La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de…

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Julia Drouot a coupé court…

De ses années de conservatoire, il reste à Julia Drouot peut-être le goût de ses fugues, non pas celles qui se jouaient au XVIIème siècle dans les salons des cours européennes, mais celle qui se chausse de semelles de vent. La chanteuse et compositrice a…

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Suede 12-03-26
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Concerts

Kadavar

Kadavar exquis…

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A premier abord, l’affiche peut sembler improbable. Elle renseigne la présence d’un groupe slovène et un autre allemand. Mais où est-on allé chercher ces formations de hard rock pour se produire à Tourcoing ? Simplement là où beaucoup d’artistes puisent leur inspiration, et depuis de nombreuses années. Soit au sein des fabuleux albums de Black Sabbath et Deep Purple ; et même en allant puiser chez le Led Zeppelin, où se confondent encore les genres et les influences.

Le premier band répond au patronyme de Stray Train. Y militent cinq hommes dont l’âge oscille entre la trentaine et la quarantaine. Ils balancent du rock’n’roll. Mais le timbre vocal du chanteur est léger. A première écoute, c’est plutôt surprenant. Et la surprise vient autant de l’inconnu que du matériel utilisé sur scène. D’abord à cause de la conjugaison entre les deux guitares, opérée entre une ‘Gibson Custom’ –branchée sur un ampli de marque obscure, elle est responsable d’un son particulier– et la Fender Stratocaster, câblée sur un Marshall. Puis de l’impact apporté par le drummer, dont les interventions sont tellement précises qu’elles en deviennent fascinantes. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que le solo de Jimmy Page, pendant « Whole Lotta Love », a été exécuté sur Fender. Mais qui donc a dit que le rock était essentiellement sous l’emprise de la Gibson ?

Là où l’on attend une déferlante susceptible de faire remuer les corps et hocher les têtes, on assiste à une performance magnifiquement réglée, techniquement imparable, mais qui souffre d’un excès de calme. Ne nous méprenons pas, le show est au rendez-vous. Tatoués, les types ont une dégaine certaine. Les mains glissent sur le manche avec une aisance stupéfiante pour libérer des riffs rageurs. On a la nette impression que les musicos veulent étaler tout leur brio. Une sensation accentuée par la cover du « Pressure On Time » de Rival Sons. Bien réalisée, la version confirme la parfaite maîtrise des musiciens. La première partie a donc bien répondu aux attentes du public ; une mise en bouche qui dresse parfaitement le décor pour le combo suivant : Kadavar.

Kadavar réunit trois types, dont le look aurait pu naître d’un croisement entre des Vikings et les membres de ZZ Top. Trois gars qui ont de la présence sur les planches. En témoigne, le monde qui a rappliqué dans la salle, dès la fin du supporting act. L’atmosphère est instantanément lourde. La tension monte alors que la musique se meut en bourdonnement sourd et perturbant. Le groupe se prépare. Les balances sont presque terminées. Il ne reste plus qu’à attendre. Les écoutes préliminaires n’ont pas révélé grand-chose. C’est en véritable néophyte qu’il faudra partir à la découverte du trio. Et là, on va prendre une fameuse claque. On aura ainsi droit à un set flairant bon les seventies. Alimentés par des solos de gratte, bien soutenus par la ligne de basse et bien entretenus par les drums, les morceaux s’étalent sur plus de cinq minutes. Les riffs paraissent simples mais ils sont si bien enchaînés que le résultat est bluffant. Hochant la tête tous les trois en rythme, les musicos donnent envie à l’ensemble de l’auditoire de s’époumoner et de danser. Et pourtant, quoique caricatural, ce hard rock a beau se déchaîner et libérer toute sa rage, il est toujours juste. La voix est peu présente et, le plus souvent, elle épouse les sonorités de gratte, pour mieux épauler les interventions du soliste. Enfin, en constatant que le bassiste s’est confiné dans un coin du podium, on pourrait penser que son rôle est plus qu’effacé. Mais rapidement, on se rend compte qu’il est indispensable. Il sert même de fil conducteur. Quant au batteur, installé au centre et à l’avant de l’estrade, il fait penser à un homme-orchestre au bord du délire. Puissant, inépuisable, son drumming est tout bonnement phénoménal… Et on n’est pas au bout de nos surprises ; car en rappel, le band ne va pas nous réserver un morceau, mais trois, dont en finale une reprise du célèbre « Helter Skelter » des Beatles, comme un écho au morceau le plus rock du groupe pop/rock britannique.

(Organisation : Le Grand Mix)

 

 

Okkervil River

L’émotion à son paroxysme…

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Fondé en 1998, Okkervil River est considéré comme un des meilleurs représentants de la scène folk yankee contemporaine. Et pour cause, au fil du temps, sa musique a constamment évoluée. Sa discographie est conséquente. Elle compte 8 elpees et de nombreux Eps. Sans oublier les diverses collaborations auxquelles Will Sheff, le leader a participé. On rappellera quand même, qu’à l’origine, Jonathan Meiburg militait au sein du combo. Puis il a décidé de monter son propre projet, Sherawater.

S’il faut bien avouer, que les précédents opus ne sont pas exceptionnels, le dernier en date, intitulé « Away », est vraiment excellent. Faut dire que Will a renouvelé le line up de son band, presque dans son intégralité. On était donc curieux de connaître le résultat, sur les planches. Et la Rotonde semblait vraiment l’endroit idéal pour juger, s’il avait fait le bon choix.

Lors de sa tournée, Okkervil River a choisi pour supporting act, un jeune londonien, Lookman Adekunde Salami, aka L.A Salami. Il vient de graver un premier LP, baptisé « Dancing with Bad Grammar ». En général, les premières parties son rarement passionnantes et incitent plutôt le mélomane à s’attarder au bar, en taillant une bavette en compagnie de ses potes. Bon, bien sûr, il y a des exceptions. Et bien L.A Salami en est une. D’ailleurs, tout au long de sa prestation, l’hémicycle ne va jamais désemplir, le folk singer, armé d’une sèche et d’un harmonica, nous réservant un set d’une demi-heure particulièrement inspiré…

A 21h, les lumières de la Rotonde s’éteignent. Will Sheff grimpe sur l’estrade. Il est suivi de ses musiciens. Une demoiselle s’installe derrière son clavier, à droite, tandis que le guitariste et le contrebassiste optent pour la gauche. En arrière plan, siège le drummer. Le décor est adapté à la saison. Un paysage automnal est projeté sur une toile, sur laquelle on a accroché quelques feuilles d’arbre. Bucolique !

