L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

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Jens Lekman

Maple Leaves (Ep)

C’est le premier EP de Jens Lekman, jeune prodige de la cause pop-folk qui pourrait bien damer le pion à Ed Harcourt, Richard Hawley et Rufus Wainwright. La chanson-titre, avec ses airs d’hymne psychédélique, donne envie de taper du pied et d’embrasser toutes les filles. Que Morrissey, qui joue maintenant le gangster d’amour à l’âge où l’on courtise les ménagères, se rassure : la relève est en bonne voie. Oui, Lekman est un bourreau des cœurs (les tendres « Sky Phenomenon » et « Someone To Share My Life With »). C’est qu’il fait froid en Suède : le genre de climat qui donne envie de déclarer sa flamme. Et dire que ce songwriter plein de charme n’a même pas 25 ans ! Sa recette miracle ? Rien de secret (du joli folk, matinal et juteux), mais beaucoup de talent. A suivre de près, avant le triomphe.

Zool

Ep one

Zool est le pseudonyme de Gerry Vergult, qui dans les années 80 jouait dans le groupe Aroma Di Amore, pour ceux qui s’en souviennent… Pour sa première sortie en solo (deux autres EP devraient suivre d’ici peu), le Flamand (qu’on a pu voir au laptop sur scène en compagnie de Daan) a composé trois pièces électroniques qui rappellent l’ambient du début des années 90 (« Icunabula » d’Autechre, O Yuki Conjugate). C’est joli et reposant sans être foncièrement anecdotique : sur « Kitty Hybrid », Gerry Vergult s’essaie même au dub synthétique, pour un résultat surprenant, entre Biosphere et Vladislav Delay. De l’electronica sereine, avec une âme.

The Zutons

Who killed The Zutons

Écrit par
Tout comme The Coral, les Zutons nous viennent de Liverpool. Deux formations signées, comme par hasard, chez Deltasonic. Deux ensembles qui pratiquent une forme de garage fourre-tout où l’on retrouve une multitude de styles musicaux, dont le jazz et la country. Seule différence, mais elle a son importance, les Zutons ne sont guère branchés sur le psychédélisme. Même sur les deux plages (« Havana gang brawl » et « Nightmare part II ») les plus proches de leurs comparses liverpuldiens (NDR : en outre, les meilleurs morceaux de cet album). Le quatuor préfère puiser allègrement dans la soul, le funk, le ryhtmn’ blues et le ska ; la présence d’un saxophone accentuant cette impression. Paraît d’ailleurs que tout au long des sessions d’enregistrement, le collectif a beaucoup écouté Madness et Dexy’s Midnight Runners. Maintenant, il faut également savoir que les Zutons on récemment découvert Dr John. Et depuis ce moment, ils lui vouent un véritable culte. Vaudou, bien sûr. Et l’énigmatique « Dirty dance hall » en est la plus belle démonstration. Produit par Ian Broudie (Lightning Seeds), cet opus est, en outre, habillé d’une superbe pochette illustrée par des comics de série Z. Vous avez dit Zzzzzutons ?

Z-Man

Dope or Dog Food

Écrit par
Issu de la région de San Francisco, ce rimeur éprouve un peu de mal à positionner son style. Ce premier album recèle des morceaux qui rappellent l’humour noir de Cypress Hill et leur promotion de la ganja. D’autres traces musicales ressemblent aux pantalonnades vues dans la série « South Park », surtout quand Z-Man se met à rapper d’une voix de schtroumpf sous acide. Enfin, on a droit à des descriptions sans fioritures du marasme social américain qui donnent à l’album une atmosphère de kermesse de fin du monde où on rit rarement et jaune. Les beats, truffés de samples étranges, sont dans une veine minimaliste. A boire et à manger ici aussi, on passe assez vite des bonnes idées à des trucs qui semblent avoir été composés dans un état mental brumeux. A l’arrivée, Z-Man propose quelques bons morceaux qui quelque difficulté à surnager dans cette soupe narcotique. La faute à un album trop long, c’est-à-dire 70 minutes parmi lesquelles une bonne partie aurait dû être rehaussée de meilleures productions. Plus de concision et le recours à moins de drogues devraient se révéler payants dans le futur.

