Le vieil harmoniciste aveugle vient de se rendre coupable d’une infidélité auprès des Rockets d'Anson Funderburgh. Sam est né à Laurel, dans le Mississippi. En février 1936. Très jeune, il manifeste un véritable don pour la musique. A la trompette et aux percussions, tout d’abord. Une aptitude qui l’incite à fréquenter l'école de musique de Chicago. C’est à cette époque que le déclic se produit. En côtoyant des géants du blues local : Muddy Waters, Howlin' Wolf, Little Walter, Hound Dog Taylor, Elmore James, et bien d’autres. D'ailleurs, durant une dizaine d'années, il jouera de la batterie dans le band du roi de la slide guitare. En 1956, il enregistre déjà sa composition qui sera sa plus célèbre : "Sleeping in the ground". Il tourne ensuite inlassablement dans les clubs de Jackson. A partir de 1986, il fait équipe avec le redoutable guitariste texan, Anson Funderburgh. Au sein de ce team, il va commettre la bagatelle de huit elpees, dont le premier s’intitule "My love is here to stay". Il a également collaboré à la confection de l’un ou l’autre disque pour des amis texans : Joe "Guitar" Hughes, Hash Brown, Robin Banks et Jim Suhler ; sans oublier les nombreuses sessions d'Elmore James auxquelles il a participé. L'homme a multiplié les WC Handy Awards : en solo, comme chanteur et harmoniciste ou encore entouré des Rockets.
« Coming from the Old School » constitue son premier album personnel. Il a quand même reçu le concours des musiciens maison d'Electro-Fi : Mel Brown à la guitare et aux claviers, Michael Fonfara aux claviers, Pat Carey aux saxophones, Alec Fraser à la basse et Jim Boudreau aux drums. Sam étale toute sa verve. Sa puissance de feu est intacte dès qu'il aborde son "I'm tired of your jive". Hilare, il se trémousse tel un jeune adolescent. Pat Carey laisse alors échapper son premier solo au saxophone. Il reprend ensuite, de manière classique, le "Ninety nine" de Sonny Boy Williamson II., en lâchant au passage un solide exercice de style sur son harmonica. "I got a thing for the voodoo woman" est une plage funky, dansante. Fonfara siège à l'orgue Hammond. Les musiciens se libèrent, Pat au sax et puis un Mel Brown très relax sur ses six cordes. Bien imprégné du Chicago southside, "Burning fire" est un slow blues classique. Fonfara est passé au piano pour cette reprise d'Otis Spann. Mel joue avec beaucoup de retenue, ne laissant filtrer que sa sensibilité exacerbée. Imprimé de nouveau sur un tempo funky, le très neveux "Waitin' on you mama" permet à Fonfara de prendre son pied derrière son piano. Mais on ressent également toute la joie que manifeste Sam, lorsqu’il souffle dans son instrument. Myers a le blues. Il le respire à pleins poumons. Bien lent, son "I got the blues" nous fait frémir. Quel bonheur de percevoir Mel Brown faire vibrer sa guitare de manière si originale. Le climat de l'album demeure serein. A l’instar du "My daily wish" de Robert Lockwood Jr, un blues tellement émouvant. Guitariste canadien particulièrement réputé, Jack DeKeyzer fait alors son apparition. D’abord sur le saignant "You don't know what love is all about". Il y manifeste beaucoup de présence et libère énormément de punch. Jack est toujours au poste pour le titre maître. Une plage très lente qui accorde beaucoup de respect pour le blues traditionnel, tout en laissant la part belle à tous les intervenants : guitare, harmonica et piano. "Country boy" est une plage très roots. Jack siège à la guitare acoustique, Mel est au piano, Sam se concentre sur l'harmonica. L’émotion est très palpable ! Bien nerveux, "Money is my downfall" est un bijou de shuffle. Sam chante avec conviction. Tout est bien en place. La guitare et le piano font merveille. Les trois dernières plages se consacrent au bon vieux downhome blues, des plages lentes bourrées de feeling, à l’instar de cette merveilleuse finale intitulée "Let you slowly bring you down". Recommandé !