Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de…

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Dour Festival 2018 : samedi 14 juillet

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En plantant sa tente à Dour, on oublie parfois que la vie continue à côté du festival. Des obligations familiales vont ainsi forcer votre serviteur à rentrer chez lui, sur le coup de 20h, ce samedi. Alt-J, notamment, passera donc à la trappe. Mais certains événements sont parfois plus importants qu’une manifestation musicale…

Le début de la journée est marqué par la petite finale du Mondial, diffusée sur grand écran. Les Diables Rouges l’emportent brillamment face aux Anglais et terminent à une troisième place historique. En parlant de british, on a l’occasion de profiter d’une partie du set de Baxter Dury, durant la mi-temps de la rencontre. La pop de l’Anglais est aussi classe que son look. Costume/cravate, coiffure impeccable et petit verre de vin rouge à la main, il semble débarquer d’une autre époque… Les quelques morceaux écoutés pendant cette pause permettent de se rafraîchir (l’esprit) avant de replonger dans la fournaise de la plaine.

On enchaîne par FùGù Mango. Anonyme il y a encore quelques années, le groupe belge a connu une ascension fulgurante en à peine deux ans. Le quatuor a trouvé son créneau grâce aux percussions africaines qui subliment véritablement leurs morceaux. Une preuve ? La reprise du « Golden Brown des Stranglers. Elle est totalement différente de la version originale, mais surtout en se la réappropriant, le band l’a transcendée. L’ambiance est propice à la danse. Le chapiteau semble trembler suivant les rythmes imprimés par les frangins Lontie. Et on comprend mieux pourquoi la formation est devenue une valeur sûre, sur la scène noir-jaune-rouge. Avec FùGù Mango, c’est la fête !

Déjà plus que deux concert pour ma part… Direction le Labo pour assister à celui de Porches. Il s’agit du projet d’Aaron Maine, un Américain responsable de trois albums à ce jour. Et son dernier, « The house », paru en janvier dernier, est une véritable révélation. Douce mais très bien construite, sa pop lorgne subtilement vers celle de Perfume Genius. Sympathique, talentueux, l’artiste plaisante entre les différents morceaux. Son thème favori ? La chaleur sous ce chapiteau, bien sûr ! On se laisse bercer par la musique du songwriter. Et la petite touche expérimentale qui alimente certaines de ses compos rend son set à la fois intéressant et agréable. Un chouette moment !

Avant d’être rappelé à certaines obligations, un petit crochet via la Caverne s’impose. Chelsea Wolfe y est programmé. Gothique, son rock est une référence dans le genre. Mais il manque d’audace et ne parvient pas à soulever mon enthousiasme, outre mesure. Il y manque le brin de folie.

Voilà, je dois en rester là malheureusement aujourd’hui. La vie réelle me rappelle, mais demain, le final sera grandiose !

(Organisation : Dour Festival)

Voir les photos sur le site nl, ici 

Chaussée Summer Festival 2018 : samedi 14 juillet

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Tout comme la veille, lors de l’ouverture du festival, il n’y a pas grand monde sur la plaine. Il est vrai qu’il n’est que 18 heures…

Dj (Rémi-G) mixe les morceaux qui s’enchaînent. Cependant, l’organisateur a décidé de retarder la programmation du festival de 30 minutes. Lorsque Sonnfjord ouvre les hostilités, le peuple a quand même décidé de rappliquer. Faut dire aussi que les Diables Rouges viennent de terminer leur rencontre face à l’Angleterre. Considéré comme une étoile montante, Sonnfjord est issu de Braine-l'Alleud. Drivée par la vocaliste Maria-Laetitia Mattern, la formation implique également son frère, Aurelio (Paon, Lucy Lucy), aux claviers, Jérome Van Den Bril, à la guitare ainsi que Fabio Zamagni (Noa Moon), aux drums. Ce soir, François De Moffarts est remplacé par Maxime Honhon (Solkins, Edor, Konoba), à la basse et au chant. Le quintet va nous présenter de larges extraits de son dernier Ep, « City Lights ».

Caractérisé par sa mélodie élégante, « Dust And Shapes » ouvre le concert. Maria-Laeticia ondule des bras sur place. Particulièrement interactive, elle a la bougeotte, sautille et invite le public de se rapprocher. Elle se plante pendant « Instru », mais reprend aussitôt le tout à zéro. Et brillamment. Au fil des concerts, le combo a acquis une nouvelle maturité et une maîtrise incontestable sur les planches. Véritable bête de scène, Maria chante, la plupart du temps, dans la langue de Shakespeare. Elle interprète cependant, « Tu dors debout », dans celle de Molière, d’une voix susceptible d’évoquer tour à tour Gabrielle Aplin, Noa Moon ou encore Claire Louise, et lorsqu’elle devient un peu plus graveleuse, Ann Arbor. Sur les planches, la complicité entre le frère et la sœur est incontestable. Ils se multiplient tout au long de « Light ». A l’origine tramée dans le folk, la musique du combo s’est convertie successivement à la pop et l’électro. Elle est même devenue davantage atmosphérique. Et le set de s’achever par l’évanescent, « Escape »…

Pendant qu’on installe le matos de Kid Noize, Greg Avau exécute des selfies derrière le podium. Quatre heures sont nécessaires pour réaliser le maquillage du célèbre masque de singe sur l’ancien leader de Joshua. Tête d’affiche du festival, Kid Noize est attendu de pied ferme par un public, chaud-boulette. Mais le boss du label ‘Black Gizah Records’ va mettre le feu pendant plus de deux 2 heures trente. La régie-lumières a du boulot. Là-haut, ‘Kid’ est face à sa ‘Noize’ qui scintille de mille et une lumières. Il est en perpétuel mouvement derrière sa table. Un peu comme Martin Solveig, Henri PFR ou Lost Frequencies. Finalement, David Guetta est un fantôme à côté de ces Dj’s…

Le set est programmé en crescendo. Deux fois trente minutes d’échauffement par paliers, avant les 75 minutes de plat de résistance. Les tubes défilent : depuis « Brooklyn » à « Dark », en passant par « Jackass » et « Ocean ». Impossible de ne pas avoir des fourmis dans les jambes. Tout le monde lève les bras en l’air et participe à la fête. Ou au souk, si vous préférez. De quoi oublier les problèmes de la vie…

Autre cover band, Happy Hour embraie. Mais votre serviteur a soif et mal aux guiboles. Un peu de repos n’est pas superflu, avant de rentrer au bercail, après deux journées particulièrement festives. En tout cas, un grand bravo à l’organisation pour son professionnalisme. A l’an prochain !

(Organisation : Groupement des jeunes ASBL)

 

Cactus Festival 2018 : samedi 14 juillet

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Nous sommes le 14 juillet. Soit le jour de la fête nationale en France. Mais surtout, les Diables Rouges rencontrent l’Angleterre, pour tenter de décrocher la troisième place, dans le cadre du la Coupe du Monde de football. Et tout est prévu, pour assister à ce match, diffusé sur grand écran, sur le site du festival… Bon n’oublions pas quand même, le programme musical…

tUnE-yArDs nous vient de Nouvelle-Angleterre (NDR : c’est au Nord-est des States !) et se produit un peu après 15 heures. Il s’agit du projet de Merril Garbus, dont la musique, hybride, dansante, imprévisible, foutraque, ludique et complexe, est contaminée par l’électro, le hip hop, le folk, le funk, le r’n’b et la world. Entre autres. Vu l’avis émis par Nick, le correspondant néerlandophone, le set était aussi intéressant qu’original. On en prend note et on reviendra certainement revoir la multi-instrumentiste et ses acolytes, dès qu’elle revient près de chez nous. Et désolé également pour Interglactic Lovers, dont le show, programmé en pleine rencontre de l’équipe nationale, est également passé à la trappe.

