Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

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Les Young Gods : le retour du helvète underground

Les Young Gods n'ont jamais connu la gloire mais ils font partie des groupes les plus influents de l'histoire de la musique 'indé'. Jugez plutôt : le combo suisse est cité comme influence par des gens comme David Bowie, Trent Reznor (Nine Inch Nails), Mike Patton (Faith No More), Maynard James Keenan (Tool) ou Al Jourgensen (Ministry)...

Huit ans après leur dernière production, les Gods sont de retour, plus jeunes que jamais, en dépit de leurs 30 années d'activité. L'album s'appelle « Data Mirage Tangram » et il est signé Franz Treichler (chant, synthés, guitare, production), Cesare Pizzi (claviers) et Bernard Trontin (batterie).

L'opus est un voyage psychédélique au milieu de volutes délicates et planantes, où perce ça et là la voix bluesy de Franz Treichler. On se croirait dans un trip chamanique façon ayahuasca, transporté par le glissando délicat des guitares. On pense au « Fragile » de Nine Inch Nails, au « Unforgettable Fire » de U2 mais aussi à Jacques Higelin. Le single, « Figure Sans Nom » nous rappelle nos compatriotes d'Organic, dans le sublime mais méconnu « Katharina Distorsion », inspiré par les Jeunes Dieux.

Dans le refrain de «Tear up the Red sky», le rythme est plus lourd et les sons de guitare plus saturés. Le « Bullet The Blue Sky » de U2 n'est pas loin et on se dit qu'il y aurait pu (dû?) y avoir plus de moments intenses comme celui-là.

Les Young Gods étaient déjà présents en Belgique il y a quelques jours pour célébrer les 20 ans de Triggerfinger au Het Depot à Louvain.
Ils seront de retour au Botanique le 24 mars prochain.

Pour écouter l'album, c'est ici
Pour commander l'album, voir ici
Pour le concert au Botanique, cliquer ici.

 

 

Elémentaire mon cher Watson !

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Repérée en concert au printemps 2018 par Sanit Mils Records, BLEU REINE s’est révélé, pour la première fois sur internet, grâce à une reprise franco-allemande de Kraftwerk.

Quelques partages YouTube plus tard, la guitariste et chanteuse Léa Lotz sort un peu plus de l’ombre et dévoile le titre original « Les Yeux fermés », hommage romantico-folk au Cabinet du Dr Caligari (R. Wiene).

Ce single accompagné d’un clip tourné entièrement en analogique plante le décor du premier EP de BLEU REINE « Élémentaire » : personnages ambigus, équilibre fragile entre obscurité et lumière, choix de la langue française pour dessiner les contours de cet univers étrangement familier.

A mesure des concerts (Cimetière du Père-Lachaise, Le Motel, Les Trois Baudets, La Dame de Canton), BLEU REINE prend forme au contact de son public parisien.

Seule en guitare-voix, maîtresse de cérémonie invitant ses musiciens fétiches pour créer des formats (de moins en moins) éphémères et (de plus en plus) électriques, l’artiste de 27 ans défend ses chansons et maintient le cap d’une musique folk de tradition franco-britannique, teintée de grunge, traversée par la fièvre.

Introspectif, corrosif, émaillé à la fois de douceur mélancolique et de violence sourde, ce disque est fait pour être appréhendé comme un Polaroïd sonore : il offre une matière riche mais aussi brute que possible, offrant les indices clés de 27 ans de vie en 27 minutes.

Un extrait ici

 

 

Aucun doute, Marianne fédère !

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Du swing à l’électro, en passant par la samba et le jazz manouche, Marianne Feder ne souhaite pas se laisser enfermer dans des petits tiroirs dorés où la chanson ne serait qu’une histoire de style.

Avec « L’hiver des poètes », elle revient avec un troisième album pétillant, à la fois poétique et urbain, où les textes raffinés glissent subtilement sur des compositions personnelles, mais aussi sur les belles mélodies du grand guitariste de jazz Romane (Thomas Dutronc, Jil Caplan, le Trio Rosenberg…) avec qui elle a co-écrit en partie ce nouvel opus.

On retrouve également sur cet LP son ami de toujours Alexis HK pour un nouveau duo intimiste « L’amour est une danse », ainsi que l’accordéoniste Michel Macias ou encore le chanteur de jazz Yves Carini.

La réalisation à la fois nerveuse et fine de SOAP, artiste électro associé au collectif Chinese Man, communique à ses chansons une modernité et des sonorités proches des musiques actuelles.

Avec une question qui habillera tout le processus de création musicale : ‘Où est la place pour la poésie dans cette société actuelle survoltée, sans arrêt mouvante, où nous n’avons plus le temps de ressentir ni de contempler la beauté profonde du monde ?’

Sortie de l’album « L’hiver des poètes » le 17 mai 2019, distribué par Modulor

Un extrait ici afin de vous plonger dans l’univers de Feder.

 

Le « V » vous pour Thomas Brenneck !

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L’influent groupe instrumental du producteur et guitariste Thomas Brenneck (Charles Bradley, Amy Winehouse) revient avec un cinquième album qui risque de faire des ravages, plus de 4 ans après avoir publié « Burnt Offering ».

Si l’on retrouve les contours afro-soul et les rythmiques éthiopiennes propres à sa recette psychédélique, ce nouvel effort s'annonce comme le plus rock de sa discographie.  

D’après Tom Brenneck, « V » est la représentation la plus fidèle de ce qu’est le Budos Band.

Une partie de ce mélange harmonieux résulte de la phase de mixage de l’album, moment salutaire pour les deux cerveaux de la House of Soul, Brenneck et Roth (aka Bosco Mann), après les récentes tragédies vécues par le label new-yorkais (les disparitions de Charles Bradley et Sharon Jones).

Ce cinquième enregistrement marque une période de transition pour les Budos : Brenneck et Tankel ont tous deux déménagé en Californie après la sortie de « Burnt Offering », les obligeant à repenser leur manière de travailler, le reste du groupe étant resté à New-York.

Après son départ vers la côte Ouest, Tom Brenneck n’a pas masqué son inquiétude quant à l’avenir du groupe, la distance ayant été un véritable obstacle à la création. Il est aujourd’hui plus que jamais fier de la naissance de ce cinquième elpee, venant dissiper toutes ses craintes.

