Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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Teethe : de la douleur au soulagement…

Le groupe texan de slowcore Teethe sortira son nouvel elpee, « Magic Of The Sale », ce 8 août. Sur cet album, il dévoile son monde triste et beau, où les quatre auteurs, chanteurs et artistes distincts de la formation posent une série de questions…

Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels…

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I Marc 4

Nelson Psychout - Original Italian Library Music from the Vaults of Nelson Records

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Cette nouvelle compilation Vampisoul nous plonge dans le répertoire de Nelson Records, collectif fondé en 1970 par quatre requins de studio surnommés ‘I MARC4’ pour Maurizio Majorana (basse), Antonello Vannucchi (Hammond), Roberto Podio (batterie) et le surdoué Carlo Pes (guitare). Et au sein des studios Telecinesound, ils ont expérimenté inlassablement pour forger leur propre son naviguant entre soul-pop (« Dirottamento »), jazz (« André ») et psyché/pop (« Compression »), un son qu’ils avaient baptisé la ‘New Italian Library’. Parfaites vignettes acides comme toile de fond pour vos BBQ ensoleillés et arrosés.

 

Ducktails

Jersey Devil

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Il s’agit de toujours dissocier la vie, les convictions ou les actes d’un artiste de son œuvre… si on peut être aujourd’hui interloqué par les nombreuses plaintes posées par des femmes (dont Best Coast) à l’encontre de Matt Mondanile, accusé à de possibles harcèlements sexuels, on ne peut nier qu’en matière d’orfèvrerie indie pop, on a pas fait beaucoup mieux que Real Estate (qu’il a été forcé de quitter à la suite de ces accusations) ou Ducktails (son projet solo), ces dernières années.

Et ce n’est pas « Jersey Devil », son sixième album, qui changera cette norme d’excellence. Enregistrés dans la cave de sa mère, au New Jersey, les morceaux constituent de nouveaux exemples d’écriture pop alliant une apparente simplicité à une réelle finesse mélodique et une profondeur d’arrangements (« Light A Candle »). Les lignes de guitares ciselées et les synthés savoureusement vintage soulignent la voix claire si chère à Mondanile. Le diable de Jersey se pare de ses plus beaux habits… tentez « Solitary Star » pour voir… ou plutôt entendre…

 

Bertrand Cantat

Amor Fati

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Dans l’esprit collectif, Bertrant Cantat est celui dont les déboires conjugaux l’ont conduit tout droit en prison à Vilnius, en Lituanie, pour l’homicide de sa compagne de l’époque, Marie Trintignant.

Très réducteur parce que l’existence de l’artiste a, elle aussi, fait couler beaucoup d’encre…

Il faut reconnaître que son talent inné a permis à Noir Désir de devenir –et à juste titre– un des meilleurs groupes de rock français, mais qui connaîtra un destin singulièrement tragique en raison de la condamnation de son leader. Denis Barthe (batterie), Serge Teyssot-Gay (guitare) et Jean-Paul Roy ont donc préféré donc changer d’air ou d’horizon, selon. Un divorce difficile que l’on imagine aujourd’hui définitif et sans appel.

Après huit ans de réclusion (dont quatre passées derrière les barreaux), Bertrand chasse les démons qui l’habitent et tente un retour sur scène en 2013, en formant Détroit. Une formation qu’il emprunte avec l’aide du bassiste Pascal Humbert et Bruno Green (responsable des programmations et des claviers).

Les uns crieront au haro sur le personnage, les autres le stariseront encore un peu plus.

Les polémiques pleuvent évidemment, mais il y fait face. Et le projet rencontre un vif succès. Une belle revanche !

Fort de cette renaissance, il ose une fois encore défier, contre toute attente, et amorce un retour solo en publiant "Amor Fati". Il s’imagine libre de toute dette, mais les médias, les radios et les organisateurs festivaliers l’entendront autrement… une fois de plus.

Le disque ne sera pas proposé à la presse avant sa commercialisation par Barclay, filiale du major Universal.

Il a fallu que Les Inrockuptibles illustrent sa couverture par son faciès pour créer immédiatement un flot d’indignations démesurées et relancent une polémique malsaine.

Parce que le fond du problème est là ! Trop souvent confondre l’œuvre de quelqu’un et les actes primitifs, rend caduc tout espoir de libre arbitre.

En gravant ce nouvel opus, le Bordelais a voulu s’assurer et se complaire dans une zone de confort et renvoyer son image. Mais « L’amour du destin » (traduction du latin – emprunté à Nietzsche) n’en constitue malheureusement qu’une ombre.

La plage titulaire "Amie Nuit" laissait arguer un disque d’une excellente facture. La voix de Cantat y brille de mille feux sur un socle new wave, synthétique et croustillant, que sublime la trompette d'Erik Truffaz (présente sur trois titres au total).

Les autres compositions, plus proches des fondamentaux du rock, révèlent un phrasé décousu opéré sur des cordes de gratte électrique ("Aujourd'hui") ou folk ("Les pluies diluviennes", "Anthracitéor'). Un son qui rappelle aux nostalgiques les bons jours de Noir Déz’.

Quelques fautes de goût impardonnables viennent noircir un ciel qui aurait pu devenir azur. 

Pourfendeur de la mondialisation et de l’ultra capitalisme, "L'Angleterre" (qui traite du Brexit) tombe assez vite dans l’ennui et la mièvrerie compulsive.

Si les thèmes abordés ne sont pas certes novateurs –pourquoi pas après tout– ils sont parfois traités avec légèreté et décadence, dans un style auquel les aficionados n’ont pas été habitués jusqu’alors.

Dommage aussi, ces lignes mélodiques entêtantes du début qui finissent par devenir niaises, répétitives et fondent vite dans une abyssale lassitude.

BC s'est toujours considéré poète et « Maybe I » lui permet de s’exprimer magistralement sur une voix douce et quelque peu éraillée.

Le spleen qui s’étire sur l’ensemble du disque témoigne une envie si ce n’est de tourner la page, de la déchirer.

Ce souhait rédempteur doit être souligné. Mais s’il est quitte de la Justice de l’Homme rien n’est moins sûr avec celle de Dieu…

Globalement, malgré le format coloré, Cantat ne s’en tire pas trop mal, car il fait la part belle aux genres variés, alternant titres tantôt dansants, tantôt lancinants.

S’il avait été un écolier, son titulaire de classe aurait indiqué sur son bulletin de fin d’année scolaire : ‘peut mieux faire’.

