Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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The Levellers

Zeitgeist

C'est en 1991 que nous découvrions les Levellers, à l'occasion de la sortie de leur deuxième elpee, "Levelling the Land". Un album qui laissait entrevoir un futur chargé de promesses. Mais c'est à l'issue de leur brillante prestation accordée au Martrock de Louvain que nous avons pu réaliser le bien fondé de cette impression favorable. Le 15 décembre prochain, le quintet se produira à Forest National. Une preuve flagrante de la notoriété acquise par le groupe sur la scène internationale. Côté vinylographie, les singles et les maxis se font cependant plus rares. Et leur dernier opus remonte déjà à deux ans. Un morceau de plastique qui nous avait d'ailleurs déçus. La sortie de "Zeitgeist" était donc une occasion unique pour l'ensemble de remettre les pendules à l'heure. Il n'y est parvenu qu'à moitié. Alternant le bon et le moins bon tout au long de l'œuvre. L'excellent même lorsque la formation sculpte ses mélodies dans le folk punk celtique. A l'instar de l'intro "Hope Street", du mélancolique "Saturday Sunday", du rageur "4AM" ou du percutant "Fantasy". Le décevant lorsqu'elle bride son tempérament naturel au profit de ballades insipides et mollassonnes telles que "Leave this town" ou "Maid of the river", compositions manifestement destinées au grand public dans le sens le plus péjoratif du terme. N'empêche ce "Zeitgeist" devrait définitivement propulser les Levellers dans ce monde des rock stars... si propice aux tentations les plus destructrices...

 

Litfiba

Spirito

Après sa trilogie destinée à mettre au ban des accusés, la puissance, la corruption et la violence ("Desaparecido", "17 Re" et "3"), un manifeste anti-réactionnaire de la culture rock italienne ("El Diablo") et un constat amer des événements qui ont marqué la fin de notre siècle ("Terremoto"), Litfiba nous revient avec des thèmes cruellement et réalistement visionnaires. Une œuvre qui, tout en continuant à allier un côté rock et un exotisme latin, en mêlant atmosphère démoniaque à la douceur et à l'intimité, laisse une plus grande place à la culture péninsulaire. On y retrouve bien sûr des compositions incisives et incendiaires comme "Lo Spettacolo" qui ouvre ce morceau de plastique. Mais aussi et surtout un éclectisme climatique capable de nous entraîner tantôt dans une danse napolitaine ("Tammùria"), un hybride de reggae et de ragtime ("Lacio Drom") ou une ballade prog rock lancinante, gémissante et torturée ("Animale di zona"), lorsqu'il ne se couvre pas d'accents épiques, filmiques, proches d'Adriano Celentano, comme sur le final "Suona Fratello"...

 

Lizard Music

Fashionably Lame

Steve Albini commis à la production, nous nous attendions à devoir affronter un trash metal intransigeant, un hardcore dévastateur ou un grunge tumultueux. Il n'en est heureusement rien, car les fibres de metal qui entrent dans la composition de ce "Fashionably Lame" sont parfaitement assimilées par le langage pop des mélodies. Un langage finalement très proche des Bats, JPS Experience, Verlaines et autres formations néo-zélandaises du label Flying Nun.  Caractérisé, par ces harmonies vocales beatlenesques, ces cordes de guitares tantôt ébréchées, grésillantes, tantôt semi acoustiques, et ces drums arides. Un langage pratiqué par Lizard Music sur la plupart des chansons. Ce qui ne l'empêche pas de s'aventurer dans la new wave syncopée, post Slits sur "Kill for a Sprinkle", de s'embarquer dans un paso doble avec le même aplomb que les Négresses Vertes sur "She's a very very fat fat weirdo" ou de ponctuer son tour d'horizon par le ‘ixiesque’"The Frugal Lam,". Un très chouette album pour cette nouvelle signature du label de Dave Allen/Luc Van Acker, World Domination !

 

Locust Fudge

Royal Flush

Duo circonstanciel constitué de Scheidner (Hip Young Things) et de Kriete (ex-Speedniggs, impliquée aujourd'hui chez Great Tuna), Locust Fudge nous vient du pays de la choucroute. De Beverungen, pour être plus précis. Une équipe qui s'était illustrée en 1993 par l'enregistrement du très prometteur "Slush". "Royal Flush" devrait donc, sauf erreur ou omission, constituer son deuxième opus. Un disque relativement expérimental, parfois même avant-gardiste. Tantôt minimaliste dans l'esprit de Chris Knox ou psychédélique, suivant une perspective tracée par Syd Barrett, il épanche des mélodies pop blêmes, languissantes, instillées de bandes passées à l'envers, épisodiquement imprégnées de rythmes tribaux, parcourues d'harmonies vocales sinusoïdales, laconiques et surtout infectées de savoureux accords de piano énigmatiques, vibrants. Comme sur ce superbe "Racing Horse"...

