La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

logo_musiczine

La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Dial ´W` for Watkins

Geraint entame étrangement ce « Dial ´W` for Watkins » par une très courte plage : "Two rocks". Il la chante de sa voix grave, en s’accompagnant de l’orgue. Heureusement, la suite nous ramène au Watkins classique. "Turn that chicken down" nous plonge au cœur d'un pub. Simple mais efficace, le rythme s'installe. Les percussions sont lourdes. Entrent alors en scène une guitare acoustique, un harmonica bien timide ainsi qu’un sax ou une trompette à peine plus libérés. Des instruments que se réserve apparemment le seul Geraint. Steve Donnelly se charge des parties de basse et des guitares (acoustique et électrique), et Robert Trehern apporte ses frêles percussions pour épauler Geraint sur la ballade légère, entraînante, "Be my love ". "Blessed with happiness" maintient un tempo modéré. La voix prend de la force. Nick Lowe (NDR : un vieux compère) est passé à la basse. Steve Donnelly égrène de jolies notes de cordes sur une autre ballade inoffensive, tendre : "The whole night through", pendant que Neil Brockbank siège derrière son orgue. Geraint joue de tous les instruments et en particulier de l’orgue, devenu ici l’élément central, sur l’instrumental Memphis R&B "Cold war". Sa version pub rock du "Heroes and villains" des Beach Boys est excellente. Sa voix se démène. Tout au long de cette cover il se sent comme un poisson dans l'eau. Nick Lowe y apporte les backing vocals. Ne boudons pas notre plaisir, car non seulement cette adaptation est respectueuse de l'original, mais elle bénéficie également d’arrangements personnels particulièrement soignés. Plage dépouillée, "Soldier of love" recèle pourtant des richesses cachées. L’artiste y joue de plusieurs instruments, y compris des cordes. De son timbre velouté, Geraint susurre des mots d'amour, dans un style très cabaret, sur "I will". Les plages largement rythmées sont plutôt rares. Exception qui confirme la règle, "I'm just crazy about you" renoue avec un pub rock linéaire et gouailleur. Autre jolie ballade, "Bring me the head of my so called lover" caresse gentiment nos oreilles. Sensation prolongée tout au long du plaintif "Only a rose". "Dial W" constitue finalement une œuvre très intimiste pour cet artiste attachant. Cependant, je préfère lorsqu’il nous plonge au coeur du Delta de Balham pour entretenir des climats festifs, teintés de zydeco. A l’instar de la finale "Go west", un fragment au cours duquel il nous rapproche de la Nouvelle Orléans, lorsqu’il chante à la manière d'un certain Fats Domino.

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

In the house

Né voici 52 ans, Carl Weathersby est originaire de Jazckson, dans le Mississippi. Il a ensuite grandi à East Chicago, dans l'Indiana. Il a travaillé très jeune, dans les hauts-fourneaux, avant d’exercer successivement les professions de militaire (NDR : il a (sur)vécu quelque temps au Vietnam), de gardien de prison et même de policier. Mais sa vocation est celle de musicien. Et c’est au sein des milieux du blues de Chicago qu’il a bâti sa réputation. Il devient ainsi le guitariste rythmique d'Albert King. Une situation qu’il va assumer de 1979 à 82. Albert incarnera et incarne toujours son influence majeure. En 82, il rejoint les Sons of Blues de l'harmoniciste Billy Branch pour y remplacer Carlos Johnson. Il sévira pas moins de quinze années au sein de cette formation responsable d’un blues mâtiné de soul, de funk et de rock. Il décide alors de ne plus vivre dans l'ombre de Branch pour embrasser une carrière solo. Il signe chez Evidence et commet quatre albums : "Don't lay your blues on me" en 96, "Looking out my window" en 97, "Restless feeling" en 98 et enfin "Come to Popa" en 2000, disque nominé pour deux WC Handy Awards. Sans oublier son "Best of Carl" paru en 2003.
 
