L’errance de Russ Tolman

Russ Tolman a annoncé la sortie de son nouvel album le 18 septembre 2026 (vinyle/CD), lequel est déjà disponible en version numérique (Flatiron Recordings). En attendant, il a partagé le single « Streets Of Denim ». Russ Tolman est un…

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Un second album live pour Tropical Fu*k Storm

Tropical Fu*k Storm revisite le concept de son dernier elpee, sur l’album live « Inflatable Graveyard Vol. 2 » (disponible le 16 octobre chez Fire Records). Parallèlement à la sortie de ce disque, le groupe assurera la programmation en tant qu’invité du…

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Pigface

Notes from the underground

Fondé à l'initiative de l'ex-drummer de PIL, Martin Atkins, Pigface incarne le modèle parfait du groupe à géométrie variable. Pensez-donc, depuis sa formation, il a consommé une pléiade de musiciens différents, parmi lesquels ont trempé, pour les plus illustres, Black Francis, Trent Reznor (Nine Inch Nails), Steve Albini, Chris Connely (Revco) et le chanteur de Jesus Lizard, David Yow. Pour la confection de "Notes from the underground", il a fait appel, entre autres, à Jello Biafra, Lesley Rankine (Silverfish), Genesis P Orridge (Psychic TV), Michaël Gira (Swans), Flea Jim Marcus (Red Hot), Nivek Ogre (Skinny Puppies) ainsi qu'à Paul Ferguson et Alex Patterson de The Orb. Une réunion au sommet du hardcore post industriel qui ne respecte aucune règle bien définie. Certains discours sonores obéissent à une structure, certains n'en ont aucune, d'autres encore sont totalement improvisés. Quatorze exposés qui ne concèdent qu'une seule constante, les palpitations métronomiques, sauvages, imprimées par les drums d'Atkins. Complètement dingue et underground !

 

Picasso Trigger

Fire In The Hole

Deux kids et deux filles définissent le line-up de cet ensemble yankee (Raleigh, Caroline Du Nord) qui semble marqué par le punk sous toutes ses formes. Noisy, arty, comme celui que pratiquait, début des eighties, les groupes new-yorkais Sonic Youth, Savage Republic et UT. Pur et dur, à l'instar des Sex Pistols et de Generation X en 1977. Conjugué au féminin métallique, tantôt au mode Hole, Babes In Toyland ou même PJ Harvey. Les guitares sont filandreuses, capricieuses, le rythme chaotique, menaçant, les sonorités torturées, parfois à la limite du supportable. Omniprésente, la très jolie Kathy Pointdexter parvient cependant, tantôt de son timbre vocal qui oscille du candide au véhément, tantôt à la trompette, à profiler les compositions de ce "Fire in The Hole" sous un format cubiste...

 

Phish

Hoist

Préparé à base d'un peu de jazz, de prog rock, de rhythm’n’blues, de gospel, de pop, de country et d'une variété (!) d'autres styles aussi différents que dispensables, cette bouillabaisse sonore témoigne d'une (f)a(r)deur et d'une mièvrerie affligeantes. Il a fallu certainement une quantité industrielle d'appâts pour faire mordre toutes ces proies à l'hameçon. Malheureusement le vivier ne devait pas être de première qualité, ce qui explique pourquoi cette soupe devrait alimenter la chaîne de distribution FM...

 

Philippe Pascale

Philippe Pascale

Pascale Le Berre et Philippe Pascal viennent d'enregistrer leur premier album en duo. Enfin presque, puisqu'ils ont bénéficié du concours d'une pléiade de musiciens de studio. Désolé, mais au risque de passer pour des misogynes (et ce serait une grave erreur !), nous ne possédons aucune référence pour situer Pascale Le Berre. Sachez simplement qu'elle joue de la guitare, des claviers, de l'harmonica et qu'elle chante. Avec beaucoup de bonheur, il faut le souligner, Philippe Pascale possède, à contrario, une fameuse carte de visite. Ex-chanteur compositeur du mythique Marquis de Sade, puis de Marc Seberg il incarne une des figure les plus marquantes du rock alternatif hexagonal de la première moitié des eighties. Souvenez-vous de "Conrad Veidt" ou de "Brouillard Définitif", compositions essentielles qui figuraient respectivement sur les elpees "Dantzig Twist" et "Rue de Siam". Des chansons tourmentées, angoissées qui se reflétaient dans l'univers glacial, tragique et sensible de la cold wave. Malgré une traversée du désert d'une bonne décennie, Philippe n'a rien perdu de ses qualités de compositeur. Et il le prouve tout au long des dix chansons de cet opus. Il passe toujours, avec une même facilité, de la langue de Shakespeare à la langue de Molière, transitant même pour la circonstance par celle de Cervantès. Mais si l'œuvre exhale un parfum proche de ses deux groupes rennais, elle se révèle plus maniérée, plus malicieuse. Un peu comme si Gainsbourg, Daho, Verlaine et Ferry avaient eu un droit de regard sur le produit fini... Un come-back aussi sympathique qu'inattendu !

