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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

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Coffee Or Not

Un café de plus en plus corsé…

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Ce samedi 28 mai, se déroule un petit concert sympa, pas trop loin du domicile de votre serviteur. Ce n'est donc pas à dédaigner. Un trajet d’une petite dizaine de minutes en voiture, et il débarque à La Grange. C’est à Casteau. Coffee Or Not revient d’une tournée triomphale, mais épuisante, accomplie en Allemagne et en Italie. C'est sa dernière date.

L’endroit, qui porte bien son nom, a été aménagé en salle de fête par l’ASBL 'C'est Casteau'. Il sert également de local pour les scouts. Y sont concentrées des tas d’activités destinées à redynamiser le village. Des concerts, bien sûr, mais également des ballades à vélo et/ou culinaires, des marches ADEPS ; des brocantes et autres repas caritatifs. Les maigres bénéfices réalisés sont consacrés à l’exécution de quelques travaux dans la salle. Cosy et intimiste, elle peut accueillir une soixantaine de personnes. Le son y est excellent. L’ambiance, familiale, à cause de la proximité entre les artistes et le public. Le début du spectacle est prévu pour 20h30. Il accuse cependant une demi-heure de retard sur l’horaire. En attendant, le public, assis, peut siroter un bon verre.

Coffee Or Not est un trio bruxellois. Il réunit la jolie Soho Grant (chant, claviers, machines), Ranaud Versteegen (guitare, drums, vocaux) et  Frédéric Renaux (basse). Le power trio est venu défendre son quatrième elpee, « Everything Is Falling Down », dans son intégralité, un disque paru en janvier dernier.  

Coffee Or Not ouvre le set par « A Different Light ». Un timide riff de gratte ouvre la compo. Soho se consacre aux ivoires et au micro. Et remarquable, son chant domine déjà les débats. Lorsqu’il n’est pas préposé aux fûts, Renaud se concentre sur sa six cordes, pour laquelle, il se sert d’un looper. Il passe d’ailleurs d’un instrument à l’autre avec une facilité déconcertante. Et lorsqu’il conjugue sa voix à celle de Mrs Grant, les harmonies deviennent atmosphériques.

Cependant, les compos sont toujours susceptibles de glisser dans l’expérimentation. « Winter Night » (« So Re »), est un titre de plus de 6 minutes. Pas de sèche pour la circonstance, mais une gratte électrique aux accents mélancoliques. Les interventions vocales s’y révèlent davantage profondes. Renaud triture ses pédales. Etonnant, le climat devient de plus en plus ténébreux.

Avant d’attaquer « May I Lay Down ? », le nouveau single Soho signale que le clip vidéo qui lui est consacré a exigé énormément de boulot. Mais que le résultat est vraiment désopilant. Talonnée par les claviers, la guitare, dont les sonorités sont reproduites par la loop, s’emballe. Les deux voix sont bien en phase. Renaud revient derrière la batterie. « Are You Afraid ? » constitue un retour au calme. Avant la tempête ? Les accès de basse dispensés, tout au long de « The Day She Locked Herself Away », deviennent de plus en plus écrasants et poisseux. La ligne de conduite devient manifestement fluctuante. Expérimentale, également. L’ambiance froide, glaciale même. Heureusement, les interventions de Soho aux ivoires, ainsi que sa voix éthérée, finissent pas apaiser l’expression sonore.   

Après un interlude de 26 secondes (« All The Voices Disappeared »), « Nottingham » nous replonge dans le spleen. Une atmosphère au sein de laquelle baigne manifestement le nouvel opus. Un elpee moins dansant et plus aventureux. Ce qui ne semble pas déplaire à l’auditoire.

Les deux versions de « Lightweight » se succèdent. Un drone ( ? Hélico ?) atterit dans la salle. La musique épouse un profil à nouveau expérimental et torturé. De nouveau, la gratte ainsi que les claviers s'enflamment. Et on a parfois l’impression de frôler l'univers tourmenté et obscur d’Archive (NDR : pas étonnant que Soho voue un grand respect au collectif londonien). Et « What Took You So Long ? » clôt le concert. Enfin, pas tout à fait, puisque le band va nous accorder deux rappels au cours desquels, il va notamment accorder le radiophonique « Lush » (« SoRe ») ainsi que « City Burning ».

Coffer or Not ne se produit pas souvent en Belgique. D’ailleurs, dès septembre, il repart en tournée à l’étranger. Sans doute que le café y est encore plus corsé…

(Organisation : C'est Casteau A.S.B.L)

Eagulls

Hanté par le spectre de Ian Curtis…

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Deux semaines après la sortie de son deuxième album studio, Eagulls est venu le défendre, au VK de Bruxelles. Toujours ancré dans le post-punk, les nouvelles plages d’« Ullages » sont plus mélodiques mais moins énergiques qu’auparavant. Si ce changement témoigne clairement d’une plus grande maturité, la réussite d’une épreuve en ‘live’ confirmerait ces excellentes dispositions. Ce sont les deux cents personnes réunies au sein de la coquette salle de Molenbeek qui en seront les seuls juges.

99 Watts assure le supporting act. Agé d’une quarantaine d’années, l’artiste monte sur les planches. Il est seul et ne s’aide que d’une guitare et d’un synthé. Apparemment, ce serait le chauffeur du van de la formation de Leeds. Pendant une trentaine de minutes, il va proposer une musique d’ambiance sans réel intérêt, si ce n’est de préparer l’invasion des aigles…

A 21h10, les cinq compères d’Eagulls grimpent sur l’estrade. Ils affichent un look plutôt sobre, quoiqu’un peu old school. Les premiers coups de batterie amorcent « Lemontrees », premier single du dernier elpee. Le rythme est assez entraînant et le refrain efficace. Le son est dense. Une recette qui fonctionne toujours bien. La voix caverneuse de George Mitchell nous plonge dans un climat spécifique aux nuits underground qui ont marqué les années 70-80. D’ailleurs, le fantôme de Ian Curtis doit certainement rôder dans la salle.

Morceau phare du premier effort du band, « Tough Luck » ne nous accorde guère de répit. Le micro en main, Mitchell semble vaciller. Serait-ce dû à la bouteille de vin presque vide qu’il a dans l’autre ? Possible, mais quoique âgé de 27 ans, le chanteur semble vraiment débarquer d’une autre époque. Extrêmement mince, il est vêtu d’un long manteau brun et un pantalon légèrement trop étroit. Un personnage à part, mais qui possède une voix en or.

Trois chansons plus tard, le groupe lance les premières notes de guitare de « My Life In Rewind », un autre single. Plus proche cette fois-ci des Smiths que de Joy Division, le titre parcourt des horizons jusque là inexplorés par le groupe. La ballade est plus nerveuse que sur disque et satisfait complètement alors qu’elle parait parfois un peu trop paisible dans les écouteurs. Le choix d’enchaîner par « Euphoria » est parfait. Après le calme (relatif…) vient la tempête ; et elle sera particulièrement ravageuse. Certainement le sommet d’« Ullages », ce titre secoue complètement l’assistance grâce à la ligne de basse percutante et au refrain héroïque.