Le set s’ouvre par plusieurs titres issus du dernier opus, l’excellent « Okkervil River R.I.P ». Le son est excellent. Les balances sont impeccables. La voix de Sheff est vraiment bouleversante. Les musicos sont excellents, à l’instar du guitariste qui va nous réserver, tout au long du show, de superbes solos. Outre son répertoire récent, Okkervil River va puiser dans sa discographie antérieure. Ce qui nous vaudra de splendides –et surprenantes– versions de « Or Life is not a movie, or maybe », « For Real » ou encore d’« Unless It Kicks ». Entre les morceaux, Will échange quelques mots avec l’auditoire. Il nous rappelle qu’en 2008, il avait vécu un gros stress, sur le ferry, qui le conduisait de l’Angleterre à la France, alors qu’il suivait les résultats des élections aux States, opposant Obama à McCain. Une situation qu’il avoue revivre ce soir (NDR : son réveil a dû être difficile, quand il a appris que Trump avait été élu).

Vers 22h15, la formation vide les lieux. Quelques minutes plus tard, un spot éclaire Will Sheff. Il est derrière le public, seul armé de sa sèche. Le Texan attaque alors « The War Criminal Rises and Speaks ». L’auditoire est littéralement subjugué. Alors que le morceau entame un long crescendo, le musicos reviennent sur le podium pour lui emboîter le pas. A cet instant, un frisson vous parcourt l’échine. Rarement un concert n’a d’ailleurs été autant chargé d’émotion. Un set hors normes. Finalement, en ce sombre 8 novembre, on aura quand même vécu quelque chose de positif…

(Organisation : Botanique)

Red Hot Chili Peppers

Comme à la piste des étoiles…

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Le premier concert du Red Hot Chili Peppers, auquel votre serviteur a assisté, c’était le 17 février 1988. A l'Ancienne Belgique de Bruxelles. Malgré la température extérieure, le set était particulièrement torride, les musicos achevant leur prestation en tenue d’Adam, leur sexe emballé dans une chaussette de laine. Depuis beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et les derniers albums de la formation californienne ont souvent fait plus que pâle figure ; à l’instar du dernier, « The Getway », paru en juin dernier. Ce qui n’empêche pas le Sportpaleis d’être sold out, pour accueillir le quatuor, 28 ans plus tard. De quoi vérifier si l’énergie libérée en live, à ses débuts, est toujours aussi intense…

Deerhoof assure le supporting act. Issu de San Francisco, il réunit la chanteuse/bassiste Satomi Matsuzaki, le drummer Greg Aunier ainsi que les guitaristes John Dieterich et Ed Rodriguez. Dans le cadre de l’édition 2014 des Nuits Botanique, il s’était investi dans le Congotronics Vs Rockers, en compagnie de musiciens congolais, américains et européens. « The magic », son seizième opus, est également paru en juin dernier. Et inévitablement, le quartet va y puiser allègrement. Avant-gardiste, sa musique oscille entre noise, pop, punk, rock, jazz et prog. Si la voix de Satomi est aussi cristalline que particulière, ce soir, elle n’est pas très distincte. Problème de mixing ? Probable ! Pourtant, quoique de petite taille, inlassablement, elle s’éclate en gigotant sur le podium. Pendant tout ce temps les deux gratteurs multiplient les impros ; et ils pourraient déraper dans le n’importe quoi, s’il n’y avait la section rythmique, et tout particulièrement le drumming de Greg, à la fois impressionnant et fédérateur. A revoir dans de meilleurs conditions…

A 21h30, les lumières s’éteignent. Flea monte d’abord sur le podium. Ses fringues sont plutôt bigarrées. On lui apporte sa basse. Il est suivi par le drummer, coiffé d’une casquette à l’envers. Il se dirige immédiatement derrière ses fûts, installés sur une estrade. Josh Klinghoffer, le gratteur, porte un ‘baggy trouser’ large voire bouffant. Et le trio ouvre le show par une jam de plus ou moins 5 minutes. Flea et Josh entrent en duel, à l’aide de leurs instruments. Flea frappe vigoureusement ses cordes à l’aide de ses doigts, via sa célèbre technique du tapping. Le chanteur, Anthony Kiedis, débarque enfin. Il ressemble à un jeune premier : bermuda, tee-shirt et casquette de couleur noire, il a enfilé un caleçon long qui laisse apparaître des tatouages qui doivent remonter jusqu’en haut de ses jambes. Il sautille ou bondit sur les planches. Il me fait penser à un bonobo. Le combo est soutenu par deux musiciens de tournée, un percussionniste et un claviériste.

Le light show est impressionnant. Celui placé en arrière-plan est plutôt agressif. Constitué de 2 à 300 tubes led, un autre surplombe un bon tiers de la fosse et il va onduler en vagues successives, au-dessus des spectateurs, suivant les morceaux. Des images, des vidéos, mais également les prises de vue du concert –parfois en gros plan– sont projetés sur quatre immenses panneaux.

Anthony remercie régulièrement la foule. Il s’exprime dans un excellent français, alors que nous sommes… à Anvers. Outre celles du dernier elpee, Red Hot Chili Peppers va privilégier les plages de « Stadium Arcadium » et « Californication ». Mais également les tubes. Dont « Under The Bridge », l’inévitable « Californication » et l'explosif «  By The Way », morceau qui achève le concert. Sans oublier la cover du « Cosmic Dancer » de T. Rex. Et c’est Josh qui amorce ce  morceau à l’aide de sa six cordes. En live, Josh remplace dignement John Frusciante. Ses interventions sont précises mais généreuses. Des intros en jam amorcent pratiquement chaque hit. Lors de ses solos, Chad en profite –en fin de parcours– pour balancer ses baguettes dans la foule. Klinghoffer va également se réserver le micro à quelques reprises. Et limpide, sa voix passe bien la rampe. Chaque musicien aura droit à son solo. Une autre cover : « If It Be Your Will ». La compo est signée Léonard Cohen. Et elle est particulièrement léchée. Tout en adoptant une démarche mi-canard, mi-primate, Antony crache, d’un air vengeur, littéralement ses mots. Bluffant !

Lors du rappel, Josh va s’attaquer à « My Death ». Au chant et à la gratte. Il s’agit d’une adaptation de « La Mort » de Jacques Brel.

Flea revient sur le podium. Et son retour, il le célèbre en faisant le poirier. Ce type est incroyable. On se croirait à la piste des étoiles. Quant au final il sera tout bonnement monstrueux. Et comment aurait-il pu être autrement, puisqu’il s’agit de l’incontournable « Give It Away ».

Setlist : « Intro Jam », « Around The World », « Dani California », « Scar Tissue », « Dark Necessities », « Cosmic Dancer », « Did I Let You Know », « Go Robot », « Cosmic Dancer, Right On Time », « Feasting On The Flowers », « Aeroplane », « Detroit », « Californication », « Goodbye Angels », « If It Be Your Will », « Under The Bridge », « By The Way ».

Rappel : « My Death », « Dreams Of A Samurai », « Give It Away ».