Dans la série "Live at Lucerne" du label allemand Crosscut, nous retrouvons Carl lors de ce festival en novembre 2002, flanqué de son band : Paul Hendricks à la guitare rythmique, Calvin Gaskin à la basse et Leon Smith aux drums. L’ambiance est déjà chauffée à blanc lorsque Fritz Jakober introduit Carl. Il ouvre par un Memphis R&B and soul somme toute classique : "Leap of faith". La voix est très présente, puissante, très chaleureuse jusqu'à l’apparition de la guitare. Les cordes sont largement amplifiées. Manifestement, ce musicien sait comment les faire vibrer, respirer, éclater. "What's going on" est très atmosphérique, lancinant. Si proche du micro, volontairement implorante, sa voix se pose. Cette prière se fond dans "Love lead us home", une complainte soul susurrée. Carl dialogue avec ses cordes jusqu'à ce qu'il libère un merveilleux solo. Un exercice de style habilement construit. Le flot de notes est continu. Le sens mélodique jamais pris en défaut. Du grand art ! Une intervention qui relève sans aucun doute davantage de la musique rock que du blues ; mais quelle beauté dans ce moment si finement inspiré ! Plus blues, mais assez funky, "If that ain't the blues" donne une nouvelle fois l'occasion à la guitare de s'exprimer. Et de le faire d’une manière fort originale. Le chant de Carl suscite la participation du public qui se prend au jeu. Les cordes sont incapables de s'arrêter. A cet instant, nous pouvons nous rendre compte combien Weathersby a pu faire évoluer son inspiration puisée chez Albert King pour l’élever vers des sommets personnalisés. Il reprend les thèmes créés par Albert pour les décortiquer, les lacérer et ensuite les synthétiser dans son univers avant de repartir aussitôt dans un shuffle mouvementé, soutenu par l’harmonica de Bille Branch, son ancien partenaire dans des Sons of Blues. Les deux compères s’aventurent dans un grand moment de Chicago blues bien senti. Parfois, les instruments se retrouvent seuls, presque à l'arrêt avant que la machine rythmique ne les rattrape pour éclater dans un moment de bonheur intense. Billy est à son meilleur niveau. Il est encore de la partie pour la reprise du "Hobo blues" (NDR : un fragment écrit par Pierre Lacocque de Mississippi Heat), tandis qu'Otis Clay et Carl échangent des répliques vocales dans un registre soul blues. La suite du concert est largement dédiée à Albert King. A l’instar du long slow blues "Angel of Mercy", une longue plage sur laquelle le second guitariste, Paul Hendricks, se permet de se mesurer au maître. Ensuite à travers deux compositions du King dont une magistrale cover de Can't you see what you're doing to me?" et un instrumental aussi passionnant que ravageur intitulé "Night stomp". En rappel, Carl accorde un hommage manifeste à Hendrix, sur son "Looking out my window", une interprétation tellement proche du "Voodoo chile" de Hendrix. « In the house » : le concert d'un musicien éblouissant !
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Live at Blues on Grand

Guitaristes, Steve Arvey et Jon McDonald ont fondé le West Side Heat en 1982, en compagnie du batteur Marvin Jackson qui jouait alors dans l'Albert Collins Band. Le choix du patronyme s’inspirait de leur addiction au Westside Chicago Sound de Magic Sam, Otis Rush, Eddie C. Campbell et autres Jimmy Dawkins. Le line up sera bien vite complété par Lovie Lee, le dernier pianiste du Muddy Waters Band. Le Westside Heat écumait les clubs de Chicago et de Milwaukee. Leur premier elpee, "Crazy mixed up world", est paru en 1985. A cette époque, les drums étaient assurés par Tony Mangiullo, un personnage qui avait milité au sein du Jimmy Rogers Band et dont la mère avait épousé Homesick James. Capable de chanter et de jouer, avec le même bonheur, de la guitare et de l'harmonica, Mark Hoekstra devait ensuite rejoindre le groupe. Le Westside Heat a splitté en 1991. On peut cependant retrouver le son de cette époque, sur l'album de Steve Arvey, "Best from the Vault". Steve allait alors se consacrer au blues acoustique. En solo ou flanqué de Kraig Kenning.
 
Probablement nostalgique du West Side Heat, Steve a tout récemment reformé le groupe. Et a repris la route. En février 2003, il a ainsi immortalisé son set ‘live’ au "Blues on Grand" de Des Moines, dans l'Iowa. Michael Wagner est à la basse, Pete Kruse aux drums, Steve Arvey se réserve le chant et la guitare, alors que le vétéran Mark Hoekstra se charge de l’harmonica, de la slide et également des vocaux. Dès que la machine se met en route, elle libère une fameuse dose d’énergie. La sonorité n’est guère en phase avec Chicago. Excellent R&B, "Stranded" aurait été apprécié par Mark Wenner et ses Nighthawks. A l’instar de "Fine line", on navigue ici dans un univers bien plus proche des texas shuffles. Mark souffle dans l'harmo chromatique, pendant que les différents acteurs se mettent en valeur, à tour de rôle. Néanmoins, les guitares évoluent dans un registre très différent du style pratiqué par Jimmie Vaughan. Plutôt blues rock, les cordes sont largement électriques. Les arrangements opérés sur "Mississippi" ne brillent pas par leur légèreté. Les deux guitares jouent en puissance. La voix d'Arvey accentue l’âpreté de ce rocker. Une impression intensifiée tout au long de "Oh lucky". La conjugaison des cordes classiques d'Arvey et de la slide de Hoekstra est lourde. Toute en réverbération, la slide gémit, halète. Westside Heat consomme également du blues classique. D’ailleurs, leur version du long et lent "Reconsider baby" de Lowell Fulsom se révèle très conventionnelle. Le spectre des T-Birds de naguère revient régulièrement à la surface. A cause des similitudes qui existent entre les voix d’Arvey et de Kim Wilson. Et je pense tout particulièrement à "How do you spell love". A l’instar de Jimmy Reed et surtout de Kim Wilson, Hoekstra souffle dans les tons aigus. Une sensation qui se confirme sur le tonique "He knows the rules" de Jimmy McCracklin. Afin de permettre à l'harmoniciste de s'égayer librement et à la guitare de multiplier les effets, le Heat traîne un peu en longueur le funky "Chicke heads" de Bobby Rush. Le "Chicago blues" n'est quand même pas totalement absent. D’honnête facture, "You're so fine" rend justement hommage à son créateur, Little Walter. Le concert tire à sa fin. Chicago boogie, "Shake your moneymaker" se révèle explosif. Contagieux, "Rollin' and tumblin' résume ce qu'ils font le mieux : leurs références puisées dans le Delta se mêlent au Chicago blues, pendant que les vibrations rock durcissent le son. Même s’il n’est pas un mauvais vocaliste, Steve Arvey use et abuse d’effets spéciaux pour emprunter le timbre vocal profond et grave de Howlin' Wolf. Aux States, il existe de multiples formations de la trempe de West Side Heat. Ce qui ne veut pas dire qu’elle soit dénuée d’intérêt !

