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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Small talk

Trio belge, Les Générals Jack a signé chez Naked Productions, un nouveau label créé par l'ami Fabrice Hermans. Le groupe est né à Leuven. Du côté du port, où Bart Ieven vivait sur un bateau baptisé "The Jack". Il est constitué de Marc Bodart au chant et aux guitares, Bart Leven (probablement le frère de Ian, bassiste d'El Fish) à la guitare et au chant, ainsi que Toon Derison aux drums. Ces trois généraux sont même affublés d'un surnom. Alias Derison General Shoelace était le premier batteur d'El Fish. Guitariste chez Buttnaked, General Rock'n'roll Froggy (Bodart) a sévi au sein de Dr Brown et Chico & the Mojo en compagnie de l'ami Pierre Degeneffe. Quant au Général Impatients (Leven), il a transité par Temple Bellona et Harvey Lee. Au départ, la formation voulait franchement concocter du blues susceptible de véhiculer l'étiquette ‘A chacun son blues’. A l’arrivée, la musique produite appartient au roots rock ; mais dans un style largement coloré de blues et de funk.
 
Une sirène introduit "Burn baby burn", une plage funky rock song qui augure une musique aux ressources diverses, puisées notamment dans le meilleur des années 70. La voix assez haut perchée de Bart rappelle celle de Filip Casteels circa El Fish première époque. "Hairs in a tangle" s’ouvre dans un registre franchement country blues, épinglant un riff de guitare que n'aurait pas dédaigné John Lee Hooker. Les liens étroits entretenus par la section rythmique permettent de libérer les soli bien électriques dispensés par les deux guitares de Bart et de Marc. Sur "Seven four", ces mêmes guitares dissertent librement et construisent à nouveau de bien belles phrases électriques qui se fondent dans la mélodie. "Packed up my things" ébauche une ballade lente et majestueuse avant que le rythme ne passe au reggae, tout en impliquant une guitare acoustique subtile, légèrement hispanisante. Le retour de la six cordes électrique s’opère avec finesse, clarté, sans jamais perturber le sens mélodique. Toni Derison imprime un tempo galopant sur ses fûts pour soutenir "Long way home", une épopée très far-west balayée de guitares réverbérées et traversée par un piano sautillant qui assure sa part de rythme. "Mean old mambo" épouse une structure country blues syncopée et bien balancée. Epaulées par le travail de Toon, les guitares insatiables restent toujours aussi claires et précieuses. Les voix de Marc et Bart qui se conjuguent à l’unisson s'associent facilement aux choeurs. "Honest man" consomme un funk léger, tout en empruntant certains accents au Jimi Hendrix de l’époque Band of Gypsies. Les effets apportés permettent une cavalcade échevelée de cordes. Elles prennent même une allure de jam comme nous pouvions en goûter voici plus de trente ans. "Dry eyes" démarre comme une ballade aux accents graves. La richesse technique est ici indéniable. Les guitares qui s'entrecroisent constamment recèlent une inventivité permanente. Elles nous remettent en mémoire les meilleures formations des 70s qui réunissaient deux solistes. Un bottleneck, métallique, primaire, mène la danse au coeur du Delta sur "Tiger". Les Jacks n'abandonnent que rarement leurs racines blues. Le ballet des guitares se poursuit dans une ronde vertigineuse peuplée de sons étranges, mystérieux et aventureux. Le travail incroyable du percussionniste permet des changements de rythmes complexes. Ce climat persiste tout au long de "Hole in my soul". Le son des guitares est très dense et toujours aussi bluesy. Pas toujours facile à assimiler, la musique de Les Generals Jack multiplie les clins d'oeil au passé, aussi bien dans le domaine instrumental que vocal. Ce surprenant album s’achève dans le funk sur l'instrumental un tantinet nerveux "Rising sun". A découvrir absolument, même si cet opus mérite une écoute attentive avant d’être apprécié à sa juste valeur…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Live!

Ce jeune chanteur guitariste anglais jouit déjà d’une solide réputation en Europe. Et pour cause, il arpente les routes du vieux continent, depuis quelques années. Il y a bien longtemps qu’il gratte de la guitare. Tout gosse, lors d’un voyage à San Francisco, pour lequel il avait accompagné ses parents, il rejoint Coco Montoya sur la scène du Lou's Bar au Pier 49 du Fisherman's Wharf. A 18 ans, il fonde son premier groupe. Un trio, en compagnie duquel il enregistre deux albums. Deux disques, par ailleurs autoproduits. Il est ensuite remarqué par le label Ruf qui le signe. Il commet alors successivement "Aynsley Lister" en 1999, "Everything I need" en 2000, "Supakev'n pilchards" en 2002 (NDR : un elpee acoustique immortalisé ‘live’) et l’an dernier "All or nothing".
 