Zamarro

Lust in translation

Écrit par
Formé en avril 2002 par Markus Gisin, ex leader de Lunazone, Zamarro reprend les ingrédients qui ont fait le succès de combos bien graisseux tels que Fu Manchu ou Kyuss. Usant et abusant de sonorités seventies, qu'elles soient psychés, bien rock ou même complètement heavy, Zamarro n'oublie pas le côté "bikers" ou "garage" avec des guitares qui feraient pâlir de jalousie un moteur de Harley Davidson. Un album qui ne surprend pas outre mesure, malgré quelques riffs bien pondus, et qui demeure assez fidèle à l'image qu'on se fait du stoner rock américain. Zamarro ne révolutionne pas le genre mais se laissera agréablement écouter par ceux qui ont craqué sur "Karma to Burn" ou "And the Circus Leaves Town". Soulignons enfin que la plaque a été produite par Jack Endino reconnu pour avoir bossé en compagnie de Nirvana, Soundgarden et Mudhoney. Excusez du peu !

Zap Mama

Ancestry In Progress

Écrit par
« Ancestry In Progress » constitue le cinquième opus du projet mené par Marie Daulne. Une plaque conçue entièrement aux USA, sous la houlette de Richard Nichols, personnage qui a marqué de sa patte ce qu’on appelle désormais la néo-soul, popularisée par Jill Scott, D’Angelo et les Roots. Un album fourre-tout qui compte des invités prestigieux : les rappeurs Scratch, Talib Kweli et Common, Bilal, Erykah Badu ainsi que le génial batteur Questlove. Chanté en anglais et français, « Ancestry in Progress » couvre un large spectre musical. Il recèle de la soul typique de Philadelphie (« Sweet Melody », « Handy bandy », « Miss Q », « Yaku »), du hip hop (« Yelling Away »), et de la drum and bass tout au long de « Ca Varie ». Les polyphonies pygmées, qui sont la marque de fabrique du groupe, sont largement intégrées aux morceaux. Un pari risqué mais qui se révèle assez réussi et naturel. A l’arrivée on obtient un bon album plutôt intimiste qui inclut son lot de bons morceaux, tout en demeurant un bon point de départ pour découvrir cette formation atypique.

Zita Swoon

A song about a girls

Écrit par
A l’origine cet opus devait être le premier opus solo de Stef Kamil Carlens ; puis au fil du temps il a fait appel à ses potes habituels, avant d’élargir les collaborateurs à une bonne dizaine de musiciens. Ce qui l’a sans doute poussé à reprendre le patronyme Zita Swoon, même s’il considère que cet elpee reste très personnel. Première nouveauté, on y retrouve 4 plages chantées en français. Un exercice de style auquel il s’était déjà essayé, et avec succès, pour le dernier album d’Arno. Il chante d’ailleurs en duo « De quoi a besoin l’amour ? », en compagnie d’Axelle Red. L’œuvre parle d’ailleurs essentiellement d’amour et de relations sentimentales. De rêve et de fantasmes aussi. Deuxième surprise, si sur " Life = a sexy sanctuary ", le spectre de Don Van Vliet avait été balayé par celui de Bowie, on ne retrouve pas davantage sur ce « A song about a girls » de traces d’électro disco / new wave qui régit ses prestations scéniques. L’ex dEus nous propose ici une collection de chansons légèrement jazzyfiantes, parfois exotiques, qui allient sobriété et charme sur un lit de percussions et de rythmes latinos. Et le résultat est plutôt convainquant, même si certaines chansons manquent quand même de délire. Encore, que dans ce domaine, c’est sans doute une question de goût. Bref, de cette plaque, je retiendrais surtout le ‘dEusien’ « Hey you, whatshadoing ? », le presque prog « Clair obscure » (King Crimson ?), l’hypnotique « Thinking about you all the time » (Jah Wobble ?) et le final « Remember to whithold » plus Tom Waits que nature.

Zolar X

Timeless

Écrit par
Jello Biaffra, mentor de Dead Kennedy's et big boss du label Alternative Tentacles, s'est sans nul doute beaucoup amusé en compilant et en remixant une vingtaine de titres appartenant au répertoire de Zolar X, groupe space-rock glam underground né au début des années 70. Parodique à outrance, le combo dont les membres sont tous fans de Monsieur Spock, donne dans le glam rock à la Ziggy Stardust, mais n'a malheureusement pas le quart du tiers du talent de Bowie. Plus kitch et ennuyeux qu'un vieux clip de Dalida, "Timeless" séduira peut-être une poignée de vieux fans nostalgiques de Gary Glitter, des New York Dolls ou de Chrome, mais ne parviendra jamais à acquérir un soupçon de crédibilité dans le paysage musical actuel. On se demande d'ailleurs quel est l'intérêt de sortir une plaque aussi dépassée et insipide. A côté de Zolar X, même Kiss fait preuve de sobriété et de bon goût.