(Organisation : Live Nation)

Va à La Plage

Une invitation à se rendre au littoral ? Oui, mais alors à Ostende…

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C’est la deuxième fois que votre serviteur se rend au Zik Zak, au cours de la même semaine. A l’affiche ce soir, Va à La Plage. Fondé en 2013, ce quatuor bruxellois est drivé par l’auteur/chanteur Julien Coene. Si les textes poétiques et imagés sont exprimés dans la langue de Molière, la musique lorgne plutôt vers la pop, une pop décomplexée qui se singularise par ses cordes de guitares épiques et ses chœurs languissants. Deux vidéos du groupe cartonnent, pour l’instant, sur Youtube : « Louise » et « La Nuit ». Une bonne raison pour aller vérifier ce que le combo a dans le ventre…

Le supporting act est assuré par Le Prisonnier. Une référence à la célèbre série, mettant en scène Patrick McGoohan, qui a marqué les sixties ? A vérifier ! Toujours est-il que le combo réunit le guitariste/chanteur Joey Carl, le bassiste Mathieu Volont et le drummer Arnaud Luyckfasseel. Les morceaux proposés sont courts, rapides et rageurs. Le band puise plus que probablement ses influences chez Téléphone, Noir Désir, Deportivo, Nirvana et White Stripes. Tout un programme ! Mais les compos servent surtout à véhiculer des messages engagés. Et dans la langue de Voltaire. La thématique ? Au cours de notre existence, nous sommes tous quelque part prisonnier de l’argent ou du boulot, au détriment de nos passions, de nos désirs personnels. Dès qu’on accepté ce choix, la porte se referme sur notre liberté. A méditer !   

« Si Tu Me Veux » ouvre le set. La gratte est mordante et les percus sont incendiaires. Inévitablement on ne peut s’empêcher de penser à Bertrand Cantat. « Tout Le Reste » traduit le désir d’un homme pour une femme. Il retourne sa veste, pour une simple étincelle (‘Pour un soir avec elle, on brûlera tout le reste’). Le chanteur vocifère ses mots, pour exprimer les « Instincts Primaires »…

Setlist : « Si Tu Me Veux », « La Race Humaine », « N'Hesite Pas », « Bang Bang », « Plus Rien », « Pour Que Tu Comprennes », « Potentialité », « Vietnam », « Te voilà », « Des Gens étranges », « Trop », « Monde  Merveilleux », « Faisons Comme Si », « Tout Le Reste », « Mon Innocence », « Instincts Primaires »

Le line up de Va à La Plage réunit le gratteur François Willemaers, le bassiste Benoît Vrelust et le drummer Gilles Arbeau. Sans oublier, bien sûr, Julien Coene, préposé au chant et à la guitare. 

« Question De Chance » ouvre le bal. L’instrumentation est riche, le rythme subtilement funky. Et la compo prend littéralement son envol, lorsque les claviers entrent dans la danse…

Spasmodique, « Marion » lorgne vers un BB Brunes devenu adulte. Un morceau taillé pour le dancefloor. « Le Chemin », c’est celui d’une vie tracée par une petite promenade en forêt. « Adieu Mademoiselle », nonobstant l’absence du violon, et « Alaska » sont deux titres mélancoliques.

Pour amorcer « Place des Corps Saints », la voix emprunte un ton déclamatoire, aux accents ‘gainsbourgeois’. La setlist n’oublie bien évidemment pas les inévitables « Louise » et « La nuit ». Plutôt funkysant, le premier est manifestement sculpté pour les dancefloors. Le deuxième, devenu depuis un tube, est plus pop, nonobstant ses nuances légèrement psychédéliques. Et le set de s’achever par le dansant « 2012 ».

Du set épinglera aussi une cover surprenante et accrocheuse d’Arno Hintjens : « Les yeux De Ma Mère ». Et pour cause, elle a été mijotée à la sauce électro/pop. Une invitation à se rendre au littoral ? Oui, mais alors à Ostende…

Setlist : « Question De Chance », « Marion  », « Le Chemin », « Adieu Mademoiselle », « Alaska », « Place des Corps Saints », « Le grand Voyageur », « Les yeux De Ma Mère », « Louise », « SOS », « Heureux Présage », « Le Vide », « Enfance », « La Nuit  », « La Belle Etoile », « 2012 »

(Organisation : Zik Zak)

Badbadnotgood

Plus good good que bad…

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Ce jeudi 3 novembre, Badbadnotgood se produit à l’Ancienne Belgique. Nonobstant son style musical, pas vraiment accessible, le groupe torontois a attiré la grande foule. C’est même sold out. Etonnant ! Maintenant, il est exact que depuis 2010, la progression du quatuor est constante. Elle ne souffre même d’aucun accident de parcours. En outre, le band canadien jouit d’une solide réputation en ‘live’. Et enfin, son dernier album, « IV » est vraiment excellent, une œuvre qui, outre ses morceaux instrumentaux, bénéficie du concours d’excellents featurings ; à l’instar du saxophoniste Colin Stetson, du chanteur Sam Herring (Futur Islands), du rappeur Mick Jenkins ou encore de la vocaliste Charlotte Day Wilson. On était donc impatient de découvrir comment les Canadiens allaient parvenir à retranscrire ce concept sur les planches.  

Le concert débute à 21 heures pile. A droite du podium, se plantent le bassiste Chester Hansen et le saxophoniste Leland Whitty. Et à gauche, le claviériste, Mathhew Tavares. Alexander Sowinski siège, derrière ses fûts, au centre.

Pendant une heure et demie, les quatre jeunes musiciens vont en mettre plein les oreilles au public, puisant leurs titres au sein de l’ensemble de leur discographie. Ce qui a manifestement plu aux amateurs de jazz. Chacun leur tour, les musicos vont démontrer leur aisance sur leur instrument. Le set est truffé de solos de basse, batterie, sax et batterie. Il y en aura pour tous les goûts. Mais heureusement, le show ne s’est pas limité à une succession de démonstrations gratuites. Pas du tout. Et pour cause, Badbadnotgood nous a réservé également des parties mélodiques, émouvantes, parfois même, entraînantes. Ainsi, derrière ses fûts, Alexander Sowinski galvanise l’auditoire, qui n’a pourtant guère besoin de stimuli pour s’éclater.

La réputation live n’était donc pas usurpée ! Ce type de groupe jazz à la technique irréprochable, capable de soigner l’aspect mélodique tout en communiquant autant avec son public, ne court pas les rues. C’est une certitude. Une chose est sûre, la formule fonctionne à la perfection. Et on comprend ainsi mieux l’engouement suscité par ce spectacle.