Parmi les hipsters, Sampha est considéré comme le nouveau Messie. Ce Britannique a remporté le prix ‘Mercury’, en 2017 pour son premier opus, « Process ». L'artiste a milité chez SBTRKT et s’est forgé une notoriété comme producteur, bossant notamment pour Kanye West, Solange, Drake et Jessie Ware. Hormis la fin de parcours bien plus percussive et percutante, son cocktail sophistiqué entre r’n’b et électro, proche de l’univers d’un WWWater, s’est révélé un peu trop terne ; sa voix plus grave que sur disque, accentuant cette impression. Pas terrible, quoi !

Charlotte Gainsbourg est toujours parvenue à s'entourer de bons producteurs et auteurs-compositeurs tels que McCartney, Beck, Jarvis Cocker, Daft Punk ou Air. Mais elle se produit rarement en concert. Et pourtant, elle est partie en tournée avec un groupe, pour défendre « Rest », son nouvel elpee. Avant que la formation ne grimpe sur l’estrade, on remarque la présence de 10 cadres, dont les contours sont dessinés par des néons blancs et au cœur desquels sont tendus des moustiquaires. Etrange… Les musicos débarquent. Il y a un drummer, installé de biais, dont le kit de batterie est transparent. Il arbore une longue chevelure comme les métalleux. A droite de l’estrade, s’est planté un claviériste, qui va, circonstanciellement, se reconvertir en guitariste ou en bassiste, et assurer certains backing vocals. Et puis un bassiste, qui va aussi, suivant les morceaux, passer à la six cordes. Enfin, un drôle de bidouilleur. Constamment agité, il se sert d’un synthé et surtout d’une drôle de machine. Verticale, elle ressemble à un tableau de contrôle aéronautique. Sans oublier un chanteur, dont le falsetto est absolument impeccable, et qui soutient parfaitement la voix de Charlotte, pas toujours clairement audible. Charlotte rejoint ses musiciens. Elle s’assied derrière un clavier et l’encadrement central. Tous sont vêtus de pantalons noirs et de t-shirts blancs, sauf Charlotte. Elle a opté pour la tenue en jeans. Y compris la veste, comme ses musicos, mais que la plupart vont abandonner en cours de set. Le show s’ouvre par « Lying with you », un extrait de son dernier opus. La majorité des titres proposés seront d’ailleurs issus de cet elpee. Avant « Sylvia Says », Charlotte rend hommage à la poétesse Sylvia Plath. Lorsqu’elle n’est pas derrière le micro, l’artiste se lève et empoigne le micro à deux mains. Sa fragilité et sa timidité sont déconcertantes. Mais le sommet du concert est atteint par « Deadly Valentine ». Elle s’assied sur une estrade, regarde la foule. Puis se relève et participe activement à cette superbe et longue version qui va s’achever dans le psychédélisme. Veste à la main, elle interprète « Kate », en hommage à sa sœur disparue ; mais dans le cadre du fond. Un peu comme une mannequin occupée de poser pour les photographes. Et lors de cette chanson, les interventions au micro du chanteur falsetto sont remarquablement complémentaires. C’est de retour au piano qu’elle attaque « Charlotte forever », une chanson signée par feu Serge, son paternel. « Les oxalis » flirte carrément avec le disco, mais dans l’esprit de Georgio Moroder. Mais c’est lors de la cover de Kanye West, « Runaway », qu’on se rend vraiment compte que lorsqu’elle n’est pas chuchotée, sa voix ressemble terriblement à celle de sa mère, Jane Birkin. Attendrissant ! Et le set de s’achever par la compo la plus controversée de Gainsbarre, « Lemon incest ». Un concert de bonne facture, au cours duquel on a pu se rendre compte de l’excellence des musiciens qui constituent son backing group.

Il y a un monde fou pour le concert d’Arsenal. Il doit y avoir 10 000 personnes dans la plaine. Quelques problèmes techniques retardent le début du spectacle. Mais quel spectacle ! Surtout les trois premiers quarts d’heure. La troupe (NDR : une bonne dizaine en tout, dont trois choristes) va mettre le feu sur le site, grâce à une musique dynamisée par des percus singulièrement efficaces. Sans oublier le son de la guitare très eighties, dispensé dans l’esprit d’un Sad Lovers & Giants. Parfois, lorsque les chœurs féminins atteignent toute leur puissance, on ne peut s’empêcher de penser à Abba voire aux Spice Girls. Toute la foule danse et veut participer à cette grande fête. Même quand John Roan chante un titre dans un portugais approximatif. Le public entre en délire lors des finaux « Temul » et « Lotuk » ; mais là on est passé dans le registre électro pouète-pouète. Enfin, pourvu que le peuple s’amuse…

On ne s’attardera pas trop sur la prestation d’Emeli Sandé qui a clôturé le samedi. Après un excellent premier morceau intitulé « Heaven » (NDR : c’est son single !), le soufflé est rapidement retombé. Et malgré le concours de 13 musiciens, la suite s’est révélée sans âme… A demain !

(Organisation : Cactus Festival)

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Dour Festival 2018 : vendredi 13 juillet

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La fatigue commence déjà à éprouver les organismes en ce troisième jour de festival. Comme souvent, la nuit a été courte ; d’autant plus que le soleil transperce la toile des tentes dès 8h du matin.

Après une douche obligatoire, on se dirige, début d’après-midi, vers La Petite Maison dans la Prairie, où BRNS va se produire. Le quatuor est certainement un des plus originaux mais également un des meilleurs groupes rock en Belgique. La formation construit ses compos lentement, en crescendo, avant d’atteindre l’explosion finale, une expression sonore portée par la voix d’un chanteur, également préposé aux fûts. Le groupe a acquis une notoriété certaine. Ce qui explique pourquoi le chapiteau est bien rempli, alors que nous ne sommes que le vendredi soir. Après un début de set fracassant, au cours duquel le combo va nous réserver quelques nouveaux morceaux mais surtout l’incontournable « Deathbed », exceptionnel de constance, le climat va devenir plus paisible à partir de « Forest », avant de reprendre de l’intensité lors du méga tube, « Mexico », un titre qui va mettre littéralement le feu à cette petite prairie. Nonobstant le ventre mou du show, BRNS a confirmé son statut de top groupe du plat pays.

On décide de rester sur place pour celui de Shame, un band attendu avec grande impatience. Véritable révélation outre-Manche, les gamins de Londres se sont signalés cette année grâce à leur excellent premier elpee, « Songs Of Praise ». Après avoir passé la nuit dans l’avion, depuis le Canada, les Anglais débarquent à Dour, la mine bien fatiguée… Qu’importe, une petite bière et c’est reparti. ! Le punk typiquement british de Shame fait mouche instantanément. Les gars de Brixton sont des disciples du célèbre Fat White Family… Et on s’en compte à travers le jeu de scène de Charlie Steen qui s’inspire grandement de son illustre mentor, Lias Saoudi. Il pose des gestes insensés, saute dans la fosse ou encore prend des bouteilles d’eau sur la tronche. Côté musique, le band va interpréter l’intégralité de son album, sublimé par l’excellent single « One Rizla ». La voix est rauque, la batterie, puissante et la guitare, agressive : une recette punk dans toute sa splendeur !

On reste dans l’univers du punk, mais préfixé par le terme post ! Direction la Caverne pour Preoccupations. Il s’agit du premier passage à Dour de ce groupe de post-punk. Les Canadiens restent néanmoins injustement méconnus ; et il est décevant de voir cette faible affluence sous le chapiteau. Faut croire que la découverte n’est plus dans les petits papiers du mélomane lambda… Et pourtant, le combo va démontrer qu’il mérite bien mieux que cette ingratitude. D’abord, il peut compter sur un remarquable batteur, capable d’imprimer (NDR : et le mot est faible !) le tempo, sur tous les morceaux. La plupart des compos sont d’ailleurs construites sur le drumming de Mike Wallace. Le quatuor s’appuie aussi sur la superbe voix du très sympathique Matt Flegel. De « Memory » à « Silhouettes », presque tous les tubes y passent. Dommage quand même de ne pas avoir inclus l’exceptionnel « Death », au sein du tracklisting. Un petit regret pour ce set qui n’a guère dévoilé de surprises, mais s’est révélé diablement efficace.

