La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

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U2

How to dismantle an atomic bomb

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Vous avez acheté le nouveau U2, en gobant tout ce que les médias vous ont raconté. Même qu’ils affirmaient que le quatuor irlandais avait retrouvé la pêche de ses débuts. Et de « Boy », en particulier. Faut dire qu’à l’écoute de « Vertigo », matraqué sur toutes les ondes, il était difficile de ne pas tomber dans le panneau. Vous regrettez déjà votre achat ? Fallait vous méfier et lire la presse indépendante. Bon, oui c’est vrai, Musiczine ne l’avait pas encore chroniqué. Mais, en général, lorsque nous passons au-dessus d’un album, c’est qu’il n’est pas incontournable. Maintenant, il faut quand même reconnaître que cet opus recèle quatre très bonnes chansons. Le single, bien sûr. L’excellent « Love and peace », composition novatrice, sur laquelle le tandem Eno/Lanois a été reconstitué pour la mise en forme. Le pétillant « All because of you » ; et puis le rafraîchissant et bringuebalant « Crumbs from your table ». Des morceaux sur lesquels la guitare de The Edge a retrouvé tout son tranchant. Et la collaboration de Steve Lillywhite à la production (« Boy », « October », « War », « Under a blood red sky »), n’y est pas étrangère. En outre, les lyrics sont toujours aussi puissants, lucides et humains (NDR : le père de Bono est décédé et il lui rend hommage à travers deux chansons). Bref, tous les ingrédients étaient réunis pour confectionner une petite bombe. Malheureusement démantelée par les 7 autres compos qui oscillent entre le banal et le prévisible en passant par le dispensable. 3,6/10.

Ufomammut

Snailking

Écrit par
Les paléontologues ne s’en remettent toujours pas... A peine découvert, l’Ufomammut s’en est allé barrir sous d’autres galaxies, au centre des trous noirs qui parsèment notre univers. C’est que l’Ufomammut n’a pas froid aux oreilles. Il ne craint pas l’obscurité l’Ufomammut. Il ne fume pas l’Ufomammut. Ce qui lui permet d’emmener dans son sillage les plus téméraires d’entre nous, pour un de ces voyage que David Bowman (2001) n’aurait même pas osé imaginer... Les adeptes attendaient ce moment comme d’autres le messie; les premiers sur le coup se sont manifestés timidement il y a déjà une trentaine d’années : les flamands roses (Pink Floyd en anglais). Déjà l’animalier ! Dans leur sillage, ces crotales du désert répondant au doux nom de Kyuss ont été embarqués. De plein gré ! Nous voilà déjà au dessus de la Californie et les mystiques de Neurosis lèvent les yeux au ciel. Mais attention, on vient de découvrir une pathologie supplémentaire à bord, chef. Dans le soute, tapi dans l’ombre, Al Jourgensen de Ministry ‘affonne’ le Jack Daniel’s en compagnie de Michael Meyers d’Halloween. Et ils se fendent bien la gueule. Mais que fait Ripley ?

Uncommonmenfrommars

Noise pollution

Écrit par
Les Français de UMFM (pas plus simple à écrire, mais je n’ai pas le sens de l’humour), ont confié l’artwork de leur dernier skeud à Brian Archer qui n’est ni plus ni moins le responsable des pochettes de No Use For A Name (NUFAN), Sick Of It All (SOIA), NOFX (NOFX) ou encore Lagwagon (L). Vous remarquerez donc que le hasard fait bien les choses. Pas de Pierre et Gilles ici. Que des groupes ‘cultes’ pour les punkrockers férus du son Epitaph ou Fat Wreck. Que dire de plus ?

