Un clip corrosif pour Ministry

Il va sans dire que Ministry n’a jamais été un grand fan de « Hair Mussolini », surtout maintenant qu’il bombarde le peuple américain presque quotidiennement avec des inepties générées par l’IA et destinées à se mettre en avant. Al Jourgensen et ses acolytes…

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Rashidi Noah

Ama, la sincérité à nu sur son second album AMA

L'auteure-compositrice-interprète britannique Ama a sorti courant juin son deuxième album, AMA. Successeur de I Came Home Late (2023), ce nouveau projet marque un tournant dans le parcours de l’artiste. Plus intime, plus épuré et plus direct, AMA recentre son…

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The Sound Of Explosion

Teen Trash Vol 14

The Sound Of Explosion ne se traduit pas en vocabulaire compilateur mais en langage sixties de nature hellène (NDR : qui a parlé de garçons ?). Concrètement ce quartet de nationalité grecque pratique un garage revivaliste, réminiscent de Question Mark & The Mysterians et de Sam The Sham & The Pharaohs. Une musique excitante, sulfureuse, délicieusement rognée de claviers poussiéreux et imprimée sur un tempo allègre. Si vous êtes un collectionneur des volumes "Pebbles", nous ne pouvons que vous recommander ce "Teen Trash"...

 

Soul Asylum

Insomniac´s Dream

Si à l'origine cet ensemble yankee partageait les mêmes desseins punkcore que Replacements et Hüsker Dü, il faut reconnaître qu'aujourd'hui son style n'a plus grand chose à voir avec celui de ses condisciples. Pensez donc, Nirvana et Pearl Jam ont longtemps considéré Soul Asylum comme guide spirituel. Ce qui explique sans doute pourquoi celui-ci a bénéficié de l'avènement du grunge pour se faire une place au soleil. Sinon comment expliquer que "Grave Dancers Union" se vende à plus de deux millions d'exemplaires, alors que son expression flirtait davantage avec la pop que le métal. Le single "Runaway Train" en est la plus belle illustration. Un hit que l'on retrouve sur ce mini CD ‘live’ destiné au grand public. Un morceau de plastique constitué de six titres, dont deux ont été enregistrés en version acoustique à New York et quatre au Texas, sous une forme légèrement électrifiée. Agréable, mais pas de quoi provoquer des "Insomniac's Dream".

 

Dominic Sonic

Les Leurres

Retour à la case départ pour Dominic Sonic qui vient d'enregistrer "Les Leurres" dans l'esprit de son premier elpee, "Cold Tears". Des compositions farouchement électriques ou délicatement acoustiques qui baignent dans un climat tantôt orageux, cynique, mélancolique ou épileptique. Retour aux sources, puisque le Rennais assure pratiquement toutes les parties instrumentales, ne concédant que quelques accès de violon à Blaine Reininger et les percussions à Philippe Kirby (Yargo) ainsi qu'à Franck Mikaëls (avec un k et un s comme dans Khmers pas un c et un h comme dans chloroforme). Si l'Anglo-saxon a pratiquement disparu de son vocabulaire, c'est pour pouvoir se concentrer davantage sur l'aspect poétique, littéraire de ses nouvelles. Des textes qu'il épanche avec virulence et passion, un peu à la manière de Bashung. Un album bourré de contrastes arides, agressifs, obéissant à un tempo le plus souvent stoogien, découpé dans les cordes de guitare tranchantes, effilées, slide, et flagellé par la voix nasillarde, âcre de Dominic. Des leurres qui n'en sont pas!

 

Sonetic Vet

Peer

Constitué de trois kids et d'une fille, ce quartet amstellodamois cherche le compromis idéal entre le popcore de Throwing Muses, voire de Jale et la new wave de Pollen ou de Park. Dans ces conditions, pas difficile d'imaginer le rôle central joué par la vocaliste Liesbeth. De sa voix fragile, fracturée, elle tisse un fil mélodique sous tension électrique convulsive, presque noisy...