Il est 20h15 quand Slowdive pénètre sur l’estrade de la scène de la Petite Maison dans la Prairie. Après 20 années d’absence, les Anglais ont publié une pépite de shoegaze, en 2017. Un véritable tour de force ! On avait donc hâte d’assister à ce concert. Mélodieuses, parfois douces, mais surtout atmosphériques, les compostions sont enchanteresses et propices au rêve. En outre, la petite touche dreampop injectée dans leur expression sonore ne fait qu’accentuer la sensation de légèreté. Que du bonheur !

Changement de style à la Caverne, où se produit de groupe de rock, The Bronx. Le chanteur met une ambiance incroyable. Après deux titres, il rejoint l’auditoire et commence à pogoter avec tout le public. Il finit même par monter sur un pilonne, avant de se jeter dans la fosse. C’est une formation véritablement taillée pour le ‘live’ ! D’ailleurs, du show, on retiendra surtout son aspect festif, plutôt que la musique en elle-même. Mais en concert, c’est également très important !

Nouveau changement de genre grâce à Mogwai. Les maîtres du post-prog-rock sont de retour à Dour. La construction des morceaux constitue toujours leur atout majeur. Le calme avant la tempête, c’est ainsi qu’on pourrait décrire métaphoriquement sa musique. Après la tornade Bronx, rien de tel pour se détendre un peu…

Un crochet par la Last Arena pour jeter une oreille au set de Soulwax. Mais il est bien trop mou, et on décide de faire demi-tour. La scène principale est plutôt décevante, pour l’instant.

A contrario, l’electro d’Atari Teenage Riot retourne littéralement la Caverne. Le show est particulièrement agressif, mais il faut croire qu’il sert d’exutoire à la foule, quand minuit approche. Perso, j’estime que c’est beaucoup de bruit pour pas grand-chose. L’aspect mélodique est presque inexistant. Dommage !

On achève ce troisième jour tranquilou au Labo. Le Dj amstellodamois Young Marco passe en revue de nombreux styles musicaux. Et le plus sereinement du monde. Parfait avant d’aller ce coucher.

La température a bien chuté. Pour tenir le coup, ce samedi, quelques heures de sommeil sont indispensables. Il reste deux jours à gérer, et la météo annonce des records de température rarement atteints à Dour. Courage (NDLR : qui a dit fuyons ?) !

(Organisation : Dour Festival)

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Chaussée Summer Festival 2018 : vendredi 13 juillet

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Ce festival fête sa cinquième édition. Et pour la première fois, il s’étale sur deux jours. L’endroit est champêtre. Le chapiteau est installé dans une prairie derrière une ferme. A l’origine, l’événement se consacrait essentiellement à l’électro. L’an dernier la présence de Mister Cover avait permis de doubler la fréquentation de l’événement. Et il est à nouveau de la partie, cette année.

En débarquant à 18 heures, on constate que le matos de Mister Cover est déjà sur l’estrade. Et il est imposant. Le Dj Matt De K, est derrière les manettes. Malgré l’heure, le soleil tape encore très fort. Mais il n’y a pas grand monde pour assister au set du disc-jockey, qui pourtant s’applique et propose un répertoire intéressant…  

Il n’y a pas davantage de peuple –30 âmes au plus– pour accueillir Antoine Armédan. Issu d’Enghien, ce saltimbanque a un don particulier pour jouer avec les rimes et les métaphores. Il a une belle voix et s’accompagne à la guitare semi-acoustique. Il a publié un nouvel elpee, en décembre 2017. Intitulé « Sous la lune », il va nous en proposer, de larges extraits.

Le son est parfait ! Que ce soit devant le podium, à hauteur des consoles ou à l’arrière du chapiteau. Faut dire que la boîte qui s’en charge, Audio Side, est particulièrement pro. Pas besoin de bouchons dans les oreilles.

Le récital s’ouvre par le titre maître du dernier opus, un morceau de folk dépouillé et chargé de passion. Antoine aime parler de la vie, de voyages, de ses déceptions et de l’amour. Il puise ses influences, notamment, chez Cabrel, Souchon, Brassens, Béart et un Moustaki, mais en les cuisinant à la sauce contemporaine. « A la sauvette », compo qui raconte une histoire de contrebande, nous entraîne paradoxalement sur les plages de Kingston, en Jamaïque. Sur un fil tendu, il a l’audace de « L’Equilibriste ». Sa voix est émouvante, mais son discours est moins acerbe que celui de Cédric Gervy, un autre artiste enghiennois. Le manque de public ne le déstabilise cependant pas, d’autant plus que ce maigre auditoire est à la fois enthousiaste et participatif. Armédan possède un talent certain pour chauffer les salles. Il invite les quelques spectateurs à se rapprocher. Plus country, voire americana, « La Dégaine » nous emmène sur les grandes plaines de l’Ouest Américain. Il s’autorise une reprise ensoleillée de « La corrida », signée Cabrel. Il y a un même un grillon dans l’accent. « Sous la lune », « Tant que je passe » ou « La fille qui dort là-haut » parlent simplement d’amour. Et tout au long de « Plan A », dispensé lors de l’encore, il défend le statut d’artiste vilipendé par une certaine presse critique dans le sens négatif du terme. Au fil du show, la foule rapplique. Elle est même nombreuse, à la fin de son set. Antoine a convaincu par sa simplicité et son contact avec l’auditoire. Une chouette découverte…

Setlist : « Sous La Lune », « L’équilibriste », « Le Sac De Voyage », « A La Sauvette », « Tant Que Je Passe », La Fille Qui Dort Là-Haut », « Le Jardin Des Nouveaux Jours », Si Je te Disais », « Plan A », « La Dégaine », « Le Voyage ». « La Corrida » (Francis Cabrel)
Rappel : « Si Je Te Disais »

Il y avait déjà 400 préventes pour assister à la prestation de l’orchestre binchois, Mister Cover. Il ne faut pas oublier, qu’il s’est déjà produit à Forest National, et y retourne le 26 janvier de l’an prochain. Le public est familial et multigénérationnel. Antoine Goudeseune, le spécialiste des reprises en picking des Beatles, est derrière les manettes. Le concert prend un peu de retard. Puis les 6 membres de la formation, dont un chanteur et une chanteuse, soutenus par un claviériste, un drummer, un bassiste et un guitariste, attaquent leur faramineux medley, réunissant plus de 200 covers, qui traversent la pop et les variétés des 70 dernières années. Depuis Clo-Clo à Queen, en passant par U2, Police, les Stones, les Beatles, ils enchaînent sans interruption des versions qui durent parfois, à peine une minute. Bref, il y en a pour tous les goûts, tous les âges et toutes les couleurs. Le point d’orgue reste cependant, la farandole géante qui entraîne la foule, pendant la « Salsa Du Démon », lors du rappel. Comme lors d’un bal au village, dans les années 60 et 70.

La fête n’est pas terminée puisque des Dj’s vont animer le chapiteau, jusque 3 heures du mat’. Mais bon, il y a encore un jour de festival demain. Alors, autant conserver quelques réserves…

(Organisation : Le Groupement des Jeunes ASBL)

 

Cactus Festival 2018 : vendredi 13 juillet

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C’est l’été ! Soit la période des festivals. Mais en ce mois de juillet, le temps est particulièrement sec. En Belgique, de nombreux espaces verts sont desséchés. Et le Minnewaterpark n’échappe pas à la règle. Pour sa 37ème édition, le Cactus Festival a agrandi son site. Il inclut, notamment, une nouvelle plaine de jeux pour les enfants, dont un piscine, et surtout une zone prévue pour la finale de la Coupe du Monde… avec grand écran… mais d’abord, place à la musique… 

Lorsque votre serviteur débarque sur le site du Minnewaterpark, Jasper Steverlinck achève son show. Ou plus exactement, il accorde son rappel, en solo, puisqu’on remarque la présence de différents instruments sur les planches. L’ex-Arid (NDR : question de climat !) s’y accompagne à la gratte électrique. Avant de remercier la foule qui l’acclame. Difficile d’en raconter davantage vu le peu de temps au cours duquel on a pu assister à sa prestation…

Onze longues années que Buffalo Tom n’avait plus mis les pieds au Cactus. C’était en 2007, et à l’issue du set, le leader, Bill Janovitz avait accordé une interview à Musiczine (à relire ici). Le trio a publié un nouvel opus, « Quiet and peace », en mars dernier. Et il est donc reparti en tournée, pour le défendre.