Under Byen

Det er mig der holder traeerne sammen

Écrit par
Under Byen (NDR: prononcez ‘Oonda Pooyen’) nous vient du Danemark. D’Aarhus, très exactement. Une formation composée de la bagatelle de huit musiciens. Quatre garçons et quatre filles. Un line up au sein duquel les parties de guitares sont plutôt rares. Mais qui recèle notamment un claviériste/pianiste, un drummer, une bassiste, une violoncelliste et un violoniste. Les autres se partageant une foule d’instruments dont les percussions, le mélodica, les claviers, l’ukulélé, le trombone, la lapsteel et autres éléments insolites ou issus de la technologie moderne. Plusieurs membres du groupe avaient participé à la confection de l’album de Howe Gelb, « The Listener », paru en 2003. Et puis la formation s’est déjà illustrée en composant la bande sonore de longs métrages, ainsi que de pièces de théâtre. Pour enregistrer cet elpee, le band a reçu la collaboration de quelques cuivres. Et puis, il y a la chanteuse, Henriette Sennenvaldt. Responsable des lyrics, elle possède une très belle voix. Dont le timbre velouté, sensuel, rappelle Björk, mais sans les inflexions furieuses et énervées. Eponyme, leur premier elpee avait bénéficié de la collaboration de Manne Von Ahn Öberg », responsable de la mise en forme de « Star », opus de Stina Nordestam. Ce qui explique sans soute pourquoi il était également tapissé de cordes. Une artiste à qui, Under Byen voue une grande admiration. « Det er mig der holder traeerne sammen » se révèle beaucoup plus équilibré, affichant pour dénominateur commun le piano. Naviguant quelque part entre jazz, folk, pop, rock, classique et trip hop, cette œuvre nous plonge dans un univers visionnaire, impressionniste, mystérieux presque féerique. Chaque musicien y joue sur les textures et les couleurs sonores pour construire un paysage émotionnel au sein duquel on a l’impression qu’Henriette chuchote des mots voluptueux au creux de votre oreille (NDR : elle chante en danois, alors ne me demandez pas ce qu’elle raconte ; et puis, c’est toujours mieux de fantasmer, quand on ne comprend rien…) Mais si la musique d’Under Byen concède d’inévitables affinités avec celle de Björk et de Stina Nordestam, elle lorgne aussi vers des ensembles aussi atypiques que Portishead et Sigur Ros. Et un artiste aussi intemporel que David Sylvian. Construite en crescendo, les 12 minutes du final « Om Vinteren » en sont la plus belle illustration. Une plage splendide, envoûtante : un escalier pour la stratosphère…

Thomas Truax

Full Moon Over Wowtown

Truax est l’un des animateurs de la série « Celebrity Deathmatch » sur MTV, ce truc en plasticine où l’on peut voir Marilyn Manson foutre des gnons à Christina Aguilera, pour le grand plaisir des fans de South Park et de Wallace et Gromit. Il faut croire que Truax a les doigts sacrement dégourdis, puisqu’il fait aussi de la musique, en témoigne cet album plus que correct, qui mixe la gouaille de Don Van Vliet aux envolées burlesques des Flaming Lips et de Primus. C’est là tout l’humour de cet adepte du second degré : passer du coq à l’âne en un morceau, se foutre des clichés en osant siffler sur une ballade ou roucouler des ‘ouh ouh’ après une décharge de riffs rock’n’roll. Bizarre, sans aucun doute, mais au moins l’oreille accroche et le cerveau sursaute. Wowtown, ça doit être là qu’il habite : au lieu de se dire ‘Bonjour !’, les gens crient ‘Wow !’, comme à l’écoute de ce disque. Wow, vous avez dit Wow ?

TTC

Bâtards Sensibles

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Après une première plaque qui a plus séduit le public rock que le fan moyen de hip hop, les dingos de TTC reviennent enfoncer le clou. Esprit punk, innovations soniques et ambiances paranoïaques sont au menu de ce disque extrême. Comme son titre l’indique, cet opus oscille entre les moments sensibles ou réfléchis (« Le chant des hommes », « J’ai pas sommeil », « Bâtard sensible ») et d’autres plus crus ou ‘grande gueule’ qu’on ne risque pas d’entendre souvent sur les radios (« Du sang sur le dancefloor », « Dans le club », « Catalogue », « Rap jeu », « Girlfriend »). La constante procède du radicalisme musical appliqué aux chansons : un mélange d’électronica (dans le style du label WARP), de gros beats qui semblent sortir d’un vieux disque rap du début des années 80 et de scratches inventifs. Une approche musicale qui rappelle Anti Pop Consortium, à la différence près que les Français sont beaucoup plus directs et moins cérébraux que leurs homologues américains. Une plaque pas toujours facile à écouter (les flows des Mc’s sont un peu répétitifs) mais qui recèle tellement d’idées et de moments vraiment touchants (oui oui !) qu’elle rachète largement le côté parfois indigeste de l’entreprise.