Ce nouvel opus ‘live’ a été enregistré en Allemagne. A Bonn, très exactement. En mars dernier, lors du festival Rockpalast Crossroads. Ce concert s’ouvre par "Aeroplane blues", une compo très agréable au cours de laquelle la guitare d'Aynsley égrène quelques accords rythmés, légèrement amplifiés. Un peu comme John Lee Hooker les accordait lors du début de ses concerts. La voix se pose sur ce boogie solitaire. Armé de sa guitare acoustique, il interprète "As the crow flies" de Tony Joe White. Seul sur les planches ! Il branche sa Gibson Les Paul noire à son ampli avant d’être rejoint par le bassiste James Townsend et la toute jeune drummeuse Sarah Jones (17 ans). Son blues se teinte largement de rock dès l’instant où le son se charge d’électricité. Il nous balance un "Say goodbye" très puissant. La section rythmique évolue au second plan. La guitare occupe bien le devant de scène. Elle remplit tous les espaces. Son chant devient frêle face aux cordes. Et ce concert se poursuit suivant ce schéma. La guitare règne sans partage ; et à chaque plage, Aynsley chante quelques couplets avant de laisser ses doigts disserter sur le manche sans relâche. Les soli n'ont guère de limite. Le tempo demeure assez uniforme, même lorsque défilent "Balls of street" et "Snake". Il revient en force pour un autre boogie très électrique : "Everything I need". La guitare est de plus en plus envahissante. Si notre Lister possède la fureur de jouer d'un Rory Gallagher, il ne possède ni le feeling naturel du blues ou du boogie, ni la légèreté et le plaisir de partager sa musique. Il reprend l'une de ses meilleures compositions : "Angel 'o' mine". Une plage assez lente qui ne manque pas de charme ; mais encore une fois, elle souffre d’une évidente lourdeur héritée en ligne droite du british blues rock. "Now you're gone " nous en met plein les tympans. Mais on n’en retire aucun plaisir. Et pour cause, ce nouveau prétexte à la démonstration frôle l'overdose. Imprimé sur un mid tempo, "Take me to the river" ose un blues rock aventureux. La guitare explore de nouvelles sonorités torturées. Quoique intéressant, ce voyage expérimental s’éloigne du blues. Shuffle bien ficelé, "Runnin' out on me" met en exergue le jeu puissant de Lister. Mais si la section rythmique assure, elle n'affiche pas le potentiel de leurs rivales texanes. Douce ballade, "Sometimes it gets 2 me" monte progressivement en puissance, suivant l’humeur contenue d'Aynsley. Dans les moments les plus calmes, il y ajoute une certaine tension, par de courtes explosions successives. En fin de concert, Lister se lâche dans un trip hendrixien en enchaînant "Soundman" et "Fallin' down". Deux clins d'œil indubitables adressés au maître ! Un opus que je conseillerai exclusivement aux jeunes fans de rockin' blues épais !
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

The legend live

Le 27 mars prochain, Robert Lockwood fêtera ses 90 balais. Difficile, dès lors, d’imaginer un artiste aussi âgé capable de chanter tout en grattant malicieusement sa guitare, en public. Et pourtant, Robert est bien une des dernières véritables légendes vivantes du blues. Il est né à Turkey Scratch, dans l'Arkansas. Son enfance, il l’a vécue seul, chez sa mère. Il avait quinze ans à peine lorsqu'un soir, elle ramène à la maison un jeune chanteur guitariste qui répond au nom de Robert Johnson. Et ce dernier lui apprend à jouer des cordes. Robert n'a pas vingt ans lorsqu'il prend la route. Il y rencontre d'autres bluesmen, tels que Shines et les deux Sonny Boy Williamson. Il devient un des premiers guitaristes à électrifier sa guitare et enregistre ses premiers titres en 1941, à Chicago. Il devient ensuite le guitariste de Sonny Boy II, participant à son émission radio "King Biscuit Time", dont le siège était alors fixé à Helena, en Arkansas. Il repart ensuite à Chicago où il y joue en compagnie de Little Walter, Muddy Waters, Sunnyland Slim, Roosevelt Sytkes, et quelques autres. Avant de se fixer à Cleveland, en Ohio, où il vit toujours.
 
"Steady rollin' man", son premier album, est paru en 1970 chez Delmark. Pour l’enregistrer il avait reçu le concours des Aces, des frères Myers et de Fred Below. Depuis, il a trusté les distinctions honorifiques, dont quelques WC Handy Awards.
 
