Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

logo_musiczine

La Divine Comédie de Lora Gabriel

Lora Gabriel a trouvé sa voie en oscillant constamment entre les polarités pour mieux les réconcilier. Cette quête débute dès son enfance, lorsqu'un professeur de flûte traversière, au conservatoire, lui propose de chanter les notes qu'elle joue. Son premier…

Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

mardi, 26 mai 2009 03:00

The junction of the two rivers

Pratiquant de la roots music, Big Low est un trio établi aux Pays-Bas. Sa musique est essentiellement exécutée à l'aide d'instruments acoustiques, très souvent insolites. Dan Tuffy en est le leader. D’origine galloise, il a résidé de nombreuses années en Tasmanie pour y étudier la botanique. Ce qui ne l’a pas empêché de s’immiscer au sein de la scène musicale locale et de former les Wild Pumpkins At Midnight. Il y a quelques années, il a décidé de revenir sur le Vieux Continent. En compagnie de sa femme et ses deux enfants. Et de vivre chez nos voisins du Nord. Toujours contaminé par la musique, il fonde Big Low. Dan joue de la guitare acoustique, électrique, du banjo/basse et chante. Marc Constandse du bandoneon, des percus (NDR : conventionnelles ou pas). Et Michiel Hollanders se focalise sur la guitare resonator, le velophone, la scie et les bidouillages. Dépouillé mais atmosphérique, l’essentiel de leur répertoire est issu de leur plume.

"I won't let you down" nous invite à pénétrer dans un monde étrange. Le vélophone de Michiel entretient ce climat. Dan se réserve les vocaux, tout en tapant du pied. Une scie à bois propage quelques bruitages. On est en plein minimalisme. Susurrés, les mots de "Brother Joe" sont empreints d’une grande sensibilité. Le vélophone apporte une touche résolument orientale. Marc opère son entrée pour "Hang on to that last ray oh hope". Le tempo accélère. Le climat y est davantage optimiste et serein. « The junction of the two rivers » baigne au sein d’une atmosphère étrange. Un climat idéal pour disserter de la philosophie existentielle et de l’esprit humain. Parfois, le concept acoustique est légèrement et délicatement amplifié par des cordes électriques. A l’instar de la savoureuse cover du "Dark as a dungeon" de Merle Travis. L’atmosphère est souvent ténébreuse. Faut dire que les inflexions déclamatoires de Tuffy sont susceptibles d’évoquer Nick Cave voire Tom Waits. Une instrumentation à la fois majestueuse et savoureuse illumine "Delirately free". Instrumental de toute beauté, "Sweet rain" est une plage bouleversante. Constandse chante "One kind favour", une adaptation très réussie d’un thème traditionnel de folk blues, en s’accompagnant au bandonéon. Les interventions de Dan aux cordes électriques sont très subtiles, pendant que Michiel s’aventure dans des sonorités synthétiques disparates. Investie par le vélophone, le zithze et une guitare résonator, la plage maîtresse clôt le cinquième elpee du trio, dont la naissance remonte au début de ce siècle. Et pour que votre info soit complète sachez que Tuffy est également le manager et le bassiste de Parne Gadjes, un combo responsable d’une musique à forte connotation balkanique…

mercredi, 27 mai 2009 00:20

Dopamine

Starfish Bowl nous vient des Pays-Bas. Un quartet drivé par le chanteur Marcel Tinnemans, au sein duquel militent le guitariste Peter Thommassen, le bassiste Martijn Linsen et le drummer Rick Bours. Leur premier opus, "Transpotting", est paru en 2000. Un disque bourré de groove qui évoluait dans un style psyché funk. Edité en 2003, "Open up" réalise plutôt une fusion entre le transe blues et la musique de film. Celle de Tarentino, pour être plus précis. A l’issue des sessions d’enregistrement, l'harmoniciste Maikel Van Bogget quitte ses compagnons. En 2005, le combo concocte "All people", un disque qui émarge au psyché funk blues. "Dopamine" constitue donc leur tout nouvel elpee. Et sur la pochette, on peut y lire : ‘A classer Non Blues’!

