La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Un artiste descendu par un minou aux abois…

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Catman est un iconoclaste, homme-orchestre autodidacte, performeur, improvisateur, compositeur et producteur de musique électronique. Il a créé une forme de funk futuriste qu’il a immortalisé sur un Ep baptisé "Dog Eat Dog". 

- Clip "Dog Eat Dog" (Juin 2016) : www.youtube.com/watch?v=G-QkK6B4Sro

 

 

Mons Summer 2016 : vendredi 8 juillet

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Et de quatre ! Baptisées Summer Project Festival, les trois premières éditions s’étaient déroulées sous le dôme métallique et froid de Mons Expo. En outre, les premières moutures s’étaient révélées plutôt bricolées...

Désormais, les organisateurs ont décidé de prendre exemple sur les structures professionnelles et puis de caser leur événement entre ceux de ses deux grands frères, Dour et Ronquières ! Le festival a donc opté pour une nouvelle dénomination, mais pas seulement. Il se déroule en plein air, dure deux jours, compte quatre podiums, et propose une programmation éclectique. Sans oublier le camping. Cerise sur le gâteau, le soleil a étrangement inondé le site de ses rayons !

Mais malgré une météo idéale, on ne peut pas dire que le public se soit déplacé en masse. Il faut dire qu’en Belgique, les festivals sont légion, au cours de l’été. Ainsi, aux premières heures, la plaine était aussi clairsemée que les cheveux d’un quinqua !

Pourtant, le zoning Geothermia accueille du beau monde ! Quentin Mosimann, Doc Gyneco et Fritz Kalkbrenner, notamment.

Malgré une évidente bonne volonté, l’organisation doit encore faire ses maladies de jeunesse et remédier à l’absence d’indication permettant d’accéder au site, aux nombreux retards dans la programmation, aux problèmes techniques, etc.

En tirant le bilan de cette édition, les frères Vanderhaeghen devraient donc se forger une expérience nouvelle.

La première journée de ce Mons Summer Festival était surtout focalisée sur la mouvance électro. Les nombreux DJ’s se sont succédés dans une ambiance quasi monocorde. Les beats rageurs font cependant le bonheur des quelques rares initiés présents !

Autrefois, il fallait être un musicien chevronné pour séduire le mélomane ; aujourd’hui, il suffit de s’improviser (médiocre) bidouilleur pour contenter tout au plus le peuple… Triste monde !

Si l’ennui était bel et bien au rendez-vous durant une bonne partie de cette première moitié (f)estivale, les prestations de Benny B et de Quentin Mosimann ont constitué les deux bonnes surprises du vendredi !

Abdel Hamid Gharbaoui, alias Benny B, s’est véritablement fait connaître dans les années 80, en compagnie de son ami d'enfance Perfect ainsi que de DJ Daddy K, pionnier du mouvement hip-hop belge, en publiant des morceaux que les jeunes de moins de vingt ans ne peuvent connaître comme « Vous êtes fous ! », « Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? », « Parce qu'on est jeune » ou encore « Dis-moi bébé »

Véritable troubadour de la mise en scène, il n’a cessé de faire le pitre entre deux mix afin de sortir le public d’une léthargie profonde. Il est même parvenu à l’entraîner dans ses délires fantasques ! Pari réussi !

C’est vers 22 heures 30 que QM prend place sur la main stage ! D’un naturel plutôt mollasson dans l’excellentissime ‘D6bels on Stage’, il s’est montré sous angulaire différente durant cette prestation ! La métamorphose est appréciable !

Plus qu’une déferlante de tubes, c’est véritable show visuel et sonore auquel le Sieur s’est livré !

Hautement perché derrière une table de mixage dernier cri, Quentin Mosimann n’a cessé de monter (parfois très haut et incliné dangereusement vers le sol) et descendre suivant le flot des titres diffusés avec en filigrane une projection d’images à son effigie ! Signe d’un égo surdimensionné ?

Etonnant aussi, lorsqu’il troque vinyles et autres bardas électroniques pour une batterie acoustique placée à droite du podium afin d’appuyer la rythmique et de dynamiter le groove (NDR : notamment lors d’une version revisitée de « Smells like teen spririt ») ou encore lorsqu’il s’empare d’un clavier midi pour renforcer les nappes de synthés !

Kid Noize lui emboîte le pas à 23 heures. Dj et compositeur electro-pop belge, il constitue une des pièces maîtresse de ‘Joshua’.

Reconnaissable entre mille, son visage est dissimulé derrière une prothèse faciale de singe. Un peu à l’image de Cascadeur !

Bénéficiant d’une renommée internationale, il a assuré tout récemment les premières parties des concerts de Stromae et de Prodigy.

Le Carolo d’adoption balance un son qu’il qualifie himself de ‘synthpop’. Durant plus d’une heure, les plus jeunes ont pu découvrir (et les plus âgés redécouvrir) des tubes venus d’ailleurs tels que ce bon vieux « Eisbaer » de Grauzone, groupe suisse fondé au début des années 1980 par Stephan Eicher et son frère Martin.

(Organisation : Mons Summer Festival)

 

 

 

Cactus 2016 : vendredi 8 juillet

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Chouette, le temps est enfin de la partie pour assister à la 34ème édition du festival Cactus. Par contre, pour rejoindre Bruges, ce vendredi soir, c’est la galère. Près de Lichtervelde, on doit se taper une vingtaine de kilomètres de bouchons. Sur l’autoroute, une seule voie est accessible. Motif ? Des travaux. Or, c’est la ruée vers le littoral avant un week-end annoncé beau et chaud. Incompréhensible ! En outre, pour stationner au parking SNCB, il faut se taper un détour de plusieurs kilomètres. Ou alors se contenter de la rue adjacente à la gare, de l’autre côté des voies de chemin de fer. Soit à 20 minutes de marche du site. Conclusion, on débarque juste avant le set de Calexico.

En avril dernier, Calexico s’était produit à l’Aéronef de Lille. Gaby Moreno lui avait servi de tremplin, la chanteuse argentine participant ensuite au spectacle. Retour à un concert plus classique pour le septuor, au cours duquel on se rend compte que Zavala est de plus à plus à l’aise. Les trompettes que se réservent Jacob Valenzuela et Martin Wenk, apportent cette coloration mariachi à l’ensemble. Sergio, derrière ses claviers, inocule des tonalités bien cubaines à l’ensemble. Jon, aux drums, allie rituellement autant sobriété qu’efficacité. Et le timbre de Joey –qui porte une superbe chemise de cow-boy de couleur noire– est toujours aussi limpide. En plein air, les sonorités semblent davantage réverbérées. On a aussi l’impression que la trompette de Wenk est davantage mise en relief que celle de Jacob. Ce qui n’empêche pas l’ambiance de monter en crescendo. Bien sûr, les titres latino, sont les plus prisés. Et vous communiquent une irrésistible envie de remuer et même de danser. Le public devient de plus en plus chaud et puis, il fallait s’y attendre une invitée vient rejoindre Calexico, en fin de parcours, afin de participer à l’adaptation du « Soledad » de Los Galleros. Ce n’est pas Moreno, mais une certaine Sophie Bailey. Zavala fait à nouveau son show en invitant le public à reprendre de la voix les intonations de sa gratte. Le public est moins réactif que d’habitude, et Zavala n’insiste pas trop. Bref, on ne va pas raconter deux fois la même chose au sujet d’un concert, qu’on a tout simplement apprécié. Même s’il est demeuré plus conventionnel. D’ailleurs on est rarement déçu par un show de Calexico…

The Black Box Revelation jouit d’une énorme popularité au Nord du pays. Et l’engouement manifesté par la foule en est certainement la plus belle démonstration. Responsable d’un psyché/rock/blues particulièrement nerveux, directement inspiré par les White Stripes, TBBR est avant tout un duo qui réunit le drummer Dries Van Dijck et le chanteur/guitariste Jan Paternoster. En live, ils sont soutenus, suivant les circonstances, par une ou deux choristes. Qui ont du coffre, il faut le signaler. Et puis, par un claviériste qui siège derrière un Korg. Coiffé d’un chapeau, dans l’ombre, ce personnage semble entretenir le mystère…

Une toile a été tendue en arrière-plan. Y figurent le nom et l’emblème –deux yeux– du band. Tout au long du show, elle sera éclairée de spots aux couleurs différentes, pour mettre en exergue ce regard ténébreux. Peut-être celui de l’organiste…

Dès les premiers accords, la puissance du son souffle tout sur son passage. Jan triture ses pédales, libère des riffs incendiaires, grimpe régulièrement sur l’estrade réservée au batteur, pendant que celui-ci martèle ses fûts comme un malade. Les choristes apportent un feeling soul aux compos. Mais rien à faire, votre serviteur est littéralement assommé. Pourtant, le public est ravi et réserve une gigantesque ovation au combo. Qui va accorder un rappel au cours duquel il va se frotter à une version bien torchée du « Spoonful » de Willie Dixon (NDR : un classique repris notamment par Howlin’ Wolf). Et ma foi, il s’agit certainement du meilleur moment du set. Un peu trop linéaire, cependant, à mon goût.

