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Farfouiller dans la Pure Carrière…

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dEUS - 19/03/2026
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Concerts

Rover

En pensant à David Bowie…

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Rover est le pseudo de Timothée Régnier. Il a pas mal bourlingué au cours de sa jeunesse. Son paternel bossait au sein d’une compagnie aérienne et se déplaçait en Rover. Ce qui explique le choix de ce nom de scène. Il a vécu aux Philippines, en Suisse, en Allemagne, aux States (NDR : il a fréquenté le même lycée que deux musiciens des Strokes, Nikolai Fraiture et Julian Casablancas) et au Liban (NDR : où il a monté un groupe de rock, en compagnie de son frère), avant de revenir en France, privé de visa. En Bretagne, très exactement. C’est là que sa nouvelle aventure a commencé. Eponyme, son premier elpee est paru en 2012. Et son second, « Let it glow », l’an dernier. C’est cet opus qu’il est venu défendre au Splendid de Lille.

La salle est déjà bien remplie, quand votre serviteur débarque vers 19h30. Initiative sympathique, un responsable de la sécurité, vient installer une dame à mobilité réduite, en front stage. De sa voiturette, elle va vivre petit moment de bonheur…

Et c’est Bel Plaine qui se charge du supporting act. Un duo français réunissant Antoine Blond et Morgan Renault. Les deux compères se consacrent aux vocaux. Mais l’un gratte une guitare semi-acoustique et l’autre, une électrique. Le tandem a terminé l’enregistrement de son album. Il sera éponyme et devrait sortir au cours de cette année.

Le set s’ouvre par « Walter Castillo » et nous raconte l’histoire d’un voyageur qui traverse l'Amérique du Sud. A l’instar de son patronyme, les musicos nous invitent très souvent à sillonner le monde. Ils nous réservent une version  ‘unplugged’ du single « Lifeboat », tout simplement une chanson d'amour. Suivant les morceaux, ils chantent dans la langue de Molière ou de Shakespeare. Les accords de grattes sont précis. Les voix sont harmonieuses. Les mélodies contagieuses. Leur folk lumineux et atmosphérique est manifestement hanté par Simon & Garfunkel…

Une grande et assez haute estrade accueille Sébastien Collinet, qui se consacre aux claviers (piano, synthés) et machines. Régulièrement, il descend de son pied d’estale pour épauler Timothée. Armé d’une gratte électrique, ce dernier s’installe au centre. Bâti comme une armoire à glaces, il est vêtu d’un épais blouson de cuir et chaussé de lunettes fumées. Son backing group implique également Arnaud Gavini aux drums et Edouard Polycarpe à la basse ainsi qu’aux synthés. Faut dire que Rover est aussi bien à l'aise dans le registre pop/rock qu’électro.

Pendant l’intro d’« Along », il s’installe devant le podium destiné aux synthés. La face avant s'illumine de lumières rouges. Des néons sont combinés aux différents micros. Ils oscillent du rouge au bleu, en passant par le blanc, suivant les sensations éprouvées par les artistes. Timothée remercie tout simplement le public d'être présent.

Sa voix de crooner est capable de grands écarts, rauque et ombrageuse quand le morceau s'électrise, atteignant des hauteurs vertigineuses, lorsque l’émotion l’exige. Mais elle peut également redescendre et devenir douce, éthérée ou lancinante. « Odissey » rend un premier hommage à feu David Bowie.

La setlit ne néglige pas « Aqualast », le single qui a fait connaître l'artiste. « Champagne » s’ouvre par un solide solo de batterie, avant que Sébastien, descendu de son nuage, ne vienne embrayer sur sa gratte semi-acoustique. Plus électro, « HCYD » libère quelques envolées atmosphériques. Timothée monte derrière l'estrade et tapote sur le clavier tout en modulant son timbre vocal sur les nappes de synthé. Les accès de basse sont ronflants. Rover évoque ses origines bretonnes avant d’attaquer « Trugar ». Une spectatrice lui rétorque que le concert se déroule dans le Pas de Calais. Tout en plaisantant, il l’invite à continuer de filmer et s’amuse de la plaisanterie. Le public applaudit. Plus rock, « Full Of Grace » s’autorise quelques incursions dans l’ultime œuvre de Bowie, « Blackstar ». C’est le second hommage à cet artiste incontournable de l’histoire du rock…

Lors du premier rappel, Timothée interprète d’abord « Let It Glow », en mode piano/voix. Puis étale toute sa technique à la six cordes. Et du second, il nous réserve une superbe version du « Dancing With Myself » de Billy Idol. Mais lui est encore vivant. Ou presque…

(Organisation : Vérone Productions en accord avec W Spectacle)

Candy Robbers

Des biscuits qui se méritent…

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Candy Robbers se produisait au Salon de Silly, ce vendredi 26 février, un groupe belgo/américain établi à Bruxelles. A son actif, un Ep éponyme, publié en en 2014, et un single, « 1000 Miles », dont le clip a été primé au festival 'Clip That Beat’ aux côtés de ceux de Robbing Millions, Great Mountain Fire ou encore Stromae. Et un premier album, dont la sortie officielle est prévue pour cette année. Après avoir remporté la finale de l’Emergenza (NDR : devant Feels !), en 2015, tremplin qui s’est déroulé à l'Orangerie du Botanique, le combo représentera la Belgique cet été, dans le cadre du festival ‘Taubertal’, à Rotenburg, un événement auquel participe 20 pays.