The Zombies

As far as I can see

Écrit par
Ressusciter les Zombies, je veux bien! Mais encore faut-il y retrouver l’essence de leurs débuts. Agés tous deux de 59 ans, Colin Blunstone et Rod Argent ont tourné pendant trois ans avant d’enregistrer cet opus. Ils ont même bénéficié de la collaboration du London Symphony Orchestra. Soit une équipe de 21 musiciens à vocation dite ‘classique’. Et puis du backing band qui avait accompli ce long périple à travers le monde. Pas de trace de Hugh Grandy, qui jouit aujourd’hui d’une paisible retraite, ni de Paul Atkinson, décédé entre-temps ; mais bien de Chris White, venu donner de la voix sur trois fragments. Un disque mis en forme dans les studios Air, sous la houlette de Steve Orchard et de Rod. Bref, tous les ingrédients étaient réunis pour accoucher d’une œuvre majeure. Mais faute de merle, il a fallu manger des grives. Il y a bien « In my mind a miracle », plage sur laquelle on retrouve le toucher de clavier velouté si caractéristique de Rod. Le titre maître et « I want to fly », deux très belles compositions aussi sophistiquées et somptueuses que chez le légendaire E.L.O.. La voix de Colin. Belle, envoûtante et limpide. De superbes arrangements. Des mélodies moelleuses. Un zeste de jazz et de soul. Et d’excellents instrumentistes capables de renvoyer les 9/10 des musiciens issus de la scène pop/rock contemporaine à leurs études. Malheureusement le résultat final est décevant. Et ce n’est pas une nouvelle version d’« I don’t believe in miracles », écrite en son temps par Russ Ballard qui y change quelque chose. Encore que si vous êtes des nostalgiques de Kayak et de Kansas, vous allez trouver votre bonheur. A mon avis, si vous en avez l’opportunité, procurez-vous plutôt l’album « Odessey & Oracle », un elpee paru en 1967 et considéré comme un des 100 albums incontournables de la scène pop britannique. Qui a dit baba cool ?

Neil Young

Greatest hits

Écrit par
Réunir les meilleurs titres de Neil Young sur un seul disque relève de la mission impossible. D’autant plus que le projet se limite à 16 plages. Glanées sur 9 albums. Commis entre 1969 et 1991. Dont 14 avant 1971. Seuls « Rockin’ in the free world » (1989) et « Harvest moon » (1991) ont ainsi encore droit au chapitre. Un survol un peu trop rapide pour un des artistes les plus importants et influents de toute l’histoire du rock et de la pop. En outre 11 des 16 fragments étaient déjà parus sur le box « Decade ». Pour être plus ou moins complet, un double elpee aurait pu faire l’affaire. Incluant notamment « Cortez the killer », « Tonight’s the night », « This note’s for you », « Fuckin’up », “Sugar mountain” ou encore « From Hank to Hendrix ». Et la liste n’est pas exhaustive. Mais alors, il y aurait eu moins matière à contestation. En outre, en ne retenant de l’aventure Crosby, Stills, Nash & Young, que le pathétique « Helpless » et l’ouvertement politisé « Ohio », le survol s’est mué en raccourci. Bien sûr, ce « Greatest hits » a dû composer en fonction de son propre catalogue. Sans piocher dans celui de Geffen. Mais ce n’est pas la première fois que deux labels collaborent. Surtout lorsque la notion de rentabilité est partagée. Maintenant, faut pas non plus discréditer la qualité de cette compile. D’autant que tous les fragments qui le composent sont indiscutables. On a même droit à « Down by the river » (9’16), « Cowgirl in the sand » (10’05), « Like a hurricane » (8’20) ou encore à « Southern man » (5’31). Sans oublier “heart of gold”, “Comes a time”, “Hey hey my my” ou “Rockin’ in the free world”. Le tout remasterisé par la technologie HDCD.