C’est en 2007 que votre serviteur avait assisté, pour la première fois, à un concert de Wilco. Et il avait déjà été ravi par sa prestation. Une bonne raison pour vérifier le chemin parcouru, depuis, d’autant que son dernier elpee, « Star wars » est tout bonnement excellent.

En intro, les haut-parleurs diffusent « EKG », la plage instrumentale qui ouvre le dernier opus. Avant que le sextet ne monte sur l’estrade. Soit le chanteur/guitariste Jeff Tweedy (NDR : cheveux longs, chaussé de lunettes et coiffé d’un chapeau, il a pris de l’embonpoint mais est particulièrement souriant), le fidèle bassiste John Sirratt (NDR : il accompagne son leader depuis l’aventure Uncle Tupelo), le drummer/percussionniste Glenn Kotché, le claviériste Mikael Jorgensen, le claviériste/guitariste Pat Sansone et le guitariste (lead et pedal steel) Nels Cline.

Derrière le band, le light show est littéralement stellaire. Bref, dès le départ, on en a plein la vue. Le son est nickel. Les harmonies vocales sont impeccables. Et lorsque les trois guitares entrent dans la danse, on a la tête dans les étoiles. On pense tour à tour à T. Rex (« Random name generator »), aux Byrds (« Heavy metal drummer »), aux Beatles (« Hummingbird »), à Bowie circa « Ashes ot ashes » (« Handshake Drugs », « Kamera ») au Floyd (ce tempo réminiscent du célèbre « Echoes » imprimé tout au long de « Cold Slope »), à Santana (« Impossible Germany ») ou encore à REM (« Box full of letters »). Et si « Art of Altmont » est saupoudré d’un zeste d’électro, il ne prend jamais le pas sur l’instrumentation organique. Nels (NDR : considéré par le magazine Rolling Stone, par le 82ème meilleur guitariste de tous les temps, il avait accordé une interview à Musiczine, en 2007 – voir ici) est dans son trip. Ses pédales ne sont pas à ses pieds, mais sur un retour de scène. Il n’hésite pas à les triturer. Mais c’est sur sa six cordes qu’il étale tout son talent sur sa six cordes. Et même sur une gratte à deux manches, en fin de parcours. Il lui arrive même de donner une coloration jazzyfiante ou carrément noisy (Sonic Youth ?) a des morceaux pourtant carrément pop/rock. Mais c’est Jeff –dont la voix est savoureuse– qui trace la ligne de conduite en préservant le sens mélodique des chansons, tantôt en s’accompagnant d’une sèche électrifiée. Ou d’une guitare électrique. John et Pat Sansone soulignant régulièrement les compos de leurs harmonies vocales. Le summum du show sera atteint par « Spiders (Kidsmoke) », un long morceau chargé d’intensité électrique, dans l’esprit d’un Neil Young, au cours duquel le public va battre des mains en cadence. On ne voit pas l’heure passer, et au bout de 18 titres, Cline branche une autre de ses guitares, avant qu’on lui signifie qu’à 1 heure du matin, c’est l’extinction des feux et des lumières. Une finale qui s’achève un peu en queue de poisson (NDR : à l’instar de l’odeur désagréable qui a quelque peu balayé le site tout le week-end, à cause d’un bras de canal apparemment mal entretenu) pour un set tout bonnement époustouflant. Et le combo revient à l’AB ce 28 octobre…

Setlist : “More...”, “Random Name Generator”, “The Joke Explained”, “I Am Trying To Break Your Heart”, “Art of Almost”, “Pickled Ginger”, “Hummingbird”, “Handshake Drugs”, “Kamera”, “Cold Slope”, “Via Chicago”, “Spiders (Kidsmoke)”, “Jesus, etc.”, “Box Full of Letters”, “Heavy Metal Drummer”, “I'm The Man Who Loves You”, “Dawned On Me”, “Impossible Germany”.

(Organisation : Cactus)

Voir aussi notre section photos ici

 

Une nouvelle livraison pour les Pixies…

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Le nouvel opus des Pixies paraîtra ce 30 septembre 2016. Produit par Tom Dalgety (Killing Joke, Royal Blood), « Head carrier » est annoncé comme le fruit de la rencontre entre le surréalisme, le psychédélisme, la dissonance et le surf rock. Tout un programme !

Le nouveau single « Um Chagga Lagga » est en écoute ici 

L’artwork de la pochette a été réalisé par le collaborateur de longue date, le légendaire Vaughan Oliver. Enfin, plutôt les ‘artworks’, car il y en aura plusieurs.  

Track listing

Head Carrier
Classic Masher
Baal’s Back
Might As Well Be Gone
Oona
Talent
Tenement Song
Bel Esprit
All I Think About Now
Um Chagga Lagga
Plaster Of Paris
All The Saints

Les Pixies se produiront dans le cadre du festival de Dour, mais également au Zénith de Paris le 23 novembre ainsi qu’au Lotto Arena d’Anvers, le 25 du même mois.

 

Un Wrangler assemblé à l’aide de colle blanche…

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Wrangler, c’est le projet de Stephen Mallinder (Cabaret Voltaire), Phil Winter (Tunng) et Benge (John Foxx & The Maths). Le premier opus de ce trio, “The white glue”, paraîtra ce 23 septembre.

En juin, le trio avait déjà gravé “Sparked : Modular Remix Project », un essai dont les remises sont signés par le fondateur de Mute, Daniel Miller, Chris Carter (Chris & Cosey), Alessandro Cortini (Nine Inch Nails) ainsi que Scanner.

Les sessions de “The white glue” se sont déroulées au sein du studio de Benge, et inévitablement les synthés organiques ont été privilégiés.

https://www.facebook.com/stephenmallinderofficial/

 

 

Iris Von Gul

Iris Von Gul

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Iris Von Gul est issu de Bordeaux, un duo qui a sans doute été bercé, au cours de sa jeunesse, par Marilyn Manson et Nine Inch Nails. Avant de lancer leur nouveau projet, soit en 2013, Sam Barbier et Denis Dedieu militait au sein d’une formation électro-punk.

Eponyme, le premier elpee du tandem fait suite à un Ep, gravé il y a déjà 3 ans. Découpé en 6 morceaux, cet LP baigne manifestement dans l’électro indus, et tout particulièrement "The Breaker" ainsi qu’"Artemis". Mais sous une forme minimaliste et moins inspirée que celle instituée par la bande à Reznor. Stridents, les chants/cris (biffer la mention inutile) finissent par devenir éreintants. Une situation qui persiste tout au long de la première partie du long playing. La seconde baisse d’intensité ; ce qui permet à Iris Von Gul de nuancer son propos. Et même de se réserver des moments plus calmes au cours desquels le piano s’invite et la voix se révèle quasi-mélodieuse, à l’instar d’"All Day Long", certainement la meilleure compo de la plaque. C’est cependant une des rares à sortir du lot. Ou la tête de l’eau, si vous préférez…

 

Rafael Cortijo

1969 - 1971 The Ansonia years

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Figure tutélaire de la Bomba et de la Plena –genres musicaux traditionnels du Puerto Rico–Rafael Cortijo a rencontré un énorme succès en Amérique Centrale et du Sud, entre la fin des fifties et le début des eighties (NDR : il est décédé en 1982). En 1970, il rencontre de vieilles connaissances à New York. Ensemble, ils décident d’insuffler un nouveau souffle à leurs racines musicales afro-caribéennes communes… Flanqué du percussionniste (congas, timbales, bongos) Francisco ‘Kako’ Bastar, du chanteur Rafael ‘Chivirico’ Davila et d’Ismael Rivera aux chœurs, l’artiste enregistre plusieurs sessions au cœur d’une mégalopole américaine où les musiciens portoricains faisaient déjà revivre les rythmes de leur pays dans les rues du Bronx… En résulte toute une série de titres aux ambiances tropicales qui sortiront sur le label Ansonia. Petit classique du genre offert par l’excellente maison Vampisoul !

