L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

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La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

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Sioen

Ceci n’est pas un film (Dvd + CD)

Écrit par

Mis en scène par Chritina Vandekerckhove, « Ceci n’est pas un film » immortalise le concert du 5 mars 2005 accordé au Kopergietery de Gand par Sioen et son groupe. Un set pour lequel la formation avait reçu le concours d’un trio de musiciens à cordes et épisodiquement d’une choriste. Particulièrement en forme, Frédéric Sioen y propose 16 titres issus de ses albums « See you naked » et « Ease your mind » ; mais le Dvd inclut également un dessin animé, des interviews, des vidéos, des sessions studio et un détour – non dénué d’humour - par les coulisses. Parfois filmés en noir et blanc. Parfois fondus avec d’autres prestations ‘live’. A l’instar de « Too good to be true », accordé lors du dernier festival de Werchter. Un moment de pure magie ! Ou de « Sleeping beat », au cours duquel Toots Thielemans est venu donner un petit coup d’harmonica. D’abord lors de la dernière édition du Folkdranouter, et puis en studio. Mais le plus intéressant procède du style particulièrement ample développé par Sioen tout au long de sa prestation. Capable d’osciller de la pop au funk, en passant par le prog (NDR : tout naturellement celui du Vandergraaf Generator), le flamenco, le jazz et le classique, Sioen peut également compter sur une équipe d’excellents instrumentistes, même si la palme revient au violoniste John Baert qui est parvenu à remplacer - et ce n’était pas du tout cuit - le talentueux Renaud Ghilbert parti chez Absynthe Minded. Et le cd reproduit tout simplement le concert en audio.

 

 

P:ano

Brigadoon

La quête de la chanson pop parfaite : chaque semaine, des filles et des garçons aux idées larges tentent de relever le défi, et se cassent les dents sur le ‘couplet-pont-refrain’ qui tue, comme à l’époque… ; enfin bref, il y a longtemps. L’Arlésienne de l’artiste lambda qui croit qu’un type nul lui a piqué ses idées est devenue un classique. Certains musiciens comme Sean O’Hagan ou Stephen Merritt sont encore et toujours à la recherche du Saint Graal, Don Quichotte pop des Temps Modernes. Indice : on l’aurait aperçu au Canada, chez les orfèvres de P:ANO, qui viennent de sortir un beau disque, du nom d’une comédie musicale de Vincente Minnelli, eh oui. Alors, forcément, ça le fait : 24 mignonnettes pleines de cuivres, de piano, d’orchestrations hors pair, comme à l’époque des Beach Boys, de Bergen White et des Mama’s & the Papa’s, enfin bref, il y a longtemps. C’est beau, et il y a de quoi faire, puisque rien ici n’est à jeter. Si Gene Kelly n’était pas mort, il pourrait faire appel à ces jeunes gens pour composer un joyeux chant du cygne. En attendant que Sufjan Stevens s’attaque à l’Alaska, « Brigadoon » restera bien au chaud au sommet de la pile de nos disques à chérir.

Oneida

The Wedding

De ce septième album du trio de Brooklyn, on retiendra surtout l’étrange variété : de la pop aérienne, du krautrock, de l’acid folk, du post-punk, du stoner et du psychédélisme. Voilà donc un groupe inventif et pas con, qui pioche dans le dico du rock sans regarder l’index. La grande nouveauté, c’est qu’Oneida s’essaie cette fois à de vraies mélodies – celles qui restent dans la tête et peuvent même s’écouter entre amis. L’intro, « The Eiger », charme ainsi le quidam par ses belles rouflaquettes estampillées sixties, avant que « Lavender » et ses boucles ne l’emmènent dans l’espace, pour un voyage interstellaire. Drogues, cerveau, musique : au jeu des trois erreurs, il n’y en a pas. Tout fonctionne à l’envers à l’endroit, c’est sans dessus dessous, sauf que maintenant sur certains titres l’écriture est concise. Et ouais, et même qu’il y a du banjo, du xylo et du Black Sabbath (« Did I Die ») ! « The Wedding » aurait pu donc, dans le meilleur des mondes, faire parler de lui, et même plaire à un nombre plus grand. Le marketing sauvage en a décidé autrement. Le mieux c’est de s’en taper, évidemment, et d’écouter ces mantras en pleine indifférence : pour cela, se farcir le tiercé de fin de disque (« Heavenly Choir », « Leaves », et « The Beginning Is Nigh »), en expirant bien fort. Ca dégage les bronches, comme du Vicks à sniffer sous la douche. Attention : rien ne dit qu’écouter Oneida est une menace pour la santé mentale. Il s’agit simplement d’une musique hors-concours, mais qui reste accessible à qui veut bien l’entendre.