Pas grand monde dans la salle pour accueillir Candy Robbers. Tout au plus une cinquantaine de personnes. Le line up du band implique le drummer Remy Polfliet, le guitariste Axel Olson, le chanteur/gratteur (NDR : ce barbu à la bouille sympathique se sert d’une semi-acoustique) Maxime Rosenberg (NDR : c’est aussi le leader !), la claviériste/choriste Florence Theys et la (nouvelle) bassiste Bo Waterschoot.

Le set s’ouvre par « Oscilliations », un extrait de l'Ep. Maxime joue de la guitare à la manière de Matthew Irons. Ses riffs sont tour à tour doux ou atmosphériques. Puissante, bouleversante, chaude ou veloutée, sa voix est capable de monter très haut dans les aigus ou descendre très bas dans les graves. Pas de cuivres, comme sur disque ; ces sonorités sont reproduites par les synthés. 

Lorsqu’elle emprunte des intonations funkysantes ou jazzyfiantes, la voix de Maxime lorgne davantage vers celle de Mark King (Level 42). En fin de parcours, « Running Away » autorise un duel entre cordes.

La version quasi-acoustique de « 1000 Miles » est un vrai bonheur. La voix de Max est enrobée de chœurs féminins. L’instrumentation est soignée. Les interventions de drums sont légères et précises. Et la mélodie est contagieuse. « Come On » réverbère des sonorités surf, une compo très radiophonique. « Strangers Out Of Time » adopte un profil subrepticement reggae, nonobstant la présence de la slide. « Tango Dancer » baigne au sein d’un même climat. Quoique soul et autoritaire, la voix féminine appuie alors impeccablement celle de Max. Un inédit ? « Holler ». Des clapotis émanent du bord de la six cordes pour « Sorry », avant que les percus ne fassent monter la sauce.

Funkysantes, les grattes secouent « What You Searching For », dans l’esprit de Nile Rodgers. Et au bout d’une heure, « Beast Is Wild », clôt le set. Le nouvel album, « Cookie Jar », est exclusivement en vente lors des concerts. Pas de distribution officielle pour l’instant. Les biscuits se méritent ! Pour vous les procurer, vous devrez vous rendre à l’une des distributions consenties lors des concerts de Candy Robbers…

(Organisation Le Salon de Silly + Silly Concerts)

Caravan Palace

Un show démentiel, haut en couleurs et très électrique.

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Ce soir, le concert de Caravan Palace ne semble pas sold out ; et pourtant, le Cirque Royal est plus que bien garni. Surtout la fosse. En fait –et cette manœuvre devient la norme– les gradins se sont dépeuplés au profit du parterre. Faut dire que pour assister au show de cette formation hexagonale et participer à la communion entre le groupe et l’auditoire, c’est l’endroit idéal.

Issu de Braine-l’Alleud, Sonnfjord assure le supporting act. Le groupe est drivé par la vocaliste Maria-Laetitia Mattern. Elle est soutenue par son frère Aurelio (Paon, Lucy Lucy) aux claviers, François de Moffarts (Lucy Lucy) à la basse et au chant, Jérome Van den Bril à la guitare ainsi que Fabio Zamagni (Noa Moon) aux drums. Le quintet a publié un Ep six titres, « Up The Woden Hills », en février 2015, au sein duquel il va notamment puiser afin d’établir sa set list. Les musicos forment un triangle, derrière Maria. Un peu à la manière de BRNS, afin de renforcer la cohésion au sein du band.

Le set est très similaire à celui accordé, à l’AB Club, il y a un mois, en première partie de Joe Be (voir ici ). L’estrade est plus grande. Toujours aussi lymphatique, le public ne va vraiment réagir qu’en fin de prestation.

Le line up de Caravan Palace implique Arnaud Vial (guitare, programmation, synthétiseur), Charles Delaporte (contrebasse, synthétiseur, programmation), Hugues Payen (violon, programmation, scat, synthétiseur, chant), Antoine Toustou (machines, synthétiseur, trombone, chant), Camille Chapelière (clarinette) et Paul-Marie Barbier (vibraphone, percussions). Tous participent aux chœurs. Et bien sûr, Zoé Colotis au chant, à la danse et à la chorégraphie.

Caravan Palace a publié son troisième elpee, « <|°_°|> », en octobre dernier. Un opus qui fait suite à un éponyme et « Panic ». Et sur son dernier long playing, l’électro/swing s’est teinté de hip hop, de rockabilly et même de soul. C’est d’ailleurs dans le tracklisting de cet LP que le collectif va largement puiser ce soir. Sans pour autant négliger les tubes et les standards...