 

Shed Seven

Change Giver

Aux Iles Britanniques, le premier album de ce quartet insulaire doit supporter une foultitude de comparaisons avec "Definitely Maybe" d'Oasis. Certaines mauvaises langues n'ont d'ailleurs pas hésité à taxer Shed Seven, d'Oasis Jr. Pourtant, hormis la jeunesse, l'ambition, l'érotomanie, l'impertinence, voire l'arrogance, la formation de York (un patelin situé dans le Nord de l'Angleterre) ne concède qu'un seul point commun avec la bande aux frères Gallagher : une admiration sans bornes pour les Stone Roses. Car il existe une différence fondamentale entre les deux groupes. Oasis cherche le compromis idéal entre les Beatles et les Sex Pistols, tandis que Shed Seven butine la pop post adolescente chère à Blur, à Wonderstuff et aux Smiths, en l'aiguillonnant de new wave circa Bunnymen, Sad lovers & Giants ou Snake Corps. Et si vous avez malheureusement focalisé votre attention sur la nature du single "Mark", faites abstraction de cette impression première ; "Change Giver" offre un éventail de compositions acérées, excitantes, spasmodiques, fougueuses autrement audacieux. Superbe !

 

David Shea

Prisoner

Petit protégé de John Zorn, David Shea vient de rendre un hommage à la quintessence des séries télévisées diffusées aux cours des sixties. Entre autres, "Les agents très spéciaux", "Le fugitif" et surtout le "Prisonnier". Un prisonnier qui donne le nom à cet album. Structuré en sept mouvements, à la manière d'une symphonie moderne, il a bénéficié du concours de toute la crème de l'avant-garde new-yorkaise, en l'occurrence Marc Ribot, Anthony Coleman, Zeena Parkins, Sebastian Steinberg, Jim Pugliese, etc... Inutile de dire que cette œuvre reste prisonnière de ses propres expérimentations. Bonjour chez vous!

 

Sharkboy

Matinee

Premier album pour cet ensemble insulaire (Brighton) qui relève du même label que Suede. Et pour un coup d'essai, il faut admettre que Sharkboy vient de réaliser un coup de maître. Bien sûr, "Matinee" n'est pas d'un abord facile. Ajoutons même qu'il est plutôt complexe. Il nous a d'ailleurs fallu plusieurs écoutes avant de pouvoir l'assimiler. Mais au fil du sillon la musique devient de plus en plus fascinante, envoûtante même, nous replongeant dans les explorations étranges, lyriques d'Hugo Largo et de Tim Buckley. Encore que l'éventail instrumental nous fait plutôt penser à Tindersticks. Surtout à cause de ce violoncelle spectral, de cette trompette glaciale, et puis de cette langueur vulnérable, sensuelle qui s'entortille autour du fil mélodique. Un fil mélodique constitué de cordes de guitares déchiquetées, ‘slide’, de drums tantôt brossés, tantôt tribaux et d'une ligne de piano minimaliste, qui autorise la voix féminine, sensuelle d'Avi de chuchoter, avec mystère et désir, des conflits émotionnels, traumatiques, passionnels, à la manière de la déesse de la lune, feu Nico... Epatant!

The Shamen

Different Drum

Le seul intérêt de ce "Different Drum" procède de la présence des cinq hits de ce groupe de techno, dans leur version originale. Soit "LSI", "Ebeneezer Good", "Coming On Stray", "Boss Drum" et "Phorever People". Pour le reste, ce CD est encombré de remixes aussi pénibles les uns que les autres. Paraît même que certains d'entre eux n'auraient jamais été, jusqu'à preuve du contraire, immortalisés sur CD. Qu'ils reposent donc en paix. (Sh)amen !

 

Shadow Project

In tuned out

Lorsque Rozz Williams quitte Christian Death en 1987, Valor décide de reprendre en mains la destinée de la formation californienne. Valor et Williams étaient devenus des ennemis intimes, et leur collaboration devenait de plus en plus difficile, pour ne pas dire houleuse. Mais cette coopération était indispensable à l'équilibre du groupe. Ce qui inévitablement plongera le futur des deux antagonistes dans la plus parfaite confusion. Les cendres de Christian Death finiront même par s'éparpiller dans les profondeurs de l'oubli dès 1990. Quant à Rozz, tant ses expérimentations individuelles –faites de collages et d'incantations mystiques pas toujours du meilleur goût– et son aventure au sein de Shadow Project ne soulèveront guère l'enthousiasme. Une bonne raison pour refermer le chapitre de la musique gothique californienne. Et bien non. Puisque Rozz continue de s'accrocher à son Shadow Project. Et, il faut reconnaître que cet album live ne lui donne pas tout à fait tort. Mieux encore, malgré la production plus que bâclée de Mark Linett (Jane's Addiction), ce disque renoue avec le style oppressif, ombrageux, farouche de Christian Death. Celui de "Death wish" et de "Ashes" pour être plus précis. Une œuvre qui inclut deux covers particulièrement réussies. Une de Bowie ("Panic in Detroit") et un autre, présentée sous une forme de medley, d'Alice Cooper (" Killer/Babies "). Bref un projet qui pourrait enfin sortir de l'ombre...