Le 24 juillet 2003, Robert est seul face au public. Sur les planches du Rhythm Room. A Phoenix, en Arizona. La casquette élégante, vissée profondément sur la tête, il tient fermement sa guitare à douze cordes. De sa voix graveleuse, un rien frêle, il laisse éclater son émotion en se lançant dans le "Meet me at the bottom" de Mance Lipscomb. Très respectueux, le public reste silencieux face à cette légende vivante qui se dresse devant lui. Robert prend confiance et attaque les cordes de manière assez nerveuse. Le répertoire du vieux bluesman n'est guère le fruit de sa plume, mais réunit des reprises qui ont émaillé son existence. Il mêle ainsi "Free like blowin' my horn" et "She's little and she's low" du pianiste Roosevelt Sykes avec "Mean mistreater Mama" et le célèbre "How long blues" signé par le notoire Leroy Carr. Ecrite par son mentor Robert Johnson, "Sweet home Chicago" serait la première chanson qu'il a apprise à jouer. L'émotion est donc à son paroxysme lorsque le presque nonagénaire l’interprète. Quand on pense que Johnson disparut tragiquement alors qu’il n'avait pas même trente ans. Il reprend encore trois autres plages de Johnson : "Love in vain", "From four until late" et "Ramblin' on my mind" ; et puis une autre plage signée Leroy Carr, "In the evening". Une tranche de blues, mais surtout une tranche d'histoire!
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Live at the Basement

Jon Lord est loin d’être un illustre inconnu, même pour les fans de blues. Avant toute chose, ce claviériste a forgé sa notoriété chez Deep Purple, avant de rejoindre Whitesnake. Mais auparavant, il avait quand même sévi chez les Artwoods, un groupe de R&B qui impliquait Art Wood (le frère de Ron) et Keef Hartley… Apparemment, lors d’un périple en Australie, il a été contacté pour jouer en compagnie des Hoochie Coochie Men, une formation locale de blues rock. Une chose est sûre, le 7 février 2003 il se produisait au ‘Basement’, un club de Sidney. Et quelques jours pus tôt, c'est-à-dire le 23 janvier, à l’Opéra, pour y diriger le Sidney Symphony Orchestra. Blessé au pouce et incapable de jouer du piano classique, il s'était réservé l'orgue. Ce double opus immortalise donc le concert accordé au ‘Basement’.
 
Le premier morceau de plastique s’ouvre par "Hideaway". Un instrumental, et pas n’importe quel instrumental, puisqu’il est signé Freddie King. Une adaptation drivée par le guitariste Tim Gaze, un ancien membre du combo rock, Rose Tatoo. Tim et Jon ont écrit "Lonesome traveller blues". Jon se montre très à l'aise à l'orgue Hammond sur cette version labellisée Cream, largement pompée du célèbre "Crossroads". Ce qui n’est guère étonnant lorsqu’on connaît la polyvalence et les qualités de ce musicien. Tim Gaze se charge des vocaux. Son timbre n’est cependant pas inoubliable. Il est correct, sans plus. Jim Conway introduit "Blues with a feeling" à l'harmonica, une compo écrite, bien sûr, par Little Walter. Jon se fait plaisir en reprenant le célèbre "Green Onions" de Booker T, un titre qu'il interprétait déjà chez Red Bludd ; c'est-à-dire le premier groupe au sein duquel il a sévi dans les sixties !! "24/7 Blues" est le blues lent de rigueur pour un concert d’une telle dimension. Les fleurons notoires du Chicago blues commencent alors à défiler. "Baby please don't go", tout d’abord. Un fragment caractérisé par l’excellence du jeu d’orgue, "I just wanna make love to you" et "You need love", ensuite. Pas à la manière de Led Zeppelin, mais dans le respect de son auteur, Willie Dixon. Mené tambour battant, comme le ferait Nine Below Zero, "The money doesn't matter" et une plage très dynamique. Jim Conway se révèle très brillant dans cet exercice de style ! Consitutée de Rob Grosser aux drums et de Bob Daisley à la basse (NDR : un ex Mungo Jerry, Uriah Heep, Black Sabbath et Rainbow), la section rythmique assure bien son rôle. Tramée sur le dobro et le washboard, la version de "Strange Brew" est très calme. Une composition que chantait Clapton, à l’époque du Cream. Celle du "Dallas" de Johnny Winter est excellente, mais très roots.
 
