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La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

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mardi, 21 avril 2009 22:40

Atlanta boogie

Patrick écume les scènes du blues et du R&B américain depuis une vingtaine d’années. Peu d’infos sur ce musicien au crâne rasé. Apparemment, à ce jour, il a commis quatre albums dont "Released" en 2006 ; encore que ce dernier disque semble être une réédition américaine d’un elpee paru en 1999, sur le label anglais JSP. Probablement les sessions d’enregistrement de "Ready right now" remasterisées. Produit par Jimmy Morello, cet opus avait alors reçu le concours de musiciens issus de Los Angeles ; et en particulier Kirk Fletcher et John Marx aux cordes, Rick Reed et Paul Fasulo à la section rythmique ainsi que Johnny Viau et Troy Jennings aux cuivres. En 1998, il avait concocté "Blues with bite" en compagnie des Blue Sharks, chez Ichiban.

Patrick s’est établi en Georgie. Ce qui explique le titre de son dernier long playing, "Atlanta boogie". Vining a toujours apprécié les stars du blues et du R&B. Et en particulier les shouters. En l’occurrence BB King, Big Joe Turner, Roy Brown, Little Milton, Louis Jordan et aussi un certain Elvis Presley. Ce qui explique pourquoi sa musique campe un savoureux cocktail de jumpin' blues, de swing et de boogie woogie, épicé d’une pointe de rockabilly.  Pour la circonstance, il bénéficie de la participation d’un excellent backing band ; c’est-à-dire le guitariste Mike Bourne, le bassiste Mookie Brill, le drummer Pete Maier et le claviériste Matt Wauchope. Ce dernier jouit d’une certaine notoriété. Il drive son propre quartet de jazz à Atlanta. Il a également collaboré à la confection de deux albums de Sean Costello : "Cuttin in", un disque paru en 2000 et "Moanin' for molasses", en 2001 (NDR : sur Landslide). Et cet "Atlanta boogie" est justement dédié à la mémoire du regretté Sean Costello. Vining et Mike Bourne forment un solide tandem à la composition ; Patrick signe les textes et Mike les met en musique.

L’elpee démarre sur les chapeaux de roues par "Everybody knows". La guitare juteuse de Bourne introduit la plage. Il est vraiment doué sur ses cordes. La voix de Vining est solide et autoritaire, mais dès qu'il en a le loisir, Bourne en profite pour mettre le nez à la fenêtre ; et ma foi, il est capable alors de se révéler l'égal des meilleurs adeptes du west coast jump. Le piano de Wauchope ouvre "Last night". Caractérisée par ses accents syncopés, la musique baigne dans le style de la Nouvelle-Orléans. Très soudée, la section rythmique soutient les autres musiciens. Très affûté aux ivoires, Matt est largement inspiré par le jazz. Agé de 78 ans, Tommy Brown est un vétéran de la scène blues d'Atlanta. En 1949, il avait composé "Atlanta boogie". Il a été invité pour chanter ce titre en compagnie de Patrick. Cet échange entre un vocaliste noir et un vocaliste blanc est un véritable régal. L'ambiance très rock'n'roll et boogie est entretenue par le piano sautillant et omniprésent de Bourne. Ce dernier est loin d’être un débutant. Nourri au blues à Kansas City, il a rapidement émigré à Chicago où il a été recruté par Delmark. Il a côtoyé Barkin' Bill Smith, Abb Locke (NDR : l'ancien saxophoniste de Howlin' Wolf), le pianiste Barrelhouse Chuck. Il avoue pour inspiration majeure, T-Bone Walker, BB King, Tiny Grimes et Pee Wee Crayton! "I'm so glad" trempe toujours dans le rock'n'roll. La cohésion entre les musicos frôle la perfection. Vining chante d’un timbre passionné ; mais ce sont les cordes de Mike qui emportent les suffrages. Impressionnant ! Pas de temps mort sur cet elpee. "30,000 dollar millionnaire" aurait pu être écrit par la paire Leiber et Stoller. Les musiciens s'attaquent à trois reprises. Tout d’abord le très swing "Money's getting cheaper" de Jimmy Witherspoon. Ensuite "Someday", une autre composition signée Tommy Brown. Et enfin une adaptation sublime du "Last meal" de Jimmy Rogers en mode Chicago shuffle. Un seul blues lent sur la plaque : "Late at night", une compo dont le motif de guitare est quasi hypnotique. L’œuvre se referme par le merveilleux "Man of clay", un dernier rock'n'roll qui casse la baraque. Superbe!