Dès que le combo bostonien monte sur les planches, on se rend compte qu’il est en grande forme. Et puis, il ne faut pas oublier qu’il est resté très populaire en Belgique. Pour la circonstance, les musicos ont emmené leur famille, dans leurs bagages. L’occasion, d’ailleurs de croiser Bill, le dimanche, qui a non seulement une bonne mémoire, mais demeure aussi sympathique… Le set s’ouvre par « Summer’s gone ». Euh, pas vraiment… il est même plus présent que jamais. Le son est bon. Puissant mais pas assourdissant. La voix de Bill Janovitz est savoureusement écorchée. Et les harmonies vocales qu’il échange avec Chris Colbourn, son bassiste, sont toujours aussi complémentaires. Ce dernier joue, bien sûr de son instrument, comme une guitare. Mais le tandem peut s’appuyer sur le drumming de Tom Maginnis. Un métronome hors pair qui a probablement tout appris de John Bonham, mais a plus que certainement influencé Dave Grohl. Des spots illuminent ses cymbales par le dessous. Original ! Bill ondoie ou se tord sur place, comme un animal sauvage. Et il se déchaîne tout au long de « All be gone ». Son humour fait mouche et communique une bonne dose de bonne humeur à la foule, notamment lorsqu’il s’adresse à quelques riverains, qui assistent au set, depuis leur jardin. La foule reprend en chœur les paroles du refrain de « Taillights Fade », avant qu’en finale, caractérisé par son intensité électrique, « Velvet Roof » nous rappelle que Bill est fan de Neil Young… Un chouette concert !

Après Buffalo Tom, place à d’autres vétérans : Lamb. Fondé en 1996, le band a vécu quelques pauses, au cours de sa carrière. Ce soir, Andy Barlow et Lou Rhodes sont flanqués de deux complices. La formation déclare bosser sur de nouvelles compos, mais systématiquement, elle revient à ses sources électro. Et le concert de ce soir, en est une parfaite illustration. Il y a bien des accents drum'n'bass ou jazzyfiants dans l’expression sonore, mais pas de grande surprise, excepté la présence du fils de Barlow qui vient danser sur les planches. Il faudra cependant attendre la fin du show pour que l’ambiance se mette à véritablement décoller. Et tout particulièrement lors de l’inévitable « Gorecki » et surtout d’un incroyable « Little things », accordé en rappel…

A l’instar de Foo Fighters ou de Red Hot Chili Peppers, Triggerfinger a décidé d’engager un guitariste supplémentaire, en ‘live’. Mais est-ce vraiment une bonne idée ? Geoffrey Burton est loin d’être un manchot, mais paradoxalement, dispensée sous la forme d’un quatuor, la musique a gagné en puissance, ce qu’elle a perdu en intensité et en feeling. La notoriété nouvellement acquise serait-elle devenue un frein, voire un obstacle à la progression du band ? Ou alors en passant à un statut majeur, Triggerfinger négligerait-il ses fondamentaux ? Même son dernier album est passé inaperçu…

Une déception, comme la défaite des Diables Rouges contre la France. Mais on reparlera de football demain…

(Organisation : Cactus festival)

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Dour Festival 2018 : jeudi 12 juillet

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Il est temps d’entamer les choses sérieuses ! 

A partir de 14h30, les concerts vont se succéder, jusque 4h du mat’ ! Nous décidons de commencer la journée à la Caverne, où le trio liégeois Wyatt E. est sur les planches. Vêtus d’une drôle de robe qui les recouvre de la tête aux pieds, les trois musicos pratiquent un post rock sombre dont les très longs titres sont parsemés de quelques petites touches orientales. Un mix étonnant mais particulièrement agréable. Un peu de fraîcheur dans cette fournaise douroise…

Après un court passage peu convaincant par Ulysse, direction le Labo pour une nouvelle découverte. Il s’agit des Bruxellois d’Atome. A mi-chemin entre Etienne Daho, Metronomy et Beach House, le compos de ces trois compères gravitent autour de thèmes simples mais qui parlent à tous. L’alternance entre moments mélancoliques et joyeux résume parfaitement la complexité du monde dans lequel nous vivons. Petit bémol néanmoins, le chant n’est pas encore complètement au point, au contraire de l’instru qui est tout simplement superbe. Un groupe dont le premier opus sort prochainement et qu’il faut absolument tenir à l’œil.

Petite pause d’une demi-heure et c’est reparti ! Toujours au Labo, le Liégeois d’origine écossaise Théo Clark réalise un rêve de gosse en montant sur un podium de Dour. Celui qui a 32 ans, mais en fait facilement 15 de moins, livre un rock british classique mais diablement efficace. Assez proche d’Arctic Monkeys dans la structure et de Placebo pour la voix, le jeune homme parvient à remuer la foule durant 45 minutes, sous le chapiteau le plus chaud du festival. Autant dire que les gouttes de sueurs perlent sur le front de chacun des courageux spectateurs. Un concert très sympa !

La première déception de ce Dour 2018 nous vient de Son Lux. Américain, ce combo electro/pop n’était clairement pas à sa place dans une Petite Maison dans la Prairie bien trop lumineuse. Ce qui gâche l’intimisme des morceaux du band. Un set sans le moindre relief !

Au bout de 15 minutes, on met dès lors le cap vers le Labo, un peu au hasard. Mugwump s’y produit. Et quelle jolie surprise ! Son post-punk à la sauce hollandaise est sublimé par des guitares d’une folle puissance et illuminé par une voix éclatante. Et on reste jusque la fin du show, malgré la chaleur presque insoutenable qui règne sous cette tente. C’est dire si on a apprécié !

Direction la Caverne pour Kadavar. Les Allemands sont des abonnés au festival, mais également une valeur sûre. Impossible de s’ennuyer vu le nombre hallucinant de riffs de guitare qui traversent l’expression sonore. Black Sabbath, Led Zep et biens d’autres, sont les principales références du groupe. Du bon gros rock ‘old school’ !

Il reste deux concerts aujourd’hui pour nous. Et le premier va se révéler être une véritable tuerie. Souldout vient en effet livrer un de ses derniers concerts à Dour. Le duo a malheureusement décidé de se séparer à la fin de l’année. Et dans ce minuscule Labo, on va assister à un concert de classe internationale. C’est d’ailleurs la première fois que le chapiteau est complet. Le public ne s’y trompe pas. L’électro/pop tonifiante du band belge va absolument retourner la fosse. Chaque chanson est un tube en puissance, tellement l’interprétation est convaincante. Ce n’est pas compliqué : ils donnent absolument tout ce qu’ils ont en stock. Après une heure de claques conclue par «  I Don’t Want To Have Sex With You », nous n’avons qu’un seul regret : mais pourquoi se séparer, bon sang ?

La fatigue commence cruellement à nous envahir. Mais nous ne pouvons manquer les Chemical Brothers. Direction la Main Stage baptisée « Last Arena », à Dour. Même si ce n’est pas le style de musique que votre serviteur apprécie particulièrement, il faut avouer que le light show et les vidéos proposés par le duo mancunien sont assez sensationnels. Là on l’a vraiment, le groupe de renommée mondiale ; pas de doute !