"City of lights" ouvre le long playing. Un rock blues bien carré et très accessible. Les vocaux sont bien mis en évidence. La guitare colle bien à l'ensemble. "Mr Madness" est tout aussi accessible, même si les cordes sont davantage mises en exergue. Elles se dédoublent constamment afin d’enrichir l'univers sonore sculpté dans un hard rock très bluesy. "Like dopamine" n'est pas tout à fait une invitation au voyage ; mais cette plage est susceptible de rappeler les 'nuggets', de brèves chansons psyché pop qui ont marqué les sixties. En outre, ce titre est tout à fait contagieux. Certains morceaux affichent une recherche instrumentale certaine. Manifestement, l’excellente production n’y est pas étrangère. Et je pense tout particulièrement à "Sunshine 777" et "Don't you wonder", deux fragments au cours duquel la guitare se révèle incisive et de plus en plus aventureuse. Les sonorités acoustiques qui amorcent "Hats off to Jim" me rappellent celles que prodiguait Steve Howe, chez Yes, au cours des seventies. Le résultat est même excellent. Et dans un style prog, "Odessa shotre" est nappé de claviers ; un peu comme si Rick Wakeman du même Yes s'était joint à l'ensemble. Instrumental, "Conflicts" nous entraîne dans un univers plus futuriste, voire ‘space rock’, quelque part entre Hawkwind et les Tornadoes. Au fil du sillon, les compos prennent davantage d’épaisseur. Pour atteindre même leur quintessence sur "Cold blooded murder", une longue épopée ténébreuse…

mardi, 12 mai 2009 03:00

Knighted by the blues

Aujourd'hui sexagénaire, Rick Derringer, de son véritable nom Richard Zehringer, a connu la fortune à l'âge de 17 ans. En décrochant un numéro 1, en 1965. Grâce au "Hang on sloopy" des McCoys. Il succédait alors au sommet des hit-parades, à l’incontournable "Yesterday" des Beatles! Il se forge une certaine notoriété au tout début des 70s, comme deuxième guitariste du Texan albinos, Johnny Winter. Ensemble, ils vont accorder des shows rock'n'roll et blues torrides que plus personne ne parviendra à égaler. C'est d’ailleurs Rick qui a composé le succès de Winter, "Rock'n'roll hoochie koo". En 1971. Il passe ensuite chez White Trash, la formation du frangin Edgar Winter, avant de se lancer dans une carrière en solitaire. Qui ne décollera vraiment qu’en 1993. Lorsqu’il signe sur le label Shrapnel. Et enregistre successivement les albums "Back to the blues", "Electra blues", "Blues Deluxe" et "Jackhammer blues". En 2001, il décide de monter D.B.A. (Derringer, Bogert & Appice) une section rythmique performante, dans l’esprit de ce que Jeff Beck avait créé bien avant lui. La suite de ses aventures musicales est plus intimiste et surtout religieuse, impliquant son épouse Jenda. Mais chassez le caractère et il revient au galop ; car notre Rick vient d’opérer un nouveau retour au blues. Et c’est une bonne nouvelle. Pour ce nouveau projet, il a reçu le concours de deux frères, Dave, aux drums et Ron Reinhardt aux claviers. Rick se charge des parties de guitare, de basse, du chant et aussi de la production.

L’elpee s’ouvre en force par "The mess around", une cover du regretté Ahmet Ertegun, fondateur et ex-boss du label Atlantic. Rick n'a rien perdu de ses qualités de gratteur. Ses interventions sont aussi limpides qu’efficaces. Ses inflexions vocales sont déterminées mais manquent de charisme. Soutenu par une rythmique menaçante, "Sometimes" nous rappelle qu’il a été un adepte du rockin' blues aux accents hard. Il prend cependant bien soin de ne pas tomber dans les excès du métal. "Give me some money" et "Time to go" sont des blues rock classiques et très efficaces. Instinctivement, Rick est susceptible de prendre un billet de sortie, afin de démontrer toute l’étendue et la versatilité de son registre. Derringer n'a retenu que deux reprises pour cet elpee. Tout d’abord "If 6 was 9", une composition de Jimi Hendrix datant de 1968 qui figurait sur le long playing "Axis : Bold as love". Manifestement une de ses idoles. Il y reproduit parfaitement les dérives psychédéliques de son maître. Un voyage sur les cordes tout à fait convaincant. Le titre maître (NDR : traduction ‘Fait chevalier par le blues’) campe un riff classique proche du "Help me" de Sonny Boy Williamson. Les vocaux sont empreints de douceur. Face à l'orgue Hammond, les cordes sont délicatement et subtilement ciselées. Il a écrit "Jenda" pour sa tendre épouse. Une plage directement inspirée par le grand Albert King. Plage instrumentale, "Cat on a hot tin roof" est couvert d’accents jazzyfiants. Ce qui permet à Rick d’étaler la subtilité et la vivacité de sa technique. "My gals kinda crazy" est un slow blues de circonstance. Très électrique, à première écoute conventionnel, il se révèle quand même un rien déjanté, comme se le permettrait Buddy Guy. L’elpee s’achève dans une ambiance cabaret, satinée et mélodieuse. Une autre plage lente empruntée à Ray Charles et intitulée "Funny I still love you". Sans grande surprise, cet opus est néanmoins de toute bonne facture…

