Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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Agnès Obel brise la glace…

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« Citizen of glass », c’est le titre du prochain album d’Agnes Obel, qui paraîtra ce 21 octobre. Il a été enregistré, produit et mixé par l’artiste. D’après la bio, le titre de l’album (« Citoyen de verre ») s’inspire d’un concept germanique selon lequel si l’être humain est fait de verre, nous connaitrons tout de lui, notamment d’un point de vue historique et biologique. Une explication, ma foi, peu transparente et qui nécessitera certainement un bris de glace pour mieux comprendre le message…

Pour découvrir le clip de son single « Familiar », c’est ici

Tracklisting

1. Stretch Your Eyes
2. Familiar
3. Red Virgin Soil
4. It’s Happening Again
5. Stone

6. Trojan Horses
7. Citizen Of Glass
8. Golden Green
9. Grasshopper
10. Mary

En concert

Nov 01: Den Atelier, Luxembourg, Luxembourg

Nov 02: Ancienne Belgique, Brussels, Belgium

Nov 03: Paradiso, Amsterdam, Netherlands

Nov 20: Amphi, Lyon, France

Nov 21: Cite De Congres, Nantes, France

Nov 22: Casino De Paris, Paris, France

Nov 24: Colisee, Lille, France

http://www.agnesobel.com

 

Watergun ! et le nouveau sirop Typhon…

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Watergun est un trio parisien qui se réclame d’Arctic Monkeys, de Red Hot Chili Peppers, de Jack White et de Led Zeppelin, entre autres. Il vient de publier un deuxième Ep qui ne manque pas de pêche, tout en sentant la poudre à canon. Et elle n’est pas mouillée.

Pour voir leur clip, c’est ici et pour en écouter davantage, c’est

 

Un SubRosa belliqueux…

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SubRosa publiera son nouvel album, “For This We Fought the Battle of Ages”, ce 26 août. En attendant, un extrait, intitulé “Wound of the Warden”, est en écoute ici. Et dans le style, c’est absolument superbe ! 

L’œuvre s’inspire d’un roman de science-fiction signé Yevgeny Zamayatin et paru en 1920. C’est le drummer Andy Patterson qui a assuré la mise en forme de l’elpee. Il fait suite à “More Constant Than The Gods”, gravé en 2013. Musicalement, les medias décrivent la musique comme du sludge doom teinté de néo-classique, de gothisme et de roots appalache. Tout un programme !

Tracklist

1.  Despair Is A Siren
2.  Wound of the Warden
3.  Black Majesty
4.  Il Cappio
5.  Killing Rapture
6.  Troubled Cells 

https://subrosausa.bandcamp.com/

 

 

Tacocat

Lost time

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Tacocat est une formation fondée en 2007 par Emily Nokes (chant/guitare), Bree McKenna (basse), Lelah Maupin (batterie) et Eric Randall (guitare). Soit trois filles et un garçon. Et sa musique colle parfaitement au catalogue du label Hardly Art. Une subdivision créée à cette époque par Sub Pop, pour héberger des groupes de punk/garage, à l’instar de Protomartyr, La Luz, Hunx & His Punx ou encore K-Holes.  

« Lost time » constitue déjà le troisième elpee du quatuor. Qui n’a pas changé une formule qui gagne, puisque l’opus propose douze plages de rock/garage qu’on pourrait qualifier de décalées. Un décalage parfaitement illustré par la pochette de l’album, mais aussi par les paroles. Dommage d’ailleurs qu’elles ne figurent pas au sein du booklet, car elles ne manquent pas d’humour. Sans quoi les Américains nous balancent des mélodies sculptées dans des riffs de guitares, mélodies très susceptibles de devenir contagieuses, à l’instar de « Talk ».

Loin d’être révolutionnaire, Tacocat perpétue une tradition rock/garage cultivée dans la région de Seattle. A lors ne perdez pas de temps, car si ce « Lost Time » est capable d’ensoleiller vos vacances d’été, je doute très fort qu’il ne s’impose dans la durée.

 

Mark Pontin

Textures

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Gallois, Mark Pontin est chanteur/guitariste de blues/rock. "Textures" constitue son second album. Il fait suite à "Days of destiny", paru en 2013. Mark est soutenu par sa section rythmique, réunissant le bassiste Alun Walters et le batteur Dafydd Davies. Le line up est complété par Ayesha Pontin au piano électrique et Tim Hamill aux claviers. Les sessions se sont déroulées du côté de Swansea, au Pays de Galles.

Des riffs lourds et largement amplifiés de rockin' blues introduisent "Outside inside". Ce qui n’empêche pas une intégration parfaite de la voix. La compo est cependant davantage rock que blues. Dramatiques, les arrangements opérés par Pontin sont impeccables. Le refrain est repris en chœur par les musicos. L'envol –attendu– des cordes est réalisé au sein d’une expression sonore –ma foi– complexe. Manifestement à l’aise dans l’univers du rock fusion, Mark étale toute sa technique. Plus accessible, "Change" est davantage pop. Délicat, le chant du leader est soulignée par d’excellentes harmonies vocales. "Three days" adopte un profil semblable à la plage d’entrée. Bien soudée, la section rythmique sert son leader. Mais la trame est bien plus bluesy. Lentement, mais sûrement, Mark prend un billet de sortie. Ses interventions sont écorchées, déjantées et montent superbement en puissance. "Rising up before the dawn" est une ballade atmosphérique, paisible et mélodieuse. Parfaitement maîtrisées, chargées d’un feeling peu commun, les cordes finissent par s’évader. Excellent ! De toute bonne facture, "Delirious" est un blues rock qui colle parfaitement à la formule trio. Une formule finalement assez proche de Robin Trower et bien sûr du maître, Jimi Hendrix. Dafydd se multiplie aux drums. Pontin contrôle ses dérapages chargés d’effets. Instrumental, "In the middle" sert d’intermède. Une pause décrétée à mi-parcours. Encore que le gratteur y étale toute sa virtuosité et sa créativité, dans un style fusion que ne renierait pas des maestros tels que Joe Satriani, Steve Vai ou Philip Sayce. Et Dafydd se révèle le partenaire idéal ! Largement teinté de jazz, "The sea" est une plage cool et atmosphérique. Qui bénéficie d’un solo de cordes particulièrement novateur. "Illusion" démontre une nouvelle fois sa maîtrise des "Textures", soit des structures musicales élaborées, naviguant entre jazz et rock, dans un style ‘fusion’, cher à l'artiste. "Good stuff" constitue certainement le meilleur titre blues de l’elpee. Pimenté de funk, le jeu de guitare est carrément hanté par Albert Collins. Encore que lorsqu’elle s’enflamme, la gratte lorgne vers la quintessence de Walter Trout. Majestueuse, "Three wishes Part 1" est un rock atmosphérique qui s’étale sur plus de neuf minutes. Bien construite et tapissée par l’orgue de Tim Hamill, cette piste permet un envol tout en douceur des cordes, dans un trip psychédélique. Moins acide et plus esthétique, "Three wishes Part 2" émarge davantage à la pop. Et remarquable, cet opus s’achève par "Going home", une dernière page instrumentale, mais acoustique…

 

Bob Mould

Patch The Sky

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Bob Mould est une figure tutélaire du rock indie aux incontestables réminiscences punk. C’était le guitariste de Hüsker Dü, un groupe mythique qui a exercé une influence majeure sur le rock alternatif des années 90. De prestigieux groupes tels que Nirvana ou les Pixies les vénere(aient). Au bout d’une bonne dizaine d’années d’existence, le trio s’était séparé. Fin des années 80, le New-yorkais s’était alors logiquement lancé dans une carrière solo, entrecoupée par une aventure au sein de Sugar, mais dont la discographie sera toujours autant marquée par ces inimitables murs de guitares.

« Patch the Sky » constitue déjà le 13ème pavé lancé dans la marre de sa déjà longue carrière sonique opérée en solitaire. Que ce soit à travers des paroles désabusées (‘I try to be happy every day, but my black heart it burns’), des morceaux ambitieux, lyriques ou mélodiques, Mould parvient à peindre ses compos en clair-obscur, à l’instar de l’imparable « Pray for Rain » ou la ballade ‘anthémique’ « Hold On ». Toutes guitares dehors, Bob Mould égrène son tracklisting tambour battant. Plusieurs écoutes sont d’ailleurs nécessaires avant de découvrir cette belle et lumineuse complexité. Retrouver Bob Mould c’est comme tomber nez à nez avec un vieux copain et reprendre ses conversations adolescentes comme si rien n’avait changé… Un vrai bonheur teinté de nostalgie donc.

 

Danny Marks

Cities in Blue

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Danny Marks est un vétéran de la scène blues canadienne. Au cours des sixties, il militait déjà au sein d’un groupe répondant au patronyme d’Edward Bear. Il anime, depuis belle lurette, une émission de blues à la radio ; ce qui ne l’empêche pas de continuer à se produire dans les  clubs. Sa discographie solo n’est pas très riche. On lui connaît "Guitarcheology" et "True". Et plus récemment, "Big Town boy" et "A friend in the blues". "Cities in blue" ne serait que son cinquième elpee publié en solitaire.

Un titre d’album judicieux qui nous entraîne dans un périple entre les grandes cités des USA. Danny prend la route de "Houston to L.A", soit entre le Texas et la Californie, trajet accompli, il y a bien longtemps, par le légendaire T Bone Walker. Une plage chargée de swing et de jump. La voix est empreinte d’une grande sérénité. Les interventions de guitare sont excellentes. Caractérisé par les sonorités métalliques de la Resonator, "Belt line blues" est une piste particulièrement roots. "Once I was crazy" baigne dans le dixieland de la Nouvelle Orléans. Une impression accentuée par les interventions de la mandoline de Ken Whiteley et la trompette feutrée de Chris Whiteley. Les cuivres et les sonorités immaculées dispensées par Julian Fauth servent d’appel au "Kansas City shout". Excellent southern R&B, "Memphis got soul" est amorcé par des accents électriques réminiscents de BB King, avant de libérer des sonorités Stax familières à la grande ville du Tennessee. Mr Marks nous invite alors à vagabonder au sein des rues animées de la Nouvelle Orléans tout au long de "Heading down to New Orleans", théâtre d'un jazz traditionnel et suranné, que met en scène le piano de Jonathan Goldsmith. Un tel voyage ne peut être accompli, sans faire une escale à Chicago, la cité qui a tant apporté au blues urbain. Les interventions vaporeuses de la slide, mais également du piano de Julian Fauth et d'harmonica de David Rotundo entretiennent "Blues came to Chicago", un blues de bonne facture. Une pause s’impose. Ce sera dans le Mississippi. Un retour aux racines reflété via "Going down the road", dans une ambiance créée par un jug band, impliquant mandoline, harmonica, percussions et voix multiples, qui soulignent le chant de Danny. Le trip musical échoue à New York, la Big Apple, pour une des meilleures compos de l’opus, un morceau dominé par l'orgue de Goldsmith et les cordes électriques du leader. "Land where blues began" opère un nouveau détour par le delta, une piste au cours de laquelle Robert Piltch démontre son savoir-faire au bottleneck. Le long playing recèle encore un bonus instrumental intitulé "Lights out". On soulignera encore l’excellente production réalisée par d'Alec Fraser, dont la carte de visite mentionne des mises en forme pour Snooky Pryor, Billy Boy Arnold, Pinetop Perkins et Jeff Healey. Elles de datent pas d’hier, mais elles ont le mérite d’exister. Excellent!

 

Katel

Elégie

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Katel a déjà pas mal bourlingué. Jusqu'en 2002, elle était une des deux chanteuses du groupe Dune Leia. Puis elle a décidé d’embrasser une carrière solo. Après avoir gravé un premier Ep 8 titres intitulé « Raides à la ville », en 2006, elle aligne les albums. En 2013, elle rejoint Marc Huyghens (ex-Venus) au sein de Joy et participe aux sessions du long playing « All The Battles ». Elle a depuis collaboré à différents projets et monté son propre label ‘A L'Aphélie’ (NDR : signé sous licence chez At(h)ome). Et le résumé est succinct…

Karen Lohier, aka Katel, a enregistré « Elégie », toute seule chez elle. C’est l’aboutissement de 4 longues années de travail.

Elle y exploite sa voix tel un instrument. Une voix fascinante, envoûtante, éthérée et d’une rare richesse. D’ailleurs, elle assure également les chœurs.

Le thème principal de son 3ème LP s’inspire d’une rupture amoureuse, mais aussi et surtout du décès de sa maman.

Les vocaux de « Voûtes » ont été enregistrés au sein d’une église. Sur cette plage, Katel a bénéficié de la participation de Nathalie Réaux, Diane Sorel, Skye et Claire Joseph (Sirius Plan), aux chœurs. Et leur concours est précieux. La structure mélodique et instrumentale est également sophistiquée.

« Cyclones » est déjà paru en single. Il a également fait l’objet d’un clip réunissant des images d'archives familiales montées par Robi. Jouée sur deux accords, il s’agit de la première chanson écrite par l’artiste, après la mort de sa mère. Entretenu par un clavecin et parsemé de bruitages, le climat est baroque. ‘Devant le futur impérial des armées de journées debout, ne me dites pas que je suis seule!’. Le destin est parfois tragique.

« A L'Aphélie » (nom du label, on vous le rappelle), reflète le cri désespéré d'un enfant qui revient vers l'adulte quand il se sent abandonné. Katel reste focalisée sur ses disparus (« Saisons »). Elle est hantée par leur absence (« Au Large »). Tempétueux ou paisible, le chant est versatile. Une quête intérieure perpétuelle d'où surgit soudainement la voix de Marguerite Yourcenar pour le mystérieux et magnifique « Danse Sur le Lac De Contance ». Empreint d'une grande mélancolie, c'est la narration d'un chevalier allemand qui traverse le lac gelé de nuit. Arrivé de l'autre côté, il tombe de cheval. Il a failli mourir.

Des chœurs atmosphériques envahissent « Hors-Foule »… « Ralentis » permet de reprendre son souffle. L'oiseau associé rappelle les chansons de Robert Wyatt qui ont bercé la jeunesse de Katel. Amorcé par des accords d’ivoire, « Echos » met en exergue sa voix claire et limpide, qui lorgne ici vers Björk voire Kate Bush. Le voyage se poursuit dans les stratosphères de l'âme torturée et pleine de passion. « De l’ombre » s’écoute religieusement.

Au sein du studio de John Parrish, le piano droit sur lequel PJ Harvey avait joué, inspire Katel. Elle a conservé l'enregistrement et a complété le reste par la suite. Et le résultat est « Elégie », le titre maître qui achève l’opus. Un hommage à sa mère qui était fan de PJ Harvey.

Vu les textes à la fois torturés et authentiques, on ne peut s’empêcher de penser au dernier album de Bowie, une œuvre à la fois morbide, glaciale, mais géniale. « Elégie » épanche une semblable mélancolie susceptible d’entraîner la transe introspective. Mais cette œuvre est traversée de brillants rayons de soleil tourné vers un furieux désir de vivre. Plusieurs écoutes sont cependant nécessaires, pour apprécier ce disque à sa juste valeur…

 

Karpatt

Angora

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Karpatt roule sa bosse depuis plus de 20 ans. De bars en salles, à travers l'Hexagone, le trio a fini par parcourir le monde. Son dernier opus, « Sur Le Quai », remonte déjà à 2011. « Angora », c’est un estaminet sis à Paris, où les 13 chansons de cet album sont nées.

Le line up du band est inchangé depuis le départ. Il réunit le compositeur Fred Rollat (chant, guitare, accordéon), Hervé Jegousso (basse, contrebasse, porte-voix) et Gaétan Lerat (guitare, banjo, percussions). 

A son actif, 6 elpees studio, dont le deuxième, « Dans Le Caillou », publié en 2004, avait bénéficié du concours de Richard Lorca et Manu Solo ; un disque qui correspondait à leur période manouche.

« Salvador » s’inspire de voyages accomplis en Amérique latine et Centrale. « J'suis mort » nous entraîne plutôt au cœur de l’Extrême-Orient. Et « Ecarteleur » nous transporte en Afrique, un morceau sucré qui raconte l’histoire d'une famille de bourreaux de père en fils. Irrésistible tant dans les mots que le rythme.

Les histoires racontées sont tantôt tristes, nostalgiques ou joyeuses, à l’instar de « Un jeu » ou d’« Amours d’été ». Plus paisibles, « Péniche » et « Encombrants » traitent de la vie et de tout ce qui l’entoure. « Pupuseria » est illuminé par son envol de cordes… et elles finissent par vous emporter dans leur élan.

Cordes et clochettes alimentent un « Partage » entre les musicos et ses aficionados, dans un climat à la fois tendre, léger et dépouillé.

« Chez Toi » en revient au jazz manouche, une compo qui aurait pu figurer au répertoire de Thomas Dutronc.

« Pétales » ou dites le avec des fleurs. Elles piquent. Elles sont offertes aussi, quand on aime  un peu, passionnément ou à la folie. Tant qu'elles sentent bon, il faut en profiter.

Rock et électro sont passés à la « Moulinette » et « Cordes » s’inscrit davantage dans l’esprit de Brassens, voire de Moustaki, avant qu’« Un jeu » de mots à la Toni Melvil n’achève la plaque…

 

Jaye Bartell

Light enough

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Originaire du Massachusetts, Jaye Bartell vit aujourd’hui à Brooklyn. En explorant la toile, on apprend qu’il s’est produit en première partie de Kevin Morby ; et puis qu’il a sévi au sein de différents groupes qui n’ont rencontré qu’un succès plus que relatif…

C’est à New York qu’il a composé les chansons de ce « Light Enough ». Faut croire que ce changement de décor a fortement influencé son écriture. Ce qui arrive finalement souvent chez les artistes folk qui se sont installés dans la Grosse Pomme pour y fouler ses trottoirs. Tout au long de cet elpee, on ne peut s’empêcher de penser à Leonard Cohen, qui lui aussi avait quitté Canada natal pour émigrer vers la City. On y pense d’autant plus que la voix de Bartell est aussi monocorde et caverneuse que celle de l’auteur-compositeur-interprète montréalais. Et puis que son folk est aussi minimaliste et chargé de feeling. Hormis le concours circonstanciel d’une voix féminine ou d’un orgue, Jaye s’accompagne uniquement à la sèche.

A première écoute, les compos qui figurent sur ce « Light Enough » semblent glaciales et mornes. Mais on fil des écoutes, on se laisse séduire. Et pour cause, le songwriter parvient injecter une telle dose de sensibilité dans ses chansons, qu’elle parviennent à atteindre leur cible. Et sans le moindre artifice…   

 

Dubioza Kolektiv

Happy Machine

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« Happy Machine » constitue déjà le 7ème elpee de Dubioza Kolektiv, un groupe bosniaque qui pratique une musique festive, délirante, déjantée, dans l’esprit de Shaka Ponk voire de Sla P. Un melting pot au sein duquel entre en lice rock balkanique, ska, reggae, electro swing, dub, metal, hip hop, ragga et punk. En ‘live’, ces joyeux lurons comblent les spectateurs qui ne demandent qu’à danser et s'éclater. Et leur bonne humeur y est communicative. Ils jouissent de cette flatteuse notoriété dans leur patrie, mais également au sein des pays limitrophes. Leur prochain objectif : se forger un nom sur la scène internationale.

Pour enregistrer ce nouvel elpee, le collectif a reçu le concours de quelques invités de marque. Et tout particulièrement Manu Chao, Benji Webbe (Skindred), Roy Paci (NDR : cet Italien se consacre au chant et à la trompette), Punjabi Bee2 (NDR : ce vocaliste milite au sein du groupe catalan de ska/rumba, La Pagatina) ainsi que Dzambo Agusev (NDR : cet autre trompettiste est macédonien).

Accrocheur, « All Equal » s’ouvre dans une world music de type arabisante avant d’embrayer dans le rock balkanique. « No Escape (From Balkan) » est paru en single. Et il déchire. Alliant simplicité et efficacité, cette plage est vraiment idéale pour la scène. Tout comme les très cuivrés « One More Time » et le ska nerveux « Red Carpet », une compo à laquelle participe Manu Chao. Plus paisible « Alarm Song » agrège ska/punk, drum’n’bass et dubstep.

