Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels…

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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

vendredi, 31 décembre 2004 01:00

A life time of the blues

Ce vieil artiste a passé sa vie à avoir le blues et à vivre le blues. Une impression qu’il communique instantanément dès la présentation et l'introduction de «Everyday I have the blues». Du vécu ! Tous les musiciens sont en place et y jouent leur rôle. Les solistes piaffent d'impatience pour prendre leur tour de rôle. Big Harmonica Boy est à l'harmonica et Jason James, Richard Manzanares ou encore l'excellent Bernie Pearl se partagent les guitares. JJ possède une bien belle voix de bluesman ; son timbre éraillé est parfois très proche de son vieux copain de jeunesse, Howlin' Wolf. Sur « Rock me baby », il démontre qu’il n’est pas un manchot. Chaque note a son poids. Et il y injecte naturellement la dose de feeling nécessaire. Préposé au saxophone ténor, Richard Merritt tire son épingle du jeu. JJ n'a pas peur d'affronter le répertoire excitant du R&B excitant. Celui de James par exemple, sur «I feel good». Bien sûr, notre Bad Boy se sent surtout chez lui, lorsqu’il pratique l'exercice du Chicago blues classique, sans compromission. A l’instar de «Five long years». Un fragment émaillé de brillants échanges de guitares entre JJ et Jason James. JJ évoque ensuite quelques souvenirs d’enfance. Il avait à peine quinze ans et jouait régulièrement sur la même scène que Chester Brunett, alias Howlin' Wolf. Il reprend alors un des cris de guerre de Wolf : « Smokestack lightnin » ; et dans ces conditions, il n’est guère surprenant d'apercevoir le fantôme de ce vieux bluesman légendaire à la voix d'outre-tombe. Mr Jones nous cause ensuite d’un autre mythe, mais fort heureusement toujours bien vivant : BB King. Et il enchaîne aussitôt par une toute bonne version de «I woke up this morning». En fin de concert, JJ introduit un des excellents guitaristes contemporains issu de la West Coast : Bernie Pearl. Au cours des dix dernières années, il a d’ailleurs commis plusieurs albums en compagnie du vieil harmoniciste noir, Harmonica Fats. Les deux hommes s'embarquent alors dans une reprise d'un des titres les plus connus de Jimmy Reed : « Baby what you want me to do ».
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

My kind of evil

Issu d’Ottawa, ce jeune chanteur guitariste n’est âgé que de 23 ans. Pourtant, il a fondé son premier blues band en 1998. Eponyme, le premier album de son groupe paraît l’année suivante. Autoproduit, très mal distribué, il constitue pour les limiers du blues, une révélation. Début 2001, il commet "Defibrillatin" (Crosscut) et en 2002, "Bogart's bounce" (Northern Blues), un disque pour lequel il avait reçu la collaboration de Kim Wilson et de Gene Taylor. Son ami Kim s'est proposé de mettre en forme son nouvel opus.
 