Danny Brillant

Revelation

Écrit par

Au cours des dernières années, ce jeune chanteur/guitariste s’est forgé une solide notoriété. Agé de 37 ans, il a acquis suffisamment de maturité pour faire évoluer son blues/rock. Danny a accompli ses premiers pas, sur la scène musicale, chez Redeye Band, combo au sein duquel son père, Ken, se réservait la basse. Depuis 2002, il publie régulièrement ses propres albums. Son dernier, "Big! Live in Europe" était paru voici moins d'un an, un disque enregistré en compagnie d’un octuor impliquant une section de cuivres. Et c’est cette formule qu’il a reconduite pour ce nouvel elpee. 

Quelques notes de piano introduisent le titre maître, avant que souveraine, la voix n’entre en scène. Pas besoin de forcer pour quelle s’impose. Elle est alors soulignée par l'orgue Hammond de Richard Hammerton (NDR : il se charge également de la production ; mise en forme impeccable, il faut le mentionner). L’intervention à la trompette de David Maddison est superbe et s’intègre parfaitement dans un une ambiance latine à peine voilée. Bryant privilégie les tempos lents. Ils collent parfaitement à son style. C’est d’ailleurs dans cet exercice qu’il est le plus performant. A l’instar d’"Isolate", au cours duquel la voix autoritaire est talonnée par ses cordes largement amplifiées mais toujours chargées d’un max de sensibilité. "Liars Testament" et en finale, "Yours for a song", baignent au cœur d’un climat théâtral aux accents dramatiques. Véritable blues lent, "May I have a talk with you" a été composé par la légende Howlin' Wolf. Et Danny ne manque pas de panache pour en restituer sa version. Généreusement cuivrés, "Truth or dare" et "Sister decline" évoluent sur un tempo bien enlevé.

 

Adam Carpet

Hardcore Problem Solver (Ep)

Écrit par

« Hardcore Problem Solver » constitue le dernier Ep d’Adam Carpet. Pour la circonstance, le combo milanais a épousé un profil plus électro que lors de son précédent album, « Parabola ». La musique des Transalpins pourrait être qualifiée de post électro-pop, car elle est souvent instrumentale (« Rock is Dead, Mambo is Not ») tout en n’oubliant jamais sa forme sautillante et mélodique, à l’instar d’une plage comme « Hector Mann ». Rafraîchissant !

 

Mike Zito

First class life

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La carrière de ce chanteur/guitariste originaire de St Louis est exemplaire, dans l’univers du blues/rock. Mike vient d'ailleurs d'être nommé ‘Artiste blues rock de l'année’ lors de la Cérémonie de remise des ‘Blues Awards’ de la Blues Foundation. Il signe ici son 14ème elpee !

Embarquement pour des "Mississippi nights". La slide de Mike et le piano Lewis Stephens soutiennent parfaitement la voix cassée. Une voix qui nous emporte tout au long du titre maître, une plage qui baigne au sein d’une excellente ambiance. Idéale pour le ‘live’ ! Et cette voix est vraiment proche de Ray Charles, tout au long de "The world we live in", un blues lent savoureux caractérisé par un toucher de cordes saturé de feeling. "Old black graveyard", aux intonations volontiers dramatiques et "Damn shame" sont deux autres plages indolentes.   Paru en 1974, "I wouldn't treat a dog" est un hit signé Bobby Bland. Délicatement soul et funk, la version roots est superbe. Mike et le redoutable Bernard Allison partagent les cordes sur le funk nerveux "Mama don't like no wah wah", ce dernier favorisant son jeu sur les pédales. Mike Zito affiche une grande sérénité dans l'exercice du Memphis blues, qu’il soit rythmé comme sur "Dying day" ou funky, tout au long de "Back problems". De toute bonne facture, cet opus s’achève par le rock'n'roll classieux "Trying to make a living", un hit chanté par Bobby Saxton en 1960 !

Reverend Freakchild

Dial it in

Écrit par

Reverend Freakchild est né dans les îles Hawaï. Fort d’une longue carrière, il a mené de multiples expériences, dans la région de New York. Il a également fréquenté l’université, à Boston, pour y suivre des cours de philosophie religieuse. Etudes qu’il a accomplies, avec succès. Actuellement, il poursuit un autre cursus dans le Colorado, où il s’est établi, afin de décrocher un master en divinité. Et pourtant, il proclame que ‘Music is my religion’. Credo qu’il a concrétisé a travers une discographie conséquente, privilégiant le blues largement teinté de psychédélisme. Pour enregistrer ce nouvel elpee, il s'est retiré, en compagnie de quelques uns de ses meilleurs amis, au sein des studios Excello de Brooklyn.

Essentiellement instrumental, "Opus Earth" ouvre la plaque. Une plage déjà étrange, déjantée, au cours de laquelle le Rev se réserve les cordes, l’harmo et les mots récités face aux solides percussions de Chris Parker. "Personal Jesus (on the Mainline)" revisite le traditionnel "Jesus on the Mainline" et le "Personal Jesus" de Depeche Mode. Au départ empreinte de douceur, la piste vire rapidement au boogie furieux que dynamise son pote Hugh Pool à l'harmonica. Assez impressionnant ! Il nous replonge un demi-siècle en arrière, dans la baie de San Franisco, tout au long de "Hippie Bluesman Blues" ; et les sonorités acides y sont dispensées par le gratteur de Ratdog, Mark Karan. Soutenu par la voix et l'harmo de Garrett Dutton (G Love), il teint de hip hop son blues, sur le titre maître. "Roadtrance" est un petit bijou psychédélique. Un morceau à nouveau acide, allumé et débridé pour lequel il reçoit encore le concours de son pote Hugh Pool, aux fûts. Rachel Benbow vient poser sa voix sur "15 going on 50", une bonne tranche de rock'n'roll stimulée par les ivoires de Brian Mitchell, un ex-musicien de BB King. Autre moment marquant, la cover vivifiante du "It's alright, Ma (I'm only bleeding)" de Bob Dylan, interprétée par un trio réunissant Rev au chant et à la gratte traitée au bottleneck, Chris Parker aux percus et Jay Collin, un ex-musico de Greg Allman, au saxophone. Et ce dernier est véritablement déchaîné. Excellent, cet opus s’achève par "Space", une projection dans le cosmos qui mêle bruitages contemporains et instruments classiques du delta…

 

Cali

Les choses sont toujours bien défendues…

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Ce dimanche de Pentecôte, la ‘Caravane des solidarités’ faisait une étape dans la ville d’Ath, la cité des géants, à deux pas de la grand-place, sur le site de l’Esplanade. Une soirée toute en couleurs est programmée dans Le Magic Mirrors, un chapiteau dont l’art déco des années 20 se distingue par son parquet en chêne, ses miroirs incorporés dans de magnifiques bois sculptés, ses velours rouges et ses lustres de cristal. En outre, incomparable, l’acoustique est digne d’un studio d’enregistrement. A l’affiche, ce soir, un duo entre Cali et Steeve Nieve.

Les portes s’ouvrent à 20 heures. Un public nombreux et multigénérationnel s’est déplacé pour assister au spectacle. Il y a même une octogénaire, sa fille et sa petite-fille, ainsi que de jeunes adolescent(e)s et des aficionados venus spécialement de l’Hexagone…

Steve Nieve (NDR : il a accompagné Elvis Costello, pendant près de 20 ans, mais également et notamment bossé pour Robert Wyatt, Daniel Darc, Morrissey et David Bowie) ouvre le bal, derrière son piano. Et nous réserve un instrumental de toute beauté.

Cali débarque lors du deuxième morceau, sous un tonnerre d’applaudissements. Il va alors proposer de larges extraits de son dernier elpee, « Les Choses défendues ». Son expression est toujours aussi théâtrale, se servant de l’énergie des mots à travers ses chansons qu’il interprète avec une sincérité et une générosité notoires. Et c’est devenu une tradition, en cours de show, il se laisse porter à bout de bras par la foule… avant que des fleurs ne lui soient offertes. Steve Nieve est à nouveau sous le feu des projecteurs, en chantant un titre, derrière les ivoires. Et il y démontre encore tout son talent sur son instrument. Cali revient ensuite accompagné de deux ados, Guillaume et Alexandre ; et ces derniers vont fredonner quelques réponses aux paroles du Perpignanais… Un grand moment d’émotion ! A deux reprises, il veut mettre un terme au concert ; mais en liesse, le public réclame des prolongations… Elles seront accordées à travers une remarquable reprise du « Perfect day » de Lou Reed, qui pour rappel, était un ami de Steve… Une superbe soirée que Cali a eu le bon goût de proposer sous la forme d’un nouveau projet…

(Organisation : Solidarités)

Isaac Gracie

Un avant-goût de Rock Werchter…

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Isaac Gracie avait fait forte impression en supporting act d’Angus et Julia Stone, tant à Forest National qu’au Zénith de Lille. Agé de 22 ans, il possède une voix qui campe un hybride entre feu Jeff Buckley et Damian Rice, et vient de publier un premier opus. Un éponyme. Un disque qui fait suite à une pluie d’Eps, gravés depuis deux bonnes années. Ce soir, l’AB Club est soldout pour accueillir le Londonien. Et au sein de l’auditoire figurent pas mal de néerlandophones…   

Emy assure la première partie. Elle avait décroché la troisième place lors de l’édition 2017 du Humo Rock Rally. Seule, armée d’une gratte semi-acoustique, elle chante d’une voix soul qui évoque, tour à tour Tracy Chapman, Amy Winehouse ou encore Lianne La Havas. Elle n’a que 18 printemps et a encore une belle marge de progression. Mais en solitaire, son set manque de relief. En cause ? Des compos construites, pour la plupart, sur un même rythme…

Setlist : « The love », « Talk », « Divine », « Hurricane », « Confinished », « Hold My Breath », « Down The Lonely », « Star », « I Dunno », « See What’S Real », « Youth ».

Isaac Gracie, belle gueule d’ange à la longue tignasse blonde est vêtu d’une chemise à fleurs et porte un impressionnant crucifix autour du cou. A ses pieds, on observe la présence d’un verre rempli d’un liquide de couleur jaune, probablement pour le rebooster. Il est accompagné d’un bassiste et d’un drummer. Le set s’ouvre par « All In My Mind », une compo aux tonalités gospel, qu’il susurre en libérant une énorme dose de spleen. Rien d’étonnant dès lors que la foule l’écoute religieusement. Isaac signale que c’est la dernière date d’une tournée éprouvante. Il est fatigué mais affirme qu’il va accorder un concert exceptionnel. En général, dans ce cas de figure, l’artiste se lâche et donne tout ce qu’il a dans le ventre. « That Was Then » est un morceau empreint d’une grande douceur. Uniquement épaulé par son bassiste, il attaque « Love (Ain’t Always So Good) », une chanson d’amour empreinte d’une grande sensibilité. Si son toucher en picking est impressionnant, Isaac brille également sur la gratte électrique. A l’instar de « Reverie », un titre enrichi par les interventions du piano et de la batterie. Fragile, sa voix fait craquer le public féminin, tout au long de « Terrified ». Plus nerveux et surtout électrique, « The Death Of You And I » adopte un format folk/rock réminiscent de Mumford And Sons voire de The Lumineers. Une compo où il parvient à communiquer ses émotions, qu’elles soient d’amour ou de colère, à l’aide de sa voix. Et c’est « Last Words », single qui a précédé la sortie de l’opus, qui clôt le show. Avant de vider les lieux, Gracie remercie la foule. 

En rappel, il va nous réserver trois morceaux, en s’accompagnant à la gratte semi-acoustique, dont une version respectueuse de l’originale, du « No surprises » de Radiohead. Isaac se produira dans le cadre de l’édition 2018 du Rock Werchter.

Setlist : « All In My Mind », « That Was Then », « Terrified », « All The Burning Lovers », « Love (Ain't Always So Good) », « Telescope », One Night », « Silouettes Of You », « Hallow Crown », « Death Of You And I », Running On Empty », « Reverie », « Last Words ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

Equal Idiots

Volcanique !

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Equal Idiots est un des finalistes de l’édition 2016 du concours ‘Nieuwe Lichting’, organisé par Studio Brussel. Ce soir, il est venu défendre son premier elpee, « Eagle Castle BBQ », paru en juin 2016.  

Le supporting act est assuré par Robbing Banks, un Batave bien sympathique. Véritable homme-orchestre, il est originaire d’Utrecht. Il chante, joue de la guitare et de la batterie. Un kit composé d’une grosse caisse, d’une claire et de pédales montées sur cymbalettes, qu’il manœuvre à l’aide de ses pieds. Ce soir, il va nous proposer de larges extraits de son long playing, « This and that ». Nerveux, son garage/rock est largement teinté de glam. On se croirait revenu au tout début des seventies. Lorsque sa voix monte dans les aigus, on ne peut s’empêcher de penser à Noddy Holder, le chanteur de Slade. Il est particulièrement impressionnant aux percus, qu’elles soient tribales, sauvages ou imprimées sur un tempo à deux temps. Rockabilly, « Let's go home » est chargé de testostérone. Il nous réserve une version plus folk et plutôt paisible du « Bad Man » d’Oblivians, un combo garage/punk yankee. Et le show s’achève par le judicieux « Let's All Go To The Bar », une nouvelle compo. Et pour cause, l’artiste déclare qu’il nous y attend…

Setlist : « Head For The Coast », « Let'S Go Home », « Bad Man », « Search And Destroy », « Sleep This Off », « God Love Need Money », « Lilyfield », « Time Bomb », « Best Friend », « Let's All Go To The Bar ».

Le rideau rouge est fermé. A 21h00 précises, la Koninklijke Harmonie Sint-Cécilia de Westmalle grimpe sur le podium. Soit une section de cuivres de 7 musicos (sax, bugles, trompettes, flûte à bec et, clarinette) et en retrait, un drummer équipé d’un kit, réduit à sa plus simple expression. Et cet orchestre attaque alors une adaptation du « Escape (The Piña Colada Song) » de Rupert Holmès, que l’auditoire, constitué d’une majorité de néerlandophones, fredonne...

Puis, le team se retire pour laisser la place à Equal Idiots, un duo réunissant le chanteur/guitariste Thibault Christiaensen et le drummer Pieter Bruurs.

La ‘Blitzkrieg’ est déclarée. Titre d’ouverture, « Seduction Of Judas » dégouline de riffs en fusion. La voix de Thibaut semble hantée par Ty Segall. La frappe de Pieter est à la fois primaire, instinctive, sauvage, tribale et métronomique. Mais dès « Hippie Man, un spectateur monte sur l’estrade. Il se retourne, regarde Thibault qui hoche la tête. C’est le signal. Ce spectateur se jette alors dans la foule. Et on est parti pour une séance interminable de crowdsurfing. Thibaut va à son tour s’y lancer. Il exécute même un aller-retour entre le podium et le fond de la salle. Il est facile à repérer, à cause de sa tignasse rousse. Le public est très jeune. Quelques parents ont cependant accompagné leur progéniture. Il y a une ambiance de feu dans le cratère de l’AB. La montée en température est éruptive et phréatomagmatique, surtout lors des hits « Salmon Pink » et « Toothpaste Jacky », que l’auditoire reprend en chœur. Soudain une voix puissante émane du fond de la salle. Dvtch Norris saute au-dessus des barrières dévolues à la protection des consoles. Il traverse la foule et monte sur les planches pour se joindre au duo afin d’aborder « Money Man Midas ». Le flow est rapide. Cordes et fûts alimentent un rap punkysant digne d’une compo de Run DMC. La prestation terminée, le rapeur de Coely Dvtch s’éclipse, sous les acclamations d’un public… bouillant. Pendant « Fuck the politicians ! » et « Fuck the N-VA! », le public semble ravi. Thibault nous demande s’il peut chanter en français. Pourquoi ? Pour nous réserver le « Ca Plane Pour Moi » de Plastic Bertand. Et le délire atteint son apothéose dès les premières mesures de « Butter (Up Down) ». Robbing Banks débarque et empoigne la gratte de Thibaut. Ce dernier s’installe derrière un tom bass. Dieter Beerten, le drummer de High Hi, rejoint l’équipe, et se consacre à l’autre tom bass. Les percussions alimentent un climat véritablement volcanique. Fin du set ? Pas vraiment ! Le public applaudit à tout rompre. Et le duo revient en rappel pour accorder deux compos. Tout d’abord le titre maître de l’album « Eagle Castle BBQ », puis un « Put My Head In The Ground » littéralement sismique…

En une heure, Equal Idiots nous a proposé un show terriblement efficace tout en laissant vagabonder notre imagination à travers des références qui ont oscillé des Ramones (Ces ‘Ho, ha’ caractéristiques) à Nirvana, en passant par Pearl Jam, et pour les combos les plus contemporains, Metz, Idles, voire Black Box Revelation…   

Setlist : « Escape », « Seduction Of Judas », « Styx », « Cover The Corpse », « Hippie Man »,  « What You Gonna Say », « I Know », « Toothpaste Jacky », « Salmon Pink », « Money Man Midas », « Ca Plane Pour Moi », « Butter (Up Down) ».

Rappel : « Eagle Castle BBQ », « Put My Head In The Ground ».    

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Rolling Blackouts Coastal Fever rallume la flamme du son ‘Flying Nun’ !

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Après avoir gravé deux Eps, Rolling Blackouts Coastal Fever publiera son premier album ce 16 juin 2018. Il s’intitulera « Hope Downs ». Issu de Melbourne, ce quintet a la particularité de disposer de trois chanteurs/guitaristes. Si vous avez aimé les Go-Betweens ou la scène néo-zélandaise du label Flying Nun (NDR : pensez à The Bats, The Chills ou encore Jean-Paul Sartre Experience), vous allez adorer Rolling Blackouts C.F… 

En concert le jeudi 31 mai à l’AB Club et dans le cadre de l’édition 2018 du Pukkelpop, ce 18 août.

Le clip de « Talking straight », une plage issue du nouvel opus, est ici

http://www.rollingblackoutsband.com/

https://rollingblackoutscoastalfever.bandcamp.com/

 

 

Sohn (SOHN)

Chamane de l’électro…

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Prévu en octobre dernier, le concert de Sohn a été reporté ce lundi 14 mai. La pression était trop forte. L’artiste a préféré prendre du recul, postposer sa tournée et présenter un set pertinent. De son vrai nom Christopher Taylor, ce producteur et musicien insulaire est originaire de Londres, mais s’est exilé à Vienne depuis 2012, année où il a signé sur le label 4AD. Outre son talent de remixeur pour Disclosure et The Weeknd ainsi que compositeur pour Rihanna, ce maître de l’électro/soul a publié deux albums à ce jour, « Tremors » en 2013 et un « Rennen » en 2017.

Nouvelle sensation pop/r’n’b danoise, Goss assure le supporting act. Il débarque dans l’obscurité totale. Puis, on remarque la présence d’une dizaine de projecteurs qui partent depuis le bas de son pied de micro vers le haut, disposés en cercle. Elles se focaliseront exclusivement sur le Scandinave. Il chante en s’appuyant constamment sur des samples dispensés par un ordinateur. Mais il a beau avoir une belle voix, les morceaux se suivent et se ressemblent sur un ton, bien trop monocorde…

Trois estrades sont disposées sur le podium. L’une est destinée à un bidouilleur coiffé d’une casquette de rapeur, la deuxième à un préposé aux percus électronique, et la troisième à Sohn, un bonnet rivé sur le crâne, qui se consacre aux claviers ou à la guitare, et bien sûr au chant. La formation est disposée en triangle, afin de renforcer la cohésion du band.

Le set débute par le tout nouveau single, « Hue ». La voix est tour à tour puissante, écorchée ou délicate, mais en général, elle est surtout incantatoire et cristalline ; et quand elle devient atmosphérique, propices aux harmonies visionnaires, on ne peut s’empêcher de penser à l’Islandais Ásgeir. Tout au long de « Fool » (« Tremors »), le cerveau est torturé par des boucles électroniques oppressantes dispensées par les claviers, alors que le martèlement des percus nous plonge dans une forme d’angoisse. Et manifestement, les arrangements électroniques sont bien maîtrisés. Dignes de James Blake voire Brian Eno. La voix sublime l’instrumentation sur l’électro/pop, « Oscillate », une compo mélancolique. Sohn adresse un timide remerciement à l’auditoire. Minimaliste et vaporeux, « Signal » constitue le point d’orgue (?!?!?!) du set. Pourtant, l’électro y domine les vocaux. Les battements des percus électroniques sont rapides. Généralement, troisième élément de l’expression sonore, le synthé s’impose par ses samples répétitifs, mécaniques même, se succédant comme un vieux vinyle rayé. Eblouissant (NDR : dans tous les sens du terme), parfois démesuré (NDR : Orbital et White Stripes en avaient également abusé au sein de cette même salle), le light show est parfaitement modulé en fonction de la musique et atténue heureusement son intensité, lorsque le Londonien est au micro. Ainsi, sur le slow langoureux, « Nil », flip side du dernier single, il met en exergue sa voix soul et pleine de groove.

En 70 minutes, ce chamane de l’électronique est parvenu à envoûter son auditoire. Cela valait la peine d’attendre plus de 6 mois pour un vivre un concert aussi exceptionnel.

(Organisation : Live Nation + Ancienne Belgique)

 

 

Comma la quadrature du cercle ...

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A Perfect Circle, le groupe de Maynard James Keenan et Billy Howerdel a sorti le nouvel album 'Eat The Elephant' après 14 ans. L'album a été bien reçu dans le monde entier et a réussi a remporter des belles positions dans les charts internationaux (# 6 en Belgique).

Outre le fait que ‘Eat The Elephant’ est disponible via les canaux traditionnels (numérique, CD, vinyl), l'album a également reçu un traitement spécial dans le cadre d'un coffret de luxe. Avec le cinéaste Steven Sebring (‘Horses: Patti Smith et Herb Band’, ‘Dream of Life’), le premier album hologramme au monde a été réalisé.

L'hologramme de 58 minutes se révèle lorsque les fans placent le prisme sur leur smartphone et entrent un code spécial. Le coffret peut être commandé dans le magasin A Perfect Circle.

 Regardez comment l'album hologramme peut être vu ici .

Les vrais capacités sont là !

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4 ans après ”Burden Calls”, Astpai revient donc avec ”True Capacity” et une recette inchangée.

Imaginez un croisement entre AC/DC et les non moins légendaires (pour les punk rockeurs) Kid Dynamite de Philadelphie : des riffs tranchants et des mélodies à l’efficacité redoutable.

10 titres, produits par J. Robbins de Jawbox, à l’approche très personnelle et une thématique centrale qui questionne la faculté de l’être humain à recevoir et traiter le flux constant d’informations auquel il est confronté quotidiennement.

Sa ”capacité réelle” à analyser tout cela à la manière dont on parlerait des performances d’une machine et de sa productivité dans une entreprise.

1er single Best Years en écoute ici .

 

Nico Dovan annonce son premier album

Nico Dovan est un jeune musicien bruxellois actif dans le domaine pop-rock. Son projet solo (dans un style Pop-New Wave) a vu le jour en Mai 2017. On oscille entre l'élégance de Lescop et la sensibilité d'Etienne Daho. L'univers musical est en noir et blanc, tantôt puissant, tantôt plus apaisant, sur des paroles évoquant des sujets graves ou lumineux, à travers le prisme d’une jeunesse révoltée.

Après les premiers concerts et deux clips vidéo, il a entamé l'enregistrement d'un premier album, qu'il entend réaliser avec l'aide du site de financement participatif crowdin.

Pour contribuer au projet, c'est ici.

Nico Dovan :

  • Facebook : https://www.facebook.com/nicodovan/

  • Email : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Roger Waters

Wish you were there...

Oh oui : ceux qui n'étaient pas présents vont le regretter en lisant ce compte-rendu. Affichant déjà 74 printemps, ce brave Roger reste un des artistes les plus impressionnants à voir en 'live'. Est-il nécessaire de rappeler qu'il est un des fondateurs et le chanteur/bassiste/compositeur de Pink Floyd, un des groupes majeurs de l'histoire du rock, qui a vendu plus de 250 millions d'albums ? Ce soir, au sein d’un Sportpaleis archi-comble, le Britannique accorde le premier des deux concerts programmés à Anvers, dans le cadre de sa tournée mondiale baptisée ‘Us+Them’...

La période d'attente est rythmée par une musique ambient et, sur l'écran géant disposé en fond de scène, par une vidéo, très relaxante d'une femme assise sur une dune, devant la mer. Vers 20h20, le ciel dans cette projection commence à rougeoyer et le décor idyllique se transforme en cauchemar alors que des sons effrayants retentissent... Les musiciens sont à peine montés sur le podium qu’une explosion assourdissante et en quadriphonie éclate, avant de déboucher –et c’est un contraste absolu– sur les deux accords harmonieux et célestes de « Breathe », le classique de Pink Floyd. Une entrée en matière époustouflante, qui laisse présager un show spectaculaire...

Sur les planches, on reconnaît, bien entendu Roger Waters, traditionnellement vêtu d'un jean et d'un t-shirt noirs. A droite de l’estrade, Jonathan Wilson a la lourde tâche de prendre en charge les parties vocales de David Gilmour, mission dont il s'acquittera avec maestria tout au long du set. Au passage, signalons que le musicien californien mène une carrière solo très intéressante, dans un style proche du Floyd mais également de The War On Drugs.

La première partie de la setlist fait tout naturellement la part belle aux chefs d'oeuvre du Floyd, enfilant « Time », « One of These Days », « Welcome To The Machine » et un superbe « A Great Gig in The Sky » interprété en duo par les deux chanteuses, Jess Wolfe et Holly Laessig (également dans Lucius). Les nouvelles compositions de Waters, parues l'année dernière sur l'excellent opus, « Is This What We Really Want », tiennent parfaitement la route pendant le show. « Dejà Vu » et « The Last Refugee » font mouche et « Picture That » surprend par sa puissance et son côté engagé. Ici, comme à de nombreuses reprises, Donald Trump en prend pour son grade et ses photos sont copieusement conspuées par la foule.