Richard Youngs

River Through Howling Sky

Le type est tout seul. Dernier représentant d’une nouvelle ligue drone-folk où les guitares triturées se perdent dans de longues divagations psychédéliques, jusqu’à la transe destructive, Richard Youngs se pose en sauvage histrion du rythme squelettique. Pas de batterie, juste un pouls fantomatique qui donne à cette entreprise de saccage folk l’allure d’une bande-son de l’Apocalypse. Parfois, Youngs déclame quelques mots sans queue ni tête, pris dans le cyclone d’un rituel chamanique, à chaque instant au bord de l’implosion névrotique. Quatre morceaux, l’un frôlant les 25 minutes (l’épique « Red Cloud Singular ») : c’est la guerre aux formats, à la musique préfabriquée, aux refrains pop et aux mélodies de poche. A l’instar de groupes comme Charambalides, Vibracathedral Orchestra, JOMF, Richard Youngs médite sur les aspects les plus divinatoires de la musique folk : ici, tout est affaire de dilatation. Ne reste au final qu’une impression d’infinie suspension. Au bout du compte, le silence, peut-être la mort, la fin d’un genre arrivé à ses limites.

Yellowman

New York

Écrit par
Véritable légende du dancehall des années 80, le dj Yellowman refait parler de lui après les rumeurs persistantes sur son mauvais état de santé. Il faut dire que l’homme a déjà dû subir par le passé l’ablation d’une mâchoire suite à un cancer qui a bien failli lui être fatal… Mais à l’écoute de cette galette dédiée au New York post-11 septembre, les doutes sur sa santé se dissipent bien vite. L’ami Yellow semble en grande forme et se fend d’excellentes interprétations sur les très bons beats futuristes d’Xterminator. Les thèmes qui ont fait la gloire de notre homme, c’est-à-dire les femmes, sont largement déclinés ici par « That Girl », « Spanish Girl » et « Do me ». Mais c’est surtout la guerre en Irak qui lui a inspiré la majeure partie des chansons de « New York ». Cette thématique produit à l’arrivée des chansons de très bonne facture comme « World War » ou encore « Cnn News » qui épingle malicieusement la chaîne télé américaine et son traitement des événements belliqueux. On obtient à l’arrivée un bon disque qui n’a d’autres prétentions que de faire passer un bon moment ; objectif qu’il atteint les doigts dans le nez. A découvrir !

James Yorkston

Just Beyond The River

On ne pense que du bien de l’Ecossais James Yorkston : depuis " Moving Up Country ", chef-d’œuvre inaugural paru il y a deux ans, ses comptines country-folk nous accompagnent dans nos doutes et nos douleurs, à la lumière des bougies et d’un espoir qu’on espère jamais vain. Pour ce deuxième album, James Yorkston n’a pas changé son fusil d’épaule, ni branché les fusibles : c’est toujours pareil, et en cela c’est plutôt rassurant. Il parle encore d’amour feint ou perdu, d’histoires de couples qui se délient, des saisons qui défilent, et c’est chanté à demi-mot, dans un murmure. Depuis les seventies, l’Angleterre n’avait plus connu de songwriters de la trempe de Yorkston. Même Will Oldham, génie jusqu’ici hors concurrence, ferait bien d’assurer ses arrières. Parce que ce disque recèle les plus belles complaintes folk qu’il nous ait été donné d’entendre ces dernières années. Folk, mais dans un sens purement traditionnel : ici ne sont convoqués que piano, guitare acoustique, banjo et flûte, bref le sacro-saint instrumental d’un genre qui sans cesse renaît de ses cendres. Produit par Kieran Hebden alias Four Tet, " Just Beyond The River " s’écoute le mieux en pleine nuit, quand le calme s’est emparé de tout… Pour s’apercevoir, sans grande surprise tellement c’est évident, qu’en écoutant ce disque, le temps s’arrête. Et c’est réconfortant, comme un rêve éveillé.

Young Heart Attack

Mouthful of Love

Écrit par
Présenté comme la nouvelle sensation du rock texan, Young Heart Attack n'a que très peu de points communs avec ZZ Top ou Blackfoot. Affichant un logo qui rappelle furieusement l'emblème du MSG (Michael Schenker Group) période années 80, la pochette très "cheap" du CD invite à une folle virée nocturne à bord d'une puissante voiture conduite par un chauffeur fantôme. Protégés de Motorhead et des Darkness, Young Heart Attack évolue quelque part entre AC/DC et les Supremes. Il marie son rock n'roll furieux à des sonorités héritées de la Motown, conjugue ses influences zeppeliniene avec des backing vocals empruntées aux B-52's, confronte le rock garage aux plus gros clichés du heavy metal. Un bien joli melting-pot pour une galette qui apportera bonheur et joie à ceux qui sont en recherche de musique déjantée qui sort des sentiers battus. Pas l'album de l'année, mais une plaque des plus honnête !

