallèle au sein de combos moins illustres (The Fall-Outs, Monkeywrench, Thrown Ups…) et depuis 2003 (Searching for Melody) une aventure en solo. Enfin en solitaire, c’est trompeur, puisqu’il est accompagné comme sur ce dernier album éponyme de musiciens amis, parmi lesquels Stone Gossard (Pearl Jam), Paul Kimble (Grant Lee Buffalo) ou la chanteuse Holly Golightly (Thee Headcoatees). Musicalement, Steve Turner se consacre ici à une veine plus proche des racines, où le folk, voire la country, sont intégrés à son rock US. Au-delà de quelques chansons réussies (The Grand Introduction, Zero on the Scale, Move Ahead), c’est plutôt à un boeuf entre copains musiciens auquel on assiste, boeuf au cours duquel Steve Turner réussit néanmoins son examen de chanteur compositeur. Mais sans les félicitations du jury… Suivant !

T. Raumschmiere

Blitzkrieg Pop

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Projet électro germanique mené par Marco Haas, T.Raumschmiere a décroché un petit succès l’an dernier en commettant le single « Monstertrruckdriver ». Il revient avec plus ou moins la même formule et contrairement à ce que le titre pourrait le faire supposer, cet elpee ne contient aucune reprise des Ramones. Le blitzkrieg de Marco commence par « Stick Like me » une mauvaise imitation de The Exploited en version électro. On continue par quelques instrumentaux un plus inspirés constellés de saturations digitales, de sons échantillonnés en ‘8 bits’ (définition sonore digitale de basse qualité) ou ‘industriels’, obsession récurrente chez les musiciens allemands, excepté peut-être chez David Hasselhoff. On retombe tout de suite dans les horreurs ; et en particulier le lamentable « A Mess ». Surchargé par un gros synthé basse qui s’évertue à singer une guitare, ce fragment est chanté mollement par le dénommé Quasimodo Jones. Dans un registre métal décadent, Sandra Nasic (chanteuse de Guano Apes) essaye de donner un peu de panache à un « Very Loud Lullaby » qui nous rappelle les impayables Scorpions. « 3 minutes of Happiness » reprend le son de synthé mortuaire de Joy Division. Il est chanté/parlé par Judith Juillerat et reste un des moments les plus convaincants de la plaque. L’instru « Patridiot » rappelle aussi Joy Division et dénote un petit effort mélodique de la part de Marco Haas. Ce dernier clôture l’album par une beuglante sur le poussif « Blitzkrieg Pop », cavalcade punk-électro triste comme un mois de novembre en Pologne.

Tablerockers

Shake your junk

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Aux USA, il existe des milliers de blues bands qui sévissent au sein des petits clubs, le plus souvent proches de leur base. Les Tablerockers appartiennent à cette meute. Ils ne sont pas pour autant des débutants, car le groupe s’est formé en 1981. A Lincoln, dans le Nebraska. En fait, les musiciens étaient tous originaires de la petite ville de Table. Et les Rockers se produisaient régulièrement au célèbre club, "The Zoo Bar" de Lincoln. En 1991, ils commettent leur premier elpee. On y remarque la présence d’un invité de marque : Magic Slim, un habitué du Zoo Bar. Le groupe se sépare en 92. Certains musiciens rejoignent Anson Funderburgh & the Rockets, d’autres Mike Morgan & the Crawl ou encore le Legendary Blues Band. Une nouvelle formule des Tablerockers refait surface fin 2001. Etablie cette fois dans l'Arkansas, elle réunit le chanteur/guitariste Jason Davis, le bassiste et membre fondateur Larry ‘Shorty Brown’ Boehmer ainsi que le drummer David ‘Mr So & So’. Davis a été impliqué chez Baby Jason and the Spankers pendant dix ans. Il en était même le leader. Il a également côtoyé Matt Murphy et Magic Slim. Watson est texan. Premier drummer d'Anson Funderburg, il est le neveu de Doyle Bramhall. Boehmer (NDR : le seul membre originel) était le bassiste maison du Zoo Bar. Il a longtemps milité chez les Heart Murmurs. Et le trio nous propose donc son premier opus : "Shake your junk". Un disque enregistré live au "George's Majestic Lounge" de Fayetteville, en Arkansas.
 
