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Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

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Bed

Spacebox

Il y a deux ans, " The Newton Plum " avait bluffé son monde : cette musique post-pop sophistiquée, empruntant ses mystères autant au free jazz qu'à Robert Wyatt et Mark Hollis, nous laissa coi et rêveur. Si la beauté musicale devait avoir un nom, celui de Bed (alias Benoît Burello) lui siérait le mieux. Perdue dans la laideur FM ambiante, la musique de Bed ne franchit jamais le Rubicon qui la séparait du monde extérieur et de ses projecteurs, préférant rester cachée et insaisissable, à l'abri de toutes tentatives de vulgarisation, et de toute concession. Avec " Spacebox ", la jolie boîte à musique de Bed se pare de couleurs plus chatoyantes, non pas pour appâter le chaland, mais parce que Burello n'aime pas le surplace. Le piano, omniprésent sur " The Newton Plum ", se fait ainsi plus discret, laissant plus de place aux guitares et à la contrebasse. Entouré de trois musiciens au toucher singulier (les excellents Vincent Ferrand, Olivier Mellano et Jean-Michel Pires), Burello peut ainsi déployer son talent d'arrangeur et laisser mûrir son amour pour la pop céleste (The Sea & Cake, Perry Blake) et le post-rock (Bottom) aéré de silences (Sylvain Chauveau, Tortoise). Sa voix, elle aussi, se fait moins timide, jusqu'à taquiner gentiment ses modèles, Wyatt, Lindsay et Kozelek. Voilà du travail d'orfèvre, qui s'écoute religieusement : des morceaux comme " Wondertalk " et " The Wood Bunch " ne sont pas seulement magnifiques, ils dégagent un sentiment de sérénité qu'on a rarement la chance d'entendre en ce bas monde. Ce " Spacebox " est une splendeur, et c'est peu de le dire.

Belle & Sebastian

Dear Catastrophe Waitress

Ouf ! La catastrophe est évitée : c'est qu'après l'indigent " Storytelling ", on avait peur pour Belle and Sebastian. Peur que Stuart Murdoch et ses amis d'Ecosse aient perdu, dans cet exercice de style (la BO), leur innocence et leur candeur si attachantes. Peur qu'après le départ d'Isobel Campbell, l'ambiance s'électrifie et les mélodies en pâtissent. Peur que toute cette troupe de vieux ados franchissent trop vite le seuil de l'âge adulte et y laissent leurs plumes d'éternels " freshmen ". Bref, peur que la magie s'éteigne. Ouf ! On a eu chaud. Parce qu'il faut bien dire que ce cinquième (sixième, avec la BO) album des Belle and Sebastian est une totale réussite, un rêve (de gosse) qu'on n'osait plus trop imaginer. Belle and Sebastian reste bien ce groupe un peu midinette qu'on chérit avec tendresse, qui ose toujours revendiquer ses penchants pour une pop un peu désuète, limite variet', sans jamais pour autant s'engluer dans de la guimauve de ménagères, tendance FM. Stuart Murdoch est l'un des (trop) rares songwriters actuels qui n'a pas peur d'en rajouter une couche, au risque de dégoûter toujours davantage ses détracteurs les plus féroces. Les autres s'en délecteront jusqu'à la crise de foie, certains qu'écouter cette pop savante remplacera toujours n'importe quelle cure de jouvence… Cerise sur le gâteau : la voix de plus en plus juste de Murdoch, qui ne chevrote plus à la moindre émotion, et la production, lustrée et clinquante, de Trevor Horn. De lui aussi, on avait peur : qu'il transforme nos fidèles compagnons de la chanson en copies carbone de Tatu ou de Frankie Goes To Hollywood. L'horreur. Heureusement, Stuart n'a pas lâché ses rênes d'équilibriste pop, même si on sent clairement l'influence de Trevor Horn sur un titre comme " Stay Loose ", très… Human League. Pour le reste, c'est du Belle and Sebastian grand cru, plein de cuivres, de violons, de chœurs et même de boogie-woogie (" Roy Walker "). Une véritable renaissance, et un grand disque de plus.

 

Bjørn Berge

Illustrated man

Écrit par

Agé de 35 ans, Bjorn Berge possède une voix très rocailleuse, comme si elle avait été polie au papier de verre. Il a été naturellement attiré par le blues, après avoir découvert Robert Johnson, Elmore James et John Hammond. Cependant, son blues est loin d'être traditionnel. Ce n'est pas pour rien que ce jeune musicien norvégien est décrit comme le Beck norvégien ou qu'on lui prête de nombreuses affinités avec la musique des Red Hot Chili Peppers. Car il est capable d'associer le blues avec le hip-hop et le funk. Un artiste, finalement, moderne et urbain.