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Vini and the demons

Vini et ses Démons sont issus de Gainesville, en Floride. Ils y ont d’ailleurs accordé leur premier concert, en 1999. Hiver 2001, ils ont décidé d’émigrer à Chicago, la cité de leurs références. Cette formation compte parmi ses inconditionnels Ros, la fille de Muddy Waters, et Bo Diddley en personne. Chaque mardi soir, ils se produisent au Reservation Blues, le club d'Eddie Clearwater. Particulièrement fougueux, cet ensemble injecte beaucoup d'énergie dans son blues. Les Demons me rappellent les premiers groupes nés au cours de la vague du ‘british blues boom’ ; et en particulier les Yardbirds. Ils aimeraient, en toute modestie ( ? ! ? ! ?), faire revivre le fantôme de celui qui vendait son âme au diable : Robert Johnson. Ce qui explique sans doute pourquoi le groupe a choisi le patronyme des Demons. Ce quatuor est donc drivé par Vini. Cloué dans son fauteuil roulant, il se réserve le chant et la guitare. Il est épaulé par l’harmoniciste Skibo, le bassiste Tom Miller et le drummer Evil Evan. Nonobstant les remerciements qu’ils adressent à une multitude de personnages - notamment à Billy Branch, Eddie Clearwater, Bo Diddley, Vance Kelly et au regretté harmoniciste anglais, Duster Bennett -, les Demons écrivent l’essentiel de leur répertoire.
 
Ils ouvrent d’ailleurs l’elpee par une de leurs compos : le bien nommé "Possession blues". Le son est très Chicago Southside (NDR : si vous voyez ce que je veux dire). La voix de Vini possède des intonations fort proches de Keith Relf (NDR : pour gouverne, il était le chanteur des Yardbirds). Skibo souffle à la manière de Little Walter ou Junior Wells derrière Muddy Waters. La guitare est largement amplifiée. Elle véhicule des vibrations blues rock. Les compositions personnelles sont largement inspirées par le blues urbain des 50s. Et je pense tout particulièrement à "I don't want you", "You go your way" et "Please shake your ass for me". Des fragments qui libèrent une fameuse dose d’énergie et de fraîcheur. Mais les Demons comprennent le sens profond du blues. Ils sont capables d’y injecter toute leur sensibilité, particulièrement lorsqu’ils ralentissent le tempo. Et la cover du "Ive got to be with you tonight" de Slim Harpo explique parfaitement leur admiration pour Duster Bennett. Ce voyage au cœur des swamps leur sied vraiment bien. Ils tempèrent davantage le rythme pour attaquer "Beautiful poison". L’accompagnement est moins étoffé ; la couverture plus roots. L’excellente adaptation du "Sick bed blues" de Skip James baigne au sein d’une atmosphère plus tendue. Seuls le martèlement répétitif d'Evil Evan et la basse lugubre de Tom donnent la réplique à la voix. Après un début très dynamique, les Demons semblent avoir définitivement opté pour le tempo lent. Hommage à la regrettée fille de Willy Dixon, Shili Marie, la reprise bien réussie du "Sittin' on top of the world" de Howlin' Wolf en est la quatrième démonstration consécutive. Vini est à la slide et le Japonais Sumito Ariyoshi siège derrière le piano. Vini s'est armé d'un bottleneck au doigt. Le glissement métallique se détache du décor sonore. Une grande tristesse suinte de tous les instruments et l'atmosphère devient terriblement lourde sur "I don't want to go to heaven". L'effet dramatique rend le cri du vocaliste plaintif ; et lorsque les cordes se libèrent enfin, des flots de notes presque contenues tentent de s'échapper. L'effet est étonnant ! Les Demons ne s'en remettront pas. Le rythme ne reviendra plus. L’opus s’achève par le minimaliste "Blues for the android", un fragment très bien ciselé au cours duquel la guitare ne produit que les notes nécessaires. Mais des notes saisissantes. Et d’une certaine manière, c'est bien l'adjectif qui qualifie le mieux cette musique très personnelle : saisissante.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Blues harp meltdown Vol. 2