Pomrad assurait le supporting act, un groupe anversois –de jazz, of course– qui est parvenu à tirer son épingle du jeu. Un choix judicieux donc…

(Organisation : Botanique)

 

Faon Faon

Signé Cat’s eyes…

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Le Brass est situé dans l'ancien bâtiment de production électrique et de brassage des brasseries Wielemans-Ceuppens. Le bar est sympa, la salle conviviale et le son excellent. Pas de gros problèmes de parking pour y accéder. Ce soir, s’y produisent Goodbye Moscow et Faon Faon dont c’est la ‘release party’ de son premier Ep, financé par une plate-forme de crowdfunding. Les réseaux sociaux se sont chargés de la promo. Autre temps, autre mœurs…

Faon Faon s’était produit dans le cadre du festival LaSemo, en 2015. C’est à cette occasion que votre serviteur avait découvert le duo féminin. Réunissant la mannequin Olympia Boule et la styliste et Fanny Van Hamme. Elles sont également lauréates du concours ‘Du F. dans le texte’. Et chantent donc dans la langue de Molière. Fanny a acquis une certaine expérience en participant à l’aventure d’un groupe de rap, mais aussi en chantant dans une chorale. Olympia est branchée sur les musiques africaines et asiatiques. Mais également sur les traditions orales qui se jouent à l'oreille. Elle a également milité chez Cargo Culte. Qui à l’époque, s’était autorisé une cover plutôt réussie du « Chercher Le Garçon » de Taxi Girl.

Goodbye Moscow assure donc le supporting act. Il s’agit du projet de Benjamin Hutter. Né en Russie, il a grandi à Bruxelles. Il a publié un Ep 5 titres, en 2015, « De rêves inachevés ».

Sur l’estrade il est seul aux commandes et se charge des claviers de la gratte et des samples. Dépouillé, le décor se limite à des lampadaires, des lampes vintages, de vieilles TV et une photo de cosmonaute (Youri Gagarine ?) Il pose le doigt sur une machine, et la musique s’écoule. Elle est pop, mais découpée dans les beats électro. L'« Horizon » défile devant nous. La voix de l’artiste est éthérée. Devant ses claviers, ses mains ondulent. Manifestement, il maîtrise son sujet. Passionné par les étoiles et la conquête spatiale, ce doux rêveur nous entraîne progressivement dans sa galaxie. Mais pas facile d’y entrer. Il faut attendre qu’il empoigne sa gratte pour y parvenir. Et là on accroche. On tombe même sous le charme de cette musique. Pourtant, elle est torturée, un peu à la manière d’Etienne Daho. Enfin, surtout ses textes, exprimés en français…

En vieux français, ‘feün’ signifie ‘petit animal’. Un cervidé à deux têtes. Les donzelles débarquent par le côté droit de la scène et viennent se mêler à la foule. Les lumières sont éteintes. Olympia, armée d’un ukulélé, Fanny, d’un tambourin à cymbalette, la suit.

Les interjections et les applaudissements fusent de toutes parts. Les filles remontent sur l’estrade, sous les feux des projecteurs. Multicolores. Fanny se consacre alors aux synthétiseurs et Olympia, aux percussions et toujours au ukulélé. « FSLD (Faon Sous la Douche) » ouvre le set. Clochettes et harmonies à deux voix sont un véritable enchantement. Campant une sorte d’hybride entre pop, electro et hip hop, les titres défilent. Dont « Eskimo », celui qui squatte les ondes radiophoniques. L’ambiance monte d’un cran. Pour éviter « La Montée », il faut ensuite « Sauver l'Amour », une reprise judicieuse de Daniel Ballavoine. Savez-vous planter des « Choux De Bruxelles ». Dans votre potager ? C’est écolo ! Cependant, Tanguy Haesevoets, aka Monsieur Témé Tam, n’est pas au jardin. Arriver au sommet de la « Montagne », c’est  l’objectif de Faon Faon. Le « Mariage » vaut bien une « Berceuse. Et le set de s’achever par le générique de ‘Cats Eyes’. Une signature qui leur va comme un gant. Un guitariste et un bassiste les rejoignent alors qu’elles vont prendre plaisir à changer constamment d’instruments, tout au long de ce titre.

Setlist : « FSLD », « Mariel », « Eskimo », « Utopie », « Gravité », « La Montée », « Sauver l'Amour », « Choux De Bruxelles », « Montagne »

Rappel : « Mariage », « Berceuse », « Cats Eyes ».

(Organisation : Le Brass)

King Crimson

Suivant la volonté du Roi Pourpre…

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Fondé en 1969, dans la cave du Fulham Palace Café, à Londres, King Crimson en est déjà à sa huitième réincarnation. Aujourd’hui, le line up réunit les drummers Gavin Harrison, Jeremy Stacey et Pat Mastelotto, le chanteur/bassiste Tony Levin, le saxophoniste, flûtiste Mel Collins le guitariste/chanteur Jakko Jakszyk et bien évidemment le sixcordiste Robert Fripp. La formation mythique compte treize albums studio à son palmarès, dont le dernier, « The Power to Believe », est paru en 2013. Les prestations ‘live’ de ce groupe emblématique anglais sont suffisamment rares pour ne pas en profiter. Le Magazine ‘Rolling Stone’ n’a d’ailleurs pas hésiter à qualifier le band de ‘One Of The Best Band On The Road Right Now’.

En général, le mélomane lambda ne comprend rien à la musique du Roi Pourpre. Et pas seulement parce que son personnel change constamment. Toute logique commerciale est étrangère à Fripp, même s’il a participé aux enregistrements des albums de David Bowie, « Heroes » et « Scary Monsters ». L'un de ses batteurs a un jour déclaré qu’il était né d’un croisement entre Staline, Gandhi et le Marquis de Sade. Il serait même insupportable. Son plus fidèle complice, Tony Levin, n’est pas aussi sévère et le disculpe : ‘Robert est très créatif et c'est sa vision qui guide le groupe. Il est respectueux des autres musiciens, leur fait confiance et trace les orientations. A nous de savoir quoi jouer.’ Fripp a créé un canevas pour broder une trame où se mêlent rock psychédélique, jazz fusion et musique contemporaine (NDR : l'influence de Béla Bartók est majeure). Il est à la base du rock progressif. Ainsi, il a tracé une voie royale pour Yes, Genesis et bien d'autres. Fripp est un monument de la musique rock. Un des derniers dieux vivant de la guitare. Une icône qui ne devrait jamais disparaître.

Avant d’atteindre le Stadsschouwburg, il faut s’armer de patience et surtout se farcir pas mal d’embouteillages. Enfin, en entrant dans la salle, on peut lire un écriteau, sur le podium, mentionnant qu’il est interdit de filmer ou de photographier, même à l’aide de son smartphone ou GSM, sous peine d’exclusion de la salle. Et il faut avouer que les vigiles veillent au grain, pour que les directives soient bien respectées.