Jolie surprise, le combo s’attaque à la reprise du « Seconds » de The Human League. Un morceau iconique du début des eighties qu’il s’est complètement réapproprié en le rendant plus sombre mais également plus complexe. Une belle réussite qui a le don de plaire aux mélomanes nostalgiques, qui peuplent le VK.

Après quelques extraits d’« Ullages », le concert s’achève par le morceau le plus notoire du quatuor, « Possessed ». Quelques réminiscences pop jaillissent du refrain basique de cette composition entonnée par une grande partie de l’auditoire (‘I’m possessed’). Il est connaisseur ce soir ; certaines personnes sont même venues de Suisse pour l’occasion ! Après un dernier hurlement expulsé par Mitchell, le band vide les lieux ; et, malgré plusieurs minutes passées par la foule à le réclamer en rappel, il ne reviendra pas.

Considéré par votre serviteur comme le meilleur groupe de post-punk actuel, Eagulls n’a pas déçu en ‘live’. Bien sûr il n’y a guère d’interaction entre les musicos et le public ; mais la formation insulaire parvient à créer une atmosphère tellement particulière qu’elle semble hors du temps. Les esprits chagrins lui reprocheront certainement d’avoir négligé certaines chansons majeures comme « Footsteps » ou « Amber Veins » ; mais il faut reconnaître que la barre était placée très haut lors de ce concert. En espérant de pouvoir vivre d’autres aventures de ce genre…

Setlist :

Lemontrees
Tough Luck
Yellow Eyes
Nerve Endings
Heads or TailsMy Life In Rewind
Euphoria
Seconds (The Human League cover)

Skipping
Velvet
Blume
Possessed

(Organisation : Vk)

Mumford & Sons

La route était longue, mais le spectacle en valait la peine…

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Quelle galère pour se rendre à Anvers en voiture ! Ce mardi 24 mai, de Grand-Bigard à Anvers, on enregistre pas moins de 2h30 de bouchons. Mais votre serviteur n’est pas au bout de ses peines. Et pour cause, le parking du Sportpaleis est réservé aux VIP. Or les autres sont fermés. Les automobilistes sont donc refoulés à plus de 4km du point de chute prévu. Sous les arches de l'autoroute. Et à l’issue du concert, en reprenant sa voiture, il faudra encore patienter deux longues heures avant de pouvoir reprendre la route.

Bref, en rentrant dans l’immense hangar, on est épuisé mais satisfait de pouvoir enfin vivre le concert de Mumford and Sons, actuellement en tournée mondiale. Et il est sold out comme pratiquement toutes les autres dates. 

 

La bande à Marcus est venue défendre son troisième opus, « Wilder Mind », paru l'année dernière. Le groupe va nous y présenter de larges extraits de cet LP, mais également des deux précédents, « Sigh No More » (2009) et « Babel » (2012).

Bill Ryder Jones est chargé du supporting act. Né en 1983, cet artiste est originaire de West Kirby Liverpool. Il vient nous présenter son nouvel elpee « West Kirby County Primary », paru en novembre 2015. Entre 1996 et 2008, il drivait The Coral, un combo qu'il a quitté pour embrasser une carrière solo. Ce jeune prodige est chanteur/compositeur. Mais surtout multi-instrumentiste. Il joue aussi bien de la gratte, du piano, de la basse, de la batterie, du violon, de la trompette, du ukulélé, du glockenspiel que de l'harmonium. Ce soir, il se contentera du chant et de la guitare. Sur les planches il est flanqué d’un second sixcordiste, d’un bassiste, d’un drummer et d'un préposé aux ivoires.

Folk/rock, sa musique est –ma foi– plutôt traditionnelle. Bill tente de communiquer ses émotions à travers sa voix, mais elle est trop étouffée par l’instrumentation. Déjà que le son est rarement irréprochable au Sportpaleis, mais quand il s’agit des premières parties, il se révèle le plus souvent pitoyable. Bref, vu le talent de cet artiste, il serait intéressant de le revoir dans des conditions un peu plus décentes… (pour les photos c’est ici)

Après tout, le peuple est venu participer à la fête organisée par Marcus Mumford et ses acolytes. Mumford and Sons est un groupe de folk/rock londonien, fondé en 2007. Le groupe réunit Marcus Mumford (chant, gratte électrique ou acoustique, drums), Ben Lovett (voix, clavier, piano, synthétiseur), Winston Marshall (voix, guitare électrique, banjo) et Ted Dwane (voix, basse, contrebasse). Le combo a publié son premier LP, « Sigh No More », en 2009, disque qui lui a permis de décrocher un gros succès tant au Royaume-Uni qu’aux Etats-Unis. Et puis d’enchaîner les concerts. Il est également apparu dans plusieurs émissions TV célèbres, comme ‘The Late Show’ de David Letterman. Et ses chansons servent d’ailleurs de B.O. pour différentes séries télévisées. 

Evidement, le show s’ouvre par « Snake Eyes », un extrait du dernier elpee. Et dès « Little Lion Man » (« Sigh No More »), l’ambiance monte d’un cran. La foule reprend en choeur le refrain en compagnie des artistes. Des claviers introduisent en douceur « Below My Feet ». La voix de Marcus est caverneuse. Il se déchaîne sur sa semi-acoustique. Quand il ne frappe pas dans les mains, le public se lève et commence déjà à jumper. Finalement, on retrouve le même engouement qu’en 2013, au même endroit. Le son est au top. C’est une bonne nouvelle. Le light show est grandiose. Et de couleur bleue, il enveloppe les musicos, tout au long de « Wilder Mind », le titre maître du nouvel LP.

La foule est à nouveau debout pour reprendre en chœur le refrain de « Lover Of The Light » (« Babel »). Marcus est monté sur une estrade pour siéger derrière ses fûts. Winston –un chevelu– a empoigné son banjo. Des cuivres s’installent à droite du podium. Et un violoniste vient compléter la troupe pour accentuer l’aspect mélancolique de la chanson. Winston a repris sa gratte électrique et s’autorise des riffs dignes de The Edge sur « Tompkins Square Park ». Et pour « Believe », Marcus troque sa sèche contre une électrique. Lorsqu’elle est plus rock, la musique de Mumford & Sons lorgne manifestement vers celle de Bruce Springsteen. Marcus arpente régulièrement les planches de gauche à droite (NDR : ou de droite à gauche, selon !)…

Country/folk, « The Cave » (« Sigh No More ») met en exergue le banjo. A cet instant la foule a définitivement des fourmis dans les jambes. Pendant « Ditmas », Marcus prend un solide bain de foule. Il traverse même la fosse de long en large. Il serre les mains des spectateurs aux balcons avant de revenir sur les planches. Et le set de s’achever par « Dust Bowl Dance » (« Sigh No More »), un morceau illuminé par les ivoires. Marcus a repris place derrière la batterie. Le banjo de Winston est magique. Une belle soirée qui ne fait que commencer.