 

mardi, 21 avril 2009 22:29

Starting all over again

Paul Jones a vécu les balbutiements du blues anglais. Dans le sillage des Rolling Stones, Animals, Yardbirds et autres Pretty Things. Il était le chanteur/harmoniciste de Mandred Mann, une formation qui, à l’origine, pratiquait du R&B. Répondant ensuite à des sirènes plus rémunératrices, elle va cependant virer vers une pop commerciale. Et même décrocher plusieurs hits. Avant d’embrasser un style prog. En 66, Paul quitte le milieu musical pour se consacrer au théâtre et au cinéma. Mais en 1979, alors que la vague punk bat son plein et que le blues se forge une nouvelle popularité, il décide de revenir à la musique. Il fonde alors le Blues Band, en compagnie notamment de Dave Kelly et de Tom McGuinness. Cette formation va réussir à traverser le temps et les modes en concoctant la bagatelle de 17 albums. Paul est également animateur radio depuis de nombreuses années. Chaque lundi, il présente une émission consacrée au blues, sur la BBC2.

Grosse surprise, Jones vient de graver un elpee en solo. Enfin, plus exactement sous son patronyme. Un disque dont la mise en forme a été opérée par la chanteuse/productrice américaine, Carla Olson. La plupart des collaborateurs impliqués lors des sessions d’enregistrements sont issus d'outre-Atlantique ; et notamment le guitariste Jake Andrews, guitare, le bassiste Tony Marsico, le drummer Alvino Bennett et le claviériste Mike Thompson. On était donc curieux d’entendre le résultat de cette réunion, pour le moins inattendue…

"Lover to cry" ouvre l’elpee. La production est très américaine. Jones chante de son timbre très caractéristique ce blues rythmé aux accents texans. Il sort de sa poche son harmonica ; et c'est tant mieux. Sereine, l’'atmosphère est balayée par l’orgue Hammond de Mike Thompson (NDR : ce musicien a régulièrement participé aux tournées des Eagles). Jake Andrews signe cette plage. Originaire d’Austin, ce jeune Texan (NDR : il a moins de trente ans) incarne une belle promesse pour le futur. Il est ici très inspiré sur la guitare. Subtil, son premier solo dialogue en permanence avec la musique à bouche du leader. La cover du "If you love me (like you say)" de Johnny Taylor est sculptée dans un R&B style Memphis. Enrichie par les cuivres des notoires Joe Sublett et Darrell Leonard, la solution sonore est particulièrement dense. En intro, les cordes sont manifestement inspirées par le grand Albert King. Thompson jouit d’une totale liberté sur ses claviers. A l’instar d’un Booker T au sommet de son art, ses interventions sont divertissantes. La voix de Paul domine les débats, même s’il laisse circonstanciellement libre cours à ses incursions à l’harmo. Issu de la plume de Jones "Choose or cop out" est une bien jolie ballade qui bénéficie de la participation d’un certain Eric Clapton, venu épauler son vieil ami anglais. Paul a toujours aimé le R&B jazzyfiant, abordé dans l’esprit de Ray Charles. C’est manifeste tout au long de "Sundown", une plage balisée par le saxophone et le piano, au cours de laquelle il partage les vocaux en compagnie de l’ex-Hollies Mikael Rickfors. Il ne néglige pas pour autant les ballades. A l’instar du majestueux "Starting all over again". La voix se détache clairement face à l'orgue Hammond et les cordes de Clapton, responsable d’un solo de haute facture. Paul se met également dans la peau d’un crooner, pour susurrer "I'm gone", un morceau de jazz voluptueux rehaussé par la présence des cordes acoustiques de Rickfors et la trompette de Darrell Leonard. La reprise du "Philosopher's stone" de Van Morrison a pris les accents d’un blues classique imprimé sur un mid tempo. La voix domine ce titre ponctué de courtes phrases à l'harmonica. Les accords du piano et la rythmique soutenue d'Andrews participent à ce bonheur dans la simplicité. Indolent, "Gratefully blue" est imprégné de jazz et de blues. Une douceur extrême émane de cette compo. Et en particulier à cause de ce solo original, bouleversant, minimaliste à l’harmo. "Still true"' est probablement la meilleur plage de cet elpee. Face à une section de cuivres au complet et des chœurs féminins, Jones chante ce Memphis blues très lent, en manifestant une présence, une délicatesse et une autorité digne d'Otis Redding. Enfin celui qui était au sommet de son art. C’est-à-dire chez Stax. Superbe! Paul à l'harmo et Rickfors à la guitare s’échangent un duo acoustique rafraîchissant et dépouillé tout au long de "When he comes", morceau au cours duquel Jones pose délicatement sa voix. Instrumentale, la finale réunit le quintet de base. Intitulée "Alvino's entourage", elle est littéralement portée par les percussions d'Alvino Bennett (NDR : fallait s’en douter !) De très bonne facture, cet opus recèle encore un bonus track : "Big blues diamonds". Imprimé sur un tempo plus enlevé, ce fragment est issu d’une session immortalisée en 2004. Elle a été réalisée en compagnie d'autres musiciens ; et en particulier Percy Sledge (NDR : absolument, l’auteur de "When, a man loves a woman"!) qui partage les vocaux avec Paul…