 

mardi, 05 mai 2009 23:17

At least I'm not with you

En 2007, cette jeune formation issue du Nord-Ouest des States avait concocté un premier opus particulièrement séduisant. Intitulé "Left Coast blues", il avait été enregistré dans le living room du bassiste Dean Mueller. A cause de ce disque, le combo avait même décroché une nomination de ‘Best new artist debut’ aux Blues Music Awards, l’année suivante. Depuis, les Insomniacs colportent leur West Coast blues sur les routes des USA. Et à une cadence soutenue. En octobre dernier, ils se sont quand même décidés à passer deux jours en studio. A Brubank, très exactement. Ils vont ainsi mettre en boîte le deuxième chapitre de leur discographie.

Le leader du combo est incontestablement Vyasa Dodson. Chanteur guitariste et compositeur, il est à peine âgé de 27 ans. Le line up est complété par le bassiste Dean Mueller, le drummer Dave Meyan et le claviériste Alex Shakeri. Et le résultat est à la hauteur de nos espérances. Un opus plus fouillé, varié, conséquent, dont les sessions d’enregistrement ont été rehaussées par la présence de quelques invités de marque.

Outre leurs compos personnelles, les Insomniacs proposent quelques covers. Des choix particulièrement judicieux. Et en particulier les trois premières plages de l’elpee. Tout d’abord une version tonique du "Lonesome" de Memphis Slim, traitée dans un style jump au punch tonique. Vyasa y chante d’un timbre juvénile, mais harmonieux et impeccable. Il décoche un solo à rendre jaloux Junior Watson (NDR : il signe les notes de pochette). Invité notoire, Al Blake se déchaîne à son tour sur l'harmonica. L’ancien membre du Hollywood Fats Band a répondu favorablement à l’invitation du groupe ; et pour cause ce sont des fans invétérés du Fats Band. Le "Broke and lonely" de Johnny ‘Guitar’ nous plonge dans un univers très différent. Proche de la country. A cause de la présence de Joel Patterson à la pedal steel, un personnage qui côtoie régulièrement Carl Sonny Leyland. Responsable de sonorités métalliques sur ses ivoires, Shakeri est intenable. "Directly from my heart to you" est un blues issu de la plume du maître du rock'n'roll : Little Richard. Pour la circonstance, les Insomniacs bénéficient de la participation de Jeff Turmes, aux saxophones ténor et baryton. Un maître dans le style. A cet instant, la densité sonore est à son paroxysme. L’elpee recèle deux excellents longs slows blues. Tout d’abord "Hoodoo man blues", une magistrale reprise du classique de Junior Wells. Cette cover nous entraîne au cœur du Chicago southside, un périple au cours duquel Mitch Kashmar nous réserve une intervention magistrale à l'harmonica. Et puis le "Description blues" de John Willie Henry. Nappé par les sonorités particulièrement agréables et subtiles de l’orgue à la Jimmy Smith, cette compo se complaît dans une certaine douceur. Dernière cover, "Baby don't do it" est signé Lowman Pauling, une chanson qui avait décroché un n°1 en 1953 au sein du groupe de R&B, The Five Royales. On a l’impression que ce morceau sort tout droit d’un jukebox de l'époque ; mais la nouvelle version est tout à fait convaincante. 

On en vient donc au répertoire de Mr Dodson. "Maybe sometime later" est imprimé sur un tempo R&B ; une compo illuminée par une sortie sur les cordes digne d’un Jimmie Vaughan au sommet de son art. Le gamin jouit d’un talent à l’état pur, un talent susceptible de faire pâlir bon nombre de musiciens confirmés. Le titre maître est soutenu par des vocaux généreux. Le sax ténor de Turmes balaie le décor. Parcimonieuse, la guitare libère des sonorités sidérantes. Et la section rythmique porte l’ensemble. Plage instrumentale, "Root beer float" est imprimée sur un tempo boogie rigoureux. Le piano trace allègrement tandis que la guitare virevolte dans l’esprit du grand Fats! Très rock'n'roll, "She can talk" prend son envol sur les ivoires avant de céder le relais aux cordes, sur un rythme similaire. "Angry surfer" autorise un exercice d’impro à la six cordes. Alex Shakery nous rappelle qu’il est un excellent organiste sur le passionnant sur "20/20". Bien reçu! De toute bonne facture, cet elpee s’achève par un nouvel instrumental baptisé tout naturellement "Insomniacs boogie" ; une plage au cours de laquelle tous les acteurs ont droit, successivement, au chapitre…