 

The Orb

Live 93

Bien que taxé de néo babacool, le space rock de The Orb appartient aux nineties. C'est vrai qu'on y retrouve cette imagerie liquide capable de dilater la conscience et le temps, comme à la plus belle époque du Floyd et de Tangerine Dream. Et puis ce délire co(s)mique inspiré du Gong de Daevid Allen et de Steve Hillage. Mais Alex Patterson et Trash explorent toutes les vertus de la technologie moderne et puis impriment leur création sur un tempo house, dub, ‘dance’ si vous préférez. Au cours de l'année dernière, la formation a accompli un périple à travers le monde, une tournée qui fait l'objet de ce double CD. Deux heures de rock hypnotique paradoxalement partagé entre improvisation, imagination (malgré plusieurs écoutes on a toujours l'impression que les morceaux continuent de se métamorphoser) et recyclage (toutes les bandes ont été remixées en studio). Un disque qui ne recèle aucun message, mais dont la magie incite votre esprit à vagabonder...

 

Oracle

Tree

Que Colin Newman se soit laissé séduire par la très jolie Malka Spigel, nous comprenons. Mais qu'il se prostitue à la techno nous reste franchement sur l'estomac. C'est pourtant ce qu'il a tenté de nous faire ingurgiter, par l'intermédiaire de son nouveau groupe Oracle, sur les six premiers titres de ce disque. Une association qui implique bien évidemment sa dulcinée, Malka, mais également un autre ex-Minimal Compact, Samy Birnbach. Heureusement, la suite est beaucoup plus crédible. Sept morceaux, parmi lesquels certains vont encore en deçà de nos aspirations les plus légitimes; mais surtout "Flow" et "Waiting" qui renouent avec la richesse émotionnelle et le minimalisme electro pop développés sur les premiers elpees de Newman. Les mauvaises langues justifieront cette concession par la situation précaire du trio, qui relève aujourd'hui d'un label de ‘dance’. Mais le mal est peut-être plus profond qu'il n'y paraît. Faudrait peut être un oracle pour exorciser le mal...

 

Once Upon A Time

Don´t look down

Bien qu'issu de la scène underground aussie du début des eighties, Once Upon A Time s'est exilé à Hambourg en 1991. Si le groupe justifie cette expatriation par ses préoccupations politico-sociales à l'égard des pays de l'Est, nous serions plutôt tentés de la motiver par l'engouement du public germanique très sensible à ce langage musical. Romantique, sombre, atmosphérique, il évoque tantôt Birthday Party, les Bad Seeds ou les Doors. Il faut d'ailleurs croire que le groupe apprécie tout particulièrement Nick Cave et feu Jim Morrison, puisque la voix du chanteur calque régulièrement ses intonations sur celle des deux figures mythiques. Bref, si ce "Don't look down" n'est pas toujours très drôle, affrontant même parfois le chaos organisé ou la démesure structurée, il reflète un sens mélodique souvent douloureux et même à certains moments totalement bouleversant...

 

Ozric Tentacles

Arborescence

Auteur d'un remarquable set lors du dernier ‘Dour Music Festival’, Ozric Tentacles nous revient aujourd'hui avec un nouvel opus. Le treizième si on tient compte des six premières cassettes, reproduites depuis en CD. Et l'album est à la hauteur des espérances. Le quintet nous invite à pénétrer dans le labyrinthe du subconscient. Un périple cosmique, atmosphérique, où se mêlent avec fascination et griserie, le rock, le jazz, la new age, le reggae, la techno, la world music et le psychédélisme. Pensez au Floyd de "Saucerful of Secrets" ou au Gong ‘flyinteapotien’ de Daevid Allen et de Steve Hillage. Mais avec un raffinement et une volupté digne de The Orb. Un peu comme si le ‘prog rock’ des seventies avait été reflétée par la technologie des nineties. Stupéfiant !