Scout Niblett

Kidnapped By Neptune

Elle est seule, à la guitare. Electrique. Dans l’air, bourdonne l’envie d’envoyer tout péter, à la face d’un monde qui somnole en croyant qu’on va lui foutre la paix. Mais la fille, menue, nerveuse sous sa perruque, compte bien réveiller le zombie qui sommeille aux tréfonds de notre âme. L’esprit farouche, oblique, elle attend la batterie. Et tout à coup, la voilà qui s’active : lourde, martiale, quasi diabolique. « Hot to Death » : l’Anglaise ne croit pas si bien dire… Et ça pète, donc, avant de s’abîmer dans le silence, qui n’annonce rien de meilleur : « Cheer me oooooon ! », éructe-t-elle sur « Pompoms », Infante majorette aux faux airs sainte-Nitouche. C’est qu’elle s’amuse la fifille, à tripoter ses cordes et son kit de batterie (comme si le rock n’était pas une affaire de sales gosses…). Steve Albini, derrière ses lunettes et son desk, écoute les mains jointes : arrivera-t-elle à se calmer ou désire-t-elle une bonne fessée ? ‘Un soupir exhala de sa poitrine. Le brasier s’embrasa d’une flamme vive sur l’autel de l’amour et laboura le sein des infortunés martyrs’. C’est elle qui mène la danse, celle qui réveille les morts. ‘Je veux leur sang, leur sang !’, s’écrie-t-elle dans un excès de rage. Cette fille n’est pas bien dans sa tête, mais sa musique est bonne. Combien pour la rançon ?

James Nixon

Back down South

Écrit par

James est né en 1941. A West Nashville, dans le Tennessee. Ses parents étaient musiciens. Le paternel jouait du piano et de l'harmonica. Sa mère était également pianiste et chantait. Le fiston hérite d’ailleurs des dons de vocaliste de sa maman et se met au gospel à l’âge de 20 ans, avant de se lancer dans l'opéra au cours des années 50. Ce qui ne l’empêche pas de s’intéresser à la basse puis à la guitare. Un attrait qui va le conduire à rejoindre King James and the Scepters, puis NTS Limited (au sein duquel milite alors un certain Billy Cox à la basse), et plus tard encore le Band of Gypsies de Jimi Hendrix. Il retrouve même Cox chez les New Imperials, dans les années 70. Ses débuts discographiques ne datent que de 1985 : un single produit par Charlie Daniels. Fin des 90’s il a commis deux albums gospel. Sous son patronyme. Toujours à Nashville. "Me, myself and the Lord" en 97 et "Stand up" en 99. Son premier opus de blues ne date que de 2002 : "No end to the blues". Un elpee mis en forme par Fred James et paru sur le label hollandais Black Magic Records. James reconnaît pour influences vocales majeures Sam Cooke, Lou Rawls et Johnny Taylor. Il a composé les 14 plages de « Back down South », un nouvel album de blues. Il chante, joue de la guitare, parfois de la basse et de l'harmonica. Il s’est chargé des prises de son et a assuré la production, au sein de son propre studio.

Le disque s’ouvre par le titre maître, un bon downhome blues qui démontre immédiatement que sa voix est taillée pour chanter le blues. Jéremy Nixon s’y réserve le piano. Cette voix illumine l’intégralité de cette œuvre, une voix très soul, soul/blues même digne des vocalistes de la Music City. Un orgue discret berce "Baby just be you". Superbe ballade soul, très mélodique, proche du chant gospel, "Don't let love walk out the door" excelle dans le style. Face à la douceur émouvante du piano, il hausse le timbre qui parvient, sans forcer, à atteindre une hauteur inouïe. Plus proche du Memphis Blues, "How to sing the blues" élève le tempo. L'orgue de Kenny Zander est doublé du piano tout au long de ce R&B boogie très alerte. R&B très prononcé, "Snake in the grass" inaugure une première sortie des cordes amplifiées de Mr Nixon. Le son est particulièrement perçant, sauvage mais contenu. Autre ballade soul attachante, "Numbers man" consacre une mélodie à la fois belle et fragile. Des cordes perçantes introduisent "I'm so in love with you", un titre légèrement funky qui bénéficie d’une bonne assise rythmique. Malheureusement, les claviers synthétiques font un peu tâche d’huile dans l’ensemble. James y dispense un solo au cours duquel chaque note comptée est empreinte d’une grande sensibilité. "Try love on for size" renoue avec le funk. James et Shannon Williford (NDR : issu de Baton Rouge, mais établi Nashville, il anime régulièrement des ateliers musicaux en compagnie de Nixon) co-signent "Close to you", une plage blues tonique. Shannon a emporté son harmonica. Il injecte un coup de fraîcheur au style primaire de James. Blues délicat nappé d’orgue et de piano, "Please never ever leave me again" met en exergue sa superbe voix. Et il accorde sans doute sa meilleure intervention sur les cordes lors de l’indolent "Baby just read my mind". A l’instar de Roscoe Shelton, Earl Gaines ou encore Charles Walker, James Nixon est une des valeurs sûres de Nashville…