" Illustrated man " constitue son sixième album. Paru en 1999, "Blues hit me" demeure, à ce jour, son plus notoire. Il faut l'avouer, sa musique est assez difficile à cerner. A cause de cette approche mystérieuse et alternative. La trame de fond est sans doute tapissée de blues, mais un blues assez malsain, qui laisse transparaître beaucoup de mal de vivre. C'est évident à l'écoute de cet opus. Le Bjorn Berge String Machine se résume pratiquement à Bjorn. Sur quatre plages, il est seul : sa voix, sa guitare à douze cordes et son pied pour marteler le sol. Il vit intensément sa musique. Ses inflexions vocales sont le plus souvent agressives. Très rythmique, son jeu de cordes est intense et fouillé. Il le démontre tout au long de "Give it away", "Heather", "Damn" et "Ride on", hanté par une voix lugubre, surgissant d'outre-tombe. Mais également la plage titulaire. Une plage écrite par Fred James et Mary-Ann Brandon, la célèbre paire issue de Nashville, dans le Tennessee. Bjorn aborde ce titre comme s'il était possédé, et cette manière démoniaque de jouer nous flanque des frissons partout. Une claque ! Et puis, il y a un autre Berge. Celui qui assis, apaisé par un climat de quiétude, joue de la guitare et chante "One meat ball" et le sublime "Wishful thinking". De la belle ouvrage ! Et il est exact qu'à cet instant, il peut nous faire penser aux Red Hot Chili Peppers. Il y a aussi le Berge qui a recours à l'informatique. La programmation est alors assurée par le producteur, Kjetil Hulland. Enfin, l'ambiance peut aussi se faire hip-hop. Et pourquoi pas ? Chez Fat Possum, on n'en est pas à une expérimentation près ; même s'il est vrai que les résultats ne sont pas toujours probants. Pour la circonstance, la recette est assez heureuse et concluante. Et celle du "Travelling riverside blues" de Robert Johnson ou du "Cypress grove" de Skip James qui ouvre l'album, ne manque pas d'intérêt. Bjorn est alors épaulé par l'harmonica de Jan Flaaten. Par contre, la reprise du "Locomotive breath" de Jethro Tull est plus dure à avaler. Le traditionnel "Angel band" bénéficie d'un excellent arrangement. La voix très grave est doublée d'une lap steel et d'un orgue synthétique. Cette œuvre étonnante ne manque pas de charme, mais exige une oreille avertie...

Berlin

Voyeur

‘Allô Maverick, répondez ! ?’ – ‘Je vous reçois 5/5 mon commandant, le temps d'un p'tit looping, et…’ – ‘M'enfin qu'est-ce que vous foutez, bordel ! ? Et arrêtez vos cabrioles, vous m'entendez ?’ – ‘Bien reçu chef … VRAOUM ! ! !’ ‘Allô poulette ! Tu me vois là, dans le ciel ? …’ – ‘Oh, Tom… You Take my breath away !’ - Re-VRAOUM! ! ! Atterrissage forcé : Berlin est de retour avec un nouvel album, le premier depuis " Count Three and Pray " en… 1986. Autant vous dire qu'à part les réac' eighties fans de la brosse à Cruise et du froufrou à Kelly McGillis, personne ne se souvient de Berlin, ce groupe électro-pop de moyenne facture qui enflammait les charts avec sa simili-techno à la Moroder (" Take my breath… ", c'était lui). C'est qu'on est en 2003 : Tom s'est fait larguer par Nicole, Tony Scott enchaîne les daubes, Giorgio s'est fait raser la moustache, et surtout, Maria McKee, Kenny Loggins et Cheap Trick (voir la BO de Top Gun) ne font plus bander que les octogénaires. Ce " Voyeur " tombe donc comme un cheveu dans la soupe, avec ses nappes dance FM et ses arrangements à la Shania Twain. ‘Maverick, vous descendez, oui ou merde ? !’ – ‘Krrr, je vous entends mal, la tour de contrôle… Krrr… VRAOUM ! ! ! Oh le saligaud ! ! ! (NDR : Val Kilmer). Il m'a fait une tête à queue avec son F-16 ! ! ! M'en vais te…’ – ‘Allô Maverick ! ? Arrêtez tout de suite de faire le mariole ! ! !’

 

Bettie Serveert

Smack (single)

Écrit par

Les deux fragments qui figurent sur le single de Bettie Serveert sont issus de leur nouvel et cinquième album, " Log 22 ". Mélange singulier d'électricité et d'électronique, le titre maître consomme une pop contagieuse, enjouée, croustillante, dans l'esprit du " Cannonball " des Breeders, alors que la ballade cuivrée " The diva " aurait pu relever du répertoire des Pretenders ; même la voix de Carol Van Dijk épouse les inflexions de Chrissie Hynde. Ce disque recèle, en outre, un clip assez désopilant de ce " Smack "…

Claudia Bettinaglio

Sometimes

Écrit par

Née à Lucerne, cette jeune chanteuse/auteur/interprète est aujourd'hui âgée de 34 ans. Avant de se fixer à Bâle, elle a longtemps vécu à Berne. Claudia a sévi au sein d'un des meilleurs groupes de blues helvétiques : le Lazy Poker Blues Band. En 2001, elle a sorti un album intéressant : "Saving all my love - A tribute to Tom Waits". Enregistré à Nashville, cet elpee à reçu le concours de Fred James à la production. Mais également du backing group de Fred ; en l'occurrence Mary Ann Brandon, Bill Earhart et Bob Kommersmith. Depuis 2002, elle se produit régulièrement en compagnie de son compatriote Hank Shizzoe et du bassiste Michel Poffet. "Sometimes", son nouvel opus, est donc paru chez Crosscut. Un disque qui emprunte à la chanson, au blues, au jazz, au folk et à la pop. Dans son style quoi !