Le second CD s'ouvre par le classique des classiques : "Hoochie Coochie man". L’ex leader de Cold Chisel, Jimmy Barnes, a été invité pour assurer le chant. Ce vocaliste possède une sacrée voix, très hard rockin' blues, dans un registre proche de feu Bon Scott, l’ancien chanteur d’ACDC. La slide largement amplifiée de Tim Gaze émerge de "New old lady blues", un R&B funky écrit par Daisley. L’opus recèle encore quelques bons morceaux. Tout d’abord le "Who's been talking" de Howlin' Wolf, une version soft qui met en valeur les différents musiciens. "Six strings down" ensuite. Un titre issu du répertoire de Jimmie Vaughan, caractérisé par quelques prouesses pyrotechniques aux cordes. Et enfin, l’inévitable "Dust my broom". Le concert touche à sa fin et Jon Lord se rappelle enfin qu’il a fréquenté très longtemps le Deep Purple. Dans son style si spécifique, il introduit le fameux "Back at the Chicken Shack" de Jimmy Smith, une adaptation très heureuse et surtout bien plus jouissive. Alors que les bonnes choses sont finies et que nous quittons déjà le ‘Basement’, Jimmy Barnes revient chanter avec douceur le "When a blindman cries" du Deep Purple de l’époque Ian Gillan…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

New Tradition

Adepte du fingerstyle, Eric Lugosch est un remarquable guitariste. Cocktail savoureux de ragtime, de blues, rhythm & blues et jazz, sa musique est typiquement américaine. Issu de Philadelphie, il avait entamé sa carrière au sein du Philadelphia Boys Choir. Comme chanteur. Avant de se mettre à la guitare, après avoir écouté le Révérend Gary Davis, le Mississippi John Hurt ou encore Leo Kottke. A ce jour, il est responsable de six albums : "Strike" en 1985, "I wanna know" en 89 et "Making models" en 94 ; ainsi que "Black key blues" en 97, "King heroes" en 99 et ce « New Tradition », trois elpees parus chez Acoustic.
 
En ouverture, "Sovereignty Motreshka" reflète la beauté immaculée de la guitare quasi classique. Dès "The old stomping ground", une compo qu’il interprète de sa voix claire et juste, on entre dans l’univers du ragtime blues. Son jeu sur les cordes est concis, léger, complexe et très technique. Un exercice de style qu’il accomplit à la perfection tout au long des plages instrumentales : depuis "Marching through Georgia" et "Brighton camp", deux fragments empreints de beauté champêtre, à "Strung out", une plage au cours de laquelle il se pose en maître du fingerstyle, en passant par "Springboard Chop", un morceau pour lequel il est soutenu par une solide section rythmique que suit sagement l’harmonica de James Conway. Sa guitare acoustique rayonne également sur des plages chantées. A l’instar de "Texas Radio". Signé Cecil Gant, "I wonder" est un blues couvert d’accents subtilement folk. Et qui peut rester indifférent à la pureté de "We can go" et de "Jungle Jim", deux compos qu'il chante en compagnie de Michael Smith et de Michael Lapchick ? Eric Lugosch vit aujourd'hui à Chicago. Il enseigne à l’Old Town School of folk music et au Wisconsin Conservatory of Music de Milwaukee.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

13x12

Greg Koch a reçu sa première guitare à l’âge de 12 ans. A cette époque il n’a d’oreilles que pour son idole : Jimi Hendrix. Il passe ensuite quatre ans à l’Université du Wisconsin. Il y étudie et y apprend toutes les techniques de la guitare jazz. Il forme alors son groupe dans sa bonne ville de Milwaukee : GK and the Tone Controls. Cette formation décrochera cinq fois le Wisconsin Music Award dans la catégorie "Artiste Blues de l’année" et Greg sept fois l’Award du "guitariste de l’année". A cette époque il commettra cinq albums indépendants. En 2001, il signe chez Favored Nations, le label du guitariste Steve Vai. Il leur concède deux albums : "The grip" et "Radio Free gristle".
 
Ce nouvel opus, double de surcroît, réunit l’essentiel de ses précédentes productions. Découpé en treize plages, le premier disque implique le chant. N’en recelant que douze, le second est exclusivement instrumental. Ce qui explique le titre "13 x 12"! Très grand spécialiste des guitares Fender, il est l’auteur de quelques bouquins et est le responsable de plusieurs DVDs consacrés aux techniques de cet instrument.
 