White Magic

Through The Sun Door

Un piano fait le malin, martelé d’une main de dentellière par une cousine à Chan Marshall : c’est magique, comme un disque de Wim Mertens joué par les Fiery Furnaces. La stratégie de la rupture selon White Magic ? Ne jamais prendre la musique pour acquise, rester sur le qui-vive. White Magic rime presque avec White Spirit : après eux le déluge, l’arche de Noé et la conquête d’un nouveau monde. Où le folk et le rock sont vierges de tout cliché, sans tics et sans mimiques. C’est beau, la tabula rasa. Dans un élan religieux, White Magic ouvre les portes de nouvelles perceptions, et la cage aux oiseaux. Six alouettes, qu’on ne plumera pas. Elles sont trop belles et trop bizarres, sifflotant dans l’air brumeux d’un jour sans fin, et voilà le bing bang. White Magic, mais encore ? Ecoutez : vous comprendrez.

Wilco

A ghost is born

Écrit par
Depuis sa fondation en 1994, il ne reste plus chez Wilco du line up initial que le bassiste John Stiratt et bien sûr, le leader/fondateur Jeff Tweedy. Jay Bennett, le claviériste, a donc tiré sa révérence avant d’enregistrer leur 5ème opus. Une œuvre qui s’ouvre résolument sur un ton résolument rock. Trois titres : le crazyhorsien circa « Eveybody knows this is nowhere » « At least that’s what you said », le venimeux « Hell is chrome » et l’excellent « Spiders (Kidsmoke) », une compo de plus de 10’ dont le tempo cyclique a été emprunté au krautrock, mais dont les éclats de guitare tour à tour torturés ou atonaux, peuvent soudainement servir de trame à une envolée de rock hymnique. Hormis les 16’ de « Less than you think », dont huit sont réservées à (biffer la mention inutile) : la reproduction amplifiée du bruit produit par un radiateur/une expérimentation cosmique, le reste de l’opus épouse un format plus traditionnel, plus proche d’Uncle Tupelo que de Wilco. A l’instar de « Theologians », qui réverbère les échos du Band. Ou encore de l’allègre « I’m a wheel ». Des chansons, souvent balisées par le piano, qui regorgent de mélodies au charme beatlenesque, (« Hummingbird », « Handshake drugs » et « Wishful thinking », nonobstant la trame de fond tissée par des claviers cathédralesques). Toujours aussi excentriques, les lyrics de Tweedy sont ici peuplés d’imagerie bizarre (les araignées, les abeilles, les oiseaux), mais continuent de refléter, avec une certaine ironie, mais aussi mélancolie, sa solitude et sa détresse face au monde contemporain. Et pour être complet, sachez que c’est Jim O’Rourke qui s’est chargé de la mise en forme. Excellent !

The White Stripes

Under Blackpool lights (Dvd)

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Ce Dvd a été immortalisé en janvier 2004 à l’Empress Ballroom de Blackpool, en Angleterre. Sous la direction du célèbre Dick Carruthers (Who, Led Zeppelin). 25 titres dont les inévitables « Seven nation army », « The hardest button to button », « Dead leaves and the dirty ground » et la cover de Dolly Parton, « Jolene ». Un répertoire qui inclut, bien évidemment, une majorité de compos issues de leurs quatre elpees, mais également quelques inédits. Et en particulier la reprise de Bob Dylan, « Outlaw blues » et de le « Death letter » de Son House. Lors de cette soirée, le couple était au sommet de son art. Accordant un set bien équilibré au cours duquel le public s’est montré particulièrement réceptif. Ce qui n’est pas évident lorsqu’on sait que leur musique n’est pas facile à ingurgiter. Faut dire que Jack White triture sa guitare comme un vieux bluesman possédé par le diable, n’hésitant pas à se réincarner en Jimi Hendrix ou Jeff Buckley, lorsqu’il ne s’inspire pas de Jimmy Page. Et croyez moi, ce type est un musicien hors pair !