 

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Strange things happen

Responsable d’un tout bon album en 2001 ("Coo Coo", paru chez Cool Buzz), le trio hollandais nous revient avec un nouvel opus. Une formation toujours drivée par le chanteur/guitariste Mischa Den Haring. Depuis janvier 2003, les drums sont assurés par Martin De Ruiter, un musicien dont la voix intéressante s'inscrit bien dans l'esprit du T-99. Compagnon des bonnes et mauvaises fortunes, Thijs Gorter a tiré sa révérence en juin dernier. Il a été remplacé par Donné La Fontaine (des Harmony Two Tones). Les sessions de ce nouvel opus ont été entamées au cours de l’automne dernier, sous la houlette du Texan Teddy Morgan. Elles se sont terminées au beau milieu de l'hiver à Tucson, en Arizona. Le son est toujours aussi caractéristique, contemporain, assez pourri (NDR : faut-il le dire ?) ; pas tellement éloigné de l’univers d’un Fat Possum.
 
Dès le départ, l'ambiance se fond dans le Delta du Mississippi. Martin chante "Hungry wolf", assis derrière ses percussions Mischa véhicule des énergies lugubres, menaçantes. "I just don't know" baigne bien dans le Sud moite. Les notes de guitare tissent une trame hypnotique. Nonobstant la voix, ce fragment n'est pas sans rappeler le meilleur de Howlin' Wolf. Le son des cordes semble sortir des ténèbres. "Savonara" marque un changement radical de style. Cet instrumental surf met en exergue une remarquable juxtaposition des cordes réverbérées de Mischa et des peaux martelées de Martin. "Red dirt river" opère un retour dans le Sud profond. L’univers est encore plus glauque. Les ombres des cyprès suscitent la terreur dans le reflet des swamps. Blues lancinant, "Lost reason blues" impressionne. Nous sommes au cœur du pays voodoo. Rien ne parait normal au sein de ce décor sonore. Le voyage se poursuit vers l'ouest. Ballade tranquille, "I wish I had a ship" nous emmène sur les routes du Texas. La sérénité semble revenue lors de cette complainte country, caressée par la pedal steel de Neil Harry. La beauté simple émane des cordes de Mischa. Le monde de l'étrange refait à nouveau surface. Martin récite, tel un robot, "George, Mo and André". Nous sommes en plein cœur d'une musique ambiante, qui sied bien à l’esprit de Teddy Morgan. Etonnant ! "Tell that woman" (de Willie Dixon) remet le cap vers le Sud, tout en conservant à l’esprit une référence qui était omniprésente sur "CooCoo". Dave Gonzales des Paladins prête d'ailleurs ici sa voix au sein de ce climat tribal. La diversification appartient au monde de T-99. Soutenu par une mandoline, une lap steel, un ukulélé et l'accordéon de Gary Mackender, Mischa et Martin chantent en duo "Countryside bouns". Presque classique, "Now I've got a woman" s’ébroue sous un format, ma foi, fort classique. Mais cette impression est éphémère, car la plage opère peu à peu un retour vers le Sud profond ; et surtout son culte voodoo. L'écho dans les cordes, la gravité absolue de la voix : tout nous plonge dans un monde bien étrange balayé par le vibraphone de Jimmy Carr. La guitare baryton de Dave Gonzales marque de son empreinte le rockabilly "Dragracin". On rallume le feu avant de lever le camp pour entamer une ronde infernale. Bienvenue chez les cow-boys ! Mischa et Donné décident alors de nous quitter. Mais pas avant de nous accorder encore "Last Fair deal gone down" ; l'un armé d'un banjo, l'autre de son modeste ukulélé. Après avoir écouté un tel album, on est impressionné, mal à l’aise. Très différent du premier elpee qui lorgnait surtout du côté de Chicago, "Strange things happen" demeure figé dans le Sud malsain. Et dans ce contexte, l’excellente production de Teddy Morgan, respectueux de l'esquif batave, y est sans doute pour quelque chose…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Gene Taylor

Agé de 51 ans, Eugene Davis Taylor J est né au Texas. A Fort Worth très exactement. Paradoxalement, c'est en séjournant sur la côte Ouest qu'il va choper le virus de musicien. Il y fait la connaissance de James Harman. Les deux musiciens décident alors de partager leur passion en se produisant en duo. Une passion qu’ils vont entretenir très régulièrement, au cours des trente dernières années. Gene a également transité chez les Hawks de Ronnie Hawkins, tourné en compagnie de Canned Heat, puis rejoint les Blasters des frères Dave et Phil Alvin, en 1980. Son premier album solo, "Handmade", est paru en 1986, chez Spindletop. Depuis, il s’est consacré essentiellement à la confection des albums de James Harman et surtout de Kim Wilson flanqué des Fabulous Thunderbirds, en compagnie desquels il se produit depuis une dizaine d'années.
 