Depuis ses débuts à Staten Island, deux décennies se sont écoulées ; des performances live réputées sur quatre continents. Et un son plus que jamais inclassable qui navigue entre Afrobeat, Éthio-jazz, Proto-metal et Afro-soul… 

Un extrait est disponible ici

 

Vianney s’invite sur le nouveau single de Boulevard des Airs…

Écrit par

Au lendemain de sa récompense aux Victoires de la musique pour ‘La chanson originale de l’année’ grâce au titre « Je me dis que toi aussi », Boulevard des airs dévoile son troisième single, « Allez reste », un titre au cours duquel, Vianney vient chanter en duo. Vivre le moment présent, retenir le temps, les odeurs, les images et les heures de bonheur.

A travers cette chanson, le groupe aborde le thème de la mémoire, des souvenirs qu'on fabrique, de ceux qu'on veut garder, et de ceux qui s'envolent.

Irrémédiablement, avec le temps et parfois la maladie, la mémoire, surprenante, précise, souvent feignante et sélective se rappelle de choses étranges et un beau jour tout se mélange.

Ce jour-là, bienveillant, on implore encore un peu sa tête, allez reste, allez reste encore un peu. Et de sourire, aux souvenirs.

Pour le clip, c’est ici

https://www.youtube.com/watch?v=kkOPeQXcV4Y

 

Warmduscher

Un cow-boy qui se prend pour un speaker d’hippodrome ou un télévangéliste yankee…

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Paru l’an dernier, le dernier album de Warmduscher, un quatuor réunissant des membres et ex-membres d’Insecure Man, de Paranoid London, Childhood et surtout Fat White Family, « Whale city », figurait au sein du Top 15 de votre serviteur. Responsable d’une musique souvent âpre, sauvage également, mais particulièrement originale, qui oscille entre punk, garage, rock, krautrock, blues, surf, soul, funk, surf, glam, electronica et même disco, il se produisait au club de l’Aéronef, ce dimanche 24 février. Compte-rendu.

Lorsque la formation grimpe sur l’estrade, on est immédiatement frappés par le look de cow-boy affiché par deux des musicos. Le drummer a enfilé une tenue country de couleur crème. Puis le chanteur, Clams Baker Jr, est coiffé d’un stetson et chaussé de lunettes fumées. Il porte un pull dont la fermeture-éclair est ouverte, laissant apparaître son torse nu. Il se sert de deux micros, pour propager des intonations différentes à sa voix chargée de reverb, et d’une petite table de mixage dont il triture régulièrement les boutons, afin de dispenser des sonorités synthético-spatiales. Interactif, il ne chante pas vraiment, mais plutôt déclame, parfois un peu à la manière de Jon Spencer, à moins qu’il ne s’inspire d’un speaker d’hippodrome ou encore d’un télévangéliste yankee.  Longiligne, affublé de rouflaquettes, le guitariste a enfilé un costume en pied de poule, dont il va ôter la veste au bout d’une dizaine de minutes. Enfin, le bassiste a les cheveux en broussailles, un peu comme Kele Okereke, aux débuts de Bloc Party.

Malsains et infectieux, les riffs de gratte raniment le souvenir de Butthole Surfers. La ligne de basse vire régulièrement au funk. Mais en général, le garage/punk proposé par Warmduscher écrase tout sur son passage. A l’instar de « No way out » qui, tel un train à vapeur lancé tombeau ouvert, nous prévient de son arrivée, à travers des chœurs (NDR : ouh ! ouh !) censés reproduire les sifflements de la locomotive, et puis surtout du furieux « Big Wilma ». Plus lent et cinématique, le titre maître du second LP, colle parfaitement à l’image du band, une compo qui baigne au sein d’un climat de western spaghetti, un peu dans l’esprit de Sergio Leone voire d’Ennio Morricone ; mais ce qu’on ne parvient pas à sortir de sa tête, à l’issue du concert, ponctué par un bref rappel, c’est cette ligne de basse qui hante littéralement « Standing on the corner »…

Un chouette concert mais à la limite de provoquer des acouphènes… 

Il revenait à Death Valley Girls, d’assurer le supporting act. Fondé en 2014 par la multi-instrumentiste Bonnie Bloomgarden, le groupe implique également la bassiste Rachel Orosco, le guitariste Larry Schemel et sa sœur, Patty, ancienne drummeuse chez Hole. Bonnie porte une robe de couleur rouge flamboyante. De petite taille, elle alterne entre claviers et guitare, et sa voix évoque parfois celle de Siouxsie Sioux. Mais trop brouillon, le garage rock désertique et ténébreux proposé, bien qu’efficace sur disque (NDR : raison pour laquelle Iggy Pop ne tarit pas d’éloges le combo), manque de cohésion et de fluidité sur les planches. On a même parfois l’impression que le guitariste joue dans son coin. Dommage ! Paraît que la chanteuse était grippée. Elle avait sans doute aussi refilé le virus aux autres membres du band… Une chose est sûre, elle ne semblait pas dans son état normal…

(Organisation : Aéronef)

 

Pourquoi priver Framix des rayons du soleil ?

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Un an à peine après avoir gravé son single Stronger, le musicien touche-à-tout Framix est de retour avec deux singles pleins d’énergie et un clip qui s’envole : « Deprived of the Rays Of the Sun » !

Accompagné de deux chanteuses gospel : Ivy et Kris, Framix décline une fois de plus son univers en le poussant vers un americana bien personnel, une musique country rurale et vivifiante enregistrée à l’ancienne et avec beaucoup de soin.

Comme d’habitude, Framix nous livre un clip DIY où pour la circonstance, une voiture de rêve s’envole - forme d’échappatoire au blues du narrateur, à la réalité du quotidien.

« Deprived of the Rays of the Sun », qui se traduit par ‘privé des rayons du soleil’, peut illustrer le jeu de cache-cache de la lumière qui parfois nous illumine et parfois nous oublie.

Framix assume son grand écart entre le sud des Etats-Unis où l’artiste a plongé ses racines et une France d’inspiration yé-yé.

Le second titre « Je m’en Fiche » est une revendication plus sociale où le chanteur clame en musique sa volonté viscérale d’éviter les masses en empruntant les chemins de traverse.

Lassé de l'hiver et en manque de soleil ? Il est temps de s'envoler avec Framix et son clip fait maison de "Deprived of the Rays of The Sun".