Knut

Terraformer

A les entendre, on croirait que ces Helvètes s’ennuient ferme dans leur patelin, et qu’il faut bien jouer du metal pour passer le temps et chasser ses démons, à défaut d’autre chose (le bouquetin, c’est moins drôle). Après deux albums aux ambiances à la Neurosis/Isis/Todd, Knut enfonce le clou, jusqu’à taper dessus pendant des heures. En fin de compte, le metal et ce qui s’en suit, c’est de l’ordre du T.O.C. (bientôt à « Ca se discute » ?) : on martèle sans arrêt la même chose, comme si gueuler servait à quelque chose. Et je t’en fous plein la gueule, moi, de mes vocaux hirsutes, de mes riffs qui t’agressent, de mes drones qui t’abattent ! Chose étrange, seuls les titres 2-3-4 s’avèrent pourvus d’un semblant de cordes vocales. Après c’est de l’instru, parce que Didier Severin, le leader de Knut au patronyme d’attaché-case, avait peut-être mal à la gorge… Toujours est-il que ça ressemble à Neurosis, mais en moins inspiré. La Suisse, pays de la neutralité : un peu chiant tout de même, surtout quand on se croit méchant.

 

Dayna Kurtz

Another Black Feather (For The Wings Of A Sinner)

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Ne tournons pas autour du pot. Les Hollandais, qui ont tout compris, l’ont adoptée depuis quelques années. Il est désormais du devoir de notre humble pays de réserver un accueil digne de ce nom à cette incomparable artiste. Dayna Kurtz est en deux mots une révélation. Avec un C.V. répertoriant déjà cinq albums et un DVD, il est difficile à croire que l’on n’ai que peu, voire jamais, entendu parler d’un tel talent. La dame, ayant saisi toute l’étendue de notre ignorance, nous offre une chance de nous rattraper après avoir écouté ce surprenant « Another Black Feather ». Porté par une voix androgyne imprégnée de whisky et de cigarettes, le recueil emporte l’auditeur dans un voyage introspectif à travers une Amérique redéfinie. Déchirée par des passions antagonistes, Dayna Kurtz dépeint une nation aux paysages chatoyants sur « Nola », ode à la beauté de la Nouvelle Orléans, et l’intime « Banks Of The Edisto », traçant délicatement les contours de la Caroline Du Sud. La New-yorkaise laisse ensuite éclater sa colère sur un frémissant « It’s The Day Of Atornement, 2001 » aux accents bohémiens, constat affligé et affligeant d’une société post-11 septembre, celle dans laquelle nous devons vivre aujourd’hui, corrompue par la religion, les guerres qu’elle entraîne et toute la connerie de ces hommes qui s’en frottent les mains. ‘They can all go to hell if there is such a thing !’ a-t-on envie de hurler en chœur avant de laisser le sulfureux « Showdown » calmer le jeu. Version jazzy d’un classique de Johnny Cash, « All Over Again », hommage qui n’a gardé de l’original que les paroles, confirme la virtuosité de l’artiste qui clôture son chef-d’œuvre sur « The Miracle », dont les arrangements feraient pâlir de jalousie un certain Ryan Adams. Entre blues, folk et jazz, « Another Black Feather » est à écouter les yeux fermés pour en apprécier toute la splendeur.

Indochine

Alice & June

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Drôle d’idée de sortir en l’espace de quelques semaines un même opus sous deux formes différentes. D’autant plus que les titres écartés ne sont ni des ‘live’, ni des remixes. La version épurée recèle 13 chansons. Double, elle en contient 22 (dont un bonus track du « Pink water » interprété intégralement en anglais). Alors si vous êtes fans d’Indo, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Vous avez sans doute déjà eu l’occasion d’entendre ou d’écouter le single et le titre maître de cet opus, sur l’une ou l’autre station radiophonique (NDR : dans la négative, c’est que vous n’écoutez jamais la radio !). Une chanson qui annonce parfaitement la couleur de cette nouvelle œuvre. La dixième. Plus pêchue, électrique, rock, new wave ou même gothique. Pas pour rien que Brian Molko est venu donner de la voix sur « Pink water ». Une ballade mélancolique, dominée par l’instrumentation électronique, tellement proche de Depeche Mode. D’autres invités ont bien sûr participé aux sessions d’enregistrement ; et parmi eux des musiciens des Wampas (« Harry Poppers »), d’Aqme et d’Asyl (« Les portes du soir »). Concept album, il s’inspire de l’histoire de deux jeunes fans du groupe qui se sont donné la mort en sautant d’une falaise. Rien à voir donc avec Alice aux pays des merveilles de Lewis Carroll. Ce serait plutôt le destin tragique de deux adolescentes précipitées dans l’univers ‘sex drugs & rock’n roll’. Bref bien dans l’esprit d’Indochine. Si lors de l’album précédent, Nicola avait reçu le concours d’une pléiade de collaborateurs pour écrire les lyrics, sur « Alice & June », il signe l’essentiel des textes. Le groupe participant plus activement à la composition de la musique. Il ne faut cependant pas négliger pour autant le rôle de l’ingénieur du son Olivier de Sat, dont le travail est absolument remarquable. Les mauvaises langues vont certainement traiter la nouvelle orientation d’Indochine d’opportuniste ; tout simplement parce qu’elle a pris une couleur plus contemporaine. Davantage au goût du jour, si vous préférez. N’empêche, ce double elpee contient quelques petites perles. Le single, bien sûr, l’inévitable « Pink water », le très contrasté « Ladyboy » déchiré entre chœurs insouciants et lyrics sombres, le douloureux « Sweet dreams » (NDR : allusion à son frère défunt ?), et enfin et surtout la trilogie « Talulla »/« Morphine »/ « Starlight » qui clôt la deuxième plaque. Soit un poème de Valérie Rouzeau (NDR : elle a également écrit « Ladyboy »), une mini symphonie guidée par la voix et le piano qui bénéficie d’arrangements de cordes (surtout des violoncelles), de cors et de chœurs, et puis un final typiquement Indochine, sorte de synthèse ou de coup d’œil dans le rétroviseur, auquel Nicola est devenu coutumier.

