Motor City Josh est originaire de Detroit. Une cité dont la réputation de ‘Motor City’ est bien mal en point, aujourd’hui, depuis que l’industrie automobile traverse une crise automobile (NDR : et économique) sans précédent, aux States. Il fait ses premiers pas en 1991, au sein du Curtis Sumter Project. En 94, il monte son groupe, Motor City Josh and the Big 3. Entre 2000 et 2004, on le retrouve à Atlanta, avant qu’il ne décide de se fixer à Chicago. A ce jour, Josh compte dix albums à son actif : "Living like a king in the ghetto", "Going to the country", "Live in Atlanta", "Acousticly sound", "Stringer full of blues", "Live from the road", "Blue collar blues man", "Made in Detroit" et "Covered up".
Pour enregistrer ce « 44 », il a reçu le concours de son Big 3, c’est-à-dire le guitariste Johnny Rhoades, le bassiste Chris Douglas et le drummer Justin Headley. Il s’y réserve le chant, la guitare et la slide. Au cours de cet opus, il rend hommage à Howlin' Wolf. De son véritable nom Chester Arthur Burnett, Wolf était né dans une plantation du Mississippi en 1910. En 1948, il décidait d’émigrer à West Memphis avant de rejoindre Chicago au début des années 50, pour y rejoindre l'écurie Chess et créer une bien belle tranche de l'histoire du blues. Il nous a quittés en 1976.
Au cours de cet opus, Josh reprend donc treize plages du répertoire du grand Wolf, mais aussi neuf titres issus de la plume de Willie Dixon. Le tout enrichi par quelques compos personnelles. Son timbre vocal est littéralement ravagé par la fumée de cigarette. Une voix qui colle cependant fort bien au répertoire du géant de Chicago.
L’elpee démarre en force par le titre maître. Une plage bien rythmée. La voix de Josh passe en force. Nicotinée, elle rappelle inévitablement celle de son idole. L’adaptation de ce morceau est cependant originale. L’orgue de Shawn McDonald balise la solution sonore, pendant que les deux guitares s’échangent des répliques. "Spoonful" est un grand classique. A cause de ses riffs caractéristiques et puis de la voix imposante de Wolf. La formation britannique The Cream en avait concocté une version live au cours des sixties. Et c’est même Jack Bruce qui en assurait les parties vocales. La nouvelle cover est très convaincante. Elle est enrichie par les interventions du jeune prodige Jason Ricci, à l’harmonica. La slide de Josh introduit le tonique "Evil is goin' on". Sur cet instrument, il se sent libre comme l’air ; d’autant plus qu’il est soutenu par une solide section rythmique. Et à nouveau, les deux guitares s'échangent des phrases, permettant ainsi à la slide d’emprunter une grande variété de registres. "Back door man" est sans aucun doute un des meilleurs morceaux de l’elpee. Le tempo est très lent, menaçant, lourd. L'harmo de Ricci balaie ce décor sonore. Le riff est écrasant. Il prélude cette voix venue d'outre-tombe… Bien ficelé, "I ain't superstitious" est sculpté dans le funk. "Truth" est un morceau savoureux qui figurait, voici déjà 40 ans, sur l’elpee du Jeff Beck Group. A l’époque, le line up impliquait alors Rod Stewart au chant, Nicky Hopkins au piano et Ron Wood à la basse. Excusez du peu ! "Sittin' on top of the world" et "Smokestack lightning" sont deux autres fragments signés par Wolf. Indolent, le premier est dynamisé par les accords du piano de Shawn McDonald. Quant au second, il est littéralement découpé dans des riffs hypnotiques. Du répertoire de Willie Dixon, signalons encore la présence du notoire "Little Red Rooster", popularisé jadis par les Rolling Stones, "Built for comfort", vivifié par le souffle fiévreux de Jason Ricci, "Meet me in the bottom" ainsi que "Wang dang doodle", une composition marquée par une voix empreinte d’authenticité et traversée de cordes virevoltantes. Ce vibrant hommage s’achève par le "Goin' down slow" de St Louis Jimmy Oden, morceau qui figurait au répertoire de Howlin' Wolf. De toute bonne facture, l’adaptation est nappée d’orgue. Ce qui n’empêche pas la slide gouailleuse de s’en donner à cœur joie. Si cette œuvre n’est pas révolutionnaire, elle reflète l’admiration et l’immense respect manifesté par Josh pour la légende.