Pour découvrir le clip de "Deprived of the Rays of the Sun", c’est ici

 

 

 

Epsylon, toujours plus haut…

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« Astronaute », c’est le titre du 5ème album studio d’Epsylon.

C’est aussi la marche d’une force tranquille pour une carrière exemplaire sans esclandre ni tapage.

Un nouvel opus qui confirme le statut d’artisan de ce groupe respecté du rock celtique où il a trouvé une place singulière et unique.

Depuis 12 ans déjà, il progresse inexorablement vers les étoiles, sans avoir peur des remises en cause, avec de nouveaux musiciens, de nouveaux défis, une inspiration et une maîtrise du son toujours renouvelées.

« Astronaute », un nouvel album pour viser toujours plus juste et toujours plus haut.

Pour visionner le clip « C’est plus le paradis » feat. Melismell, c’est ici

 

 

Halehan vire au bleu…

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De son véritable nom Alexandre Lambrecht, Halehan adresse un clin d’œil au grand Miles Davis, en gravant « Kind Of Blue ». Chargé de groove, électro, ce morceau devait poser de nouvelles bases pour la suite de son aventure, qui avait commencé dans un style davantage folk… Il avait même été qualifié de ‘nouvelle pépite folk’, par un magazine français.

C'est chez Anderson Paak, James Blake, Bon Iver et Frank Ocean qu'il puise maintenant son inspiration. Le Bruxellois opère aujourd'hui à un virage à 180° qui risque de surprendre ses fans de la première heure.

De père flamand et de mère francophone, le jeune artiste a enregistré ce titre sur un 24 pistes à bande avant qu’il ne soit mixé en analogique. Votre serviteur l’avait découvert, en première partie d’Asgeir, dans le cadre des Nuis Botanique, en 2017…

Le clip est disponible ici

 

 

Wild Shelter est toujours vivant…

Écrit par

En 2013, Alexandre et Adrien Waeyenbergh décident de monter Wild Shelter. Après avoir accordé quelques concerts, le duo prend conseil auprès de Gordon Delacroix, le leader du groupe Recorders, et décide d’enregistrer un premier Ep, « All Is Bright », au Rec’n'Roll Studio, sous la houlette de Charles De Schutter. Et dans la foulée, la fratrie sort son premier album, un éponyme.

En avril 2019, le tandem publiera un nouvel Ep. Il s’intitulera « Alchemy ». En attendant, il nous propose un extrait de ce disque, « Alive », un single puissant au cours duquel, il mélange subtilement rock brut et production électronique.

Pour la vidéo, c’est ici 

https://www.facebook.com/wildshelter

https://www.wild-shelter.com/

 

 

The Monkees

Février, un mois mortel pour les Monkees…

Écrit par

De son véritable nom Peter Halsten Thorkelson, Peter Tork est décédé ce 21 février 2019 à l’âge de 77 ans. Auteur-compositeur, pianiste, guitariste et acteur, cet Américain est surtout connu pour son aventure vécue au sein des Monkees, un groupe monté au départ pour tourner un feuilleton musical télévisé un peu loufoque, dans l’esprit des longs métrages qui ont mis en scène les Beatles (NDR : pensez à « Help ! » ou « A hard day’s night »). Mais l’histoire prendra une autre direction, puisque le quatuor va commencer à décrocher toute une série de hits, au cours de la seconde moitié des sixties, dont « Last train to Clarksville » (voir le clip ici),

 « I’m a believer », une chanson signée Neil Diamond et « Steppin Stone », que les Sex Pistols vont adapter en version punk. Si Tork a quitté le band en 1969, il a participé aux deux dernières reformations, en 1986 et à la mi nineties. Au sein des Monkees, Peter se chargeait de la basse, du banjo, des claviers et participait aux vocaux. Davy Jones, le chanteur est lui décédé en février 2012…

 

RIP

John Mayall

Nobody told me

Écrit par

John Mayall est une légende vivante. Le vétéran du blues anglais a fêté ses 85 ans, fin novembre 2018. Et à coup sûr, c’est un des pères du blues anglais. Non seulement, il a fait le bonheur de plusieurs générations de mélomanes accros au blues, mais c’est un indiscutable découvreur de talents. Parmi ces promesses qui ont transité par son groupe, les Bluesbreakers, figurent Eric Clapton, Peter Green, Mick Taylor, dans les sixties ; et plus tard, Coco Montoya ainsi que Walter Trout, mais la liste est loin d’être exhaustive. Depuis le départ de son dernier gratteur, le Texan Rocky Athas, les Bluesbreakers sont réduits à une section rythmique, basse et batterie. Dès lors, il était facile d’imaginer que ce « Nobody told me » serait enregistré en format trio. Et bien non, le vieux John a cédé à la tentation d’inclure des guitaristes plus ou moins connus. 

Il vrai que l'ouverture est classieuse. Le "What have I done wrong" de Magic Sam laisse déjà le premier rôle au jeune et très doué Joe Bonamassa. Le choix des solistes révèle quelques surprises comme celui du Canadien Alex Lifeson, fondateur du groupe à succès Rush. Appliqué au piano et à l'harmonica, ses interventions sont fluides et chargées de feeling, face à Mayall. Plus étonnant quand même, la présence de Todd Rundgren, jadis leader de Nazz et Utopia, sans oublier sa carrière solo, qui mérite le respect. Il participe au funky/r&b "That's what love will make you do", un morceau signé Little Milton. Steven Van Zandt, le guitariste du E Street Band de Bruce Springsteen apparaît lui aussi sur "It's so tough". Carolyn Wonderland est moins connue du grand public, mais cette Texane (NDR : elle est issue de Houston) a de l'étoffe. Elle collabore à trois plages dont le blues lent de rigueur "Nobody told me". Et, dernière nouvelle, Miss Wonderland vient d'être invitée à assumer le rôle de gratteuse, au sein du Mayall Band. Encore une œuvre de qualité à créditer pour John Mayall, même si ce n'est, bien sûr, pas sa plus déterminante.

Lala Lala

The Lamb

Écrit par

Derrière Lala Lala se cache une songwritrice de 24 ans, Lilie West. Née à Londres, elle a suivi ses parents à Los Angeles avant de s’embarquer à Chicago pour entreprendre des études d’art. C’est à cette époque qu’elle se lance dans son aventure musicale sous le pseudonyme Lala Lala. Elle sort un premier album intitulé “Sleephead”, en 2016. Elle est rapidement repérée par le label Hardly Art (Protomartyr, La Luz, ...) qui publie ce deuxième opus, “The Lamb”.