Nous sommes en août 2002, à Santa Cruz, en Californie. Au club ‘Moe's Alley’. Maître d'œuvre, l'harmoniciste Mark Hummel organise ses rencontres de souffleurs baptisées ‘Blowout’. En 2000, ces rencontres avaient débouché sur le premier volume du « Blues Harp Meltdown ». La session de 2002 alimente donc le deuxième tome. Elle bénéficie de nouveau du concours de R.J Mischo et de Gary Smith ; mais pour la circonstance également de Johnnie Dyer, Gary Primich, Annie Raines & Paul Rishell. En quelque sorte, un tour des USA de l'harmonica avec, pour invité, le guitariste français Frank Goldwasser alias Paris Slim. Mark Hummel est bien entendu de la partie. Flanqué de ses Blues Survivors. Pour assurer le backing band.
 
Le premier disque laisse R.J Mischo à la manœuvre. Aujourd’hui établi sur la West Coast, l'homme de Minneapolis est en forme. Le souffle puissant, il interprète son "Telephone blues" de fort belle manière. Paris Slim prend le premier solo, suivi de Charles Wheal, le gratteur des Blues Survivors. Pendant tout ce temps, Mischo est déjà occupé de s'époumoner. Sûr que RJ met déjà la pression sur ses collègues en présence ! Il s’acquitte ensuite d’un instrumental lent, de son harmo chromatique, à la Georges Smith. Du bien bel ouvrage ! Les mêmes musiciens restent en place pour seconder Gary Smith dans sa version du "You can't hurt me no more" de Nick Gravenites, imprimé sur le rythme de "Help me". Frank y signe un nouveau solo parfait. Gary chante avec ravissement l'histoire d’une "Story telling woman". Il joue subtilement, à la manière de Little Walter et de James Cotton, ce Chicago blues bien lent et brûlant. Gary termine par un exercice de style brillant sur l'instrumental signé Little Walter, "It ain't right". Une performance de très haut niveau ! Paris Slim accomplit la suivante pour l’"All these blues" de Dedric Malone. Il est bien à l'harmonica. Le tempo évoque Albert King. Franck chante correctement et n'a surtout pas à rougir de son exercice de souffle, pendant que Charles Wheal peut enfin se libérer aux cordes. Mark Hummel vient alors diriger ses musiciens pour trois plages. Soutenu par June Core, le drummer de Charlie Musselwhite, et Wheal à la jump guitare, "Seven nights to rock" libère une fameuse dose de swing. Le rythme à la Elmore James envahit le fantastique "I'm gone". Tout est parfait : le rythme, la voix, l'harmo et la slide de Paul Rishell. Mark termine par une longue version du "Love shock" de Little Sonny. Elle prend le temps de se développer avant d'éclater littéralement. Hummel s’y révèle très productif sur le chromatique. Ce premier Cd se termine par "Nothing but the devil", un très long blues lent tiré des swamps et composé par Jay Miller. Une parenthèse saturée de sensibilité. Paul Rishell est au chant et à la guitare, Annie Raines souffle dans l'harmonica comme Big Walter Horton.
 
Ce sont les mêmes qui introduisent le second morceau de plastique, par trois plages issues de leurs plumes. Pour la circonstance, il sont entourés des Blues Survivors. J’en retiendrai surtout le vigoureux exercice instrumental d'Annie sur "Annie's rocker". Elle ne s’y accorde aucun répit mort pour reprendre sa respiration. Quel souffle ! Originaire du Mississippi, (NDR : tout comme Muddy, il vient de Rolling Fork), le vieux Johnny Dyer est ici le seul harmoniciste de couleur. Il se consacre à un répertoire entièrement voué au Chicago blues urbain ; et en particulier à "Everyting's gonna be all right" de Little Walter, "Mojo boogie" de J.B Lenoir, ainsi que "Long distance call" et "Blow wind" de Muddy Waters. Ce vétéran est toujours aussi sémillant ; particulièrement sur "Mojo boogie". "Blow wind" reçoit un traitement de shuffle. Johnny chante mais c'est Mark Hummel qui joue l'harmo. Pour clôturer ces sessions, le Texan Gary Primich monte sur les planches, suivi des Survivors et de Paul Rishell à la guitare. Il s'acquitte d'un répertoire très éclectique. Nous reconnaissons de suite ses coups d'harmo comme autant de griffes. Dès l'intro du "Real gone lover" de Danny Bartholomew, Charles Wheal se révèle très efficace aux cordes. La machine swingue le tonnerre. Gary chante avec passion "Can't stand you when you're drinking", un blues lent écrit par Jeff Turmes. Le solo est un des meilleurs moments du double album, tant il est vécu. Tout le feeling de l'artiste transpire dans ces instants. Primich nous réserve encore un tonique "Playgirl" de Smiley Lewis. Je vous recommande chaudement cette excellente collection d'harmonica blues !
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Driving savage groove

