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La Divine Comédie de Lora Gabriel

Lora Gabriel a trouvé sa voie en oscillant constamment entre les polarités pour mieux les réconcilier. Cette quête débute dès son enfance, lorsqu'un professeur de flûte traversière, au conservatoire, lui propose de chanter les notes qu'elle joue. Son premier…

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Béber

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jeudi, 03 juillet 2014 16:37

The last meal on earth

En se proclamant ‘groupe rock lancinant blues incantatoire’, Sleeping Village Orchestra nous promet un menu insolite pour son premier album, « The last meal on earth ». Enregistré en 2012, l’opus a, en tous cas, mis du temps avant de franchir la frontière. Pourtant, on ne peut pas dire que la formation nous vienne de loin, puisqu’elle est originaire de Picardie, et d’Amiens plus précisément.

Plus que l’étiquette, c’est tout le projet de ces Picards qui constitue un ‘concept’ en soi. En puisant ses références chez Black Sabbath, la littérature française ainsi que la Genèse, on était quand même curieux de voir ce que ce cocktail singulier aller pouvoir donner.

A première écoute, l’expression sonore est relativement agréable. Vu les nuances qui la colorent, il n’y a pas de doute, ces musicos ne sont pas nés de la dernière pluie. Manifestement, leur style colle à cette étiquette de ‘groupe rock lancinant blues incantatoire’. Néanmoins, à force d’accentuer l’aspect langoureux des compos, le chanteur plonge la musique dans un climat particulièrement morose. Du coup, on éprouve de grosses difficultés à différencier les morceaux, et on finit par s’emmerder sec. Bref, ce dernier repas consommé sur terre est d’un ennui mortel.

 

vendredi, 27 juin 2014 18:50

Wheel

Laura Stevenson est âgée de 28 ans. Et vient de publier son troisième opus, « Wheel ». Apparemment sans ses Cans. La musique ? La jeune New-yorkaise est tombée dedans dès son enfance. Et tout particulièrement l’americana. Son grand-père, Harry Simeone, était pianiste, un pianiste qui s’était forgé une belle notoriété sur la côte Est des Etats-Unis. Et sa grand-mère, Margaret McCravy, était chanteuse de jazz auprès de Benny Goodman. Inévitablement, toute jeune, elle apprend la guitare, puis le piano. Et commence rapidement à écrire ses premières compos. Elle chante à la chorale mais en même temps participe aux aventures de quelques formations punk. Mais finalement, elle en revient à ses premiers amours : le folk-rock. Elle redécouvre alors Neil Young et Leonard Cohen. S’intéresse à Jeff Mangum (Neutral Milk Hotel). Pour acquérir de l’expérience, notamment en live, elle tourne en compagnie de combos punk issus de Long Island. Elle fonde alors ses Cans et publie son premier elpee, « A record ».

Depuis, Laura a roulé sa bosse, joué en première partie de groupes bien établis (Maps and Atlases, Cults) et rencontré du beau monde. Ce qui va lui permettre de bénéficier du concours de quelques pointures, pour enregistrer ce « Wheel ». Ainsi, derrière les manettes, on retrouve Kevin McMahon (Swans, Titus Andronicus) et, côté instrumental, Rob Moose (Bon Iver, Antony and The Johnsons) ainsi que Kelly Pratt ( Beirut, Arcade Fire). Le second cité aux cuivres !

Tout au long de ce long playing, Laura chante ses déboires sur un ton drôle, enjoué, mais toujours impliqué, d’une voix bien timbrée à défaut d’être exceptionnelle. Un disque au cours duquel on passe du rock (« Runner », « Eleonora ») au country/folk (« The Hole », « L-DOPA ») en transitant par le blues (« Sink , Swim »), tout en préservant une même intensité.

 

dimanche, 22 juin 2014 09:09

# 2

Il y a un bail que j’ai reçu cet album. Pas de chance, systématiquement rétrogradé au profit de concurrents sans doute au profil plus alléchant, il lui a fallu deux ans pour remonter la pile de disques qui me reste à chroniquer. Pourtant, ni l’artwork, ni le patronyme du groupe ne sont responsables de cette dégradation. Et rien ne laissait supposer que le contenu puisse s’avérer insupportable. Alors, pourquoi ce cd de Caravaggio a-t-il été négligé ? Un malheureux concours de circonstance, et rien d’autre. Mais selon l’adage, mieux vaut tard que jamais…

Caravaggio est un combo originaire de la région parisienne. Il réunit des multi-instrumentistes dont l’ambition est de détricoter les arcanes du rock. A l’aide d’une musique instrumentale fortement teintée de free-jazz. Les sonorités distordues et les rythmes déstructurés sont légion. Mais également l’impro. Aussi, si une bonne partie de ce « 2# » ne manque pas d’intérêt, il faut reconnaître que certaines compos tirent en longueur et desservent l’ensemble.

Une bonne surprise qui aurait pu se transformer en révélation, si le combo avait eu la bonne idée de ne pas en rajouter trois couches…

 

dimanche, 22 juin 2014 09:07

Helium Horse Fly

Issue de Liège, Helium Horse Fly n’est pas une formation facile à cerner. C’est l’impression que laisse une première écoute de cet opus éponyme. A peine pense-t-on en avoir saisi le fil conducteur, qu’il vous échappe de votre champ d’audition. Une situation qui peut s’expliquer par la grande disparité entre les goûts musicaux des différents membres du groupe. Qui ont d’ailleurs tous vécu, des expériences dans des styles diamétralement différents. La naissance du quatuor remonte à 2009. Au sein du line up figure un guitariste qui a milité dans l’univers du hardcore : Stéphane Dupont. Un Besançonais ! Marie Billy assure les vocaux, