La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

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Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Lordz of Brooklyn

All in the family

Certains appellent cette musique trash hip hop blanc, d'autres du gangsta rap. Ne nous demandez pas d'opter pour l'une ou l'autre appellation. Incontrôlée, elle ne nous permet pas d'émettre une opinion objective sur un style apparemment au bout du rouleau. Lordz of Brooklyn sont des Italo-yankees qui épanchent, à travers leurs lyrics, des sujets douloureusement urbains. Abordant les problèmes qui gangrènent leurs rues. Le climat claustrophobe, démoniaque au sein duquel les enfants des ghettos doivent vivre. Les héros qu'ils fanatisent. Un cri de révolte proféré à la face du monde capitaliste, et en particulier celui des Américains...

 

Korn

Korn

Korn pratique un trash métal à la croisée des chemins de Suicidal Tendencies et d'Helmet. Ce qui doit probablement vous donner une petite idée des intentions affichées sur ce morceau de plastique. Rien de bien original, cependant; mais un groove très solide galvanisé par la conjugaison des guitares viscérales, rebelles de Welsh et de Munkey Munk, et abrasé par le vocal vindicatif, sulfureux de Jonathan Davies, dont le timbre semble coincé entre celui d'Eddie Vedder (Pear Jam) et de Weiland (Stone Temple Pilots).

 

Wayne Kramer

The Hard Stuff

Entre 1965 et 1972, Wayne Kramer a sévi au sein du mythique Motor City Five comme guitariste. Rôle qu'il disputait, ou partageait, avec feu Fred ‘Sonic’ Smith, disparu depuis quelques mois seulement. Disparition qui ampute la formation légendaire de son deuxième membre original, puisque Rob Tyner a succombé à une crise cardiaque en 1976... Wayne avait participé à l'enregistrement des trois premiers elpees. Une trilogie indispensable pour ce quintet issu de Detroit, dont le rock sauvage et dévastateur incitait à la révolte et à la guérilla urbaine. Depuis cette époque, on ne peut pas dire que les musiciens du groupe se soient particulièrement illustrés. Fred peut être. En épousant Patti Smith. Puis en la laissant veuve. Wayne davantage. Pas à cause de ses cinq années de détention pour deal de coke. Mais plutôt pour avoir côtoyé Johnny Thunders au sein de Gang War, participé à la reformation éclair des Deviants et transité par le Black Flag d'Henry Rollins. Ce qui explique sans doute pourquoi il est devenu une figure légendaire dans l'histoire du punk. Des artistes comme les Clash, Dead Boys, Ramones, et plus récemment Soundgarden, Bad Religion ou les Melvins se réclament de lui. Aussi un album de Kramer, même en solitaire, constitue un évènement. Surtout si le disque est de bonne facture. Ce qui est le cas. On y retrouve bien sur la griffe métallique urbaine de son MC5. Avec une production plus raffinée et des textes moins séditieux. Mais l'ensemble tient bien la route. Surtout lorsqu'il est jalonné de riffs dévastateurs, imprimé sur un tempo irrésistible, et bénéficie d'une flopée de collaborateurs huppés, parmi lesquels nous avons remarqué la présence de John Freeze (Suicidal Tendendies/ Vandals), des Melvins, de Brett Gurewitz (Bad Religion) et du bassiste James Jamerson Jr...

 

Chris Knox

Songs of you and me / One fell swoop

Revoici l'homme-orchestre néo-zélandais dans ses œuvres. Et suivant sa bonne habitude, il s'est montré particulièrement prolixe. Pensez donc, vingt et un titres en un peu plus de 70 minutes sur le même morceau de plastique! Pour la forme, il a même découpé ce disque en deux phases (pas en deux faces!), qu'il a intitulées "Hanging out for time to cure birth" et "A stranger's iron shore". Ce qui ne change rien au climat général qui règne sur cet opus. Inspiré par le psychédélisme de Tyrannosaurus Rex et de Syd Barrett, Chris tire parti au maximum du rayonnement minimaliste procuré par sa guitare électrifiée ou acoustique, un clavier douteux, un piano d'enfant, une boîte à rythmes capricieux, des bruitages, des collages et sa voix aigrelette, languissante, dont le timbre coincé quelque part entre Shane McGowan et Paul Roland nasille des lyrics mélancolico-humoristiques. Un Paul Roland auquel il emprunte également certaines intonations médiévales, lorsqu'il ne courtise la postcard de James comme sur ses meilleures chansons, "Belly up & grinning" et le single "One fell swoop"...