Au cours des dernières années, Cool Buzz nous a permis de découvrir Drippin' Honey, Sugarcane, les Cuban Heels, T 99 ou encore Tee. Un label néerlandais dont le catalogue nous procure un réel plaisir. Et je ne peux cacher mon enthousiasme lorsque enfin, il brise le silence. Ce recueil est destiné aux nombreux aficionados du blues, en général, et de l’harmonica en particulier. Un tracklist exclusivement réservé à cette collection également baptisée "Cool Buzz Harmonica Posse".
 
D'excellente facture, l’ouverture revient aux Harmony Two Tones, une formation qui recèle une majorité de Belges. Liégeois, Renaud Lesire chante et joue de l'harmonica. Ernesto Zvar se consacre à la guitare et un certain Marc Thijs la batterie. Texan, Guy Forsyth a réservé une plage engagée et curieuse, enregistrée lors de sa dernière tournée européenne : "Guantanamo bay". Guy empoigne son harmo et chante en compagnie de Cheb Amraoui qui lui donne la réplique en arabe. Instrumental, "Slam that hammer" met en exergue l’immense talent de notre Big Dave Reniers national. Dave chante également son "I wonder why". Un blues lent, interprété avec beaucoup de relief et de profondeur devant la guitare de Brother M, la basse de Lazy Horse et les drums de Willie Maze. Un fragment qui pourrait servir de bande sonore à un film d'épouvante. Un moment très agréable à passer au sein du climat lourd et étouffant des bayous. Signé Jimmy McCracklin, "Georgia slop" est ici repris de manière agressive sur le célèbre Bo Didley beat par les Cuban Heels. Qui se sont déplacés flanqués de leur nouvel harmoniciste, Richard Koster, un ancien du Boyd Small Band. Les rideaux se ferment, la lumière décline et le tempo ralentit pour "I wonder who's kissing her now". Un parfum des swamps louisianais se dégage. Les Louisiana Men en sont responsables. Des Bataves, drivés par le chanteur/harmoniciste Hans deVries. Toute jeune et nouvelle formation hollandaise conduite par un certain Big Pete Vander Pluym, les Strikes viennent de commettre leur premier elpee, "Bathroom acoustics", un opus que nous vous présenterons prochainement. Ils évoluent dans un style qui rappelle à la fois les Cuban Heels et les Red Devils. Leur son est brut, primaire. Les Stikes nous livrent ici "Ghetto style". Le Gabriel Hounds adapte le "Stomach ache" de Junior Wells et de Buddy Guy. Ce super groupe de blues hollandais réunit Kim Snelten à harmo, Boyd Small au chant, ainsi que Sander Kooiman (de Drippin' Honey) et Mischa den Haring (de T-99) aux guitares. De la dynamite et un des meilleurs moments de la plaque! Ils se chargent également d’une autre cover : celle de l’entraînant "Climbin' on top of the hill" de Sonny Terry et de Brownie McGhee. Dans la bonne humeur ! Bas Flesseman (de Sugarcane) et Sander Kooiman se partagent ici les parties vocales. Les talentueux Harmony Two Tones reviennent pour dispenser "I want my baby". Une compo empreinte d’originalité, de fraîcheur et de swing, qui bénéficie de la participation du saxophoniste Jan Boekaerts. Bien vite un album ! La cover du "Shame shame, shame" est une autre bonne surprise. A l’harmo, George Reithoofer ‘hoote’ comme Sonny Terry. Il est épaulé par Marc Thijs à la guitare, mais aussi au chant dont il prête ici le timbre exceptionnel. Redoutable, étrange mais finalement excitante, "12 Gauge noose" est une plage commise par les Urban Archievers. Le chanteur/harmoniciste des Strikes, Big Pete v.d.Pluym, y participe. Pour la circonstance, il est rejoint par le guitariste anglais Matt Schofield. Le dévastateur "So low down" de Lester Butler marque le retour des Cuban Heels, mais en compagnie de leur ancien harmoniciste, Ernest Ferkenius. Et le choix de ce titre n’est guère surprenant. L'album s’achève par Big Dave qui se réserve une nouvelle version du "I wonder why". En solo : sa voix, son harmo et quelques percussions. Excellent !
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Friday night live