 

Idha Övelius

Melody Inn

Mariée au guitariste d'un groupe suédois, cette jeune et jolie Scandinave a embrassé une carrière musicale, un peu par hasard. En fait Idha en avait par dessus la tête d'être confinée dans un rôle de spectatrice. Jusqu'au jour où elle s'est emparée d'une râpe acoustique et s'est mise à reproduire spontanément le catalogue des Beatles. En ne se servant que de trois cordes pour ne rien vous cacher! Evidemment lorsqu'on possède un tel talent naturel et une aussi belle voix, dont le timbre rappelle Margo Timmins de Cowboy Junkies, il n'est pas difficile d'imaginer la suite. "Melody Inn" constitue son deuxième album et recèle onze compositions qui, nonobstant le filet de claviers et les drums feutrés, flirtent avec le/folk pop le plus traditionnel...

 

The Other Two

The Other Two & You

A l'issue du festival de Reading, auquel ils avaient participé l'an dernier, les membres de New Order ont décidé de suspendre leur collaboration. Une interruption qui devrait probablement se solder par une séparation. Une rupture qui était en fait prévisible dans la mesure où chacun des musiciens accordait davantage de crédit à ses expériences individuelles plutôt qu'à l'esprit du groupe. On connaissait déjà les aventures de Bernard Summer chez Electronic, de Peter Hook au sein de Revenge. The Other Two germe dans l'esprit de Stephen Morris et de Gillian Gilbert depuis deux ans déjà, même s'il n'existait à leur actif qu'un seul single, "Tasty Fish". Son premier album s'inscrit dans la lignée du défunt ‘Nouvel Ordre’. Ce qui semble normal lorsqu'on sait que Stephen et Gillian étaient les principaux concepteurs de "Republic". La différence essentielle émane du vocal féminin, sensuel de Miss Gilbert qui apporte un peu de variété dans cette electro pop d'honnête facture mais sans grande originalité. Même Ian Curtis doit encore s'en retourner dans sa tombe...

 

Paul Orta

Good Night, Bueno Noche, Bonne Nuit

Harmoniciste texan particulièrement doué, Paul Orta voue une grande admiration à Little Walter et Sonny Boy Wiliamson. Et inévitablement, son style de souffleur est profondément marqué par ces célèbres bluesmen disparus. Pourtant le swing naturel, qu'il manifeste sur ce disque, nous rappelle également ses comparses de la West Coast... Impeccablement épaulé par une section rythmique increvable, de laquelle se détache une contrebasse sémillante, Paul glisse du blues au jazz en passant par la country et le boogie avec beaucoup de bonheur, parvenant ainsi à boucler une œuvre à la fois efficace, rafraîchissante et excitante...

 

The Orb

Pomme Fritz

"Pomme fritz" n'est pas exactement un nouvel album de The Orb, puisqu'il réunit essentiellement des expérimentations opérées par le groupe lorsqu'il relevait encore du label ‘Big Life’. Ce qui explique sans doute pourquoi l'ex-Killing Joke Paul Ferguson, qui vient d'élargir le line-up à un trio, ne participe qu'au seul fragment "Bang'Er'N Chips". Et comme par hasard, cette composition récente est la seule à libérer un certain ‘groove’. Pour le reste, cet opus baigne dans l'avant-gardisme le plus complet, n'hésitant pas à mouiller les bruitages les plus insolites, les plus farfelus. Ablutions imprégnées d'effluves qui oscillent du "Lumpy Gray" de Zappa à la muzak de Brian Eno en passant par Stockhausen, John Hassel et le Floyd le plus délirant. Et en particulier lorsqu'Alex Paterson et Trash pastichent le célèbre "Several species of small furry animals gathered together in a cave and grooving with a pict" d'"Ummagumma" pour agrémenter de bourdonnements d'insectes, le pique nique sonore de "Meat'n veg"...

 

Nova Mob

Nova Mob

Particulièrement affecté par la séparation d'Hüsker Dü, Grant Hart a éprouvé, à contrario de Bob Mould, d'énormes difficultés pour se refaire une santé musicale. En six années, il a commis un album solo sans grande consistance, puis formé un nouveau groupe, Nova Mob, dont le premier opus ("The Last Days Of Pompeï") n'a malheureusement pas recueilli le succès escompté. Faut dire que jusqu'alors, ce chanteur-compositeur s'était contenté de nous ressasser des clichés empruntés au célèbre et défunt trio de Minneapolis. Pour son troisième essai, Nova Mob semble enfin avoir trouvé la bonne décoction. Ce qui au départ ne semblait pas évident, lorsqu'on sait que le groupe a dû remplacer son drummer début 93. Grant en a d'ailleurs profité pour élargir son line up, en engageant un second guitariste, Chris Hesler. Une formule qui donne davantage d'amplitude aux compositions. Et si les mélodies sont toujours recouvertes de miel popcore, l'électricité n'y est plus systématiquement débridée, autorisant de plus grandes variations dans le tempo, un peu comme chez Leather Nun. Mais surtout elle n'asphyxie plus la voix de Grant, dont le timbre rappelle, en filigrane, celui de Ian McNabb d'Icicle Works...