Basé désormais à Austin, au Texas, Gene Taylor est donc revenu à Los Angeles pour enregistrer son second album solo. Produit par Jerry Hall, cet elpee a bénéficié du concours de Dave Carroll à la batterie et du bassiste Bill Bateman, musicien avec lequel il a été dans tous le bons coups au sein des Blasters, au cours des dernières années. Sans oublier, James Harman qui se réserve, pour la circonstance, l'harmonica. Gene est un musicien complet. Un des rares capable de jouer le blues, le rock'n'roll et le boogie woogie, avec le même bonheur. Il rend ici un hommage aux pionniers du boogie woogie.
 
L’album s’ouvre par le "Pinetop's boogie woogie" de Clarence Smith. Et embraie par "Pete's thing", dont l’arrangement relève d’un thème de Pete Johnson, avant de se lancer dans le "Honky-Tonk train blues" de Meade Lux Lewis. Gene Taylor chante très bien le blues. Il en fait la plus belle démonstration tout au long de "Sugar Bee". Une leçon lumineuse de piano blues ; et puis sur le "Six weeks old blues" de Peetie Wheatstraw. L’opus peut également nous plonger dans l’univers de la Louisiane. Celui de la Nouvelle Orléans, en particulier. A l’instar de la reprise du "Mississippi heavy water blues" de Barbecue Bob, un bluesman légendaire décédé à l’âge de 29 ans en ...1931. L’harmonica de James y est très présent. Nous ne quittons pas la Louisiane, mais dans un registre différent, pour la reprise du "Yaya" de Lee Dorsey. Gene est passé, cette fois, à l'orgue. Une formule qui ne fonctionne pas trop mal, il faut l’avouer. Il intègre parfaitement les différents styles de piano. Et en particulier celui de Baby Boy Warren, le pianiste de Detroit, sur "Santa Fe", un fragment qu’il chante remarquablement. Ce morceau constitue, sans aucun doute, un des sommets de cet album ! Tout comme son "This world". Une plage aux accents plus modernes, opérant une symbiose entre le piano et 'harmonica. Cette longue amitié atteint son paroxysme sur "The loser and the wheel", que les deux hommes ont écrit ensemble. James Harman chante d'un voix si présente. Un excellent album qui s’achève par un cri de désarroi : "Is there peace?".
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Hi Fi Baby

Greg Taylor est originaire de Wichita, dans le Kansas. Fasciné dès don plus jeune âge par le blues, il découvre d'abord Muddy Waters, Little Walter, Elmore James et puis aussi John Mayall ainsi que Paul Butterfield. Son surnom de ‘Fingers’, il le forge en jouant des claviers. Il émigre alors à Jackson, dans le Mississippi, où il fréquente l'université d'état. C'est à cette époque qu’il opte pour l'harmonica. Il écoute alors beaucoup Big Walter Horton, Jerry McCain et Papa George Lightfoot. En 1971, il fait la connaissance du chanteur de pop R&B, Jimmy Buffett, en compagnie duquel il formera plus tard le Coral Reefer Band. A Key West, en Floride. Au sein de ce groupe, il aurait enregistré la bagatelle de 25 albums ! Il commet son premier elpee en solitaire dès 1989 : "Chest pains". Il y reçoit le concours d’Anson Funderburgh et de Steve Cropper. Mais sa carrière solo n’a véritablement démarré qu’en 1990 ; une carrière illustrée par cinq albums : "New fingerprints" en 92 (chez Appaloosa), "Old rock'n'roller" (Ripete) et "Harpoon man" (Appaloosa) en 96, "Hotels maids, highways & honkytonks" en 98 ainsi que "Back to the blues" en 2000 (tous deux pour Migration Music).
 