« Free MP3, The Pirate Bay Song » compte plus de trois millions de vue sur la toile. Elle relate 'histoire du site 'Thepiratebay.org’, condamné pour ses ‘crimes digitaux'. Les artistes remettent toute la toile en question, aussi bien les droits d'auteurs, la vie privée que la liberté d'information.

Si « Boom! » lorgne vers Shaka Ponk, l’ombre de Sean Paul y plane.

Skindred (Benji Webbe) se consacre à la gratte sur le métallique « Riot Fire ». La Pegatina apporte sa coloration catalane à « Hay Liberdad », un peu dans l’esprit de La Mano Negra.

Le long playing s’achève par l’excellent « 24 000 Baci », que chante dans la langue de Dante, Roy Paci.

En espérant bientôt voir ce collectif sur les planches.

John Carpenter

Lost Themes II

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Mais à quelle substance carbure l’ex-maître de l’horreur ? Plus rien ne semble arrêter John Carpenter… A une effroyable cadence, le pape de l’épouvante nous propose déjà un second volet à ses « Lost Themes », enregistrés en compagnie de son fils Cody et de Daniel Alves, dans la cave familiale. Et… miracle : ce nouvel opus est aussi impeccable que le premier épisode : des morceaux aux ambiances –bien entendu cinématographiques– à la fois menaçantes, angoissantes et kitsch entretenues par des nappes de claviers, lorgnant vers les années 80, souvent lourds et atteignant le point culminant sur le climax d’« Utopian Facade », mais aussi sur « White Pulse » aux réminiscences Nine Inch Nails.

Pas de baisse de régime comme on en rencontre pourtant souvent lors de suites cinématographiques… mais n’oubliez pas que ‘Le Parrain 2’ était bien meilleur que le premier épisode ! Et vu que John Carpenter est le parrain d’un genre en soi…

 

Kyla Brox

Throw away your blues

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Chanteuse de blues et de soul, Kyla Brox est âgée de 36 ans. C’est la  fille d'Annette et Victor Brox. Ce dernier se consacrait au vocaux chez Aynsley Dunbar Retaliation, l'un des groupes-phares issu du British Blues Boom, qui a marqué la fin des sixties. Il jouait aussi de l'orgue, de l'harmonica et du cornet. Son épouse, Annette Reis, était également chanteuse, pianiste et saxophoniste. Le couple a donné naissance à 5 filles. Toutes vocalistes. Mais seule Kyla, la cadette, a rencontré le succès. Elle n'a que 13 ans lorsqu’elle se produit en ‘live’, au sein du groupe de son paternel, Blues Train. Le bassiste Danny Blomeley est du même âge et Phil Considine, le batteur, ne compte alors que 19 printemps. Elle fonde finalement son Kyla Brox Band en 2001, ne conservant que le bassiste, Blomeley. Qu’elle va épouser en 2008. Deux enfants sont nés de cette union. La discographie de Kyla est conséquente, mais n’a jamais bénéficié d’une distribution digne de ce nom. Kyla Brox se produit en duo, en compagnie de son mari ou de son band. Pour enregistrer cet elpee, aux Pays-Bas, le couple a reçu le concours du guitariste Paul Farr et du drummer Pablo Leoni.

Kyla entame "If you see him" a cappella. Superbe, sa voix est puissante et profonde. Elle est ensuite rejointe par ses musiciens pour ce blues lent qui baigne au sein d’un climat solennel et dépouillé. Un chant qui ressemble à une caresse, tout au long du blues lent "Lifting The Blues". Kyla double également à la flûte. Dans ce contexte minimaliste et dépouillé, les interventions de Paul Farr à la gratte sont à la fois parcimonieuses et judicieuses. Un cadre au sein duquel, il semble s’épanouir. Tapissé par l’orgue Hammond de John Ellis, "Beautiful day" élève le tempo. Et les interventions de Paul sont toujours aussi créatives. Manifestement, Miss Brox aime les climats intimistes. Discret, en toile de fond, l’orgue souligne à peine la voix chaleureuse, si proche de Miss Brox, sur le blues lent "When we're alone". Un timbre qui monte en puissance sur le plus funky "Choose me". "Road home" est une ballade empreinte de douceur et de délicatesse. L’enlevé "Run our home" permet à Kyle de briller à la flûte. Sculpté dans la country, "Ain't got time" est imprimé sur un tempo nerveux, digne de Jimmy Reed. L’exercice de style vocal est classieux alors que Farr joue en picking. Son feeling fait à nouveau merveille sur un autre blues lent, "Change your mind". La voix est épanouie face à l'orgue Hammond. "Song for the lonely" pénètre dans l’intimité d’un cabaret, voire d’un night-club. Un titre de jazz fluide mais incandescent… Kyle shoute son amour sur "Lovin' your love", une piste balisée par une rythmique funk et caractérisée par l’omniprésence de l'orgue Hammond. Dernier blues lent, "Honestly blues" agrège douceur, décontraction, tendresse et pureté, une ambiance qui permet au gratteur d’exploiter au maximum son style tout en économie de notes. "365" relance le rythme. 365, c’est le nombre de jours par an au cours desquels la femme est exploitée ! Sa voix puissante rappelle une de ses influences majeures, Etta James. D’excellente facture, cet LP s’achève par un autre titre d’une grande sobriété, "I will love you more", un message d'amour adressé à ses enfants, Sadie et Sonny.

 

Aberdeen

Outatime

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David Madi, c’est le vainqueur du télé-crochet ‘The Voice’ (Belgique-Saison 2), en 2013. Excellent guitariste, il possède une voix singulière qui colle bien au style rock. Après s’être illustré en adaptant le « Come As You Are » de Nirvana, il grave son premier elpee solo, « Amour Nuit », en 2014.  Mais l’année suivante, il décide de revenir à ses premiers amours, le groupe Aberdeen. Au sein duquel figure également le drummer Fabrice Vanderest qui participe à l’écriture des compos, ainsi que le bassiste Santo La Marca. Un power trio dont le temps semble s’être arrêté en 1990 (« Outatime »)

Aberdeen, c’est la ville natale de Kurt Cobain. Ce qui explique le patronyme du band. Madi est tombé dans la marmite à grunge, dès la naissance de ce style musical. Celui de Pearl Jam et surtout de Nirvana. Pas étonnant que l’elpee transpire le genre de bout en bout.

De cet opus, on épinglera « Dirty Face », une véritable perle qui évolue sur un tempo lancinant. Et puis « While You Sleep », le morceau de clôture, qui s’étale sur 21 minutes. Une nuit blanche en perspective. C'est du véritable live sur album.