Mais sur les planches, c’est surtout l’aspect festif du show qui fascine. Chaque musico a droit à son estrade sur laquelle il descend à tour de rôle pour se mettre en exergue, et dans la foulée, haranguer la foule. Cependant, c’est Zoé qui est la véritable maîtresse de cérémonie. Et elle doit avoir mangé du lion, ce soir. Elle débarque vêtue de ses rituels mi-bas noirs et va constamment changer de fringues tout au long de la soirée. Et le plus souvent, en quatrième vitesse. En début de spectacle, elle a enfilé une robe de couleur noire garnie de franges argentées.

Le set s’ouvre par le cinglant hit « Comics » (« <|°_°|> »). Zoé grimpe sur son estrade et s’immobilise. Armé de sa clarinette, Antoine maintient la pression pour « Lone Digger ». Il ne s’agit que la deuxième chanson, et c’est déjà le souk dans la fosse. Faut dire que le light show nous en met plein la vue. Même votre serviteur, bien installé au balcon, a des fourmis dans les jambes. Et commence à remuer du popotin. Bien dégagé, l’étage s’y prête à merveille. Alors, pourquoi pas de se défouler ? Plus électro, « Suzy » fait la part belle au ‘tchack tchack boum’. Et c’est un régal !

Lorsqu’Antoine troque sa clarinette pour un immense sax alto, Hugues (NDR : c’est le violoniste) se prend pour un kangourou. Seul Arnaud, le guitariste, reste impassible sur son siège haut. Ses interventions dispensées dans un style manouche, sont élégantes. Pour « Midnight », Antoine a récupéré son sax conventionnel, alors que les préposés aux machines balancent la sauce. Dans la fosse, tout le monde danse. Zoé réapparaît dans des fripes hip hop, y compris les baskets ! Avant que la troupe n’attaque le rap swinguant et dansant « Midnight ». « Wonderland » nous entraîne dans l’univers de la boxe. Et c’est le puissant « Mighty » qui clôture le show. 

Mais ce n’est pas fini. Le collectif va encore revenir à deux reprises. Lors du premier rappel, les artistes s’autorisent un selfie, dos au public. De quoi immortaliser l’événement.

Et lors du second, le band va nous accorder « The Dirty Side Of The Street ». Un show démentiel, haut en couleurs et très électrique.

Caravan Palace est programmé dans le cadre du prochain festival LaSemo. A ne manquer sous aucun prétexte ! (Pour la section photos, c'est ici)

(Organisation : Progress Booking)

Lanterns On The Lake

De l’art de susciter un rappel !

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Plus de 200 personnes sont venues assister au concert de Lantern On The Lake, à la Rotonde du Botanique. C’est la dernière date de sa tournée. Issu de Newcastle, la formation est venue défendre son dernier album, « Beings » paru en 2015. Il s’agit de son troisième. Un test, puisqu’en général, soit l’aventure passe ce cap, soit elle tourne court…

Quatuor hainuyer, Bathernay assure la première partie. Nicolas (NDR : coiffé d’une casquette, c’est le petit nerveux) en est le chanteur/guitariste. Et le leader. Il est soutenu par le drummer Guilhem (Eric In The Kitchen, Tsuki Moon), le second gratteur Eric (Eric In The Kitchen) et le bassiste Nicolas Devos (NDR : plutôt de grande taille), qui a remplacé Oli, il y a une quinzaine de jours. A ce jour, le combo a publié un premier album. Baptisé « Moldy », il recèle 8 plages. 

Les quatre musicos se placent en ligne. Et on est parti pour une demi-heure de show en 4 morceaux. Faut dire que le premier dure 10 bonnes minutes. Intitulé « Love », il bénéficie d’une longue intro post rock –jouissive par ailleurs– avant de glisser dans le math rock. Et c’est la voix qui sert de modérateur au sein de cet univers sonore plutôt complexe, atmosphérique, expérimental et propice à la méditation…

Hazel Wilde se consacre aux vocaux, au piano et à la guitare (semi-acoustique ou électrique). Si elle possède une très belle voix, elle a un accent à couper au couteau. Digne de la chanteuse de Texas, Sharleen Spiteri (NDR : Newcastle, n’est plus très loin de l’Ecosse…) Angela Chan se réserve le violon, Oliver Ketteringham, les drums, Paul Gregory, la seconde gratte (NDR : c’est un gaucher !) et Bob Allan, la basse. Encore que les musicos changent quand même souvent d’instrument, et tout particulièrement Paul. Mais de gratte, qu’il joue aussi parfois, à l’aide d’un archet.