La première partie du set se clôture par un grand moment : « Wish You Were Here » enchaîné à « The Happiest Days of Our Lives » et enfin « Another Brick in The Wall part 2 & 3 ». Suivant une tradition désormais bien établie, Waters a invité des enfants à rejoindre la formation pour un premier final endiablé. ‘Merci, les enfants ! Magnifique’, ajoute-t-il, en français, avant de se retirer…

Au cours de la pause, des inscriptions et des slogans tels que ‘Resist’ sont projetés sur l'écran géant. Dès le début du second acte, on comprend l’affectation de l'énorme rail disposé à l'avant du podium, au-dessus du parterre. Durant les premières notes de « Dogs », une structure semble sortir du rail pour s'élever jusqu’au plafond : c'est un gigantesque écran en huit parties qui s'installe ainsi perpendiculairement à la scène et projette l'image de l'usine iconique de l'album « Animals ». A la fin du track, les musiciens enfilent un masque de cochon et organisent un petit intermède ‘champagne’ sur les planches : très fun ! Waters saisit ensuite une pancarte sur laquelle est mentionné ‘Pigs Rule The World’, un geste qui introduit la version complète (plus de 11 minutes quand même !) de « Pigs (Three Different Ones) », une compo qui lui permet de fustiger tous les dictateurs et les puissants de ce monde. A l’avant du podium, il adopte une posture quasi-christique, les deux bras tendus devant lui, comme pour exhorter le public à prendre conscience de la situation et à agir ! Les images récentes projetées sur les écrans confirment que le morceau (NDR : il remonte à 1977 !) n'a pas pris une ride et son propos est, plus que jamais, d'actualité. Jolie surprise en fin de parcours, lorsque s’affiche sur l’écran l’inscription, en néerlandais, ‘Trump is een idioot’ (Trad : Trump est un idiot) !

En toute logique, Waters poursuit dans la même veine par « Money », une autre pure merveille de Pink Floyd, au cours de laquelle Dave Kiliminster et Jonathan Wilson exécutent à l'unisson le solo de David Gilmour et ce, avec une précision chirurgicale. Coup de chapeau au passage à Kiliminster, qui, d'une façon générale, reproduit à la perfection les parties de Gilmour, même si, dans le legato et certains sons, le génie de Gilmour reste inimitable. Pendant « Us and Them », les images sélectionnées par Waters font clairement allusion au conflit syrien et aux réfugiés. On a la gorge serrée, bouleversés par la beauté de la musique et la tristesse véhiculée par les images.

Mais ce diable de Waters nous réserve encore de belles surprises ! Après avoir goûté au sublime « Brain Damage », place au titre de clôture, « Eclipse ». Soudain, des lasers blancs installés devant l’estrade s’élèvent, dessinant une monumentale pyramide. L’auditoire clame son émerveillement ; et lors de la partie finale de la composition, hypnotique et solennelle, d'autres lasers, colorés ceux-là, descendent pour épouser la forme du dessin de la célèbre pochette de « The Dark Side of The Moon ». L'effet est tel qu'au moment de la dernière note, le public, assez calme jusqu’alors, se lève comme un seul homme et laisse échapper une clameur inouïe…

Au bout de quelques minutes, le groupe revient sur les planches et Roger Waters reste de longues minutes debout dans la lumière, baignant dans les applaudissements, les deux poings serrés en croix sur le coeur. ‘Merci...’, murmure-t-il, visiblement ému. ‘Cet amour que nous ressentons ici ce soir est palpable. Lui seul peut nous aider à changer le monde...’ Il se saisit ensuite de sa guitare acoustique et entame seul le très beau « Mother », un autre grand moment avant l'orgasme final, qui est, comme prévu, procuré par un « Comfortably Numb » d'anthologie.

Au moment de quitter la salle, on a l’impression d’avoir assisté à un concert d'exception, magistral à tous points de vue. Musicalement, bien sûr, même si l'on connaît la difficulté de produire un bon son dans le Sportpaleis, mais surtout visuellement grâce à un show multimédia et multimodal particulièrement innovant. Enfin, il y a le contenu, car ce que Waters nous a apporté ce soir, c'est une vision acerbe, sans concession de notre société et un regard profondément humain sur notre condition...

Pour les photos, c'est ici

Setlist:

Set 1:

Speak to Me
Breathe
One of These Days
Time
Breathe (Reprise)
The Great Gig in the Sky
Welcome to the Machine
Déjà Vu*
The Last Refugee*
Picture That*
Wish You Were Here
The Happiest Days of Our Lives
Another Brick in the Wall Part 2
Another Brick in the Wall Part 3

Set 2:

Dogs
Pigs (Three Different Ones)
Money
Us and Them
Smell the Roses*
Brain Damage
Eclipse

Encore:

Mother
Comfortably Numb

* From Roger Waters' latest album (all the other songs are from Pink Floyd)

Organisation : Live Nation

Angèle Van Laeken

Avec en filigrane, une stigmatisation, à peine voilée, des réseaux sociaux…

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Abandonnée à son triste sort, suite au déclin de l'industrie sidérurgique, l'usine de ‘La Providence’ renaît depuis quelques années. En effet, les anciennes forges ont été réaménagées en un centre urbain dédié aux cultures populaires, sociales et alternatives. Ce soir Angèle Van Laeken s’y produit. Dans la grande salle. C’est la dernière date de sa tournée et la seule qui ne soit pas soldout.

Lorsque Juicy grimpe sur l’estrade, il y a déjà un bon millier de spectateurs dans le Rockerill. Réunissant Julie Rens et Sasha Vonck, ce duo belge pratique un r’n’b insolite et complètement déjanté. Il s’était produit en supporting act de La Chiva Gantiva, à la Rotonde du Botanique, en novembre 2017. Depuis, il a publié un premier Ep, intitulé, « Cast A Spell », en mars dernier, un disque dont deux plages ont été traduites en clips, « Count Our Fingers Twice » et « Die baby Die ». Issues du conservatoire de Bruxelles, les deux artistes cherchent à remettre au goût du jour le r’n’b et le hip-hop des années 2000, dans un style minimaliste et électrique.