 

Knapsack

Silver sweepstakes

C'est en 1983 qu'Andy Prieboy prenait la relève de Stan Ridgway au sein du légendaire Wall Of Voodoo. Une aventure qui n'allait cependant pas lui laisser des souvenirs impérissables, puisque malgré sa vocation de compositeur prolifique et son timbre vocal vibrant, incrusté quelque part entre celui de Stan et de Peter Garrett (Midnight Oil), il ne parviendra jamais, ni  à faire oublier son illustre prédécesseur, ni à sauver le navire du naufrage. Andy a donc dû reprendre une carrière solo qu'il avait pourtant entamée en 1980, en commettant le déchirant " Upon my wicked son ".

" Sins of our fathers " constitue officiellement son deuxième album en solitaire. Un disque habillé d'une curieuse pochette. Quoique de circonstance ! Inspirée d'une fresque consacrée à la bataille de Waterloo. Dont les soldats ne brandissent plus des armes, mais des guitares. Sur cette œuvre, Prieboy se penche sur la face la plus cachée de la personnalité humaine. Dévoilant nos obsessions et dénonçant nos vues à court terme. Une analyse tumultueuse, sombre et fascinante, hantée par un piano suavement désaccordé. Treize titres au cours desquels il affronte poésie, tragédie, mélodie, sarcasme et même dérision  dans un langage sonore qui oscille du carnaval à l'opérette en passant par le music hall, l'histoire du rock'n'roll et le vaudeville. On a même droit à un pastiche impitoyable du célèbre " Bicycle " de Queen, rebaptisé pour la circonstance, " Psycho ex ". Avec chœurs, pompe et tout le saint tremblement… Un disque de bonne facture, intéressant, mais qui risque fort malheureusement de végéter dans le plus profond anonymat…

 

Kingmaker

In the best possible taste

Hormis les deux versions du titre maître ainsi que le bouleversant, remarquable "You and I will never see things eye to eye", le nouvel opus de Kingmaker nous a laissé sur notre faim. Pourtant, si toutes les compositions avaient été de la même veine que ces trois fragments, nous aurions sans aucun doute hérité d'un des albums de l'année. Ce qui n'est malheureusement pas le cas. Et la participation de Stephen Street à la production de cinq titres n'y change rien. Les chansons manquent cruellement de punch et se laissent souvent noyer sous un flux excessif de mélancolie. L'intensité électrique abrasive que dispensait le trio de Hull sur son premier album " Eat yourself whole" semble vidée de sa substance, et le recours trop systématique de la reverb pour la voix de Loz nous paraît peu judicieux. Parfois les chansons empruntent certains accents à Fisher Z ("Story of my life") voire à Dire Straits ("A feel like you") mais sans jamais parvenir à les transcender. Si Kingmaker estime avoir injecté son ‘best possible taste’ pour concocter ce morceau de plastique, il était alors en panne d'inspiration. Il nous doit en tous cas, une fameuse revanche!...

 

King Kurt

Poor man´s dream

Ces joyeux drilles papillonnent quelque part entre le psychobilly des Cramps, mais sans son climat sinistre, et le fun de Madness purgé de son ska. Ils ratissent même très large, puisque tout au long de ce disque, ils n'hésitent pas  à s'enivrer de country, de roots, de boogie et même de rhythm’n’blues. Fatalement, quelques coups de guitare se perdent au beau milieu du jeu de quilles, un peu comme lorsque Lucky Luke décide de faire quelques cartons (cartoons?) au milieu du saloon (salon?). C'est sans doute la raison pour laquelle notre héros de bande dessinée a pris l'habitude de fredonner ce célèbre ‘I'm poor man's dream... pardon... lonesome cowboy’...