 

TEEN

Love Yes

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Rien que le générique de l’album annonce la couleur : il y aura de l’amour et de l’adolescence. Des intentions reflétées à travers sa musique qui sera sucrée et lumineuse ! Emmené par les 3 sœurs Lieberson, TEEN est un groupe issu de Brooklyn. Et « Love Yes » constitue son troisième long playing (NDR : on ne parle donc pas des Eps). Un elpee dont les compos électro/pop un brin cérébrale sont boostées par des sonorités synth-pop réminiscentes des 80’s (« Example »). Jouissant déjà d’une belle expérience, le combo yankee a décidé de s’autoriser une totale liberté de ton en nous réservant des airs de valse contemporaine (« Tokyo »), des morceaux parcourus de jazzy crapuleux (« Superhuman ») ou sculptés dans des harmonies subtiles (« Gone For Good ») pour aborder des thèmes tels que leur sexualité, leurs amours, le sexisme ambiant ou les diktats du monde moderne… le tout sous une forme dansante. Un cocktail qui agrège le divertissement purement frivole et une certaine dose d’exigence et de modernité que l’on a déjà vu chez Chairlift… ‘Love’ ? Yes’ !

 

Alan Vega

Décès d’Alan Vega, à l’âge de 78 ans.

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Né le 23 juin 2038 à Brooklyn (New York), Alan Vega, de son véritable nom Boruch Alan Bermowitz, est décédé ce 16 juillet. Il venait de fêter ses 78 ans. 

Alan Vega avait fondé Suicide en compagnie de Martin Rev, en 1970. En fait de Suicide, on peut affirmer que le projet s’est surtout soldé par un suicide commercial. Et pourtant, tout en reconnaissant pour influences majeures, le Velvet Underground, Elvis Presley, Frank Sinatra et les Stooges, la formation va devenir une référence dans l’univers du punk. Mais aussi pour des formations de synthé pop, comme Depeche Mode, Soft Cell ou encore Human League. En pratiquant une musique électronique minimaliste, bruitiste et futuriste. Le plus souvent au cœur d’un climat presque insurrectionnel. Ce qui va lui valoir d’être banni par la plupart des organisateurs de concerts. Et malgré cette attitude autodestructrice, le combo va devenir culte auprès d’une multitude d’artistes et de groupes ; notamment dans l’univers de la dance, de l’indus, de la no wave ainsi que de l’indie. On ne compte plus le nombre d’entre eux qui citent Suicide comme source d’inspiration. Et pas des moindres. Outre ceux de synthé pop susvisés, figurent Radiohead, Steve Albini, Spacemen 3, Swans, Sonic Youth, Jesus & Mary Chain, Henry Rollins, Dead Kennedys, REM, Devo, Massive Attack, Air, Bruce Springsteen, Sisters of Mercy, Nine Inch Nails, Front 242, Joy Division et la liste est loin d’être exhaustive. C’est le producteur et l’ex-leader des Cars, Ric Ocasek, qui va parvenir à immortaliser les rares enregistrements studio du band. Parfois en les compilant. Et ils se comptent sur les doigts d’une main. Vega a publié davantage d’albums solos. Et a même décroché un hit mondial en gravant le single « Juke-box baby ». Une discographie considérée comme mineure, par rapport à son aventure vécue en compagnie de Rev. Et ses collaborations n’ont suscité davantage d’intérêt. Dernièrement, il avait même participé aux sessions d’un opus pour Christophe. C’est dire…

Il est décédé dans son sommeil. Selon les infos recueillies, il ne s'agirait donc pas d'un suicide. Qu’il repose en paix, en sachant qu’il figurera longtemps en bonne place au sein de l’encyclopédie du rock.

 

 

Dour Festival 2016 : dimanche 17 juillet

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Avant d’entamer cette dernière journée, petit saut à la maison indispensable afin de pouvoir profiter d’une bonne douche et d’un vrai repas. Mais également s’autoriser une petite sieste ; car, il faut bien l’avouer, la fatigue a miné mon organisme !

Retour sur la plaine de la Machine à Feu pour Suuns. Qui se produit sous le chapiteau de La petite maison dans la prairie. Le quatuor canadien propose un électro/rock très mélancolique aux textes assez simples. Malgré le grand soleil (NDR : oui, d’accord, il y en a plusieurs sur l’estrade !) qui inonde le site, le climat est sombre. Le band est venu défendre son nouvel opus. Et il semble particulièrement motivé. Mais atmosphériques, les compos manquent singulièrement de rythme. Or, on sent que pour le dernier jour, la foule a envie de remuer. Il aurait peut-être fallu programmer le combo un autre jour…

Sans attendre la fin du set de Suuns, direction la Cannibal Stage pour accueillir Slaves. Issu du Sud-est de l’Angleterre, le duo propose un garage rock légèrement teinté de punk. Bourrée d’énergie et puissante, sa musique donne envie de danser. Le guitariste et le drummer se réservent le micro, chacun leur tour. Ce sont deux potes, et c’est très perceptible. En outre, ils ne manquent pas d’humour. De la setlist, on épinglera surtout « Cheer Up London », véritable condensé de tout ce que le tandem fait de meilleur. Un joli défouloir !

The Bronx se produit au même endroit. Mais il est temps de casser la croûte. Arrivé légèrement en retard, on ne voit pas où se trouve le chanteur. En fait, Matt Caughthran est déjà au milieu de l’auditoire. Il a emporté son micro. Chauve, rondouillet et de petite taille, il renvoie une image complètement différente du style musical pratiqué par le combo. Qui est pourtant bien punk. Mais le personnage est éminemment sympathique et passe son temps à haranguer les spectateurs ou à les rejoindre au milieu de leurs pogos. Quoique classiquement punks, les morceaux créent une superbe ambiance sous la tente. Même sans être particulièrement fan du punk hardcore, on passe un excellent moment !

Place ensuite à The Subways. Du rock insulaire, ma foi, bien traditionnel. Si la musique n’est guère originale, elle s’avère tout à fait rafraîchissante et bigrement efficace. Les refrains sont particulièrement soignés et sont repris en chœur par un public vraiment connaisseur. Un groupe britannique, comme il en existe des dizaines, mais dont la recette continue de fonctionner…

Pour la première fois, cap vers la Boombox. Une légende du rap français s’y produit : Oxmo Puccino ! Double disque d’or et vainqueur à deux reprises des Victoire de la Musique, le géant du hip hop francophone débarque à Dour, flanqué d’un live band. C’est évidemment un énorme plus ! Affichant sa bonne humeur légendaire, il aligne ses tubes les plus célèbres comme « Toucher l’Horizon » ou « L’Enfant Seul ». Pour chaque morceau, Oxmo demande au public de réaliser une nouvelle chorégraphie. Les bras balancent de gauche à droite et vice-versa durant l’entièreté du show. Un énorme spectacle accordé par un grand Monsieur de la musique française.