 

Senser

Stacked Up

Bien que récoltant un gros succès aux Iles Britanniques, Senser n'en est qu'à son premier album. En fait, la formation s'est surtout illustrée sur les planches ; et puis à travers une flopée de singles, parmi lesquels "Age Of Panic", "The Key", "Switch" et "Eject" se retrouvent sur "Stacked Up". Un opus bien dans l'air du temps qui explore un funk-rap-techno-metal sauvage, sale, féroce et viscéral. A premier abord, on pense à Rage Against The Machine, Red Hot, voire à Stereo MC'S. Mais une écoute plus attentive permet d'y déceler des nuances beaucoup plus insulaires. Réminiscentes de Pop Will Eat Itself et de Carter USM. Ce qui semble normal lorsqu'on sait que le septuor colporte des lyrics hostiles au thatchérisme, au totalitarisme et à la xénophobie. Mais déconcertant lorsque l'agit pop s'élève instinctivement dans l'éther obsessionnel, vertigineux de Gong. Encore que la formation londonienne ait régulièrement ouvert les concerts d'Ozric Tentacles au cours de l'année dernière…

 

Sense Field

Sense Field

Difficile de ne pas succomber au timbre vocal du chanteur de ce groupe californien. Un timbre qui campe un savoureux hybride entre celui de Ray Thomas (Moody Blues) et de George Michael (NDR : l'allergie exercée par la musique de ce playboy ne nous empêche pas de lui reconnaître d'excellente capacités vocales). Mais une voix qui domine presque constamment l'expression instrumentale. Ce qui oblige l'auditeur à faire preuve d'un gros effort de concentration pour bien décrypter la musique. Un style dont l'électricité opulente, subtile et hyper mélodique dispensée tout au long de cet opus éponyme, concède une intensité comparable au dernier album de Tragically Hip, "Day For Night". Mais Sense Field dispose d'un chanteur d'une toute autre trempe. Et là est toute la différence...

 

Seguridad Social

Furia Latina

La scène rock ibérique est en ébullition. Et pourtant, depuis Duncan Dhu et Ultima De La Fila, il n'y a plus guère de formations qui parviennent à s'imposer hors de leur péninsule. Le recours à la langue de Cervantès y est peut-être pour quelque chose. Mais nous avons également l'impression que la jeunesse espagnole vit ce phénomène en autarcie. Il arrive, cependant, que l'un ou l'autre combo sorte de sa coquille. Le temps d'une tournée ou d'un concert. Et puis s'en retourne chez lui le plus rapidement possible, question de ne pas galvauder la moindre miette de crédit. A raison peut-être, puisque cette scène semble se suffire à elle-même. Seguridad Social (ne rigolez pas, c'est authentique) fait un peu bande à part en multipliant les périples à travers le monde. Normal, puisque si le combo s'est forgé une réputation d'enfer au pays de la paella, il est composé de Chicanos et établi en Californie. "Furia Latina" constitue son dernier album, un disque qui courtise un peu tous les styles musicaux. Depuis le reggae au punk, en passant par la rumba, le blues, la pop, le rap, le flamenco, le rock et bien d'autres choses. On y rencontre même une version dub de "Wish You Were Here" du Floyd plutôt insolite. Encore qu'elle soit interprétée dans la langue de Shakespeare. Un style éclectique dont les caractéristiques correspondent essentiellement à la sensibilité latine...