 

Stina Nordenstam

And She Closed Her Eyes

Née en 1969, cette Suédoise a été élevée dans un climat favorable à l'épanouissement musical, mais également selon des principes communistes. Au cours de son adolescence, Stina a d'ailleurs milité au sein d'un mouvement de jeunes relevant du parti, la ‘Young Communist League’. Elle aurait ainsi pu embrasser une carrière politique. Mais il faut croire que sa passion pour la musique était plus intense, puisqu'elle vient d'enregistrer son deuxième opus. Stina aime le jazz (Coltrane), le classique (Satie, Bartok) et le chant grégorien. Mais ses goûts, elle les a profilés sur un format contemporain, reflétant des mélodies intimistes, claustrophobes, douloureuses sur laquelle elle laisse glisser sa voix onctueuse, gémissante, glacée. Sur "And She Closed Her Eyes", elle a bénéficié du concours d'une flopée de musiciens scandinaves, mais aussi et surtout du célèbre trompettiste de jazz, John Hassell. De quoi vous donner une petite idée du talent de cette artiste que nous qualifierons volontiers de réponse féminine à Robert Wyatt...

 

The Nomads

Powerstrip

Fondé au tout début des eighties, The Nomads continue son petit bonhomme de chemin sans se soucier des temps et des modes. Adeptes du garage-punk coloration sixties, ces Suédois ont concocté en treize années d'existence, six albums, une douzaine de singles et accompli d'interminables tournées à travers le monde. Pas pour rien qu'ils se sont appelés les Nomads! Pour enregistrer "Powerstrip", ils se sont rendus à Seattle. Pas qu'ils avaient envie de se convertir au grunge, mais ils souhaitaient bénéficier de la production du célèbre Conrad Uno fidèle à son tout aussi célèbre ‘Egg Studio’. Un disque qui tout en puisant dans le réservoir sixties continue à faire une fixation ‘stoogienne’ bercée de relents psychobilly à la Cramps, voire à la Fleshtones. Un morceau de plastique chargé d'adrénaline, d'électricité et de fun qui recèle une cover du premier single des Wipers, "Better Off Dead"...

 

Noise Gate

Illusion Of Victory

Bien que tombé en désuétude, le hardcore post-industriel compte toujours de fervents adeptes. Noise Gate appartient à cette catégorie d'utopistes qui continuent de défendre une doctrine musicale périmée, contre vents et marées. Et malgré toute sa bonne volonté, il faut reconnaître que le quartet bruxellois ne parvient plus à nous impressionner. Hormis "Dear Innocence", titre plus acoustique sur lequel se promène le violon spectral de Bernard Plouvier, "Illusion Of Victory" macère au sein d'une atmosphère sulfureuse, encombrée de rythmes obsessionnels, de bruitages intempestifs, de riffs de guitares sursaturés, tourmentés, de vocaux irascibles, agonisants et de lyrics venimeux; une atmosphère irrespirable qui ne peut conduire qu'à l'asphyxie...

 

Noir Désir

Dies Irae

Jamais les qualificatifs radical, puissant, apocalyptique, dangereux, malsain et insidieux ne se sont révélés aussi pertinents pour évaluer ce double CD enregistré en public. Tels des flibustiers, ces Girondins se lancent à l'abordage d'un punk électrique sans concessions. Même les parties vocales sont au diapason de la prestation (ça rime). Enfin presque! Puisque celles écumées sur "I Want You", cover des Beatles, ont de nouveau la fâcheuse tendance à grincer comme sur le dernier album studio. Ce n'est heureusement pas le cas pour "Long Time Man", autre reprise mais de Nick Cave, ni de "Here It Comes Slowly" et surtout de "Totsaky" dont les versions ‘live’ constituent de véritables brûlots de générosité et d'authenticité, balancés au sein d'une œuvre qui risque fort de vous embraser...