Malgré son jeune âge, le parcours de cette jeune adulte (ou de vieille adolescente) est plutôt chaotique, mais il constitue le substrat de ses morceaux qui ont été écrits durant une période difficile de sa courte existence. Ainsi, elle raconte ses problèmes d’addiction à l’alcool sur “Water over Sex”. Après avoir dû affronter le traumatisme de la mort d’un proche, elle s’est également interrogée sur la solitude face à la grande faucheuse. Il en résulte des morceaux bouleversants qui trahissent quand même une certaine naïveté. Sur cet elpee, l’Américaine d’adoption se réserve la guitare et lors des sessions, elle a reçu le concours de quelques collaborateurs, dont un drummer et un bassiste. Mais aussi, au fil des plages qui évoluent entre post-punk et dream-pop, d’une seconde gratteuse, également préposée au synthé, ainsi que d’un saxophoniste.

“The Lamb” est un album mélancolique sur lequel on peut saisir la vulnérabilité d’une jeune femme qui nous laisse pénétrer dans son intimité.

Lala Lala se produira sur les planches du Botanique, le dimanche 24 février. 

Juliana Daugherty

Light

Écrit par

« Light » se loge au plus près de l’os… Et pour cause, les ornements qui soulignent la voix envoûtante de Juliana Daugherty sont en effet minimalistes. Cependant, cet écrin lui permet de s’épanouir pleinement. Atmosphérique, ce premier elpee, composé dans son fief à Charlottesville, en Virginie, recèle des comptines folk poétiques et décharnées. Souvent acoustiques (« Wave ») mais tout aussi ascétiques, elles sont également susceptibles de s’électrifier (« Bliss »). A travers des mantras mystiques, venus d’un autre temps, la jeune compositrice (proche de Natalie Prass) exorcise ses états mentaux et tout particulièrement sa dépression, lorsqu’elle ne revient pas sur les évènements tragiques qui se sont produits à Charlottesville en 2017 (la mort d’une manifestante pour les droits civiques, renversée par un suprématiste blanc). Viscéraux et mélancoliques, ses morceaux prennent aux tripes, même si les mélodies ne sont pas inoubliables. N’hésitez donc pas à vous pencher sur la carrière de cette artiste américaine, si vos oreilles sont en carence de vulnérabilité…  

The Bevis Frond

We're your friends, man

Écrit par

The Bevis Frond est un groupe anglais bien ancré dans la musique underground anglaise. Nick Saloman en est le chanteur, multi-instrumentiste (surtout guitariste), compositeur, producteur. Il est originaire de Walthamstow, dans la banlieue nord de Londres. A 66 ans, l’artiste est considéré comme un monument au sein de l’univers psychédélique, outre-Manche. Plus de quatre décennies qu'il écume les scènes en pratiquant un rock alternatif, allumé et déjanté. A la fin des 70’s, il avait créé son propre label, Woronzow. En pleine vague punk, il monte Von Trap Family. Il enregistre ensuite en compagnie de Room 13 avant de former enfin the Bevis Frond, son véhicule sonore pour l'éternité. Fan de Jimi Hendrix et des Byrds, il aime alterner ses compositions, les colorant de sonorités distordues et trafiquées, tout en conservant une facette plus folk, paisible et mélodique. Le premier opus, "Miasma", date de 1987. Depuis, il en a aligné près de trente. Et ce dernier tient bien la distance. Il est également paru sous la forme d’un double LP, réunissant pas moins de 20 plages, dont certaines affichent un potentiel pop indéniable !

En ouverture, "Enjoy" campe un rock qui ne manque pas de charme. La voix est discrète, mais les éclairs de guitare traversent les compos, tels des flashes lumineux. Les plages sont variées et oscillent du folk rock ("We're your friends, man", "Mad love"), au punk énergique ("Pheromones"), en passant par l’excellent indie rock ("In the leaves", "A hard way to learn"), le blues rock ("When you cast me out"), sans oublier les trips psychédéliques saturés de cordes acides ("Lead on", " Growing", "Theft"), le tout ponctué par une extraordinaire finale de plus de 13' baptisée "You're on your own". Superbe ! 

Collectif 13

Chant libre

Écrit par

Ces véritables activistes de la chanson française comptent, en moyenne, plus de vingt années de carrière musicale. Ce qui n’a pas empêché Guizmo (Tryo), Gari (Massilia Sound System), Mourad (La Rue Ketanou), Danielito (Tryo), Gerome, Erwann et Fred (Le Pied de la Pompe), Alee, DJ Ordoeuvre, Max (Le P'tit son) et Syrano de participer au projet Collectif 13, dont le deuxième elpee propose quinze titres qui décoiffent…

« Chant libre » est une ode à la joie et au bonheur de vivre ensemble avec en point de mire l’autodérision sur fond de modernité !

Mais si les compos sont parfois puissantes et incisives (« Trumperie ») ou aussi légères et drôles, elles s’éloignent des pamphlets philosophiques ; pas besoin d’ailleurs de prêter une oreille nécessairement très attentive pour cerner le sens des chansons. Tout au plus, sait-on que l’humain reste au centre des débats (« Collègues », « Mon frère »).

Globalement le prisme d’action niche essentiellement au sein d’une narration contemplative de la société et de ses travers contemporains (« Réseaux »). Le ton est vindicatif à souhait et décrit toute la complexité de l’Homo sapiens.

Depuis le dansant « Collègues » à la ballade faussement sautillante « Il arrive », en passant par le reggae cuivré « Rien à foutre » et un « Last black Friday » découpé dans des guitares cinglantes, les compositions bénéficient, dans leur ensemble, d’une belle palette de sons et d’arrangements colorés…

Si ce disque ne doit pas être perçu comme celui que l’on retiendra nécessairement une fois l’été passé, il doit tout de même s’écouter pleinement et souffler le chaud jusqu’à enflammer !