"Friday night Live" était une émission de blues diffusée sur KPCC, une radio de Los Angeles. Diffusée tous les vendredis soirs, elle était co-animée par Miss Ellen Bloom et le chanteur harmoniciste local John "Juke" Logan. Cette émission était régulièrement enrichie par des performances ‘live’, accordées en studio. Paru chez Pacific, cet album réunit certaines de ces sessions spontanées. Un disque destiné à financer plusieurs fondations blues. Nonobstant sa diversité de style, il faut reconnaître que cet opus privilégie le blues acoustique à caractère roots. Sous cette forme, cette œuvre nous réserve quelques solides moments. Et je pense tout particulièrement au duo formé par l'harmoniciste noir Johnny Dyer et le guitariste Rick Holmstrom, pour interpréter le "Little girl" de Muddy Waters. Au "Help me spend my gold" de Lightnin' Slim que Lee McBee chante d’une voix extraordinaire, en s’appuyant sur la guitare de Bill Lynch. Au classique "Hoochie Coochie man" que chante Lonnie Brooks avec émotion, pendant que Logan dispense un solo d'harmonica très inspiré. A "I think of you, Babe" que chante le vieux Floyd Dixon, en s’accompagnant au piano. A "One good woman" que Doug McLeod, l'ancien guitariste de John Lee Hooker, chante et gratte, flanqué de l'indispensable Juke Logan et sa musique à bouche. Parmi les rares vocalistes, on retrouve d’abord Lucinda Williams. Elle chante le blues sur "Disgusted". Puis Janiva Magness, qui interprète de son timbre si persuasif, en s’accompagnant de son frottoir, "Good car". Pour la circonstance, elle bénéficie du concours d’Enrico Crivellaro aux cordes, un Italien qui a fait son chemin. Le zydeco est également au rendez-vous à travers le Zydeco Party Band. "Paper in my shoe" implique tuba, violon et l'accordéon de Doug Legacy. Pete Anderson participe à "Working class". Le rock'n'roll n’a pas, non plus, été oublié. Les chicanos Blazers en sont les dignes représentants. Et Manuel Gonzales chante "Come on baby". Parmi les inconnus, relevons la présence de Rich & Maureen DelGrosso. Rich chante et joue de la mandoline, Maureen du piano. Une formule toute naturelle pour aborder le "Get your nose outta my business" de Johnny Young. Chanteuse qui s’est illustrée au cours des sixties, Evie Sands interprète "Fingerprint me baby", soutenue par Juke Logan à l'harmo. Cette intéressante collection s’achève par une interview accordée par William Clarke, en mai 95. Il y raconte tout le bien qu'il pense de son influence majeure : George "Harmonica" Smith. William chante le "Red headed woman" de Memphis Slim. Greg Verginio est à la guitare et Rick Reed à la basse. Cette compile fort intéressante n’est disponible qu’auprès du site de Pacific Blues, au prix modique de 7$.
mardi, 28 avril 2009 03:00

Roll on

JJ Cale est une légende vivante. Il y a d’ailleurs bien longtemps que ce statut lui a été attribué. Faut dire que son style est devenu une référence dans l’univers du blues. Un style qui lui colle véritablement à la peau : le laidback! Originaire de Tulsa, dans l'Oklahoma, il est né en 1938. Ce qui lui fait aujourd’hui plus de 70 berges. Il mérite donc incontestablement le respect. Son premier elpee, "Naturally", remonte à 1972. Il recelait déjà quelques classiques ; et notamment "Call me the breeze" et "After midnight". Depuis, il a aligné un nombre incalculable de disques. Si on ne tient pas compte de sa compile de raretés et d’inédits paru en 2007 (« Rewind: The Unreleased Recordings ») son dernier opus studio remonte à 2006. Un album dont il partageait la paternité avec Eric Clapton : "The road to Escondido". 