Cette plaque commence de la plus belle manière ; c'est-à-dire par un "Shake that mess" parcouru par une guitare aux accents west coast jump, qui s'exclame devant force cuivres détonants. En l’occurrence les Wind Chill Factor Horns que composent trois saxophones et une trompette. Le son de la guitare dispensé par JW est superbement rendu. La production de Kim Wilson y est sûrement pour quelque chose! Jones reprend le "What you do to me" de Johnny Guitar Watson et Johnny Otis, un morceau qui semble sortir droit sortir d'un jukebox des fifties. Mais il ne le chante pas, ce rôle ayant ici été dévolu à son compatriote Colin James (du Little Big Band). Wilson est parvenu, vous l'aurez deviné, à déterminer le son adéquat pour les cordes. Caractérisée par des chœurs semblant sortir d'un beat band du Liverpool des années 60 et une guitare assez furieuse, "Ain't gonna lie" est une composition plutôt étonnante. JW y montre encore une fois les limites de sa voix qui constitue assurément son point faible. L’adaptation du "I don't know" de Willie Mabon est un véritable bonheur. Mais c'est bien Kim Wilson qui assure les vocaux ! Geoff Daye martèle son piano. Les cordes sont inspirées par cet environnement. Elles éclatent à l'avant-plan. Le deuxième chorus emprunté par JW est particulièrement saignant. Le gamin est vraiment déchaîné ! Il empoigne le micro et chante d’une manière plus assurée son "Cheating woman". Un bon slow blues, chargé d'atmosphère. Saturé de sensibilité, le solo sent bon le westside de Chicago. Très Memphis R&B, l’instrumental "Nothing on me" met en exergue un sax ténor de classe, que nous réservent Brian Asselin ou Steve Trecarten. Inspiré une nouvelle fois du Westside sound, et tout particulièrement par le rythme de la guitare de Magic Sam, "You can't fool me" est un autre blues très réussi. Superbe instrumental, "Slow down" démarre dans le pur west coast jump, fait soudain faire machine arrière et prend la direction de Chicago, avant de terminer sa course sonore du côté de chez BB à Memphis. Excellent ! JW met alors le cap vers la Nouvelle Orléans. Il reprend le célèbre "Blue Monday" de Dave Bartholomew et Fats Domino. Et c'est Kim qui chante dans un répertoire qui lui va à ravir. Swamp blues issu de la plume de Jay Miller, "You've got me" observe une nouvelle pause en Louisiane. Une compo caractérisée par des changements de rythme, le chant paresseux de Colin James et le solo d'harmonica convainquant de Kim Wilson. Instrumental très cuivré, "Code blues" baigne dans le swing jazz tout en autorisant des exercices de classe en solitaire à la guitare, à la basse et au piano. Kim souffle encore remarquablement tout au long d’"Aching pain", un blues à ras de terre. Cet album de bonne facture s’achève par "Let's have a ball", un fragment imprimé sur un tempo assez boogie rock'n'roll, au sein duquel Daye tire son épingle du jeu, au piano. A suivre de très près!
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Stormy love

Buddy Henderson est un des nombreux bluesmen à avoir passé le cap des soixante balais en 2004. Il est né en Californie. A Palm Springs, très exactement. En 1944. Mais il a rapidement émigré à Tyler, dans le Texas, un Etat qu'il n'a plus quitté depuis. Au coeur des années 60, il a sévi chez Mouse and the Traps, une formation de pop rock qui l’a rendu célèbre et au sein duquel figurait son ami Ronnie Weiss. En 1970, il émigre à Dallas, où il s'ouvre volontiers au blues. Il se produit régulièrement au Cellar, y assurant notamment le supporting act pour les Allman Brothers Band et BB King. Il se lie d'amitié à Freddie King qui le pousse à voler de ses propres ailes. Intitulé "At last", son premier album remonte à cette époque. Il recèle quelques titres très rock'n'roll tels que "Boppin' the blues"/"Blue suede shoes", "Hound dog", "Honest I do", un blues signé Jimmy Reed, ou encore "Shuffle King", une compo issue de sa plume. Cette plage donna notamment le nom à la future formation de Bugs : les Shuffle Kings. Double, son précédent album avait pour titre titre "ASK" (NDR : traduisez "Adventures of the Shuffle Kings").
 
Pour enregistrer « Stormy love » il a reçu le concours d’une section rythmique particulièrement solide : soit son fidèle Keith Jones à la basse et Miss Linda Waring aux drums (NDR : en compagnie de laquelle il joua chez Nitzinger, il y a plus de vingt ans). Mais aussi d’une belle brochette de musiciens : Tommy Young à l’orgue Hammond et au piano, Doug Rhone à la guitare rythmique et Kirby Kelley à la slide.
 