Richard Swift

The Hex

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L’une des plumes les plus sensibles s’est évaporée depuis la mort de Richard Swift, décédé en juillet dernier, à seulement 41 ans... Outre ses missions de producteur (aux côtés de The Shins, Damien Jurado ou de Foxygen) ou de musicien de studio et de tournée (pour The Shins, les Black Keys ou The Arcs), il s’est réservé une plus discrète mais non moins intéressante carrière solo, dont le magnifique « The Hex » constitue malheureusement le dernier chapitre…

Fidèle à son habitude, le multi-instrumentiste américain dévoie des pépites indie-pop superbement arrangées à haute teneur mélodique ! Luttant contre des problèmes d’alcool depuis quelques années, Richard Swift se livre sur le poignant et très soul « Broken Finger Blues » : ‘My body’s broken, My body is bruised, Try to remember what it’s like not to lose, I won’t go under, I won’t give in, Try to remember what it’s like to win’. Sa pop vintage rappelle les sonorités des 60’s sur l’émouvant « Wendy », un message dédié à sa mère, ou sur le message d’adieu si lumineux reflété à travers « Dirty Jim ». Certaines plages s’éloignent de la veine pop pour adopter un profil plus aérien (« Nancy ») alors que d’autres, magnifiées par les interventions de claviers et de basse, nous plongent au sein d’un climat mélancolique, dont on ne peut s’extraire, car inhérent aux circonstances. Un véritable chef-d’œuvre posthume !

The Experimental Tropic Blues Band

Démoniaque !

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Plus de 20 ans que The Experimental Tropic Blues Band roule sa bosse. Ce power trio liégeois se produisait au Magasin 4, ce vendredi 22 février.

Dr Voice devait assurer le supporting act. La maman du drummer vient de décéder. Elle collaborait activement au projet ; ce qui explique pourquoi la formation a déclaré forfait.

La salle est bien remplie lorsque Jérôme Vandewattyne, le réalisateur du long mtrage (1h27’) « Spit'N'Split » pour La Film Fabrique, vient présenter ce petit chef-d’œuvre à la belge, primé dans quelques festivals prestigieux, un peu partout en Europe. La Film Fabrique est une structure qui crée, développe et produit des clips vidéo, des fictions et des documentaires. Composée d'une équipe pluridisciplinaire, LFF défend une vision alternative de l'audiovisuel en Belgique.

Ce faux-documentaire, Jérôme l’a tourné en suivant le band pendant 2 ans, armé de son appareil photo Panasonic Lumix GH2 et son objectif de caméra de surveillance. Pour Jeremy Alonzi, Vandewattyne est quelqu'un qui aborde le cinéma comme on aborde la musique. Des scènes de fiction se sont glissées dans le docu devenu très vite film, au cours duquel Bouli Lamers apparait même à la fin. Et c’est TETBB qui en a composé la B.O., aussi déjantée que le scenario.

Place ensuite au combo. Dirty Coq, Boogie Snake et Devil D’inferno vont nous livrer un set particulièrement nerveux de 60 minutes. Jérémy nous a confié que c’est la seule date pour cette année. En outre, que le band a fait le tour du rock garage. Donc que le prochain elpee sera totalement différent. Mais que les musicos doivent encore écrire les compos.

Le garage/punk/boogie/rock de The Experimental Tropic Blues Band est aussi crasseux et incontrôlable que jamais. Et puis, il incite toujours à se déhancher. Le combo va puiser, ce soir, largement dans le dernier opus. La frappe de David, sur ses fûts est sauvage et métronomique. C’est lui qui donne le tempo. Comme d’habitude, Jérémy dévore littéralement son micro et quand il pousse des gémissements ou éructe ses paroles, on imagine qu’ils ou elles émanent des entrailles de l’enfer. Perpétuel agité, Jean-Jacques ne tient pas en place et arpente le podium dans tous le sens. Il harangue constamment la foule dans le seul but de la faire réagir. Et dans la fosse, plutôt compacte, elle répond favorablement à son invitation. Tout au long de « Sushi », il souffle dans son harmonica comme un possédé asthmatique. Démoniaque ! Et puis, c’est devenu un rituel, il se lance dans la foule, après avoir abandonné son instrument pour se laisser porter à bout de bras. Les mains balaient alors son corps qui lâche alors des bruits aussi insolites qu’inattendus. Le set s’achève par le déjanté et frénétique « Keep This Love ». Jérémy n’en a pas profité pour exhiber ses bijoux de famille, lors de ce set. Il les a laissés dans son tiroir. En rappel, le trio va encore nous réserver « Jealous Rock », « Mexico Dream Blues », et « Garbage Man », un titre qui ne devait pas figurer dans la setlist.

Setlist : “Straight To The Top“, “Twose Dicks”, “Nothing To Prove“, “Express Yourself“, “We Ird“, “Baby Bamboo”, “I Went Down”, “Power Of The Fist”, “Disobey”, “Sushi”, “I Dig You”, “Keep This Love”.

Rappel : “Jealous Rock”, “Mexico Dream Blues”, “Garbage Man”.

(Organisation : Magasin 4)

Les Nuits Botanique 2019 : un cru très pétillant !

C'est dans un nuage de bulles de savon que les journalistes ont été accueillis ce jeudi dans l'Orangerie pour la conférence de presse des Nuits 2019. Et pour cause : le thème visuel de cette 26e édition est la bulle. Paul-Henri Wauters, directeur du centre culturel, a expliqué que cette image représente bien le côté psyché et dream-pop coloré, voire même métissé de la programmation.

Mais l'image représente également très bien le côté incubateur du Bota. Plus que jamais, le centre veut en effet être accoucheur de nouveaux talents locaux. Ainsi, en 2019, le centre culturel offre une 'résidence' à Atome, My Diligence, Ykons, Marc Mélia, Esinam, Namdose, Vehika, Beautiful Badness, Ozferti, Bimbo Delice, Okamy, run SOFA, Judith Kiddo et R.O x Konoba. Certains artistes sont par ailleurs en 'mandat résidentiel', ce qui signifie que le suivi de leur carrière est complet. Leurs heureux bénéficiaires en sont Atome, Esinam, Glauque, Martha Da’Ro, Aurel, run SOFA et Juicy.

Mais revenons aux Nuits... Cette année, l'odyssée comptera 13 soirées et proposera 52 concerts, 12 présentations de nouveaux projets, autant d’avant-premières et quatre créations. Comme l'année passée, c'est la famille Gainsbourg, certes élargie, qui occupera le haut de l'affiche, grâce à Lou Doillon. La fille de Jane Birkin succédera à sa demi-soeur Charlotte pour un concert très attendu sous le Chapiteau le 29 avril.