Le flop ? Les Pixies. La formation légendaire américaine va nous réserver un spectacle indigne de son rang. Les musiciens ne semblent guère motivés et manquent cruellement de peps. Réaction du public ? Aucune. Un véritable silence de cathédrale s’installe entre chaque titre, autour de la Main Stage. Une grosse déception ! A oublier au plus vite… 

Il n’y a plus vraiment de spectacle qui botte votre serviteur. Donc, il décide de vagabonder de podium en podium. Et sous La Petite Maison dans la Prairie, Helena Hauff se fend d’un Dj set. Cette productrice, propriétaire d’une boîte de nuit à Hambourg, va mêler électro et wave pendant un grosse heure. Une chouette prestation propice à la détente…

Dour Festival a battu tous les records cette année, en accueillant pas moins de 235 000 festivaliers sur les cinq jours. Un beau bilan malheureusement terni par le décès d’un jeune homme français, victime d’une overdose de LSD. Toutes nos pensées vont évidemment à sa famille.

Pour votre serviteur, il s’agissait d’une première au camping. Et si la fatigue consécutive à ces 5 jours est absolument totale, les souvenirs musicaux et les rencontres se bousculent dans mon esprit. Parce que Dour, c’est aussi ça : le mélange de jeunes attirés par des styles différents mais qui finissent toujours par se croiser durant un bout de concert. Dour est incontournable sur la scène musicale européenne et rien ne semble indiquer que le festival en restera là. Beaucoup de surprises nous attendent encore. En attendant, le retour au boulot va être difficile, mais on ne regrette rien ! A l’année prochaine !

(Organisation : Dour Festival)

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Dour Festival 2016 : samedi 16 juillet

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Au réveil d’une courte nuit, on se lève sous une couche épaisse de nuages. La météo n’annonce pas que du beau temps. Mais il ne pleut pas. C’est déjà un bon point. Ce qui renforce l’enthousiasme des festivaliers, prêts à en découdre pour une nouvelle journée de folie ! Et pour votre serviteur, il s’agit de la plus chargée. Car le programme rock est particulièrement riche.

Début des hostilités en compagnie de Fews, dans La Petite Maison dans la Praire. Le quatuor suédois (NDR : mais établi à Londres) pratique un post-punk classique mais terriblement efficace. Il est venu défendre son premier elpee, « Means », paru il y a peu. Ce qui marque à premier abord, c’est le plaisir pris par les musicos sur les planches. Ils sont tout simplement ravis d’être là et se félicitent du monde présent dans la fosse. C’est la première fois qu’ils se produisent devant autant de monde ! Et même s’ils semblent largement ‘stoned’ (à moins que ce soit dû à l’euphorie ?), ils enchaînent les titres marquants, à l’instar de « 100. Goosebump ». C’est néanmoins à la fin du concert que l’on prend une grosse claque. Après avoir lancé leurs excédents de houblon dans la foule, les quatre gaillards terminent leur prestation par leurs deux meilleures chansons. Tout d’abord « Zoo », caractérisé par son refrain instrumental et sublimé par des interventions de guitare agressives. Et in fine, « III ». Si la version studio dure huit bonnes minutes, celle que le combo va interpréter en ‘live’ va s’étaler sur plus d’un quart d’heure. Un titre au cours duquel une pluie de décibels va s’abattre sur l’auditoire, ma foi, comblé par ce déluge sonore. De quoi conclure à merveille un show très convainquant. Une fois sorti de scène, le chanteur s’écroule de fatigue. N’ont assisté à cette péripétie que ceux –les veinards !– qui squattaient le bord du podium. Manifestement, Fews a tout donné ce qu’il avait dans le ventre…

Allah-Las embraie sur les mêmes planches. La musique de ce quatuor fleure bon la Californie des sixties. Les Beach Boys ne sont pas loin, c’est certain ! A cause des mélodies terriblement  accrocheuses. La voix de Miles Michaud est particulièrement agréable à l’oreille. Et finalement tout le monde passe un bon moment en leur compagnie. Même le ciel se découvre et laisse apparaître un grand soleil. Le prochain album du groupe devrait sortir en septembre ; et à l’écoute des nouvelles compos proposées, il sera certainement intéressant.

Pour être excentriques, on peut vraiment affirmer que King Khan and The Shrines le sont assurément. Une formation établie à Berlin dont les accoutrements sont –pour le moins– plus qu’extravagants. Moustache imposante, cheveux teints en blond, combinaison complètement ouverte sur la poitrine, laissant deviner ses attributs, le chanteur est un personnage vraiment à part. Lors du set, il joue même avec une poupée gonflable. Teintée de psychédélisme et de soul, la musique du band est particulièrement puissante. Le show vire rapidement au délire ; ce qui a le don de réveiller un auditoire, tombé quelque peu en léthargie, avant la suite d’une soirée qui s’annonce épique.

Django Django grimpe sur l’estrade à 21h30. Fondée en 2009, la formation londonienne est en progression constante. Eponyme, son premier elpee a décroché un disque de platine, en France. Faut dire que sa psyché/pop est vraiment savoureuse. En outre, ce show est très attendu par votre serviteur, fan depuis la première heure. Et il ne va pas être déçu. Pendant une heure, le quatuor va dispenser ses meilleures compos. Sans la moindre faiblesse. Depuis « Waveform » à « Default », en passant par « First Light », toutes y passent. Mais en ‘live’, les versions studio sont davantage développées. Ce qui apporte évidemment une énorme valeur ajoutée par rapport aux albums. Et « Skies Over Cairo » constitue le point d’orgue du set. Que dis-je, une révélation. Passée un peu passée inaperçue sur le premier elpee du band, cette plage prend en ‘live’ une toute autre dimension. A cause des sonorités orientales qui enrichissent le morceau. Résultat des courses, le public se sent transporté et se met à danser. En terminant par « Silver Rays », le combo parvient même à faire asseoir toute la fosse. Une prestation phénoménale pour ce groupe qui constitue une valeur sûre dans l’univers du rock contemporain…

Une demi-heure de pause avant le spectacle de Fat White Family qui se déroule au Labo. Juste le temps de se rafraîchir. Car ce petit chapiteau est en effet notoire pour être le plus chaud du festival ! Le collectif anglais compte une dizaine de minutes de retard, lorsqu’il monte sur l’estrade. A peine arrivé, Lias Saudi, le vocaliste, ôte son t-shirt. Début de ce qui deviendra un véritable strip-tease. Punk, les morceaux dispensés sont sauvages. Déchirée, la voix du chanteur colle parfaitement à l’expression sonore. Dès le départ, les pogos éclatent spontanément au sein de la foule. Et suivant un rituel, Saudi vient régulièrement haranguer les spectateurs. Ce type doit avoir un grain. Joue-t-il un rôle ? Peut-être un peu. Mais il est tellement imbibé d’alcool, qu’il fait n’importe quoi. A trois reprises, il saute dans le public. Mais on n’est pas au bout des surprises. Au milieu du set, il dérape carrément. Après s’être débarrassé de son t-shirt, il enlève son pantalon. Il n’hésite d’ailleurs pas à exhiber ses fesses lors d’une chanson plus paisible. Vu son attitude de rock star, il focalise tous les regards. Et, fallait s’en douter, vu son état, il finit par dévoiler ses parties les plus intimes. C’est du jamais vu pour ma part. Finalement, si la musique est excellente, elle passe presque au second plan. Avant-dernier morceau, « Touch The Leather » se révèle une monstrueuse ballade punk comme on entend rarement. Puis, en toute fin de concert, Lias se verse une bouteille de vin rouge sur la tête, sexe à l’air. A mon avis, il lui manque certainement plusieurs cases ! Pourtant, malgré les excès du chanteur, il faut reconnaître que la prestation punk ‘old school’ de Fat White Family constitue certainement un des meilleurs concerts de cette édition du festival !