Dès les premiers accords on se rend compte que chez les Tablerockers, la guitare est reine. Baby Jason mène la barque dès "Think", le titre d'ouverture. Le groupe est bien soudé. Il transpire manifestement du vécu. Une plage assez funky, traitement qui sera reconduit régulièrement tout au long de cette plaque. L’assemblage de blues et de rock'n'roll porte ses fruits. Dans un style qui rappelle Stevie Ray Vaughan & Double Trouble de la première époque. Signé Willie Dixon, "I'm ready" maintient le tempo. Les Rockers libèrent une bonne dose de groove. A l’instar des Red Devils ou des Mama's Boys californiens, mais sans l’harmonica. Ils poursuivent ce sillon sonore par des classiques : "Big Boss man", "Temperature" de Little Walter (NDR : un slow blues dramatique), ou encore "Can't hold out" et "All your love", préparés à la sauce texane. Nonobstant la parenthèse soul "When she was my girl", "Me and my woman" marque un retour à la formule funky R&B. Le "Ball and a biscuit" des White Stripes est une plage lente, intense, sculptée dans un riff profond et lourd. Le traitement shuffle du "She belongs to me" de Magic Sam opère manifestement un retour sur le terrain de Vaughan. La formation passe encore en revue le célèbre blues de BB King, "The thrill is gone" ; avant d’achever le set par une interprétation saignante du "Shake for me" de Howlin' Wolf. Manifestement, Jason Davis possède une bonne voix. En outre, elle colle parfaitement à son répertoire. Elle domine un trio de musiciens très soudés. Et sur les planches, les Tablerockers doivent certainement être à la hauteur de leur sujet.

Tahiti 80

Fosbury

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Jusqu’ici la magnifique formule de Tahiti 80, quatuor normand de 10 ans d’âge n’a été performante... qu’au Japon! Mais là-bas, les Rouennais sont interprétés dans les karaokés locaux, ce qui leur vaut cette étrange situation : ils sont inconnus dans leur pays ou presque, et de véritables stars en Asie, sans qu’ils comprennent vraiment, ni pourquoi l’Europe les boude, ni pourquoi le Japon les adule... Nous, non plus, on n’a pas d’explication. En toute logique, la pop de Tahiti 80 devrait être reconnue mondialement, tant leur mélange de soul, de musique électronique et de pop sixties est efficace sur disque. Leur troisième met la rythmique plus en avant, au même plan que la mélodie, mais n’arrache pas les oreilles pour autant. Les chansons restent accessibles à tous, mélodiquement efficaces, ayant un pouvoir extraordinaire : celui de donner une pêche festive, de mettre de bonne humeur même le pire des déprimés. Il y a sûrement quelque chose de paradisiaque dans « Fosbury », mais quoi ? La voix aiguë ? Les arrangements qui tiennent à la fois du passé de la pop et de son futur ? Les chœurs volatiles ? Le fait qu’il s’agit d’un métissage entre musique noire et musique blanche ? Allez savoir...

Peut-être doit-on trouver l’explication dans le titre que le groupe a donné à ce dernier album. « Fosbury », c’est bien sûr Dick Fosbury, un sauteur en hauteur américain couronné à Mexico en 1968. Le gaillard n’avait pas tenu compte des railleries générales sur sa façon si peu académique de pratiquer son saut... en franchissant la barre à l’envers de ce qui se faisait habituellement! Depuis, le saut à la Fosbury a fait école et une bonne moitié des sauteurs utilise la technique dorsale qu’il a inventée. Tahiti 80 veut visiblement, lui aussi, faire fi de l’incompréhension des gens, garder sa propre identité, cultiver sa différence et - qui sait? - un jour influencer toute une génération de musiciens. Ce 3e opus, le plus accompli de la carrière de Tahiti 80, contient aussi le discours le plus optimiste et positif qu’on ait entendu cette année. Tous les côtés mélancoliques du précédent ont été gommés pour notre plus grand plaisir.