 

mardi, 05 mai 2009 23:12

Done with the devil

Il faut avouer que le team de Delta Groove a eu le nez creux en recrutant le jeune Jason Ricci.  Un musicien hyperdoué qui avait littéralement cassé la baraque lors de la sortie de son premier album "Rocket number 9". Un disque percutant qui était déjà sorti sur Rocket number 9, la filiale rock de Delta Groove. Et la critique n’avait pas tari d’éloges ce prodige. Pourtant, l’artiste a le succès modeste. Dans les notes consignées à l’intérieur du booklet, il rend hommage au collectif New Blood, un quartet qui le soutient et auquel il accorde une grande importance. D’ailleurs, la plupart des compositions sont signées par l’équipe. Ricci a gardé auprès de lui, le superbe gratteur Shawn Starski et Todd Edmunds, à la basse.

Pour enregistrer ce nouvel opus, Ricci a cependant engagé un nouveau batteur : Ed Michaels. En outre, il a bénéficié du concours de Philip Wolfe. Qui cumule ici les fonctions d’ingénieur du son, d’arrangeur et musicien. C’est également au sein de ses studios, dont il est le proprio (NDR : le Shadow Lane à Nashville, dans le Tennessee), que les sessions d’enregistrement se sont déroulées. On peut donc affirmer qu’il est devenu une pièce importante du nouvel édifice imaginé par Jason.

"Done with the devil" ouvre l’opus. Nerveuse, cette plage adresse un clin d'œil manifeste au blues issu du Mississippi. Jason a vécu quelque temps dans les collines de cet Etat. Il y a côtoyé les regrettés RL Burnside et Junior Kimbrough ; et on s’en rend compte immédiatement sur cette compo, au cours de laquelle il étale rapidement toute sa science et sa vivacité. Bercée d’accents ‘soul pop’, la mélodie de "Sweet loving" est très accessible. Wolf siège derrière l’orgue. Shawn tisse des phrases élégantes sur ses cordes. Quoiqu’élaborée, cette chanson reste agréable. Sculptée dans le funk pur, "Holler for Craig Lowler" laisse libre cours à la virtuosité de ses partenaires. Et notamment à l'étonnante intervention de basse opérée par Edmunds, suivie par celle de la guitare et de l'harmonica. Jason chante passionnément et intensément "Broken toy", une superbe ballade lente que Shawn balise de ses cordes, en prenant soin de préserver la ligne mélodique. Et quand Ricci reprend son instrument diatonique, c’est pour atteindre un des sommets de cet opus. Instrumental, "Ptryptophan pterodactyl" est issu de la plume du bassiste. Un chouette morceau teinté de jazz rock. Jason ne renie pas son attitude punk. Et il le démontre sur "I turned into a martian", une compo agressive qu’il chante d’un timbre violent, puissant ; un morceau qui aurait pu relever du répertoire des Ramones voire des Pistols. Cependant, Jason prend un soin particulier à soigner ici la forme. Ricci est susceptible de dispenser autant de notes que le Jon Popper de Blues Traveler, au sommet de sa forme. Souligné par une jolie partie de guitare, la cover du "As long as I have you" de Willie Dixon nous replonge naturellement, directement et sans la moindre fioriture dans le blues. Starski chante son "How it come to be". Un blues de très bonne facture, proche du "Good morning little schoolgirl" de Sonny Boy Williamson I, au cours duquel il joue du dobro et de la guitare acoustique. Longue fresque instrumentale, "Afro blues" permet à Ricci et Starski de s’autoriser de superbes envolées sur leurs instruments respectifs. Ed Michaels a composé "Keep the wolf from my door", en pensant au grand Howlin' Wolf. Il se réserve les vocaux derrière ses drums. Todd Edmunds assure les parties de basse au sousaphone, tandis que Starski est soutenu par un autre gratteur, Shawn Kellerman. "Enlightement" clôture l’album. Un morceau signé Sun Ra, proposé sous la forme d’un divertissement imprimé sur le rythme d'une valse un peu folle. Wolfe y cumule l'accordéon et la slide. « Done with the devil » est une œuvre qui n’est pas toujours facile d’accès, mais dont le principal mérite est de ne jamais susciter l’ennui.

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Hoot your belly

Jimmy Lee est né en juillet 1925. A Worth County en Georgie, où ses parents étaient agriculteurs. Il a commencé par jouer de l'harmonica ; mais il fumait tellement qu'il ne parvenait plus à souffler correctement dans son instrument. Il a déjà 22 ans quand il s'achète une guitare électrique. Et lorsqu’il en joue devant chez lui, seul ou en compagnie de son frère cadet, il rameute tout le voisinage Aujourd'hui, il a embrassé une carrière d’agriculteur indépendant et récolte cacahuètes et pastèques.
 