L'album s'ouvre par le titre maître. Une douce ballade amorcée par la voix solitaire de Bugs, que rejoint bientôt ses musiciens. Un fragment empreint de délicatesse qui laisse cependant libre cours aux fantaisies de sa guitare, face à l’orgue Hammond. "Hold the line" élève le tempo. Un blues rock dominé par l'orgue. Même si la guitare ne demande qu'à sortir de son environnement sonore, pour tisser de jolies grappes de notes bien accrochées à leur ligne mélodique. Autre ballade douce que souligne des chœurs féminins, "Shining again" traite du danger que représente l’alcool, les drogues, etc., chez les jeunes. Balayé par la guitare saturée et très présente, "Maid of sugar - Maid of spice" le rapproche du blues ; un morceau qu'il jouait déjà chez Mouse and the Traps, au cours des années 60. D'ailleurs le style pratiqué par Henderson n'émarge jamais au blues pur et dur ; mais est le plutôt le fruit d’un cocktail de blues, de rock et d’americana. A l’instar de "The vent", un titre au cours duquel il s’autorise quelques petits soli de guitare, jamais conventionnels, mais toujours bien ficelés. Très laidback, "Tom's trip to Texas" sent bon le Sud des States. La rythmique volontiers funky et la slide nous poussent vers un univers sonore très proche du Little Feat de Lowell George. Une impulsion qui se prolonge tout au long de la version alternative de "The vent - Refried". Le funk est bien marqué par l'orgue Hammond B3. Les cordes d’Henderson sont trafiquées à l'extrême. "Woman on fire" est sculpté dans du rock'n'roll efficace, solide et surtout puissant. Peut-être même parfois un peu trop. A cause de la section rythmique qui écrase tout sur son passage. Tout au long de cet opus, Bugs affiche une sérénité certaine. Au sein d’une ambiance qui conjugue décontraction et feeling. A l’instar de "Sighs", une bien jolie ballade dépouillée à l’extrême. Ce qui ne l’empêche pas de nous inviter à danser tout au long du solide R&B, "The train song". Pour nous rappeler qu’il est bien un inconditionnel de la musique ‘américaine’, Bugs réserve une place à un fragment de country bluegrass : "Wish I could write like Billy Joe". La partie réservée à la musique cesse après "Shadows of the rose", une plage laidback caractérisée par quelques dernières sorties de cette guitare qui arrache. Car à l’instar de ses autres elpees, Bugs achève le disque par un commentaire de près 10', consacré aux douze titres de cet album.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Blue hour

Gregor Hilden nous vient d’Allemagne. De Munster pour être plus précis. Il comptait déjà six albums à son actif, dont le dernier, "Sweet rain", est paru en à 2002. En métissant son blues et en s’ouvrant au R&B et surtout au jazz, Hilden s’ouvre dorénavant un spectre sonore bien plus large. Et on s’en rend compte dès la première plage, "Flying home", un instrumental coécrit, dans les années 40, par Benny Goodman et Lionel Hampton. C'est tout dire ! La guitare ici purement jazz, disserte avec la trompette de Christian Kappe et le piano électrique de Thomas Hufschmidt. Gregor ne chante pas ; mais pour ne pas se limiter à un exercice uniquement instrumental qui pourrait être qualifié de nombriliste, il a invité deux chanteurs noirs américains : Johnny Rogers et Stevie Woods. En 2001, il avait d'ailleurs déjà commis un album en duo avec Rogers, "Soul senerade". Un opus paru chez le même label. Johnny chante "Who's makin' love" d’une voix parfaitement adaptée au style soul blues. Mais Rogers peut aussi interpréter magistralement le blues. A l’instar de la reprise du "I loved another woman" de Peter Green. Un pur bonheur ! Très parcimonieux de ses notes sur sa Gibson Les Paul, Hilden a parfaitement assimilé la technique et le feeling du grand Green. Même la tonalité réverbérée y est! La cover du "Love and hapiness" d'Al Green est également impeccable. Mais que Mr Rogers possède d’une belle voix ! Thomas est à l'orgue. Tommy Schneller au sax. Le solo de Hilden démontre à nouveau toute l’étendue de son immense talent. Stevie Woods est un chanteur qui évolue dans un registre purement soul. Il emprunte à ce style pour colorer "Joy & pain" de jazz mélodique et le rendre très dansant, légèrement exotique. Je préfère nettement son intervention lors de la reprise légèrement funky du "Inner City blues" de Marvin Gaye. Constituée de Sascha Oeing à la basse et surtout de Dirk Brand aux percussions, la section rythmique imprime bien le tempo. Une fois encore, Gregor se réserve une excellente sortie sur sa Telecaster, en écrasant et en torturant le son. Excellent ! Le niveau instrumental ne trahit jamais la moindre faiblesse. Nouvelle démonstration, le "Milestones" de Miles Davis dévoile, dans son ambiance feutrée, de petits trésors ciselés par la guitare et le piano électrique. Longue plage jazz, "Jam" adresse précisément un clin d'œil à Miles Davis. La trompette de Christian Kappe y est talonnée par le piano électrique et la guitare. Dernière plage instrumentale, "Blue hour" se révèle très mélodique. Le style de la guitare y est assez proche de Peter Green, ou plus exactement d'un de ses adeptes, Snowy White. En finale, Rogers revient chanter le classique "Fever", une adaptation ‘live’ immortalisée l'année dernière, lors de la "Gregor's Blues Night…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Est. A long time ago…