Tuxedomoon

Cabin in the sky

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“Cabin in the sky” est donc l’album de la reformation pour Tuxedomoon. Nous avions déjà eu l’occasion d’apprécier l’un ou l’autre titre lors de leur prestation accordée dans le cadre des Nuits du Bota, en septembre dernier. Mais vu le perfectionnisme affiché par le groupe en studio, il était assez difficile de se faire une idée exacte du produit fini. Et comme Steven et Blaine nous le confiaient à cette époque (voir interview), il est beaucoup plus instrumental. L’absence de Winston Tong n’explique pas tout, puisque les musiciens ont décidé de consacrer le ventre mou de cet opus à l’expérimentation. Au sein de laquelle l’électronique a une place de choix. Un disque pour lequel ils ont reçu le concours de John McEntire (le leader de Tortoise), des post rockers allemands Tarwater, Aksak Maboul, Marc Collin, Juryman et Dj Hell. Bref des artistes contemporains qui tirent largement parti de la technologie moderne. Au cours de cette phase torturée, plus complexe, on navigue allègrement du jazz (Miles Davies ?) au classique (Debussy ?) en passant par la prog (King Crimson circa « Islands » ?), l’ambient (Eno ?) et l’électro-atmosphérique (NDR : bien évidemment !). Et la liste n’est pas exhaustive. Après avoir traité du cœur de l’opus, venons-en au corps. La tête tout d’abord. « A home away » et « Baron Brown », deux fragments énigmatiques, mystérieux, qui s’inscrivent parfaitement dans la lignée de « Desire » : basse pulsante, cuivres reptiliens, boîte à rythmes capricieux, voix caverneuse… Tout y est ! Dans un univers qui baigne au sein d’un climat hypnotique, envoûtant. Chanté en italien par Reininger sur un ton cabaret, « Diario di un egoista » constitue le parfait pastiche de Paolo Conte. Toute l’œuvre véhicule d’ailleurs un feeling cinématographique, projetant même des images de films noirs ou romantiques. Quoique instrumental, le remarquable « Annucialto » est tramé sur un piano sonore. Légèrement tapissé de bruitages psychédéliques, il me rappelle le célèbre « How much are they ? » de Holger Czukey, Jaki Libezeit et Jah Wobble, mais en moins rythmé. Une composition reproduite en final de l’elpee, mais sous une version différente. Et puisqu’on en vient aux jambes de « Cabin in the sky », Blaine emprunte un timbre de crooner ( Neil Diamond ?) pour interpréter le fragment le plus accessible, « Misty blue » ; alors que le festif, très orienté dance « Luther Blisset » réalise un cocktail plutôt réussi entre cuivres et percussions tribales. En commettant un tel opus, Tuxedomoon déjà réussi son come-back…

TV On The Radio

Desperate youth, blood thirsty babes

Écrit par
Aujourd’hui, et pour la deuxième fois en quelques mois (cfr. Shannon Wright), tous les regards devraient se tourner vers un label en pleine renaissance. Alors que Sub Pop se relève timidement de la période Nirvana en embrigadant les Shins ou les Constantines, Touch and Go caracole déjà à quelques encablures. Associé aux artistes les plus originaux de ces derniers mois (!!!, Coco Rosie, Nina Nastasia), le label chicagolais persiste et signe magistralement (avec) TV On the Radio. Et par la même occasion accomplit le grand écart qui relègue la souplesse de Jean Claude Van Damme à la gymnastique de classe maternelle : celui entre deux villes américaines réputées historiquement pour leur scène musicale : Chicago et New York. Car, ce trio basé à Brooklyn incarne le groupe de rêve : inspiré et sensible, minimaliste et luxueux, arty et populaire, jeune et vieux, punk et hippie... Le tour de force est tel que même le patronyme de la formation invite à la réunion des (à priori) incompatibles. Ce disque peut s’écouter partout : dans une église, recueilli (putain, comme il doit résonner), en aéroglisseur ou pour les moins chanceux, en voiture (le mouvement, mes frères, le voyage), sous la douche (ça y est, je chante !), sur les planches (je vous fiche mon billet que ça remuera du popotin lors de la tournée prévue pour la rentrée) et bien évidemment, vous n’aviez rêvé d’un nuage aussi confortable pour faire l’amour ! Souvenez vous : il existe vraiment une différence entre une bonne hype et une mauvaise hype.

The Twilight Singers

She loves you

Écrit par
On savait que Greg Dulli adorait reprendre les chansons des autres ; un peu comme s’il cherchait à exorciser ses propres influences. En outre, son timbre vocal âpre, tourmenté, sensuel et ténébreux est taillé pour la soul moderne ; ce qui lui permet d’être particulièrement à l’aise lorsqu’il doit tenter ce type d’exercice de style. En 1992, flanqué des Afghan Whigs, il avait déjà consacré un Ep à des covers de Percy Sledge, d’Al Green, des Supremes et de quelques autres. Pour son troisième opus commis en compagnie des Twilight Singers, il a décidé de d’adapter 11 chansons issues d’horizons les plus différents, dont les plus notoires sont signées Björk, Billie Holiday, Fleetwood Mac, Marvin Gaye, John Coltrane, Nina Simone, Hope Sandoval et Mary J. Blige. Et le résultat est franchement à la hauteur. Dans un style qui rappelle le « Gentlemen » des whigs afghans. Parce qu’on y retrouve très souvent l’énergie rock qui en faisait tout son charme. Mais le plus étonnant procède de sa manière unique de se réapproprier les compos des autres. A un tel point que très souvent on reconnaît à peine la version originale. Ce qui ne veut pas dire que les Twilight Singers dénaturent leurs adaptations. Non, ils leur donnent simplement une toute autre dimension. Du grand art !