Wiley

Treddin´ On Thin Ice

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Wiley est un vétéran de la scène UK garage ; un joyeux fourre-tout de jungle, de techno et de rap. Un fourre-tout qui est aussi la plus solide réponse anglaise au hip hop américain. « Treddin’ On Thin Ice » est le premier long format de Wiley, mais notre homme a déjà plus d’une vingtaine de singles derrière lui, et ça s’entend. Il s’occupe de la plupart des beats et partage quelques fois le crachoir avec quelques compères de son équipe. Le flow de notre ami est pour le moins impressionnant : il est aussi à l’aise sur les rythmiques ultra rapides que dans les moments plus lents. Le ton ironique de la voix et les textes intelligents renforcent l’impression positive qu’inspire ce londonien qui travaillait auparavant en compagnie de Dizzee Rascal. Il faut cependant regretter que la musique ne soit pas du même niveau. Si on excepte les géniaux et radicaux « Wot do u call it », « Goin’ mad », « Next level » ou encore « Reasons », les beats souffrent du recours abusif aux couches de cordes synthétiques. Elles apportent inutilement un côté sucré à des compos qui n’ont besoin que de synthés basse crasseux et de sons futuristes. « Treddin´ On Thin Ice » reste malgré tout une bonne plaque qui mérite le détour, ne fut ce que pour l’excellent flow de ce MC d’exception.

Willard Grant Conspiracy

There but for the grace of God / A short history of Willard Grant Conspiracy

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Je dois avouer que si cet opus n’était pas une compilation, il aurait figuré parmi mes albums de l’année. Et en bonne place ! Parce que en 17 titres, cette plaque réunit ce que Willard Grant Conspiracy a fait de meilleur au cours de ses 8 années d’existence. 17 plages issues des cinq albums studio, dont quatre du premier elpee, « 3A.M. Sunday at Fortune Otto’s to regard the end » (NDR : disque devenu aujourd’hui pratiquement introuvable), des versions alternatives, quelques raretés et une démo intitulée « Rainbirds ». Depuis 1996, la formation bostonienne a vu défiler une bonne trentaine de musiciens issus d’horizons les plus divers : Japon, Slovénie, Angleterre, Pays-Bas, Arizona, etc. Seules constantes : le chanteur compositeur Robert Fisher et le guitariste Paul Austin. Maintenant, on en arrive au plus important : le contenu. Le W.G.C. pratique ce qu’on appelle de la country alternative. Tirant parti aussi bien des six cordes acoustiques, du piano, de la mandoline, de la trompette, des boucles que du violon Dans un style musical qui rappelle tour à tour Lambchop, South San Gabriel, les Triffids, American Music Club et Ed Kuepper. Et dont les lyrics consistants explorent les coins les plus reculés de l’Amérique profonde et désabusée. Un peu à la manière d’un Dylan ou d’un Lou Reed. Et puis il y a la voix de Robert. Un baryton qui campe un hybride entre Léonard Cohen, Nick Cave et Johnny Cash. Mais en plus chaleureux. « There but for the grace of God / A short history of Willard Grant Conspiracy » : 80 minutes d’une rare beauté!

Jimmy Lee Williams

Hoot your belly

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Jimmy Lee est né en juillet 1925. A Worth County en Georgie, où ses parents étaient agriculteurs. Il a commencé par jouer de l'harmonica ; mais il fumait tellement qu'il ne parvenait plus à souffler correctement dans son instrument. Il a déjà 22 ans quand il s'achète une guitare électrique. Et lorsqu’il en joue devant chez lui, seul ou en compagnie de son frère cadet, il rameute tout le voisinage Aujourd'hui, il a embrassé une carrière d’agriculteur indépendant et récolte cacahuètes et pastèques.
 
Les treize plages de cet elpee ne datent pas d’hier. George Mitchell les avait immortalisées en 1977 et en 1982. A Porlan en Georgie. Cette œuvre constitue, en réalité, le cinquième volet d'enregistrements réalisés par Williams. Elle fait suite aux témoignages consacrés à RL Burnside, Furry Lewis, Joe Callicot et Fred McDowell. Jimmy Lee interprète ses compositions seul, en s’accompagnant de sa guitare électrique. Il n'est certes ni un chanteur ni un musicien remarquable, mais son blues est très instinctif.
 