 

Lois Lane

Fireflight

Elles sont jolies, très jolies. Sexy, pulpeuses, etc. Néerlandaises. D'Amsterdam, très précisément. Deux sœurs qui comptent un peu plus d'une dizaine d'années de planches. Monique et Suzanne Klenmann. En 1990, elles avaient assuré le supporting act de Prince pour sa ‘Nude tour’. Un périple de plus de six semaines! Ce qui explique, sans doute pourquoi, Prince les porte toujours très haut dans son cœur. Faut dire que les deux filles ne dépareraient pas dans la galerie de top models (NDR : encore des propos machistes!) du mètre cinquante d'Indianapolis. Passée cette première et très voluptueuse impression, on doit rapidement se mettre à déchanter. Pas à cause du coup d'œil, bien entendu. Mais du contenu de cet elpee. D'abord, la soul funk ou le disco ne sont pas tellement de notre goût. Et puis, même ce "Tonight", plus Abba que nature, ne nous a pas davantage convaincus...

 

Lords of Acid

Voodoo - U

Ils avaient enregistré leur premier single "I sit on acid" en plein boom ‘new beat’ mi 89 ; puis décroché un hit grâce à "Take control", en 1991. Leur formule? Une sorte de techno acidifiée par le heavy trash et prostituée à la trance music. Un univers décadent où se mêlent drogues, sexualité, orgasme, perversité et subversion dans la plus totale anarchie. Jetez un coup d'œil sur la pochette! On se demande d'ailleurs ce que Luc Van Acker est venu faire dans une telle aventure. A moins qu'il ne s'agisse d'un vice de forme. Ou si vous préférez d'une forme de vice...

 

Launch

Back to abnormal

A premier abord, la musique de Launch rappelle la new-wave du début des eighties. U2 circa "Boy" pour le côté hymnique des mélodies et les guitares cinglantes. Simple Minds coloration "Real to real cacophony", à cause des claviers lancinants, hypnotiques. Bauhaus lorsque le climat s'assombrit, la basse menace (ça rime!) et le chant épouse des inflexions lugubres, presque sinistres (Peter Murphy). Mais l'expression est tellement riche qu'elle ne se contente pas de vampiriser le passé. D'osciller du rock à la pop avec une facilité déconcertante. D'égratigner la folk celtique (Waterboys), la musique ethnique (The Tea Party), la cold wave (Mission), le metal urbain (Stooges) et même la soul au goût Tamla Motown. Elle possède par exemple le même art contagieux du refrain courtisé par les Scabs. Et au sein de ce patchwork, deux compositions méritent un prix d'excellence, "No Control" et "You". Une bonne raison de croire que Launch n'est pas "Back to abnormal" mais regarde résolument vers le futur. Probablement un must!

 

Ziggy Marley

Free like we want 2 be

Ziggy Marley est donc le fils de Bob. Et les Melody Makers un échantillon très représentatif de sa famille. Le clan Marley a d'ailleurs décidé de réhabiliter le vétuste mais illustre studio jamaïcain ‘Tuff gong’, en l'équipant d'installations plus performantes. Malheureusement, il faut reconnaître que l'héritage du patriarche est bien lourd à porter par Ziggy et les siens. Si ses lyrics affichent encore une conscience sociale et politique attachée à la défense des droits de l'homme, son reggae semble déshydraté par la technologie moderne, étouffé par les excès de dub ou édulcoré par une pop aussi paresseuse que stérile. Seuls "In the flow" furtivement injecté de cuivres, le plus classique "Keep on" et le vivifiant, nonobstant son parfum Kid Creole & the Coconuts, "Power to move ya" s'alimentent encore aux ‘roots’. Mais trois titres sur un album, c'est un peu maigre!