Lanterns On The Lake ouvre le set par « Of Dust & Matter », un premier extrait du nouvel album. Hazel siège derrière les ivoires pour entamer le set. Sa voix me fait penser à celle de Siouxsie Sioux. Puisant ses sources dans l’univers du folk, la musique de Lanterns On The Lake est à la fois douce, aérienne, mélancolique, délicate et chargées de feeling. Le violon d’Angela accentuant ces diverses émotions. « Another Tale From Another English Town » est un morceau particulièrement contagieux. Plus élaboré, « Faultlines » monte progressivement en puissance et s’achève dans un climat bruitiste réminiscent de Mogwai voire de Sigur Ròs…

« Through The Cellar Door » et « The Buffalo Days » sont interprétés d’une seule traite. Hazel demande de passer au marchandising après le show. Elle signale également qu’un rappel est prévu, mais qu’il est nécessaire d’applaudir et de taper du pied pour convaincre le band de revenir. Ce qui provoque de grands éclats de rire dans l’auditoire. Qui marche dans la combine et bénéficie quand même d’un ‘encore’…

La banane aux lèvres, Hazel et sa troupe reviennent interpréter « Outline » et une version de 5 bonnes minutes d’« I Love You, Sleepyhead ». Un chouette concert !

(Organisation : Botanique)

 

AaRON

Retour dans l’AaRONdissement de Lille…

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Le concert d’AaRON, programmé par l’Aéronef, ce mardi 23 février 2016, affiche complet depuis des mois. Tout fraîchement revenu de Montréal, le duo pop français défend son troisième album et semble très heureux de retrouver cette salle après 5 ans d’absence dans la métropole lilloise. Au cours du set, Simon va d’ailleurs glisser cette phrase : ‘Il y a des dates que nous attendons parfois plus que d'autres, celle-ci en fait partie’...

Le supporting act est assuré par Blondino. De quoi satisfaire les quelques fans de cette formation qui s’étaient probablement déplacés rien que pour leurs favoris. Dommage que cette première partie ne soit plus assumée par Camp Claude, comme en début de tournée, baptisée ‘We Cut The Night tour’.

Après un petit intermède d’une demi-heure, AaRON (NDR : pour ‘Artificial Animals Riding on Neverland’) monte enfin sur le podium. Et attaque immédiatement le spectacle par l’hypnotique, envoûtant même, « Magnetic Road ». Excellent choix d'introduction qui permet de contrôler progressivement la mise en place des différents éléments du show.

Dont la set list va osciller entre morceaux empreints de douceur et de poésie et titres beaucoup plus electro et par conséquent dansants. Faut dire que les hits du band avaient déjà subi, lors de leur passage au Grand Mix de Tourcoing, en mai 2015, un relookage plus technologique (voir compte-rendu ici)

« Arm Your Eyes » et « A Thousand Wars » nous entraînent dans une atmosphère extrêmement mélancolique, avant que Simon et Olivier –dont la ressemblance physique est de plus en plus frappante– ne se réservent un duo sur « U-turn », compo que les deux complices maîtrisent à la perfection, en profitant même pour célébrer une forme de communion fraternelle…

L’auditoire commence à entrer dans le concert et se réveille à partir de « Blow », disposition qui se confirme tout au long de « Seeds of Gold », plage issue du deuxième elpee, « Bird in The Storm ».

Le chanteur suscite alors la réaction du public en lui accordant un espace afin de reprendre certaines paroles en chœur (NDR : ‘C’est à vous !), marque le tempo et se balance de droite à gauche (NDR : ou de gauche à droite, selon); une technique qui permet d’établir une belle interactivité entre le groupe et la foule. Pourtant, on sent le combo quelque peu fatigué ; mais son bonheur de retrouver cette scène, notamment à travers le comportement de Simon, finit par devenir contagieux.  

En rappel, AaRON va nous réserver quatre titres énergiques : « Blouson Noir », « Shades of Blue », « Little Love » et « The Leftovers » ; de quoi plonger la fin de soirée dans une ambiance dansante…

Quoique ravis, les 2 000 spectateurs avaient pourtant un goût de trop peu en sortant de l’Aéronef, dont la configuration colle moins bien aux climats mélancoliques, voire ténébreux, au sein desquels certaines chansons du band hexagonal sont susceptibles de baigner… 

(Organisation : A gauche de la lune)

Pour la section photos, c’est ici

 

 

 

Fréro Delavaga

Une tournée qui n’en finit plus…

Écrit par

Dès 18h15, la file est longue, devant l’AB de Bruxelles, pour assister au concert de Fréro Delavega, sold out, ce samedi 21 février. Elle est constituée d’un public plutôt jeune, très féminin, même si on dénombre pas mal de parents. Faut dire que le duo a tout pour plaire : des gueules d’anges bien sympathiques et la banane constamment calée aux lèvres…  

Sidoine assure le supporting act. Agé de 28 ans, il a participé à la ‘Star Academy’ et décroché une place de finaliste en 2013. De son véritable nom Sidoine Rémy, il est originaire de Versailles. Les aficionados de Fréro Delavega réunissent pas mal de groupies, qui ne laissent, en général, que peu de place aux autres artistes… Natalia Doco en avait ainsi fait les frais, lors de sa prestation, programmée en première partie du duo, au Théâtre 140. Elle n’avait pu interpréter que deux chansons…