Après une journée bien remplie, il est temps de retourner sous sa tente pour prendre un peu de repos, malgré le vacarme qui règne au sein camping. L’année prochaine, on n’oublie pas les boules quiès !! Et pas nécessairement pour les concerts…

(Organisation : Dour festival)

Voir les photos sur le site nl, ici

Dour Festival 2018 : mercredi 11 juillet

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Pour sa 30ème édition, le Dour Festival a mis les petits plats dans les grands. C’est un tout nouveau site, sis au pied des éoliennes, que nous proposent les organisateurs. Qui dit changement de lieu, dit aussi découvertes et surprises. C’est donc impatients et intrigués que nous empruntons la route vers Dour, ce mercredi.

Après avoir récupéré les bracelets, la file précédant les fouilles s’impose. Il fait chaud et ce moment n’est pas très agréable. Après plus de 30 minutes d’attente, elles se déroulent enfin, et on peut foncer vers le camping. Bonne surprise, il est situé à moins de 10 minutes du site du festival. Une sacrée amélioration par rapport aux autres années ! On s’installe tranquillement dans un petit coin et après un apéro indispensable, il est temps de mettre le cap sur la plaine...

Il s’agit d’un énorme terrain de forme plus ou moins ronde. Toutes les scènes se font à peu près face. Première conclusion : il est beaucoup plus grand, mais perd peut être un peu ce cachet intimiste qu’on pouvait ressentir sur la Plaine de La Machine à feu. On a en tout cas davantage l’impression de participer un grand festival. Par contre, l’endroit est assez majestueux, et les éoliennes ne font qu’accentuer ce sentiment.

Bref, le programme musical du mercredi n’est jamais très impressionnant. Il n’y a que quatre scènes ouvertes. Nous décidons donc de nous poser devant l’écran géant qui retransmet Angleterre – Croatie, en demi-finale de la coupe du Monde. Après la rencontre, on se dirige vers la Petite Maison dans la Prairie où Jon Hopkins se produit. C’est la grosse tête d’affiche du jour et le chapiteau est bien rempli. La musique électronique progressive et envoûtante du Londonien parvient à faire planer une heure durant les premiers festivaliers. Il est clair qu’il ne faut pas s’attendre à ce qu’il nous balance du gros son, mais les mélodies conclues par de grosses basses permettent parfaitement de lancer ce Dour 2018. Evidemment, les tubes s’enchaînent et on découvre aussi en ‘live’ les morceaux de son excellent dernier elpee, « Singularity ». Une très bonne mise en bouche avant quatre jours de folie !

Avant d’aller dormir, on profite de quelques instants de la techno démoniaque dispensée par Mr Oizo, à la Balzaal. L’ambiance est toute autre que pour Jon Hopkins : ça bouge dans tous les sens et le jeu de lumière est particulièrement impressionnant.

Le mercredi de Dour est toujours assez succinct en spectacles, mais la suite promet d’être bien plus conséquente au cœur de ce sublime nouveau site !

(Organisation : Dour Festival)

Voir les photos sur le site nl, ici

 

The Chills fond comme la neige…

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“Snow bound”, c’est le titre du future elpee de The Chills qui paraîtra ce 14 septembre. Il fera suite à l’excellent « Silver bullets », publié en 2015. Il est annoncé comme à la croisée des chemins de Guided By Voices, The Go-Betweens et R.E.M.

Pour écouter « Complex », extrait de cet LP, c’est ici

https://thechillsmusic.bandcamp.com/album/snow-bound

 

Nashville Pussy a les dents longues…

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Mis en forme par le producteur Daniel Rey (Ramones, White Zombie, Ronnie Spector, Raging Slab) et l’ingénieur du son David Barrick (Black Stone Cherry, The Kentucky Headhunters, Marshall Tucker Band), “Pleased to eat you”, le septième elpee studio de Nashville Pussy, paraîtra ce 7 septembre 2018.

Tracklist :

01. She Keeps Me Coming And I Keep Going Back
02. We Want A War
03. Just Another White Boy
04. Go Home And Die
05. Low Down Dirty Pig
06. Testify
07. One Bad Mother
08. Woke Up This Morning
09. Drinking My Life Away
10. Endless Ride

11. Hang Tight
12. CCKMP
13. Trying To Pretend That I Give A Shit

Le groupe se produira ce 4 août dans le cadre du festival Roadkill à Waarschoot.

http://www.nashvillepussy.com/

 

Réédition du premier album d’Allez Allez

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Après être remonté sur scène, Allez Allez va rééditer son tout premier elpee, « African Queen ». Le clip du remix de « She’s Stirring Up », avec Roméo Elvis en invité, prélude cette sortie. Bien évidemment, l’opus sera remasterisé et paraîtra ce 13 juillet prochain, incluant 3 nouveaux remixes, « African Queen » et « She’s Stirring Up », disponibles en download.

Pour découvrir la vidéo de « She’s stirring up », c’est ici

En concert :

21/07/2018 | Gentse Feesten (Gand)
19/08/2018 | Nandrin Festival (Nandrin)
13/10/2018 | CC Het Huys (Uccle)

20/10/2018 | YAP (Leopoldsburg)

Daddy Cookiz en mode D.I.Y.

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On l’attendait de pied ferme cette deuxième « Live Session », un mois à peine après la sortie de la première. Pour la circonstance, Daddy Cookiz nous plonge dans l’univers artistique du D.I.Y., une tendance plus que d'actualité. Le micro à la main, la boîte à rythmes à portée de l’autre, il nous entraîne dans le quartier nord de la cité ardente, au Comptoir des ressources créatives. ‘D.I.Y.…♪ On fait les choses par nous- même’ Là où résonnent ses premières ‘punchlines’

On découvre une ambiance lumineuse dans cet ancien hangar, où rôde une atmosphère créative à toute heure… Sous un nuage de poussière, on y travaille le bois, les métaux, l’encre ou encore le textile… Ce sujet, Daddy l’a mis au goût du jour parce qu’il le guide au quotidien, M.C. et beatmaker, Daddy maîtrise l’art de la plume dans tous les sens... street art et dessin forment aussi son quotidien ; d’ailleurs, on l’avait déjà découvert dans l’univers d’Atomic Spliff… Le système débrouille c'est une mentalité, un état d'esprit qui fait face à une société qui laisse peu d'espoir et de ‘plans de carrières’ aux nouvelles générations. C’est ce qui donne du corps à nos rêves, le message est simple: ‘les bâtons se cassent dans mes roues donc j'avance quand même…’

Pour découvrir le clip, c’est ici  

 

Nadine

Oh My

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Derrière ce patronyme se cache un trio (NDR : issu de Minneapolis) réunissant deux membres d’Ava Luna (Julian Fader et Carlos Hernandez) ainsi que Nadia Hulett, mieux connue sous le pseudo de Phantom Posse. « Oh My » constitue le premier essai de ce collectif inédit, un disque publié sur le label anglais, Memphis Industries (Field Music, Papercuts, Poliça, …)

Dès les premières notes de « Nook », on a la confirmation que Nadine a de la bouteille. La formation yankee pratique une forme de pop-lounge classieuse aux accents jazzyfiants, à l’instar de « Not My Kinda Movie ». Les arrangements sont subtilement brodés. Les claviers, la basse et les percus font bon ménage. Et la voix sensuelle de Nadia Hulett vient se poser naturellement sur l’expression sonore. Et elle devient même originale et visionnaire sur plusieurs plages, dans une atmosphère réminiscente des pianos-bars. Malheureusement, au fil de l’elpee, les morceaux commencent à se mordre la queue. Et par conséquent à manquer de relief. Suscitant quelque peu l’ennui. Dommage, car le début de parcours était particulièrement riche et plaisant…

Moscow Death Brigade

Boltcutter

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« Hoods up », le premier elpee de ce trio moscovite, avait apporté un vent de fraîcheur au sein du mouvement punk militant. Un genre qui a parfois du mal à se renouveler et à évoluer hors des cadres et des codes du genre. Antifascistes, MDB côtoie depuis une dizaine d’années, des activistes qui finissent morts ou emprisonnés. La Russie est un pays toujours aussi hostile à la liberté d’expression, malgré la chute du ‘Mur de Berlin’.