Mustii, qui rencontre un succès public retentissant, proposera une relecture inédite de son album « 21st Century Boy ». Les autres créations seront réalisées par :
- Esinam : expérience collective autour de l'univers afrojazz / electro de l'artiste ;
- la Grande Clameur : un rassemblement de 500 chanteurs et 50 accordéons, orchestrés par Jean-Paul Dessy ;
- Stephane Ginsburgh : intégrale des 10 sonates pour piano de Sergueï Prokofiev (dont la 10ème inachevée et inédite).

De nombreux groupes et artistes belges proposeront un nouveau répertoire en avant-première dont, notamment, David Numwami, Lomboy, Judith Kiddo, Great Mountain Fire, The Feather et Monolithe Noir/Percussive Ensemble. Au programme également, des concerts 'releases', l'occasion pour certains artistes locaux de fêter la sortie d'une nouvelle production. Ce sera le cas pour Romain Cupper, Halehan, Annabel Lee, Kobo, Black Flower, Ebbène, run SOFA, Aurel, Jeremy Walch, R.O x Konoba et Tanaë. L'ouverture dans la programmation se traduira par une présence accrue de groupes et d'artistes hi-hop et rap, dans une recherche de la qualité musicale et du mélange des genres.

A noter également, le warm-up des Nuits, qui se tiendra le 5 avril dans le quartier Saint-Géry et verra certains des artistes belges du festival pousser des disques dans le Café des Halles, le Roi des Belges, le Zebra et le Mappa Mundo.

On a également appris que le Botanique va installer un studio audio-vidéo en ses murs afin de permettre aux artistes en résidence de concrétiser leur travail sous la forme d'enregistrements ou de capsules vidéo.

Enfin, annoncée l'année passée, la rénovation des serres du Botanique sera réalisée dans les prochains mois, un travail colossal rendu possible grâce au soutien de la Communauté française. Ces travaux coïncideront avec le bi-centenaire du site. Quant à la perte, définitive, semble-t-il, de l'exploitation du Cirque Royal, désormais géré par la Ville de Bruxelles, elle devrait être compensée par l'intégration d'une nouvelle salle dans le giron du Centre. A suivre...

Pour consulter le programme des Nuits et pour acheter les tickets, c'est ici.

Tears For Fears

Début des eighties, ces beaux adolescents romantiques étaient très susceptibles de faire chavirer les cœurs…

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Originaire de Bath, en Angleterre, Tears For Fears est un duo réunissant Roland Orzabal et Curt Smith. Fondé en 1981, il est né en plein mouvement new wave. De 1983 à 1993, il a rencontré un énorme succès, accumulant toute une série de hits devenus emblématiques comme « Shout », « Everybody Wants To Rule the World » ou « Sowing The Seeds Of Love ». Et si après cette période faste il a connu un creux, il a quand même vendu, au cours de sa carrière, plus de 30 millions d’albums.  

TFF avait baptisé sa tournée européenne ‘Rule The World’. Une suite à son périple triomphal accompli en 2017, à travers le monde, dont le point d’orgue a été atteint lors d’un concert grandiose, accordé à Rio, face à 350 000 spectateurs. Ce tour du globe sert également de titre à son nouvel album, paru en novembre dernier, le premier depuis quatorze ans, une sorte de ‘Greatest hits’ enrichi de deux inédits, « I Love You But I’M Lost » et « Stay », que l’on espérait entendre ce soir. La tournée avait cependant été reportée en 2019, suite à des problèmes de santé rencontrés par d’un des deux membres du band.

Quelques mois après avoir décroché un énorme tube, grâce à « Stargazing », une chanson composée par Kygo, Justin Jesso est de retour. Après une tournée au cours de laquelle le Dj norvégien l‘avait emmené. De la même trempe, « My Body » (NDR : voir le clip ici) est à la fois dansant et tout aussi efficace.

Et c’est par ce morceau électro/pop qu’il entame son set. Justin siège derrière les ivoires, lors de la cover du « Make You Feel My Love » de Dylan, et sa voix est vraiment bouleversante. Multi-instrumentiste, il est aussi à l’aise au piano qu’à la guitare. Le show s’achève par l’inévitable « Stargazing ». Souvent les chanteurs ou chanteuses engagées par les Djs ne font pas long feu. Et bien, il faut croire que pour une fois, Justin Jesso sera l’exception qui confirme la règle… (pour les photos, c'est ici)

Setlist : « My Body », « One Good Reason », « Stitch 'em Up », « I Will », « Make You Feel My Love » (cover Bob Dylan), « Let It Be Me », « Getting Closer », « Stargazing ».

Quand les lumières s’éteignent, votre serviteur ne sait plus si on est en 2019 ou en 1985. Et pour cause, le 13 avril 1990, il assistait au concert de Tears For Fears, à Forest National. 27 ans déjà !

Pendant la version samplée de Lorde, les musicos s’installent. Un claviériste (synthé, Hammond), un drummer et la choriste Carina Round. Alors qu’elle entame le refrain, Smith débarque et salue la foule. Puis Orzabal. Le premier se charge de la basse, le second, de la guitare. De nombreuses barres de lumières projettent alors leurs étoiles. Et lorsque le set s’ouvre par « Everybody Wants To Rule The World », on se rappelle que, début des eighties, ces beaux adolescents romantiques étaient très susceptibles de faire chavirer les cœurs… Rien n’a changé : sauf que Curt Smith et Roland Orzabal, les deux âmes de Tears For Fears, ont 57 ans et leur public, pas loin… Des lumières bleues et jaunes inondent les premiers rangs. Le public est déjà debout et les smartphones s’illuminent. Des vidéos défilent sur un immense écran placé au-dessus des artistes. La setlist recèle 15 morceaux dont 12 sont issus des 3 premiers elpees, tous des hits planétaires. Puissants et énergiques, « Sowing The Seeds The Love », « Woman In Chains » et « Head Over Heels » sont parfaitement restitués et repris en chœur par les fans. En ‘live’, les versions sont même meilleures que originales. « Mad World » est à la fois tendu et intense. L’adaptation de « Change » est modernisée et vitaminée. Frémissant, « Suffer The Children » met en exergue un superbe duo avec Carina Round. Ce n’est pas Oleta Adams, mais plutôt soul, sa voix évoque celle de Beth Heart, et notamment tout au long de « Suffer The Children » et « Woman In Chains ». Plutôt paisible, la cover du « Creep » de Radiohead a de quoi étonner.  Pendant 75’, votre serviteur a eu l’impression de remonter le temps, peut-être à bord de la DeLorean DMC-12 du professeur Emmett Brown… Et en rappel, la troupe nous a réservé un « Shout » magistral, ponctuant un show, en tous points parfait… (pour les photos, c'est )