Les treize plages de cet elpee ne datent pas d’hier. George Mitchell les avait immortalisées en 1977 et en 1982. A Porlan en Georgie. Cette œuvre constitue, en réalité, le cinquième volet d'enregistrements réalisés par Williams. Elle fait suite aux témoignages consacrés à RL Burnside, Furry Lewis, Joe Callicot et Fred McDowell. Jimmy Lee interprète ses compositions seul, en s’accompagnant de sa guitare électrique. Il n'est certes ni un chanteur ni un musicien remarquable, mais son blues est très instinctif.
 
Le très amusant "What make grandpa love my grandma so" nous invite immédiatement à prendre la direction du Sud profond des Etats-Unis. Le titre maître est très rudimentaire. Son "Jimmy Lee's frolic" résume idéalement le style de cet artiste très local. La slide se conjugue parfaitement à son chant. Tout au long du bouleversant "Rock on away from here", le tempo du boogie demeure léger. "Pretty baby" est une compo que j’apprécie tout particulièrement. Elle me rappelle, au passage, un thème bien connu. Une plage rapide au cours de laquelle Williams se montre allègre, communicatif. Dans le contexte, sa voix très nasillarde réunit tous les suffrages. Le blues de Williams semble si naturel, qu’on a l’impression qu’il compose en ‘live’. Un blues qui reflète sa personnalité. Un country blues le plus souvent positif. Il n'atteint jamais une certaine intensité dramatique et ne cherche pas à communiquer un quelconque mal de vivre. Sa voix aux accents du Sud est toujours claire. Elle n’est manifestement pas ravagée par les excès d'une vie difficile. Jimmy Lee Williams n'est guère comparable à d'autres bluesmen plus connus. Peut-être Lightnin' Hopkins. Mais uniquement lorsqu'il se fait classique et implore son "Whisley headed woman" en dialoguant avec ses cordes. Mais cette sensation n’est qu’épisodique. Il existe très peu d’infos concernant ce musicien qui n'a jamais déserté sa Georgie natale. Il semblerait cependant qu'il ait quitté ce bas monde au début des années 90. Il n’empêche, ce « Hoot your belly » est une page à la fois belle et intimiste de blues rural…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Dust Bowl blues

Johnny Dawson Winter III est âgé de soixante ans depuis le 23 février dernier. Un anniversaire qu’il n’a fêté que quelques mois plus tard. En commettant "I'm a bluesman", son premier opus depuis plus de six ans. Originaire de Beaumont au Texas, cet albinos avait fondé son premier groupe en 1962, Johnny and the Jammers. En compagnie de son frère cadet Edgar, préposé alors au piano. Au cours des années suivantes, il aligne toute une série de singles sur différents labels, plus obscurs les uns que les autres. En 67, il émigre à Houston ; et l’année suivante concocte "The progressive blues experiment", un elpee pour lequel il reçoit le concours de Tommy Shannon à la basse et d’Uncle John Turner aux drums. Signé par Columbia, il leur consacre cinq albums. Jusqu'en 1974. Il est alors considéré comme une véritable megastar. Il passe alors chez Blue Sky, un sous-label de CBS. A cette époque, il fréquente de plus en plus Muddy Waters, et rejoint d'ailleurs le MW Band en 1977. De cette rencontre naîtront quatre long playings. A l’issue de ce périple, il a quelque peu perdu de sa notoriété. Le label chicagolais Alligator tente alors de le remettre sur pied. Avec des résultats plus ou moins concluants…
 
Ce box set réunit quatre disques. Mais le plus intéressant est sans conteste le premier. Baptisé "Walking by myself", il immortalise un concert live enregistré en 1977, à Long Island (New York). Un set programmé dans le cadre de la tournée organisée pour assurer la promotion de l'album "Nothing but the blues". Apparemment, Johnny est accompagné par Edgar Winter au piano, Pat Ramsey à l’harmonica, Pat Rush à la guitare, I.P Sweat à la basse et Bobby Torello aux drums. Un concert exceptionnel au cours duquel Johnny est au sommet de son art. On y retrouve les superbes blues lents "Mother Earth" et "Busted in Austin", des blues rockers ("Messing with the kid", "Walking by myself") et quelques titres franchement rock qu'il avait l’habitude d’interpréter à cette époque : "Johnny be good" ainsi que les reprises d’"It's all over now" et le "Jumping Jack flash" des Rolling Stones.
 