L'album s'ouvre par "Beg, borrow and steal", une plage blues bien rythmée. Greg est doué d’une bonne voix. La technique de l’ensemble est de très bon niveau. T Lavitz (NDR : pour votre information sachez que T Lavitz relève de la formation jazz-rock, The Dixie Dregs) se met en évidence aux claviers, pendant que la six cordes s'articule sur des thèmes jazzyfiants. Plus rock'n'roll, "Dr Jekyll" est imprimé sur un tempo très rapide. T Lavitz est passé au piano. Constituée de Kevin Mushel à la basse et de Gary Koehler aux drums, la section rythmique ronronne. L’ensemble s’aventure au cœur de structures assez complexes. A l’instar d’"Ain't got problems", qui évolue sur une trame plus funky ; mais la richesse musicale est en permanence au service de l'ensemble. Greg aime jouer en picking. Il reconnaît volontiers Albert Lee, comme une de ses influences. Et son interprétation de "Smack dab" en est la plus belle démonstration. Tout est parfaitement en place. Mais personnellement, je regrette que le son soit si propre, presque clinique. La voix de Koch colle très bien à "Too broke", un blues assez lent pour lequel Sam Steffke (NDR : un jazzman de Boston) se réserve l'orgue. Toujours dans le domaine du blues lent, il reprend avec bonheur le classique de son idole Hendrix, "Red house". Il s'y sent comme un poisson dans l'eau. L'attaque d’"All the same" est opérée comme les bons shuffles texans. Dans un style qu’immortalisait avec autorité, Stevie Ray Vaughan. "Rain, sleet or snow" épouse une ligne mélodique fort proche de l’Allman Brothers Band fréquenté par Dicky Betts. L'album recèle quelques particularités. "Heed the need" tout d’abord. Une ballade aux accents légèrement hard rock qui s'éloigne franchement du blues. Je préfère nettement le rock'n'roll pop de "Flyover country" ou de "Fall from Grace".
 
Sculpté dans un excellent jazz rock, le second opus est donc uniquement instrumental. Et dans cet univers sonore, j’épinglerai "Nash Vegas", un exercice de style empreint de virtuosité, qui met en exergue l'excellent harmoniciste de Milwaukee, Steve Cohen.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Kelly Jo Ann

Disparue le 21 octobre 1990, Jo Ann Kelly fut incontestablement la chanteuse de blues la plus authentique, outre Manche. Elle a laissé un héritage discographique conséquent, mais ce double CD lui rend un bel hommage, puisqu’il se penche sur toute sa carrière. Depuis ses premières apparitions, opérées au cœur des 60s, jusqu'à ses derniers jours. Heureuse initiative, la pochette fournit de précieuses informations. En outre, elle est abondamment illustrée ; un phénomène assez rare chez cette artiste, pour ne pas le souligner.
 
Miss Kelly était née en janvier 1944. Dès les 50s, elle s'essayait déjà au skiffle ; et au début des 60s, elle montait sur scène pour jouer en compagnie des Yardbirds. A cette époque, un certain Eric Clapton y sévissait déjà à la guitare. En 1965, elle commence à écumer les clubs et pubs de Londres, de Bristol et de Newcastle pour chanter son folk blues, dans un style largement inspiré par Memphis Minnie. En 1966, Jo Ann interprète remarquablement "Where is my good man at" et "This is your last chance now", flanquée de son jeune frère Dave (Kelly bien entendu) à la guitare. Ce sont les deux plages qui ouvrent l’elpee. Ce disque inclut les plages enregistrées la même année par Mike Vernon, pour son label Purdah ; des morceaux qui sont parus dans la collection "Blues anytime – An anthology of British blues". "Keep your hands out of my pocket" et le bouleversant "No chance with you" remontent à 1968. Deux superbes plages qui transpirent l'authenticité. Le meilleur pianiste de blues et boogie anglais, Bob Hall, le guitariste Tony McPhee (Groundhogs) et l’harmoniciste Steve Rye lui apportent leur collaboration. Son adaptation d’"I can't quit you baby" vaut le détour. Elle chante a capella "Levee camp holler". Sa voix est est profonde, éclatante. A vous flanquer des frissons partout ! Entourée du duo de Bristol, Simon (Prager) & Steve (Rye), ainsi que de Bob Hall au piano, elle nous concède encore de très bons moments. "Louisiana blues", tout d’abord. Nous pouvons clairement y entendre Jo Ann jouer du bottleneck dans le style de Fred McDowell. Bob Hall est capable de passer du piano à la mandoline avec une facilité déconcertante. Il le démontre à plusieurs reprises. Et en particulier sur le "Boyfriend blues" de Joe McCoy (NDR : un des époux de Memphis Minnie) et "I've been scorned". Elle chante encore "Catfish blues", "Walking the dog", "Can I get a witness, le très barrelhouse "You win again" de Hank Williams et "It's too late that now", un boogie woogie accompli en duo avec Bob Hall. "Jump steady daddy" est un autre exemple de la pureté de son blues. Remarquable, ce premier disque s’achève par trois plages immortalisées en 1974, par la formation Tramp. Bob Hall est toujours au poste, mais aussi les guitaristes Pete Emery et Putty Pietryga, ainsi que les chœurs des Kokomo Singers. Cette même session issue de 74 ouvre le second elpee. Pour la circonstance, elle bénéficie d’un environnement amplifié. Ce qui n’exclut pas les bons moments. A l’instar de "Help me through the night", au cours duquel la voix est toujours aussi impressionnante. Une prise ‘live’ de Tramp, commise la même année, épingle Danny Kirwan à la guitare sur le "Baby what you want me do do" de Jimmy Reed. Bob Brunnning à la basse, Keef Hartley à la batterie et Dave Brooks sont également de la partie. La nouvelle version d’"It's too late for that now" est détonante. Les interventions de Bob Hall et de Brooks y sont brillantes. Jo Ann était également capable de s’illustrer dans d’autres styles. Le cabaret par exemple. Le pianiste Dick Welstood et le bassiste Lucas Lindholm nous plongent dans un milieu franchement jazz pour aborder "Make me a pallat", Key to the highway", "You got to move" de McDowell (NDR : dont le traitement gospel est surprenant), ainsi que la plage titulaire. Sa remarquable interprétation ‘live’ du "Big boss man" date de 1984. Elle s’appuie alors sur le Quaggy Delta Blues Band de son époux et le guitariste Pete Emery. En 1988, elle était en pleine possession de ses moyens. Elle nous enchante par son interprétation de "Come see about me". De nouveau proche de Memphis Minnie, elle manifeste un feeling pas possible, lorsqu’elle chante a capella "Rising sun shine on" et "Death have mercy". Cette remarquable collection s’achève comme elle avait débuté, dans le pur Delta Blues. Ne passez pas à côté de cette artiste qui avait enregistré ‘live’ avec Fred McDowell, en 1969. Et la même année, Bob Hite lui avait demandé de rejoindre Canned Heat. Ah, le blues!
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Southern comfort