Un immense rideau bleu masque le fond de la scène. Sur une estrade immense, à l'extrême gauche, le saxophoniste/flûtiste Mel Collins est protégé par un paravent. Fripp est assis sur un siège haut. Il va se consacrer à la guitare (NDR : c’est une évidence), mais également aux claviers. Les 3 préposés aux fûts sont installés en avant-scène. A droite, Gavin Harrison siège derrière une batterie Sonor. Au centre, Jeremy Stacey, coiffé d’un chapeau melon, une Tama (NDR : il dispose également d’un clavier). Et à gauche, Pat Mastelotto, une DW Drums. Ce sera également le plus actif aux baguettes. Et le line up est complété par le bassiste/contrebassiste Tony Levin ainsi que le second gratteur Jakko Jakszyk. Ce sont ces deux musicos qui assurent les parties vocales.

De tout le show, Fripp ne prononcera aucune parole. Le regard glacial, il est concentré sur son instrument. Le show est partagé en deux actes, séparés par un entracte de 20 minutes. Pas de supporting act. Faut dire que le concert, rappel compris, va durer près de trois heures. Un fait plutôt rare à notre époque. Le concert est sold out. Tout comme celui du lendemain. Une fameuse prouesse.

Avant que le combo n’entame son set, les haut-parleurs diffusent un nouveau communiqué relatif à l’interdiction des mobiles, caméras et autres appareils photographiques. Pour enfoncer le clou, c’est réussi…

Passé une brève intro radiophonique (NDR : souvenir des 60’s ?), les musicos entrent dans le vif du sujet. Et on est parti pour 65 minutes de prestation. Les 3 batteurs conjuguent leur puissance pour entamer « Hell Hounds Of Kim ». Et dans la foulée les autres membres de la troupe les rejoignent pour atteindre une intensité maximale. Les interventions de Tony Levin à la contrebasse moderne sont ronflantes et magistrales. La flûte à bec succède au saxophone ténor, alto et soprano. Le light show est minimaliste. Ni projection et encore moins d'effets pyrotechniques. Nous sommes à des années lumières des décors grandiloquents des formations de prog rock qui ont marqué les seventies. Pensez à Emerson, Lake & Palmer, par exemple.

Les musicos étalent toute leur virtuosité. Concentrés sur leur sujet, ils donnent le meilleur d’eux-mêmes. Mais c’est surtout Pat Matelotto qui se révèle le plus efficace aux fûts.

Les orchestrations sont léchées et d’une précision prodigieuse. Le voyage musical transite par le nouveau et l’ancien répertoire ; mais ce sont bien sûr les titres incontournables qui suscitent la plus grande attention auprès du public…

Il est vrai qu’averti, il ne vient pas voir King Crimson comme un simple spectacle, mais pour assister à une véritable performance. Sans pouvoir y être associé. Simplement l’apprécier et accepter la distance établie entre le groupe et l’auditoire. Suivant la volonté du Roi Pourpre…

Setlist :

Première partie : (20.00 – 21.05) 

« Hell Hounds Of Kim », « Pictures Of A City », « The Letters », « Circus », « Sailor's Tale », « Red », « Lizard (Dawn Song) », « In The Court Of The Crimson King », « Radical Action (To Unseat The Hold Of Monkey Mind) », « Meltdown », « Easy Money », « Epitaph », « The Talking Drum », « Larks' Tongues In Aspic, Part Two »

Seconde partie : (21h25 – 22h38)

« Banshee Legs Bell Hassle », « Radical Action II », « Level Five », « Hoodoo », « The ConstruKction Of Light », « Indiscipline », « Starless »

Rappel

« Heroes » (cover Bowie) / « 21 St Century Schizoid Man ».

(Organisation : Live Nation)

Dinosaur Jr.

Les voix sacrifiées sur l’autel de l’instrumentation…

Écrit par

En 1997, Dinosaur Jr. explose. Et le mot est faible ! Les musicos se quittent d’ailleurs en très mauvais termes. Mais, en 2005, le combo se reforme, sous le même line up. Et il rencontre autant de succès qu’au cours des 80’s et des 90’s. Ce soir, il se produit à l’Ancienne Belgique ; et le public a répondu présent. Faut dire que le groupe devenu mythique peut toujours compter sur une ‘fan base’ conséquente. Et puis, le band ne s’est pas uniquement reformé pour des raisons financières ; il continue de publier des albums aussi inspirés que ceux gravés lors de sa première tranche d’existence. Le Dinosaur Jr. n’est pas du genre à se travestir. Intitulé « Give a Glimpse of What Yer Not », son onzième opus (quatrième depuis son come-back), ne déroge pas à la règle et s’inscrit clairement dans cette lignée.

La salle est presque pleine. Majoritairement masculin, le public est essentiellement constitué de trentenaires. Et plus que probablement des nostalgiques du grunge et de l’indie rock des nineties, vu le look qu’ils arborent : pour la plupart, cheveux longs et chemises à carreaux. Des murs d’amplis Marshall sont disposés des deux côtés du podium. De quoi rappeler de beaux souvenirs aux adeptes du genre.

A l’AB, les spectacles sont ponctuels. A 21h, les lumières s’éteignent. Le trio légendaire monte sur l’estrade. Murph s’installe derrière ses fûts au centre de la scène tandis que Jay Mascis prend place à sa droite et Lou Barlow, de l’autre côté. Un quatrième larron viendra circonstanciellement rejoindre le band, à la rythmique.

Dès le début, le ton est donné. Dinosaur Jr. est venu se produire un concert. Pas question de perdre du temps en palabres (NDR : si Mascis a prononcé trois phrases, c’est beaucoup !) La set list s’ouvre par des plages du nouvel elpee. Le light show privilégie les teintes vertes et violettes, à l’instar des couleurs affichées sur la pochette du long playing. Les sonorités de gratte et de basse sont grasses. Tranchantes, les distorsions sont légion. Cependant, les vocaux semblent un peu trop en retrait. Résultat des courses, ils sont trop souvent noyés dans l’ensemble. Sans doute pour mettre davantage en exergue le talent des trois instrumentistes. Impassible, Mascis enchaîne les solos sans manifester aucune excitation (NDR : il est considéré aujourd’hui comme un des meilleurs guitaristes contemporains). A contrario, Lou Barlow sautille et secoue constamment sa chevelure. Derrière ses fûts, Murph est aussi précis que puissant dans ces frappes.