Twinemen

Sideshow

Écrit par
Le 3 juillet, Mark Sandman, le chanteur/bassiste de Morphine, succombait à une crise cardiaque. A Rome. Au beau milieu d’un concert. Un an plus tard, Dana Colley (le saxophoniste) et Billy Conway remontaient un nouveau projet en compagnie de Laurie Sargent (NDR : l’ex chanteuse de Face To Face) : Twinemen. Toutes celles et tout ceux qui s’attendaient à un remake de Morphine en sont pour leurs frais. Bien sûr on retrouve le(s) saxophone(s) hanté(s), envoûtant(s) de Dana et les drums minimalistes de Billy. Mais la voix légèrement soul de Laurie semble surtout taillée pour la pop. Le trio a pourtant reçu le concours de toute une série de collaborateurs et puis se partage toute une panoplie d’instruments : depuis l’orgue au vibraphone en passant par l’harmonica, la guitare, les percus, et une variété de cuivres et d’instruments insolites ou pas. Malheureusement, il faut attendre la moitié de l’album et le bluesy « The definition of truth » pour se mettre quelque chose de consistant sous la dent (NDR : dans l’oreille ?) et surtout quitter cette mauvaise sensation de musique destinée à la bande FM américanisée. On a ainsi encore droit à « Saturday », sorte de rencontre hypothétique entre le Blues Explosion et Captain Beefheart, ainsi qu’à un étrange « A little strange » au cours duquel nos deux ex Morphine se décident enfin à tirer la couverture de leur côté. Mais lors du final, Dana décide à nouveau d’ouvrir la bouche et flanque toutes les bonnes intentions manifestées sur ce « Circle », terre (NDR : et ce n’est pas la faute à Voltaire !)

Various Artists

Two Culture Clash

Les compilations « clash » font rarement de bons disques. Rappel : il s’agit de procéder à la rencontre de deux styles qui a priori n’ont pas grand chose à voir, dans un souci le plus souvent mercantile. C’était notamment le cas pour la BO du film Spawn, qui organisait les noces de sang du metal et de l’electro. Résultat : des artistes qui se tirent dans les pattes et tirent la couverture, avec comme résultat un mix d’influences le plus souvent indigeste. Two Culture Clash opère la rencontre – déjà moins improbable – entre le reggae et l’électro. Au micro MCs et toasters de plus ou moins bonne réputation (Ms. Thing, Determine, Nadine Sutherland, Barrington Levy,…), et à la production quelques-uns des légionnaires de la cause BPM (Jon Carter, Roni Size, Kid 606, Mark Rae, Philippe Zdar de Cassius,…). Mention spéciale à City Hi-Fi et Bling Dawg pour leur techno-calypso qui frétille, et au dancehall baggy du West London Deep vs. Big Youth, le seul l’unique. Le reste navigue entre le ragga de mauvais goût (General Degree et Jacques Lu Cont des Rythmes Digitales, pour un « … And Dance » bien bourrin, à la Shabba Ranks) et le dub essoufflé (Horace Andy/Howie B : parfait duo dodo), bref encore une fois, c’est plus clinche que clash. A quand la compile country-folk versus grindcore ?

T-99

Strange things happen

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Responsable d’un tout bon album en 2001 ("Coo Coo", paru chez Cool Buzz), le trio hollandais nous revient avec un nouvel opus. Une formation toujours drivée par le chanteur/guitariste Mischa Den Haring. Depuis janvier 2003, les drums sont assurés par Martin De Ruiter, un musicien dont la voix intéressante s'inscrit bien dans l'esprit du T-99. Compagnon des bonnes et mauvaises fortunes, Thijs Gorter a tiré sa révérence en juin dernier. Il a été remplacé par Donné La Fontaine (des Harmony Two Tones). Les sessions de ce nouvel opus ont été entamées au cours de l’automne dernier, sous la houlette du Texan Teddy Morgan. Elles se sont terminées au beau milieu de l'hiver à Tucson, en Arizona. Le son est toujours aussi caractéristique, contemporain, assez pourri (NDR : faut-il le dire ?) ; pas tellement éloigné de l’univers d’un Fat Possum.
 