 

MC 900 FT Jesus

One step ahead of the spider

Alors que ses deux albums précédents étaient essentiellement tapissés de samplings et de boîtes à rythmes, Mark Griffin a décidé de faire appel à de véritables musiciens pour enregistrer ce "One step ahead of the spider". Neuf en tout. Y compris Vernon Reid (Living Colour). Qui apporte cependant sa seule contribution à la cover de Curtis Mayfield, "Stare and stare". A la guitare, bien sûr. Grand admirateur de Miles Davies et de Herbie Hancock, Griffin exerce ses talents de trompettiste tout au long de cet opus. De claviériste et de flûtiste également. Une œuvre étrange, austère, qui réalise une fusion très subtile entre la technologie moderne et le jazz/funk/hip hop/ethno/industriel. En général sur un tempo lancinant, presque sinistre. Comme par exemple sur le fabuleux "New Moon". Plus de onze minutes au cours desquelles Mark récite son monologue macabre, sordide sur une musique énigmatiquement maladive, trempée dans les claviers décadents. Et rien que pour ce titre, "One step ahead of the spiders" mérite toute votre attention...

 

David McAlmont

McAlmont

Malgré plusieurs écoutes, cet album nous laisse toujours dans l'expectative. McAlmont tente ici de reconduire le mariage improbable entre la soul la plus noire, inspirée d'Otis Redding, de Marvin Gaye et des Stylistics et la noisy post Cocteau Twins la plus blanche. Expérience qu'il avait déjà tentée en compagnie de Saul chez le défunt Thieves. Dans l'expectative, parce que ce mariage nous semble artificiel. Et semble ne vouloir mettre en exergue que le vocal de David. Qui dispose d'une voix remarquable, il faut l'avouer. Androgyne, falsetto, capable de jongler avec les octaves. Une performance pour laquelle il livre toute son âme en épanchant des sentiments de douleur et de frustration. Mais une performance qui souffre cruellement de son support sonore bancal...

 

Meat Puppets

No joke

Valeur sûre de la scène yankee, Meat Puppets a toujours joué un rôle essentiel dans l'évolution de la musique pop/rock. Et des formations comme Nirvana, Soul Asylum ou Pearl Jam ont été manifestement marquées par sa vision hardcore du country & western, vision semblable à celle qu'Afghan Whigs réservait à la soul. Le trio de Phoenix ne s'est cependant jamais retourné pour voir le succès déclenché par ce mouvement. En plein ‘boom’ grunge, il cherchait déjà à explorer de nouveaux territoires sonores. Depuis deux ou trois albums, il inocule davantage de couleur et de profondeur dans sa construction mélodique. Davantage d'amplitude dans l'étude du style et au niveau des harmonies vocales semi-léthargiques, échangées entre les frères Kirkwood. Qui manifestement et fondamentalement demeurent "Meat Puppets", même si cet elpee aborde le cabaret, la pop indie, le popcore ou la ballade. Et en particulier cette sauvagerie spectrale et menaçante, fruit de la rencontre entre l'électricité croustillante et la fluidité acoustique. Excellent!

 

Mecca Normal

Sitting on snaps

Duo canadien, Mecca Normal sort de l'ordinaire. Quoi de plus normal ! D'abord, à cause de Jean Smith. De ses textes hostiles au capitalisme. Et puis surtout de son registre vocal incroyable, capable de passer du ricanement redoutable (Lydia Lunch?) jusqu'au murmure tendre et réconfortant (Mélanie), en passant par l'inflexion douloureuse (Patti Smith?). Et n'imaginez surtout pas que le reste s'écarte de la norme. De l'insolite. Surtout lorsque David Lester triture sa guitare, un peu à la manière d'un Howe Gelb. Pensez aux élucubrations électriques grinçantes, déstructurées pratiquées en 90 pour "Long Stem Rant". Sur "Crimson Dagnet", David s'offre même quelques riffs d'Heartbreaker du Led Zep. Ce qui n'empêche pas l'ensemble d'obéir à une certaine structure mélodique. Le plus souvent inspirée par la country. Un disque étrange, énigmatique, déconcertant, (mecc)a normal quoi!

 

Mad Season

Above

Né de la réunion circonstancielle entre Layne Staley (Alice In Chains), Mike Mc Cready (Pearl Jam), Barret Martin (Screaming Trees) et non pas Ginger, mais John Saunders Baker, Mad Season vient d'enregistrer un premier album. Un disque qui a reçu le concours du chanteur de Screaming Trees, Mark Lanegan ; mais seulement pour deux titres. Une œuvre qui alterne l'excellent et le dispensable... L'excellent lorsque la solution émarge au post grunge, éthéré par la voix androgyne de Layne. Et surtout sur deux fragments. Le blues sulfureux "Artificial Red" et le psychédélique floydien circa "More", "November hill". Mais le dispensable lorsqu'elle s'égare dans les courants atmosphériques prog rock balayés vingt ans plus tôt par des formations comme Kansas ou Kayak...