Experience

Positive Karaoke With a Gun/Negative Karaoke With a Smile

Michel Cloup, ton univers impitoyable… Après Diabologum, cette canaille de Toulousain avait fondé un nouveau clan, l’irascible Experience. Où le bonhomme se lâche et vitupère, contre cette société qui nous programme, nous ficelle et nous dévore tout crus, avant l’indigestion. Une expérience sans compromis, qui laisse des traces et même un mauvais goût, dans les oreilles et dans la bouche. Comme son pote Michniak à l’accent nonchalant, Michel Cloup régurgite son cerveau pour mieux clamer sa haine. De la bêtise, du confortable et de nos certitudes. Qu’il sorte un disque de reprises est étrange… Pour massacrer l’ennui ? Mais l’ennui est une chose saine, mes bons amis, et même l’une des marques de l’esprit sain, qui raisonne bien, amen, et tant que l’ennui existe, c’est qu’il reste des choses à faire, à côté. Comme jouer de la musique, et en écouter, et pourquoi pas s’amuser à jammer entre potes sur des reprises de Public Enemy (« Show ‘Em Watcha Got »), Shellac (« Prayer to God »), Q Ant Not U (« Collect the Diamonds »), Suprême NTM (« Qu’est-ce qu’on attend ? ») ou encore Bonnie « Prince » Billy (« Sombre », une belle adaptation, toute en tension EMO, du grandiose « I See a Darkness »)… En bonus, un DVD d’1h30 d’extraits de concerts, en France, en Espagne et ailleurs, de clips, d’images backstage, sur la route, en van, en avion, en métro russe, récoltée et montée par Widy le guitariste. Allez, un peu de karaoké à la sauce Experience n’a jamais fait de tort à personne.

Death Cab For Cutie

Plans

Ben Gibbard est un bon mélodiste, on l’a sans doute assez répété : qui se souvient de son side-project The Postal Service n’osera dire le contraire, et versera même peut-être une larme, tellement c’est beau. Désormais signés sur une major, Ben Gibbard et ses potes avaient donc intérêt à sortir un disque plein de tubes, si possible ‘radio friendly’… « Plans », sans verser dans le FM putassier, réussit la gageure d’être à la fois plaisant, consensuel et subtil. Ce n’est pas une insulte d’être fan, en 2005-06, de Death Cab For Cutie, et c’est tant mieux pour l’amour propre. La voix toujours aussi câline, comme celle d’un ami cher, Ben Gibbard pianote et tricote joliment, des chansons du dimanche qui plairont aux sensibles. La mélancolie, ce sentiment propice à la belle musique pop : ça ne mange pas de pain, mais ça coule lentement comme du miel dans l’oreille. Un baiser ? « I Will Follow You into the Dark » (guitare-voix-miracle), ou bien, quand ça déprime entre quatre murs, « Your Heart Is an Empty Room ». A l’instar de Nada Surf ou de Styrofoam, Death Cab For Cutie s’avère la BO parfaite de vos prochaines Cuddle Party. On se câline, on se caresse, sans sexe ni arrière-pensée. Il paraît que ça existe. On n’arrête pas le progrès.

The Devlins

Waves

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La comparaison a beau être facile, elle n’en est pas moins inévitable. Les frères Devlins sont incontestablement les enfants spirituels de leurs compatriotes irlandais : « Waves », c’est tout simplement du U2. Mais on serait presque tentés d’ajouter ‘en mieux’. Débutant sur un captivant « Everything Comes Around », le disque des Devlins transporte instantanément l’auditeur vers d’autres lieux, là où l’herbe est plus verte, où le soleil brille toute la journée, où les « vagues » viennent achever leur course sur le sable brûlant… En période morose, les excellents « Someday », aux arrangements à la Turin Brakes, « Coming Alive », transporté par son délicieux choeur féminin, et surtout l’entêtant single « Don’t let It Break Your Heart » ont bien des chances d’être plus effectif qu’un Xanax. Toutefois, les quelques petites zones ombrageuses que constituent « Feel It When You’re Gone » ou encore « Headstrong » ternissent légèrement le bleu du ciel Devlinien. Sans grandes conséquences, dira-t-on, la magie réopérant dès les plages suivantes. Même s’il est impossible de se faire sortir la bande à Bono de la tête pendant toute la durée du disque, quelques écoutes suffiront à convaincre les plus réticents. Avec tout ça, je prendrais bien des vacances, moi…