Tout au long de ce "Roll on", JJ nous étale toute la panoplie de son talent. Un cocktail de country, blues, rock et jazz, né d’un délicat et savoureux mélange entre musique acoustique et amplifiée. "Who knew" ouvre l’opus. Très swing, la plage baigne dans une atmosphère jazzyfiante. Les percussions de David Teegarden sont à l'avant-plan. "Former me" trempe dans un climat semblable, quasi manouche JJ chante et se réserve l’essentiel de l’instrumentation : depuis le piano aux guitares, en passant par les percussions. "Where the sun don't shine" bénéficie d’arrangements plus complexes. Quoique délicat, l’orgue est planté au beau milieu du décor sonore. Sans quoi, cette plage ne s’écarte guère de l’ambiance volontairement nonchalante et décontractée entretenue habituellement par Cale. Cap vers le Tennessee pour "Down to Memphis", une ballade talonnée par ses cordes parcimonieuses que nappe l’orgue d’interventions chaleureuses. Balayée de sonorités quasi-orientales "Strange days" est une autre ballade, mais plutôt étrange. "Cherry street" est une des meilleures compos de l’elpee. On y retrouve ce climat si spécifique des meilleures chansons de Cale. Tout comme sur "Call the breeze", également, un morceau au cours duquel il inocule progressivement des sonorités country, dans sa solution sonore, à l’aide d’une lap steel. Une touche exotique et latino pigmente le plus élaboré "Fondalina". Jolie chanson, "Leaving in the morning" est sculptée dans la country minimaliste. Les musiciens opèrent leur retour en studio pour donner un petit coup de fouet à l'ambiance. Ils attaquent un "Oh mary" très rythmé, dont les accents boogie sont entretenus par le piano offensif de Walt Richmond. Nouvelle ballade, le tendre "Old friend" conjugue les cordes acoustiques de Christine Lakeland, une mandoline et les cordes électriques de Don White. Le titre maître est incontestablement le sommet de l’elpee. C’est aussi la plage la plus dynamique. Un rock'n'roll qui nous invite clairement à nous dérouiller les jambes. Le piano de Glen Dee, les drums de Jim Keltner, l'harmonica de John ‘Juke’ Logan et bien entendu les cordes très caractéristiques de l'invité de luxe, Mr Eric Clapton y contribuent largement. JJ se réserve la finale. Parfait concentré du style indolent, décontracté, institué par l’artiste, ce "Bring down the curtain" referme le rideau sur cette excellente production… 

 

mardi, 28 avril 2009 03:00

Big Town playboy

Le géant d'Austin est aujourd’hui considéré comme un vétéran de la scène blues. Locale, mais également internationale. Il fêtera d’ailleurs ses 60 ans en 2010. En 1973, le Texan avait fondé son propre groupe : Omar & the Howlers, une formation responsable d’une discographie impressionnante. "Big leg beat", le premier elpee était d’ailleurs paru en 1980. Il semble bien que l'aventure des Howlers soit terminée. Le dernier enregistrement du combo remonte à 2006. Il s’agit d’un live intitulé "Bamboozled". Depuis, Omar a concocté un excellent opus en compagnie de Jimmie Vaughan. Edité en 2007, "On the Jimmy Reed highway" rendait hommage à un des grands du blues : Jimmy Reed. Omar se consacre de plus en plus à l’adaptation du répertoire des anciennes gloires. Un choix qui peut sembler regrettable, car il jouit d’une excellent plume.

C’est donc sous son patronyme qu’il vient de concocter ce nouvel opus. Baptisé "Big Town Playboy", il réunit douze reprises de classiques du blues. Il a conservé une bonne partie des collaborateurs qui avaient participé à la confection de l’elpee précédent. Et bien sûr, Jimmie Vaughan ainsi que le producteur guitariste/Derek O'Brien. Il a également reconduit l'excellente section rythmique partagée entre le drummer Wes Starr et le bassiste Ronnie James. Parmi les invités, figurent l'énigmatique et sulfureuse Lou Ann Barton, le jeune Gary Clark Jr et deux souffleurs de légende, Lazy Lester et James Cotton. Et au vu de la liste des musiciens en présence, on ne pouvait logiquement pas être déçus… Enfin, en analysant les commentaires du booklet, il semble qu'Omar se soit uniquement concentré sur le chant. Vocaliste redoutable, il a donc préféré laisser la part belle aux cordes de Derek O'Brien et surtout de Jimmy Vaughan.