Et pour cause ; la formation va nous réserver un rappel de 7 titres ! D’abord a capella. Pour « Timshel » et « Cold Arms ». Et sans amplification ! Sur une petite estrade placée derrière la table de mixage, en station debout. Un intermède au cours duquel le quatuor est éclairé par des lumières de couleur blanche émanant du plafond. Sans doute le meilleur moment du set. Le band revient sur le podium à partir de « Hot Gates » (« Wilder Mind »), un folk indolent. Une nouvelle compo : « Forever ». Avant que ne débarquent le groupe Bill Ryder Jones au complet pour la reprise du « You Really Got Me » des Kinks. Une version à faire pâlir de jalousie le Boss. Le public est en délire quand la formation nous réserve « I Will Wait » ; et le show prend définitivement fin sur « Wolf ». Ne reste plus qu’à penser à la longue route du retour. Cette soirée, votre serviteur l’attendait depuis trois longues années. Et il n’a pas été déçu, même si « Wona » ne figurait pas dans la set list. Faut dire que Baaba Maal ne s’était pas déplacé à Anvers pour participer à la fête... (pour les photos, c’est )

(Organisation : Live Nation)

 

 

 

 

Les R’tardataires

Ne pas en perdre une seconde…

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Les R'tardataires sont venus présenter leur nouvel opus, « Rien ne sert de courir », au Reflektor de Liège, ce samedi 21 mai. C’est la release party. Et elle se déroule devant leur public, venu en nombre. C’est même sold out. Un auditoire réunissant toues les générations, et même des petites têtes blondes. Manifestement, ces rappeurs ratissent large. La structure de la salle est idéale et l'acoustique y est parfaite.

En supporting act, les organisateurs ont décidé d’inviter Ya-Ourt. Aka Karim Billion, il est issu de Langres, en Haute-Marne. Autodidacte, il se sert uniquement de sa voix, qu’il triture, pour produire différents effets ou reproduire toute une panoplie d’instruments. En quelque sorte, il pratique du Human Beat Box. Il vient de publier un Ep 4 titres, intitulé « Ya-Play ». Garanti sans le moindre… instrument !

L’univers de cet artiste est complètement décalé. Le personnage est haut en couleur. Il adopte un style vestimentaire panaché, à l’instar de ses influences musicales éclectiques. Aujourd’hui, il a enfilé une veste napoléonienne et a coiffé une casquette de rappeur bigarrée. Il s’installe derrière une table devant laquelle est tendue une toile noire. Il explique le fonctionnement de sa loop machine et de la tablette placée devant lui. Un principe apparemment bien compris par l’auditoire. C’est le micro dans les mains qu’il entame ses performances vocales. Il est ainsi aussi bien capable d’imiter les sonorités de basse que celles d’une guitare. Assez interactif, son trip nous entraîne d’abord du côté de Kingston. Un périple de 40 minutes qui va se révéler plein de surprises…

Karim chante également en ‘Yaourt’, soit une technique au cours de laquelle l’artiste émet des sons, des onomatopées ou des syllabes (yéyé, aï, yaw, woud, noï, for, si, yem, etc.) susceptibles de ressembler à un idiome qui existe. Mais qui n’existe pas. Et pourtant, le mélomane lambda a l’impression que le baragouin utilisé est cohérent. Surtout s’il ne connaît pas l’anglais, que Karim essaie de faire passer comme tel. Musicalement, les compos touchent un peu à tous les styles, depuis le rock au reggae, en passant par le blues, l'électro, le rap, le funk, le trip hop, l’afro beat et la world (surtout balkanique). Bref, le spectacle de Ya-Ourt a bien chauffé la salle.  

Une toile est tendue derrière le drummer. On peut y lire pour l’instant le nom du groupe : ‘Les R’tadataires’. Mais elle va surtout servir à la projection de clips. « Intro » ouvre le set, un morceau qui à travers des métaphores, telles le vol d'un papillon ou un coucher de soleil, évoque le stress de l’existence. Les être humains sont pressés. Au propre comme au figuré. Et seuls survivront, le fort, le roi ou le surhomme. Mais également Les R'tardataires. Les vidéos symbolisent le temps qui défile. Le set embraie par le titre maître du nouvel elpee. Max et Ced sont assis sur un tabouret et bénéficient du concours d’un duo de cuivres, omniprésent, pour attaquer ce reggae. « Rien ne sert de courir ». Ce n’est pas la course contre la montre. On a même le temps. Un tonnerre d'applaudissement salue cette compo taillée pour la bande FM. « On Choisit Pas » constitue la suite logique. Un morceau imprimé sur un tempo latino et aux textes totalement décalés : ‘On doit sortir les doigts du cul, on ne choisit pas sa famille, ni ses parents. Il faut avoir les pieds sur terre’. Aux cuivres, Antoine et Seb s’imposent à nouveau. Tout en occupant l’espace scénique, Max et Ced font monter graduellement la pression.

Place ensuite à un petit medley réunissant des titres issus du premier LP, « Je Suis En Retard / Pêche Aux Moules / Onanaoo ». Une ode à la drague aux paroles explicites. Enfin, pour ce qui concerne les moules. Max et Ced vont rechercher des petits paniers d'osiers avant d’aborder le premier single issu du dernier long playing, « Forêt Enchantée ». Préface au mélodica par le claviériste (Quentin Nguyen) et clappements de mains préparent la cueillette des framboises. Une satire des dessins animés signés Walt Disney. Schizo, Blanche Neige parle aux oiseaux. Merlin s'est suicidé. Les Aristochats ont piqué pompes et oseille. Un scénario tramé sur un cocktail de ska et de reggae remis au goût du jour. Drummer, Aurélien Wynant souffle dans un pipeau. Look à la Angus Young, Sébastien Hogge soutient l’ensemble de sa guitare rythmique. Les guests se succèdent. Dont deux vocalistes qui entament « Rien De Nouveau », sur un tempo latino. « Rêve Américain » met le cap vers le Nouveau Continent. Et tout particulièrement New York ; comparé… à la Cité Ardente. Un morceau sculpté dans le hip hop, même si les cuivres lui servent de fil conducteur. Ced et Max frappent dans les mains et commencent à mettre le souk. « Zion » repart vers Kingston, mais en se référant à Babylone. Des images de mécanismes d’horlogerie trottent sur l’écran.  

« Interlude James Brown - I Feel Good » prélude l'hilarant « Les Biftons ». Question existentielle et nerf de la guerre. Bouillant, le gratteur semble hanté successivement par Angus Young et Jimi Hendrix, notamment lorsqu’il frotte les cordes de sa gratte dans son cou. Ced y met un terme. Musclé, « Rock It » émarge au métal. Même si le délire est plutôt pop. Le public rentre dans le jeu et hue les MC's. Ced et Max reprennent place sur les tabourets. Entretemps, la musique oscille du jazz à la techno, en passant par le ska, le rap et le rock. Une forme de pot-pourri interactif. « Bienvenue Au Saloon » est bercé par un rythme country voire américana. 'Tonton' apporte à boire aux musicos. Idéal pour amorcer une histoire –à prendre évidemment au second degré– consacrée à un alcoolique. Le très radiophonique « Monte Le Level » clôt le show, une compo qui nous catapulte une dernière fois, en Jamaïque. Une fin de spectacle qui provoque une véritable ovation dans le public.  