Sur les planches, vêtu d’un costume de couleur bleue particulièrement clinquant, le dandy est flanqué de deux claviéristes : Sébastien Buffet et Frédéric Fortuny, le premier se chargeant également de la boîte à rythmes. (Pour les photos, c’est ici)

Sidoine pratique une forme d’électro/pop/rock/folk sucrée, qu’il interprète dans la langue de Molière. Parfois on a l’impression que la musique est enrichie de chœurs féminins. Ce ne sont que des samples. Sidoine demande s'il y a des couples dans la salle. Complimente la Belgique, sa bière, etc. Ose un pas de danse à la Mickaël Jackson. Applaudissements. Les premiers rangs commencent à se déhancher. Son single, « La Nuit », constitue le point d’orgue de sa prestation. Qui s’achève par « La Chaleur ». Ce que l’artiste est parvenu à communiquer avant le set de Fréro Delavega…

Un second podium –et il est imposant– été installé sur celui de l’AB. Et puis un pont en polyester (pas en pierre, quand même) séparé d’une barrière en bois, simulant une plage paradisiaque… Constitué de pros, le backing group est installé sur cette deuxième scène. Votre serviteur attendait la prestation du duo au tournant. Qui avait été baptisé roi de la reprise. Ce soir, même s’il lui arrive de faire encore les guignols –comme lorsqu’il fait le pitre sur un air de Bob Marley– il va démontrer qu’il est passé à la vitesse supérieure.

Flo est un véritable showman. Il mène le public au doigt et à l’œil. Entre lui et ce public, s’établit une belle interactivité. Enfin, il avoue que la Belgique leur manquait.

On va assister à un véritable show à l’américaine. Des chants d’oiseaux nous plongent, dès « Intro », dans un climat feutré. Jérémy et Flo sont assis chacun sur le rocher placé de chaque côté du pont. Ils se lèvent et commencent à chanter devant les premiers rangs. Caractérisé par sa chorégraphie soignée et bien mise en valeur par le light show, « Un Petit Peu De Toi » est dynamisé par des rythmes africains. Un écran de fumée s’échappe du dessous du pont. C’est le moment choisi pour entamer un périple vers Kingston, en Jamaïque. Place au rituel des smartphones allumés tout au long de « Le Chant Des Sirènes 2 ». La toile placée derrière les artistes s'illumine de petites leds pendant le jazzyfiant « Sous Les Etoiles ». Lors de « Quand je serais grand tour de chance + Cornerstone » une estrade sur laquelle s’est installé Flo, s’élève jusqu’au dessus du drummer. Colorée, la suite du spectacle oscille entre salsa, musique caribéenne et électro pour s’achever par le final dantesque « Ton Visage ». Des moments au cours desquels on oublie la dure réalité de l’existence…

Le vieux divan figure toujours dans le mobilier de scène. Le tandem vient prendre l'apéro au bord de l’estrade et interprète l’une ou l’autre chanson a capella. Mais c’est sous la forme du duo acoustique guitare/voix, que le concert atteint son sommet.

En rappel, Fréro Delavega accordera trois titres, dont l’infernal « La Valse », « Le Chant Des Sirènes » et en clôture, « Le Coeur Eléphant ». Finalement la set list a puisé au sein des deux long playings de la paire… La tournée dure depuis trois longues années. S’arrêtera-t-elle un jour ? (Pour les photos c’est )

(Organisation : Live Nation)

 

 

 

 

The Black Box Revelation

Trois sold out en trois jours !

Écrit par

Il s’agit de la troisième soirée d’affilée réservée à The Black Box Revelation. Et c’est encore sold out. Issu de Dilbeek, ce groupe pratique un psyché/rock/blues particulièrement nerveux et directement inspiré par les White Stripes. Faut dire que c’est aussi un duo. Masculin cependant ; réunissant le drummer Dries Van Dijck et le chanteur/guitariste Jan Paternoster. En 2009, il assurait le supporting act pour Eagles Of Death Metal, dans la même salle. Que de chemin parcouru en 5 ans !

Stickstof est programmé en première partie, un crew hip hop composé d’un Dj et de quatre Mc’s. Tout en s’exprimant dans la langue de Vondel, il essaient de faire monter la pression. Seuls les premiers rangs semblent réagir, mais manifestement, la majorité de l’auditoire est venu pour voir et écouter B.B.R., qui est venu défendre son quatrième elpee studio, « Highway Cruiser », sorti en octobre 2015.

Dès sa montée sur l’estrade, le tandem est chaleureusement applaudi. Dries s’installe à gauche, en léger décalage, derrière des fûts imposants et flambants neufs ! Une toile a été tendue en arrière-plan. Y figurent le nom et l’emblème –deux yeux– du band. Tout au long du show, elle sera éclairée de spots aux couleurs différentes, pour mettre en exergue ce regard ténébreux. Installé à droite, Jan s’agite tel un arlequin déglingué. Tiens, il y a un claviériste, discrètement planté à l’extrême droite. Dans la pénombre ! Jan présente brièvement le combo. Il triture régulièrement les boutons des pédales placées devant lui. Pour « Madhouse » (« My Perception »), l’éclairage de la toile s’intensifie, de manière à rendre le regard perçant. Et la compo plus sauvage.  