"Big town playboy" est issu de la plume du guitariste Eddie Taylor (NDR : il a longtemps été le partenaire privilégié de Jimmy Reed). Cette compo date de 1956. Le disque s’ouvre par une adaptation de cette chanson. Et c’est le bonheur immédiat ! Implacable, la guitare dicte le rythme. La voix est autoritaire. L'harmonica de James Cotton est très travaillé. Au beau milieu de son envol, cet ancien sideman de Muddy Waters se met à souffler dans les aigus. On en attrape des frissons. Le disque embraie par une autre composition de Taylor, "Upside your head". Jimmy Reed n'a certes pas été oublié puisque trois titres de son répertoire figurent sur l'album : "Mary Mary", "Close together", morceau au cours duquel il reçoit le concours de l'élégante Miss Lou Ann ainsi que de Mr Cotton. Ce dernier souffle ici dans son style très spécifique ; et c’est la claque! Enfin, "Man down there". En réalité un réarrangement du "One way out" de Sonny Boy Williamson. Une compo écrite au cours des sixties par le tandem George Crockett/Jack Daniels. Cette nouvelle version évolue dans le plus pur style Reed (NDR : et aussi le meilleur !) ; surtout lorsque Gary Clark Jr souffle dans sa musique à bouche. Mr Dykes est également très à l’aise dans le swamp blues à la louisianaise (NDR : celui qui débarque en ligne directe de Baton Rouge et du label Excello !) On dirait presque qu’il lui colle à la peau. Le "Hello Mary Lee" de Lightnin' Slim, "Dream girl" et une version du "King bee" de Slim Harpo (NDR : imprimée sur un rythme hypnotique, elle reflète une connivence inespérée entre Kent et Jimmie), en sont les plus belles illustrations ; et tout a long des deux premiers extraits cités, Lazy Lester semble avoir retrouvé une nouvelle jeunesse en soufflant hargneusement dans son instrument. L’œuvre rend également hommage à d’autres vielles gloires. Tout d’abord John Lee Hooker, pour un "No more doggin" au cours duquel Vaughan se révèle saignant. Smokey Smothers, lors d’une superbe cover du "I can't judge nobody", un Chicago shuffle à nouveau sublimé par le souffle de Cotton. Jimmie McCracklin pour une reprise de son "Think" qu’Omar et la féline Miss Barton chantent en duo ; une solide partie de cordes à la clé. Et enfin, Ivory Joe Hunter dont le "Since I met you baby" est interprété dans un style louisianais empreint de beaucoup de passion et de sensibilité. Aussi bien dans les vocaux que dans les cordes de Jimmie. Un bien bel album !

mardi, 28 avril 2009 03:00

Bam!

Musicien particulièrement doué, Ricky Gene joue aussi bien de la guitare, de la basse, du tuba, de la trompette, du piano que de l’harmonica. Bien qu’originaire de Pickville, dans le Kentucky, sa famille s'est rapidement établie dans l'Ohio. Il monte son premier groupe, HKH, à l'âge de 10 ans, en compagnie de son frère aîné. Début de ce siècle, il fonde Rick Hall & the Blues Healers ; une formation responsable d’un album en 2004. Mais c’est chez les Goods qu’il va trouver son bonheur musical. La formation commet un premier album en 2008. Il est éponyme. Le line up est limité à un trio : Ricky se charge de la composition, du chant et de la guitare, Tom Martin de la basse et Rocky Evans des drums. La musique est empreinte d’une grande simplicité, même si la guitare domine l’espace sonore de ce blues largement teinté de rock sudiste. Et Hall possède une fort bonne voix, très harmonieuse.

L’elpee s’ouvre par le très funky "Way I feel". L’attaque est très proche de celle opérée habituellement par le trio texan, ZZ Top. Introduit par des cordes de guitare alertes mais parcimonieuses (NDR : ce qui n’empêche pas la présence de soli for bien ficelés !), "Noth'n at all" est imprimé sur un mid tempo. Un blues également réminiscent du ZZ Top ; mais un ZZ Top des débuts, celui qu’il pratiquait fin des sixties, début des seventies. Le tempo s’élève sur le titre maître. Ricky se dresse sur ses pédales pour communiquer de l'effet dans ses cordes, mais sans jamais glisser sur un quelconque terrain dur et lourd (hard & heavy). La formule du trio est idéale pour attaquer "Real fine woman", un blues lent qui atteint directement sa cible. Empreinte d’une grande sensibilité, la voix de Hall transpire le vécu. Et lorsqu’il ne chante pas, il souffle délicatement dans son harmonica. Il interprète le "Amos Moses" de Jerry Hubbard d’une voix légèrement nasillarde, dylanesque ; un roots rock alimenté par une slide réverbérée. Il opère une sortie impressionnante face à la section rythmique aussi solide que parfaitement soudée. "Just my luck" concède des accents country très prononcés, profondément ancrés dans le sud. Evoluant sur un rythme allègre et puissant, cette compo évoque l’univers du zydeco, mais sans l'accordéon. Bien jolie ballade balayée par des cordes de guitare mélodieuses et paisibles, "This old guitar" trempe dans le southern rock. Les Goods adaptent le "Read me my rights" de Delbert McClinton, tout en respectant le côté funky roots du compositeur. Et pour cause, la slide épouse un phrasé proche du Lowell George de Little Feat. "Revelation radio" change de registre. Hydratée par l'orgue Hammond de Bernie Nau, cette plage est enrichie par les chœurs gospel de Tony et Brent Hall. La basse est bien à l'avant-plan sur le "Bad is bad" de Huey Lewis", un R&B particulièrement funkysant. En fin de parcours, la formation lorgne de nouveau vers ZZ Top sur l’indolent "Postman" ; mais sous une forme dépouillée. De toute bonne facture, cet opus s’achève par le blues flegmatique "Blues leave me too", un morceau que chante notre Ricky d’un timbre chargé de passion…