Répondant autrefois au patronyme de Hollywood Fats Band, les Hollywood Blues Flames roulent leur bosse depuis trois décades, et pratiquent aujourd’hui ce qu’on appelle du post modern blues. Alias Hollywood Fats, le charismatique et regretté guitariste Michael Mann, nous a quittés voici plus de 17 ans, à l’issue d’un concert accordé au Music Machine de Los Angeles. Aussi, décemment, les musiciens ne pouvaient pus revendiquer le nom du défunt leader. Marqué par leur album légendaire paru en 1979, sur PBR, le West Coast Jump blues si populaire de nos jours, était déjà leur apanage à l'époque. La formation d'alors avait eu le bonheur d'accompagner des artistes tant revendiqués au cours de ces dernières années : George"Harmonica" Smith, Percy Mayfield, Big Joe Turner, Lowell Fulsom. Ils assurèrent même le backing groupe de Johnny Shines et Lightnin' Hopkins. Hollywood Fats possédait un talent immense. Il n'avait que 32 ans lors de sa disparition. Son HF Band post mortem avait sorti, l'année dernière, l’elpee "Dr Blake's Magic soul élixir", sur le label Soul Sanctuary. Puis ce disque sous la nouvelle dénomination.
 
Qui sont les musiciens? Leader, Al Blake se réserve le chant, l’harmonica et épisodiquement la guitare, Fred Kaplan, les claviers, Richard Innes, la batterie (NDR : à la fin des 60s, il sévissait chez Bacon Fat en compagnie de Rod Piazza et Georges Smith), et Larry Taylor (membre fondateur de Canned Heat), la basse. Enfin, le poste de guitariste a été confié à Eli Kirk Fletcher. Influencé par Junior Watson et…Hollywood Fats, ce jeune noir de 28 ans est une des valeurs montantes.
 
L'album s’ouvre par "Flambe'd", dans un style jump pur et dur, imprimé par Kirk Fletcher. Magnifié discrètement par la basse acoustique de Larry Taylor, "Black cat bone" conserve ce rythme cher à la West Coast. Faut dire qu’en bénéficiant d’une telle section rythmique, il est devenu tellement aisé de swinguer. Fletcher respire la forme. Il s'éclate sur le rythme enlevé de "Nit wit", une composition de L.C McKInley. Le jeu est vif et clair, communiquant un côté boogie à l’ensemble, que Kaplan ajuste à son compte de son piano aux accords sautillants. "Bunk's blues" est un blues lent, langoureux, très fin de soirée, pas éloigné d'un Charles Brown. Fred disserte avec beaucoup d'âme. Kirk se mue en T-Bone pour cette plage manifestement trop courte. Basse, drums et guitare rythmique impriment un funk sobre et léger à l’adaptation du "He's a bluesman" de Juke Boy Bonner. Le piano prend des accents jazzy. L'harmonica est autoritaire. "Long black cadillac" est un Chicago blues classique, nonchalant, assez feutré. Al chante paresseusement. Kaplan assure bien son rôle et c'est l'harmonica de Blake qui prend son billet de sortie. Fred passe à l'orgue Hammond pour attaquer "Takin' care of business". Une formule qui apporte du sang neuf à l’ensemble, même si le climat lorgne de toute évidence vers Chicago. Tout en finesse, délicatesse et concision, le jeu de Kirk Fletcher fait merveille sur "Soon forgotten". Il n’y a rien de trop ni de trop peu. Big Al Blake tire son épingle du jeu à l’harmonica sur "Coco puffin". Un superbe blues lent, basique, dépouillé, nappé d’orgue Hammond, éclaboussé de petits flots de notes déterminées par la guitare, dont le solo est vraiment à la hauteur. Dans un style inspiré au départ par BB King et Mike Bloomfield, il y insuffle toute sa personnalité. Impressionnant ! Chicago shuffle bien entraînant, "I'm a lucky, lucky man" se signale de nouveau par la parfaite mise en place des différents acteurs. Un parfum d’exotisme, mais aussi du Westiside de Chicago embaume "Jo Angelyn. L'album s’achève par deux apparitions en solitaire d’Al Blake. Il chante et joue de la guitare acoustique sur "You don't know my mind" et "Miss Nitroglycerite". Deux fragments absolument roots qui baignent dans les eaux du Delta! Ce très bon album de blues n’a été, paraît-il, tiré qu’en nombre tr ès limité. Il est vrai que je n'ai jamais eu le loisir d’entendre un seul morceau de "Dr Blake's Magic soul elixir", le précédent opus, pourtant paru sur le même label.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Rocks, skies & Waters