Dès l'ouverture ("Hi Fi Baby"), le ton est donné. Kim Wilson a assuré la production et cela s'entend de suite. Le son est volontairement primaire, poisseux, extrêmement sale. Minimaliste mais terriblement efficace, la section rythmique est constituée de Jon Rossà la basse et de Richard Innes, le vétéran du Hollywood Fats Band, aux drums. Kim est parvenu à communiquer une sensibilité immédiate à l'harmonia. Greg en est tout émoustillé. Il souffle comme si sa vie en dépendait. En puissance et avec swing. Dommage qu'il ne chante pas très bien. Signé Frankie Lee Sims, "Hey little girl" déménage irrésistiblement. Bien en rythme, "Old 98 blues" déborde d’énergie. La machine emporte tout sur son passage. Kim en est ravi et empoigne son harmonica pour talonner les vocaux de Fingers sur un brillant "Whisper". Une plage composée par un des deux guitaristes : Doug Deming, le gratteur des Jewel Tones de Detroit. Alors que Mark Stevens, l'actuel claviériste de Roomful of Blues, s'est assis derrière l'orgue Hammond B3, Wilson s’autorise une de ces envolées dont il seul a en avoir le secret. Un alliage de puissance, de qualité et de naturel. "I want my Fleetwood back" opère un vif retour sur la route. Mais pour la circonstance, en Cadillac. Les guitares rugissent. Le jeune protégé de Kim, Troy Gonea, parvient à tirer un son pas possible de ses cordes. Le merveilleux "Sleeping in my ground" de Sam Myers marque une pause très roots. Un fragment superbement rendu par Fingers Taylor qui souffle avec bonheur dans les aigus sur son harmo diatonique. "Angel child" nous embarque dans la Boogie music. Mark Stevens est passé au piano. Les sorties de Greg à l’harmo et de Gonea, le jeune prodige de 26 ans, à la guitare sont brillantes. Il n’est pas étonnant de retrouver sur ce disque, une reprise d'Elmore James. En l’occurrence "Fine little Mama", avec piano et slide. Quand il reprend son "Cutie named Judy", Fingers rend hommage à un de ses favoris : Jerry McCain. Il souffle comme un dieu même si son chant est toujours aussi faible. "If ain't easy" marque une deuxième pause roots. Un titre que Kim Wilson a composé. Très inspiré par le Delta du Mississippi, il y joue aussi de la guitare et de l'harmo. Ce superbe album s’achève dans le boogie et le rock'n'roll, par la reprise de "Two times Nine" d'Eddie Clearwater". Greg Taylor tourne actuellement en compagnie de Doug Deming & the Jewel Tones. Alors ne les manquez surtout pas, lorsqu’ils traverseront l'Atlantique.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Tribute

A travers ce "Tribute", ce bluesman rend "Hommage" aux artistes qu’il préfère et aux influences qu’il considère comme majeures. Agé de 53 ans, ce chanteur guitariste texan (NDR : Fort Worth, Dallas), n’est pas un illustre inconnu, puisqu’au début des seventies, il avait déjà accompagné Sam & Dave, Ben E. King et Johnnie Taylor, lors de leurs périples en Europe. Il comptait deux albums à son actif : "Born with the blues", paru chez Hardtop en 1995, et "Somethin' gotta change", déjà pour Topcat en 1999.
 
A l’origine, ce projet devait uniquement rendre un hommage à Elmore James ; mais au fil du temps, il s’est étoffé. Parce que s’il honore certains grands bluesmen, Kenny affiche sa personnalité, en composant une bonne partie de son répertoire. Pour la circonstance il a reçu le concours de quelques musiciens. Et en particulier Doug Swaney aux drums, John Garza à la basse et Ron Jones aux saxophones. Mais également de Barry Seelen, préposé au piano et à l’orgue Hammond B3.
 
En ouverture, "Tall drink" nous plonge dans le monde du Texas. Une composition qui libère une bonne dose de groove. La section rythmique est efficace. L'orgue Hammond discret. Des conditions idéales pour permettre à Kenny une première sortie sur les cordes. Réminiscent de Jimmy Vaughan, le solo est bien ficelé, bourré de feeling, sans une note de trop. A cet instant, difficile d’imaginer que l'artiste favori de Kenny est le grand Elmore James. Il reprend pourtant trois titres de son répertoire. En passant ainsi dans le Chicago Southside pour un très correct "My kinda woman". Sans même glisser le moindre bottleneck au doigt. Comme pour nous narguer, il empoigne sa slide et chante son bien nerveux "Highway angel". Il conserve tout de même la slide pour exécuter "Shake your moneymaker" et "She done moved". Kenny aime varier de registre. Ballade soul accrocheuse, "Same old news" navigue sur les flots de l'orgue Hammond. Une compo écrite par un artiste local, Arturo Taddu, aujourd'hui disparu. Ballade très lente, abordée dans le pur esprit Memphis R&B de chez Stax, l’excellent "Love don't last" semble si proche d'Otis Redding. Et ce même traitement administré à "You took me in" est aussi réussi. L’opus recèle quelques reprises d'artistes notoires ; et je pense tout particulièrement à "Travelin' blues" de T-Bone Walker, "T.V Mama" de Big Joe Turner et "The letter" de BB King. Responsable d’un excellent album de Texas roadhouse blues, Kenny Traylor est un artiste à suivre de près…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