Boltcutter Vlad, Ski Mask G et Ghettoblaster G-Ruff agrègent rap, techno, punk et hardcore, afin de créer un style fédérateur destiné à la jeunesse russe tout en incitant les fans de musique à un dialogue interculturel. Non seulement le combo n’arrête pas de tourner, mais ses musicos sont également impliqués dans d’autres projets, dont Siberian Meat Grinder, une configuration davantage grindcore...

Celle de MDB est clairement plus électro. Les nappes de claviers sont plus présentes même si les beats imprimés par les boîtes à rythmes et les accès de basse sont toujours aussi puissants. L’implication politique du groupe est intacte. Leurs paroles scandées, parfaitement rappées, s’attaquent toujours au racisme, au sexisme, appellent à la solidarité avec les réfugiés (« Papers, Please »), à l’unité face à l’homophobie et à la lutte contre les grenouilles de bénitiers (« Brother & Sisterhood »).

En ‘live’, les membres du band portent la cagoule, afin de rester anonymes et se protéger contre les agressions de l’extrême droite, très active en Russie. Des shows malheureusement, trop souvent précipités, à l’instar de celui accordé au Magasin 4, l’an dernier. Cependant, s’il faut vivre sur une île déserte, votre serviteur emporte le disque…

Liima

1982

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Comment rebondir après avoir participé à la belle –mais trop courte– aventure d’Efterklang, mise entre parenthèses pour une durée incertaine, après avoir publié 4 albums (dont le grandiose « Magic Chair »). Trois des membres du magique groupe danois ont simplement décidé de continuer leur parcours musical au sein d’une nouvelle formation baptisée Liima. En compagnie du Finlandais Tatu Rönkkö, elle nous propose un second opus de pop racée et classieuse. « 1982 », la date de naissance de Casper Clausen, ex-leader d’Efterklang, marche sur les traces de ce combo tout en concédant d’indéniables touches 80’s. Le ton est cependant plus sombre et mélancolique que sur leur précédent essai « ii ». Depeche Mode et Joy Division ne sont jamais loin… Chris Taylor (Grizzly Bear) a apporté son concours lors des sessions d’enregistrement de cet opus, enregistré à travers l’Europe, un œuvre qui baigne au sein d’une ambiance rétro-futuriste de type ‘Blade Runner’, claviers martiaux (« David Copperfield »), funk venu du froid (« Life is Dangerous ») ou synth-pop (« Amerika ») illustrant le propos. La vie semble donc exister après Efterklang…

 

Ginkgoa

One Time (Ep)

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Intitulé « One time », le nouvel Ep (NDR : gravé l’an dernier, le premier –un éponyme– remonte à l’an dernier ; et il avait affolé les compteurs) de Ginkgoa est paru ce 15 juin. Une imparable machine à danser réunissant la New-yorkaise Nicole Rochelle, une militante Femen très engagée, et le Parisien Antoine Chatenet.

Après avoir tourné à travers toute l'Europe, pendant 4 longues années, en compagnie de Jérome Savary, pour interpréter le premier rôle de son spectacle, Nicole rencontre Antoine à Paris et tombe immédiatement sous le charme de sa plume. Ginkgoa vient de naître. Si New York chantait Paris. Si les films des années trente reprenaient leurs couleurs originelles, au cours desquels Jeanne Moreau et Anna Karina danseraient l’une avec l’autre dans un de ces cabarets où l’on entendrait Billie Holiday. « One Time », la première vidéo extraite de l’Ep, rend hommage aux femmes, en dénonçant le regard machiste du cinéma hollywoodien. En remontant des images issues des films des années 50, Ginkgoa a voulu nous interroger sur le regard porté par le cinéma sur les femmes. Un message fort à découvrir tout au long du clip qui est consacré à ce morceau ; et il est à découvrir ici

Responsable de mélodies pop ultra catchy, la paire nous entraîne dans une véritable transe, en empruntant des sonorités swing au vieux New York. Ces étourdissants rythmes électro ou si vous préférez ces beats à coloration ‘French Touch’ n’ont qu’un seul objectif : faire danser tout ce qui est susceptible de… danser…

Et de l’électro swing, le couple en consomme allègrement. A l’instar du classieux « Boy Bounce », hanté par Caravane Palace. Puis de « Don’t give a damn », une plage composée dans une chambre d'hôtel lors de la tournée chinoise. « What We Do » consomme une bonne dose de modernité. Zoé Colotis ne pouvait pas faire mieux.

Et toujours bien électro, « Got To Gimme » clôt ce disque. Rien de tel pour avoir des fourmis dans les jambes. En ‘live’, cette plage doit vraiment déménager…

Jack Cooper

Sandgrown

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Loin d'être un inconnu, Jack Cooper est surtout notoire au sein d’un duo qu'il forme avec James Hoare, chez Ultimate Painting. En outre, il participe régulièrement aux sessions d’enregistrement des elpees de Mazes, un groupe indie rock mancunien. Il vient donc d’ajouter une corde à son arc, en se lançant dans une aventure solo. Pour laquelle, il ouvre son compteur albums. Un premier elpee qui s’intitule "Sandgrown".

C'est chez lui à Londres que le songwriter a enregistré les neuf morceaux de cet opus publié sur le label Trouble in Mind (Jacco Gardner, J.C Satan, Ultimate Painting, ...) Et sur un simple quatre pistes. Pas étonnant que son folk/rock soit aussi minimaliste. L’Anglais pose sa voix faussement nonchalante tout en tramant ses mélodies à l’aide de sa gratte, alors que la batterie imprime paisiblement le tempo. A l’instar de l’excellent « Stranded Fleetwood Blues », ses ballades sont langoureuses et mélancoliques. On pense parfois à Ultimate Painting mais également à Pavement voire Silver Jews. Dommage ce manque de variation dans le rythme. Un petit coup de boost de temps à autre aurait été le bienvenu….

 

The Barr Brothers

Queens of the breakers

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The Barr Brothers réunit deux frangins américains exilés à Montréal, Andrew et Brad. Lors des sessions d’enregistrement de cet opus, la fratrie était toujours soutenue par Sarah Pagé (NDR : elle a quitté le groupe en 2018, pour embrasser une carrière solo). Fondé en 2010, le combo a publié quatre elpees à ce jour, dont les trois premiers ont rencontré un certain succès. Ce qui lui a permis de décrocher plusieurs nominations aux ‘Juno Awards’, mais également d’assurer le supporting act pour, notamment, Calexico, War on Drugs ou encore My Morning Jacket.

Quatrième opus, « Queens of the Breakers » baigne, le plus souvent, dans une forme de folk/americana/roots réminiscent des 60’s voire des 70’s. Les harmonies vocales conjuguées par les deux frangins rappellent très souvent Simon and Garfunkel. Et « Song that I Heard » en est certainement la plus belle illustration. Les pistes les plus pastorales évoquent Cat Stevens. Mais l’expression sonore peut également se nourrir de psychédélisme (« Look Before it Changes »), de blues/rock bien électrique ou encore lorgner carrément vers Neil Young. 

Un long playing aux références très américaines, mais qui ne manque pas de charme…

 

Jake Xerxes Fussel

What in the Natural World

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Jake Xerxes Fussel a vraiment un  drôle de nom. Pourtant, ce n’est pas un obscur mariachi, mais un véritable amoureux du folklore yankee, tout simplement… Tout au long de son second opus, ce Géorgien revisite, en effet, la musique américaine ancestrale de fort belle manière. Il adapte ainsi un répertoire majoritairement issu du Sud des Etats-Unis. A l’instar du « Jump for Joy » de Duke Ellington, « St. Brendan’s Isle » de Jimmy Driftwood ou « Bells of Rhymney » d’Idris Davies. Des contes parfois quasi centenaires –à l’esprit blues indéniable– retraçant l’histoire locale peuplée de mineurs et autres chercheurs d’or, qu’il interprète en s’accompagnant à la sèche ou à l’électrique, en superbe fingerpicking, mais également en tirant parti d’une steel, d’un banjo ou d’un melodica. Et le songwriter a le bon goût de préserver le caractère éternel des compos tout en leur communiquant une coloration moderne. Un magnifique travail de préservation culturelle des gloires locales du passé…

 

LaSemo 2018 : dimanche 8 juillet

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Nous sommes déjà à l’aube de cette fin de onzième édition du LaSemo.