Après avoir cassé la croûte, retour au Labo. Un peu par hasard il faut bien l’avouer. Mdou Moctar s’y produit. Le guitariste nigérien porte un grand foulard autour de la tête, comme les berbères, lorsqu’il est confronté à une tempête de sable, ne laissant apparaître que son regard. Sur les planches, il est soutenu par deux musicos. Mélange savant entre musique traditionnelle touareg et rock, la musique est chargée de swing. Particulièrement dansante, elle offre un bon moment aux 200 personnes encore présentes sous un chapiteau un peu vide, il faut le reconnaître…

La soirée se termine par La Mvuerte (NDR : ne pas confondre avec le groupe belge La Muerte). Et le Parisien excelle dans sa programmation cold wave, maîtrisant parfaitement les codes du genre.

Ce samedi constitue certainement la meilleure journée pour les rockeurs. Elle prend même fin, ce dimanche matin à 4 heures. Un peu de repos est indispensable pour pouvoir tenir dûment le coup pour les dernières 24h (NDR : et pas l’inverse !)

(Organisation : Dour Festival)

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Dour Festival 2016 : vendredi 15 juillet

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C’est déjà le troisième jour, et on a l’impression que temps passe trop vite. Inimaginable de gamberger, il y a huit podiums sur le site de la Machine à Feu. Et d’une estrade à l’autre, il y a toujours un, deux, voire trois concerts qui se déroulent quelque part. Et qui risquent de vous intéresser. Ce vendredi constitue certainement la journée consacrée aux découvertes pour votre serviteur, car hormis Sharko et Mass Hysteria, les autres artistes et groupes programmés sont peu notoires.

La journée commence justement par Sharko sur la Mainstage. Le trio belge vient présenter son nouvel opus, « You Don’t Have To Worry ». Il pratique un rock énergique, électrique et mélodique. Perso, en live, il me fait penser aux Pixies (NDR : qu’on verra sur la même scène ce dimanche) et puis à dEUS, une autre formation belge. D’ailleurs la voix de David Bartholomé est très proche de celle de Tom Barman. Ravi d’avoir vécu un concert de Sharko, auquel je n’avais jamais assisté. Faut dire qu’il s’était accordé une longue pause de 7 années…

Direction La Petite Maison dans la Prairie pour le show Jeanne Added. Nominée au Victoires de la Musique en 2016 pour son album, la Rémoise fait figure, à l’instar de Petit Biscuit, de révélation française du moment. La jeune femme est responsable d’une pop teintée d’électro. Ses chansons sont empreintes de douceur. C’est le moment idéal choisi par bon nombre de festivaliers pour faire une bonne sieste. Il est vrai que les deux premières journées n’ont pas été de tout repos. Les morceaux atmosphériques de la chanteuse tombent à pic pour se ménager un petit moment de détente. Les yeux se ferment et on profite, tout simplement !

A quelques mètres de là, Glü entame son set au Labo. Dans un style qui agrège la drum’n’bass et le hip hop. Le public est bien réveillé et les corps commencent à remuer. Le Labo est vraiment parfaitement adapté à ce projet expérimental. Sous ce chapiteau, les surprises son légion ; et on y passe souvent de très bons instants. Glü en est une de plus !

Il est 20 heures, et mon cœur balance entre deux spectacles. Le choix est cornélien : Compact Disk Dummies ou La Femme ? En outre, les deux podiums sont relativement éloignés l’un de l’autre. Difficile donc de couper la poire en deux. Après longue réflexion, la décision est prise : ce sera La Femme. Entre pop, rock ou électro, le style du combo français est également très particulier. Mais dans la fosse, le public se trémousse ; et entre même rapidement dans une forme de folie. Souvent saccadée, la voix incite les spectateurs à sauter sur place et rebondir sur le plancher, comme sur un trampoline. A l’instar d’Aline et de Granville, notamment, la nouvelle génération de pop française jouit manifestement d’un fameux potentiel !

Le concert de Mass Hysteria a déjà commencé sur la Cannibal Stage. Oscillant entre rock et métal, la musique de ce quatuor véhicule des textes engagés dans la langue de Voltaire. Mais rapidement les musicos descendent dans la fosse et invitent l’auditoire à se poser et tourner autour d’eux. Une situation amusante et très impressionnante. Il ne faut néanmoins pas s’attarder au cœur de ce délire, car la température est caniculaire. En tout cas, entre les gouttes de sueur, tout le monde passe un très bon moment...

Après un petit crochet par la Mainstage, pour écouter un Birdy Nam Nam peu convaincant, c’est dans le Jupiler Dance Hall que la soirée continue. Floating Points a embarqué un live band ; et cette expérience musicale promet d’être intéressante. Le Londonien crée un univers très personnel, à la limite de l’envoûtement, grâce à des mélodies électro-post-rock particulièrement efficaces. Et puis à son backing group, particulièrement solide. C’est le coucher de soleil. La fatigue gagne les organismes. Et dans ce contexte le set se révèle singulièrement planant…   

STUFF. se produit dans le petit Labo, vers 1 heures du matin. Son expression sonore intègre jazz, hip hop et même un zeste de post punk. Les Gantois ont l’art de faire danser la foule. Et elle est très réceptive. Chanson phare, « Event horizon » donne le coup de grâce aux festivaliers en extase. Il est tard, mais ces derniers donnent tout ce qui leur reste comme énergie…

Ce vendredi, je suis allé de découverte en découverte. Faut dire que je n’avais jamais assisté au concert d’un seul de ces groupes. Vu sa programmation éclectique, Dour est vraiment le festival idéal pour jouer à l’explorateur. Il est maintenant temps de prendre un peu de repos. A demain !

(Organisation : Dour Festival)

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Dour Festival 2016 : jeudi 14 juillet

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Le soleil s’est levé depuis bien longtemps lorsque le réveil sonne. Pour bon nombre de campeurs, le premier réflexe, avant d’entamer la journée, c’est de se prendre une bonne douche. Malheureusement, il semble manquer de cabines et les files s’allongent. Certains festivaliers nous relatent avoir attendu plus d’une heure avant de pouvoir s’y rafraîchir! Habitant à quelques kilomètres, il est donc plus facile de rentrer chez moi, pour faire sa toilette.  

HONNE ouvre la deuxième journée du festival vers 16h. Le duo propose une musique douce et agréable, très susceptible de détendre toute La Petite Maison dans la Prairie. Légère, son électro plait au public. Celui-ci, en mode cool, s’assied en nombre sur le plancher en bois qui recouvre le sol. Le repos des guerriers avant la suite de la bataille, assurément !