Dès le départ, l'ambiance se fond dans le Delta du Mississippi. Martin chante "Hungry wolf", assis derrière ses percussions Mischa véhicule des énergies lugubres, menaçantes. "I just don't know" baigne bien dans le Sud moite. Les notes de guitare tissent une trame hypnotique. Nonobstant la voix, ce fragment n'est pas sans rappeler le meilleur de Howlin' Wolf. Le son des cordes semble sortir des ténèbres. "Savonara" marque un changement radical de style. Cet instrumental surf met en exergue une remarquable juxtaposition des cordes réverbérées de Mischa et des peaux martelées de Martin. "Red dirt river" opère un retour dans le Sud profond. L’univers est encore plus glauque. Les ombres des cyprès suscitent la terreur dans le reflet des swamps. Blues lancinant, "Lost reason blues" impressionne. Nous sommes au cœur du pays voodoo. Rien ne parait normal au sein de ce décor sonore. Le voyage se poursuit vers l'ouest. Ballade tranquille, "I wish I had a ship" nous emmène sur les routes du Texas. La sérénité semble revenue lors de cette complainte country, caressée par la pedal steel de Neil Harry. La beauté simple émane des cordes de Mischa. Le monde de l'étrange refait à nouveau surface. Martin récite, tel un robot, "George, Mo and André". Nous sommes en plein cœur d'une musique ambiante, qui sied bien à l’esprit de Teddy Morgan. Etonnant ! "Tell that woman" (de Willie Dixon) remet le cap vers le Sud, tout en conservant à l’esprit une référence qui était omniprésente sur "CooCoo". Dave Gonzales des Paladins prête d'ailleurs ici sa voix au sein de ce climat tribal. La diversification appartient au monde de T-99. Soutenu par une mandoline, une lap steel, un ukulélé et l'accordéon de Gary Mackender, Mischa et Martin chantent en duo "Countryside bouns". Presque classique, "Now I've got a woman" s’ébroue sous un format, ma foi, fort classique. Mais cette impression est éphémère, car la plage opère peu à peu un retour vers le Sud profond ; et surtout son culte voodoo. L'écho dans les cordes, la gravité absolue de la voix : tout nous plonge dans un monde bien étrange balayé par le vibraphone de Jimmy Carr. La guitare baryton de Dave Gonzales marque de son empreinte le rockabilly "Dragracin". On rallume le feu avant de lever le camp pour entamer une ronde infernale. Bienvenue chez les cow-boys ! Mischa et Donné décident alors de nous quitter. Mais pas avant de nous accorder encore "Last Fair deal gone down" ; l'un armé d'un banjo, l'autre de son modeste ukulélé. Après avoir écouté un tel album, on est impressionné, mal à l’aise. Très différent du premier elpee qui lorgnait surtout du côté de Chicago, "Strange things happen" demeure figé dans le Sud malsain. Et dans ce contexte, l’excellente production de Teddy Morgan, respectueux de l'esquif batave, y est sans doute pour quelque chose…

Tasaday

In attesa, nel labirinto

Écrit par
En 1983 Einstürzende Neubauten commettait “Zeichungen des Patienten O.T.” et jetait les bases de ce qu’on allait appeler la musique dite industrielle. L’année suivante, Tasaday sortait son premier album. Putain, vingt ans déjà ! Les meilleurs groupes fêtent leurs vingt ans d’existence (au hasard les Melvins). Aujourd’hui nos papys du marteau piqueur ont pris de l’embonpoint et ne mettent plus le feu aux planches des salles qui les accueillent. Pas grave ! Pour tout ceux qui baignent aujourd’hui dans les créations d’alors, Tasaday pourrait faire resurgir d’énormes souvenirs tous plus trash les uns que les autres. Alors que le néo métal s’époumone à remettre les groupes les plus bâtards de l’époque à leur place de déclencheur de vocations - style, les vrais rockers naviguent sur les mers à bord de voiliers aux voiles plus blanches que leurs dents (Duran Duran), l’écume des vagues glissant sur leurs cheveux permanentés -, d’autres se souviennent des aspects cold et new wave, mais aussi de l’indus. Manquent à l’appel le jazz et dernière révolution musicale en date, la musique électronique. Voilà, vous tenez Tasaday. Les rares voix entendues sont mêmes parfois en langue allemande, c’est vous dire le respect que cette formation voue aux codes du genre. Intéressant, expérimental et pas trop intello.

Gene Taylor

Gene Taylor

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Agé de 51 ans, Eugene Davis Taylor J est né au Texas. A Fort Worth très exactement. Paradoxalement, c'est en séjournant sur la côte Ouest qu'il va choper le virus de musicien. Il y fait la connaissance de James Harman. Les deux musiciens décident alors de partager leur passion en se produisant en duo. Une passion qu’ils vont entretenir très régulièrement, au cours des trente dernières années. Gene a également transité chez les Hawks de Ronnie Hawkins, tourné en compagnie de Canned Heat, puis rejoint les Blasters des frères Dave et Phil Alvin, en 1980. Son premier album solo, "Handmade", est paru en 1986, chez Spindletop. Depuis, il s’est consacré essentiellement à la confection des albums de James Harman et surtout de Kim Wilson flanqué des Fabulous Thunderbirds, en compagnie desquels il se produit depuis une dizaine d'années.
 