Dave Goodman est un Canadien originaire de Victoria, près de Vancouver. Considéré comme un guitariste exceptionnel, il cumule les fonctions d’auteur, de compositeur et de chanteur. Il vit aujourd'hui en Allemagne. Et c’est à Brême que les responsables du label Crosscut l’ont découvert. Un premier elpee, "Roadbook rhymes", est paru en 2001. Pour la circonstance, il avait reçu le concours d’un invité de marque ; en l’occurrence le chantre suisse Hank Shizzoe, vieil habitué de chez Crosscut.
 
Dave opère dans un univers acoustique. Sa musique est teintée de rock, de jazz, de blues et de folk. Pour la confection de son second opus, il a parfois reçu le concours d’une section rythmique. Elle est alors constituée d’Olivier Spanuth aux percussions et de Paul Pastouchov ou de Manfred Fleckenstein, à la basse.
 
Dès l'ouverture, "The bride of Cowall", Dave fait la part belle à la mélodie. L'atmosphère y est intimiste. Sa voie est jolie, expressive, et trahit des accents folks. Mais incontestablement, c’est son toucher de guitare qui emporte nos suffrages. "Greasy Lou" est une très belle ballade roots écorchée par les sons grinçants de la National Steel guitare. Dave s'acquitte de "Slippery fingers" en solo. Un folk blues subtilement exécuté à la guitare acoustique, qu’il interprète de sa voix tellement expressive. Les collaborateurs font preuve d'une totale discrétion. A l’instar du "What went wrong". Car c'est bien le jeu au bottleneck qui remplit nos oreilles, dans un style dont la densité créative peut paradoxalement paraître légère. J'adore Dave quand il saisit sa National. Les accents métalliques et finement réverbérés y traduisent un certain mal-être. Il revisite alors, avec une bonne dose de nostalgie, certains épisodes de son passé. Il traîne sa tristesse le long de la route de Denver à Knoxville sur "Kissin' camels". Il y chante d'une voix plaintive secondée d'une lap steel acoustique enchanteresse, pendant que Pastouchov concède une belle partie de basse. Entre le ciel, les montagnes et la mer, la plage titulaire, évolue délicatement au cœur des éléments de notre terre. L'album aligne quelques ballades plutôt gentilles, mais très folks dans le caractère. "Love under cover" est un morceau remarquable, un track si dépouillé et tellement proche du blues le plus pur. Un joyau ! Il chante seul "The riverboat" armé de sa guitare acoustique et d'un banjo au charme certain. Constitué de chansons, cet opus traduit le coup de cœur d'un artiste attachant. Le blues n'est pas souvent présent, mais l’œuvre est tellement agréable et relaxante...
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Blues don´t change

Bluesbreaker entre Clapton et Taylor, Peter fut longtemps mon favori. A l’époque où il fonda son groupe, le Fleetwood Mac, il était le meilleur chanteur guitariste de blues blanc. Enfin, c’est mon avis. Trois ans plus tard, il quittait le Mac, navigua quelque temps à vue, avant de sombrer. On le croyait perdu pour la musique et en particulier pour le blues. Enfin, pas tout à fait ; car si lors de ses quelques come-back, il n’était plus que l’ombre du grand qu'il avait été, il faut reconnaître qu’il n’a jamais perdu sa sensibilité et sa capacité à communiquer ses émotions personnelles. Son dernier retour chez le Splinter Group prouve qu'il a été repris en main de manière plus professionnelle. Et son ami Nigel Watson n’est pas étranger à cette situation. J’ignore si Nigel l’a pris sous son aile pour faire revivre musicalement Peter ou s'il exploite un filon lucratif. Une chose est sûre, le Splinter se produit régulièrement et certainement pas pour des cacahuètes. En outre, le contrat qui le lie au label major Eagle semble au beau fixe. Enfin, les albums se succèdent à une telle cadence, qu’il est difficile de s'y retrouver. D’autant plus qu’ils sont parsemés d’une multitude de reprises du mythique Robert Johnson.
 