Tangent

The world that we drive through

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Initialement envisagé comme une association éphémère, Tangent avait fortement impressionné lors de la sortie de son premier CD, en 2003. Du coup, Andy Tillison, initiateur du projet et compositeur quasi-exclusif, récidive. L'équipe gagnante est reconduite, à l'exception notoire de David Jackson, indisponible pour cause de reformation du Vandergraaf Generator. Il cède sa place à Théo Travis, au saxophone plus classique, mais fort bon flûtiste. Les super groupes parviennent rarement à faire encore mieux sur leur deuxième album. C'est pourtant bien ce qui arrive à Tangent. On retrouve ici toutes les qualités appréciées sur 'The Music …', avec peut-être un peu moins de folie, mais un propos plus riche, plus mélodique et mieux canalisé. Seul petit regret: Roine Stolt se fait plus rare au chant, alors que sa voix est plus agréable que celle de Tillison. Sinon, rien à redire. Les cinq premières plages naviguent au cœur de cette synthèse magnifique de prog pur jus, de psychédélisme moderne et de jazz-rock accessible. 'The winning Game', qui ouvre l'album, est chantée par un Roine Stolt inspiré et son final très émotionnel nous ramène un instant chez Flower Kings. Le second titre est plus délibérément jazz-rock, très entraînant et rehaussé par une flûte tour à tour classique et espiègle, qui vient se fondre dans des voix féminines après avoir livré une joute au piano. La plage titulaire commence en douceur, avant de s'emballer souplement sur un terrain sinueux ; mais sans jamais se perdre très longtemps hors de ses lignes mélodiques. Plus libre, plus erratique, 'A Gap in the Night' mêle ambiances oppressantes, digressions ambitieuses et pauses planantes. Une fois n'est pas coutume, la dernière plage mérite son appellation 'bonus-track'. Sans être quantité négligeable, elle rompt en effet avec tout ce qui précède. Intégralement électronique, très expérimentale, 'Exponenzgesetz' est un hommage appuyé à Tangerine Dream. Ajoutons que la production est excellente, conférant profondeur aux arrangements complexes et truffant l'ensemble de petits détails sonores toujours judicieux. Chaudement recommandé, vraiment!

Teamforest

Let´s Get Away From Here (Ep)

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Ce qui est fabuleux dans l’univers de l’électronica, c’est que de nombreux artistes amateurs pensent se lancer en solo, armés d’un computer (et parfois d’une guitare). Et d’inviter sans trop d’artifice de production l’auditeur occasionnel à se promener dans leur univers musical personnel. Philipp Bückle vit à Dortmund et crée sous le pseudo Teamforest des chansonnettes électronica folks. Charmé par les ritournelles enfantines (“Grounded for the Weekend”), Teamforest profite de cet EP pour décliner sa mélancolie naïve tout le long de ses cinq titres. C’est joli, mignon et désuet, mais l’ensemble manque terriblement de densité et surtout d’intérêt. En fait, pour tout vous dire, je ne suis plus vraiment sûr que cela soit si fabuleux, l’électronica…