« Chopons Les » entame le rappel. Ced et Max ont enfilé leurs gilets pare-balles, sur lesquels est mentionné dans le dos ‘POULET’. L’objectif est de niquer la police. Mais sur un ton humoristique. Le délire est complet. « Natural » est une chanson d’amour. Au cours de laquelle la foule est invitée à s’accroupir, avant de participer à un jump collectif. Les invités reviennent sur l’estrade pour vivre un périple censé nous conduire de l'Afrique profonde à l'Amérique du Sud. Et le spectacle de s’achever par « Les Parasites » (NDR : dont la vidéo est visible ici).

Votre serviteur a passé une excellente soirée en compagnie des R'tardataires dont le spectacle à taille humaine méritait de ne pas en perdre une seconde…

(Organisation : Reflektor)

Jambinai

Un tsunami sonore à l’acoustique irréprochable…

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Jambinai s’était produit en décembre 2014 au sein d’une Rotonde enfiévrée. Et votre serviteur avait alors pu vivre le meilleur concert de cette année. Comme le groupe était de retour, et plus particulièrement à l’AB Club, il ne pouvait manquer ce nouveau rendez-vous.

Inwolves assure le supporting act. En débarquant à la fin de sa prestation, difficile d’en relater quelque chose de concret. Le volume sonore me semblait excessif ; des conditions qui n’accrochent guère mes oreilles sensibles.

Jambinai  (잠비나이 en coréen) est une formation de post rock issue du Pays du Matin Calme (Corée du Sud). Sa spécificité, c’est de conjuguer instrumentation contemporaine et folklorique (taepyongso, haegeum, geomungo, jungju, piri, etc.) Suivant la bio, cette formation est considérée comme la plus novatrice sur la scène sud-coréenne, car elle est parvenue à créer une nouvelle forme de musique mêlant, sans tomber dans la dissonance, tradition et modernité. Soit un subtil cocktail de heavy post rock, de folk metal, d'électro et de tradition indigène.

Au sein des petites salles, le line up est réduit à trois musicos. Mais dans les plus grandes, le trio de base est enrichi d’une section rythmique. Ce mercredi, c'est sous la forme d’un quintet que le combo va se produire.

Tous les musicos sont assis, sauf le guitariste Ilwoo Lee. Derrière son imposant geomungo (une sorte de cithare coréenne), Eun Young Sim est assise en mode tailleur. Elle pince ou frotte ses cordes à l’aide de bâtons en bambou de longueurs différentes. Elle s’installe à droite sur une petite estrade. Elle joue également du xylophone. Celle de gauche, Bomi Kim, se réserve le haegeum, un vieil instrument à cordes frottées semblable au ehru chinois. Il a été imaginé, il y a environ mille ans environ. Il est formé d'une caisse de résonance en bambou ou en bois, tendue par une peau de serpent à une extrémité de la tige, et les deux cordes sont frottées par un archet à crin de queue de cheval. Mais le personnage central est certainement Ilwoo Lee. Il joue du piri (flûte en bambou) et de la guitare (à sept cordes !), parfois les deux en même temps, mais également, du taepyongso (petite trompette coréenne) et se sert d’une loop machine. Il est le seul à s’exprimer en anglais.

Le show va durer plus d'une petite heure. Chaque artiste est éclairé par des lampes de couleur blanche pivotantes. Ce qui communique une ambiance mystérieuse, voire mystique au spectacle.

Le set s’ouvre par « Time Of Extinction », un extrait du nouvel opus. C'est la chanson qui a fait connaître Jambinai. Qui la joue depuis longtemps. Mais elle n’avait pas encore été gravée sur un long playing. Toujours issu du dernier essai, « They Keep Silence » (6’) est une compo à vous glacer le sang. Habile, Eun Young Sim semble hantée par son geomungo, pendant qu’Ilwoo Lee, d’une voix caverneuse, entame des incantations chamaniques dans sa langue natale. Solides, percus et section rythmique privilégient l’efficacité (Dokyo 13 à la basse et Myounghoon Ryu aux drums). Les filles extirpent des sonorités incroyables de leurs instruments. Mélancoliques, lancinantes, celles de Bomi épousent celles de violons, lorsqu’ils n’empruntent pas le miaulement d'un félin. Déchirant ! Galvanisée par les riffs de gratte torturés d’Ilwwo Lee, la troupe se lance dans une véritable cacophonie mélodieuse sur « Empty Pupil Part 1 ». Et dans le même registre, « Echo Of Creation » se révèle encore plus expérimental. Caractérisé par son intro de flûte, « For Everything That You » constitue certainement la perle du nouvel opus. Et son lustre entretient un climat étrange. Le set s’achève par « Connection » (9’30). Le morceau est dédié aux victimes des attentats. Ilwoo y brille longuement sur son taepyongso. Puis chaque musico entre progressivement dans la danse. Et on retrouve cette forme de cacophonie organisée, mais à l’acoustique irréprochable. Un peu dans l’esprit de Sigur Rós, mais qui se convertirait ponctuellement au metal ténébreux, quitte à déclencher un tsunami sonore… 

Un petit selfie des artistes et du public et les artistes s'éclipsent. Les filles emportent leur instrument. Le public réclame un rappel. Au cours duquel Jambinai va accorder « Grace Kelly ».

La date de sortie de « A Hermitage », son nouvel opus, est prévue pour le 17 juin 2016 ; mais il était déjà disponible au stand merchandising.

Jambiani se produira en concert le 19 juin 2016 à Izel (province du Luxembourg), dans le cadre des fêtes de la Musique, auxquelles participeront également GrandGeorge, Dr Feelgood et Romano Nervoso. Votre serviteur devrait être de la partie...

(Organisation : Ancienne Belgique)

Puggy

En route pour la gloire…

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Une file interminable s’étire depuis le 110 du Boulevard Anspach jusque la Grand-place de Bruxelles, ce lundi 15 mai. Pas étonnant, Puggy est programmé à l’AB. Le concert a été décrété ‘sold out’ en moins d’une heure ! Et pourtant, la formation se produisait, la veille, au Cirque Royal (voir photos ici). Un spectacle également comble. Faut dire que la popularité du trio est en courbe plus qu’ascendante ; en outre, il vient de publier un nouvel elpee, « Colours », déjà n°1 dans les charts, en Belgique. Chic, coloré, dandy même, son pop/rock est subtilement teinté d’électro, mais surtout transcendé par de superbes harmonies vocales.

Avant de pénétrer dans l’Ancienne Belgique, les spectateurs reçoivent des bracelets fluorescents ainsi que des ballons de baudruche multicolores. Compte-rendu.

Il revient à Manœuvres, un quintet issu du Nord de la Belgique, de se charger du supporting act. Il s’était déjà produit, en février dernier, au club. Le line up implique Sean Dhondt, l’ancien drummer du combo punk Nailpin. Reconverti au chant il dispose de deux toms basse placés de chaque côté de lui. Puis le batteur Ace Zec, le claviériste Pedro Gordts (Zornik), le bassiste Boris Van Overschee (Tout Va Bien) et le gratteur Lukas Somers.