Après un changement de gratte opéré par Jan, deux choristes grimpent sur le podium. Elles ont du coffre et sont plutôt sexy. « War Horse » (« Highway Cruiser ») trempe dans la soul. Jan laisse tomber ensuite la veste et remonte les manches de son tee-shirt ; de quoi provoquer l'hilarité au sein des premiers rangs. « Crazy White Men » adopte un profil davantage psychédélique. Jan chante d’une voix moins virile et plus harmonieuse. Il n’y a plus qu’une choriste pour « Walk Another Line » (« Highway Cruiser »). Et elle balance les bras en chantant. Jan harangue les premiers rangs en exécutant de longs riffs incendiaires. Le public est ravi. Le duo aborde le delta blues « Never Alone / Always Together », un extrait de l’Ep « Shiver of Joy ». Les choristes et le claviériste refont surface pour « High On A Wire » (« Silver Threats »), un des morceaux les plus populaires de The Black Box Revelation.

Les deux musicos n’oublient pas de démontrer toute leur technique sur leur instrument. Le concert touche à sa fin. Véritable brûlot, « My Perception » libère quelques envolées lyriques auxquelles participent activement les choristes. De quoi faire vibrer le public. Les artistes s’éclipsent après avoir salué la foule.

En rappel, « Gloria » (« Highway Cruiser ») est amorcé presque a capella, avant que la compo ne replonge dans le delta. Outre le hit « Set Your Head On Fire », on aura encore droit à une remarquable version du « Spoonful » de Willie Dixon (NDR : un classique repris notamment par Howlin’ Wolf), que les choristes chantent remarquablement, parfois frénétiquement, alors que la guitare de Jan libère une dose phénoménale d’agressivité. 

(Organisation : AB + Live Nation)

Voir aussi notre section photos ici

 

 

 

Young Rival

Rock, contemporain et très Nord-américain !

Écrit par

Le Witloof Bar n’est pas très peuplé, ce samedi 20 février. A l’affiche pourtant, Young Rival, dont l’excellent dernier album, « Interior Light », est paru l’an dernier. Un disque salué unanimement par la critique. Il s’agit déjà du troisième opus de cette formation canadienne (NDR : issue de l’Ontario), fondée en 2007.

En attendant que les retardataires débarquent dans la cave du Botanique, Whatever monte sur l’estrade. Un combo ardennais. Il est alors 20 heures. Les jeunes musicos semblent impressionnés par les lieux. Pourtant, il s’agit déjà de la deuxième fois qu’ils se produisent au cœur du superbe jardin bruxellois. Et cette timidité les empêche de communiquer avec le public. Le trio pratique un rock/garage nerveux, inspiré des 70’s et manifestent un bel aplomb pour jouer leurs compos. Malheureusement, elles manquent cruellement d’originalité. Faut croire que le combo est encore à la recherche de son identité sonore. Lâchez-vous les mecs, le potentiel est là !

Young Rival débarque peu après 21 heures. Encore un trio. Deux d’entre eux portent une barbe épaisse… digne des bûcherons canadiens. Une centaine de curieux se sont quand même déplacés pour vérifier si tout le bien que la presse a bien pu penser de leur musique est fondé. Le style est cependant difficilement définissable. Il s’inspire des sixties, c’est une certitude. Parfois garage, il s’inscrit dans le mouvement indépendant nord-américain qui a notamment donné naissance à Mac deMarco et Deerhunter. Entre autres.

Si la set list va privilégier les titres du dernier elpee, elle ne va pas pour autant négliger les deux premiers long playings. Le band a d’ailleurs plus d’une corde à son arc (NDLR : d’une hache dans sa cabane ?) Portées par la voix légère et surprenante d’Aron D’Alessio, les morceaux sont variés. Vêtus de vestes pailletées, les musicos proposent une expression sonore qui oscille entre douceur pop (« Bent Out of Shapes »), versatilité (« Carry the Weight ») et mélancolie (« Throw It in the River »). Et le plus nerveux « Elevator » clôture le set. Mais manifestement heureux de se produire à Bruxelles, le groupe revient accorder un dernier titre, en rappel. Une composition issue du premier LP. 

Malgré la qualité de son pas vraiment optimale proposée par le Witloof Bar, Whatever et Young Rival ont réservé une soirée agréable au Botanique. De quoi se consoler de la météo morose qui règne à l’extérieur. Assister à un set de Young Rival, c’est partir à la découverte du paysage rock contemporain… issu du Canada et du Nord des Etats-Unis. Que du bonheur !