Team Sleep

Team Sleep

Écrit par
L'histoire Team Sleep n'est pas neuve. En 1994, Todd Wilkinson et Chino Moreno partent à la recherche d'un quatre pistes. Le précieux objet en mains et 60 dollars en moins, les deux amis explorent leurs tréfonds musicaux, enregistrent leurs premières démos et jettent les bases d'un ambitieux projet. Quelques semaines plus tard, l'aventure se crashe, s'éclate et s'éparpille promptement contre le mur du son imposé par "Adrenaline", premier et retentissant album de Deftones. La carrière de Chino Moreno atteint alors des sommets de grâce, de violence et de défonce. En moins de deux albums, la formation de Sacremento assiège les plus grandes scènes du monde, orne les couvertures de nos magazines préférés et signe des manifestes du métal nouveau. Dans ces conditions, qui voudrait changer d'air? Qui voudrait prendre congé de ses meilleurs potes pour une escapade euphorique? Qui voudrait contenir sa rage pour une échappée au cœur d'une équipée somnolente? Chino Moreno est de ceux là: de ces hommes qui vivent pleinement un rêve, une passion. Ce sont les chantres modernes d'une véritable liberté artistique. En compagnie de Team Sleep, le leader de la machine de guerre Deftones retourne sa veste et se confesse. Il fait ce qu'il veut parce qu'il aime ce qu'il fait. Chino est fort, très fort. Dans un premier temps, le volontarisme du gaillard déstabilise. Mais cette fois, reconnaissons que le progrès trouvera toujours son idéal dans le changement. Tel un épais brouillard déchiré par une foudre cristalline, "Ataraxia" inaugure le disque fantasmé par Todd et Chino une dizaine d'années auparavant. "Ever (Foreign Flag)" nous démontre ensuite les remarquables prédispositions vocales de Moreno. En douceur ou en stupeur, Chino parvient à guider son chant vers ses plus belles expressions. Cet album, c'est également le récit de rencontres. Entre Team Sleep et la céleste cantatrice Mary Timony mais aussi entre les voix de Moreno et de Rob Crow, chanteur et parolier de Pinback (ici présent pour quatre collaborations inattendues), qui s'unissent pour de véritables envolées léthargiques. Car décidément, en compagnie de Team Sleep, le sommeil demeure un état conscient, pleinement éveillé et nécessairement vital.

Tears For Fears

Everybody Loves a Happy Ending

Écrit par
Après dix longues années d’absence, Tears For Fears marque son retour en signant un nouvel album, "Everybody Loves a Happy Ending". Youppie ! Curt Smith et Roland Orzabal ont donc enterré la hache de guerre. Pour célébrer une réconciliation, le mieux est encore de sortir un disque, non ? Toujours est-il que c’est la décision choisie par les deux lascars. L’histoire de ce nouvel album dégage des senteurs d’un vieux parfum aux doux relents d’entente cordiale. On les imagine autour d’une bonne bouteille de pinard à écouter leurs disques favoris : « Please Please Me », « With The Beatles », « A Hard Day's Night », « Beatles For Sale », « Help! », « Rubber Soul », « Revolver », « Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band », « Magical Mystery Tour », « The Beatles (White Album) », « Yellow Submarine », « Abbey Road », « Let It Be »,… Soyons clairs : Tears For Fears n’a jamais caché l’origine de ses influences et elles se vérifient aujourd’hui encore. Et ce disque ? Ben, « Closest Thing To Heaven » nous laisse entrevoir le spectre d’une mauvaise chanson des Manic Street Preachers sous poppers. Le puissant effet vasodilatateur de la substance explique certainement la sensation orgasmique qui anime ces deux-là. Comme quoi, les produits chimiques… Sur le très baroque et surchargé (forcément !) « Who Killed Tangerine ? », les deux compères s’époumonent à l’unisson : “And when you think it’s all over. It’s not over, It’s not over…”. Personne n’a vraiment besoin d’une traduction. N’empêche, ça fout les boules. Imaginez un bel après-midi d’été dans une vingtaine d’année. Vous vous prélassez paisiblement dans votre transat et puis tout à coup, les voix de Curt Smith et de Roland Orzabal sortent de la stéréo et tous les petits oiseaux qui gazouillent peinards sur la verte pelouse décampent. Il va falloir s’y préparer mentalement. A tout moment, Tears For Fears peut revenir. C’est la loi. N’empêche, ce genre de truc, ça fout les boules !