Chanteuse et guitariste, Eugenia Gail Kight est issue de Dublin, en Georgie. Considérée comme la réplique féminine à Delbert McClinton, elle est souvent comparée à Bonnie Raitt, Phoebe Snow ou encore K.D Lang ; mais elle avoue une préférence pour Koko Taylor et Etta James. A ce jour, elle est responsable de trois elpees : "Come into the blues" en 1997, "Trouble" en 2000, et ce « Southern comfort ».
 
Une section de cuivres introduit le funky "If you ever touch me". EG possède une voix claire, puissante, pas trop éloignée de celle de Bonnie Raitt. Une voix taillée pour chanter le blues ! La slide de Bill Hinds emmène cette plage largement teintée de rhythm & blues. Comme son titre l’indique, "Sad sad sunday" est blues lent empreint de tristesse. G y épanche son spleen avec beaucoup de feeling. Michael Boyette double au piano et à l'orgue Hammond pendant que Bill Hinds se charge de la guitare solo. Un exercice à la six cordes opéré avec beaucoup de retenue, mais aussi le soupçon de menace nécessaire pour alimenter ce type de tempo qui génère un énorme mal de vivre. R&B entraînant, légèrement cuivré, "If it's a mighty big word" est une ballade enfiévrée par le solo torride de Marcus Jones au sax ténor. Autre ballade, mais douce, "No time for the blues" est destinée à affronter le public des petites heures dans un cabaret. La voix éraillée colle bien à cette chanson que suit à la trace le piano délicat de Chuck Leavell. Cet opus laisse également une place au rythme et au rock'n'roll. A l’instar de "Let the blues move you". Timù Starnes est à l'harmonica. Bruce Hornsby au piano. Particulièrement southern rock, écorchée, la slide guitare de Leroy Parnell est bien plantée dans le décor. Et pour couronner le tout, Chris Hicks y accorde son lot de répliques vocales. "Cry like a rainy day" est une autre ballade douce soulignée par les accents jazzy du piano de Michael. Des ivoires qui épousent la voix passionnée, toute en relief d’EG. Et elle prouve encore toute l'étendue de son registre vocal sur "Somebody's gottagive", un chant gospel qu’elle maîtrise parfaitement en s’appuyant de nouveau sur le piano de Chuck Leavell et l'orgue Hammond de Bruce Hornsby. Michael Pierce se réserve la guitare sur le titre maître. Un blues lent classique, sans surprise, mais sans faiblesse. Complainte country à la mélodie subtile, "Angel from Montgomery" est signée John Prine. Trois guitares occupent le devant de la scène : EG à la rythmique, John Pierce en soliste et Bill Hinds à la slide. Un des meilleurs moments de l'album ! Si "Blues and greens" trempe dans le funk, "Lucky in love" émarge au blues lent. Une plage savamment chantée devant un trio de saxophones et de choeurs à nouveau très gospel. En finale, EG interprète de sa voix veloutée un "Just one more" face au seul piano de Paul Hornsby, une compo qu'elle a écrite en compagnie de Gaye Adegbalola". Sans faille mais sans éclat, cet opus ne manque pas de passion. Depuis, un autre elpee a déjà vu le jour : "Takin' it easy". Un disque rehaussé par la présence de Chris Hicks, du Marshall Tucker Band, d'Ann Rabson et de Greg Piccolo (ex Roomful of Blues).
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Zero Tolerance