Setlist : « Everybody Wants To Rule The World », « Secret World », « Sowing The Seeds Of Love », « Pale Shelter », « Break It Down Again », « Advice For The Young At Heart », « Creep » (Radiohead cover), « Change », « Mad World », « Memories Fade », « Suffer The Children », « Woman In Chains », « Badman's Song », « Head Over Heels, Broken ».

Rappel : « Shout ». 

(Organisation : Greenhouse Talent)

Steven Wilson

Accueil royal pour le 'Wilson-King'...

Moins d'un an après sa dernière visite, accordée à l'Ancienne Belgique, et quelques mois après son passage, très remarqué, à Werchter, Steven Wilson est de retour en Belgique, et pour la circonstance, au Cirque Royal. Le Britannique est auréolé du succès, aussi imprévu que colossal, de son dernier opus : « To The Bone », qui a largement dépassé les ventes de toutes ses autres plaques, y compris celles réalisées par son précédent groupe, Porcupine Tree. Tenez-vous bien : « To The Bone » a même atteint la deuxième place dans les charts outre-Manche ! Un exploit pour un artiste plutôt 'alternatif'. Il faut dire que le simple « Permanating », aux sonorités très pop, est destiné à attirer un nouveau public.

On mesure le chemin parcouru par le 'King of Prog' et on doit reconnaître qu’il a réussi son pari : faire évoluer sa musique et gagner de nouveaux aficionados. Par contre, il a malheureusement perdu beaucoup de fans originels de Porcupine Tree, déçus par le côté nettement moins prog/metal des nouvelles productions.

Ce soir, le Cirque Royal affiche néanmoins complet et on ne peut que féliciter l'équipe de gestion qui a repris les rênes de la salle sous la houlette de Denis Gerardy :  le Cirque rénové est un joyau qui brille de mille feux et l'organisation y est impeccable.

Le concert commence par la projection d'un court-métrage, « Truth », qui met en scène les concepts développés dans l'album « To The Bone ». Le contraste entre les images et les mots affichés souligne tout le danger des nouveaux médias, au sein desquels le 'fake' et la désinformation prennent de plus en plus le pas sur la 'vérité'. La musique de fond devient progressivement plus sombre et une acclamation accueille les artistes au moment où ces derniers prennent place sur le podium.

Wilson est accompagné de son fidèle bassiste, Nicky Beggs (ex-Kajagoogoo, Steve Hackett) et du claviériste Adam Holzman, qui, excusez du peu, a côtoyé Miles Davis. Ils sont épaulés par le batteur Craig Blundell, un musicien de sessions et, à la guitare, Alex Hutchings, qui a remplacé Dave Kiliminster, occupé comme on le sait, par la tournée de Roger Waters.

 « Nowhere Now » ouvre le set et d'emblée, le ton est donné. Les riffs de guitare, inspirés par Rush, s'intègrent dans un cadre harmonique rappelant le Pink Floyd de « Learning To Fly », mais l'ensemble porte l'empreinte, indélébile, de Steven Wilson. On le constatera tout au long de ce concert, l'artiste est passé maître dans l'art de s'approprier un éventail extrêmement large d'inspirations musicales, de les digérer et de fournir, au final, une signature unique, reconnaissable entre mille. La marque des grands artistes.

Pour la chanson suivante, « Pariah », la vocaliste israélienne Ninet Tayeb, absente, apparaît en vidéo sur le voile transparent dressé entre le podium et le public. Ce titre, très pop dans sa structure, révèle le côté foncièrement sociologique des thèmes abordés par Wilson dans les paroles de ses chansons.

Sur la scène, l'artiste évolue pieds nus, suivant son habitude. A plus de 50 ans, il a toujours son éternel look d'étudiant de fac. Planté au centre de l’estrade, il joue au chef d’orchestre au sein de son supergroupe. Il passe de la guitare électrique à la sèche, stimule en permanence ses musiciens ; et parfois, sans instrument, souligne les impulsions majeures de l’expression sonore.

Après « Pariah », Wilson salue le public et l'invite à se manifester davantage : ‘Nous avons besoin de sentir votre enthousiasme !’ Poursuivant sur un ton très 'tongue in cheek', il explique que vu le couvre-feu imposé à 22h30, le show sera un peu raccourci et donc, pour une fois, il sera obligé de parler moins !

 « Home Invasion / Regret #9 », extrait de l'album « Hand. Cannot. Erase » permet au groupe de passer aux choses sérieuses. Après les compositions plus 'accessibles', place à un tour de force de plus de 10 minutes, où foisonnent les éléments metal, jazz-rock, voire même free-jazz, sans oublier les envolées prog/psyché. Un véritable patchwork évoquant King Crimson, Pink Floyd, Camel, Yes, Rush, Todd Rundgren (Utopia) et autre Van der Graaf Generator. Adam Holzman est ici parfaitement dans son élément et il s'offre un solo au mini-Moog complètement ahurissant. On pense à Happy The Man, ce groupe américain de la fin des seventies injustement sous-estimé, auquel Holzman voue, nous a-t-il confié en coulisse, une énorme admiration. Alex Hutchings prend le relais pour un solo 'gilmouresque' plus orienté rock mais tout aussi impressionnant. On en a des frissons dans le dos ! C'est enfin Wilson lui-même qui clôture la composition tout en douceur sur les cordes de sa guitare signée Paul Reed Smith.