....Real time

James Solberg est né en 1951. Dans le Wisconsin. Très jeune, il s'exerce sur divers instruments : le banjo, le violon et la guitare. A quinze ans, il part à Chicago. Seul. Il attrape le virus du blues en jouant en accompagnant Eddie Taylor, Jimmy Reed, Big Walter Horton et Johnny Young. Au début des années 70, il émigre à Milwaukee. Il y fonde un groupe avec John Paris, l'harmoniciste de Johnny Winter. C'est à cette époque qu’il fait la connaissance de Luther Allison. En fait, le célèbre bluesman séjournait alors dans cette fameuse ville du Wisconsin pour la pour Tamla Motown. A l’issue de cette rencontre on retrouve James sur la route, dans le backing band de Luther. Une aventure qu’il va partager entre 75 et 79. Il a ainsi participé à la confection de plusieurs albums commis par Luther au cours de cette période, dont "Live in Paris" et "Live at Montreux". Lorsque Allison se fixe en France, il rejoint Short Stuff et son remarquable harmoniciste, Jim Liban. Il décide ensuite de faire un break pour s’adonner à son autre passion : la moto ! (NDR : une Harley Davidson). Lorsqu’il se remet à la musique, c’est pour réunir tous des anciens musiciens du Muddy Waters Band. Au sein du Legendary Blues Band. Il fonde ensuite son James Solberg Band. En 93, Luther Allison revient aux States et bat le rappel de la bande à Solberg. Une époque en or qui s’achèvera à la mort de Luther, en 97. De ce moment privilégié naîtront "Soul fixin' man", "Blue streak", "Reckless" et plus tard "Live in Chicago". Ce qui n’a pas empêché le James Solberg Band de commettre quelques elpees d’excellente facture ; et en particulier "See that my grave is kept clean" en 95 et "One of these days" en 96. En 1998, il grave encore "L.A Blues", en hommage à son ami disparu, puis "The hand you're dealt" en 2000.
 
James est un guitariste qui a de la bouteille. Ses accords à la six cordes sont très affûtés. Faut dire qu’il a beaucoup écouté - et qui lui reprocherait ? - Luther Allison. Il a tout compris de sa manière d’électrifier le son. Un son puissant, volontiers agressif, qu’il propage dès "It's alright". La guitare ne peut être contenue. Elle déborde d’intensité. Criarde, lacérée, impressionnante, elle n’a que faire de la voix nasillarde de son maître pour se manifester. Une entrée en matière fracassante. Les musiciens sont à la hauteur et assurent bien leur rôle. Que ce soit le claviériste Larry Byrne, le drummer Allen Kirk ou le bassiste Scot Sutherland. Très rythmé, "Real time" est un blues plus classique. Très riche, la section rythmique soutient parfaitement Solberg. Ce dernier en profite pour s’autoriser un solo monstrueux, qui s’élève quelque part entre Allison et le pauvre Son Seals (NDR : sur le site web de Solberg figure une photo de Son Seals. Assis, il est accompagné du James Solberg Band au grand complet. Immortalisée au Cafe Boogaloo de Hermosa Beach, à Los Angeles, elle remonte au 9 octobre dernier). La famille Solberg a partagé une maison avec Bob Dylan, lorsque James était encore gamin. Coïncidence, mais son timbre me rappelle souvent celui de Dylan. Et parfois aussi sa musique. Tout au long de "Let the teardrops fall", on croirait entendre le Zim flanqué du Band. Une superbe ballade déchirée par une guitare gémissante et tapissée par l’orgue Hammond B3. Excellent! Très nasillarde, sa voix est à nouveau calquée sur celle du vieux Bob, tout au long de "Secondhand smoke". Pourtant, James peut lui donner une autre dimension et démontrer qu’elle possède un certain registre. Et il le démontre sur le rock'n'roll "Champaign dreams", un fragment dynamisé par un piano et enrichi d’une section de cuivres. Bien amplifié, "Everybody wants to go to heaven" est un slow blues classique de toute bonne facture. Blues rock entraînant et luxuriant, "Fightin' all round the world" est entretenu par une guitare puissante et saturée. Un titre pour la route ! "Rockin' the gradle" est imprimé sur un tempo soutenu, alimenté par une section rythmique pleine de swing et le piano, pendant que la guitare en picking de James se détache de l’ensemble. Solberg est un excellent compositeur. Toutes les plages de « ....Real time » sont issues de sa plume. Un talent qu’il avait mis naguère au service de Luther Allison. Et on s’en rend parfaitement compte à l’écoute du superbe "Ever been a rainbow". Il ne manque finalement plus que la voix rocailleuse de Luther (NDR : qu'on espère entendre à tout moment…) Dans son style, "Real Time " est un album irréprochable. Et je vous le recommande chaudement. Un elpee qui recèle encore le funky "Down, down, down", avant de s’achever par le long slow blues "Gotta play my blues", une finale dispensée par un maître du style…

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Bathroom Acoustics

Et encore une excellente formation hollandaise signée par Cool Buzz. Bien que très jeunes, ils se débrouillent comme des pros confirmés. Leur line up est partagé entre Pieter "Big Pete" Van der Pluym au chant, à l’harmonica et parfois à la six cordes, Jimmy Stringbreaker aux guitares, Jody "The hitter" Van Ooijen aux drums et Roel "Spools" Klijn à la basse.
 