Elle démarre par une chanson douce. Face au piano d'Alexander Paeffgen et de la clarinette de Michael Heitzler, sa voix est bien mise en évidence. La section rythmique demeure discrète. "Holding your breath" est une ballade plutôt majestueuse. La musique, la chanson, la voix sont de toute beauté. L'accompagnement est sobre et efficace. D'autres fragments soutiennent la comparaison. Et je pense tout particulièrement à "God hired the devil", "You will last", Relationshit", une plage dont le climat oppressant est entretenu par la slide de Shizzoe, "Trophy", un fragment souligné par des cordes, et encore "Feels good". "Dogs I like" épouse un format assez funky. L'accompagnement est très reconnaissable pour les fans de Hank Shizzoe et Loose Gravel. "Loversland" est une plage rapide, dont le style peut faire penser à Dire Straits. A cause de cette voix cristalline qui enchante et des cordes de Shizzoe qui sont taillées dans le rock. Le "Pretty head" de ZZ Top ramène le rythme à bord. La clarinette s'y éclate ! Tout en swing, assez jazz, "Sister low" baigne dans l'orgue Hammond. L'œuvre s'achève par "Jersey girl". Une reprise de Tom Waits interprétée en douceur et en délicatesse. Assez éloigné des sphères habituelles du blues et en particulier pour un label tel que Crosscut, cet album est incontestablement d'excellente facture. Et tous cas, il mérite votre attention, mais nécessite plusieurs écoutes avant d'être apprécié à sa juste valeur.

Eric Bibb

Natural light

Écrit par

Eric Bibb est un chanteur/guitariste/compositeur, dont la démarche est fort proche du grand Taj Mahal. Il est né à New York. En 1951. Au cœur d'un milieu très musical. Au cours des six dernières années, il a commis cinq albums, dont le premier, "Spirit and the blues", est paru sur le label suédois Opus 3. Un disque très spontané, inspiré par Taj Mahal (NDR : of course !), Ry Cooder et Leadbelly. Il enregistre ensuite "Good stuff" en 1997. Bibb signe alors chez Code Blue, le label anglais d'Alan Robinson. Il aligne alors plusieurs elpees pour Manhaton : "Home to me" en 99, le live "Roadworks" en 2000, et "Painting signs" en 2001. Sans oublier "Just like love", édité chez Opus 3.

Paru cette année, " Natural light " constitue donc son dernier long playing. Une palette subtilement funky ouvre "Too much stuff". La voix d'Eric est douce et agréable. Hantée par la guitare très présente, traversée par quelques cuivres discrets, et taillée au couteau par l'ex Howlin' Wolf, monsieur Hubert Sumlin, la solution sonore est dynamisée par une bonne section rythmique, constituée de Martin Ditcham aux drums et de Dave Bronze. Ce dernier produit, par ailleurs cet elpee. Ce bassiste a débuté sa carrière, voici 20 ans, dans le groupe de Robin Trower. Il a participé à l'aventure Dr Feelgood en 1991, jusqu'à la mort de Lee Brillaux (NDR : le 7 avril 1994), sévi chez Procol Harum et puis, bien entendu, relevé du backing band d'Eric Clapton. La voix est plus douce que jamais sur le swing léger "Home lovin' man". Le piano de Jane Peterson communique un timbre particulier à cette composition. Le Clapton moderne aime aussi paresser au sein de cet univers relaxant. Eric Bibb parvient à bien faire passer son message de tendresse infinie. Faut dire que le timbre de sa voix transporte tant de mélancolie… Lassant transparaître les accords discrets de la guitare de Robbie McIntosh, "So sorry" est une ballade terriblement mélodieuse. Retour aux racines, celles du Sud des Etats-Unis pour aborder "Tell Riley", une composition très roots. Eric empoigne sa guitare à 12 cordes, McIntosh (NDR : assis tout près de lui), sa National steel aux accents si métalliques, pendant que Peterson disserte sur son accordéon. Eric reste au cœur du Sud pour entamer le très poignant "Guru man blues", une plage particulièrement folk blues, conduite par les guitares acoustiques, et enrichie par la slide de Robbie, qu'il joue en picking. Eric chante "Every time it rains" de Randy Newman le cœur plein de tristesse, les larmes au bord des yeux. D'une voix soudainement plus proche, seul avec sa guitare, il interprète "Champagne habits". Une tranche de musique folk bien dépouillée ! Les percussions de Ditcham sont bien mises en avant pour annoncer "Water works fine". Au cours de cette excellente composition bien rythmée, la slide de McIntosh épouse la voix grave de Bibb."Circles" marque le retour à la mélancolie. Un fragment bouleversant que Miss Peterson accompagne au piano. Le rythme s'installe. La joie de vivre s'affiche. Bibb chante "Right on time". Il semble plongé au sein d'un chœur gospel, inspiré par John Cephas. La voix d'Hubert Sumlin se manifeste dans le studio. Eric entame le superbe "Gratefully blue", un titre particulièrement lent. Sa voix est proche de celle d'un Ray Charles. Kjell Segebrant est à la guitare électrique. Il dispense un solo tout en sensibilité. "Lucky man rag" campe un folk blues contaminé par le ragtime. Pour conclure, Eric reprend avec beaucoup de bonheur "Higher and higher" de Jackie Wilson, un fragment souligné par un chœur féminin, l'accordéon et les guitares acoustiques. Toujours aussi roots, Mr Bibb vient de signer un excellent album.