 « Don't Hate Me » constitue la première incursion dans le répertoire de Porcupine Tree et la réaction d'une partie du public est, on s'y attendait, délirante. Le riff de guitare s'installe tout en douceur, lové dans les volutes atmosphériques créées à l'époque par le grand Richard Barbieri (ex-Japan). On ne va pas revenir sur la polémique 'Porcupine Tree versus Wilson en solo' mais on ne peut à nouveau que regretter la dissolution de ce groupe légendaire. Même si Wilson apportait la base des compositions, PT était le fruit d’un travail de groupe. Les musiciens étaient tous impliqués dans la composition et participaient également aux arrangements, ce qui expliquait leur richesse. Ecartant toute pensée négative, nous nous concentrons sur le spectacle, qui nous plonge dans un moment de pur bonheur, et notre gorge est serrée pendant le refrain : ‘Don't Hate me, I'm not special like you...’

Après ce moment magique, on revient sur terre. ‘Ce soir, j'ai envie d'être une rock star', confie Wilson, un sourire en coin. 'Mes deux nièces sont présentes dans la salle et je veux leur montrer que leur oncle est une star !' Et l'Anglais de supplier le public de lui faire un triomphe au cours de la prochaine chanson, surtout pendant le solo de guitare, qu'il interprétera, promet-il, sans regarder son manche ! 'Comme les Jimmy Page et autre Jimmy Hendrix !' C'est « The Same Asylum as Before » et pendant le solo, interprété sur une Telecaster vintage que Wilson a acquise récemment, le public sur-joue à la perfection, réservant un triomphe au chanteur-guitariste en plein ego-trip. Funny !

La partie suivante du spectacle est, sans doute, la plus faible, car ni « Get All You Deserve » ni « Ancestral » ne parviennent à nous faire décoller. L'interlude prévu normalement à ce moment-là est remplacé par deux solos, réalisés à la batterie et à la basse, le temps que les autres musiciens se rafraîchissent et reviennent pour « No Twilight... » mais surtout pour « Index ». Ce titre, extrait du second LP solo de Wilson, « Grace For Drowning », est un pur chef-d'œuvre. Le thème est on ne peut plus 'dark' :  un tueur en série raconte qu'il est juste un collectionneur incompris. La musique est à tomber... raide mort. C'est un crossover glaçant entre dark ambient, post-metal et trip-wave, un voyage menaçant et hypnotique qui creuse dans les tréfonds de l'âme humaine.

Contraste ô combien violent, le moment suivant est le plus 'commercial' de tout le spectacle. Certes, le single « Permanating » représente le plus large succès de Wilson à ce jour, mais on ne sait que penser de ce titre bâtard, constitué d'un collage maladroit de phrases musicales empruntées aux années '80. Le refrain s’inspire un peu trop d'Abba, et notamment de « Mama Mia », le couplet de Flash and The Pan et le bridge d'Electric Light Orchestra. Et le résultat pourrait figurer sur la face B d'un mauvais single de Coldplay. Wilson a beau le présenter comme un moment 'pop' qui, loin de la morosité dépressive de ses autres compos, évoque une 'célébration de la vie', on attend juste que le moment passe… et le plus vite possible.

Dans la foulée, « Song of I » prolonge l'ambiance 'Années 80' en réanimant ouvertement l’esprit de Prince. Ici, à nouveau, la voix féminine est diffusée en playback et l'attention du public se focalise surtout sur la superbe vidéo, mettant en scène une danseuse, dont la silhouette est projetée sur le voile au-devant de la scène. A partir du milieu du morceau, le son vire au 'dark trip-hop' façon Massive Attack, le tout rehaussé par des cordes kashmiresque : une totale réussite !

Après « Lazarus », nouvel emprunt à PT, l’instrumental « Vermillioncore » permet aux fans de metal de pratiquer un peu de 'headbanging', lors des passages plus 'heavy'. « Sleep Together » clôt le set, un morceau qui figure sur « Fear of a Blank Planet », sans doute le meilleur opus du défunt et mythique combo. L'intro, très dark électro, lorgne vers Nine Inch Nails et le refrain provoque une véritable explosion : ‘Let's sleep together... Right now’. Difficile de ne pas discerner une analogie entre ce refrain et celui de « Sweet Harmony » de The Beloved... La progression finale de la composition est irrésistible et mène inexorablement vers un orgasme sonore final...

En rappel, Steven Wilson offre un petit set acoustique, accompagné du seul Adam Holzman au piano. Au programme, deux compositions qui, aux dires même du musicien, tiennent parfaitement la route sous cette formule minimaliste. Une preuve que ce sont des bonnes compos ! Et on confirme. Tant « Blackfield », la chanson qui a donné son nom au projet d'Aviv Geffen, que « Sentimental », de Porcupine Tree, font parfaitement mouche. Pour clôturer le spectacle, on a droit à une tout dernière reprise de PT : « The Sound of Muzak » et, en point d'orgue idéal, « The Raven that Refused to Sing », probablement la plus belle composition de Steven Wilson. Assis sur un tabouret, il chante cette mélodie déchirante, rehaussée par la superbe vidéo d'animation de Jess Cope. On n’entend pas une mouche voler tout au long de cette chanson qui vous flanque la chair de poule. Le son quadriphonique renvoie des effets provenant des quatre coins de la salle, pour une expérience musicale totale. ‘I'm afraid to wake... I'm afraid to love...’

Un concert parfait à tous points de vue : son, lumières, vidéos, contact et bien sûr... les chansons. Steven Wilson appartient incontestablement à cette catégorie de génies polyvalents, au même titre que les Bowie, Reznor et autre Yorke, qui ont marqué d'une empreinte indélébile la musique 'indie' contemporaine. On est impatient de découvrir ce que le 'Wilson King' nous réserve dans le futur. Une reformation de Porcupine Tree pour un album et une tournée ? Faut pas rêver...

Setlist :

Intro - ("Truth" Short film)
Nowhere Now
Pariah
Home Invasion
Regret #9
Don't Hate Me (Porcupine Tree song)
The Same Asylum as Before
Get All You Deserve
Ancestral
Solos drums & bass
No Twilight Within the Courts of the Sun
Index
Permanating
Song of I
Lazarus (Porcupine Tree song)
Vermillioncore
Sleep Together (Porcupine Tree song)

Encore:

Blackfield (Blackfield song) (acoustic SW and Adam Holzman only)
Sentimental (Porcupine Tree song) (acoustic SW and Adam only)
The Sound of Muzak (Porcupine Tree song)
The Raven That Refused to Sing

(Organisation : Cirque Royal + Live Nation)

Photo : Nath Alie Héméra