Intitulée "A lone star kind of day", la deuxième plaque nous replonge dans la période qui précédait son avènement au rang de star. De nombreuses plages sont extraites de sessions issues des 60s, parfois des 70s. On y décèle déjà la future étincelle qui s’annonce. Sa manière furieuse de chanter, comme si sa vie en dépendait, est éloquente sur le morceau d’ouverture. Une version originale du "Louie louie". Pourtant, on le reconnaît à peine lorsqu'il chante "We go back quite a ways". Un blues qu’il interprète parfaitement face aux choeurs féminins. Difficile d’imaginer qu’"Ease my pain" soit de Johnny. Même si c’est un swamp blues de bonne facture. Que dire alors lorsqu’il chante "Fallin' in love" et "Shed by many tears", des chansons d’amour interprétées avec bien de la conviction. Pur country honky tonk, "A Jack Daniels kind of way" intègre même un violon. Cet opus recèle quelques moments intéressants. Et je pense tout particulièrement à l'instrumental "Ookie dookie stomp". Au curieux "Broke and lonely". On croirait presque entendre le Sir Douglas Quintet" d'un certain Doug Sham.
 
Intitulé "Nightrider" le troisième disque propose des prises alternatives et quelques inédits. Des enregistrements exclusivement destinés aux inconditionnels de Winter. A nouveau des témoignages d’un artiste en devenir. Evidemment, on y discerne déjà son génie musical. Qui se manifeste déjà sur le Delta blues électrique "Half a pint", un blues lent bien senti. Ou encore tout au long de "Carefool with a fool", au cours duquel la flamme est bien présente. Je retiendrai encore des versions très poignantes de "Leaving blues" et du "Kind hearted woman" de Robert Johnson. Dommage que ces bandes ne fassent l’objet d’aucun commentaire. Un travail d'archiviste aurait été bien nécessaire pour les mettre en valeur !
 
Le quatrième volet (NDR : "Blue to the bone") épingle une session studio de 1967. Soi-disant inédite elle est rehaussée par la présence de Calvin Loudmouth Johnson. Cette tranche de blues primaire n’a cependant rien d’inédit. De cette plaque seules les plages très roots "Lien on your body", "Alone in my bedroom" et "Take my choice" méritent une attention particulière. En fait ces quatre albums étaient déjà parus séparément sur le label américain Relix. En 1992. Et sous la forme du même coffret 4CD en 2000.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

New direction

Joe Louis est né en 1949. Le jour de la Noël. A San Francisco, dans une maison où le blues était bien présent. Agé de 14 ans, il jouait déjà de la guitare et ouvrait les concerts d’artistes aussi prestigieux que Muddy Waters, John Lee Hooker ou Lightnin' Hopkins. Fin des années 60, il partage l’appartement de Michael Bloomfield, au sein d’un quartier à la mode de Haight Ashbury. C'est à cette époque qu'il tombe sous le charme de la slide. En 1975, sa foi le pousse à rejoindre un ensemble de gospel : les Spiritual Corinthians. Il y militera une dizaine d'années. Il revient alors au blues en fondant les Bosstalkers. Son premier album, "Cold is the night", remonte à 1986. Dans la foulée, il aligne "The gift" en 88, "Blue soul" en 89 et deux volumes enregistrés en public : "Live at Slim's". En 91 et 92. La machine Walker est alors sur les rails. Reconnu à travers le monde, il ne se repose pas sur ses lauriers et continue à commettre d’excellents elpees : "Blues survivor" en 92, "Blues of the month club" en 95 et "Great guitars" en 97. En 2002, Joe Louis entamait la confection de quatre albums. Quatre opus qu’il allait enregistrer sur une période de treize mois. Un projet qui allait lui permettre de démontrer toutes les facettes de son talent. Que ce soit sous la forme électrique, acoustique ou encore à la slide, il s’en tire toujours avec le même bonheur. On aura ainsi droit successivement à "In the morning" sur Telarc, "Pasa Tiempo" sur Evidence, "Guitar brothers" (NDR : qui bénéficie de la collaboration d’Otis Grand) et "She's my money maker" (NDR : caractérisé par une slide dévastatrice) ; ces deux derniers elpees parus chez JSP.
 
Notre Joe Louis est aujourd’hui embarqué dans la distribution européenne de Provogue Records aux Pays-Bas, écurie reconnue pour ses productions rock/blues particulièrement électriques. Un défi qui n'est pour déplaire à notre artiste, car il n’a guère d’égal dans l’art de torturer ses cordes. Pour la circonstance, il a reçu le concours des musiciens qui l’épaulent habituellement : Robert Watson à la basse, Carl Carter à la batterie et Ellis Blacknell Jr aux claviers. Joe Louis signe ou co-signe toutes les plage. Il assure également la production.
 