A la fin des sixties, le glorieux british blues boom a enfanté une multitude de groupes. Ce regain de popularité manifesté pour le blues à cette époque a permis à bon nombre de musiciens de connaître leur heure de gloire. Mais certaines formations, pourtant non dépourvues de talent, n’ont jamais atteint la notoriété. Au sein de cette deuxième division du blues anglais figurait Killing Floor, un ensemble issu de la banlieue sud de Londres. Deux des musiciens de ce combo allaient cependant se forger une réputation, quelques années plus tard : tout d’abord le claviériste Lou Martin, un personnage qui allait sévir longtemps aux côtés de l'Irlandais Rory Gallagher ; ensuite le chanteur guitariste Mick Clarke. Ce dernier monta d’ailleurs son propre groupe et commit un grand nombre d'albums de blues rock d'excellente facture.
 
Killing Floor avait gravé deux elpees à l'époque : « Killing Floor » en 1969, un disque sculpté dans le blues rock ; et en 1971 « Out of Uranus », une oeuvre plus proche du rock progressif que du blues. 32 ans après s'être quittés, ces musiciens on décidé de se retrouver. Sur les conseils de Franco Ratti, boss du label italien Apaloosa. Et d’enregistrer un album : « Zero Tolerance ». Un opus qui ne manque pas d’allure. Et s’il n’est guère révolutionnaire, il met bien en exergue les talents confirmés des Lou Martin et Mick Clarke ; mais aussi nous fait la bonne surprise d’impliquer le chanteur/harmoniciste d'origine Bill Thorndycrafst, par ailleurs excellent compositeur. Cette plaque est dédiée à la mémoire de Freddie King. Ce qui s’explique aisément lorsqu’on sait que Killing Floor avait tourné en compagnie du légendaire guitariste texan.
 
Killing Floor ouvre les hostilités par « Burnout ». Un excellent démarrage dans le registre rockin' blues. La guitare de Clarke est puissante. Bill souffle rageusement dans l'harmonica pendant que Mick chante toute sa rage. Violent dans l'attaque, son premier solo sur les cordes est une petite perle du genre. Bien british et constituée de Stuart McDonald et de Chris Sharley, la section rythmique le soutient comme un bloc de béton armé. Thorndycraft a écrit un impressionnant « Prozac blues », un requiem contre l'abus des antidépresseurs. Plus en relief que celle de son camarade Mick, sa voix a beaucoup de caractère. Il vit aussi manifestement les mots qu'il a écrits. Une compo qui s’achève en boogie. Killing Floor est au grand complet, y compris le drummer d’origine, pour aborder le blues lent « Calm down », une composition aux accents dramatiques signée Bazz Smith. Une plage qui débute dans le Delta avant de s'éclater sur ce même tempo lourd. Les effets sont réussis. Du british pur et dur! «Sperm bandit » nous rappelle le Killing Floor du second album. Plus progressif, il met en exergue le piano de Lou. «The big issue» trempe davantage dans le rock'n'roll. Clarke est passé à la slide. Bill crache ses vocaux chargés de rancoeur à l’égard de Bush et Blair. Sis à mi-parcours, la version du « Stange love » de Slim Harpo permet en quelque sorte au groupe de souffler. Entretenu par la slide ainsi que la voix caverneuse et provocatrice de Bill, le titre maître nous plonge au sein d’un climat particulièrement lourd, mais surtout soulève quelques interrogations empreintes de lucidité. « Iron ewe » consacre du pur Mick Clarke. Une plage qui aurait pu figurer sur n'importe lequel de ces albums. Et pour la circonstance, il est épaulé par un Lou Martin des grands jours. Coloré par ce son reverb si caractéristique produit par l’harmonica, « What is it about you » opère un échange intéressant entre les instrumentistes Mick, Lou et Bill. Si « The radnor rumble » affronte un boogie furieux, « Fred McDowell » rend ici un véritable hommage électrique. En finale, la reprise sereine du « Bring it on home » de Sonny Boy Williamson II autorise quelques changements de rythmes aux accents dramatiques dans l'attaque des cordes ; mais aussi donne à nouveau l’occasion de conclure dans un boggie, un boogie au cours duquel piano et harmonica viennent reprendre leur place légitime. Pour son come-back, Killing Floor vient de commettre un solide album !
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Ain´t no way