Pendant une heure et demie, le groupe va enchaîner les titres de son répertoire. Particulièrement homogène, sans jamais baisser de régime, son set peut être qualifié d’excellent, même si on regrettera le manque de communication entre le groupe et le public. Sinon, musicalement, c’était parfait…

(Organisation : Ancienne Belgique)

Exodus

Résolument old school…

Écrit par

En cette soirée balayée par les premières offensives automnales, les vestes à patches et autres jeans sont de rigueur à Anvers. Si quelques pieux métalleux ont accepté de célébrer la mémoire de Saints au cours de la journée, ils sont surtout venus acclamer deux grosses légendes du Thrash et du Death, en cette nuit sacrée du 1er novembre. Et pour cause, lors de cette tournée baptisée ‘Battle of the Bays’, deux icônes se disputent la tête d’affiche : Exodus face à Obituary. Soit le Thrash californien qui affronte le Death Metal floridien. Deux bands nés au début des années eighties qui ont marqué plus d’une génération d’amateurs de musique bien pêchue. Rétrospective de cette affiche haute en couleur, vue du pit.

Peut-être est-ce dû à la fine pluie qui s’abat sur la ville portuaire ou encore un reste de crainte d’attaque terroriste –bien que le Trix, ce soir, soit lourdement ‘protégé’ par une présence militaire– mais c’est une salle très clairsemée qui accueille King Parrot. Le combo australien propose un savant et explosif mélange de Grindcore et de Thrash, le tout saupoudré ça et là de Hardcore originel. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les musicos ne tiennent pas rigueur de la maigre audience et expulsent tout ce qu’ils ont dans le ventre dès le premier morceau. Dix salves en trente minutes de set : autant dire qu’ils n’ont pas perdu de temps afin de faire jaillir des enceintes toute la puissance de leurs compos. Au micro, Matthew Young, torse nu, est survolté. Il hurle à pleins poumons, toute langue dehors. Il ne faut pas attendre le deuxième morceau pour le voir bondir dans la fosse. Non seulement il agrippe les barrières Nadar, mais également les têtes de celles et ceux plantés en première ligne, afin qu’ils headbanguent, comme il le souhaite, sur le répertoire du combo. Quant aux plus réticents, ils vont devoir se farcir, ni plus ni moins, son arrière-train en gros plan. Et que dire de son comparse à la basse, Matthew Slattery. Telle une marionnette possédée par le Malin, les yeux grands ouverts mais immobiles, il fixe le public d’un air malsain. Cette jeune fille, installée quelques rangs plus loin, se rappellera certainement qu’il est désormais préférable de ne pas sortir son téléphone lors d’un concert si elle ne souhaite plus être arrosée (NDR : de flotte quand même !) Le vocaliste l’avait alors surprise, occupée d’écrire un SMS pendant le show. Sans quoi King Parrot a réalisé une performance explosive, dont malheureusement trop peu de monde a pu profiter. Une grosse claque !

Un changement de backflag et une bière plus tard, Prong grimpe sur l’estrade. Il va se produire devant un auditoire un peu plus compact. La bande à Tommy Victor, seul membre original du band encore présent, bénéficiera d’un quart de plus que ses prédécesseurs afin d’asséner neuf de ses compositions qui mêlent Thrash, Crossover et Groove Metal. Malheureusement la formation précédente a atteint une telle intensité, lors de son set, que celui proposé par le band new-yorkais paraît trop édulcoré. En outre, le leader affiche une telle condescendance, qu’on a l’impression de se farcir un soufflé qui se dégonfle. Mais quoi qu’il en soit, les aficionados du groupe semblent conquis et ne manquent pas de donner de la voix lorsqu’il le faut.

Les tympans chauffés à point, la fosse est à présent prête à recevoir, comme il se doit, les deux têtes d’affiche du jour. C’est désormais un large backflag qui tapisse le fond de la scène. Un arrière-plan apocalyptique sur lequel trônent, en couleur rouge sang, les six lettres du logo d’Exodus. Deux toiles du même acabit viennent cacher les amplis, de part et d’autre de la batterie de Tom Huntin, membre fondateur (NDR : l’autre, Kirk Hammet, milite aujourd’hui chez Metallica) d’Exodus. Plongée dans le noir, l’auditoire est bercé par les premières notes mélodiques, interprétées à la sèche, de « The Ballad of Leonard and Charles », avant que ne débarquent les artistes pour asséner les premiers riffs thrashiens du morceau. Un mur de son s’abat sur une fosse qui réunit aussi bien des metalheads d’hier que d’aujourd’hui. Le ton est donné, ça va faire mal ! Suite au retour, opéré il y a deux ans, de Steve ‘Zetro’ Souza au chant (NDR : second vocaliste dans l’histoire du band), la setlist est résolument old school. Ce qui explique pourquoi elle fait la part belle au premier elpee du groupe, « Bounded by Blood », au sein duquel figurent « And Then There Were None », « Bonded by Blood », « Piranha » (Zetro annonce d’ailleurs ce morceau en tirant sur son t-shirt à l’effigie de l’animal) ou encore « Strike of the Beast ». Parus, il y a déjà trente-sept ans, ils sont devenus désormais cultes pour tout fan de Thrash. Les titres s’enchaînent et la fièvre commence à gagner la fosse. Les moshpits s’intensifient. Zetro est en grande forme : sa voix puissante, rapide et nasillarde claque au rythme effréné des morceaux. Et quand il ne harangue pas la foule, le chanteur prend du recul afin de permettre aux guitaristes de prendre leurs envols, lors de soli endiablés, exécutés en front de scène. Un regret, l’absence de Gary Holt, pilier du band des premiers jours. Mais ce dernier a été forcé de prendre du repos après avoir tourné pendant plus de huit semaines en compagnie d’un autre groupe de légende, Slayer. Kragen Lum, son remplaçant, parvient néanmoins à faire oublier son absence, haut la main. Moment d’émotion lorsque Zetro dédicace « War is my Shepherd » au tellement regretté Lemmy Killmister, leader de Motörhead, disparu il a déjà presque un an. ‘Comme vous le savez, Lemmy collectait des objets issus de la Seconde Guerre mondiale, mais était radicalement contre la guerre. Nous lui dédions ce morceau…’, déclare le chanteur ; propos suivis d’une salve d’applaudissements respectueux. Taillée sur mesure pour le come-back de Zetro, la setlist repousse dans l’ombre les compositions issues de l’ère de son prédécesseur. « Blood In, Blood Out » et « Body Harvest », extraits du dernier LP en date, viennent apporter un sérieux coup de neuf dans la playlist du jour. A en croire l’intensité des voix du public lors des refrains, ces deux nouveaux titres ont d’ores et déjà rejoint la liste select des morceaux emblématiques du band. Mais le plus étonnant, procède de cette faculté qu’a l’auditoire de reprendre l’ancien répertoire, en chœur. Autant les adeptes des 80’s que ceux, plus jeunes, pas encore nés à la sortie de certains morceaux ; alors que leurs aînés, à l’époque se les échangeait en cassette. Preuve en est que la magie n’a cessé d’opérer en plus de trente ans d’existence…