Sasha se réserve la guitare et Julie, la boîte à rythmes. Les deux filles se consacrent également aux synthés samplers et au chant. Plutôt jolies, elles montent sur le podium presque tout de rouge vêtues, y compris la fourrure à longs poils et les chapeaux ornés de rubans ! Elles s’installent derrière leurs instruments et attaquent « Bollywood », un titre de hip hop insolent, traversé par un air de flûte arabisant…

Il fait de plus en plus chaud. Les donzelles se débarrassent de leurs vestes et de leurs couvre-chefs. Tout au long de « Mouldy Beauty », elles se tortillent sensuellement, comme des geishas. Même les mains ondulent sur les instrus. Mélodieuses, les voix semblent habitées. Conjuguées, elles libèrent des mélodies qui font mouche. On a parfois l’impression que le tandem est fusionnel, tellement il est homogène. Après l'imparable « Count Our Fingers Twice », elles changent de place pour proposer un instrumental à quatre mains. « Something Is Gone » est un r’n’b mélancolique, tragique même. Insolite et ponctué de noms de volatiles, « Didn't Knock » baigne dans une forme de nu soul, mais surtout vise un certain Théo Franken. Alors que Sasha empoigne sa gratte, Julie caresse délicatement les lamelles des chimes (NDR : utilisé comme accessoire de batterie, notamment dans l’univers du r’n’b, cet instrument percussif est composé de tubes en laiton de longueurs différentes tenus par une barre ; et c’est la matière métallique qui produit un son chromatique et cristallin). Les deux filles rappent pour aborder le sujet du GHB. Et « For Hands On As », celui des agressions sexuelles. A l’avant de l’estrade, elles continuent d’ondoyer lascivement, tout au long de la nouvelle compo qui clôt le set, « Da Beat »…

Place ensuite à la tête d’affiche. Les musiciens –un drummer, un bassiste et un claviériste– débarquent théâtralement sur les planches et s’installent derrière leurs instruments respectifs. Angèle arrive à son tour. Elle a enfilé un pantalon rouge et un body blanc, sur lesquels elle a revêtu, de nouveau, un manteau de geisha. « Les Matins » ouvre le show. Angèle campe derrière ses claviers. Entre ombre et lumière, elle ondule sur place. Dès la fin de la chanson, elle vient s’asseoir sur un siège, juste devant votre serviteur. Le band embraie par son futur single, « La Thune », un titre qui traite des dégâts causés par les réseaux sociaux et les smart phones. Elle demande de ne pas filmer afin de simplement vivre le moment présent. Angèle se déhanche et arpente les planches de long en large, comme si elle était sous le soleil de Kingston. Indolent, « Oh Non » adopte un profil beaucoup plus électro. Même le drummer utilise ses drum pads. Le discours de la Bruxelloise affiche une grande maturité, alors que constant, son flow est empreint de sensualité. Elle excelle (NDLR : ça rime !) en mode piano/voix. A l’instar du lent « Jalousie », même si apparemment, il n’y a pas de jaloux dans la salle. A cet instant, sa voix semble hantée par Béatrice Martin, aka Cœur de Pirate. Pendant « Balance Ton Koi », elle susurre qu’elle n’aime pas casser les codes et qu’une fille qui rappe n’est pas stylée. Elle présente ses musicos (NDR : Sam à la batterie, Brieux à la basse et Géronimo aux claviers), avant que ceux-ci s’autorisent, chacun leur tour, un petit solo. Brûlot co-écrit par Veence Hanao et Matthew Irons, le chanteur de Puggy, « La Loi De Murphy » met littéralement le feu. L’interactivité entre Angèle et le public est totale. Le public connaît les paroles du refrain et les reprend en chœur. Pas de « J’ai Vu » au programme, ni de Roméo Elvis sur les planches. Elle parle de son succès dû à Instagram, mais malmène, une nouvelle fois, les réseaux sociaux à travers « Big Shit », une compo qui oscille entre lounge et jazz. Pendant « Je Veux Tes yeux », l’auditoire est invité à exécuter des exercices de fitness. C’est un rituel ! Tout le monde se prête au jeu puis se lève au signal d’Angèle. Elle ajoute ironiquement que la gym c’est bon pour le cul. Le set s’achève par « Troubles ».

En rappel, on aura droit à trois chansons, dont l’excellente reprise du « Bruxelles » de Dick Annegarn, limité aux ivoires et à la voix. Et deux titres électro. D’abord « Nombreux », au cours duquel les musiciens vont modifier la position de leur tête en fonction des sonorités dispensées. Puis, en final, « La flemme », sous les lumières qui flashent. Bref, on n’a pas vécu le même concert qu’au Botanique. Moins de pression et une setlist mieux équilibrée. 

(Organisation : Rockerill)

Hookworms

Microshift

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C’est en 2013 que l’on découvrait ce quintet originaire du Nord de l’Angleterre, de Leeds très exactement, à travers son premier opus, « Pearl Mystic ». Son psyché/rock s’inscrivait directement dans l’esprit de celui pratiqué par Black Angels. Un an plus tard, il embraie par un deuxième elpee, également de toute bonne facture. Certaines épreuves vont cependant freiner son ascension. Comme lorsque son studio est ravagé par une inondation, en 2015. Il a donc fallu quatre années au groupe pour remonter la pente...

Contrairement aux elpees précédents, « Microshift » paraît résolument optimiste et se signale par ses mélodies réjouissantes. Sans pour autant négliger la forme psyché, toujours bien vivace. Les riffs sont hypnotiques, les claviers, omniprésents et les voix sous reverb’, persistantes. Sans oublier ce sens mélodique accrocheur qui contamine les plages de cet LP. C’est même plutôt impressionnant. Impossible de résister au jouissif « Ullwater » (NDR : plus de plus de six minutes, quand même) ou encore au planant « The Soft Season », qui aurait pu figurer au répertoire de Flaming Lips.

Après quelques années de disette, Hookworms revient en grande forme. Le changement d’état d’esprit qui le guide vers une musique plus colorée n’a rien enlevé au potentiel du combo insulaire... 

 

Françoise Hardy

Personne d’autre

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François Hardy appartient à cette catégorie d’artistes qui n’ont plus vraiment rien à prouver, tant sa carrière musicale est riche et dense.

L’idole des yéyés s’est fait connaître auprès du grand public en chantant des standards formatés comme « Message personnel », « Tous les garçons et les filles » ou encore « Comment te dire adieu ».

A 70 ans bien sonnés, elle revient pourtant de loin !

Amoindrie par une maladie qui l’a pour ainsi dire laissée morte il y a trois ans, personne n’aurait misé un kopeck sur une éventuelle poursuite de son parcours artistique.

D’autant plus qu’après la sortie de « L’amour fou », en 2012, elle s’était jurée d’y mettre un terme définitif.

La blonde platine livre pourtant un joli cadeau sous la forme de douze chansons dans lesquelles elle se livre à moitié nue (au sens figuré !), littéralement figée dans une narration sans complexe.