Afro-Cuban ones.

Coffee Or Not

Everything Is Falling Down

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Fondé par la chanteuse/claviériste Soho Grant et le chanteur/guitariste/percussionniste Renaud Versteegen, Coffee Or Not, est actif depuis 2009. « Everything Is Falling Down » constitue son quatrième album. Il fait suite à « Not Along In Our Mind » (2010), « Ghost » (2012), « SoRe » (2015). Frédéric Renaux est cependant venu enrichir le line up. Faut dire qu’il accompagnait déjà le duo en ‘live’. Dorénavant, non seulement il se consacrera à la basse, mais également à l’écriture.

S’ouvrant par un timide riff de gratte, « A Different Light » est dominé par Soho. Elle s’y réserve les ivoires et le chant. Une voix tout bonnement remarquable. 

Lorsque Soho et Renaud les conjuguent, les harmonies prennent une dimension atmosphérique.

Renaud se sert régulièrement d’un looper, mais la grosse surprise procède du recours plus intensif à la guitare électrique.

Second single issu de l’elpee, « May I lay Down ? » est également doublé d’une vidéo.

Plus paisible, « Are You Afraid?? » opère un retour aux deux premiers long playings. Tout en plongeant au cœur d’une forme de mélancolie. A l’instar de « The Day She Locked Herself Away » et « Everything is Falling Down », deux titres au cours desquels gratte et ivoires entrent littéralement en duel, alors que la voix de Soho s’envole dans la stratosphère… Malgré l’intermède instrumental « All The Voices Disappeared », le climat reste au spleen. Et « Nottingham » le confirme. Les deux plages baptisées « Lightweight » (« Part One » et « Part Two ») constituent certainement les deux pistes les plus expérimentales. Torturées, à la limite du psychédélisme, elles frôlent l’univers ténébreux, complexe et envoûtant d’Archive. Et c’est « What Took You So Long? » qui clôt le long playing, un morceau particulièrement abouti qui reflète une nouvelle maturité acquise par Coffee Or Not…

Dyna B

Soul Vibrations

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Aka Géraldine Battesti, Dyna B a participé à l’aventure musicale de spectacles pour enfants, Mamemo. Une jeune artiste belgo-haïtienne, capable de se transformer, sur scène, en une créature majestueuse et bouleversante à la manière d'une diva afro-américaine. Pensez à Nina Simone voire Tracy Chapman. Son premier elpee, « Take A Break », est paru en 2011. Et « Soul Vibrations » constitue son second.

Suivant les morceaux, elle chante en anglais, en français ou en créole. Des chansons métissées, sucrées, sculptées dans la soul, la pop et le reggae. Et qu’elle chante d’une voix suave, ample, mais particulièrement solide. Elle y incarne toute la mixité culturelle de la Belgique, tout en perpétuant un état d’esprit hérité de l’Amérique noire et des Caraïbes

Dyna B avait participé aux tournées de SOURCES et DOUBLE du chorégraphe Nono Battesti, pour y chanter et danser. Ce qui explique pourquoi, c’est ce dernier qui produit le nouvel elpee.

D’une durée de 60 minutes, le long playing est découpé en 15 pistes. Un œuvre au cours de laquelle l’artiste nous invite à visiter les quatre coins de la planète.

« Hey Baby » ouvre la plaque. Une compo qu’elle interprète dans la langue de Voltaire. Ivoires, Hammond et basse occupent bien l’espace sonore. 

« Reborn » est incontestablement le titre le plus musclé, le plus rock de l’opus.

« Dance Under The Rain » constitue mon coup de cœur. On imagine facilement une chorale qui chante dans une église, plantée au beaux milieu du Delta, dans le Bayou…

« Née Autre Part » se tourne désespérément vers Kingston. Un hommage vibrant aux migrants qui quittent leur pays pour rejoindre le Vieux Continent. « Go Down XP » est un Negro spiritual interprété en 1958 par Louis Armstrong. La nouvelle version est audacieuse, quelque part ragga, mais superbe. Pour la circonstance, Dyna a reçu le concours de Simon Danhier qui exécute la partie chantée dans la langue de Voltaire.

Plus lent, « Come Back » met bien en exergue la puissance vocale de Mrs Géraldine Battesti. Tout comme « La fièvre », au cours duquel riffs de grattes, accords de piano et flux de percus se livrent bataille.

Une autre reprise ? Le « Istwa Dwol » de l’Haïtien Belo. Elle y traduit tout son spleen sur ce blues chanté en créole. « Non Non Non » figurait déjà sur son premier long playing. Mais l’adaptation est davantage colorée de reggae…

« Life Is Good », « Béton Acier », « Better Man » et « Mother Nature » s'écoutent avec délectation. L’album s’achève par « Hey Baby Dub ». Bien sûr il y a du dub. Mais cette piste est surtout la plus radiophonique et contemporaine de l’LP.  D’ailleurs, tout en replongeant dans le passé, « Soul Vibrations » se veut résolument moderne.

 

aMute

Bending Time in Waves

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‘aMute’ (un muet) traduit ses émotions à travers la musique… C’est un excellent moyen d’expression mis sur pied par le musicien belge Jérôme Deuson, il y a déjà une dizaine d’années. AMute constitue un ovni, dans l’univers musical. A cause de son style inclassable, expérimental, naviguant entre structures post-rock, ambiances shoegaze et drones, le tout légèrement teinté d’électro, n’hésitant pas à combiner samples subtils et belles cordes mélancoliques (« Bending Time in Waves »). L’artiste empile les nappes de guitares et de claviers aux tonalités le plus souvent distordues afin de créer des paysages sonores trop facilement décrits comme cinématographiques. Une œuvre pas facile d’accès mais particulièrement envoûtante. Suivant que votre humeur soit contemplative ou pas, votre degré d’adhésion à « Bending Time in Waves » (NDR : un beau projet, il faut le souligner) se modifiera probablement en conséquence…

 

Marlon Williams

Marlon Williams

Écrit par

Marlon Williams a grandi à Lyttelton, une petite ville néo-zélandaise qui compte 3 000 habitants. Sa mère était peintre et son père musicien. Chez lui, les disques de pop anglaise côtoyaient ceux de country ainsi que de musique traditionnelle maori. Dès sa plus tendre enfance, il a donc été plongé dans le bain. Il n'avait pour ainsi dire d'autre choix que d'opter pour une carrière artistique ; et c'est vers la musique que le jeune homme s'est porté. Dès l'âge de 17 ans, alors qu'il est toujours au lycée, il se fait remarquer en militant au sein d’un groupe baptisé The Unfaithful Ways, une formation qui connaît même un certain succès sur l'île. Quelques années plus tard, il forme un duo en compagnie d’un autre songwriter Delaney Davidson. C’est un compatriote. Ce n'est qu'en 2013, alors qu'il revient d'un voyage en Australie qu’il se lance en solo. Deux ans plus tard, à 24 ans seulement, Williams publie son premier opus. Eponyme, il décroche plusieurs prix dans son pays. Ce qui lui permet à Marlon de signer sur le label américain Dead Oceans (Kevin Morby, Phosphorescent, Destroyer), et lui offre une porte d’ouverture sur le Vieux Continent.