Biffy Clyro

The Vertigo of Bliss

Sur la pochette, une fille lascive se caresse l'entre-jambes, les yeux mi-clos : cette invitation à la débauche sied bien à la musique post-hardcore de Biffy Clyro. Ce trio de jeunes têtes de Turc avait déjà sorti un album il y a deux ans, " Blackened Sky ", à la croisée de " Bleach " (Nirvana), " Relationship of Command " (At The Drive-In) et " Damaged " (Black Flag). Ce nouvel opus confirme nos espoirs : mélodies acérées, violons détraqués, frissons bruitistes, cris désespérés, rythmes hachés,… Biffy Clyro joue un rock de montagnes russes : des hauts, des bas, la tête parfois à l'envers. C'est le " vertige " du titre, et sans ceinture ni parachute. Ces trois gamins de Glasgow se donnent à fond. Pour preuve, ils ont enregistré cet album en un jour ! De ce mélange de rage et de mélodie, de bruit et de fureur, on retiendra surtout la sensibilité de " The Ideal Height " et de " With Aplomb " (ces cordes qui pleuvent, jusqu'à l'inondation, la catastrophe), l'hystérie de " a Day Of… " (un hit), de " Toys, Toys, Toys, Choke, Toys, Toys, Toys " (?), et ce silence, parfois, avant le déluge (" Now The Action is on Fire ! "). Plus abouti et plus équilibré que " Blackened Sky ", " The Vertigo of Bliss " ne lasse pas de surprendre. Les Deftones, les Blood Brothers, Jimmy Eat World, Cave In, Fugazi, Fireside, Aereogramme, Q & Not U,… Tous ont déjà chanté ce genre de verbe électrique. Biffy Clyro n'a pourtant rien à leur envier. D'accord, cet emocore fait parfois la salope en dévoilant ses charmes dès les premières secondes, sans aucun préliminaire. Ces trois Anglais n'ont rien à cacher, c'est vrai. Ils donnent tout. De l'exhibitionnisme ? Du rock pour éjaculateurs précoces ? Peut-être. Mais c'est toujours mieux que de bander mou.

Big Dez

Sail on blues

Écrit par

Philippe Fernandez a fondé Big Dez, en 1996. A Paris. Big Dez, c'est également son patronyme. Sa rencontre avec le pianiste Bala Pradal a changé et aiguillé sa vie musicale. Pourtant une belle tranche d'âge sépare les deux hommes. Big Dez n'a que 27 ans, tandis que Bala en a vingt de plus. Philippe apprécie surtout le blues texan. Ce qui explique ses nombreux voyages à Austin. Il a donc, tout naturellement, emmené ses musiciens dans la capitale texane, pour enregistrer son premier album.

Le disque démarre fort. L'introduction de Marc Schaeller à l'harmonica est percutante. Big Dez chante d'une voix forte, naturellement puissante. Ce qui se comprend mieux au vu du gabarit de l'artiste : 1m90 pour 135kg ! Tous les instruments sont bien en place : Bala à l'orgue, Lamine Guerfi à la basse et Vincent Daune aux drums ; mais Marc est manifestement la star de cette ouverture. Il souffle comme un possédé dans son saxophone Mississippi. Le funk éclot dès "Don't be afraid of the dark". La percussion primaire impose sa puissance. Passé les courtes et rares notes martelées au piano, la machine est en route. Ancien Bloosers, Marc revient souffler avant de libérer, enfin, Big Dez. Il se montre de suite convaincant. "Mystery woman" maintient le tempo funky. Faut avouer que lorsqu'on peut compter sur un tel batteur, il faut en profiter ; car Vincent possède un fameux pedigree (Luther et Bernard Allison, Bill Thomas). Bala Pradal joue comme il vit ou vit vraiment ce qu'il joue. Ses interventions à l'orgue semblent si naturelles que tout parait facile. Chez Big Dez, j'apprécie énormément la cohésion dont font preuve les musiciens. Tout est rythmique. Et ce qui ne gâche rien, la production est excellente. Il est vrai qu'on n'a pas lésiné sur les moyens dans les studios du Congress House. Big Dez fait gémir de bonheur sa bonne guitare sur "Bad news". La réplique au saxophone de Tom Robinson est lumineuse. Swing et jazz dynamisent "The come back" de L.C Fraser. En particulier le piano et la section de cuivres. Mais lorsque les phrases sont lacérées de cordes, on se croirait face au Master de la Telecaster, Albert Collins. Phil Poitevin y fait une apparition à l'harmonica, pendant que le vieil Uncle Joe Turner produit un groove d'enfer. L'ancien batteur de Johnny Winter se fait ici vraiment plaisir. L'idée de laisser l'impeccable Bala Pradal clôturer l'album est excellente. D'autant plus qu'il est seul au piano pour une bien jolie plage générique.