 

No One Is Innocent

No One Is Innocent

Personne n'est innocent ! Rarement un nom n'a si bien collé à la personnalité d'un groupe. Un groupe français, parisien très exactement, constitué d'un ex-Shifters, d'un ex-David Vincent, d'un ex-Rimbaud et d'un ex-rien du tout. Qui chante tantôt dans la langue de Voltaire, tantôt dans la langue de Shakespeare. Parce que la formation veut faire passer un message. En fait de message, on assiste plutôt à une diatribe musclée à l'intention de la société contemporaine. Et en particulier à l’égard du système politique qui fait le lit du racisme, de l'égoïsme et de l'oisiveté. Et pour véhiculer toutes ces idées, le quartet hexagonal courtise un style musical au goût du jour. Point de rencontre entre le groove de Red Hot et les coups de gueule de Rage Against The Machine, il réalise un mélange d'énergie, de feeling et de passion au sein d'un climat tendu, radical et cinglant. Alors, si personne n'est innocent, sommes-nous tous coupables?

 

(The) Nits

Da Da Da

En 1992, les Nits s'étaient complètement plantés en nous infligeant un "Ting" emphatique, sophistiqué à l'extrême, à la limite du prétentieux. Aujourd'hui, l'ensemble batave semble vouloir faire marche arrière. D'abord, le trio de base Hofstede-Stips-Kloet est revenu à une forme instrumentale plus conventionnelle. Impliquant la guitare, par exemple. Et même si elle n'est pas encore suffisamment mise en évidence, elle a enfin de nouveau voix au chapitre. Le mellotron et l'harmonium également. Quant à la participation d'un bassiste et d'un violoniste-percussionniste, elle permet au groupe d'élargir son horizon sonore... Ensuite, la construction mélodique épouse les vertus les plus naturelles, les plus beatlenesques de la pop. Pas seulement à cause des harmonies vocales qui sont toujours aussi raffinées et savoureuses. Mais parce qu'elles réverbèrent certains accents mélodiques courtisés par John Lennon, tout en abritant l'un ou l'autre intermède savoureusement chaotique, réminiscent de "Good Moorning, Good Morning" voire de "A Day In The Life". Un seul regret, l'album se complaît un peu trop dans un style confidentiel, sentimentaliste. Pourtant avec davantage de fragments de la trempe de "Bilbaoboa", cet opus aurait véritablement pu décrocher la timbale... Ce n'est peut être que partie remise.

 

Nirvana

Unplugged in New York

Enregistré en novembre de l'année dernière, au cours de la célèbre émission ‘Unplugged’ d'MTV, cet album constitue, en quelque sorte, le testament du combo de Seattle. Parce que, faut-il encore vous le rappeler, six mois plus tard, son leader se donnait la mort. Témoignage dramatique, vibrant, d'un passé encore tellement récent, "Unplugged in New York" implique quatorze adaptations acoustiques, parmi lesquelles figurent un extrait de "Bleach" ("About a girl"), quatre de "Nevermind" ("Come as you are", "Polly", "On a plain" et "Something in the way"), trois d'"In Utero" ("Pennyroyal tea" , "Dumb", "All apologies") et un éventail de reprises partagé entre celles de Meat Puppets ("Plateau", "Oh Me" et "Lake of fire"), de David Bowie ("The man who sold the world") et enfin de Leadbelly ("When did you sleep last night"?). Ce disque, qui établit la balance vibrante entre le formalisme délicat et l'émotion âpre, exerce cependant autre chose que la fascination morbide d'un album posthume. Nirvana se montrant sous un angle auquel, jusqu'alors, il nous avait peu habitués. Suivant les nombreuses déclarations recueillies dans l'entourage de Kurt Cobain, il appert que Nirvana avait projeté d'enregistrer un album studio entièrement acoustique. Son projet s'est quand même concrétisé. Mais il sera le dernier. En tous cas sous la férule du James Dean des nineties.

 

Nine Inch Nails

The Downward Spiral

Seul maître à bord au sein de son Nine Inch Nails depuis 1991, Trent Reznor poursuit inlassablement ses expérimentations dans le domaine de la musique électronique. Plus seulement électronique, c'est vrai, puisque pour enregistrer "The Downward Spiral" il a fait appel à l'ex-guitariste de Peter Gabriel et de David Bowie, Adrian Belew; et puis au drummer de Porno For Pyros, Stephen Perkins. Hybride alors? Exact! Mais qui colle davantage à l'esprit des Young Gods plutôt qu'aux perspectives cybernétiques développées par Front 242 et Cassandra Complex. D'abord "The Downward Spiral" est un concept album qui véhicule un véritable réquisitoire contre toute forme de doctrine dogmatique. Mais en plus il baigne dans un climat ambigu, vindicatif, malsain, tantôt marqué par les stigmates de Ministry et de Revco, tantôt investi par une forme de synthétisme pop, post John Foxx. Revu et corrigé par la technologie moderne vous vous en doutez...