Basé désormais à Austin, au Texas, Gene Taylor est donc revenu à Los Angeles pour enregistrer son second album solo. Produit par Jerry Hall, cet elpee a bénéficié du concours de Dave Carroll à la batterie et du bassiste Bill Bateman, musicien avec lequel il a été dans tous le bons coups au sein des Blasters, au cours des dernières années. Sans oublier, James Harman qui se réserve, pour la circonstance, l'harmonica. Gene est un musicien complet. Un des rares capable de jouer le blues, le rock'n'roll et le boogie woogie, avec le même bonheur. Il rend ici un hommage aux pionniers du boogie woogie.
 
L’album s’ouvre par le "Pinetop's boogie woogie" de Clarence Smith. Et embraie par "Pete's thing", dont l’arrangement relève d’un thème de Pete Johnson, avant de se lancer dans le "Honky-Tonk train blues" de Meade Lux Lewis. Gene Taylor chante très bien le blues. Il en fait la plus belle démonstration tout au long de "Sugar Bee". Une leçon lumineuse de piano blues ; et puis sur le "Six weeks old blues" de Peetie Wheatstraw. L’opus peut également nous plonger dans l’univers de la Louisiane. Celui de la Nouvelle Orléans, en particulier. A l’instar de la reprise du "Mississippi heavy water blues" de Barbecue Bob, un bluesman légendaire décédé à l’âge de 29 ans en ...1931. L’harmonica de James y est très présent. Nous ne quittons pas la Louisiane, mais dans un registre différent, pour la reprise du "Yaya" de Lee Dorsey. Gene est passé, cette fois, à l'orgue. Une formule qui ne fonctionne pas trop mal, il faut l’avouer. Il intègre parfaitement les différents styles de piano. Et en particulier celui de Baby Boy Warren, le pianiste de Detroit, sur "Santa Fe", un fragment qu’il chante remarquablement. Ce morceau constitue, sans aucun doute, un des sommets de cet album ! Tout comme son "This world". Une plage aux accents plus modernes, opérant une symbiose entre le piano et 'harmonica. Cette longue amitié atteint son paroxysme sur "The loser and the wheel", que les deux hommes ont écrit ensemble. James Harman chante d'un voix si présente. Un excellent album qui s’achève par un cri de désarroi : "Is there peace?".

Greg 'Fingers' Taylor

Hi Fi Baby

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Greg Taylor est originaire de Wichita, dans le Kansas. Fasciné dès don plus jeune âge par le blues, il découvre d'abord Muddy Waters, Little Walter, Elmore James et puis aussi John Mayall ainsi que Paul Butterfield. Son surnom de ‘Fingers’, il le forge en jouant des claviers. Il émigre alors à Jackson, dans le Mississippi, où il fréquente l'université d'état. C'est à cette époque qu’il opte pour l'harmonica. Il écoute alors beaucoup Big Walter Horton, Jerry McCain et Papa George Lightfoot. En 1971, il fait la connaissance du chanteur de pop R&B, Jimmy Buffett, en compagnie duquel il formera plus tard le Coral Reefer Band. A Key West, en Floride. Au sein de ce groupe, il aurait enregistré la bagatelle de 25 albums ! Il commet son premier elpee en solitaire dès 1989 : "Chest pains". Il y reçoit le concours d’Anson Funderburgh et de Steve Cropper. Mais sa carrière solo n’a véritablement démarré qu’en 1990 ; une carrière illustrée par cinq albums : "New fingerprints" en 92 (chez Appaloosa), "Old rock'n'roller" (Ripete) et "Harpoon man" (Appaloosa) en 96, "Hotels maids, highways & honkytonks" en 98 ainsi que "Back to the blues" en 2000 (tous deux pour Migration Music).
 
Dès l'ouverture ("Hi Fi Baby"), le ton est donné. Kim Wilson a assuré la production et cela s'entend de suite. Le son est volontairement primaire, poisseux, extrêmement sale. Minimaliste mais terriblement efficace, la section rythmique est constituée de Jon Rossà la basse et de Richard Innes, le vétéran du Hollywood Fats Band, aux drums. Kim est parvenu à communiquer une sensibilité immédiate à l'harmonia. Greg en est tout émoustillé. Il souffle comme si sa vie en dépendait. En puissance et avec swing. Dommage qu'il ne chante pas très bien. Signé Frankie Lee Sims, "Hey little girl" déménage irrésistiblement. Bien en rythme, "Old 98 blues" déborde d’énergie. La machine emporte tout sur son passage. Kim en est ravi et empoigne son harmonica pour talonner les vocaux de Fingers sur un brillant "Whisper". Une plage composée par un des deux guitaristes : Doug Deming, le gratteur des Jewel Tones de Detroit. Alors que Mark Stevens, l'actuel claviériste de Roomful of Blues, s'est assis derrière l'orgue Hammond B3, Wilson s’autorise une de ces envolées dont il seul a en avoir le secret. Un alliage de puissance, de qualité et de naturel. "I want my Fleetwood back" opère un vif retour sur la route. Mais pour la circonstance, en Cadillac. Les guitares rugissent. Le jeune protégé de Kim, Troy Gonea, parvient à tirer un son pas possible de ses cordes. Le merveilleux "Sleeping in my ground" de Sam Myers marque une pause très roots. Un fragment superbement rendu par Fingers Taylor qui souffle avec bonheur dans les aigus sur son harmo diatonique. "Angel child" nous embarque dans la Boogie music. Mark Stevens est passé au piano. Les sorties de Greg à l’harmo et de Gonea, le jeune prodige de 26 ans, à la guitare sont brillantes. Il n’est pas étonnant de retrouver sur ce disque, une reprise d'Elmore James. En l’occurrence "Fine little Mama", avec piano et slide. Quand il reprend son "Cutie named Judy", Fingers rend hommage à un de ses favoris : Jerry McCain. Il souffle comme un dieu même si son chant est toujours aussi faible. "If ain't easy" marque une deuxième pause roots. Un titre que Kim Wilson a composé. Très inspiré par le Delta du Mississippi, il y joue aussi de la guitare et de l'harmo. Ce superbe album s’achève dans le boogie et le rock'n'roll, par la reprise de "Two times Nine" d'Eddie Clearwater". Greg Taylor tourne actuellement en compagnie de Doug Deming & the Jewel Tones. Alors ne les manquez surtout pas, lorsqu’ils traverseront l'Atlantique.