Tel un marathon, il faut pouvoir économiser son énergie si on veut arriver au bout de la course. Surtout que la dernière ligne droite sera tracée par Obituary, une légende du Metal, mais issue du Death. Une fois de plus, un doux parfum d’old school plane dans l’arène, perceptible jusqu’au backflag, de taille réduite par rapport aux groupes précédents. Un simple fond noir frappé du logo du band, en lettres rouges. Torse nu et casquette du groupe vissée sur le crâne, Donald Tardy est le premier monter sur l’estrade. Il se cambre derrière ses fûts et s’adresse à la foule en hurlant. Les guitaristes et bassistes le suivent, et entament « Internal Bleeding », titre d’ouverture de « Slowly We Rot », premier elpee du quintet, sorti en 89. Les amateurs de cette production ne pourront être que comblés… vu que la moitié du set lui sera tout simplement consacré ! John, le frère de Donald, est à présent le dernier à les rejoindre sur les planches. La quarantaine bien frappée, barbe grise naissante, le chanteur, dont la crinière ondulée est imposante, déboule du fond de la scène. Tel un rituel, il est vêtu d’un short et d’un t-shirt à longues manches. Il a enfilé des chaussettes blanches relevées jusqu’à mi-mollet et est chaussé de baskets. John empoigne le pied de micro, le glisse entre les jambes, pose un pied sur le retour et laisse retentir sa voix d’outre-tombe entre les murs de la salle anversoise. Un chant typique du Death des premiers jours, résumé en un hurlement thrashien davantage tiré en longueur. Imprimée sur un tempo résolument plus lent que dans le passé, la musique des Floridiens mue la frénésie de la fosse en une contemplation posée des vétérans old school. Les interactions avec le public ne se résumeront qu’à quelques tentatives –du vocaliste– de faire crier les badauds entre deux morceaux. On pourrait également regretter des temps de pause parfois un peu longuets, coupables de faire parfois retomber la pression. Mais les artistes ne sont certes par là pour épater la galerie. Tel un rouleau compresseur, les titres se suivent et les immanquables « Visions in My Head » et « Chopped in Half » ne manquent pas de raviver la horde. Milieu de parcours, la salle est replongée dans le noir et un nouveau backgflag illustrant l’artwork du nouvel opus, « Ten Thousands Ways to Die », sur lequel apparaît une sorte d’être démoniaque constitué d’un amas de corps humains, s’affiche. Le temps d’admirer l’œuvre que démarre la piste du même nom, publiée il y a à peine deux semaines, suivis de « Dying » et « Find the Arise », issus de l’excellent LP « Cause of Death », gravé en 90. L’heure allouée aux maîtres du Death fond comme neige au soleil. Le pit scande inlassablement ‘Obituary’ afin d’inciter les artistes à accorder le rappel ; un encore qui clôture ce show par une reprise vitaminée de « Dethroned Emperor » de Celtic Frost, suivi du jouissif et culte « Slowly We Rot », qui vient allumer l’étincelle nécessaire dans la fosse afin de la laisser partir en vrille, déclenchant un moshpit musclé tout le long de la composition. Vingt-sept ans après, elle déchaîne encore tout autant les âmes. Preuve en est que ce Metal là est définitivement inoxydable.

(Merci à Nuclear Blast)

Obituary

Du Metal inoxydable

Écrit par

En cette soirée balayée par les premières offensives automnales, les vestes à patches et autres jeans sont de rigueur à Anvers. Si quelques pieux métalleux ont accepté de célébrer la mémoire de Saints au cours de la journée, ils sont surtout venus acclamer deux grosses légendes du Thrash et du Death, en cette nuit sacrée du 1er novembre. Et pour cause, lors de cette tournée baptisée ‘Battle of the Bays’, deux icônes se disputent la tête d’affiche : Exodus face à Obituary. Soit le Thrash californien qui affronte le Death Metal floridien. Deux bands nés au début des années eighties qui ont marqué plus d’une génération d’amateurs de musique bien pêchue. Rétrospective de cette affiche haute en couleur, vue du pit.

Peut-être est-ce dû à la fine pluie qui s’abat sur la ville portuaire ou encore un reste de crainte d’attaque terroriste –bien que le Trix, ce soir, soit lourdement ‘protégé’ par une présence militaire– mais c’est une salle très clairsemée qui accueille King Parrot. Le combo australien propose un savant et explosif mélange de Grindcore et de Thrash, le tout saupoudré ça et là de Hardcore originel. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les musicos ne tiennent pas rigueur de la maigre audience et expulsent tout ce qu’ils ont dans le ventre dès le premier morceau. Dix salves en trente minutes de set : autant dire qu’ils n’ont pas perdu de temps afin de faire jaillir des enceintes toute la puissance de leurs compos. Au micro, Matthew Young, torse nu, est survolté. Il hurle à pleins poumons, toute langue dehors. Il ne faut pas attendre le deuxième morceau pour le voir bondir dans la fosse. Non seulement il agrippe les barrières Nadar, mais également les têtes de celles et ceux plantés en première ligne, afin qu’ils headbanguent, comme il le souhaite, sur le répertoire du combo. Quant aux plus réticents, ils vont devoir se farcir, ni plus ni moins, son arrière-train en gros plan. Et que dire de son comparse à la basse, Matthew Slattery. Telle une marionnette possédée par le Malin, les yeux grands ouverts mais immobiles, il fixe le public d’un air malsain. Cette jeune fille, installée quelques rangs plus loin, se rappellera certainement qu’il est désormais préférable de ne pas sortir son téléphone lors d’un concert si elle ne souhaite plus être arrosée (NDR : de flotte quand même !) Le vocaliste l’avait alors surprise, occupée d’écrire un SMS pendant le show. Sans quoi King Parrot a réalisé une performance explosive, dont malheureusement trop peu de monde a pu profiter. Une grosse claque !

Un changement de backflag et une bière plus tard, Prong grimpe sur l’estrade. Il va se produire devant un auditoire un peu plus compact. La bande à Tommy Victor, seul membre original du band encore présent, bénéficiera d’un quart de plus que ses prédécesseurs afin d’asséner neuf de ses compositions qui mêlent Thrash, Crossover et Groove Metal. Malheureusement la formation précédente a atteint une telle intensité, lors de son set, que celui proposé par le band new-yorkais paraît trop édulcoré. En outre, le leader affiche une telle condescendance, qu’on a l’impression de se farcir un soufflé qui se dégonfle. Mais quoi qu’il en soit, les aficionados du groupe semblent conquis et ne manquent pas de donner de la voix lorsqu’il le faut.