Sur ce premier opus solo, on retrouve toutes ses influences. Le long playing s'ouvre par "Hello Miss Lonesome", une ballade country enlevée qui nous entraîne sur les pistes du Far West. Certaines plages nous replongent au cœur des sixties, évoquant tour à tour les Beatles ou Gram Parsons. D’autres reflètent un certain goût pour l’éclectisme, mais tout en puisant ses références au sein d’un univers très spécifique : celui qui a marqué son adolescence. "Dark Child" constitue certainement la meilleure plage de cet LP. Williams chante d’une voix solennelle. Et subtils, les arrangements lorgnent carrément vers Timber Timbre.

Marlon possède un véritable talent de mélodiste. Chaque morceau recèle un certain potentiel. Il n’y manque peut-être encore qu’un peu d’originalité pour passer à la vitesse supérieure. Une chose est sûre, c’est un artiste à suivre...

 

La programmation de l’édition 2016 du festival de Dour passée au crible par Musiczine, ou presque…

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Jusqu’en 2014, le site du festival de Dour proposait les liens des articles relatifs aux artistes ou groupes qui s'y produisaient vers les websites. Depuis lors, cette formule n’est plus compatible avec la nouvelle charte graphique. Bien sûr, aujourd’hui, le mélomane lambda préfère puiser ses sources aux réseaux sociaux, aux vidéos et –malheureusement et sans doute par facilité– aux biographies officielles. Le regard et l’oreille critique de Musiczine devraient vous aider à composer votre propre programme. Ah, oui, tous les artistes ou groupes ne sont pas répertoriés dans la liste. Mais un bon  tiers. Enfin, une bonne moitié, si on ne tient pas compte des Djs. Ce qui n’est pas si mal. Et puis pour les autres, il vous reste les biographies officielles…

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Review festival
Inrocks (8/11/2012)

Regarde Les Hommes Tomber - 14-juil
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Exile

Richie Hawtin - 15-juil
Chronique
DE09 – Transitions

Roméo Elvis – 16-juil
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Nuits Botanique (17/05/2016)

Roots Manuva - 15-juil
Review concert
Une synthèse presque parfaite de reggae digital de hip hop et de dubstep

Senamo & Seyté (La Smala) - 14-juil
Chroniques La Smala
Un Murmure dans le Vent
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Tout s’accélère… on dirait pas non !

Sharko - 14-juil
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Dance on the Beast
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Review festival
La nuit du Soir (24/09/2014)
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Réaction chimique

Sigur Rós - 16-juil
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Inni
Með Suð í Eyrum Við Spilum Endalaust
Hvarf / Heim
Takk
Ba Ba Ti Ki Di Do
Agaetis byrjun
-


Steak Number Eight - 14-juil
Chronique
Kosmokoma

Suuns - 17-juil
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Images du Futur
Zeroes QC

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Le plat de résistance après le dessert…
Puissant, mais sous contrôle…
Pénurie de soleil au cœur de Jerusalem

Review festival
Nuits Botanique (11/05/2013)

The Bronx - 17-juil
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The Bronx III
White Drugs

The Prodigy - 14-juil
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Music For The Jilted Generation
Invaders Must Die

Reviews concerts
Epileptiques s’abstenir…
Take Me To Your Leader

The Scrap Dealers - 16-juil
Chroniques
After a thousand blows
The Scrap Dealers (Ep)
Red like blood (7”)

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Reste à travailler les voix…
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Marre du garage…

The Soft Moon - 16-juil
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Deeper (b)
The Soft Moon

Reviews festivals
Nuits Botanique (17/05/2015)
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L’esprit de contradiction…

The Subways - 17-juil
Chronique
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Review concert
L’énergie et la puissance à leur paroxysme…

The Vaccines - 13-juil
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English Graffiti
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What did you expect from the vaccines ?

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Taux d’anticorps encore insuffisant…
Piqûre de rappel

Review festival
Inrocks (8/11/2012)

Tiga live - 14-juil
Chronique
Ciao !

Underworld - 16-juil
Chroniques
Oblivion With Bells
1992-2002
A Hundred Days Off
Live / Everything, everything

Victoria+Jean - 15-juil
Review festival
Nuits Botanique (25/05/2016)

Wiz Khalifa - 14-juil
Review concert
Jam For The Ladies

http://www.dourfestival.eu/fr/

 

Open’er festival 2016 : samedi 2 juillet

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Quatrième journée de l’Open’er. Focus sur At The Drive-In, Bastille, ChVrches et Pharell Williams. Après un vendredi caniculaire, au cours duquel le mercure a dépassé les 30 degrés, c’est la douche froide… un peu comme la veille, lors de la défaite des Diables Rouges...

On se presse cependant sous la Tent stage pour ne pas manquer le show d’At The Drive-In. Contretemps, le band accuse un bon quart d’heure de retard sur l’horaire. Résultat, le spectacle sera écourté ; car dans le cadre de l’Open’er, ce timing doit être scrupuleusement respecté. Pas question non plus de faire la fine bouche, car un mois plutôt, le combo avait dû annuler plusieurs dates de sa tournée américaine, suite à des problèmes de cordes vocales rencontrées par le leader, Cedric Bixler-Zavala. Après une courte intro de type western circa 70’s, les Texans déboulent sur les planches, prêts à en découdre. Le leader secoue des maracas et grimpe sur une timbale afin de se projeter en front de scène. Un démarrage en trombe ! Les pogos s’enchaînent et les aficionados se déchaînent ; notamment sur « Pattern against user ». La longue version de « Quarantined » baigne dans le psychédélisme. Mais si Omar Roriguez-Lopez dégaine de temps à autre, des riffs, plus vite que son ombre, on regrette l’absence de Jim Ward (NDR : membre fondateur d’ATDI, il milite également chez Sparta, mais ne participe pas au nouveau périple). En fin de parcours, Cedric s’excuse pour le manque de ponctualité. La veille, la formation se produisait à Werchter et l’avion qui devait les conduire en Pologne avait pris un certain retard. Il promet cependant de revenir rapidement sur ce territoire. Juste avant que le groupe n’attaque le titre de clôture « One armed scissor », un morceau qui déclenche à nouveau des vagues de ‘moshing’ et autre ‘circle pit’s dans les premiers rangs. Après un tel set mené tambour battant, on espère revoir très vite ATDI, mais en salle.

Autre scène et autre ambiance sur le podium principal en compagnie de Bastille. Relativement narcissique, Dan Smith (NDR : c’est le leader !) a choisi ce patronyme, car il est né un 14 juillet. Il est soutenu par quatre autres beaux gosses. Ce qui explique pourquoi les premiers rangs réunissent des jeunes filles en chaleur (NDR : l’ambiance a changé, vous vous en doutez…) Le groupe nous réserve « Good grief », une plage issue de son futur elpee, dont la sortie est prévue pour septembre 2016. Mais également la reprise du « Rythm of the night » de Corona (NDR : les Polonais raffolent de la disco/pop ‘old school’). Ainsi qu’en final, le single « Pompei ». Devant un public visiblement comblé… on ne sait trop par quoi ni pourquoi, mais comblé quand même…

Retour sous la Tent stage pour assister à la prestation de ChVrches. Dès le début, on se rend compte que le band est bien plus à l’aise, sur le podium, que dans le passé. En ouverture, « Never ending circles » bénéficie d’un fabuleux light show. Le single « We sink » baigne au sein d’un climat ténébreux. Vêtu d’un short en cuir, Lauren Mayberry est particulièrement sexy. Elle chante d’une voix fluette et (faussement) innocente. Martin Doherty abandonne ses claviers et se plante devant l’estrade pour se réserver le lead vocal sur « Under the tide ». Enfin, « The mother we share » confirme cette impression que le trio écossais a acquis une maîtrise nouvelle (NDR : Regardez ici) pour en avoir la confirmation), maîtrise qui devrait lui permettre de faire décoller sa carrière.