Various Artists

Nuisance Sonore

Écrit par

Petit label normand indépendant, tout nouveau, tout beau, Bent Records a eu une idée vraiment pas conne. A défaut de dénicher la perle rare et de débourser des milliers d’euros en promo pour celle-ci sans garantie de retour sur investissement, Bent a préféré s’introduire sur le marché en déballant immédiatement le meilleur de son catalogue. « Nuisance Sonore » et son assemblage éclectique et efficace fait donc office de curriculum vitae du label, listant 12 artistes et autant de titres vacillants entre pop-rock et metal-hardcore. Bien que certains morceaux soient moins comestibles que d’autres, « Nuisance sonore » offre un ensemble syncrétique plutôt cohérent. Démarrant à la sauce Placebo (« Moe Sad » de 39th and norton) pour se conclure dans un fracas de distos et de hurlements gutturaux (« Dimey » de Kwashiorkor), l’autoproclamée ‘compilation des musiques actuelles’ contient quelques splendeurs telles que le séduisant « Drops » des Lyonnais de May Fly, parfaite bande son pour de longues nuits d’hiver, ou l’aérien « Father’s Falling » de Immune. Comme tout débutant ne peut éviter les erreurs de parcours, on laissera filer le vulgaire « Splaffeusplaff » de La Mygale, clone de TTC, ainsi que l’inutile « Vaginhate » de Greenwald. On conseillera néanmoins au label de se débarrasser illico presto de ces deux formations, pour le bien de nos tympans. Malgré ses faiblesses, « Nuisance Sonore » ne se définit pas comme une énième compilation insignifiante mais tel un authentique concentré de découverte et une preuve tangible que la scène indé française a de l’avenir.

Cibelle

About A Girl E.P.

Écrit par

Le nouveau travail de Cibelle Cavalli est un bel objet double face. Le premier disque recèle quatre traces audio annonciatrices d’un deuxième album et l’autre le pendant visuel de ces compos sous un format dvd. S’ouvrant par « About A Girl », la magie opère et cette relecture électro bossa du classique de Kurt Cobain est empreinte d’une atmosphère mélancolique contagieuse. « Esplendor », une ballade acoustique truffée de subtiles interférences électro et portée par le beau timbre de voix de Cibelle constitue sûrement le meilleur morceau des quatre. Plus proche des paysages musicaux déjà exploités sur son premier album, « Gracefully » renoue avec les textures électroniques, les breakbeats et les atmosphères suspendues et froides. Réalisé en compagnie de son vieux compère Apollo Nove, « Noite de Carnaval » débute par une ligne de basse acide qui rappelle les débuts de la house avant de rencontrer une rythmique minimale et des accords de guitare concassés. Ici aussi, c’est une atmosphère proche du rêve fiévreux qui domine. Côté visuel, parmi les petites vignettes basiques de Cibelle et Elsa Dahmani à l’esprit bricolo, la plus jolie s’avère la colorée « Esplendor ». Un travail intrigant mais prometteur, qui pourrait constituer un bon point d’entrée dans l’étrange univers de la belle brésilienne.

Cornflames

197666

Écrit par

Groupe belge, Cornflames pratique un émorock proche de Jimmy Eat World ou des Get up Kids. Intitulé « 197666 », leur nouvel EP 5 titres est plutôt fichu. Une chose est sûre, il devrait plaire aux aficionados du genre, en Belgique. Faut dire que notre plat pays recèle peu de combos évoluant dans ce style trusté en général par des formations issues des States. Des Cornflames qui pourraient tout à fait en revendiquer l’origine. Et c’est un compliment… On les imagine bien en short baggy, un maxi de Pepsi en main, occupés à jouer « This is how it feels », leur morceau le plus catchy, au bal prom’ du collège de San Antonio. Bon, évidemment, il faut avouer un faible pour MTV, « Pimp my ride » et ce genre de chose. Dès lors…

The Briefs

Steal Yer Heart

Écrit par

Bienvenue chez les syncopés de The Briefs. Ici, on aime le punk-rock, la vitesse. On affiche une attitude : froc ‘moule-bite’, cravate, perfecto collant et tignasse peroxydée. ‘Vivre moche mais heureux’, telle est la devise. The Briefs n’est pas là pour parader. Personne ne viendrait se risquer à tel défilé. Non, les pensionnaires de Seattle s’activent à griffer des guitares en un temps record. Et de fait, les 11 titres bombardés sur nos tympans viennent à bout de toute énergie vitale en moins de 28 minutes et 40 secondes. Les Briefs ont mangé du Ramones, se sont fringués new wave et sont parvenus à convaincre une maison de disque de produire leur speed musical en grande quantité. En se penchant sur la discographie des vilains, l’auditeur averti (en vaut cinq) découvre une production stakhanoviste : quatre disques en quatre ans. Ces types sont nerveux. Mais sont-ils réellement dangereux? C’est en tout cas l’hypothèse défendue par la pochette de ce nouvel album : cavalcade sanglante de quatre sprinters de syllabes. The Briefs vit une passion sans concession. Mais au final, que reste-t-il ? Rien. L’expérience fut Briefs mais intense.