Très rock, "Do you love me" évolue dans le créneau habituel de Provogue. Au cours de ce titre d’ouverture, la guitare hurle. Largement amplifiée, elle déborde d’intensité. Joe dispense également des riffs bien calibrés, en rerecording. Très en relief, la voix perce aisément l’écran de son. Les tonalités de la guitare s’équilibrent pour "Custom cars, Gibson guitars". La section rythmique est solide. L'orgue de Blacknell se distingue clairement. Puis la guitare décolle brusquement dans un solo impressionnant. Le chanteur injecte énormément d’âme dans la voix pour interpréter "Messed my mind up", une ballade tranquille, imprimée sur un tempo lent, au cours duquel les parties instrumentales affichent une grande sérénité. "New direction" hausse le rythme tout en maintenant une tonalité soul. Superbe, puissante, la voix rappelle un Otis Redding des meilleurs jours. "You don't love me" évolue dans un registre fort proche du blues. Une ballade mid tempo alimentée par une guitare gouailleuse qui égrène parcimonieusement de petits chapelets de notes lustrées et efficaces. Il libère largement ses cordes tout au long de "Tempting me". Parfaitement ciselés, dispensés à la manière de BB King (surtout) ou d'Albert Collins (parfois), les accords transpercent les mélodies ; sans pour autant perdre l’identité et surtout l’élégance qui caractérise le jeu de Walker. "Soldier for Jesus" embrasse un style gospel. Joe Louis se remémore ici son séjour chez les Spiritual Corinthians. Petite bombe instrumentale, "Mr G's boogie" permet à chaque partenaire de tirer son épingle du jeu. Ellis Blacknell et Joe Louis, plus que les autres. Joe chante divinement "Ain't that cold", un shuffle bien ficelé alimenté, pour la circonstance, par une slide au son particulièrement graisseux. Manifestement, Joe est un des meilleurs joueurs de slide contemporains. Et son précédent elpee, paru chez JSP, en est toujours la plus belle démonstration. D’excellente facture, l’elpee s’achève par "Lena", un instrumental délicieux dont les changements de rythme peuvent nous faire penser tantôt à l'Allman Brothers Band, tantôt à Carlos Santana, tant le niveau est élevé.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Weep on, Willow

Né en 1953, ce chanteur guitariste batave pratique une musique très roots, puisant dans le folk, la country et le blues, tout en observant une certaine approche pop. Mieux connu sous le pseudonyme The Watchman, il écume les bars d' Eindhoven depuis des lustres. Enfin, au moins depuis 1988. Il est donc loin d'être un débutant, comptant même une bonne dizaine d'albums à son actif. Eponyme et bénéficiant de la production de Joe Boyd (R.E.M, Fairport Convention), son premier elpee est paru chez Rykodisc, en 1990. Ad est parvenu à exporter son country folk au-delà des océans ; et en particulier au Quebec et surtout au Texas. A Austin et Houston, pour être plus précis. Depuis le début du nouveau siècle, il a signé chez Munich, label pour lequel il a commis "Melancholicus Realisticus" en 2000, "Carnival of circumstances" ainsi que "Elsewhere bound" en 2002.
 
Ce dernier opus flanqué des Very Girls, en l’occurrence Ankie Keultjes et Aggie de Kruijf, un duo de néerlandaises passionnées d'americana folk! Ankie a collaboré à la confection de ce dernier album. Au chant, mais aussi à la mise ne forme. Elle a ainsi pris le contrôle total du studio, enregistré, mixé et produit cette plaque.
 
"Drizzle" s’ouvre par des guitares acoustiques : celles d'Ad et de Stephan Jankowski. Le saxophone de Menno Robers épouse parfaitement les lignes rythmiques de basse. Un univers sonore assez proche de celui au sein duquel évolue Hans Theesink ; même si Ad Van Meurs possède une voix moins grave. Les cordes de Stephan sont un ravissement tout au long de "Hunger and play", un blues très mélodique, mélancolique. Ankie Keultjes enrichit les chœurs de sa voix féminine. Le rythme met le nez à la fenêtre. En catimini, tout d’abord. Pour "The road". Plus franchement ensuite. Sur "Laundry days". Des compos folk roots au cours desquelles Jankowski s’autorise un nouveau et brillant solo sur sa guitare acoustique. Ce musicien est incontestablement une révélation ! The Watchman exécute alors une version légère et très originale du "Louisiana blues" de Muddy Waters, conférant chacun dans son rôle : voix féminine, sax et guitares. "Leave me blues" est un blues personnel, très à fleur de peau. Le saxophone balaie le décor, tandis que les cordes de Stephan crèvent l'écran. Le sax de Menno ne manque pas d’allure ; et lorsqu’il s’extrait en solo c’est pour mieux s’intégrer à la section rythmique, un peu comme le tuba de John Sass chez Hans Theesink. Très bluesy, la guitare rythmique introduit "Nostalgia blues". Sans doute la meilleure plage de l'album. Les musiciens semblent prendre leur pied, pendant que Romers se démène sur son saxophone. "The canyon" bénéficie d’excellents arrangements. D’excellente facture, cet opus s’achève par une autre blues confession intitulé "If I would love you like I love my guitar".