 

Bikini Machine

An Introduction to the Bikini Machine

Le mélange de sons vintage et de surf rock crétin semble être la marque de fabrique de ces Rennais au poil : dès le morceau d'ouverture, " Bikini Theme ", les genoux se plient et les bras se tendent pour entamer une chorégraphie fébrile, entre nage crawlée et jerk fifties. Les doigts, ramenés devant les yeux dès l'arrivée du theremin et des cuivres, en " V " comme dans " Pulp Fiction ", rappellent que cette musique emprunte ses bases aux BOs blaxploitation et SF, un peu Z en somme. B comme… Basse, Batterie, toutes deux en grande forme sur ce disque festif, colonne vertébrale de 10 titres tous plus funky les uns que les autres. Voire P-Funky, comme sur " I Found A Job " et son groove à la Money Mark. Groovy, Baby ! Sur " Bongos And Burgers ", Bikini Machine use d'un gimmick facile mais efficace, cette phrase idiote répétée à l'envi, comme dans un hit des Avalanches, de Junior Senior ou de Fatboy Slim. B comme… Big Beat : on croirait entendre ici une version frenchy du fameux " Rockafeller Skank ", comme plus loin sur " Monkey Bum Bum Boogie ", autre sommet rieur de ce disque juteux. On s'amuse bien chez les Bikini Machine (" Santa Claus ", entre Senor Coconut et Youngblood Brass Band), même si vers la fin, on se calme avec " Strong and Ready " et " Where's n°11 ? ", plus easy listening parce qu'il faut bien redescendre sur terre. Mais durant une bonne demi-heure, le voyage aura été grisant, et nos hôtes de l'air (guitar) bien sympathiques.

After Crying

Show

Écrit par

« Struggle for Life », le précédent Cd d'After Crying, date déjà de 2000. Ce groupe hongrois nous revient avec un excellent 'Show' ; un opus qui ajoute modernité et accessibilité aux qualités habituelles. Les huit talentueux musiciens intègrent de plus en plus de machines sans renoncer à leurs instruments classiques. Synthétiseurs, rythmes programmés et autres échantillonnages côtoient donc trompettes, cors, trombones, violon, violoncelle et grand piano. Les influences sont tout aussi variées. Et pour cause, elles revendiquent l'héritage de King Crimson, ELP et Zappa, empruntent à Dvorak et Ravel, virent au jazz ou au funk, et prennent parfois des airs de soundtrack. Le miracle, c'est que ce concept est très homogène et, de plus, réussi et immédiat. Le nouveau chanteur évoque Rick Davies (Supertramp) en plus clair et moins maniéré, et furtivement Dave Gahan (Depeche Mode). Il est parfois relayé par un narrateur ou Judit et Sofia, aux très belles voix. Les percussions sont très présentes et la production est excellente. Comme d'habitude, After Crying propose une succession de climats, certains lentement distillés, d'autres campés en quelques secondes. La montée en puissance teintée d'angoisse demeure sa marque de fabrique. Les paroles, attaque en règle de l'hégémonie américaine, sont parfois burlesques. L'album est globalement très bon (leur meilleur à ce jour, en fait) épinglant quelques plages incontournables. A aborder en toute confiance!

Akrobatik

Balance

‘Black and White. Gangster and Grown-Up. Party and Politics. In a search for some semblance of stability and sense, the hardest part is finding a comfortable equilibrium. Striking a Balance’. Le message de Jared Bridgeman, alias Akrobatik, est clair : combattre les injustices et rétablir la balance - l'égalité - entre les peuples. Ce que le rap s'est toujours donné pour mission, en fin de compte… Peu importe la couleur, pourvu qu'on ait l'ivresse : avec ce " Balance " tapageur mais pas rancunier, Akrobatik décoche ses rimes incendiaires avec précision, balance ses bombes dans notre salon. Des tubes bien calibrés, genre frappes chirurgicales. Avec l'aide précieuse de Mr. Lif (Def Jux), Da Beatminerz, Diamond D, Fakts One et DJ Revolution, le rappeur tire à boulets rouges sur tous les préjugés, de race, de culture, de genres. ‘Remember; ignorance is running rampant. The fact that you have this album in your hands tells me that you are interested in something other than that’ : pas grande gueule pour un sou, Akrobatik mise sur le beat efficace (" Feedback ", " Balance " …) pour faire passer son discours, d'une intelligence rare. A sa manière, le rappeur de Boston se rapproche d'un KRS-ONE, mais sans oublier cette dimension festive, essentielle pour se frayer un chemin jusqu'aux oreilles les moins dociles (voir The Roots, Pharoahe Monch). Responsable d'un son hip hop chaud comme la braise mais toujours engagé, Akrobatik pourrait bien devenir le nouveau Van Damme du rap US… C'est clair ! Son grand écart entre conscience politique et fiesta old school va faire des jaloux.