Organisé au cœur d’Enghien, ville francophone à facilités, ce festival est parvenu au fil des années à se frayer un chemin parmi les grands et à se créer une vraie singularité.

La population est clairement différente d’autres événements de ce type. Ici, pas de crêtes colorées, le people ne scande pas ‘Lasseeemmmmoooooooo’ à tue-tête et les gobelets ne sont pas jetés au sol, mais dans les nombreuses poubelles qui font partie intégrante du décor.

Signe des temps, les fouilles corporelles ont cédé le relais à un contrôle plus léger. Le caractère anxiogène des attentats, s’il n’a pas disparu, a laissé place à plus de quiétude.

Il fait chaud. Même très chaud. Presque caniculaire. La sueur perle sur les fronts. Les casquettes et lunettes de soleil sont vivement conseillées.

L’affiche est intéressante. Plus relevée que la veille, grâce notamment à la présence d’Ozark Henry.

Lorsque votre serviteur débarque sur le site, le Gustave Band Brass pousse la chansonnette. Malheureusement, c’est presque la fin de son concert.

Ces gaillards sont tous pratiquement issus de la Faculté d’Agro de Gembloux.

Ils sont bien une dizaine de dingos sur la ‘Scène de la Tour’. Tantôt cuivré, tantôt cordé, leur bazar percute à l'unisson entre reprises endiablées et compos déjantées.

Ils auraient aimé jouer trois heures durant (nous aussi !), mais les contingences liées au temps rendent ce souhait impossible.

Direction maintenant la ‘Guiguette’. MortalCombat s’y produit. Oui, vous avez bien lu ! L’orthographe est quelque peu différente de celle du célèbre jeu né au cours des années 90.

Il est quinze heures. L’endroit est propice à un bel ombrage et une brise légère vient adoucir les fronts luisants.

Le claviériste sortant de BRNS ainsi que sa comparse et compagne à la ville, Sarah, accusent une bonne dizaine de minutes de retard. La faute à un câble USB défectueux. Victor a dû mener tambour battant une quête chez une voisine (ça ne s’invente pas !) pour se procurer le précieux graal…

Posée sur une toile légère et fibreuse, la musicalité du binôme sexué navigue entre douceur, nonchalance, vague à l’âme et pop sulfureuse, finement épicée.

Mortalcombat revisite la pop française en y ajoutant de la modernité à l’aide d’envolées synthétiques. Si cet idiome permet d’insuffler davantage de subtilité dans le texte et le chant, il est plus difficilement exportable que l’anglais.

Les comparses n’ont que faire de cet aspect purement marketing.

Lorsqu’on choisit de chanter dans la langue de Molière, il est souvent aussi difficile de trouver un compromis entre les sons, les harmonies et les textes. Or, à l’écoute des chansons l’équilibre est atteint, grâce ces loops qui viennent enrichir l’expression sonore…

Le grain de voix éthéré et l’attitude scénique mollassonne de la vocaliste provoque la somnolence d’un auditoire plus enclin à siester qu’à remuer le popotin.

Pourtant, quatre garçonnets âgés d’à peine dix ans se prennent au jeu et livrent une chorégraphie digne de Kamel Ouali sur un titre up tempo baptisé « Tu prends l’air ».

C’est vraiment dommage parce qu’il ne s’agit pas que de simples mots posés ci et là maladroitement au gré d’un imaginaire narratif, mais d’une comptine aux accents surréalistes dotée d’un pouvoir surnaturel qui emmène son auditoire vers une forme d’onirisme auquel il est difficile de résister.

Le résultat procure une musicalité dont la vague émotionnelle sans précédent est susceptible de suspendre le temps. A l’instar de « Beau et décadent », premier clip (voir ici) tourné par le band dans le quartier bruxellois de Saint-Gilles, où ils vivent, et qui met en scène la donzelle à la recherche de l’homme idéal.

Malgré les efforts surhumains du couple, le public reste assez frileux et semble ne pas se presser au portillon.

Peut-être qu’une prestation de ce genre aurait eu davantage d’impact au sein d’un endroit un peu plus intimiste afin de cerner toutes les nuances d’un exercice de style aux couleurs chatoyantes.

Avant de terminer une prestation suffisamment longue que pour cerner toute l’étendue de cet univers électro/pop, Cesar se plante devant le micro et prend les rennes le temps d’une chanson, plutôt réussie…

A moins de quarante-huit heures d’une demi-finale de foot qui risque de faire du bruit (Belgique-France), ils proposent cependant de partir en « Vacances en France »…

Quelques instants plus tard, un autre artiste lui emboîte le pas. Il s’agit de Lou B, rendu populaire par « We are the world – Belgian red devils » concocté pour les diables à la suite… d’un poisson d’avril du padré.

Il est également apparu lors des émissions télévisées ‘Cap48’ et ‘La France a un incroyable talent’.

C’est un jeune homme. Frêle et timide qui se présente. A peine vingt balais. Il est porteur du syndrome de Morsier qui lui confère une malformation congénitale du cerveau.

Né aveugle, sans odorat et atteint d’une légère déficience mentale, il chante et joue du piano en autodidacte depuis l’âge de 6 ans.

Son talent est dans ses oreilles. Et il est absolu. Il est capable de jouer une musique dès les premières notes d’écoute.

Son père est à ses côtés, caché dans l’encoignure de la scène. Le gamin doit se sentir rassuré.

L’estrade est inondée de soleil. Il tape sur la tête du gaillard qui semble perturbé. Une femme du public s’affranchit et lui porte secours en lui refilant sa casquette. Elle ne semble pas y tenir. Votre serviteur apprendra qu’elle appartient à son ex-mari.

Il porte un T-shirt d’‘Amnesty International’ ; tout le monde est égal balance t-il.

Ses doigts frappent les ivoires de son clavier avec une telle dextérité et conviction, tout en balançant mécaniquement son corps d’avant en arrière, qu’il ferait retourner Amadeus Mozart dans sa tombe. Incroyable !

Sa sphère est large puisqu’elle oscille de compos touchantes down tempo, lorsqu’il se dévoile aux yeux des autres, à des complaintes slamées ou rappées (« J’vous kiffe ») ou encore jazzy (« Comme ça »).

Sa voix n’est pas toujours juste, mais cette carence n’impacte, au final, pas beaucoup la qualité du show.

La foule s’est déplacée en masse. L’hémicycle n’a peut-être jamais eu autant de succès durant le festival.

Son humour est flinguant (« Mes gros mots »). Promis, dire à quelqu’un ‘mon petit connard’, n’est pas une insulte !

Grosse surprise donc pour un jeune homme qui a, là, toute sa légitimité en tant qu’artiste…

Direction le château pour le set de Mes souliers sont rouges. Une petite demi-heure seulement ! Un showcase intimiste auquel quelques convives ont le privilège d’assister.

Cette formation est née en 1991 et a vécu quelques parenthèses. A l’origine branchée sur la musique traditionnelle française et plus particulièrement normande, elle s’est ensuite orientée vers la variété hexagonale.

Le line up actuel réunit l’imposant François Boros (mandoline, guitare, podorythmie et percussions), Deny Lefrançois (contrebasse, guitare, percussions), Simon Leterrier (accordéon, banjo, guitare, podorythmie), Jacky Beaucé (Uilleann pipes, flûte irlandaise, whistles, violon) et Efflam Labeyrie (guitare DADGAD, banjolélé). Ils se partagent tous le chant, mais à des degrés divers.

Leurs baluchons contiennent des biscuits fabriqués artisanalement. Les aficionados les dévorent. Autant dire qu’ils ne n’ont pas fait long feu !