Le très amusant "What make grandpa love my grandma so" nous invite immédiatement à prendre la direction du Sud profond des Etats-Unis. Le titre maître est très rudimentaire. Son "Jimmy Lee's frolic" résume idéalement le style de cet artiste très local. La slide se conjugue parfaitement à son chant. Tout au long du bouleversant "Rock on away from here", le tempo du boogie demeure léger. "Pretty baby" est une compo que j’apprécie tout particulièrement. Elle me rappelle, au passage, un thème bien connu. Une plage rapide au cours de laquelle Williams se montre allègre, communicatif. Dans le contexte, sa voix très nasillarde réunit tous les suffrages. Le blues de Williams semble si naturel, qu’on a l’impression qu’il compose en ‘live’. Un blues qui reflète sa personnalité. Un country blues le plus souvent positif. Il n'atteint jamais une certaine intensité dramatique et ne cherche pas à communiquer un quelconque mal de vivre. Sa voix aux accents du Sud est toujours claire. Elle n’est manifestement pas ravagée par les excès d'une vie difficile. Jimmy Lee Williams n'est guère comparable à d'autres bluesmen plus connus. Peut-être Lightnin' Hopkins. Mais uniquement lorsqu'il se fait classique et implore son "Whisley headed woman" en dialoguant avec ses cordes. Mais cette sensation n’est qu’épisodique. Il existe très peu d’infos concernant ce musicien qui n'a jamais déserté sa Georgie natale. Il semblerait cependant qu'il ait quitté ce bas monde au début des années 90. Il n’empêche, ce « Hoot your belly » est une page à la fois belle et intimiste de blues rural…

Brian Wilson

Smile

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Cet album aurait dû paraître en 1967 voire en 1968, et faire suite au chef d’oeuvre des Beach Boys, “Pet sounds”. Un projet que Brian Wilson va cependant abandonner. Pour diverses raisons. Tout d’abord, il a écouté le nouvel elpee des Beatles, « Sergent Pepper’s Lonely Hearts Club Band ». Et obnubilé par la concurrence qu’il mène avec les Fab Four, il se sent largué. Ensuite, ni sa formation, ni les responsables de la maison de disques ne voient d’un bon œil une reconduction du semi échec commercial de « Pet sounds » (NDR : il faudra attendre plus de deux décennies pour réaliser qu’il s’agissait d’une des œuvres incontournables de la musique pop et rock). Enfin et surtout, Brian Wilson souffre de plus en plus de troubles mentaux. Ce qui lui vaudra par la suite de multiples thérapies, dont il sortira régulièrement pour y replonger tout aussi régulièrement. Avec pour résultat une discographie des Beach Boys très en dents de scie. Notamment à partir de 1972, c'est-à-dire après la mort du père Wilson. Une famille depuis complètement décimée, car Dennis s’est noyé en 1983 et Carl est décédé en 1998, suite à un cancer du poumon. Curieusement, c’est à partir de la fin des eighties que Brian est parvenu à remonter la pente. Sous l’influence de son psychiatre/gourou/manager Eugene Landy. Pour terminer ce « Smile », Brian a rappelé son parolier de l’époque, Van Dyke Parks. Et pour l’enregistrer, il s’est entouré des musiciens qui l’avaient accompagné lors de sa dernière tournée. Enfin, en choisissant les studios Sunset Sound de L.A., Brian a voulu retrouver l’esprit, l’atmosphère et le son de la fin des sixties. Et il faut reconnaître que le résultat est aussi surprenant que convainquant. Bien sûr on y retrouve des compos qui figuraient déjà sur l’un ou l’autre album. A l’instar de « Heroes and Villains », de « Cabin essence », « Surf’s up », « Wonderful », ou encore de « In Blue Hawaii ». Des fragments considérés alors comme des chutes de bande et récupérés par nécessité… « Smile » a eu le bon goût d’inclure une nouvelle mouture du classique Good Vibrations » (NDR : tellement proche de l’originale). Résultat des courses : l’ensemble tient particulièrement bien la route. Harmonies vocales luxuriantes, époustouflantes (a cappella, « Our prayer » vous flanque des frissons partout !), changements de tempo, mélodies contagieuses, tourbillons orchestraux majestueux, instrumentation parfois insolite et surtout adaptée : tout a été prévu pour reconduire les bonnes vibrations des garçons de la plage…