Sebastien Tellier

Politics

Il faut se le farcir, le Tellier. Déjà son premier album s’avérait plutôt gonflant, malgré la hype, malgré Air (les patrons de son label), malgré sa gueule de Robinson shooté à la tisane. Ici, le bonhomme ose l’album concept : donner chapitre aux opprimés, aux Indiens, aux Africains. Ca s’appelle « Politics », et si c’est culotté, c’est aussi, musicalement, très laid. C’est bien que Tellier nous parle du sort peu enviable des Africains (« Wonderafrica »). Là où il a moins de mérite, c’est quand il décide de le chanter sur fond de pop eighties du plus mauvais goût, avec un accent ‘qu’on croirait presque didon didon que c’est notre ami Johnny Clegg !’ On ne parlera pas des cuivres pourris, du yoddle, de l’easy listening à la brésilienne, des références à Benny Hill, des synthés qui dégoulinent, des relents progressifs, des paroles débiles, ni de la seule chanson qui vaut la peine qu’on s’y attarde (« La Ritournelle », qu’il est facile de trouver jolie vu la laideur atterrante des autres titres). On dira donc juste que ce disque est horrible et d’un énième degré qu’on a du mal à cerner. Pourvu que Tellier ne se lance jamais dans la politique… (et surtout qu’il arrête de nous casse les c…).

Templo Diez

Hoboken

Drivé par une Français, ce trio batave lorgne dangereusement du côté des States (Low) et de l’Espagne (Migala) : c’est presque de l’europudding, sauf que ça n’a rien d’un navet, bien au contraire. En neuf chansons d’une mélancolie diffuse, Templo Diez piétine les plates-bandes des meilleures formations slowcore, sans croûtes de boue sur les semelles. Et même si les guitares empruntent parfois des routes plus balisées (« New Sun Rising », pop, et « Come On », à la Sparklehorse), c’est seulement pour éviter de trop tourner en rond… Templo Diez a du talent pour injecter des riffs éthérés et des voix sous Xanax dans chacun de ses morceaux, mais heureusement il n’en fait pas trop son fond de commerce. C’est qu’à force de toujours remuer la même potion (aussi magique soit-elle), on attrape vite le tournis. Pour éviter ce genre d’angoisse, mieux vaut espacer les écoutes d’« Hoboken » d’au moins 24 heures… A conseiller d’abord aux insomniaques et aux fragiles du cœur.

Tex La Homa

If Just Today Were To Be My Entire Life

Que l’Anglais Matt Shaw ait signé sur une structure bordelaise en dit long sur les difficultés qu’éprouvent certains artistes pour se faire entendre. ‘Nul n’est prophète en son pays’, pourrait-on dire, sauf qu’on comprend mal pourquoi Matt Shaw ait dû traverser la manche pour sortir son disque… Un disque pourtant subtil et accrocheur, qui vaut bien ceux de Four Tet et du label Aesthetics, bref la crème de l’électro-folk et du post-rock le plus doux, deux genres nés sur les cendres encore chaudes du shoegazing et de My Bloody Valentine. Tex La Homa (une référence au bouquin de Coupland, « Generation X ») n’a donc rien de l’immigré forcé, le cul entre deux chaises et le regard perdu à l’horizon : sa musique ne perd jamais le nord, même si de légères bourrasques venues du grand large ont parfois tendance à nous donner la chair de poule. Mais c’est un sentiment magique : celui de croire qu’on est ailleurs, au calme, le temps de quelques chansons vaporeuses aux refrains célestes. Que Matt Shaw se rassure : s’il cherche un refuge, on sera toujours là pour l’accueillir. Le bonheur simple d’écouter ses chansons vaut bien qu’on lui prête notre maison.