La présence scénique de Sean est impressionnante. Il est capable de moduler sa voix suivant les émotions et même de la pousser dans les octaves. Haut perchée, elle peut aussi devenir rocailleuse. Les percus sont omniprésentes. Faut dire qu’il s’en sert généreusement. Et elles font déjà la différence sur « Give In To Me », un morceau glacial, paradoxalement propice à la danse. Plus pop, « Live A Little » est dominé par les ivoires et les accords de gratte incisifs.  La mélodie est immédiate et le refrain contagieux. Place ensuite au plus rock « Never Back Down ». C’est aussi le dernier single. Les arrangements sont riches. Après une cover/medley baptisée « Daffodils/Sledgehammer » (Mark Ronson/Peter Gabriel), le set s’achève par le « Mad World » de Tears For Fears (NDR : guère indentifiable, cependant) et le premier single du band, « My Love ». On épinglera encore le visuel du spectacle ; littéralement à couper le souffle…

Setlist : « Give In To Me », « Live A Little », « Never Back Down »,« Tear You Apart », « Daffodils/Sledgehammer » ( cover), « Mad World ».

Un revêtement en aluminium doré mais froissé sert d’arrière-scène. Une estrade est placée sur le podium pour mettre en exergue la batterie rutilante (NDR : elle n’est pas encore estampillée ‘Puggy’ !) de Ziggy. Et une autre pour Romain, préposé aux claviers et à la basse. Mais très vite, il va redescendre de son piédestal pour exécuter les bonds dont il a le secret. Pas de mini podium pour Matthew qui dispose d’un tom basse, d’une machine et également d’un clavier. Sans oublier le renfort de Matthieu Vandenabeele, claviériste/pianiste qui remplace John Janssens. Douze rampes lumineuses verticales éclairent le combo depuis l’arrière.

Passé l’intro, Puggy déboule sur les planches et attaque « Fight Like You'Re Fighting ». Quoique destinée à la bande FM, la compo est percutante. Comme si c’était leur premier concert, les musicos ont la niaque. Matt a revêtu un costard de couleur bordeaux, Ziggy, verte et Romain, bleue (NDR : ce sont les nouveaux M&M's !) Matthew va se servir, pendant presque toute l’intégralité du show, d’une gratte électrique de teinte brune. En fait, s’il y avait recours dans le passé, c’était pour interpréter la cover du « Toxicity » de System Of A Down. Mais ici, il la privilégie pour les morceaux du dernier elpee, afin d’y injecter davantage de nuances funkysantes. « Feel So Low » et « Soul » sont de futurs tubes en puissance.

La set list n’en oublie pas pour autant les plages du précédent elpee « To Win The World », dont « Last Day On Earth (Something Small) ». Mais sur sa gratte électrique, Mr Irons a le bon goût de leur donner une nouvelle jeunesse, en improvisant. A l’instar de « Goddess Gladys » (« Something You Might Like »), imprimé sur un tempo plus lent. Slow majestueux, « This Time » est balisé par les ivoires. Et propice à la danse, « You Are » baigne carrément dans l’électro.

A partir de « How I Needed You » l’ambiance grimpe en flèche. Les filles commencent à gonfler les ballons pendant « Change The Colours ». C’est de la folie ! Les smartphones s'illuminent. Le light show nous en met plein la vue. On se croirait presque à Forest National. Au cours de cette chanson, l’auditoire reprend d’une seule voix, le refrain en chœur. Une attitude qui va se répéter lorsque le band va attaquer ses classiques, dont « Something You Might Like », « Goes Like This » et « When You Know ». Les applaudissements sont tellement nourris que la troupe doit parfois attendre de longues minutes avant de poursuivre son concert. C’est un peu la rançon de la gloire ! Et le set de s’achever par le dantesque « Territory ».

La formation se retire quelques instants pour se rafraîchir, avant d’accorder un inévitable rappel. Matt invite la foule se diviser afin de le soutenir au chant. Ce qui va déboucher sur une jolie polyphonie. Puggy va même accorder un second encore, pour y attaquer une de leurs premières compos, « Dubois ». De quoi satisfaire ses nombreux aficionados.

Tout le spectacle a été filmé par 6 caméras. On doit donc s’attendre à ce qu’il soit immortalisé sur un Dvd. Et si vous avez manqué le combo, sachez qu’il se produira cet été à Werchter, aux Francos et à Ronquières ; puis à partir de septembre à l'Olympia de Paris, au Splendid de Lille et à Forest National...

Setlist : « Intro », « Fight Like You'Re Fighting », « Feel So Low »,« Soul », « Last Day On Earth (Something Small) », « Goddess Gladys », « This Time », « Lonely Town », « You Are », « Ready Or Not », « How I Needed You », « Change The Colours », « Something You Might Like », « Goes Like This », « When You Know », « Territory ».

Rappel 1 : « I Do », « You Call Me Up », « To Win The World »

Rappel 2 : « Dubois »

Et pour les photos à l'AB, c'est là  

(Organisation : Live nation)

 

 

Max Romeo

Dub Culture, Family things

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Le regard tourné vers l'avenir, c'est une formule hybride que nous propose l'Aéronef en ce vendredi 13 mai 2016. D'une part, un ‘live’ dans la tradition Reggae avec Max Romeo and Family sur scène. D'autre part, dos à la régie, la tour de contrôle du OBF Soundsystem. Elle est installée et diffusée sur deux stacks (pyramides d'enceintes) pour distiller un son Dub évolutif, énergique, moderne voire explosif. Tout ceci, en offrant l'occasion aux Dub Invaders (la version Soundsystem du High Tone crew) de s'essayer sur l'excellente et réputée sono d'OBF.

Humainement, il y en a du beau monde... En effet, le septuagénaire à la voix enivrante invite trois de ses enfants, outre un backing band complet. Alors que les Dub Invaders (Aku Fen, Fabasstone, Twelve et Natural High) sont au rendez-vous pour tester leur formule avec la OBF family composée, ce soir, de Shanti D (MC), Guyohm (sound-operator) et l'incontournable Rico.

Vers 21h, l'équipe d'OBF ouvre le bal et fait monter l'ambiance en lançant les premières basses dans un mix reggae-dub bien senti. Le public rentre progressivement dans la danse et la salle se remplit peu à peu. Un mix qui ne tarde pas à réjouir les amateurs de grosses sonorisations. Le temps passe et il est déjà temps pour l'entrée en scène du mythique reggae man.

Les musiciens grimpent sur le podium à 22h tapante et balancent un morceau instrumental en guise d'introduction. La foule rejoint l'avant de la salle lorsque l'hymne « One step forward » déboule de nulle part. Une petite silhouette aux longues dreadlocks grises fait son apparition. Elle danse et s'installe au devant de la scène, le sourire aux lèvres. Cette joie de vivre immédiatement partagée par la majeure partie de l'assemblée donne une énergie folle à la musique incarnée. Les morceaux s'enchaînent alors sans pause, dont notamment « Selassie I forever » sur lequel les très jeunes choristes peuvent chauffer leurs cordes vocales, suivi de « Melt away ». La figure emblématique du reggae assure malgré son âge et sait tenir la salle en haleine à coup de ‘good vibrations’. L'ensemble basse/batterie groove comme il se doit, la section cuivre est au rendez-vous alors que la guitare et les claviers assurent le contretemps.

La relève est assurée...