Pharell Williams a bâti sa notoriété sur son job de producteur. Où il est franchement irréprochable. A contrario, ses apparitions en ‘live’ n’ont jamais vraiment été concluantes. Il a beau recourir à des tas d’artifices, s’entourer de jolies danseuses qui se déhanchent sensuellement ou bénéficier du concours d’excellents musiciens –en l’occurrence un drummer et un bassiste qui ont probablement effectué leurs premiers pas dans l’univers du jazz avant d’emprunter un chemin de travers(e)– le résultat est toujours aussi décevant. Pourtant, le spectacle est digne des MTV awards. Sans relief ni éclat, les titres se succèdent. Et il a beau essayer de rallier l’auditoire à sa bonne cause, son discours est complètement ‘bateau’. Il invite une bonne quinzaine de jeunes Polonaises sur l’estrade avant d’attaquer « She wants to move » (NDR : NERD). Elles sont toutes prêtes à se dandiner au plus près de la star ; mais lui rechigne à s’y frotter. « Get lucky » ne nous rend pas vraiment chanceux, pas plus qu’« Happy » ne nous remplit de joie. Et après une longue intro aux messages pacifistes, « Freedom » nous libère de ce concert exécuté par un artiste, manifestement plein de bonne volonté, indubitablement respecté, mais dont les prestations ‘live’ continuent à faire pâle figure...

(Organisation : Open’er)

 

Open’er festival 2016 : vendredi 1er juillet

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‘Désolé j’ai piscine’ ! Oh la belle excuse. Et ce soir elle va se transformer en ‘Désolé mais ce soir, la Belgique joue un ¼ de finale, dans le cadre de l’Euro 2016 de football, à partir de 21 heures’. Les excuses sont faites pour s’en servir, mais cette dernière tient mieux la route. D’autant plus qu’initialement, cette rencontre ne devait pas être diffusée. Mais suite à l’insistance des médias sociaux, les organisateurs ont accepté de la retransmettre sur écran géant. Une bonne nouvelle, car ce vendredi 1er juillet, l’affiche est moins intéressante que celle des deux premiers jours.

On vous l’avait signalé, lors d’un précédent article, le rock doit de plus en plus souvent concéder du terrain à d’autres genres musicaux plus populaires, lors des grands festivals. Ainsi, au cours de cet après-midi, la grande foule s’est agglutinée pour applaudir Zbigniew Wodecki. Un chanteur très apprécié en Pologne. Son style ? Quelque part entre Frank Michaël et Patrick Sébastien. Il fête perpétuellement son retour sur scène. Et célèbre même ses 40 ans de carrière. Sur le podium, on peut d’ailleurs y lire un panneau qui indique fièrement ‘1976-2016’. Il se prend même pour Frank Sinatra en croonant « My way » (NDR : « Moja Droga » dans la langue d’Henryk Sienkiewicz), une des rares compos signées Clo Clo, rappelons-le quand même. Il est soutenu par une dizaine de musiciens (Mitch&Mitch Orchestra) et deux jolies choristes qui comblent les lacunes d’un chant –ma foi– parfois défaillant. Artiste décalé ou ‘has been’, il est quand même programmé sur le podium principal. A quand Paul Severs à Rock Werchter ?

Aujourd’hui, c’est Wiz Khalifa qui a été choisi comme tête d’affiche. Ben, pas vraiment le type d’artiste pour lequel on se déplacerait d’ordinaire. Ni celui qui recueillerait les faveurs de Musiczine. Mais quand on a l’esprit critique, il faut aussi pouvoir assumer. Bref, au sein des premiers rangs, on ressent les good vibes. Et on sent aussi l’odeur de la marijuana (NDR : comme le suggère l’image d’une feuille, en toile de fond, derrière l’Américain). Cependant, les fragrances sont moins répandues que dans les festivals qui se déroulent en Europe de l’Ouest, car la réglementation est bien plus stricte à l’Est. Sur les planches, le rappeur est uniquement accompagné d’un MC. Des conditions qui donnent l’impression de vivre un ‘one man show’ à la Iggy Pop. Il se retrouve d’ailleurs rapidement torse nu, pour y exhiber ses tatouages. Il enchaîne ses tubes, dont les incontournables « Black and yellow » (NDR : un morceau qui témoigne de son admiration pour l’équipe de baseball de son Pittsburgh natal) et « Work hard, play hard ». Il est victime de quelques périodes d’absence –qu’on lui pardonnera facilement– sans doute dues à l’excès de cannabis. Comme lorsqu’il affiche un long sourire béat d’une bonne minute, en fin de set. Qui s’achève par un autre hit, « See you again » (NDR : pas sûr que la prochaine fois ce sera le cas).

Nothing But Thieves est le groupe britannique qui a actuellement le vent en poupe. Il figure d’ailleurs dans la programmation des plus grands festivals insulaires. Hors de la Grande-Bretagne, il a acquis une certaine popularité en assurant le supporting act de Muse. A leur invitation, il faut le préciser. Les deux formations partagent d’ailleurs pas mal de similitudes. Et tout d’abord, le timbre du chanteur et leader Conor Mason, très proche de celui de Matthew Bellamy. En outre, il pastiche la tenue de scène du trio de Teignmouth. Différence, la musique est à la fois plus éclectique et plus électrique. Faut dire que le line up implique trois gratteurs. Une impression confirmée par la cover haute en couleurs du « Where is my mind » de la bande à Frank Black, précédée d’une question à l’adresse de l’auditoire : ‘Are there Pixies fans in the audience ?’

Cap ensuite vers l’écran géant. Il y a bien une bonne trentaine de belges, démontrant ainsi qu’ils sont de plus en plus nombreux à  braver les kilomètres pour participer à ce festival… Pendant la mi-temps, on en profite pour jeter un œil et une oreille au set de Kurt Vile & The Violators. De quoi s’évader quelques instants, au fil des longues ballades folk/rock. Mais le Pennsylvanien éprouve toujours autant de difficultés à communiquer avec son public. Sa longue chevelure cache la moitié de son visage, un peu à la manière de Jay Mascis (NDR : pour lequel il a collaboré au sessions d’enregistrement de l’album « Several Shades of Why »). Son attitude de shoegazer évoque parfois Thurston Moore (NDR : ils ont d’ailleurs partagé quelques tournées ensemble). Mais quand le band s’attaque à « KV Crimes », on entre dans une autre dimension. De quoi alors faire taire, toutes ces critiques.

Malheureusement le foot reprend rapidement ses droits. Même si l’issue de cette rencontre se soldera par une élimination des Diables. Deux ans plus tôt, votre serviteur était dans la même situation, lors du match Belgique-Argentine, dans le cadre du Mondial. Il est vrai que les horaires de ce festival et des grandes compétitions de foot ont tendance à se chevaucher. Et les résultats finaux à ne pas être favorables aux Belges.

(Organisation : Open’er)

 

Open’er Festival 2016 : jeudi 30 juin

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Ce soir, la foule est en effervescence. Et pour cause la Pologne rencontre le Portugal, dans le cadre de la coupe d’Europe de football. Le sujet alimente la plupart des conversations. Dans le bus qui nous conduit vers le site du festival, l’ambiance est déjà chauffée à blanc, et le déroulement de la rencontre est répercuté par les cris et les soupirs de la population indigène.

Suite aux mesures de sécurité, donc aux fouilles imposées aux festivaliers, il ne sera pas possible à votre serviteur d’assister au concert de Foals. De loin, on entend bien la longue intro musicale de « Two steps twice », un morceau caractérisé par l’accélération des drums. Vu les cris poussés par le public, on imagine que le show de ces Britanniques était à la fois remuant et dansant.

Red Hot Chili Peppers vient de publier un nouvel opus. Décevant ! Les Californiens semblent avoir gommé leurs aspérités funk qui communiquaient une énergie vivifiante à leurs compos. Pensez à « Mother milk » ou « Uplift Mofo party plan », deux albums incontournables publiés respectivement en 89 et 87. « The getaway » est tellement lisse, tellement mainstream, qu’il finit par exaspérer. Heureusement, il reste le ‘live’ pour sauver la face. La foule est nombreuse pour accueillir les 4 Apaches. Les premiers rangs sont confrontés à des mouvements de foule plutôt brusques, causés par des spectateurs qui tentent de se faufiler, afin d’arriver le plus près possible du podium. Conclusion, plusieurs jeunes filles sont victimes de malaises et doivent être évacuées, alors que l’intro du set vient à peine de commencer.