Alamo Race Track

Birds At Home

Ralph Mulder n'est pas un cow-boy, malgré le nom de son groupe : " Alamo ", c'est juste histoire de brouiller les pistes, et de nous faire passer, têtes de linotte qu'on est, pour des radoteurs (" Alamo Race Track, c'est comme si Neil Young fricotait avec Jason Molina sur fond de Palace Brothers ", ce genre). Pour changer, on dira donc qu'Alamo Race Track, malgré la slide guitar (" Short Leave ") et le banjo (" Speed Up "), fait de la pop bien corsée, au croisement d'Evil Superstars, Stephen Malkmus (" Summer Holiday "), Millionaire (" The Low End ") et, forcément, QOTSA. Forcément, parce que ces deux derniers vont un peu de pair, et parce qu'on retrouve dans les refrains entêtants de Mulder et ses potes la même vigueur mélodique que chez Josh Homme et sa clique. Mulder, même s'il est hollandais, reste pourtant poli et cordial : pas d'histoires de zizi (malgré les oiseaux du titre) ni de drogues dans sa musique, mais de l'optimisme, à tous les étages (ou presque). A la fin, notre nouvel ami imite même Lou Reed avec un certain panache (le morceau-titre), puis Swell, au vocodeur. Aurait-on enfin retrouvé la trace du Hollandais volant ?

Jay Alansky

Les Yeux Crevés

Jay Alansky n'est pas un inconnu : on lui doit certaines chansons d'Alain Chamfort, de Lio, de Julien Clerc, puis l'album " Mercy Street " sous l'alias A Reminiscent Drive, un classique Baléaric, suivi d'un " Ambrosia " plus techno mais pas moins sympathique. Avec ce nouvel opus, l'auteur-songwriter-producteur s'essaie à la chanson électronique, en somme des ritournelles downtempo à la Burgalat, aux couleurs chaudes et aux textes décalés, enregistrés " maison " à l'aide de protools et d'instruments live. Dommage pourtant que l'émotion ne perce pas davantage de ces titres souvent mélancoliques : sans doute la faute à cette voix traînante à la Gainsbourg, qui agace au lieu d'embellir… Le pire étant atteint avec ce " Special Contract " d'une indigence rare (de la muzak, oui !), et la chanson-titre, atterrante (" Ta chatte éclairée par la bougie ", etc. : qu'est-ce qu'on se marre). Juste après, l'Alansky se prend même pour Moby (" Schmaltz "), une véritable contre-performance. Heureusement ça s'améliore sur la fin, quand il ne la ramène pas avec sa grosse voix d'alcoolo (le tout bon " Nan "). Il n'empêche que l'écoute de ce disque se révèle, en grande partie, sacrément fastidieuse.

Alfie

Do You Imagine Things ?

Désormais signés sur le label des Beta Band et produits par Ken Nelson (Coldplay), les cinq membres d'Alfie peuvent enfin concrétiser leurs rêve de pop maximale et se laisser aller aux instrumentations chargées et grandiloquentes, type Pink Floyd et Super Furry Animals (de quoi rapidement résumer trente années de psychédélisme). Sur ce troisième album, les Anglais nous ouvrent donc enfin les portes de leurs fumeux cerveaux, jusqu'ici cadenassés par une production en dessous de leur imagination… Fini le temps où Alfie s'adonnait gentiment à l'exercice folk pop de médiocre envergure : cette fois sont convoqués des chœurs sixties à la Beach Boys, un orchestre de cuivres rutilants, des guitares à tiroir et de mini-symphonies en escaliers, comme si ces Mancuniens avaient enfin trouvé la clé pour accéder à leur Pays des Merveilles. " People " ouvre ainsi le bal en fanfare, tambours battants : une véritable cathédrale sonore, où résonnent les échos lointains de Gorky's Zygotic Mynci, Belle and Sebastian et des Zombies. A travers les vitraux bigarrés filtre une lumière douce et câline, réchauffant nos cœurs en ces temps de disette instrumentale : pour une fois, de jeunes musiciens osent en remettre une couche, n'hésitant pas à convoquer banjo, piano, synthé, guitares et trompettes sur un seul et même morceau. Forcément épaisse comme un mille-feuille, leur musique n'en garde pas moins une limpidité rassurante. " Do You Imagine Things ? " nous réconforte pour une fois avec tous ces maîtres artificiers d'hier et d'aujourd'hui qui préfér(ai)ent l'abondance ornementale au ‘less is more’. Un credo musical qui en vaut bien un autre.