Du mouvement sur le plateau, le line up commence à tourner. Max Romeo invite le jeune choriste à sa gauche et nous explique qu'Azzizi n'est autre que son fils. Le fiston à la voix épatante et au chant envoûté enchaîne trois morceaux du haut de ses 16 ans dont « The truth unfolds » ainsi que l'excellent « Grow my dread ». Papa Romeo fait mine de revenir mais ce n’est qu'un espoir de courte durée puisqu'il nous présente son deuxième fils Romax avant de repartir en backstage... Romax Romeo, d'apparence confiante mais à la voix timide sur son premier morceau, interprète ensuite « Innocent people »,avant de céder le relais à la charmante Xana Romeo qui suit le mouvement de sa voix bluffante, pour son jeune âge. Elle s'illustre remarquablement sur un track roots, « Righteous Path ».

Ensuite, Max reprend les commandes et entonne « The love of money », mais encore « A little time for Jah » pour finir par le tube « War ina babylon » suivi d'un « Out of space » chanté par toute la petite famille réunie cette fois. 

Un bref rappel aux sonorités ska fait clairement écho à l'époque où Max et Lee Perry collaboraient au sein de la formation The Upsetters.

L'homme qui chasse le démon de la terre a donc prodigué une prestation efficace, ouverte et généreuse pour finalement laisser la place à un dernier medley qui vient boucler presque 2h de reggae bien calibré.

Le passage de témoin à la nouvelle génération...

On rallume le pré-ampli et la soirée continue sur le OBF Soundsystem... Le Sound français actif depuis 2000, est précédé par une réputation qui a déjà prouvé sa capacité à produire un son Heavy Dub-Stepper et à maintenir une pression inouïe lors de sessions toujours diversifiées. Une petite demi-heure à peine et les enceintes atteignent déjà le limiteur réglé à 105db ce soir pour au plus grand dam des équipes aux platines. Toutefois, un son impeccable annonce une session au top. Virage effectué, présentations effectuées, le temps est venu pour le public parti s'aérer, boire un verre ou s'enfumer en regagnant l'arrière-salle afin d'écouter les décoctions Urban Dub, Electro ou encore Junglist des Dub Invaders. Une session inégale est alors en marche. Les DJ's et producteurs du High Tone crew enchaînent et font monter la pression d'un cran, grâce aux reprises du Mungo's Hi-Fi ou encore du fabuleux « Is it love », mais chacun dans son style bien particulier... Quelques wobbles chez l'un, des percussions endiablées chez l'autre ou encore un reggae digital plus traditionnel. Bref, les 2 stacks (au lieu des 3 habituels) d'OBF ont pu chauffer l’ambiance avant que les membranes se détendent. C'est à ce moment que Rico empoigne le micro et s'excuse pour les conditions acoustiques... Et oui limiter la sono d'OBF, c'est pas tous les jours que ça leur arrive... Et pourtant, la pression des 8 scoops est prégnante. Les premières prods signées OBF rassemblent et l'atmosphère atteint vite son paroxysme. La session est parfaite, Rico et Guyohm balancent des exclus issues du prochain opus en collaboration avec Charlie P. Chaque morceau est suivi de son incontournable « Face B » sur laquelle Shanti D s'illustre à chaque fois. 2h40 et les lampes s'allument... Le public gronde et réclame son dernier 1/4 d'heure annoncé initialement. Malheureusement, il n'y aura qu'une last tune pour clôturer cette belle soirée 5 minutes plus tard.

Du reggae jamaïcain familial d'époque aux jeunes héritiers francophones de la culture soundsystem, la relève est assurée dans les tous les sens du terme.

(Organisation : Aéronef et Mediacom) 

Crowbar

Peut-être pas connu, mais certainement reconnu…

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Après avoir pris ses distances avec le supergroupe Down, en 2013, Kirk Windstein a depuis lors eu tout le temps de se consacrer entièrement à Crowbar, band qui fête, cette année-ci, le 20ème anniversaire de sortie de « Broken Glass », son deuxième elpee. L’occasion parfaite pour les Louisianais de sillonner l’Europe en seize dates, et tout particulièrement la ville d’Hasselt. Une soirée frappée du sceau du Sludge, du Doom et du Heavy, qu’illustre les différents supporting acts assurés par Black Swarm et Hedonist, sans oublier le très attendu Trouble.

Il y a maintenant quelques jours que le soleil inonde la Belgique. Grand ciel bleu, pas une once de nuage à l’horizon. On se croirait presque en vacances. En longeant le canal Albert, un labyrinthe de rues rectilignes, tracé à travers le zoning commercial, nous conduit devant une façade peinte en rouge, mais dont les grosses lettres blanches –en capitales– couvrent sa moitié : c’est celle du Muziekodroom. Pas moyen de se tromper ! Les portes d’entrée s’ouvrent ; place à une plongée dans l’obscurité d’une salle où, paradoxalement, l’air est encore respirable, malgré la hausse de température enregistrée en ce début du mois de mai.

Seuls une bonne vingtaine de badauds se sont déplacés pour accueillir Black Swarm, une formation anversoise qui pratique du Metalcore. Vu la chaleur, il serait malvenu de se plaindre de ne pas être, dès le début, collés les uns aux autres. Intense, violent, le set finit très vite par souffrir de la linéarité de ses morceaux. Dans un anglais parfois approximatif, Same De Roeck –visiblement accablé par l’atmosphère, il laisse rapidement tomber le t-shirt, laissant apparaître un ‘Samuel Paul’ en lettres gothiques surmontées d’une croix renversée– hurle à pleins poumons. Une technique bien mieux contrôlée que le chant clair. Heureusement pour les tympans, fort peu utilisée durant les morceaux. Force est de constater également que ceux interprétés dans la langue de Vondel sont nettement plus intéressants et riches. Un choix peut-être freiné par la barrière de l’idiome ?

Quoi qu’il en soit, cette mise en bouche ‘testostéronée’ n’est qu’une première étincelle annonçant une succession de claques. Tout d’abord grâce à Hedonist, originaire de Genk, dont le Sludge/Stoner rond et lourd s’avère particulièrement efficace. Une homologie entre le t-shirt porté par le chanteur, frappé d’un ‘RUN COC’ (en référence à Corrosion of Conformity), et la musique du trio est instantanément palpable. Des compositions nourries au Heavy qui ont très vite raison des nuques des metalheads, les incitant à headbanger au rythme des titres un peu crados. Le public s’est certainement implicitement passé le mot, car une horde non négligeable de trentenaires (à la grosse louche) envahissent à présent les lieux. Y règne une ambiance sereine, cordiale voire confortable ; une pause dans l’espace-temps où se sont donné rendez-vous des amateurs de bon son. Faites comme chez vous : les pantoufles sont disponibles à l’entrée.

Trouble grimpe ensuite sur l’estrade. Ce groupe appartient à une catégorie qui a marqué plusieurs générations mais n’est jamais parvenu à percer, malgré un indéniable talent. Interviewé avant le show, Kirk Windstein, leader emblématique de Crowbar, tête d’affiche du jour, avoue à ce propos être un peu gêné de se produire après Trouble. ‘Ces gars font tout simplement partie de ces groupes qui ont m’ont profondément influencé’, confiera-t-il. Depuis ses débuts, le combo yankee a régulièrement changé de style. Ce soir, il va nous proposer un Heavy sous perfusion de Thrash et Doom. Ecumant les planches depuis 1979 (même s’il a vécu quelques passages à vide illustrés par une absence de gravures), Trouble envoie directement la sauce ; et la conjugaison entre la voix puissante de Kyle Thomas (ex-Exhorder) et les riffs endiablés de Rick Wartell crée un cocktail explosif de sonorités old school. Vu l’accueil reçu, il est fort à parier qu’une majorité des spectateurs avaient fait également le déplacement pour les anciens de l’Illinois. ‘On a eu de la chance ce soir, c’était un très bon concert. C’est comme ça avec Trouble : soit leur son est nickel, comme aujourd’hui, soit c’est un mur de grésillements car il joue trop fort’, explique un fan à l’issue du show.