C’est à l’écoute d’un titre du groupe finlandais Poets of the Fall, « Sleep », que sa flamme a été ravivée.

Pour ce 28ème opus, l’auteur-compositeur y signe quelques textes. Mais, elle s’est intelligemment entourée de la crème des crèmes : la jeune Maissiat (« Le Départ »), Erick Benzi et la Grande Sophie (« Le large ») dont le clip a été réalisé par François Ozon.

Assez introspective, elle se raconte sans détour d’un timbre de voix resté cristallin sur un condensé de son histoire d’amour tumultueuse avec Jacques Dutronc (« Personne d’autre »), dont elle vit aujourd’hui séparément, mais avec lequel elle n’a jamais divorcé. Une histoire intemporelle et universelle en quelque sorte !

Chanté dans une langue de Shakespeare approximative, mais néanmoins touchante, « You’re My Home » parviendra sans aucun doute à séduire un public anglo-saxon, grâce à ce soupçon de french touch très caractéristique.

Son « Seras-tu là » témoigne d’une inconditionnelle filiation avec un Michel Berger parti rejoindre un « Paradis Blanc » bien trop tôt.

Ciselée, sa plume ressemble à une arme de précision et détaille avec véracité et pudeur une certaine mélancolie qui pèse, témoin du reflet d’une vie faite de contretemps et d’amertumes.

Les compositions sont très susceptibles d’ensorceler le mélomane en compagnie duquel, elle s’amuse à jouer « A cache-cache ». Chacun y trouvera forcément une infime partie de son propre vécu.

Est-ce là l’album ultime ? Son « Un mal qui fait du bien », s’achève par des points de suspension comme elle aime le dire… Donc, tout est possible !

Bref, un joli retour clair obscur… inattendu ! Gageons toutefois que son « Train spécial » nous fasse encore voyager encore et encore vers l’infini…

Doc Gyneco

1000%

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Deux décennies plus tôt, un certain Doc Gynéco, affabulateur des temps modernes, assénait dans une diction nonchalante très caractéristique, les bandes FM de compos osées comme « Viens voir le docteur » ou encore « Vanessa » (NDR : Paradis), titre au cours duquel il aimait raconter, et de manière à peine voilée, que la petite l’inspirait sous les draps. Doux euphémisme !

Sa « Première consultation », véritable torrent médiatique qui s’est déversé au milieu des nineties, a par ailleurs inspiré des dizaines d’artistes qui n’ont jamais vraiment rivalisé. Obsédé… textuel, est-ce là peut-être l’origine de son succès ?

La suite ? Des apparitions sporadiques sur les écrans télévisuels, des chroniques au côté de Marc Olivier Fogiel et une sympathie clairement affichée pour Sarkozy qui lui a valu son lot de critiques acerbes.

Quant au volet musical, l’homme n’a jamais plus rencontré un succès aussi inespéré qu’inattendu. Ses « Liaisons dangereuses » (dont un featuring avec un Tapie vindicatif à propos de l’OM) faisaient pâle figure tandis que son « Peace Maker » ne lui a accordé aucun soubresaut de survie.

Ce « 1000% » est sans doute l’album, si ce n’est celui de la rédemption, au moins de la renaissance. En tout cas, la concrétisation d’un besoin de se réinventer avec tact, intelligence et sobriété.

Enregistré au Sénégal, en Côte d’Ivoire (il n’oublie pas son pays adoptif sur « France »), cet opus nous permet de découvrir un Docteur aimant et joyeux. Et cette attitude lui va plutôt bien !

Il fait table rase des rimes rappées et corrosives de sa jeunesse, hormis l’une ou l’autre influence homéopathique, à l’instar de « Je suis ce que je dis ».

Le résultat est plutôt festif « Ca va aller ». Le temps où la morale facile et pas chère prévalait semble maintenant révolu.

Bruno Beausir est désormais plus apaisé et mature. En phase avec lui-même, « Ma fille » prend le temps de décrire (d’écrire) les événements et les hommes, tout simplement. Même si un brin d’introspection dans l’« Obscurité » est dispensé sur fond de nostalgie « Egoïste ».

Bref, en publiant cet LP, le Doc nous livre une prescription magistrale. Les uns s’en contenteront, les autres changeront de toubib…

Une chose est certaine, il s’y est investi à 1000%…

 

Bénabar

Le début de la suite

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Face à l’échec, certains persistent et signent alors que d’autres prennent le recul nécessaire et tentent de rebondir.

Bénabar (nom inspiré du clown Barnabé, mais en verlan) appartient à cette seconde catégorie d’artistes.

Son précédent opus, « Inspiré de faits réels », n’avait rencontré ni le succès populaire, ni même médiatique…

Un échec cuisant pour celui qui cartonne depuis la sortie de son premier elpee, « La p’tite monnaie », gravé en 1997. Depuis, il a vendu plus de 3 millions de disques, publié son lot de chansons incontournables et intemporelles comme l’entêtant « L’effet papillon » (2008), mais également décroché 3 ‘Victoires de la musique’.

Quatre longues années se sont écoulées au cours desquelles Bruno Nicolini s’est recentré sur lui-même à l’aide de l’écriture, du théâtre ou encore en collaborant au dernier album de Serge Lama.

« Le début de la suite », intégralement réalisé à Bordeaux par Marck Daumail (la moitié de Cocoon), constitue sans doute l’amorce d’un virage à 180°. Moins plaintif, cet LP adopte une forme de positivisme auquel l’artiste ne nous avait pas habitués jusqu’alors.

Il s’y livre simplement dans un quotidien fait de rencontres. A l’instar de « La petite vendeuse », une fille qui fumait sa clope derrière les Galeries Lafayette. « Chevaliers sans armure » traite de la situation difficile vécue par les enfants dans les hôpitaux. « Chauffard » soulève la question des injustices infligées aux victimes et à leur famille, face aux inconscients de la route. Le tout dans le reflet nostalgique de son miroir, et tout particulièrement à travers « On jouait fort », qui évoque son début de carrière...

C’est justement cette volonté de se rapprocher du plus grand public qui laisse un goût d’inachevé.

Pauvres, les textes manquent cruellement de conviction. Sa verve originelle engagée a laissé place à de la comptine un peu trop mielleuse…

Sin  on peut admettre que les sonorités parfois proches de l’électro procurent une certaine fraîcheur et une forme de spontanéité, l’album déçoit malgré tout ; l’absence de mélodie accrocheuse renforçant encore ce sentiment de complaisance.

Dommage pour un retour qui aurait pu être gagnant. Gageons juste que « Le début de la suite », ne soit pas celui de la fin…