Les tympans chauffés à point, la fosse est à présent prête à recevoir, comme il se doit, les deux têtes d’affiche du jour. C’est désormais un large backflag qui tapisse le fond de la scène. Un arrière-plan apocalyptique sur lequel trônent, en couleur rouge sang, les six lettres du logo d’Exodus. Deux toiles du même acabit viennent cacher les amplis, de part et d’autre de la batterie de Tom Huntin, membre fondateur (NDR : l’autre, Kirk Hammet, milite aujourd’hui chez Metallica) d’Exodus. Plongée dans le noir, l’auditoire est bercé par les premières notes mélodiques, interprétées à la sèche, de « The Ballad of Leonard and Charles », avant que ne débarquent les artistes pour asséner les premiers riffs thrashiens du morceau. Un mur de son s’abat sur une fosse qui réunit aussi bien des metalheads d’hier que d’aujourd’hui. Le ton est donné, ça va faire mal ! Suite au retour, opéré il y a deux ans, de Steve ‘Zetro’ Souza au chant (NDR : second vocaliste dans l’histoire du band), la setlist est résolument old school. Ce qui explique pourquoi elle fait la part belle au premier elpee du groupe, « Bounded by Blood », au sein duquel figurent « And Then There Were None », « Bonded by Blood », « Piranha » (Zetro annonce d’ailleurs ce morceau en tirant sur son t-shirt à l’effigie de l’animal) ou encore « Strike of the Beast ». Parus, il y a déjà trente-sept ans, ils sont devenus désormais cultes pour tout fan de Thrash. Les titres s’enchaînent et la fièvre commence à gagner la fosse. Les moshpits s’intensifient. Zetro est en grande forme : sa voix puissante, rapide et nasillarde claque au rythme effréné des morceaux. Et quand il ne harangue pas la foule, le chanteur prend du recul afin de permettre aux guitaristes de prendre leurs envols, lors de soli endiablés, exécutés en front de scène. Un regret, l’absence de Gary Holt, pilier du band des premiers jours. Mais ce dernier a été forcé de prendre du repos après avoir tourné pendant plus de huit semaines en compagnie d’un autre groupe de légende, Slayer. Kragen Lum, son remplaçant, parvient néanmoins à faire oublier son absence, haut la main. Moment d’émotion lorsque Zetro dédicace « War is my Shepherd » au tellement regretté Lemmy Killmister, leader de Motörhead, disparu il a déjà presque un an. ‘Comme vous le savez, Lemmy collectait des objets issus de la Seconde Guerre mondiale, mais était radicalement contre la guerre. Nous lui dédions ce morceau…’, déclare le chanteur ; propos suivis d’une salve d’applaudissements respectueux. Taillée sur mesure pour le come-back de Zetro, la setlist repousse dans l’ombre les compositions issues de l’ère de son prédécesseur. « Blood In, Blood Out » et « Body Harvest », extraits du dernier LP en date, viennent apporter un sérieux coup de neuf dans la playlist du jour. A en croire l’intensité des voix du public lors des refrains, ces deux nouveaux titres ont d’ores et déjà rejoint la liste select des morceaux emblématiques du band. Mais le plus étonnant, procède de cette faculté qu’a l’auditoire de reprendre l’ancien répertoire, en chœur. Autant les adeptes des 80’s que ceux, plus jeunes, pas encore nés à la sortie de certains morceaux ; alors que leurs aînés, à l’époque se les échangeait en cassette. Preuve en est que la magie n’a cessé d’opérer en plus de trente ans d’existence…

Tel un marathon, il faut pouvoir économiser son énergie si on veut arriver au bout de la course. Surtout que la dernière ligne droite sera tracée par Obituary, une légende du Metal, mais issue du Death. Une fois de plus, un doux parfum d’old school plane dans l’arène, perceptible jusqu’au backflag, de taille réduite par rapport aux groupes précédents. Un simple fond noir frappé du logo du band, en lettres rouges. Torse nu et casquette du groupe vissée sur le crâne, Donald Tardy est le premier monter sur l’estrade. Il se cambre derrière ses fûts et s’adresse à la foule en hurlant. Les guitaristes et bassistes le suivent, et entament « Internal Bleeding », titre d’ouverture de « Slowly We Rot », premier elpee du quintet, sorti en 89. Les amateurs de cette production ne pourront être que comblés… vu que la moitié du set lui sera tout simplement consacré ! John, le frère de Donald, est à présent le dernier à les rejoindre sur les planches. La quarantaine bien frappée, barbe grise naissante, le chanteur, dont la crinière ondulée est imposante, déboule du fond de la scène. Tel un rituel, il est vêtu d’un short et d’un t-shirt à longues manches. Il a enfilé des chaussettes blanches relevées jusqu’à mi-mollet et est chaussé de baskets. John empoigne le pied de micro, le glisse entre les jambes, pose un pied sur le retour et laisse retentir sa voix d’outre-tombe entre les murs de la salle anversoise. Un chant typique du Death des premiers jours, résumé en un hurlement thrashien davantage tiré en longueur. Imprimée sur un tempo résolument plus lent que dans le passé, la musique des Floridiens mue la frénésie de la fosse en une contemplation posée des vétérans old school. Les interactions avec le public ne se résumeront qu’à quelques tentatives –du vocaliste– de faire crier les badauds entre deux morceaux. On pourrait également regretter des temps de pause parfois un peu longuets, coupables de faire parfois retomber la pression. Mais les artistes ne sont certes par là pour épater la galerie. Tel un rouleau compresseur, les titres se suivent et les immanquables « Visions in My Head » et « Chopped in Half » ne manquent pas de raviver la horde. Milieu de parcours, la salle est replongée dans le noir et un nouveau backgflag illustrant l’artwork du nouvel opus, « Ten Thousands Ways to Die », sur lequel apparaît une sorte d’être démoniaque constitué d’un amas de corps humains, s’affiche. Le temps d’admirer l’œuvre que démarre la piste du même nom, publiée il y a à peine deux semaines, suivis de « Dying » et « Find the Arise », issus de l’excellent LP « Cause of Death », gravé en 90. L’heure allouée aux maîtres du Death fond comme neige au soleil. Le pit scande inlassablement ‘Obituary’ afin d’inciter les artistes à accorder le rappel ; un encore qui clôture ce show par une reprise vitaminée de « Dethroned Emperor » de Celtic Frost, suivi du jouissif et culte « Slowly We Rot », qui vient allumer l’étincelle nécessaire dans la fosse afin de la laisser partir en vrille, déclenchant un moshpit musclé tout le long de la composition. Vingt-sept ans après, elle déchaîne encore tout autant les âmes. Preuve en est que ce Metal là est définitivement inoxydable.

Setlist : “Internal Bleeding”, “Words of Evil”, “Chopped in Half / Turned Inside Out”, “Intoxicated”, “Visions in My Head”, “Deadly Intentions”, “Bloodsoaked”, “Ten Thousand Ways to Die”, “Dying, Find the Arise”, “'Til Death, Don't Care”, “Dethroned Emperor (Celtic Frost cover)”, “Slowly We Rot”

(Merci à Nuclear Blast)

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