 

Magick Heads

Before we go under

Rien que la pochette vous donne une idée du climat qui règne tout au long de cet album. En couverture, un couple de pingouins aux yeux jaunes se tient les nageoires. Et l'intérieur du livret nous livre une splendide vue panoramique du port de Dunedin. Une imagerie romantique capturée par les treize fragments de ce "Before we go under", premier album de cet ensemble néo-zélandais. Groupe né de l'imagination fertile de Robert Scott, compositeur prolifique, qui non content de correspondre au tiers de Clean, dirige également la manœuvre chez Bats. Si l'enregistrement de cette œuvre a reçu le concours d'Alan Starett (Pop Art Toaster, Mink) et de David Kilgour (Clean), il peut surtout compter sur la présence de Jane Sinnott, chanteuse dont le timbre angélique, céleste, se marie à merveille avec celui de Robert. Et ces harmonies resplendissantes, remplissent les mélodies de quiétude et de magie esthétique...

 

The Maids Of Gravity

Maids Of Gravity

En mai dernier, ce trio californien basé à Londres nous avait mis l'eau à la bouche en nous livrant un premier et excellent mini elpee "Strange Channel". Issu des mêmes sessions d'enregistrement, le premier et véritable album de Maids of Gravity répond parfaitement à notre attente. Eponyme, il a donc également été produit par Matt Hyde (Porno for Pyros). Et dispense une même électricité blanche aux mélodies aussi savoureuses que rafraîchissantes, tout en présentant un éventail de parfums beaucoup plus large. Leather Nun, Wipers, Pixies, Smashing Pumpkins, Foo Fighters. Psychédélique également. Dans la progression des cordes de guitares. Mais surtout pour les harmonies vocales. Languissantes à l'instar du Floyd circa "More", sinusoïdales comme les Beatles de l'époque "Magical Mystery Tour". Voire ouatées, brumeuses dans l'esprit du Pale Saints originel ou de Medecine (NDR: normal lorsqu'on sait qu'en 1991, Ed Ruscha et Jim Putman sévissaient au sein de ce groupe). Un chouette album!

 

The Maids Of Gravity

Strange Channel

Mini album pour ce trio issu de LA émigré à Londres. Combo qui implique deux ex-musiciens de Medecine, Ed Russcha et Jim Putnam. Antécédents qui n'influent cependant guère sur ce "Strange Channel". Sauf peut-être sur le cinquième et dernier morceau du disque, "In other words"; composition cuivrée, languissante, graduelle. Le reste exsude plutôt un rock psychédélique à l'esthétisme vaporeux et aux lyrics ambigus. Produit par Matt Hyde (Porno For Pyros), "Strange Channel" est un avant-goût du futur CD de Maids Of Gravity dont la sortie est prévue pour la fin de cette année. Et comme les sessions d'enregistrement se sont révélées particulièrement fécondes, il devrait uniquement être composé de nouvelles chansons.

 

Malfunkshun

Return to Olympus

Fondé au tout début des eighties, Malfunkshun appartient au patrimoine rock de la scène de Seattle. Pourtant, sa discographie était réduite, à ce jour, à deux participations aux compilations "Deep six" et "Another pyrrhic victory" ; le trio yankee n'ayant jamais eu le temps, l'argent ou pris l'initiative d'enregistrer un véritable album. Andrew Wood, compositeur, bassiste, chanteur et surtout leader du groupe ira d'ailleurs rapidement rejoindre Stone Gossard et Jeff Ament, futurs Pearl Jam ainsi que Bruce Fairweather pour former Mother Love Bone. C'est d'ailleurs en 1989, à l'issue du décès d'Andrew, que le projet Pearl Jam prendra forme. Sony a donc voulu, à travers ce "Return to Olympus", rendre hommage à cet ensemble dont l'image était aussi extravagante que celle de Kiss ou des New York Dolls. L'image, mais également la musique, infectée de glam, de punk et de métal. Pas pour rien qu'on retrouve sur cet opus une cover de Ted Nugent, "Wang dang poontang". Une véritable réhabilitation pour ce Malfunkshun qui mérite assurément le statut de mythe à l'instar de Devo, Plasmatics, UK Subs ou DOA. Et en même temps un baume jeté sur le cœur de Regan Hagar, qui sévit aujourd'hui chez Satchel, ainsi que Kevin Wood, frangin d'Andrew, impliqué chez Devilhead, probablement très surpris de ce regain d'intérêt manifesté pour une histoire, qu'ils avaient presque oubliée...