 

King Crimson

Vroom

Depuis 1967, le Roi Cramoisi s'est toujours efforcé d'explorer de nouvelles textures, de nouvelles perspectives sonores. Or, il vient d'opérer, avec cet opus, un retour à ce qu'il avait exploré au début des eighties. Curieusement à l'époque de la sortie de "Discipline". Cause à effet entre le titre du CD et du label? A vous de juger! Une chose est sûre, la moitié de ce disque est envahi de rythmes ‘discotronics’ aux vertus Talking Heads et d'envolées atmosphériques inspirées par "Lark's tongues in Aspic". Evidemment on retrouve quatre des musiciens qui avaient alors participé à ces expérimentations. Fripp bien sûr. Mais également Tony Levin, Adrian Belew et Bill Bruford. On reconnaît d'ailleurs très bien cette structure instrumentale tout au long de ce "Vroom". Un exercice de style très subtil, cérébralement funk, qui même dans ses parties improvisées demeure d'une précision implacable. Quant à la deuxième partie de l'album, le groupe la consacre essentiellement à l'ambient typiquement crimsonienne. Uniquement pour convertis!

 

David Kilgour

Sugar Mouth

Deuxième album solo pour l'ex-guitariste de Clean, trio néo-zélandais considéré comme le principal responsable de l'explosion underground sur son archipel du Pacifique Sud. Une scène que répercute le tout aussi illustre label Flying Nun, à travers le monde, depuis quinze bonnes années. Tout comme chez Clean, David privilégie les mélodies pop aux accents instinctifs, comme chez Go Betweens, Triffids ou le Velvet Underground. Mais se coupe de l'univers obsessionnel ‘krautrock’ de Neu ou de Can. Les chansons post-adolescentes, mélancoliques, cousues de riffs de guitare acoustiquement effilés ou électriquement ébréchés, parsemées d'accords de piano vibrant, grondent avec violence, douceur ou magnétisme dans un gémissement vocal glacé. David y projette des images de ses îles antipodales, où le vent de sable balaie le passage montagneux et où les vagues sauvages s'écrasent avec une régularité redoutable sur les rochers déchiquetés...

 

Kepone

Ugly Dance

Album sans concession, tempétueux mais percutant pour ce trio issu du Maryland aux States. Conjuguant le rock sous ses formes les plus arides. Punk (Fugazi et Stranglers), funk blanc (Gang of Four et pourquoi pas Therapy?) et hardcore (Red Hot et Henry Rollins), pour être plus précis. Ce qui n'empêche pas les treize fragments de cet "Ugly Dance" de conserver une fibre mélodique. Une performance pour une expression qui privilégie les jaillissements d'électricité torturée, convulsive, les pulsations de basse menaçante, les drums impétueux, tout en se frottant au contact d'un vocal sulfureux, abrasif. Un groupe bien dans l'air du temps!

 

Keaton

Intravenous

Premier album pour cet ensemble liégeois, qui jusqu'à présent ne s'était illustré qu'à travers la confection de deux démos. Pour enregistrer "Intravenous", Keaton a pu bénéficier du concours de la section rythmique de Channel Zero. En l'occurrence Tino Dematino et Phil Baheux. Une collaboration assez active, par ailleurs. Ce qui explique sans doute pourquoi l'expression est dominée par une forme de hardcore sombre, presque claustrophobe inspiré par Helmet, Alice In Chains voire les Young Gods, le vocaliste poussant même épisodiquement son timbre vocal comme Franz Treichler. Dominée mais heureusement pas étouffée.  Notamment lorsque la mélodie se couvre d'accents semi-acoustiques, comme frappés du sceau Gira (Swans). Et en particulier sur l'excellent "Dysfunctional generator garden". Bien, mais peut beaucoup mieux. Suffirait sans doute d'alléger, d'épurer son style...