Sur fond de drapeaux aux couleurs rouge et blanc, l’entrée en scène du band est tonitruante. Soit les musicos ont décidé de supporter l’équipe locale (NDR : qui mène alors au score), soit c’est une opération de com’ destinée à mettre le public dans sa poche.

Pas de prise de risque, puisque le spectacle s’ouvre par le bondissant « Can’t Stop », suivi de l’inévitable « Dani California ». Mais dès que le quatuor s’attaque aux titres du nouvel opus (« We turn red », « Dark necessities ») l’ambiance retombe d’un cran. Pourtant, lorsqu’en guise d’intermède, Flea entame en solo « Polska, Biało-Czerwoni » (Trad : ‘Pologne, blanc-rouge’), des dizaines de milliers de spectateurs reprennent cet hymne footballistique en choeur. « Californication », « Around the world » et « By the way » permettent de garder tout le monde en haleine (NDR : surtout les supporters !) Mais lors du rappel, moment au cours duquel le Portugal s’impose aux tirs au but, l’atmosphère diminue fatalement d’intensité. Josh, le guitariste, revient seul pour interpréter le « Warsawa » de Bowie. Limité à quelques riffs de gratte, cette version est aussi déprimante que celle composée par feu David Robert Jones, lors d’un voyage le conduisant depuis la capitale polonaise à Gdansk. Heureusement, en finale (NDR : pas de l’Euro, hein !), « The getaway » et « Give it away » vont parvenir à faire bondir, une dernière fois, les aficionados. L’honneur des Red Hot est sauf. Le ‘live’ leur a de nouveau permis de faire la différence…

Sous le chapiteau, le climat est morose. La défaite de l’équipe nationale y est certainement pour quelque chose. Mais pas seulement. Beirut termine son set. En observant Zach Condon sur les planches, on constate qu’il n’a toujours pas remonté la pente. Il est soutenu par un bassiste, un batteur, un pianiste/accordéoniste et surtout trois cuivres, dont les interventions sont particulièrement grinçantes. Après avoir interprété « So allowed » (NDR : issu du dernier album « No, no, no », paru l’an dernier), Zach signale que le groupe va attaquer une compo qui n’a plus été jouée depuis 5 ans. Faut dire qu’entre 2011 et 2015, la formation s’était autorisée un long hiatus. Mais ce « Mount Wroclai » n’a rien perdu de sa superbe. Et avant que les cuivres ne s’élèvent, le chanteur s’avance seul en front d’estrade. En clôture, le combo va nous réserver « Nantes », démontrant ainsi qu’il n’est pas encore un vestige du passé…

Fondé en 1999, M83 a fait du chemin. Son septième elpee, « Junk » est paru en avril dernier. Mois au cours duquel le groupe français s’est produit dans le cadre du festival Coachella. Faut dire que le précédent opus (NDR : plutôt mainstream, quand même) « Hurry Up, We’re Dreaming », sur lequel figurait le tube planétaire « Midnight city », lui a donné des ailes. C’était déjà en 2011.

« Junk » est un disque plus difficile à cerner. Plus sombre. Et inévitablement, les titres de cet opus communiquent un feeling davantage ténébreux au spectacle. Un climat accentué par le light show dominé par les teintes bleues, mais tamisées. Le line up s’est enrichi d’une jolie chanteuse, Mai Lan. Tout en se trémoussant, elle pose sa voix douce sur certains morceaux, et tout particulièrement « Go ! ». Anthony Gonzales –c’est le leader– affiche un comportement plutôt contrasté. Des contrastes qui se répercutent dans la musique, par ailleurs, oscillant entre la pop et le psychédélisme. Soit Anthony reste planté discrètement derrière ses claviers, soit il opère des incursions au sein de l’auditoire. Un show presque à l’américaine. Faut dire qu’il s’est exilé depuis longtemps aux USA…

(Organisation : Open’er)

 

La plus grande coopérative européenne est belge et au service du secteur artistique

Les musiciens et les artistes en général connaissent bien la SMart. Pas la petite voiture, mais bien la « Société Mutuelle pour artistes ». Fondée en 1998 sous la forme d’une asbl, la SMart offre aux professionnels intermittents du secteur artistique (créateurs comme techniciens) des solutions pour inscrire plus aisément leur travail dans un cadre légal qui leur garantisse une meilleure sécurité sociale. Intermédiaire entre l'intermittent et le donneur d'ordre, la SMart donne aux artistes la statut de salarié pendant la période où ils travaillent. Mieux : elle leur permet de créer une micro-structure (appelée « Activité ») en son sein, un système nettement plus aisé que de créer une asbl ou de devenir indépendant. Basée à Bruxelles, SMart s'est rapidement développée et compte aujourd'hui 72 000 membres et 80 000 donneurs d'ordre. Elle englobe maintenant tous les types de 'freelances'. Elle a créé des bureaux un peu partout en Belgique et possède même des filiales dans plusieurs pays européens.

Aujourd'hui, l'association a entamé un processus de réorganisation afin de devenir au 1er janvier 2017 la plus grande coopérative de travailleurs d’Europe. Mais pourquoi devenir une coopérative ? Nous avons rencontré Sandrino Graceffa, Administrateur délégué, lors de l'Assemblée générale qui s'est tenue le 28 juin à Saint-Gilles. « Avec l’évolution du monde du travail, la fin du plein emploi et la révolution technologique, les travailleurs ne connaissent plus de carrière rectiligne », nous précise-t-il. « Nous le constatons déjà aujourd’hui avec nos membres qui explorent divers statuts et allient plusieurs métiers avec agilité. Notre défi est d’accompagner ces travailleurs autonomes au sein d’une entreprise partagée. Aujourd’hui, la forme coopérative est en effet la seule qui, juridiquement, offre à la fois le statut de salarié, et la protection sociale y afférente, et celui d’entrepreneur autonome ».

Assemblée Générale de la SMartVenant d'outre-Quiévrain, Sandrino Graceffa apporte l'expertise qu'il a acquise dans ce domaine en France, un pays où la tradition des coopératives est nettement mieux implantée. « En France, et dans de nombreux pays européens, le statut de coopérative est mieux défini et mieux encadré. Ici, on y trouve un peu tout et n'importe quoi. Pire : le statut a été galvaudé et récupéré par des grands groupes qui détournent les coopératives de leur mission sociale première. Voilà pourquoi nous accordons beaucoup d'importance au travail préparatoire, afin de définir de façon claire la mission et les valeurs de notre coopérative par le biais de statuts. »

Graceffa va plus loin : « Nous voulons servir d'exemple, nous voulons montrer la voie, ici en Belgique. Nous militons également pour une redéfinition du statut de coopérative dans la loi et pour un soutien plus affirmé des pouvoirs publics. » Dans cette perspective, la SMart peut compter sur le soutien de principe du ministre bruxellois Didier Gosuin qui, invité lors de l'Assemblée Générale, a confié avoir débloqué une première enveloppe de 700 000 euros pour soutenir les projets d'économie sociale.

Assemblée Générale de la SMart

Mais quels seront les impacts concrets de la création de SMart Coop, la coopérative SMart ? En lieu et place de la cotisation annuelle de 25 euros, qui était perdue pour eux, les membres, qu'ils soient musiciens, techniciens ou autre freelances, se verront offrir la possibilité d'acheter une ou plusieurs parts de la coopérative, à 30 euros par part. Cette levée de fonds, estimée à environ 15 millions, permettra à la coopérative de constituer un capital propre, qu'elle ne possédait pas en tant qu'asbl et qui apportera une plus grande garantie de stabilité et de pérennité. « Nous considérons cet apport comme une caution, comme une participation en tant qu'incubateur. Elle renforcera également le sentiment d'appartenance et l'implication personnelle, tant pour les 160 employés permanents que pour les membres externes. »

Nuance importante : la nouvelle société coopérative sera à but social, c'est-à-dire sans but lucratif. Tous les bénéfices seront donc ré-investis dans les nouveaux projets et les coopérateurs ne recevront pas de dividendes. Mais Sandrino Graceffa n'exclut pas que, dans un deuxième temps, la coopérative puisse reverser une partie des bénéfices aux membres, non pas sous la forme de dividendes, mais sous la forme de parts.