Architecture In Helsinki

In case we die

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La subversion est-elle facteur essentiel d’évolution? La question partage visionnaires, prophètes et hauts dignitaires du rock. Pour leur part, les artisans de la musique moderne persistent à tisser les mailles d’une histoire dont la métamorphose n’exige aucune réponse. Les chantres du siècle nouveau s’activent, visitent les alvéoles des genres et en retirent le nectar le plus précieux. Architecture In Helsinki est de ceux-ci. Cameron Bird, cheville ouvrière de cet audacieux projet, propose une collection de titres qui s’agenouille dans les chapelles sans jamais s’attarder pour la prière. L’electronica, le rock, le baroque, le folk et le psychédélisme se côtoient, tournoyant ensemble autour de multiples instruments en bois. La sensation de légèreté foudroie l’auditeur : c’est exubérant, doux et sautillant comme une fin de soirée estivale. Ne rien faire, s’amuser, écouter ces sons loufoques affluer et converger vers un point commun, zénith de naïveté et de génie. De « Tiny Paintings » à « Wishbone » en passant par « Do The Whirlwind », Architecture In Helsinki ne laisse aucune place à l’amertume. Les huit membres de la chorale australienne (et non finlandaise) traversent des textes graves, moments délicats de l’existence (« In Case We Die », « The Cemetery »), sans accorder la moindre importance à la désespérance. Comme chez The Arcade Fire, les ‘funérailles’ sont prétextes aux plus belles réjouissances. Architecture In Helsinki livre ses confessions les plus intimes, le cœur empli de passion et de bonnes résolutions. Filles et garçons, à l’unisson, chantent et construisent un disque que ne renierait pas l’architecte Alvar Aalto. Assurément conquis par ces formes innovantes et organiques.

Jenny Wilson

Love and Youth

Écrit par

Eclectique est sans doute le terme le plus adéquat pour définir le style musical de Jenny, une charmante suédoise dont les rêves doivent être plus que probablement hantés par Goldfrapp et l’ex vocaliste de Moloko, Roisin Murphy. Avant d’entamer une carrière en solitaire, elle a sévi au sein de différents groupes, parmi lesquels on retiendra surtout le First Floor Power et The Knife, un duo electro-funky responsable d’un très bon album intitulé “Deep Cuts”. Quoique militant aujourd’hui sous son propre patronyme, Jenny est épaulée par sa soeur Clara. Qui a participé à l’enregistrement de ce premier elpee (NDR : un disque précédé par la sortie du single "A brief story") et l’accompagne également sur les planches. Difficile de rester insensible à l’électro-pop à la fois allègre et percutante des sœurs Wilson. Elles ont du talent, c’est une certitude. Et sont jolies. Ce qui ne gâche rien. En outre, la voix de Jenny est superbe. Un organe qu’elle met en exergue sur "Crazy summer", une des meilleures plages de l’elpee. Autre moment fort de cette plaque, "Let my shoes lead me forward" parvient à concentrer un faisceau particulièrement dense d'énergies positives. Jenny Wilson ou quand la pureté insolente rencontre la folie douce…

Vast

Nude

Écrit par

En signant ce groupe, le label InsideOut s'est éloigné quelque peu de son domaine de prédilection, à savoir les grosses pointures du rock progressif actuel. Mais sans fléchir sur ses exigences de qualité. En effet, John Crosby, visiblement seul maître aux commandes de Vast, propose un rock très inspiré, tonique et mélodique à la fois, très accessible et bonifiant au fil des écoutes. La parenté est évidente avec U2. C'est parfois hallucinant jusque dans la voix. Passé ce constat qui peut indisposer, on a vraiment droit à 14 plages sans faiblesses (y compris les deux bonus, de même qualité que l'ensemble). Vast est aussi à l'aise dans les plages en colère ('Turquoise') que dans les incursions pop apaisées ('Don't take your love away'), aussi efficace dans les riffs lancinants ('Be with me'), que dans les petites douceurs ('Lost', un sommet de l'album). Rythmiques et arrangements fuient la facilité. Les plages sont truffées de petites trouvailles sonores toujours savoureuses. Le tout est très bien chanté, avec théâtralité et conviction. La grande variété des sonorités et une production imparable parachèvent un CD qui, très vite, devrait devenir un invité permanent de votre lecteur. Vraiment conseillé!