 

Kyuss

... and the circus leaves town

Cousin spirituel de Pearl Jam et de Soundgarden, Kyuss compte aujourd'hui quatre albums à son actif. Un groupe californien (Palm Desert) évidemment contaminé par le virus du grunge. Péniblement pachydermiques lorsqu'elles abusent de clichés seattlenesques, les mélodies peuvent se révéler envoûtantes dès qu'elles adoptent un ton plus languissant, plus atmosphérique. Comme sur le fiévreux "Phototropic", le presque curiste "Catamaran" voire l'aride, le stimulant (Therapy?) "One Inch Man", "... and the circus leaves town" cherche cependant, un peu trop systématiquement le Nirvana (!), ponctuant son exercice d'un ‘deepurplelien’ "Space ship landing" de plus de douze minutes avant de libérer un inévitable titre caché, dispensé après vingt bonnes minutes de compte à rebours silencieux.

 

Ed Kuepper

A king in the kindnessroom

Neuvième album pour cet auteur/compositeur/arrangeur/producteur/chanteur/guitariste aussi innovateur que prolifique. Si "Character Assassination" s'était révélé fondamentalement plus acoustique, "A king in the kindnessroom" consomme manifestement une plus grande intensité électrique. Enfin, suivant le concept prôné par Edmund. C'est à dire la guitare sèche à douze cordes amplifiée puis triturée par une série de pédales. Le résultat en devient même presque psychédélique sur l'intro "Confessions of a window cleaner" ou même surf (Spoutniks? Shadows?) lors du final "The diving board". Le CD recèle même un exercice de style exclusivement instrumental de plus de neuf minutes, mettant en exergue les talents de flûtiste/ saxophoniste de Louise Elliot et du drummer/ percussionniste Mark Dawson. Un peu dans l'esprit de "Lizard" du King Crimson.  Bref, un chouette disque qui épingle une cover alanguie du "Highway to hell" d'ACDC, le single "Pissed off" et trois autres compositions aussi épatantes. Mélodies irrésistibles, mystérieuses, que balaie le timbre vocal blême, nostalgique d'Ed Kuepper…

 

Lenny Kravitz

Circus

Pour Lenny Kravitz, le panthéon des dieux du rock est hanté par Hendrix, Sly Stone, George Clinton (rien à voir avec Bill!), Led Zep et Bob Marley. Et son véritable objectif, c'est un jour de figurer auprès de ses idoles dans l'encyclopédie du rock. Mais il est tellement obsédé par les seventies qu'il éprouve le besoin d'en épouser le mode de vie. Celui d'une star qui découvre des groupies dans les placards (ça rime!). Ses guitares, ses amplis et même le studio d'enregistrement embrassent toutes les caractéristiques techniques de cette époque. C'est la raison pour laquelle nous estimons que Lenny est probablement le meilleur revivaliste de notre époque ; un adaptateur, pas un véritable créateur. Ce qui ne l'empêche pas de commettre d'excellentes chansons qui peuplent inévitablement ce nouvel opus. Comme le hit en puissance qui ouvre le CD, "Rock 'n roll is dead", composition autobiographique à prendre au second degré. N'est-il d'ailleurs pas paradoxal de vilipender son propre comportement?

Enrichi d'un livret, incluant des poses artistiques de Kravitz dans le plus simple appareil, "Circus" alterne titres au groove crépitant, décapant, sensuel, transpirant même parfois le feeling d'un Red Hot ou de Prince, et slow sirupeux, à la limite du ‘crimsonien’ (mellotron oblige!) sur "God is love". Un disque ponctué par un fragment régénérateur (!), excitant, irrésistible, "The Resurrection"...