Alias

Eyes Closed (Ep)

On a déjà beaucoup parlé d'Anticon, le label et collectif avant-hop basé à Oakland : " défricheur, exaltant, sophistiqué, amusant " figure parmi les adjectifs qu'on a le plus utilisés, voire répétés. Mais quand on discute qualité, mieux vaut parfois radoter : au moins ça rentre dans la caboche, pour ne plus en sortir. Alias est un des pensionnaires d'Anticon. Il a sorti un tout bon album l'année dernière (" The Other Side of the Looking Glass "), en même temps que celui de Themselves et juste avant celui de Sole. Sa marque de fabrique : un flow mitrailleur, des ambiances pesantes, des paysages sonores de vieux films de la Hammer. Du " goth-hop ", diront certains, et c'est vrai que ça y ressemble. Sur cet EP, Alias semble pourtant négocier un nouveau virage, plus électronica, plus ambient. Tout au long de ces cinq morceaux, exclusivement instrumentaux, l'Américain montre une nouvelle facette de son talent. Toujours aventureux mais plus nuancé, le rappeur s'est changé en expert ès laptop, préférant cette fois les textures synthétiques à la Warp aux samples et gimmicks hip hop. En clair, Alias a fait la part des choses… alors que jusque-là, il n'osait pas trancher. Cela prouve encore une fois qu'entre électro et hip hop, les frontières sont perméables. Tout est donc affaire de dosage, même si les mariages a priori contre-nature - et Anticon en est un bel exemple - restent toujours ce qu'il y a de plus excitant.

The Alley Gators

Feet & teeth

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Issue de Flandre et apparemment de Bruges, cette formation est née en 1990. Elle avait commis son premier elpee, "Not invited", voici deux ans. " Feet & teeth " consitue donc son second opus. Un disque qui a bénéficié du concours Pieter Van Bogaert à la production. 7 plages ont été immortalisées 'live' au Noodle de Beernem, le 25 janvier 2003. Les quatre dernières ont été concoctées en studio.

En ouverture, "Never say die" semble vouloir nous emmener dans le pays des swamps. La guitare de Serge Geloen est réverbérée. Jan Van Acker souffle timidement dans son harmonica avant de conduire les parties vocales. Guitare et harmonica alternent les soli. La tonalité réverb de la guitare fait penser à Hank Marvin des Shadows. Le tempo demeure vif sur le R&B assez rockant "Not invited". La manière de chanter de Jan et la trame rythmique évoquent quelque peu certains titres de Golden Earring. Amusant ! Philippe Lefief à la basse et Laurenz Vandercoilden à la batterie imposent une rythmique très rock'n'roll sur "Don't know why". Ces Flamands ont vraiment l'art de chauffer une salle. Ils me font cette fois sérieusement penser à nos amis zélandais des Juke Joints (NDR : Where are you Pete ?). La reprise du "Where were you?" de Jim Suhler est coulée dans une rockin' blues d'acier. Et pour tracer un parallèle avec les Destroyers de George Thorogood, ils invitent Geert Van Steenkiste, sur les planches. Son sax furieux y rivalise avec l'harmo de Van Acker. "Money down" persiste dans le rockin' blues. Une ambiance enrichie par l'orgue Hammond du producteur Pieter Van Bogaert. Pieter est le mari de l'excellent chanteuse Ann de Bruijn et la sœur du guitariste Jan de Bruijn. Ils se côtoient chez les Blue Angels. Ils avaient déjà sévi au sein de l'excellente formation the Crew. De 1985 à 1990. Et puis chez Double Brown. En 95. Les Gators maîtrisent parfaitement le boogie. Ils le démontrent lors de la reprise du "Two time boogie" de Studebaker John. Le son est naturellement meilleur sur les plages studio. Des compositions maison parmi lesquelles "Walk the streets for money" se détache. Le tempo est modéré. Le son acéré de la guitare assez lugubre. Cette sonorité réverbérée est également entretenue par l'harmonica. "Treat me right" nous replonge dans une époque, née après le British blues boom. C'est à dire ce blues qui allait devenir la première vague du hard rock. Les compositions passent pourtant bien la rampe. L'harmonica se détache de la ligne dressée par l'orgue Hammond. Enfin, le son de ce chromatique libère une intensité dramatique pour introduire un "Strong man" à la une tonalité déjantée…