The Tears

Here come the tears

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Suede a écrit les premières lettres du renouveau de la Britpop. Avant Oasis et Blur Nous étions alors à la fin des 80’s. A l’issue de la sortie de leur premier opus éponyme, la presse est dithyrambique, n’hésitant pas à comparer la collaboration Butler/Anderson à celle de Morrissey/Marr des défunts Smiths. Malheureusement, pendant l’enregistrement de « Dog man star », Bernard Butler claque la porte. Ce qui n’empêchera pas l’opus de rencontrer un très gros succès. L’arrivée d’un nouveau guitariste, Richard Oakes, va mettre en exergue le rôle de compositeur que jouait Butler. Car les albums suivants de Suede, vont devenir de moins en moins intéressants. A un tel point qu’à l’issue de « A new morning », la formation décide de splitter. De son côté, quoique plus créative, la carrière solo de Bernard et même ses différents projets n’ont jamais rencontré qu’un succès trop confidentiel. Faut croire que les deux personnages s’étaient réconciliés depuis quelque temps (NDR : encore que par respect mutuel, ils ne se sont jamais invectivés), puisqu’ils ont décidé de remonter un nouveau groupe : The Tears. Et devinez à quoi ressemble leur premier opus, « Here come the tears » ? A Suede, pardi ! Et le fruit de leurs retrouvailles n’est pas trop mal fichu. On a même l’impression qu’ils ont repris les choses là où ils les avaient laissées 11 ans plus tôt. Il recèle bien l’un ou l’autre titre moins percutant ; mais dans l’ensemble l’elpee tient plutôt bien la route. D’autant plus que les accès de guitare bien tranchants dispensés par Bernard se lovent parfaitement dans les mélodies glamoureuses entretenues par la voix passionnée, théâtrale, de Brett et les arrangements symphoniques somptueux. Le groupe a d’ailleurs fait appel à tout un arsenal de cordes ! Les sessions d’enregistrement se sont déroulées dans le propre studio de Butler qui a bien sûr assuré la production de l’œuvre. Dans l’esprit de Phil Spector. On se rend compte aujourd’hui du résultat qu’aurait pu atteindre « Dog Man Star », s’il avait bénéficié d’une telle mise en forme. Des coups de cœur ? Le contagieux « Refugees », le tintinnabulant « Autograph », l’allègre « Lovers » et puis surtout l’hypnotique et ténébreux « Brave new century », plage dont les parties de guitare réverbèrent certains accents du mythique Creedence Clearwater Revival des débuts (NDR : pensez à « Born on the bayou » ou encore « Run through the jungle »). Et Anderson n’est pas demeuré en reste ; puisqu’il a abandonné les clichés éculés de ses derniers disques, pour élaborer des lyrics qui traitent de l’amour, de la rupture, de ses propres observations sur le déclin de la culture moderne et du stress de la vie moderne. Ainsi que de textes autobiographiques. Bref, une bonne surprise qui annonce peut-être une nouvelle collaboration fructueuse entre Brett Anderson et Bernard Butler. C’est tout le mal qu’on leur souhaite…

Teenage Fanclub

Man-Made

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Les Fannies roulent leur bosse depuis 1989. Et depuis 17 années, ils pratiquent une pop rafraîchissante et spontanée, dont les mélodies contagieuses, sucrées et ensoleillées sont caressées par des harmonies vocales limpides sur un duvet de guitares légèrement noisy. Brassant ainsi des influences qui oscillent de Big Star aux Beach Boys (mais sans Brian Wilson), en passant par les Byrds (NDR : flagrant sur cet elpee, tout au long de « Born under a good sign ») et parfois même Neil Young. Et pourtant, à chaque nouvel opus, la formation écossaise parvient à donner une coloration différente à ses chansons. Pour enregistrer « Man-Made », le T.F.C. s’est rendu à Chicago. Dans les studios de John Mc Entire. Bénéficiant évidemment de son expérience dans le domaine de la production, du mixing et des arrangements. Le leader de Tortoise se réserve même le piano sur « Only with you ». Et après avoir écouté cet opus, on se rend compte qu’il a apporté aux chansons, une véritable bouffée d’oxygène. Du line up initial, Norman Blake, Raymond Mc Ginley ainsi que Gerard Love sont toujours au poste ; et ils se partagent équitablement le travail de composition. L’elpee implique également de la guitare acoustique (empruntée à Jeff Tweedy de Wilco), des claviers onctueux (High Llamas ?), quelques boucles et puis épisodiquement un violon ou un violoncelle, prodigué par un certain John McCusker. Et vous voulez mon avis ? Nonobstant tout le charme exercé par cette œuvre, elle risque encore une fois de passer inaperçue.