L’atmosphère est maintenant à point pour accueillir le quatuor issu de la Nouvelle-Orléans. Pas d’entrée fracassante ni même de drapeau frappé du logo du band à l’arrière du podium. A l’ancienne, les musiciens débarquent un à un afin d’effectuer leurs derniers réglages. Matt Brunson, le premier. Il est vêtu d’un gilet sans manches en cuir, de type motard, entièrement customisé à l’arrière ; une grande fleur de Lys (symbole de leur ville d’origine) est surplombée d’un ‘Crowbar’. Le tout a été peint à la main, dans les tons rouges, jaunes et vert, par… Max Cavalera, le leader de Soulfly (excusez du peu !), à l’occasion de son anniversaire alors que les deux teams participaient à une même tournée, fin de l’année dernière. Kirk Windstein prend bien soin de lubrifier ses cordes pendant que Jeff Golden finit d’accorder sa basse et Tommy Buckley s’échauffe en manipulant ses drumsticks. Les quatre musiciens se réunissent finalement face à la batterie, se lancent un regard, approuvent de la tête et font retentir leurs instruments. Les guitares montent dans les aigus, la batterie entre dans la danse et le puissant « Conquerring » peut ouvrir le bal, un titre issu du quatrième elpee studio « Broken Glass », auquel cette tournée fera la part belle dans le cadre de ses vingt ans d’existence. L’artillerie est en marche : le son lourd et expressément lent des maîtres du Sludge envahit la salle limbourgeoise.

La fosse, conquise d’avance, exulte à la fin du morceau. Kirk Windstein revient face à la batterie, où sont disposées ses deux pédales de guitare, voisine de cinq cannettes de Stella Artois prêtes à étancher la soif du vocaliste. La salle est à présent bien remplie et la chaleur ambiante assèche les gosiers. Celui de Kirk est étanché par une demi canette, avalée d’un seul trait. Les autres munitions suivront tout au long du show. Il revient ensuite vers la fosse, se plante au bord de la scène et débute les premières notes de « High Rate Extinction », issu du second LP, l’éponyme. Petit et râblé, arborant une barbe grise courant jusqu’à la moitié de son torse, tel un cousin éloigné de Gimli (NDR : un personnage de la saga ‘Le Seigneur des Anneaux’), Kirk Windstein incarne à lui seul toute la puissance et la force de la musique de Crowbar. Les notes traversent chaque centimètre carré de sa peau et son visage marqué se tord au son de ses riffs. Situé à une trentaine de centimètres à peine de son public, le leader du band offre, à de multiples reprises, de jouissives leçons de guitares. Un instrument, tel une prolongation de ses membres, dont il prend le plus grand soin tout au long du set. En témoigne ce spectateur, quelque peu éméché, qui tentera tant bien que mal de toucher les cordes mais très vite repoussé par l’artiste. On peut être sympa mais faut pas déconner non plus !

En un peu plus d’une heure, les hommes forts de NOLA vont parcourir leurs vingt-sept années de carrière, de « Burn Your World » (NDR : qui remonte quand même à 1993) au relativement récent « Walk With Knowledge Wisely », issu de leur dernier album « Symmetry in Black », paru il y a deux ans. Les plus grands tubes du band ne sont évidemment pas négligés, à l’instar du survitaminé « All I Had (I Gave) », de la ballade virile « Planets Collide » ou encore de l’exutoire « Existence is Punishment », en rappel. Sans oublier « The Cemetary Angels », composition emblématique de « Sever The Wicked Hand », caractérisée par cet incroyable moment qui survient aux deux tiers du parcours, lorsque Kirk Windstein s’époumone, et tel un ordre dicté à ses musiciens clame : ‘BRING IT LOUD !’. S’ensuivent ces riffs typiques, extrêmement lourds, écrasants même et tellement spécifiques, rappelant l’héritage musical laissé par Crowbar dans le monde musical. ‘Crowbar n’est peut-être pas connu, mais est définitivement reconnu dans le milieu’, signale très judicieusement un fan juste avant le show des Américains. Et c’est bien là un des paradoxes magiques de ce band bientôt trentenaire : autant ils ne provoquent par des déplacements massifs de foule, autant la trace qu’ils laisseront dans le Metal est gravée profondément dans le roc pour les décennies à venir. Que ce soit dans le Sludge, le Stoner, le Hardcore ou le Rock bien-gras-un-peu-cras, rares sont ceux qui ne reconnaissent pas en Crowbar une source d’inspiration.

Après treize morceaux, les quatre artistes prennent congé de l’auditoire. Face une demande soutenue, Kirk Windstein –surnommé à juste titre The Riff Lord– va puiser dans son barda un petit sac contenant des médiateurs, afin de les distribuer à quelques metalheads, soucieux de garder une trace physique de ce moment de Rock épais, entre amateurs de musique qui fait du bien par où elle passe.

Setlist : Conquering - High Rate Extinction - The Lasting Dose - New Dawn - Burn Your World - To Build a Mountain - The Cemetery Angels - Walk With Knowledge Wisely - No Quarter - All I Had (I Gave) - Planets Collide - Like Broken Glass // Encore: Existence Is Punishment

(Organisation : HeartBreakTunes)

 

UB40 feat Ali, Astro et Mickey

Souvenirs de jeunesse…

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Trente-sept ans de carrière, c’est un fameux bail ! Et ça se fête ! C'est d’ailleurs ce que compte faire UB40, lors de sa nouvelle tournée mondiale. Qui transitait par l’Ancienne Belgique, ce dimanche 8 mai.

Membre fondateur du combo britannique (NDR : le combo est né en 2008), Ali Campbell avait claqué la porte suite à un différent avec les autres musicos, et tout particulièrement son frère Duncan. Ce dernier avait décidé de poursuivre l’aventure en reprenant le patronyme originel. Mais en 2014, Ali reforme le groupe, en compagnie d’Astro et Mickey (Michael Virtue), réunissant ainsi les 3 membres de départ. Mais Ali a quelque peu changé le nom, en y ajoutant leurs prénoms (‘feat Ali, Astro et Mickey’). Il existe donc aujourd’hui deux variantes de UB40, puisque Duncan a poursuivi son chemin, de son côté, en conservant l’appellation. Un album (« Silhouette »), un Ep acoustique et un live plus tard, la nouvelle mouture de UB40 est donc repartie en tournée.