On suivra avec attention l'évolution de ce projet innovant ! Quant à votre serviteur, étant lui-même musicien et membre de la SMart, il s'est bien évidemment engagé à participer à la levée de fonds et à devenir coopérateur. Le monde bouge et c'est grâce à de telles initiatives qu'il deviendra plus juste et plus solidaire. Smart move !

Pour en savoir plus : www.smartbe.be

Merci à Sandrino Graceffa, Virginie Cordier et Fabienne Smets.

Photos de l'Assemblée Générale par Roland Pauwels.

Open’er Festival 2016 : mercredi 29 juin

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La Pologne ne se distingue pas seulement par son équipe de football, dans le cadre européen; mais aussi par ses festivals. L’Open’er, au fil de ses 15 éditions, s’est taillé une solide réputation dans le paysage pourtant déjà dense des grands festivals.

Pour preuve, dès notre départ en matinée à l’aéroport de Bruxelles, on remarque la présence de nombreux jeunes. Ils ont emporté leur matériel de camping et s’apprêtent à faire le (long) déplacement. Il faut dire que les tarifs pratiqués –pass d’entrée, boissons et nourriture– sont bien moins élevés qu’en Belgique. Comptez carrément la moitié des prix. De quoi compenser le coût du billet d’avion ; finalement pas très élevé non plus, d’ailleurs…

Et la soirée débute par un retour très attendu, celui de PJ Harvey. Elle vient défendre son dernier opus, « The Hope Six Demolition Project », qui succède, au sublime « Let England shake » (NDR : un titre bien d’actualité vu le Brexit ; communauté et foot compris). Manifestement, Polly n’a rien perdu de sa superbe. Elle est soutenue par 9 musiciens, dont ses fidèles John Parish et Mick Harvey (NDR : qui rappelons-le n’a aucun lien de parenté avec elle). Et à l’instar de « Chain of keys » proposé en en ouverture, les touches de jazz et de blues sont accentuées par les deux saxophonistes. En outre, les lumières tamisées et le décor de fond (un mur lounge au relief en 3D) donnent l’impression d’être plongé au sein d’un grand club de jazz. Elégamment (NDR : malgré ses 47 balais) la toujours jolie brune vient poser sa voix. Les titres du dernier opus sont presque joués dans l’ordre (« The Ministry of Defence », « The Community of Hope », « The Orange Monkey », « A Line in the Sand », etc.) Il faudra attendre la fin de set pour qu’elle attaque son répertoire plus ancien, dont le décapant « 50th queenie » enchaîné aux « Down by the Water » et « To Bring You My Love ». Avant que ne se produise le point d’orgue de la soirée (NDR : et peut-être du festival), lorsque les 10 artistes vont se pencher, deux par deux, sur les cinq micros en front de scène. Et achever « River Anacostia » en chantant a cappella le refrain ‘What will become if God's gonna trouble waters?’ Un morceau qui reflète bien l’aspect sombre des textes du dernier opus de PJ. Des lyrics qui s’inspirent de la pauvreté qui sévit à Washington DC, mais également de la guerre en Afghanistan ou au Kosovo, pays qu’elle a visités, pour trouver l’inspiration. Sur le long playing, la rythmique du sax est omniprésente (NDR : tout comme sur les planches, il sont trois à assurer cette mission, dont Polly elle-même) et les percus sont hypnotiques. En extrapolant, on imagine facilement des sirènes inhérentes aux conflits armés ; mais également des défilés patriotiques. Et en fin de parcours, les musicos quittent sobrement et un par un, l’estrade, de manière quasi-militaire. Avant que le public, visiblement comblé, réclame haut et fort un rappel. Qui tardera à se concrétiser. Mais les plus patients ont eu raison d’attendre le long ‘encore’. Au cours duquel le band va nous réserver en finale « A perfect day Elise », qu’on aurait pu modifier pour l’occasion en ‘A perfect evening Polly’ !

Lorsqu’elles s’étaient produites à l’Orangerie (NDR : à deux reprises !) les Savages avaient fait un tabac. Sous un énorme chapiteau (NDR : vu la météo, heureusement que cet Alter stage est couverte cette année), la formation britannique est bien en place. Vêtues de tenues sombres, classes et sexy à la fois, le quatuor féminin fait rapidement le ménage (NDR : oui elle est facile, je l’admets…). Le public est dans les cordes. Faut dire que Jehnny Beth et ses copines alignent uppercuts et crochets qui font mouche, comme si elles étaient sur un ring de boxe. Girl power !

La soirée est décidemment bien féminine. Florence and The Machine est programmé au même moment sur la grande scène. Que de chemin parcouru depuis sa prestation accordée dans le cadre du mini festival des Inrocks à Lille en 2009 (NDLR : voir le compte-rendu ici)

C’est la grande foule à l’entrée du site. Et le show sera à la hauteur. La jolie rousse aligne ses tubes, tels un bon vieux juke-box qui tourne sans jamais vouloir s’arrêter. On aura ainsi droit aux incontournables « Shake it out », « Sweet nothing », « Cosmic love » et «You’ve got the love». Florence Welsh est de bonne humeur et elle varie ses chorégraphies. Elle descend même régulièrement dans la fosse (NDR : a contrario de la plupart des artistes qui figurent à l’affiche de ce premier jour). Mais la musique reste de la pop bien gentillette ; et si elle communique avec le public, son discours entre les morceaux est un peu trop fleur bleue, parlant essentiellement de l’amour idyllique…

Pour assister à un spectacle un peu plus original, il est nécessaire de retourner sous l’Alter stage, où Mac DeMarco est programmé. Caractérisées par ses riffs déjantés, ses compos naviguent quelque part entre celles de Pavement et la nouvelle coqueluche, DIIV. Des morceaux noisy/punk aux refrains parfois carrément humoristiques. Et il draine, lui, heureusement, un auditoire bien plus rock’n’roll que sur le podium principal. Car oui, le ‘rock’ a de moins en moins de place dans les festivals ; et il faudrait que les organisateurs pensent tout doucement à retirer ce terme de leur appellation. Suffit de prendre connaissance de la programmation affichée par la plupart des festivals estivaux, pour s’en rendre compte…

(Organisation Open’er)

 

 

Tasha Taylor

Honey for the Biscuit

Écrit par

Texane, Tasha Taylor chante le blues et la soul. Elle est également actrice. C’est la fille du vocalise de soul/r&b notoire, feu Johnnie Taylor. "Honey for the Biscuit" constitue son troisième elpee solo. Il fait suite à "Revival", publié en 2008, et "Taylormade", en 2011. Trois pistes on été coécrites en compagnie de Tom Hambridge (NDR : ce musicien et producteur est issu de Nashville), et le reste est signé par Tasha. Elle assure la mise en forme et a bénéficié du concours d’excellents musiciens, invités pour la circonstance.

Soul rythmée, "Feels so good" ouvre a plaque. La voix de Tasha est enveloppée d’une belle armada de choristes. "Wedding bells" est une ballade r&b indolente aux accents particulièrement bluesy. Les vocaux sont bien mis en exergue, notamment à travers l’overdubbing. Johnnie, son père, avait beaucoup bossé au sein de la Stax. Et sa fille l'avait souvent accompagné lors de ses tournées. Un titre comme "Family tree" en est une parfaite illustration. Sur ce titre, elle est épaulée par le Californien (NDR : il est originaire de Los Angeles) Keb Mo, qui se consacre au chant et à la guitare. Epatant ! Hambridge et Richard Fleming cosignent "Weatherman, une piste sculptée dans le funk au cours de laquelle la voix de Tasha s'éclate dans le rythme. Tendre ballade, "One and only" émarge au southern blues à coloration Stax. Enlevé, "Little Miss Suzie" est un titre amusant auquel participe Robert Randolph, à la lap steel. Autre tendre ballade, "I knew" met une nouvelle fois la voix chaleureuse et veloutée de Tasha en exergue. "How long" est une plage surprenante. Et pour cause, coécrite par Mrs Taylor et Hambridge, elle déménage. Un morceau de rock'n'soul au cours duquel la guitare sort de sa réserve. La classe! "Leave that dog alone" constitue certainement la piste la plus blues de l’opus. L’orgue est bien mis en évidence sur ce Memphis blues ; mais c’est surtout l’intervention de Samantha Fish (NDR : une artiste également hébergée par Ruf), au chant et à la guitare, qui fait la différence. "Don't rush off" change une nouvelle fois de registre. Les arrangements de cuivres sont très réussis alors que la voix se lâche. L'opus s’achève par "Same old thing", un dernier r&b auquel contribue Tommy Castro (NDR : c’est un Californien !), au chant.