Dès l’entame, les Strikes exécutent une reprise du "Watch yourself : Pretty baby" de Buddy Guy. Les gamins connaissent leur sujet. Pas de doute, il s'agit bien de blues. Un blues trafiqué à la sauce contemporaine, inspiré par les Red Devils ou encore Thirteen, jadis drivés par le regretté chanteur/harmoniciste californien Lester Butler. Big Pete n'est pourtant pas un vocaliste au timbre inoubliable ; mais il est encore jeune et surtout prometteur. A la guitare, Jimmy Stringbreaker a bien assimilé la technique de ses maîtres : Dave Gonzales et Jimmie Vaughan. Ecrit par BB King, le tonique "She's dynamite" libère énormément de groove. Big Pete est un harmoniciste dynamique, percutant. L’adaptation du "Mean old Frisco" d'Arthur Crudup ne manque pas de saveur. Une plage courte mais vivace, au cours de laquelle, Pete chante dans le micro astatique. Son jeu opère la synthèse des meilleurs. Si "Gibbons" manifeste une certaine accalmie, notre quartet explose sur "Big Pete boogie", un arrangement personnel d'une autre composition de BB King. L'introduction à l'harmo de "Devil woman" ne laisse planer aucun doute : il s'agit bien d'un titre de la plume de Lester Butler, mais interprété dans l'esprit des Red Devils. Nous sommes au cœur du style des Strikes. Jimmy peut décoller en s’appuyant sur la puissante base de Spools et du Hitter. Rythmique, cette guitare épouse la basse et les percussions avant de dispenser un superbe solo, bientôt rejoint par son comparse souffleur. Le "TV Mama" de Big Joe Turne, est enfin le blues lent, brut, primaire, qu’on attendait. Une plage jouée de tout leur cœur par ces jeunes musiciens qui nous font penser à cette déjà vieille époque du début des Stones. Big Pete tire de son harmo des sons écorchés à vif, à fleur de peau, proche des motifs paresseux du swamp blues louisianais. Excellent ! Leur "All messed up" est un de ces blues rythmés qui rockent et qui rollent. Le chant est déterminé. Stringbreaker n'en pouvait plus d'attendre. Libéré, il produit un solo qui vous transperce littéralement. Instrumental, "Bill vs Eddie" permet de mesurer le talent du jeune Pieter passé à l'instrument chromatique. Un fragment qui déborde de swing au sein de son encadrement rythmique. Autre plage lente, "So cold" baigne au sein d’un climat lugubre, menaçant. La voix de Pete est plaintive, effarouchée, inquiétante. Seules les interventions soudaines des cordes de Jimmy apportent quelque chaleur à cette atmosphère si glaciale. Leur "Voodoo man" les garde au cœur de la Louisiane : celle de Baron Rouge, du blues d'Excello. La section rythmique y assure un tempo indestructible. Ils sont proches de Slim Harpo, et c'est la fête ! L'album s’achève par le titre maître. Pete hurle plus qu’il ne chante. Son harmo le suit à la trace, puis la guitare. Ils y déversent toute l'énergie d'un punk band livré à son public. Heureuse surprise, les Strikes sont sans doute encore plus doués que leurs compatriotes et amis, les Cuban Heels. A découvrir absolument !
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Swamp Fiesta!

Originaires de Cologne, en Allemagne, les Swamptones se sont formés en 1998. Une formation qui pratique de la "Louisiana Party Music" ; c'est-à-dire un mélange de zydeco, de New Orleans R&B, de swamp pop et de rock'n'roll. Ils avouent d’ailleurs pour influences majeures, Chubby Carrier, Buckwheat Zydeco, Dr John, Professor Longhair et même Hank Williams. Ce combo possède la particularité de compter quatre chanteurs, mais surtout cinq musiciens capables de se partager la bagatelle de onze instruments : Heiner Koop au lead vocal, à l’accordéon et au piano, Guido Lehmann au chant, à la guitare et au rubboard, Thomas Feldman aux saxophones et à l’harmonica, Chris Keul au rubboard, Jürgen Orzelski à la basse et Stefan Lammert aux drums.
 