Evidemment, les godasses sont… d’un rouge pétant. A l’exception d’un des musicos qui a préféré conserver ses sandales gallo-romaines. Pour être reconnaissable parmi ses semblables, il a quand même enfilé une vareuse couleur sang. Sympa la solidarité !

L’un d’entre eux prend place sur un tabouret placé sur une grande planche de bois bien épaisse. Il l’utilisera pour tapoter du pied se muant en un claquement de cil, en percussionniste chevronné.

Après une longue introduction, le tour de chant débute par « Sur l'eau sur la rivière » où on apprend que Colin possède une poule qui pond des œufs tous les matins. On est content pour lui…

Le tout ne sera qu’une parabole de chansons à la fois drôles et intransigeantes. Les rires foisonnent…

Le second degré est de mise à l’instar de cette compo pour le moins originale où les messieurs regardent leur conjointe coquinement du coin de l’œil en clamant haut et fort qu’il est plaisant d’avoir ‘une turlutte avant de passer au lit histoire de passer une bonne nuit’. Après tout, y a pas de mal à se faire du bien !

Ou encore que « Derrière chez nous, y a un étang », où ‘trois beaux canards s'y vont baignant’.

Polyvalents, les musiciens font la part belle à quelques instruments anciens, comme cet ersatz de cornemuse normande qui procure davantage de rondeur à une prestation riche en émotion.

La musicalité sent les côtes maritimes et affiche des aspects très divers. Les voix masculines et graves se marient à merveille.

Avant de prendre congé de l’auditoire, ils exécutent une polyphonie vocale grave et solennelle. Trois minutes trente de bonheur !

Ozark Henry se produit sur la scène du château maintenant. Auteur-compositeur-interprète belge, Piet Hendrik Florent Goddaer, à l’état-civil, apparaît vêtu de noir. Son visage est rasé de près ! 

Son corps filiforme fait pas mal d’envieux. Pour l’occasion, il a retiré ses godasses (NDLR : ses Goddaer ?) Ses comparses arborent tous des chemises de couleur jais. Rien à voir avec les adhérents à la milice du régime fasciste de Benito Mussolini. Enfin, on l’espère…

Le batteur ressemble étrangement à Thierry Becaro, l’animateur de Motus sur France2.

Le tracklist fait la part belle, bien évidemment, aux titres les plus récents comme « A dream never stop », « I’m your sacrifice » mais surtout à une flopée de refrains populaires ancrés dans la mémoire collective tels que « Godspeed » précédé d’une longue intro au clavier ou encore « Out of this world » et « Word up »…

Sa voix est cristalline et prend toute sa dimension tout au long de la cover de « We can be heroes », interprété en hommage à un artiste trop tôt disparu, David Bowie.

Le drummer et le guitariste s’échangent énormément de regards complices tout au long du set.

Les six cordes électriques sont fougueuses, hargneuses sur les titres plus péchus. Le drumming est à la fois efficace et métronomique. Les musiciens semblent prendre beaucoup de plaisir à vivre ce concert…

Piet parle peu durant le show. Il laisse la musique transmettre le message. Ce qui n’est pas plus mal en fin de compte…

Rien à redire ! Ozark Henry a, comme d'habitude, mis le public dans sa poche…

Avant de rebrousser chemin, il serait judicieux d’opérer un petit détour par le Cabaret Coquin qui réserve un voyage initiatique dans l’univers du burlesque et de la sensualité. Après tout, Popol est le seul à ne pas avoir pris de plaisir aujourd’hui…

Peggy Lee Cooper, travesti poilu à la galoche, accompagné(e) au piano par Ben Bruyninx, dévoile sa plus belle écurie durant une heure de spectacle.

Au menu, de belles femmes s’entrelaçant et des poitrines généreuses nues sous un chapiteau complètement sold out.

Mais, chutttt… s’agissant d’une animation pour adultes, le lecteur de Musiczine devra laisser libre cours à son imagination débordante pour en connaître l’épilogue…

Après tout, suffisait d’y aller !

(Organisation : LaSemo)

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Open’er 2018 : samedi 7 juillet

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Votre serviteur aurait-il un peu trop fêté la victoire des Diables Rouges la veille ? En forçant sur la vodka, notamment ? Ou tout simplement est-ce dû à l’absence de tête d’affiche véritablement rock à l’affiche de ce samedi ? Toujours est-il qu’il rejoint péniblement le site du festival, ce dernier jour… Une sorte de Mission to Mars, en référence à l’épilogue de ce samedi…

L’inconvénient, lors d’un grand festival, étalé sur 4 jours, c’est l’éclectisme de la programmation proposée. Autant il fallait parfois opérer des choix au cours des trois premières journées, autant ce samedi il faut se gratter pour déceler des artistes intéressants (et rock de surcroît). Dans ce cas de figure une réaction pro est donc nécessaire. Par exemple, en tirant parti des infos recueillies auprès de spectateurs plus jeunes ou locaux.

Focus sur Dawid Podsialo qui foule les planches de la scène principale. Visiblement c’est un des artistes les plus célèbres en Pologne, puisqu’il cumule les albums de platine et diamant. Il s’est déjà d’ailleurs produit à plusieurs reprises dans son plus grand festival national. Parfois sa musique rappelle un certain Clouseau (NDR : des Belges, quand même). Ou alors Arctic Monkeys, mais plus pour le look élégant de son leader (NDR : proche de Matt Damon avec une moustache soignée) que par ses accents rock…

Vedette internationale, Bruno Mars a certainement dû rafler le plus gros cachet de la soirée (voire de tout le festival). Il va donc nous livrer un show d’1h30. Tout comme ses musicos, il est vêtu d’un pantalon à liseré blanc. Il déboule sur les planches sur le coup de 22 heures, sous l’ovation de la foule. L’Hawaïen ouvre les hostilités par « Finesse », un titre peu judicieux, puisqu’à l’instar de son t-shirt à l’effigie de l’équipe de Baseball de Pittsburgh, ‘Pirates’, le show va se révéler ‘à l’américaine’. Dans l’esprit du « Living in America » de James Brown, B.O. du célèbre film ‘Rocky IV’ (NDR : une références qui parle d’elle-même), même. Les tubes s’enchaînent, depuis « 24K Magic » à « Marry you », en passant par « Just the way you are ». Bruno Mars et ses acolytes n’en oublient pas pour autant leurs rituels pas de danse. D’ailleurs, le spectre de Michaël Jackson plane régulièrement, même si les compos sont… bien différentes. Et sans grande surprise, le seul titre interprété lors de rappel, « Uptown funk » nous réserve une longue intro funky, au cours de laquelle le bassiste et le batteur se donnent à cœur joie avant que les cuivres ne mettent le nez à la fenêtre. La foule frappe alors des mains, puis reprend les paroles en chœur. S’il faut quand même attribuer un mérite à Buno Mars et son équipe, c’est de parvenir à arranger la plupart de ses titres, pour leur communiquer une touche plus ‘live’ que sur disque…

Tout comme le rock ce dimanche, le soleil a bel et bien disparu. Il fait nettement plus frais et la grande foule se réfugie sous la Tent stage. La sensation synthpop Years&Years communique la fièvre du samedi soir à un public jeune, et en grande partie féminin. Le band londonien vient de publier son second elpee. Sur les planches, il aligne les hits tout en s’autorisant des chorégraphies sensuelles voire un brin fétichiste et provocantes. A la fin du set, Olly Alexander (NDR : le leader au physique et à la voix proche d’un jeune Justin Timberlake), ouvertement homosexuel, s’empare d’un drapeau arc-en-ciel, le brandit et l’attache autour de la taille. Sous les applaudissements d’un public conquis d’avance. Et même si, rappelons-le, la Pologne n’est pas vraiment le pays le plus ‘gay-friendly’ d’Europe. Ce qui n’empêchera pas  le tube « King » de sonner déjà, en final, comme un hymne, dans la bouche des teenagers…

(Organisation : Open’er)