 

Sigmund Und Sein Freund

Gasp

Malgré cinq albums, cette formation flandrienne (Meulebeke) continue désespérément de s'accrocher à son hardcore post-industriel, neurologique et impénétrable. Un entêtement qui frise même le ridicule lorsque la vocaliste essaie de pasticher le timbre vocal de Franz Treicher des Young Gods. Et ce n'est pas la maigre éclaircie manifestée sous la forme d'une interprétation au piano de "Heaven Stood Still" de Willy Deville, qui vous préservera de la migraine. Vite, une aspirine!

 

Shudder To Think

Pony Express Record

Imaginez un climat crimsonien circa "Lark's tongue in aspic" adapté au monde contemporain. Filtrez le successivement dans le métal de Led Zeppelin, l'arythmie de Per Ubu, la mélancolie de Cave, l'arrogance de Jane's Addiction et le post grunge de Smashing Pumpkins. A notre humble avis, vous ne devez plus être très loin de la solution Shudder To Think. Il n'y manque plus que le vocal clair, androgyne, perçant (Tim Buckley?) de Craig Wedren, souligné d'harmonies vocales limpides, fruitées, et vous pouvez commencer à aborder l'écoute de ce "Pony Express Record". Un disque qui nécessite plusieurs écoutes pour véritablement s'apprécier. A cause de la richesse des compositions. Et du fil mélodique auquel il faut constamment s'accrocher pour ne pas perdre pied. Un opus constitué de treize fragments tantôt foudroyants, épileptiques, intimistes, palpitants, turbulents ou tendres, qui vous entraîne dans un univers excentrique, imprévisible et au bout du compte envoûtant. Progcore!

 

The Screamin´ Cheetah Wheelies

The Screamin´ Cheetah Wheelies

Ensemble texan (Nashville), The Screamin' Cheetah Wheelies s'inspire ouvertement de l'ancien testament du rock. En particulier de Van Morrison, Little Feat, Traffic ou autres Allman Brothers Band. Même le timbre vocal écorché, ravagé de Mike Farris campe un métissage entre celui de Steve Winwood et Kevin Coyne. Un style qui malgré les malencontreux dérapages dans le hard rock risque fort de plaire aux nostalgiques de la soul et du blues, tant le niveau de virtuosité des musiciens est relevé. Maintenant, ne cherchez pas trop une quelconque implication dans un mouvement de blues progressif, The Screamin' Cheetah Wheelies incarne un modèle presque parfait de groupe revivaliste...

 

Scorn

Evanescence

Depuis que Justin Broadwick s'en est allé fonder Godflesh, Scorn se résume aujourd'hui au seul tandem Michael Harris et Nick Bullen. Difficile à croire que ces musiciens aient pu un jour tremper dans le ‘death metal’ au sein de Napalm Death, lorsqu'on écoute leur troisième opus. Un disque avant-gardiste qui combine la complexité électronique et les rythmes sauvages dans une perspective individuelle... "Evanescence" reflète en tous cas parfaitement le climat qui règne sur cette œuvre, suggérant une forme d'amnésie qui glisse dans l'obscurité, un peu comme une ombre qui s'évanouit ou s'efface progressivement. AR Kane, My Bloody Valentine, Main, Eno constituent autant de points de référence pour cette forme de ‘metal ambient’ aux pulsations radioactives, hypnotiques, dub reggae et aux cordes de guitares brumeuses, spectrales et glaciales...

 

The Scabs

Live dog

A force de le répéter, vous finirez par nous croire. Sur les planches, les Scabs sont au sommet de leur art. Nous avions eu la chance de les applaudir en août 93, lors de leur set exécuté au Martrock de Louvain. Un concert mémorable immortalisé sur ce " Live dog ". Un double CD. Une face électrique. Ponctuée de deux covers de Neil Young. " Rockin' in the free world " et " Like a hurricane ". Une acoustique. Presque countrysante. Pourtant, une question nous turlupine l'esprit. Par quel subterfuge un concert d'une grosse heure peut-il accoucher d'une bande sonore de cent-dix minutes ? Mystère et boule de gomme !