(Organisation : Botanique)

 

Jasper Steverlinck

Une musique qui n’a pas pris une Arid…

Écrit par

Jasper Steverlinck, c’est le chanteur/guitariste d’Arid. Depuis 2002, il mène une carrière en parallèle. C’est surtout une fameuse voix que certains n’hésitent pas à comparer à Freddie Mercury. Il se produit deux jours de suite au Botanique. Et votre serviteur a choisi le vendredi 19 février…

Pourquoi ? Parce que Milo Meskens (NDR : que la drummeuse gantoise, Isolde Lasoen, affuble du surnom de Buckley de Deinze) assure le supporting act. Il s’agit du leader de Black Tolex, une formation chargée de promesses issue du Nord du pays. Il a décroché de nombreux prix lors de concours organisés en Flandre. Doué à l’harmo et c’est en outre, un fameux gratteur ! Sa musique est le fruit d’un mélange de folk, country, blues et pop. Rocailleuse, sa voix campe un hybride entre Jeff Buckley (of course !), Bon Iver et John Mayer.

Ce soir il se produit en solitaire. Il monte sur l’estrade vêtu d’un pantalon jaune et d’une chemise d’officier bleue aux rayures blanches. Et attaque son set par un morceau de folk plutôt classique intitulé « Safe And Sound ». Tout au long de « Whatever Ever », il ferme les yeux et se concentre sur son manche. Il s’autorise ponctuellement de superbes envolées vocales. Comme sur « Broken Roses ». Sa cover du « Airplane » d'Eddy Wally est solide. Il tapote régulièrement sur le bord de sa gratte pour assurer quelques pecus. « All The Best Friends » est une chanson qu’il a composée pour ses potes. « Here With Me » est devenu un hit en Flandre. Et il achève sa prestation par « Who Are You ». A suivre de très près.

Le nouvel elpee de Jasper Steverlinck devrait bientôt sortir. Il a été enregistré sous la houlette de Jake Gosling (Ed Sheeran, The Libertines, Paloma Faith). Un single en a été extrait, « Things That I Should Have Done ». Diffusé sur les ondes, il est assez prometteur.

Jasper s'est laissé pousser les cheveux. Il confie être heureux de remonter sur scène, après 4 années d'absence. Et précise que son show inclura des titres issus de son premier album solo, « Songs Of Innocence », sorti en 2004, du futur opus et du répertoire d'Arid.  

Jasper ouvre le spectacle en solitaire. Il attaque ainsi « That's When I Raise » à la gratte électrique. Le spectre de Freddie Mercury plane. Une comparaison qu’il déteste pourtant… Faut quand même reconnaître que grave ou aigue, elle est capable de franchir deux octaves. Il troque sa guitare contre une semi acoustique (NDR : une Gibson !) pour le paisible et mélancolique « Come On » ; moment choisi par le claviériste pour le rejoindre sur le podium. Dès le morceau terminé, le reste du band débarque. Soit un drummer, un second gratteur et un bassiste. Plus électrique, « Lost Stories » met en exergue le rôle du batteur. Jasper aborde « To Make Me Feel My Love » aux ivoires. Deux nouvelles chansons : « Cave Song » et le plus prog/rock « Night Prayer ». Pour aborder le nouveau single, Jasper est discrètement soutenu par le pianiste. Le second gratteur rappelle à Jasper qu’il doit changer de guitare. Ce dernier vérifie la set list. Fou rire général ! Il se mue en crooner pour « Song For You ». Applaudissements nourris. Il se prend pour Joe Cocker et parle avec les mains (NDR : ce n’est pourtant pas un Italien !) sur « You Are ». Et nous réserve quelques compos d’Arid seul, armé de sa gratte ou parfois, épaulé par le claviériste.

Le band est au complet pour accorder les deux derniers morceaux. Et lors du rappel, on aura droit à un inédit, « Miss you », ainsi qu’à « Life on Mars », une cover de Bowie. Finalement on a eu droit à 19 titres en un peu plus de 75 minutes. Et franchement, malgré sa longue absence, la musique de Jasper Steverlinck n’a pas pris une Arid…

(Organisation : Botanique)

GrandGeorge

Moins mathématique qu’il n’y paraît !

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C’est le jour ‘J’ (NDLR : le point G ?) pour Benjamin GrandGeorge, puisqu’il publie aujourd’hui son premier elpee, « So Logical » ; une sortie qu’il ponctue d’une ‘release party’. Et le concert programmé à la Rotonde du Botanique est sold out depuis un bon mois. Une bonne nouvelle pour l’artiste qui, jusqu’alors, avait bénéficié de quelques résidences au sein de l’institution. 

StevN alias Steven Codfert assure le supporting act. Chanteur, guitariste et compositeur, ce Franco-britannique est âgé de 23 ans. Puisant ses influences dans la soul, le blues, le jazz et la pop, il reconnaît pour influences majeures, John Mayer, Led Zeppelin, D’Angelo et James Brown.