 

Mercury Rev

See you on the other side

Exit David Baker, vocaliste au timbre incroyablement versatile, remercié poliment pour incompatibilité d'humeur avec les autres musiciens du groupe. Et pourtant, bien que réduit depuis peu à un quatuor, Mercury Rev nous revient déjà avec un troisième opus. Si les paysages sonores, nés de l'imagination créatrice de cet ensemble yankee sont toujours aussi complexes et surréalistes, ils semblent surtout, sur "See you on the other side", beaucoup plus fluides et intuitifs. Le voyage dans l'underground est beaucoup plus confortable. L'absence de règles passe totalement inaperçue. Pourtant, les perturbations spasmodiques et les tourbillons d'inquiétude sont toujours bien actifs. Simplement, ils font vibrer ce fil mélodique plutôt que de le maltraiter. Un fil mélodique dont l'élasticité fluctue au gré des chœurs angéliques, du piano staccato, du saxophone ‘coltranesque’ ou sinusoïdal, des orchestrations cartoonesques, de la flûte pastorale, du feedback âpre mais sensuel, de la basse flottante et du vocal blême de Jonathan Donahue. "See you on the other side?" Dans un Mercury Rev alors...

 

Metal Molly

Surgery for Zebra

Issu de Tremelo, pas très loin de la frontière belge, ce trio batave vient d'enregistrer son premier album. Un disque d'excellente facture, mais atteint par le même syndrome de pop baroque que dEUS. Normal, lorsqu'on sait que Staf Verbeek, proche collaborateur du combo anversois, produit cet opus. Baroque, surtout côté vocal. Des harmonies complexes, ondoyantes, sinueuses. Musicalement, ce "Surgery for Zebra" ruisselle d'électricité jaillissante, percutante (Helmet?), circonstanciellement fustigée par des accès de funk punk (Helmet !) et ultimement, pour un "Zebra" de plus de sept minutes, injecté d'intensité crazyhorsienne...

 

The Milk And Honey Band

Round the sun

Apparemment, cet ensemble nous viendrait de Grande Bretagne. C'est ce que nous laisse supposer les notes mentionnées sur la pochette de ce disque. Un album qui réunit des enregistrements réalisés entre 92 et 94, et sur lequel, Terry Bikers (ex-House of Love et aujourd'hui leader le Levitation) est venu, probablement, donner un petit coup de guitare. Sur deux titres. "Another perfect day" et "Light". Le son de sa râpe est tellement caractéristique. Et puis, Robert White, leader et compositeur du groupe, remercie la famille de Levitation... Deux titres, entre parenthèses remarquables, noisy dans le bon sens du terme, comme à la plus belle époque de "Christine"... Imprégné de minimalisme atmosphérique, le reste du CD baigne dans un certain climat cotonneux, velouté. Harmonies vocales cristallines, duveteuses comme chez Crosby Stills and Nash. Claviers obsessionnels à l'instar de Stereolab. Synthétisme glacé définition New Musik. Ether blême aux vertus Pale Saints voire Slowdive. Et même cordes de guitares acoustiques prog rock, comme à la plus belle époque du "Foxtrot" de Genesis. Une œuvre tout en lait et en miel.

 

Medecine

Her highness

Bien qu’issu de Los Angeles, Medecine s'est toujours illustré par la confection d'une musique très anglophile. Noisy. A la manière de celle dispensée par My Bloody Valentine, Slowdive ou Chapterhouse. Pour "Her highness", la formation n'a pas changé de fusil d'épaule. Simplement, son expression est devenue plus raffinée, plus sophistiquée. Ce qui peut paraître surprenant, lorsqu'on connaît la qualité technologique des disques précédents. Mais en plus, l'aspect mélodique a été davantage mis en évidence. A cause de l'écriture plus confessionnelle, plus visionnaire. Davantage concentrée sur les vocaux que se partagent Bill Thompson et Brad Laner sur un tapis de guitares ‘fuzzy’, écorchées, illuminé par le feedback grinçant, gémissant... Une pureté d'expression qui frôle la perfection de l'esthétisme glacé...