UB40 est au reggae ce que Madness et The Specials sont au ska. Car si le reggae constitue la charpente de sa musique, il se colore, suivant l’inspiration, de teintes irlandaises, galloises, écossaises, yéménites ou africaines. Et même de blues ! Si le line up du band implique aujourd’hui notre trio de base, c’est-à-dire le chanteur et guitariste rythmique Ali Campbell, l’autre vocaliste Astro ainsi que le claviériste Michael Virtue, il s’est enrichi de la présence de Don Chandler et Matthew Hoy aux basses, de Paul Slowley aux drums, de Michael Martin à l’autre gratte (également une rythmique), de Winston Delandro au trombone, de John Johnson à la trompette, de Colin Graham au saxophone et de Winston Rose aux chœurs.

Une estrade de 2 mètres de haut est érigée à l’arrière, sur laquelle vont s’installer le drummer et le claviériste. Sur laquelle un des bassistes ou des guitaristes va également se planter circonstanciellement. Des images seront projetées sur l’avant du podium et sur une toile tendue au-dessus du batteur.

Beaucoup de souvenirs se bousculent dans la tête de votre serviteur avant que le set ne débute. Il avait 17 ans et un peu de poil au menton. Il avait eu le bonheur de voir Bob Marley, en ‘live’. Puis s’est épris du reggae blanc pratiqué par un combo issu de Birmingham, UB40. Il avait succombé aux rythmes irrésistibles du ska, livré alors par Selecters, Madness ou encore Specials. Puis vécu les prémices du punk, en assistant aux frasques des Sex Pistols, mais surtout vibré à l’écoute du Clash, qui va marquer un tournant dans son éducation musicale. Il ne pouvait donc pas manquer le retour de cette formation insulaire…

Une image apparaît sur les écrans. On peut y lire en grandes lettres bleues ‘We Are’ et jaunes ‘UB40’. Puis les artistes déboulent sur les planches. Le set s’ouvre par « Reefer Madness », qui sert d'intro. Ali a pris du poids. Il tient toujours sa guitare à la manière de Macca, mais sa voix est intacte. A la fin du morceau, Astro s'époumone pour saluer l’auditoire qui applaudit chaleureusement. C’est d’ailleurs lui qui communique le plus souvent avec le public ; Ali, légèrement en retrait, se concentrant surtout sur sa six cordes. Et le voyage vers Kingston peut commencer.

A l’instar de « Keep On Moving », la cover des Wailers, qui figurait sur l’elpee mythique « Soul Revolution ». L’entame du morceau est même légèrement dub. La set list va proposer 12 reprises dont « Wear You To The Ball » (John Holt), « Stick By Me » (The Paragons), « Homely Girl » (The Chi-Lites), « The Way You Do The Things You Do » (The Temptations), « Cherry Oh Baby » (Eric Donaldson), « Please Don't Make Me Cry » (Winston Groovy), Kingston Town (Lord Creator) et « Many Rivers To Cross » (Jimmy Cliff). Des hits à la pelle, dont bien sûr leur « Just Another Girl ». Pour une première partie de 75 bonnes minutes.

Car le rappel va durer trois quarts d’heure. Pendant « Food For Thought », Paul Slowley étale toutes les facettes de son talent. Tous les musicos sont de retour pour aborder « Silhouettes », titre maître du dernier opus studio. Et UB40 va encore nous réserver deux autres adaptations, « Can't Help Falling In Love » (Elvis Presley) et « Red Red Wine » (Neil Diamond).

(Organisation : Ancienne Belgique)

Manic Street Preachers

Tout doit disparaître…

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Manic Street Preachers se produisait ce dimanche 1er mai à l’Ancienne Belgique. Qui est de nouveau sold out. Le groupe gallois est venu interpréter son quatrième elpee, « Everything Must Go », un disque paru, il y a déjà 20 ans. Et pas seulement, puisque le concert est divisé en deux volets. Le premier est consacré à l’album mythique. Qui s’est écoulé à plus d’un million d’exemplaires. Le premier gros succès du combo qui pour la circonstance, a décroché plusieurs ‘brits awards’. Le deuxième est réservé aux hits ainsi qu’aux nouvelles compos.

Manic Street Preachers a d’abord forgé sa notoriété sur une image de bad boys. Iconoclastes, brefs, ses sets constituaient un concentré d’énergie pure. Nés au sein d’un milieu prolétaire, les musicos revendiquaient une idéologie gauchiste. Ils ont vécu de près –alors qu’ils étaient encore des gosses– les grèves des mineurs qui ont éclatées entre 1984 et 1985. Ce qui explique l’engagement de leurs lyrics. Ils ont dédié une de leurs récompenses au syndicaliste Arthur Scargill, un leader politique insulaire travailliste particulièrement charismatique. Son guitariste, Richey James Edwards, se serait apparemment suicidé, même si on n’a jamais retrouvé son corps. Ce qui n’a pas empêché le band de continuer son aventure…

Sleepers' Reign assure le supporting act. Issu d’Herentals, le groupe a terminé second de la finale du Humo’s Rock Rally, en 2012, récoltant au passage le prix du public. Il lui a fallu cependant un certain temps avant de sortir son premier elpee, « King Into Delight », paru en mars de cette année, un disque qui a reçu le concours du New-yorkais Justin Gerrish (The Strokes, Vanpire Weekend, Weezer, etc.), à la mise en forme.

Le sextuor implique un chanteur/bidouilleur, deux gratteurs, un drummer, un bassiste, un drummer et un claviériste. Superbe, harmonieuse, la voix de Luke Hermans est capable de grimper dans les aigus, un peu comme Andy Partridge (XTC) voire Graham Gouldman (10CC). Pendant une petite demi-heure, le band va dispenser une musique sculptée dans une electro/pop de bonne facture, mais aux réminiscences 70’s particulièrement marquées...

James Dean Bradfield, le chanteur charismatique de Manic Street Preachers déboule seul sur les planches. Armé de sa gratte, il attaque « Elvis Impersonator: Blackpool Pier », l’intro de l'album « Everything Must Go ». Il est ensuite rejoint par le drummer Sean Moore –il a enfilé ses inséparables gants noirs– et le bassiste Nicky Wire, qui a chaussé des lunettes fumées. Le trio est soutenu par un deuxième guitariste et un claviériste, qui se tiennent à l’écart.

La voix de James est superbe, mais elle est trop étouffée par l’instrumentation. Dont les grattes, incisives, qui se taillent la part du lion. Les plages d’« Everything Must Go » sont dispensées dans l’ordre de la set list (« Small Black Flowers That Grow In The Sky », « The Girl Who Wanted To Be God », « Removables », « Australia », « Interiors (Song for Willem De Kooning)», « Further Away » et « No Surface All Feeling ». Fin de la première partie.

Au cours de la seconde, les versions acoustiques de « Little Baby Nothing » et « The Masses Against The Classes » sont un véritable enchantement. Que James nous réserve en solitaire, uniquement accompagné de sa gratte semi-acoustique ; et au cours desquelles sa voix fait à nouveau merveille. Du ‘best of’, que va ensuite nous réserver Manic Street Preachers, on épinglera encore « Suicide Is Painless (Theme from MASH ) » (NDR : la B.O. du film !) et une cover de Johnny Mandel. Mais dès « Motorcycle Emptiness », le volume sonore est devenu insupportable, malgré les bouchons. Tout doit disparaître ! Votre serviteur, le premier, qui tire sa révérence…

(Organisation : Live Nation)

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