Kyle Jester est un chanteur guitariste originaire de San Diego, au sud de Californie. Il est sur la route depuis 1999, flanqué de son groupe les Tri-Tones, une formation qui implique Thomas Yearsley des Paladins à la basse. Tout ce beau monde avait participé à la l’enregistrement de l’album du bluesman local Earl Thomas, "12067051 The Elector studio sessions", un disque paru en 2000. Kyle avait alors rejoint le Freddie Brooks Band, en compagnie duquel il joue souvent au Blue Café de Long Beach. A Los Angeles. Enfin, depuis janvier 2001, il est devenu le guitariste et leader du backing band de Candye Kane. Il a depuis visité 17 pays, dont la Belgique et la France ; et a enregistré avec Candye l'album "12067051 Whole lotta love", un disque sorti chez Ruf en 2003. Ce qui ne l’a pas empêché de monter son propre trio, l'année dernière : les Small Town Heroes.
 
En mars 2004, il est entré en studio en compagnie du bassiste des Heroes, Kevin Williams, et de Tom Essa, le batteur des Mississippi Mud Sharks. Ils ont mis en boîte quinze plages qui constituent l'essentiel de cet elpee ; un tracklist complété par cinq autres titres qui remontent à 2000, fragment pour lesquels il est accompagné des Tri-Tones.
 
En ouverture, le "3 times a fool" d'Otis Rush est plus que prometteur. En fait, il concentre sans doute le meilleur de l'album. La voix de fausset de Kyle s'adapte à ce style. La section rythmique assure ; et en particulier la basse acoustique de Williams. La guitare comble les espaces de bien belle manière. Elle ne laisse échapper que les notes nécessaires, des notes libérées avec talent et parcimonie. Jester est sans aucun doute un gratteur de première catégorie ; mais il n’est pas du style à en rajouter une couche. Signé Johnny Otis et Johnny Watson, "Broke & lonely" maintient ce haut niveau. Très intimiste, atmosphérique, soutenue par la basse de Thomas Yearsley et les percussions feutrées de Vladimir Yarrovinsky, "Ain't no way" est une des plages immortalisées en 2000. Parmi les autres titres issus de cette session figurent "L.a", un fragment hanté par l'esprit rockabilly, bien qu’il conserve une indéniable touche jazzy, "Haven't felt good", une délicieuse ballade qui bénéficie du concours de l'excentrique Sue Palmer au piano. Cette dernière participe également à "Hey Louise", un morceau qui swingue du tonnerre. Mais revenons aux séances de mars dernier. L'organe puissant de Candye Kane préside "Roll with me Henry". Il donne (NDR : l’organe !) ses répliques avec puissance et détermination aux vocaux de Kyle. Un excellent moment ! La voix de Kyle ne passe pas toujours bien la rampe. Elle montre ses limites sur le "I feel alright again" de Junior Parker ; mais la partie de cordes demeure passionnante. Un solo habilement construit, proche du meilleur Dave Gonzales. La section rythmique monte en puissance sur le shuffle envoûtant "Automatic". Kyle brille sur la reprise du "Straighten up baby" de James Cotton. Pourtant sous cette formule limitée du trio, l'exercice n'est pas simple à réaliser. Le tempo ralentit au maximum sur le "Let me down easy" de King Curtis. La voix évolue sur le fil du rasoir ; mais quelle sensibilité le guitariste est capable de libérer, en ne dispensant qu’un minimum de notes ! Un peu comme Peter Green, dans sa glorieuse époque. Signé McShann et Witherspoon, "Voodoo woman blues" a subi un traitement rock'n'roll. Il consomme un maximum d'énergie. La fin de l’opus nous réserve quelques reprises plutôt notoires : depuis "Drivin' wheel", un bon blues lent signé Roosevelt Sykes, au "Easy baby" de Magic Sam, en passant par le "Can't hold out" de Dixon ; et enfin "If I had possession" de Robert Johnson. Sur ces deux derniers fragments, Kyle joue d’une slide puissante et poisseuse.