Dès qu’il monte sur l’estrade, il prend le temps d’expliquer le fonctionnement de sa loop machine, un dispositif qui lui permet d’enregistrer des sons, de les reproduire en boucle tout en les incorporant à une trame instrumentale. Le tout à l’aide de pédales. Un traitement qu’il réserve à sa gratte semi-acoustique ou électrique. Le peuple commence à débarquer, et les spectateurs assis sur les marches sont invités à se lever.

« This Thing » ouvre le set. Steven se lance dans un exercice de human beat box, avant de libérer ses riffs de gratte électrique. Il chante également, d’une voix soul puissante et incantatoire. Un petit riff de guitare loopé balise « Itch ». Steven embraie en frappant des mains et le public applaudit dans la foulée, au grand étonnement de l’artiste, qui semble cependant apprécier. Il s’autorise une légère pause pour réaccorder sa semi-acoustique. Pas de boucles pour « Fired up », un titre plus roots, plus classique, hanté par l’esprit de Joe Bonamassa, qu’il interprète en mode voix/guitare. Un moment au cours duquel l’auditoire est fasciné par sa dextérité sur le manche. Et le concert s’achève en force, par « Somewhere » et « Clap », morceau de blues/roots/soul au cours duquel Steven va se vider les tripes sous le regard épaté de l’auditoire. A revoir, c’est une certitude !

GrandGeorge est un artiste de grande taille. Son nom n’est pas usurpé. Tiens, curieux, il revêt des t-shirts identiques, mais de couleurs différentes, selon qu’il se produit en ‘live’, est représenté sur la pochette ou placardé sur les affiches. Humble, le sourire constamment aux lèvres, il bénéficie d’un fameux capital sympathie. Il va accorder une prestation de 90 minutes ; ce qui est rare pour un artiste qui ne compte qu’un album et un Ep à son actif.

Benjamin se réserve le micro et se consacre à la guitare (acoustique ou électrique), au piano, ou au djembé. Il est soutenu par le fidèle bassiste Nicolas L'Herbette et le drummer Samuel Rafalowicz (NDR : il cache quelque chose sous le bonnet, c’est sûr…)

Dès les premières notes de guitare électro-acoustique, on reconnaît la mélodie de « Come Along ». On est alors invité à traverser les grandes étendues désertiques du Burkina-Faso. Tirant le plus souvent sur le jaune, le light show est à la fois discret et efficace. Benjamin sautille sur place. L’auditoire lui emboîte le pas, applaudissements à la clé. Le courant passe 5 sur 5 entre l’artiste et le public. C’est mathématique ! Caractérisé par sa mélodie contagieuse, le savoureux « How Long » est découpé rigoureusement dans les cordes acoustiques.

Benjamin nous fournit l’exégèse de « Little Boy ». Il était haut comme trois pommes quand ses parents l’ont emmené voir un concert. Le halo de lumière qui se focalisait sur la chanteuse était tellement puissant que son regard restait scotché sur elle. Il pensait qu'elle le regardait et il en est tombé amoureux… Tout au long de ce morceau jazzyfiant, les percus sont discrètes, les accords de basse vaporeux, et les accords de gratte limpides. Des accords qui adoptent un profil flamenco –parfois improvisé– sur « So Fine ».

« Fading Away » nous replonge en Afrique. L’ambiance est particulièrement chaleureuse. Davantage de percus pour « Old Friends », une compo qui lorgne vers… le Who ! Il n’en oublie pas pour autant le titre maître de son long playing, « So Logical ». Mais surtout nous propose un tout nouveau titre, une chanson d’amour qu’il interprète au piano. Il confesse avoir pris des cours pour pouvoir en jouer et explique que c’est sur cet instrument ou sa guitare qu’il a réalisé ses premières compositions.

Benjamin passe du dejmbé à la gratte en transitant par les ivoires pour exécuter « Good Old Money », un titre qui adopte également un tempo ska/reggae, tout en adressant un petit clin d'oeil aux traders. Avant « A Better Dance », Benjamin présente ironiquement son drummer, qu’il a baptisé Hocus Pocus. Et pour cause, ce dernier extrait une basse de son bonnet. Ce qui déclenche un fou rire général dans l’auditoire. Nico en a profité pour piquer la gratte électrique de Benjamin. Et les changements d’instruments se poursuivent, puisque Ben reprend celle de Nico pour attaquer le funk incendiaire « Petit Dej Au Lit ». En fait, tout simplement une invitation à servir de repas aux alligators du Mississipi. Et manifestement, le festin était… « So Fine » ! Puisque GrandGeorge nous le rappelle…

De ce show, on n’en oubliera pas les petites touches d’impro glissées parcimonieusement, mais judicieusement dans les morceaux ; ce qui s’explique, puisque tous ces musicos sont issus de l’univers du jazz. Suivant une logique moins mathématique qu’il n’y paraît ! Et puis la voix de Benjamin, qui me fait de plus en plus penser à celle de Charlie Winston… 

(Organisation : Le Botanique et Ubu Production)

 

 

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