Tristeza

A Colores

On aurait pu croire qu’après le départ de Jimmy Lavalle (dû au succès de son side-project, The Album Leaf), Tristeza allait enfin pouvoir porter son nom avec ce qu’il faut d’atermoiement et de justesse. De fait, c’est quand même triste qu’un type comme Lavalle se fasse la malle et laisse ses potes en plan, même s’il est vrai qu’« In A Safe Place » est un sacré bon disque. La bonne nouvelle, c’est que celui de Tristeza n’est pas mal non plus, même s’il n’évite pas toujours les plans les plus foireux du post-rock - cette linéarité qui naît bizarrement du contraste et du déséquilibre. C’est donc ailleurs qu’il faut chercher la petite bête, et elle ressemble fort à un synthétiseur : omniprésent tout le long de l’album, il irrigue de ses nappes colorées le terrain craquelé des guitares électriques. De ces textures à mi-chemin entre Tortoise, Nathan Fake et Mono, on retiendra surtout l’immuable langueur : joli, mais certes prévisible… L’album s’intitule « A Colores », bref 'en couleurs' : il n’empêche que s’il est coloré, ce n’est pas en 24 bits. L’illusion persiste ainsi les quatre premiers titres, puis se dégonfle comme une vieille baudruche. Ennui ! Et tristesse, donc, qui ne dure jamais longtemps (ou pas assez).

The Strokes

First Impressions of Earth

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Cinq garçons doués, des noms sur mesure pour se tailler une place dans les encyclopédies du rock : Julian Casablancas (chant), Nick Valensi (guitare), Fab Moretti (batterie), Nikolai Fraiture (basse) et Albert Hammond Jr. Mais est-il encore nécessaire de les présenter ? Depuis les attentats du 11 septembre, les médias évoquent davantage les Strokes que Ben Laden. L’embrasement médiatique provoqué par l’initial « Is This It » est vite retombé sur les petites converses du quintet new-yorkais. Au lendemain des tremblements sonores engendrés par « Someday », « Last Nite », « Take it or Leave it », la vie des Strokes avait changé. C’était difficile à expliquer, « Hard to Explain » qu’ils chantaient. Sans l’aide de personne, ces enfants de la Grosse Pomme relançaient le rock : une mode désuète, un genre plongé dans la pénombre des projecteurs braqués sur une musique désincarnée. Les Strokes, un look, des mélodies, une attitude. Deux ans plus tard, « Room on Fire » est attendu au tournant, forcément. La critique est sévère. Ce deuxième album valait pourtant son lot de magie. Aujourd’hui, les Strokes reviennent et confessent leurs « Premières Impressions de la Terre » par le prisme d’une subtile métaphore. « First Impressions of Earth » retrace, en effet, les premières sensations du succès traversé par les Strokes. A cet égard, les paroles de Casablancas demeurent sans équivoque. ‘Tout le monde me regarde mais ce n’est pas évident de rester debout, sous ses lumières, dans l’attente d’un peu d’action’ (« Juice Box »), ‘Je les déteste tous, je me hais de les détester, alors je bois un peu plus, et je les aime tous, alors je bois encore, et je les déteste encore plus qu’au début’ (« On The Other Side »), les exemples sont légion. Caché derrière sa première personne du singulier, Julian répertorie ses mésaventures, les revers d’un triomphe international qui, dans un groupe, peut avoir des retombées mortelles. Musicalement, le troisième disque des Strokes ravive une flamme éteinte depuis « Room on Fire ». Les mélodies éclatent ici et là, fulgurance sonore et bravade de riffs sans concession. Mais attention, au risque de replonger dans les tréfonds de la critique, des jugements hâtifs qui avaient rangé le deuxième album des New-yorkais dans le bac recalé, « First Impressions of Earth » ne s’apprivoise pas sur une longueur. Après plusieurs écoutes, seulement, ce disque devient le meilleur ami du mélomane. Tout est bon à prendre. Même l’intro de « Juice Box » piquée au « Brand New Cadillac » des Clash (NDR : ou aux B-52’s, ce n’est pas encore très clair) en devient attachante. La grande force des Strokes est de retour : la mélancolie rageuse de Casablancas et sa nonchalance énergique viennent épouser les contours de riffs primitifs, tellement plaisants, flamboyants. Les guitares, justement. Plus en avant, elles appuient les courbes vocales de Julian qui, bien souvent, abandonnent son traditionnel filtre de distorsion. Une gratte gravée des initiales de Nick Valensi vient d’être lancée sur le marché. Cette apparente arrogance commerciale se légitime amplement dès l’entame du solo de « Vision of Division » où Nick tricote les cordes de sa guitare, à l’instar d’un improbable Dick Dale. Plus surprenant, Fab s’efface un instant de l’univers idyllique esquissé par les Strokes au profit d’une boîte à rythmes. Tel un crooner, Julian prêche ainsi son imperméabilité à la célébrité sur « Ask Me Anything » : ‘Je n’ai rien à donner, aucune raison de vivre, mais je me bats pour survivre, je n’ai rien à cacher’. Alors, « Is this It » ? La question que tous les observateurs sont en droit de se poser. Est-ce le plus grand album de rock de tous les temps ? Certainement pas. Les Strokes sont déjà confortablement assis dans l’histoire et une simple impulsion leur suffit pour lâcher un album redoutable. « First Impressions of Earth » est le disque de la semaine, du mois. L’année, elle, attendra.