 

Michael Jackson

History, Present and Future Book I

Fermez les yeux, bouchez-vous les oreilles et pincez-vous le nez, car le Michael Jackson nouveau est arrivé. Un box de deux CD. Le premier consacré aux quinze plus gros tubes de son histoire. Le second épinglant autant de nouvelles compositions dont le massacre de "Come together". En lui revendant les droits d'auteur, McCartney, Harrison, Starkey et Ono n'imaginaient sans doute pas le funeste destin réservé à leur patrimoine. Un coffret enrichi d'une brochure abondamment illustrée, véritable témoignage de la mégalomanie de Michael. Photographies à l'appui. Tantôt en compagnie d'Elisabeth Taylor, de Jacqueline Kennedy, de Bill Clinton, de Jimmy Carter, de Ronald Reagan, de McCartney, de Mick Jagger, de Spielberg et de bien d'autres. Manque plus que le pape! Et puis des instantanés de ses vidéos. Un domaine où il excelle, il faut le reconnaître. Chorégraphe moderne il est sans doute un des premiers à avoir conçu ses clips comme de véritables films. Avec une réussite qui lui a valu de multiples ‘Awards’. Et à ce titre, cette star méritait sans doute ces quelques lignes, d'autant plus qu'une cassette vidéo de ses onze meilleurs clips vient de paraître en même temps...

 

Junkhouse

Birthday boy

Pratiquement inconnus sur le Vieux Continent, ces Canadiens jouissent d'un certain crédit, et même d'un crédit certain, au pays des grands lacs. Des vétérans de la scène d'Hamilton. Mais aussi et surtout des potes à Daniel Lanois. Il leur a d'ailleurs permis de rencontrer le célèbre producteur Malcoln Burn (John Mellecamp, Bob Dylan, Aaron Neville, Iggy Pop), qui ne s'est pourtant pas contenté de la mise en forme de ce "Birthday boy", assumant la plupart des parties de piano. Avec brio. Notamment sur deux des plus belles chansons de l'elpee. Les plus intimistes aussi. "Drink". Et puis "Burned out car", rehaussé par le concours de Sarah McLachlan au chant. Le reste macère dans un véritable chaudron de sonorités blanches en fusion. Oscillant de l'urban rock (Leather Nun, Thee Hypnotics) au boogie swampifié (Tony Joe White) en passant par le psychédélisme (13th Floor Elevators) et le rock océanique (Ed Kuepper, INXS). Une intensité électrique savoureuse, vivifiante marbrée par le baryton profond de Tom Wilson, dont le timbre rappelle tantôt Michaël Gira, Jonas Almqvist ou même Kevin Ayers. Superbe!

 

Junkfish

Statique

Mini elpee six titres pour cet ensemble issu du Nord du pays. Une formation dont l'existence remonte déjà à 1990 et qui se particularise par l'absence de bassiste. Depuis 1993, il est vrai. Palliant cette carence par l'électronique et les samples. Ce qui peut sembler très étonnant pour un groupe qui émarge au trash funk metal à caractère post industriel. Junkfish s'en tire pourtant très bien tout au long de ce "Statique", parvenant à décrisper la tension hardcore, héritée d'Helmet, de Rage Against the Machine, de Red Hot et consorts pour la rendre plus efficace, plus atmosphérique, plus hybride, plus insidieuse à l'instar des Young Gods...

 

Joy Division

Permanent

Écrit par

Fondé en 1976 à Macclesfield, près de Manchester, sous le nom de Warsaw, et rebaptisé fin de la même année en Joy Division, ce groupe constitue un des deux pôles du mouvement cold qui a marqué les Iles Britanniques, fin des seventies, début des eighties. L'autre, étant attribué à Cure, faut-il le rappeler. Il faut cependant se replacer dans le contexte de l'époque pour bien comprendre ce phénomène. Comme tant de villes anglaises en proie à la récession économique, Manchester est peuplée d'usines désaffectées, de chômeurs et d'alcooliques invétérés. Une certaine idée de l'angoisse que Joy Division véhicule dans un état d'esprit noir et sordide. Et le ton de sa musique en devient maussade, désespéré, amer ; la voix de Ian Curtis se frayant un passage à travers ce déluge de sonorités à la fois lugubres et fascinantes. Curtis est tellement imprégné de ses convictions que le 18 mai 1980 il se pend dans sa cuisine, peu avant la sortie du deuxième elpee, "Closer". Cet acte extrême sonnera le glas de l'existence de ce groupe qui deviendra cependant mythique à travers sa discographie. Deux albums studio, de multiples Eps, des "live", des bootlegs, Peel sessions et compilations. "Permanent" constituant probablement le best of de ces recueils. Car même s'il y manque "Decades", ce recueil aligne les classiques du groupe: "Love will tear us apart", "Transmission", "She's lost control", "Atmosphere", etc.