Enregistré en 2001, cet opus se révèle cependant assez particulier. En fait, les musiciens sont entrés en studio, sans avoir répété et sans s’être souciés de la production, pour signer un hommage aux grands du blues. L'album n’est disponible qu'auprès du site internet du groupe. Un disque que j’apprécie tout particulièrement. La formule est électrique et très naturelle. On a l’impression que le groupe est juste devant vous.
 
L’elpee s’ouvre par "I believe my time ain't long", c'est-à-dire l'arrangement de Jeremy Spencer du "Dust my broom" de Robert Johnson. La version est sympa, mais sans faille. Le piano de Roger Cotton est bien planté dans le décor. Peter chante d'une voix assurée et avec beaucoup de profondeur "Take out some insurance". Peter ne se débrouille pas trop mal à l’harmonica. Le côté laidback et nonchalant de "When it all comes down" est très agréable. Les voix de Peter et Nigel y conversent. L’œuvre épingle inévitablement quelques classiques. Le "Honey bee" de Muddy Waters manifeste beaucoup de présence, de retenue et d'émotion à fleur de peau. Le bottleneck est minimaliste. De sa voix puissante et abrupte Watson chante un "Honey bee" bien plus électrique et agressif. Peter sort ses tripes pour attaquer le "Don't start me talking" de Sonny Boy Williamson. Watson revient chanter "Nobody knows you when you're down and out'. Les interventions au piano et à la basse sont parcimonieuses. Celle de Peter à la guitare, acoustique et judicieuse. Le sommet de l'album est atteint par "Help me through the day", une plage que j’apprécie beaucoup et qui ressemble curieusement au "Thrill is gone" de BB King. La tonalité reverb de la guitare est très reconnaissable. Le chant transpire le vécu. Que le monde est beau ! Peter se met alors à chanter - que dis-je ! - à susurrer "Honest I do" de Jimmy Reed. Très soul, la plage titulaire se démarque de l’ensemble. En finale, "Crawlin' king snake" constitue un hommage à John Lee Hooker, un fragment très roots qui montre beaucoup de respect pour le père de la boogie music. Les admirateurs de Peter Green ne peuvent passer à côté d’un tel opus...
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Burton Gaar

Burton Gaar possède un look pas possible : un géant blanc, la boule à zéro, les lunettes solaires vissées en permanence sur son visage. Il est né à Baton Rouge, en Louisiane. Il y a soixante ans, la nuit d'Halloween. L'homme sait tout faire : jouer de la guitare, de la basse, de l'harmonica, chanter, composer et produire. Ne parvenant pas à dénicher un bassiste à son goût, il a décidé de se concentrer sur l'instrument aux quatre cordes épaisses. Ce fils de laitier a contracté très tôt le virus du blues. Dans sa jeunesse, il a fréquenté Slim Harpo, en compagnie duquel il a d’ailleurs parfois joué. Il écrit ses propres compositions depuis les seventies. Son premier elpee, "Still singing the blues", est paru 1990. Son frère John l’épaulait alors à la guitare. A l'époque, il est très proche d’un des princes du zydeco : Rockin Sidney. Sa musique tape alors dans l’oreille de Detlev Hoegen qui le signe sur son label, Crosscut. Il y commet alors "100 pounds of trouble" et accomplit de conséquentes tournées européennes. En 2000, il grave encore "Mighty long road", chez Louisiana Red Hot Charlie Musselwhite tombe même sous le charme de cet opus.
 
En février 2003, Burton s'enferme dans les studios Colemine de son ami bassiste Randy Coleman. A Nashville. Et y met en boîte le présent morceau de plastique. Pour la circonstance, il est épaulé par Johnny Neel (Allman Brothers Band et Govt Mule) aux claviers, ainsi que Shane Theriot (Neville Brothers Band) et Danny Hamblin aux guitares. En outre, une imposante section de cuivres s'est intégrée à l'ensemble.
 