Alpha

Stargazing

Ca fait maintenant un bail (1997) que le premier album d'Alpha est rangé dans notre discothèque. Depuis, c'est vrai, on ne l'a plus trop écouté : le trip-hop, cette chose un peu molle et chiante, a fait son temps. Melankolic, le label de Massive Attack sur lequel Alpha avait signé, s'est d'ailleurs sabordé en plein vol… Quant à 3D et ses amis, pas la peine d'en rajouter : " 100th Window " est une belle arnaque, un disque linéaire et frigide, insupportable. Le trip hop est mort, mais Alpha est toujours là. Son troisième album creuse toujours le même sillon : ambiances de fin de films (mélos pour bien faire), beats cotonneux, avalanches de cordes, voix vaporeuses (quatre en tout, deux filles/deux garçons), … La nouveauté, c'est que Martin Barnard et Corin Dingley ont recentré leur propos, donné un coup de fouet à leur musique : finies les digressions fumeuses, les émotions stagnantes, les développements ronflants… Moins de détours plus de vigueur : voilà ce qu'Alpha aurait dû faire depuis ses débuts bristoliens. N'empêche que sur ces 14 titres, il en reste toujours qui veulent prendre la tangente emmerdante du trip hop le plus somnifère (les 7 derniers, en fait). Un conseil, donc : évitez la fin du disque, vous pourriez vous endormir.

The American Analog Set

Promise of Love

Au Texas, il n'y a pas que des cow-boys gueulards et de la racaille présidentielle : si l'air y est lourd comme le plomb, on peut y trouver des oasis de fraîcheur et même s'y faire des copains, avec qui échanger des disques. The American Analog Set par exemple : des chics types, rencontrés aux détours d'un album formidable, le bien nommé " Promise of Love ". C'est qu'on l'aime, cet album : en huit morceaux, il parvient à distiller une mélancolie bienfaitrice, sans remords ni déprime. Cette torpeur relaxante a le même goût que certains morceaux de Mogwai, voire de Cure : on s'y love avec bonheur, en attente de jours meilleurs. L'instrumentation (une batterie hypnotique, des synthés bourdonnants, des guitares légères, un piano bienveillant) et les voix (vaporeuses, voilées, jamais insistantes) donnent l'impression d'avoir été sculptées dans la masse nuageuse, en tout cas quelque part où le temps n'aurait pas de prise. Ces mélodies, comme en lévitation, nous rassurent. Sur ce disque, tout est beau.

 

Olivier Andu

K2 Blues série n°2

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Le micro-label NPKPC (NePasKonPreC) fondé par Olivier Andu et celle qu'il aime, nous fait découvrir l'univers de ce poète belgo-béninois. Je vous avoue que la première écoute de ce 3ème album est assez déroutante : on oscille entre l'envie d'arrêter dès le premier morceau et celle de ne pas décrocher l'oreille (si! si!). Enregistré sur un 4-pistes analogique, voix, guitare sèche et kazoo, le son plus qu'épuré (mauvais?) de ces neufs chansons en est presque agressif. Mais Olivier nous parle d'amour, de société, de réflexions quotidiennes, et devient envoûtant. Ce copain de Carla Bruni (une chanteuse à l'oreille connue et reconnue), ex-leader de Vincent Van Gogh, chante avec une douceur proche du chuchotement dans des graves caressants. Cet album donne l'impression d'être au début du processus de création : dans un salon, quelqu'un écrit, compose, essaie. Le résultat : intimité, espoir ou l'impression qu'un amoureux vous a envoyé une cassette rien que pour vous. On aime ou pas, après 3 écoutes, je le laisserai bien en mode 'repeat'. Son site olivierandu.net offre la possibilité d'être dans la peau d'Olivier Andu et de savoir comment reconnaître un escargot mort, mais je n'en dis pas plus.

Ange

Culinaire lingus

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Avec plus de 30 ans de carrière, Ange est un des plus vieux groupes Prog encore en activité. Peu médiatisé, mais soutenu par un fan club très actif ('Un pied dans la marge'), ce phénomène unique dans l'Hexagone fait figure d'institution. Hormis Christian Descamps, bien sûr, aucun des musiciens actuels n'a participé à la confection du premier album Mais chez Ange on a l'esprit de famille. Après Francis, le frère du patron, impliqué au sein du line up originel, le groupe a hérité aujourd'hui du fiston, Tristan. Cet opus démarre sur les chapeaux de roue par une longue plage atypique à l'ambiance sombre et à la tension dramatique. On pense à la fois à Bashung et à King Crimson. Superbe! La suite se révèle, ma foi, beaucoup plus classique, oscillant de la ritournelle médiévale (« Adrénaline ») à la chanson intimiste (« Intérieur nuit »), en passant par les pistes plus contrastées (« Culinaire lingus »), jusqu'à la dernière plage, un long instrumental fort agréable bénéficiant du concours d'une foule d'invités. Le tout est fort bien interprété et produit. Tristan chante le morceau et le groupe s'est adjoint une chanteuse qui fait mieux que de la figuration. Et alors que le père Christian évoque parfois la survie d'Ange à son propre départ, nous sommes rassurés quant à la viabilité du groupe L'équipe actuelle est solide. Si les paroles tournent un peu en rond, privilégiant les thèmes de la jouissance en général, et du sexe en particulier, elles sont toujours brillantes et poétiques, truffées de jeux de mots et de doubles sens. Un disque éclectique et moderne, intéressant à plus d'un titre, tout en restant fidèle à la ligne de conduite du groupe.