 

Chris Rolling

The Chris Rolling Squad (Ep)

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Chris Rolling vit dans l'Ouest, du côté de La Rochelle et des Sables d'Olonne. Ce chanteur-guitariste a milité chez Heavy Manic Souls, une formation responsable d’un rock musclé teinté de blues. Et en montant son nouveau groupe, Chris Rolling Squad, on ne peut pas dire qu’il a changé de style. Son backing group réunit le bassiste Brice Duval et le batteur Romain Cauneau. Chris signe 4 des 5 plages de cet Ep. 

"Whore" baigne au sein d’un power rock engagé. La gratte dispense des accords secs et nerveux. Une compo dynamique qui libère une énergie quasi-punk. Le spectre de feu Lemmy (Motörhead) y plane. Tout comme sur l’enlevé "My redemption", une piste au cours de laquelle Rolling s’éclate sur ses cordes. "Help me" adopte un profil bien plus blues. Et la section rythmique semble bien plus à l’aise sur ce tempo. La guitare privilégie encore les accords avant de s’autoriser un trip psychédélique ‘hendrixien’. Tout au long du shuffle brûlant "Vampire blues", la guitare semble hantée par une autre gloire défunte, le regretté Texan Stevie Ray Vaughan. Le disque s’achève par la cover du "Janet says go go go" d'Indian Red", un groupe obscur suédois qui a sévi au cours des années 90, un morceau punkabilly, caractérisé par des accords de gratte qui sortent vraiment de l'ordinaire.

 

Rocket From The Tombs

Black Record

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Depuis sa base arrière de Cleveland, Rocket From The Tombs a surtout été actif entre 1974 et 1975, un combo bruitiste, notoire pour ses excès en tout genre, dont le casting allait donner naissance à deux groupes underground majeurs, Pere Ubu (David Thomas et Peter Laughner) et les Dead Boys (Johnny Blitz et Cheetah Chrome). Au cours de cette brève période –hormis quelques bootlegs immortalisés en ‘live’– le band –qui outre les musicos susvisés à quand même vu défiler au sein de son line up Chris Cuda, Glen ‘Thunderhand’ Hach et Charlie Weiner– n’a jamais gravé le moindre album. Thomas, Chrome et Bell ainsi que l’ex-Television Richard Lloyd ont reformé le groupe en 2003, pour immortaliser quelques titres originels (NDR : ils figurent sur la compile « Rocket Redux », paru l’année suivante), mais également de nouveaux morceaux qui paraîtront sur l’album « Barfly », en 2011. Il ne reste alors plus que Thomas et Bell au générique toutefois !

La formation vient donc de sortir un nouvel LP. Et pas de souci, on y retrouve ce rock/garage aux accents punk et noise réminiscents des Sonics. Pas étonnant que ce disque recèle d’ailleurs une reprise bien sentie de « Strychnine ». Le son est crade. Chargées d’invectives, les paroles sont déblatérées avec cette morgue de sale gosse si bien reflétée par les Dead Kennedys. Consommant une énergie digne de véritables débutants, ces vétérans enfilent les morceaux énervés nerveux et efficaces. Et dès l’inaugural « Waiting for the Snow », caractérisé par son refrain quasi-pop, le ton est donné. Il semble que le temps n’a pas d’emprise sur ces artistes qui ont gardé la foi dans leurs idées et dont la passion est restée intacte….

 

RMS

Blue

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RMS nous vient des Ardennes, près de Libramont. Un très jeune trio (NDR : les musicos sont âgés de 19 à 21 ans) qui se réclame du rock et du blues. La formation est née en 2009. Et elle réunit le guitariste Sébastien Graux, le bassiste Florian Deschamps et le batteur Thibault Pirson. Le combo avait publié un premier opus, "Right Now", en 2014. Lauréat du concours ‘Music Live’, en 2010, il a eu l'opportunité de se produire en Tanzanie ; ce qui n'est certes pas banal. Au cours de leur adolescence, ils ont certainement beaucoup écouté de rock classique. Mais manifestement, beaucoup moins de blues. Le nouvel elpee de RMS s’intitule "Blue". Sa pochette est illustrée par une superbe chaussure de couleur bleue. Mais de là à admettre que sa musique puise ses racines dans le blues, il y a une marge que je ne franchirai pas. 

Quelques accords dispensés sur des cordes acoustiques laissent rapidement le champ à des riffs puissants, largement amplifiés. On entre dans "Still alive", une bonne ouverture dont le refrain est repris par les différentes voix ; une formule qui communique un feeling pop à cette plage. Et le premier envol à la guitare est pleinement réussi. Un riff sec découpe "Moving out of bound", une piste qui adopte un tempo que n'aurait pas dédaigné un autre trio célèbre, texan bien évidemment, ZZ Top. Mais la comparaison s'arrête là, car on est en présence ici de power pop rock qui véhicule d’excellents accents southern. La section rythmique est particulièrement solide. Ce qui constitue un atout pour RMS. Et elle porte littéralement le gratteur. Une ligne de basse amorce "Fucking great vibe", un morceau qui évolue sur un rythme lent. Volontairement dramatique, il repose sur une construction audacieuse. Les vocaux soulignent le refrain lors de ce trip qui navigue aux confins d'un psychédélisme bien maîtrisé. "Flashback" ralentit le tempo. Bien dosés, les riffs sont cependant écrasants, dans l’esprit de Black Sabbath, même si le lead vocal et la mélodie adoptent un profil pop. Faut dire que l’excellente mise en forme y est propice en prend en compte le potentiel des jeunes musiciens. Bien structuré, accordant encore une fois un soin particulier aux vocaux, "Overdriver" emprunte une rythmique réminiscente de Led Zeppelin. Une plage puissante, tapissée de claviers, mais surtout caractérisée par des changements de climat qui conduisent à une sortie royale aux cordes exécutée par Sébastien. Des riffs lourds (Black Sabbath ?) introduisent le judicieusement baptisé "2 Heavy 4 U?". Baignant au sein d’un climat stoner, cette compo rappelle le début des années 70. La formule trio est victorieuse et autorise une sortie de cordes bien déjantée. Plus paisible, "Slowtime" est bercé par une mélodie subtile. Et au cœur de cette atmosphère plutôt southern, les interventions de gratte lorgnent vers Lynyrd Skynyrd. "More" est déjà paru en single. Un morceau de pure pop. "Dr Boogie", c’est le pseudo d’un animateur notoire sur la RTBF. Alors, hommage ? Et bien pas vraiment ! Un titre trop clean et fignolé pour mériter d’émarger au style. Ce qui me rend d’ailleurs perplexe… A contrario de "Wild tease", qui s’en approche le plus, une piste indolente, somptueuse, qui se métamorphose rapidement en stoner conquérant. Les trois musicos s’y révèlent particulièrement soudés. Et chargé de feeling, l’envol de la six cordes est un réel bonheur. Evoluant sur un rythme nerveux "Perfect shadow" est une plage accrocheuse. Contagieux, le refrain bénéficie de vocaux soignés qui évoluent à des années-lumière d’un Robert Plant voire d’Ozzy Osbourne. "Call me" clôt le long playing. Un titre ambitieux qui se distingue une dernière fois par le chant élégant et sa mélodie séduisante. RMS dispose d’un fameux potentiel. Dans le futur, il lui restera à définir son style qui semble aujourd’hui encore hésiter entre pop, rock, stoner et parfois blues…