Burton a un faible pour le R&B teinté de soul ; et c’est dans cet univers qu’il nous plonge du début à la fin de cette œuvre. Un disque qui s’ouvre par le titre maître. Très Memphis R&B, ce fragment surprend immédiatement par la voix puissante, claire et très expressive. Soutenu par l’harmonica de Tim Gonzales, "Blow wine blow" est un blues au tempo enlevé. Shane Theriot sort de sa réserve sur ses six cordes et la voix de Mr Gaar se fait dévastatrice. "Repoman" consomme du pur funk blues, très cuivré. Constitué de Randy et du batteur Floyd Saizon, la section rythmique soutient le tout avec un maximum de cohésion. L'orgue Hammond de Johnny Neel fluidifie "Hall of fame", une jolie ballade country soul. Shane y dispense un solo réservé mais décisif. "Stone cold blues" est une nouvelle réussite, proche du meilleur Greg Allman. Aussi bien pour la voix que l'orgue. Les musiciens impriment une rythmique exotique. Les cuivres soutiennent l’ensemble. Tout au long de "Rainbow" tous les instrumentistes se complètent à merveille, une composition alliant puissance et mélodie, dans un contexte subtilement gospel. Et je pense tout particulièrement au sax ténor de Marty Ojeda, au piano de Neel et à la guitare très pure de Theriot. Signé Neel, "My little feel good" trempe dans le Memphis blues ; un plage susceptible de vous entraîner sur la piste de danse pour vous déhancher. Shane s’y sent inspiré par Albert King. Excellent ! Blues très nerveux, "Mississippi water" met en exergue l'harmonica de Gonzales et la voix remarquable de Burton. Nous sommes toujours proches des frères Allman pour "Wonderland", un chant gospel rapide au cours duquel Danny Hamblin se réserve la guitare. Dans le style, cet elpee est vraiment d’excellente facture…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Live Gypy

Tony Furtado et ses American Gypsies ne jouent pas du blues mais de la roots ; c'est-à-dire une musique aux racines très diversifiées et au panorama sonore beaucoup plus ample. Tous les musiciens sont talentueux : Tony à la slide, Myron Dove à la basse, Tom Brechtlein aux drums, John R. Burr aux claviers et Paul McCandless au saxophone, à la clarinette et à la flûte.
 
Les percussions entament les débats, avant l’arrivée d’une slide qui rugit déjà l'espace de quelques notes. L'orgue Hammond vient se fondre dans la rythmique. Une flûte timide filtre dans le lointain. La musique baigne au sein d’un climat délicieux, au parfum d'Orient. Puis progressivement, l’ensemble embrasse une jam allègre, de laquelle s'évade un saxophone très free. L'atmosphère est assez planante, féerique, exaltante. Elle me fait même parfois penser au Kaleidoscope de Chris Darrow et de David Lindey ou encore à Ry Cooder. Le bottleneck glisse furtivement sur les cordes amplifiées. On y distingue le son métallique. Tony introduit ainsi "The ghost of Blind Willie Johnson", un instrumental qui évolue au coeur du Delta. Mais à l’arrière, la richesse sonore est intense et la section rythmique impériale. Avec pour fil conducteur le piano. Les Gypsies adaptent "Rueben's train", un morceau traditionnel de country. Et c'est à nouveau la fête. La country se fait même raga. Furtado est un musicien assez exceptionnel. Il est capable d’extraire des sons inhabituels de sa slide. Très jolie ballade instrumentale, "Hartford" appartient au folklore américain. Cette musique si simple à la base, avec banjo, piano, violon et clarinette, nous permet de revenir au temps des pionniers. Autre ballade à la douce mélodie, "Some of Shelly's dream" est signé par l’ex Monkees, Michael Nesmith. L'introduction à la slide, opéré sur "Far fry on the Hog farm", me rappelle le grand Lowell George. Et la suite confirme cette sensation. A cause des percussions, du piano et du saxophone qui s'articulent au sein d’une démarche musicale familière à Little Feat. Furtado empoigne le banjo pour attaquer "St John's fire", un fragment qui glisse vers une nouvelle jam ; une jam conduite d’abord par le piano jazzyfiant de John Burr. Juste avant que le banjo ne se mette à délirer face à l'orgue Hammond et au saxophone ! "Oh Berta Berta" nous replonge d’abord dans un univers proche de Santana, époque "Abraxas". Et, suivant la bonne habitude, la solution sonore dérive dans une nouvelle jam. Les percussions y font un véritable tabac, tandis que Paul se prend pour Greg Rolie, à l’orgue. La mélodie de "Bottle of hope" est étincelante. Elle semble avoir été héritée en ligne droite de la vieille tradition américaine, comme "Amazing grace". Les interventions au saxophone et du piano y sont véritablement émouvantes. Le traitement du traditionnel "Stagerlee" est de la même trempe. Et en finale, pour "Waiting for Guiteau", le banjo bluegrass atteint le sommet de la folie pure. Je vous recommande chaudement cet opus de roots fusion. Enregistré live, dans le Nord Ouest et l'Ouest des Etats-Unis, en 2002, il devrait vous permettre de mieux faire la différence entre des styles aussi classiques que la country, le bluegrass, le blues, le jazz et le folk.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Madison Blues