 

Quincy Jones

Q´S Jook Joint

Pour enregistrer ce "Q'S jook joint", Quincy Jones a reçu le concours d'une pléiade de collaborateurs. Plus de quatre-vingt. Entre autres Barry White, Coolio, Gloria Estefan, Phil Collins, Stevie Wonder, Babyface, Naomi Campbell et Bono. Et puis surtout Ray Charles, Toots Thielemans et Herbie Hancock. Car c'est essentiellement dans le domaine du jazz que l'artiste tire son épingle du jeu. Toutes les formes de jazz. Hors de ce contexte, nonobstant la liste prestigieuse des invités ainsi que la production hyper léchée, il se disperse dans la soul lascive, le funk pop sclérosé, le rhythm’n’blues édulcoré voire le disco. En tirant dans toutes les directions Quincy risque fort de manquer sa cible...

 

Jethro Tull

Roots to branches

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Depuis la fin des seventies, on ne peut pas dire que le Tull se soit montré particulièrement brillant. Honnête dans sa phase acoustique, mal à l'aise dans sa volonté de maintenir un certain cap prog rock, il est même devenu franchement médiocre lorsqu'il s’est prostitué au heavy metal. Nous pensions même que cette incartade allait définitivement achever le groupe de Blackpool. Enfin, nous le craignions. Car, Ian Anderson possède suffisamment de talent et d'obstination pour revenir dans le parcours. Et il vient aujourd'hui de le prouver sur "Roots to branches". Une œuvre qui aurait pu, vingt ans plus tôt, figurer parmi les meilleurs elpees de la décennie. Aux côtés d'"Aqualung", de "Thick as a brick" ou de "Stand up". A la lecture de ces quelques mots, toute la génération de soixante-huitards risque fort de s'enflammer; et elle a tout à fait raison. Sans vouloir manifester la moindre allusion péjorative, croyez-le sincèrement. Complètement à contre-courant de la scène musicale contemporaine, ce disque ambitieux met inévitablement en valeur le talent des différents instrumentistes. De Martin Barre, incroyablement sobre pour la circonstance (NDR: il bonifie avec le temps, comme le vin!), du claviériste Andrew Giddings, et puis surtout de Ian Anderson. Aussi bien au chant, aux flûtes, qu'à la guitare acoustique. Un elpee qui a bénéficié du concours d'une pléiade de musiciens classiques ; sans doute la même équipe qui avait participé à l'accouchement de "Divinities". Onze fragments qui oscillent du jazz/blues au rock, en passant par l'exotisme, la folk celtique, la musique slave, filmique, symphonique et bien sûr progressive...

 

Jet Black Joe

Fuzz

Fondé en 1992, cet ensemble islandais en est déjà à son troisième album. Mais ne nous demandez pas le moindre avis sur ses deux premiers elpees, puisqu'ils n'ont bénéficié que d'une distribution très confidentielle. "Fuzz" trahit une charpente fondamentalement rock.  Urban rock même. A l'instar du premier titre du morceau de plastique, "Motor Maniac".  Criblé, de riffs de guitare saignants, stoogiens, fouetté par les agressions de basse caoutchoutée, viscérale et imprimé sur un tempo sauvage, excitant. Une formule qui rejaillit ponctuellement tout au long de l'œuvre. Même si au fil du sillon, Jet Black Joe parvient à révéler les multiples facettes de son talent. Tantôt glamour sur la cover des Kinks "Wicked Anna Bella", pastoral sur "Higher and higher", spectral sur "Metal Maniac", post punk ou ‘doorsien’ en d'autres circonstances avant d'embrasser, fin de parcours, une pop revisitée par le prog rock des seventies (Jethro Tull ?), le synthétisme glacé de The The ou l'insouciance juvénile, presque caricaturale d'un Bonzo Dog Band. Comme quoi la scène islandaise ne se limite pas à Björk et à ses ex-Sugarcubes !