Une petite sensation se produit à quelques mètres de là. Au Labo, Petit Biscuit veut confirmer tous les espoirs placés en lui. A seulement 16 ans, il a fait craquer toute la scène électro française grâce à son titre « Sunset Lover ». Pas étonnant que quelques minutes avant le concert, le brouhaha ambiant s’est largement couvert d’un accent bien d’outre-Quiévrain. Le concert est très expérimental, c’est le principe de la scène d’ailleurs, mais très planant. Le talent du gamin est indéniable. Il est à l’aise sur tous les instruments ! Un bon moment, toujours propice à la relaxation, mais c’est un peu le thème de ce début de soirée.

Même si, comme par contradiction, ce sont les terribles rockeurs de Kadavar qui s’installent sur la Cannibal Stage. Les Allemands sont notoires pour leur puissant rock’n’roll, largement influencé par certains maîtres du genre comme Black Sabbath ou Led Zeppelin. Les décibels vont se déverser tout au long de ce concert pour le plus grand plaisir des plus téméraires qui entament des pogos ou du crowdsurfing. Si le trio manque clairement d’originalité, on retiendra néanmoins leur passage à Dour pour la bonne ambiance qu’il est parvenu à créer sous le chapiteau.

Cap ensuite vers La Petite Maison dans la Praire, pour s’y installer avant l’arrivée de Mac deMarco. Votre serviteur a déjà eu l’occasion d’assister au spectacle du Canadien, à deux reprises ; mais il est de nouveau impatient de le revoir. L’artiste aux cheveux bouclés monte sur le podium flanqué de son band, à 21h30. Il attire toujours autant la sympathie. Et comme d’habitude, il présente tous ses compères avant de lancer son show sur « The Way You’de Love Her ». Une chanson parfaitement représentative du bonhomme, habitué à écrire de superbes ballades lo-fi décontractées. Dans le dictionnaire, figurera peut-être un jour, la photo de Mac à coté du mot ‘cool’. Entre chaque chanson, les six amis discutent entre eux et jouent ce qui ressemble presque à des mini-sketches. Le tout est manifestement très agréable même si on aimerait parfois que les morceaux s’enchaînent plus rapidement. Néanmoins, les titres phares sont toujours aussi efficaces. Que ce soit « Another One » pour sa mélancolie presque malsaine, « Cooking Up Something Good », sa folie ou encore « Chamber of Reflection », son ambiance pesante. Le groupe s’autorise même une reprise du « Reelin in the Years » de Steely Dan. Aussi improbable qu’absolument jouissive. Et suivant une forme de rituel, Mac achève la prestation sur l’incroyable « Together », compo au cours de laquelle il saute dans un public qui reprend en cœur le célèbre refrain (NDR : ‘Togeeeeether’). Un moment de bonheur, tout simplement. Mac deMarco a encore une fois placé la barre très haute et nul doute que son prochain passage en Belgique devrait attirer beaucoup de monde.

Pour terminer la journée en beauté, rendez-vous enfin sur la Mainstage pour The Prodigy. Près de 20 000 personnes attendent devant le podium. C’est assez impressionnant et ce qui va se produire l’est encore plus. La techno hardcore des Anglais va rendre complètement dingue le Dour Festival. La foule va hurler, se bousculer et bondir pendant 1h30. Un phénomène rarement vu sur la plaine de la machine à Feu. Les titres défilent sans aucun break. A tel point qu’on a parfois du mal à distinguer le début et la fin des morceaux. L’ambiance est folle. Totalement décomplexés, les spectateurs semblent s’éclater et ne jamais être rassasiés. Le trio donne tout ce qu’il a dans le ventre et atteint le point d’orgue sur « Invader Must Die », un morceau aussi violent que son titre le suggère !

La première journée complète est déjà terminée pour ma part ; il faut pouvoir se lever demain, car de nouvelles aventures sont au programme !

(Organisation : Dour Festival)

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Dour Festival 2016 : mercredi 13 juillet

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Pour la deuxième année d’affilée, le festival de Dour propose une soirée de concerts le mercredi. C’est donc à partir de midi que les premiers festivaliers débarquent sur la plaine de la Machine à Feu. Tente plantée et apéro dégusté en compagnie de forts sympathiques voisins français, votre serviteur se dirige vers la Mainstage ou plus exactement la Last Arena…

Il est plus ou moins 20 heures et Baloji y est programmé. L’artiste d’origine congolaise est de retour à Dour après un passage en 2013. Il parvient à faire danser la foule pendant une heure grâce à sa musique très marquée par la culture africaine. Quelques gouttes de pluie touchent le sol dourois ; cependant, les spectateurs espèrent tous que les chansons de Baloji ramèneront le soleil.

Point de soleil mais néanmoins une accalmie au moment où Salut C’est Cool monte sur l’estrade. Complètement fou, le quatuor va mettre le feu au public grâce à un set complètement surréaliste et décalé. Les Parisiens enchaînent les titres aux paroles de mauvais goûts et plutôt ridicules. C’est pourtant leur marque de fabrique et elle fonctionne très bien ! Parfois technos, parfois electros, les morceaux secouent complètement les festivaliers qui sont décidemment prêts à passer cinq jours de folie !

Petit détour par la Jupiler Dance Hall où un événement original se produit. La Colonie de Vacances implique quatre groupes qui jouent simultanément un rock surpuissant aux quatre coins du chapiteau. On ne sait pas où donner de la tête et on se surprend finalement à tourner en rond, complètement perdu par ce qui se passe autour de nous. Terrible claque !

Retour sur la Mainstage à 23h pour The Vaccines. Les quatre rockeurs britanniques sortent les grosses guitares et les premiers pogos du festival éclatent dans la fosse. Alternant entre des morceaux très nerveux comme « Wreckin’bar » et des titres plus mélancoliques, tel que « Post Beak-Up Sex », les Londoniens nous réservent un show purement ‘british’. Un bon moment pour tous les amateurs de rock et une bonne initiation à cet art pour les autres !

Logique : cette première soirée s’achève par le show d’un artiste belge ? En l’occurrence Netsky, dont la drum’n’bass devrait secouer la plaine douroise. Et sans aucun problème, Boris Deanen et son band vont balancer du gros son durant plus d’une heure. La foule est en délire et la terre tremble. Impressionnant ! « Puppy », le morceau le plus célèbre du producteur d’Edegemest, se révèle finalement un des plus relax. En tout cas c’est ce que l’on croit avant un finish absolument monstrueux et bien loin de la version classique. Le set est d’ailleurs flambant neuf, mais remarquablement travaillé. Une grande réussite !

1h40 du matin, il est temps de rentrer au camping. Les choses très sérieuses commencent demain lors d’une première journée complète. Bonne nuit !

(Organisation : Dour festival)

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