Thee Shams

Please yourself

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A l’origine exclusivement attaché à la cause du blues, Fat Possum a donc décidé d’élargir son horizon sonore. Une seule condition : que le groupe soit inspiré par le blues. A quelque échelon que ce soit. Pas de problème pour Thee Shams, dont les maîtres répondent aux noms de Muddy Waters et de Howlin’ Wolf. Pourtant, le quatuor ne nous vient pas du Mississippi, mais de l’Ohio. De Cincinnati, très exactement. Et à l’instar d’Afghan Whigs (NDR : ou d’une manière plus contemporaine des Twilight Swingers), Thee Shams ont également un faible pour le rythm’n blues. Celui des Animals et surtout des Stones, pour ne rien vous cacher ! Un feeling blues ou rythm’n blues que le groupe filtre à travers un garage rock malsain, marécageux, au parfum sixties. Surtout lorsque l’orgue hammond rogne les mélodies. A cet instant, Sam the Sham & the Pharoahs ne sont vraiment pas loin. Pourtant, l’expression sonore peut prendre une forme plus sauvage, plus aride, réminiscente des Troggs (« Can’t fight it »), les lyrics focalisés sur la luxure et la perversion accentuant cette impression. Des lyrics chantés par la voix graveleuse, trempée dans le whiskey de Zachary Gabbard. Dans le registre, la cover du « If you gotta go » de Dylan est superbement écorchée. Et lorsque le combo s’aventure dans le psychédélisme mystique (NDR : allo la terre !), c’est à 13th Floor Elevators qu’on se met à penser (NDR : qui a dit hallucinogènes ?). Bref, un chouette album, même s’il trempe allègrement dans le revivalisme. Mais pourquoi je n’ai parlé ni de la pochette, ni de l’harmoniciste ?

Thee Silver Mountain Reveries

Pretty Little Lightning Paw

Il s’agit de chutes de studio retravaillées par Efrim lors de l’enregistrement du dernier album de Silver Mount Zion il y a quelques mois : 4 morceaux où s’entremêlent guitares et cordes dans un maëlstrom bouillonnant, avec cette option déjà présente en filigrane sur l’album – des voix, celles d’Efrim et des autres membres du groupe, en un crescendo choral qui ouvre de nouvelles pistes quant à l’avenir du post-rock à la Constellation. C’est un grand changement pour ces adeptes du rock instrumental, qui font crier leurs manches et leurs archers mais jamais leurs cordes vocales. Perdues au beau milieu de ces secousses telluriques, elles n’ont pourtant rien du chant habituel : il s’agit plus de cris, de ululements, comme à l’état embryonnaire. Mais il s’agit bien d’une évolution dans le chef de ces fanatiques du riff qui monte, qui monte, puis se démonte. Il était temps : on commençait sérieusement à trouver le temps (d’écoute) plutôt long.

These Arms Are Snakes

Oxeneers or The lion sleeps when its antelope go home

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Après avoir été le fleuron du label Hydrahead, Botch et son hardcore technique s’en est allé, laissant à la plèbe un des albums référence en la matière (“We are the romans”). Le triptyque incarnant au mieux le style a donc lui-même aujourd’hui disparu : Isis est devenu un groupe à midinettes et Cave In s’est noyé sur une major. Mais le Phoenix renaît toujours de ses cendres. Recentré sur Brian Cook, le seul rescapé de l’aventure Botch, These Arms Are Snakes - le nom de groupe le plus efficace du moment - nous livre aujourd’hui la deuxième fournée de sa philosophie musicale. Oubliés les rythmes furieux et les vocalises indignes d’une Castafiore, l’ordre du jour s’inscrit dans la lignée du post hardcore. Nostalgiques des grandes heures de Fugazi, pleureurs inconsolables du split d’At the drive in, séchez vos larmes et qu’un sourire illumine illico vos doux minois : un avenir radieux est encore possible. Partagé entre titres concis, secs et entêtants d’une part et longues plages atmosphériques de l’autre, TAAS nous balance toute l’étendue de son savoir faire avec une efficacité constante. Esthétiquement soigné (chouette art work, non ?), “Oxeneers” et son titre à rallonge comblera tout amateur de sonorités tendues. D’ailleurs pour ceux qui ne le savent pas encore TAAS tourne aux States en compagnie d’Isis. N’allez pas imaginer que je suis devenu un fier actionnaire d’une compagnie aérienne soucieux de vouloir vous envoyer en voyage toutes les semaines.... Et puis un groupe qui a compté en ses rangs l’illustre Joe Preston (ex-Melvins et actuel Thrones) ne peut pas être foncièrement mauvais...