L'album nous entraîne immédiatement au coeur de la Louisiane. Au pays des swamps marécageux. A l’instar du zydeco "58 pink Cadillac", une compo signée Lynn August qui nous entraîne immédiatement sur une route balisée par l'accordéon de Heiner et le sax ténor de Feldman crachant ses premières notes. Tout en s’attardant dans l’univers du zydeco, le tempo s'élève pour "She's fine", une plage au cours de laquelle les deux mêmes instruments sont à la fête! Guido, le guitariste, vient chanter son "Feeling fine" ; un blues qui galope sur le rythme du chemin de fer. Thomas a troqué son sax pour un harmonica. Jouée en pickin’, la guitare lorgne du côté de la country. Boogie de classe, "Who stole the hot sauce?" (NDR : question essentielle au pays du zydeco et du tabasco) bénéficie du concours de Jumpin' Johnny Sansone à l’harmonica. Il ponctue son intervention de courtes phrases avant de s’autoriser un excellent solo dans les aigus, face à l'accordéon. Quel plaisir de retrouver la voix de Johnny sur le savoureux "One thing". Une voix faite pour chanter le blues. Elle brille sur ce slow blues des marais. Heiner interprète le doux rocker "Save the last dance for me", un fragment issu de la plume de Doc Pomus et de Mort Shuman. Le refrain est repris en cœur par les 4 chanteurs face à l'accordéon qui manifeste sa bonne humeur. Tout en adressant un clin d’œil à Dr John, "Back in New Orleans" épouse le rythme et l'ambiance de fête inhérente à la Nouvelle Orléans. Jumpin' Johnny y est chez lui. Il ne tient plus en place et chante deux de ses compositions : "She said, you said, I said" et "Lost in the bayou". Sa voix est remarquable. Son jeu à l'harmonica est à la hauteur. La section rythmique est excellente ; et en particulier Stefan Lammert aux percussions. Les Swamptones adaptent une autre composition de Lynn August, l’enlevé "Why you wanna hurt a good man". Lehmann revient chanter de son timbre de fausset, proche de Dr John, "I saw Marie Laveaux". Un morceau au cours duquel Heiner Koop joue du piano très New Orleans. Et cet excellent opus s’achève par une nouvelle plage très rythmée, intitulée "Whiskey and wild women".
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Tricked out

Robin Sylar est un guitariste texan. Naguère, il a joué en compagnie de Stevie Ray Vaughan (NDR : chez le groupe Krackerjack) et Doyle Bramhall. Il aurait même transité par Canned Heat durant une année, à la fin des 70’s. Je lui connaissais le précédent elpee, "Bust out". Robin touche un peu à tout et il est sans doute plus rocker que bluesman.
 
Comme tout bon Texan, il débute par un hymne rock local. Une compo signée par le légendaire Rocky Erickson : le "You're gonna miss me" des 13th Floor Elevators. Une excellente version qui reproduit fort bien le son écorché et psyché de l'époque. Il continue sur sa lancée par "Shaking all over", une composition popularisée par Johnny Kidd. La guitare y est toujours aussi déjantée. Tapissée de percussions exotiques, son adaptation du célèbre "Iko Iko" est brillante. Et la prise de voix assez particulière réverbère une bonne dose d'écho. Roots rock très allumé, "Hollywood millionnaire" épouse une démarche assez folle, mais ce morceau tient la route ; et manifestement, il prend son pied en jouant de la guitare. En chantant le paisible "Heart of Stone" des Rolling Stones, il parvient encore à faire une fête aux cordes. Robin est aussi capable de jouer le blues avec beaucoup d'aisance. A l’instar du "Pretty girls" de Little Walter, dont il réalise une interprétation très personnelle et bien ficelée. Il excelle sur le "Back to Iuka" de Don Nix. Soutenue par les puissantes percussions de Kevin Schermerhorn, sa guitare ne se repose jamais ; elle menace, rugit, accroche... Son attaque du "Can't judge a book" de Willie Dixon est très personnelle. Le son est primaire et pourri. Une plage qui collerait parfaitement à la programmation de ‘Doctor Boogie » sur Classic 21. L'ami Johnny Mack chante "Sugar Bee", tandis que Robin souffle dans l'harmonica et James Hinkle (NDR : un autre pote) joue de la guitare. Et pourquoi rester en si bon chemin ? Alors que la fête continue ! Que ce soit à travers "Hand Jive" de Johnny Otis ou encore "Wine spo-dee-Odee". Robin Sylar n'est sans doute pas un bon chanteur, mais qu'est-ce qu'il peut arracher de sa guitare ! L’opus recèle, en outre, trois plages instrumentales, parmi lesquelles "Misiriou" et la finale "Pipeline" sont tout à fait dignes de la meilleure surf music. Sans prétention, cet elpee est avant tout agréable à écouter. Il est le fruit du travail d’un artiste qui aime ce qu'il fait et qui doit certainement dynamiter la scène.