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Muddy ´Mississippi` Waters Live

Né McKinley Morganfield, Muddy Waters a vu le jour le 4 avril 1913. Dans le Mississippi. Il est sans doute un des plus célèbres bluesmen de tous les temps. Un des rares personnages dont le nom sonne familier, même à ceux qui ne connaissent pas le blues. Un musicien que personne n'est prêt à oublier, même 21 ans après sa disparition. Les premiers témoignages transcrits sur support datent d'août 1941, lorsque Alan Lomax et John Work avaient recueilli sa prestation dans Stovall Plantation, où il travaillait. Deux ans plus tard, il émigre à Chicago où il allait très vite créer le blues urbain. Un blues citadin électrifié très caractéristique. Il s'entoure alors de compagnons musiciens devenus légendaires : Jimmy Rogers, Little Walter, Otis Spann,… Il allait enregistrer pour le label Chess sans interruption jusqu'en 1975. Avant de signer pour le label Blue Sky, du groupe CBS Epic, sur les conseils du guitariste texan, Johnny Winter. Quatre albums allaient suivre : "Hard again", "I'm ready", "Muddy Mississippi Waters Live" et "King Bee".
 
“M.M.W.L.” agrège le live susvisé ; mais est enrichi d’un second CD. Un elpee commis la même année, au club "Harry Hope's". L'album original a été immortalisé en août 78 au Harry Hope's à Cary, dans l'Illinois, et en mars 77 au Masonic Auditorium de Detroit. Produit par Johnny Winter, il bénéficie de la participation d’une fameuse brochette de musiciens. Autour de Muddy Waters, on retrouve ainsi les guitaristes Johnny Winter (NDR : of course !), Luther "Guitar Jr" Johnson et Bob Margolin, l'harmoniciste James Cotton, le pianiste Pinetop Perkins, le batteur Willie "Big Eyes" Smith et Charles Calmese, le bassiste de James Cotton.
 
Ce premier elpee recèle une superbe version de "Mannish boy" que Muddy avait écrite en s’inspirant du "I'm a man" de Bo Diddley. Muddy partage les vocaux avec l'albinos texan. Trois superbes blues lents nous permettent d’évaluer l’intensité du son et surtout la maîtrise de Waters à la slide : "She's nineteen years old", "Streamline woman" et "Howling Wolf". L’elpee épingle également d'excellentes versions de "Nine below zero" et de "Baby please don't go", un titre que lui avait enseigné Big Joe Williams lorsqu'ils faisaient route ensemble vers le Sud. Les nouveaux fragments procèdent de concerts accordés au Harry Hope's. La production y a été assurée par Bob Margolin. Muddy est toujours épaulé par Luther Johnson, Margolin, Smith et Perkins, ainsi que Jerry Portnoy à l'harmonica et Calvin Jones à la basse. Les prises s’ouvrent par un long medley de 12' : "After hours : Sormy Monday blues". Muddy y présente ses musiciens. Lorsqu’il aborde "Sormy Monday", il ne peut s’empêcher d’évoquer la disparition récente de T-Bone Walker. "Trouble no more" met en évidence le talent de Jerry Portnoy à l'harmonica. "Champagne & reefer" constitue une version prototype d'un titre qui figurera sur son opus suivant, "King Bee". Il chante également "Corrina, Corrina", "Hoochie Coochie man" (un de ses plus grands hits dans les 50’s) et "She moves me", un slow blues dont il avait le secret. Muddy n’oublie pas son fidèle pianiste Pinetop Perkins. Et le valorise en l’invitant à chanter "Kansas City" ou à assurer (NDR : mais ce n’est pas une surprise !) le "Pinetop's Boogie woogie" de Clarence Smith. Muddy permet encore à Portnoy de briller son instrument tout au long de "Made love". Une œuvre qui recèle encore "Everything's gonna be alright", que chante Guitar Junior Johnson et, en finale, un "Got my mojo working" imprimé sur un tempo élevé. S’étalant sur une bonne heure, ce disque ‘bonus’ constitue une occasion unique de revivre ce blues de haute facture dispensé par un artiste qui aura marqué à jamais l'histoire de la musique, et du blues en particulier...