Bill Rhoades

Voodoo lovin´

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Originaire d'Eugene dans l'Oregon, Bill Rhoades est un pilier de la scène blues du Nord Ouest américain. Il en est même considéré comme le ‘parrain’. A l’instar d’une multitude de ses contemporains, il s’est intéressé au blues au cours des années 60, à l'écoute de groupes issus du British Blues Boom. Il fonde sa première formation début des 70’s : les Rhythm Kings. Très actif, il monte son radioshow : "Blues Power", sur KLCC. A la même époque, il met sur pied l'Oregon Blues Society. Il fonde alors son Bill Rhoades Blues Band, un combo dont le patronyme se muera finalement en Party Kings. Concitoyen, le jeune Robert Cray va même régulièrement enrichir le line up sur les planches. Au cours des 80’s, il s’établit à Portland. Et dès son arrivée, il est invité à présenter un nouveau radioshow. Sur KBOO : "Blue Monday", une émission qu’il anime toujours aujourd'hui. Dans la foulée, il crée la Cascade Blues Society. Depuis quinze ans, les Party Kings cumulent les distinctions sur la scène blues locale. Une scène très active, il faut le souligner. Au sein des Party Kings figure Michael Osborn. Un excellent guitariste qui avait fondé le Charles Ford Band en 1970. En compagnie des frères Ford, bien sûr. En 1981, Michaël atterrit au sein du John Lee Hooker Band et en devient même le leader musical. Il y restera 13 années. Il a commis plusieurs elpees sur le label Blues Rock It dont "Cold hearted girl" en 88 (NDR : chez Crosscut), "A case for the blues" en 93, "A background in the blues" en 96 et son tout dernier, "Touch tone" en 2005. La section rythmique est constituée du bassiste Tommy Szell et du batteur Johnny Moore. Au cours des dernières années, Bill Rhoades ne s’est pas croisé les bras. En 1998, il a enregistré un album en compagnie d’Alan Hager : "Runnin' & ramblin". Un opus au cours duquel le duo se consacre exclusivement aux grattes acoustiques. Et en 2002, "Don't lose your Kool", flanqué des Party Kings.

L'album s’ouvre par des interventions très tranchées de l'harmonica. Bill possède une bonne voix. Il plaque des phrases aussitôt entrecoupées par des incursions percutantes de son instrument. Michael n'est pas en reste et sa première sortie est déjà déterminante. Les Party Kings virent au West Coast blues pour affronter la reprise du "She walks right in" de Charles Brown. Préposés à la section rythmique, les deux vétérans possèdent suffisamment de métier pour assurer le swing indispensable et nécessaire destiné à propulser Osborn dans un solo brillant et irrésistible. Une situation propice à communiquer un souffle réparateur à Bill qui explose dans le jump harp. En composant "I'm trying", Bill pensait certainement au fameux riff de Bo Diddley. Ce tempo nerveux inspire le leader, responsable d’une nouvelle évasion à l'harmonica. Et son jeu est à la fois brillant et musclé ! A cet instant, on se rend compte que la source d'inspiration majeure de notre homme émane du Chicago blues des fifties. Le disque recèle quelques excellentes covers. Et tout d’abord le "Now she's gone" de J.B Hutto. Dans un registre plus proche de Jimmy Rogers. Tout au long de cette compo, Bill semble être devenu un adepte très attentionné du style de Little Walter. Un excellent blues basique auquel participe Vince Carlysle (NDR : il a milité chez les Switchmasters de Jimmy Lloyd Rea), invité pour la circonstance. Dans l’univers des souffleurs, Bill apprécie tout particulièrement les deux Sonny Boy Williamson. Tout au long de "Temperature 110", non seulement il reste fidèle au jeu de Rice Miller, mais il s’acquitte de sa tâche avec une aisance déconcertante. Une prestation qu’il va reproduire, dans l’esprit de John Lee Williamson, lors de son "Early in the morning". Le "She moves me" de Muddy Waters a subi un traitement plus classique. Autre concitoyen, ami et producteur de cet album, Terry Robb s’y réserve la slide. Mr Rhoades signe également ici quelques compos. A l’instar de "Hurt again", un fragment qui macère dans le swamp blues de Baton Rouge. Nous ne sommes alors plus tellement loin des Slim Harpo, Lightnin' Slim ou encore Lazy Lester! L’attaque d’Osborn y est très personnelle, très rythmique, toute en sensibilité, presque indélébile… Boogie léger, "Voodoo lovin" est imprimé sur un tempo contagieux. Idéal pour lancer les solistes sur orbite. Michael d'abord. Bill ensuite. La section rythmique libère énormément de groove pour soutenir l'effort solitaire opéré par Osborn sur "Cindy Ann". Un solo habilement ficelé, en progression continue. Du bien bel ouvrage ! La version du "Kidney stew" d'Eddie Vinson épouse un profil très West Coast. Bref instrumental, "Sixes and sevens" est partagé en duo avec la shruti box de Dave Lange. Enfin, l’adaptation du notoire "Don't you lie to me" de Tampa Red est un véritable tour de force. Et on voudrait tellement que cette machine ne s'arrête jamais…