Sous-titré "Live & Studio recordings", cet opus est paru sur le même label que l’album de John Mayall" Rollin' with the blues". Le Mac est un groupe au passé prestigieux. Il a rencontré un énorme succès lors du blues boom anglais. Depuis sa conception en 1967 jusqu'en 1970 ; c'est-à-dire lors du départ désillusionné de son leader, Peter Green. La formation rencontrera cependant une deuxième vague de succès sans précédent, à partir de 1975 ; mais en pratiquant un AOR (adult oriented rock) américanisé.
 
Cet elpee a été immortalisé en février 1971, après de départ de Peter Green, mais avant la fuite mystique de Jeremy Spencer. A ce moment précis, le line up impliquait pour section rythmique John McVie et Mick Fleetwood, les guitaristes Jeremy Spencer et Danny Kirwan, ainsi qu’une nouvelle figure, Christine Perfect. C'est-à-dire l'épouse de McVie, transfuge du Chicken Shack.
 
Le premier disque s’ouvre par quatre plages issues d'une session du Christine Perfect Band. A l'époque, elle était d’ailleurs considérée comme la meilleure chanteuse de blues britannique. Pour la circonstance, elle est soutenue par deux guitaristes, Top Topham (NDR : le premier gratteur des Yardbirds), et l’ex Jellybread, Rick Hayward. De ces sessions, j’en retiendrai le très bluesy "Hey baby", au cours duquel Christine joue due piano à la manière d'Otis Spann, et le remuant "Tell me you need me". La nouvelle formation du Mac était entrée en studio pour enregistrer l'elpee "Kiln house". Cinq titres ont été sélectionnés de cette période, parmi lesquels le tonique "Crazy bout you baby", l'excellent "Down at the Corner" et le très West Coast "Tell me all the things you do", une compo balayée de guitares aventureuses. "Station man" configure les harmonies vocales conjuguées par Lindsay Buckingham et Stevie Nicks qui feront le succès du futur Mac. L’opus recèle quelques inédits ‘live’, dont quelques petites perles. Et en particulier, "One together" que chante Jeremy Spencer, une ballade très fifties réminiscente de Buddy Holly. "I can't stop loving you" ensuite, un fragment au cours duquel la slide commence enfin à gémir. "Lonely without you" également. Une bien jolie ballade que chante Christine devant cette slide dépouillée et geignarde.
 
Poursuivant ces sessions ‘live’, le second morceau de plastique se révèle beaucoup plus intéressant, parce qu’il se consacre davantage au blues. Spencer s’illustre à la slide avec beaucoup de bonheur. Tour à tour sur "Madison blues", le "Preaching blues" de Son House, un "Dust my broom" bien saignant, tout au long duquel le piano de Christine est bien planté dans le décor, et "Don't go please stay" ; sans oublier les parodies de rock'n'roll "Jailhouse rock", "Teenage darlin" et "Honey hush". Danny Kirwan tire également son épingle du jeu, mais dans un style beaucoup plus proche du Grateful Dead que du blues. Il en fait la plus belle démonstration tout au long de "The purple dancer". Il se révèle également tout bon guitariste sur "Get like it used to be" et une nouvelle version de "Station man". Cet album ne suscite pas le délire. Il constitue simplement un testament d’une époque mal connue du groupe. Une histoire qui aurait pu prendre une autre tournure, si Jeremy Spencer n’avait pas quitté le navire pour rejoindre la secte des Children of God. A partir de ce moment toute la pression allait reposer sur les épaules de Dany Kirwan. Il restera au sein du groupe jusqu'en août 1972. C'est-à-dire jusqu’à l’arrivée de Bob Welsh. Le groupe allait alors s'établir à Los Angeles en 1974, pour y trouver la recette du succès universel.
 
Ce coffret recèle également un DVD consacré à une longue interview accordée par Jeremy Spencer.