 

Kim Salmon

Sin Factory

Kim Salmon, c'est avant tout le leader du défunt Scientists, ensemble mythique australien né en 1978 qui a directement influencé des artistes contemporains tels que Henry Rollins et Mudhoney. Il n'est d'ailleurs pas rare que ces derniers interprètent l'une ou l'autre cover de leur groupe fétiche sur les planches. Lorsque Salmon a recruté ses Surrealists, en 1987, il sévissait encore chez Beast Of Bourbon. Mais il faut croire que ce breuvage sonore ne le désaltérait plus tellement, puisqu'il a finalement vidé les lieux en entraînant avec lui le batteur Tony Pola. Quatrième opus de KS&TS, "Sin Factory" épanche une énergie beaucoup plus insidieuse, plus pernicieuse. Il subsiste, bien sûr, toujours un zeste de psychédélisme, mais l'ensemble des compositions est davantage dominé par une sorte de combinaison improbable de post punk menaçant (Stooges), de blues désarticulé (Nick Cave) et de blues rock sixtiesant (Jimi Hendrix, Cream), un style enfiévré, venimeux, que vivifie la voix lancinante, sombre, beefheartienne de Kim. Tout à fait surréaliste!

 

Salad

Single Bar

"Single Bar" n'est pas exactement le premier album de Salad, mais une compilation qui repique les trois premiers maxis du groupe dans leur intégralité. Soit "Kent" (juin 1993), "Minished Clothe" (novembre 93) et "On a Leash" (août 94). Onze fragments de popcore dont les principales variétés appartiennent à la famille de Throwing Muses, des Breeders, de Veruca Salt et même des Sugarcubes. Onze feuilles sonores assaisonnées de cordes de guitare acérées, grésillantes, fluctuantes, de claviers insidieux, fatiguées par la section rythmique spasmodique, menaçante et arrosée par le timbre vocal nerveux, volatil, passionnel (deux cuillers de Chrissye Hynde et une de Blondie) de l'ex-top model, ex-présentatrice d'MTV et native d'Amsterdam (Batavia?) Marijine Van Der Vlught... Salad ? Fraîche, croustillante, croquante et savoureuse !

 

Ryuichi Sakamoto

Sweet Revenge

Artiste aux talents multiples, compositeur boulimique, Ryuichi Sakamoto est probablement un des rares musiciens du pays du soleil levant à s'être imposé sur la scène musicale rock contemporaine. Ses plus grands succès, il les doit cependant à la confection de bandes sonores cinématographiques : "Merry Christmas Mr Lawrence", "Le dernier empereur", "The Sheltering Sky", "High Heels", "Little Buddha", et la liste n'est pas exhaustive. Curieusement, hormis l'un ou l'autre single, son approche fondamentalement rock n'a jamais reçu le même écho. Pourtant, à ses débuts, en compagnie de Yukihiro Takahashi et de Hamoni Hosono, il a réalisé pour Yellow Magic Orchestra des expérimentations synthé/pop particulièrement innovatrices. Depuis 83, Sakamoto semble plutôt rechercher son inspiration à travers de multiples collaborations. Thomas Dolby, Iggy Pop, David Bowie et David Sylvian constituant à cet égard, les points d'orgue. Pour enregistrer "Sweet Revenge", il a reçu le concours de multiples invités : Roddy Frame (Aztec Camera), Holly Johnson (ex Franky Goes To Hollywood), Adrian Belew, ses anciens comparses du Yellow Magic Orchestra et d'autres encore. Malheureusement, la présence de tout ce beau monde semble plutôt faire tapisserie. Pire, les quatorze compositions filtrées tantôt dans la dub, l'ambient, l'industriel, le minimalisme, la techno ou la pop ont une fâcheuse tendance à épouser un profil pour night clubs très select.

 

Saint Etienne

Tiger Bay

Saint-Etienne incarnerait-il l'idéal pop des nineties ? C'est en tous cas ce que bon nombre de magazines spécialisés tentent de nous faire croire. Nous on veut bien. Mais si "Foxbase alpha" en 91 et "So tough" en 93 nous avaient presque convaincus, "Tiger bay" nous a confortés dans notre réserve. Pourtant, cet opus ne manque pas de qualités. Cinématique, mélancolique, il libère un electro bubblegum scintillant, ‘glamour’, sensualisé par la voix androgyne de Sarah Cracknell. Mais ces manipulations synthétiques reflètent une telle image glacée, uniforme que nous ne parvenons toujours pas à nous en délecter. Enfin, si cette solution, née de l'imagination de Wiggs et de Stanley, représente la face la plus brillante de la pop britannique, il est à craindre (ou à espérer) que d'ici peu nous allons revivre une nouvelle explosion punk...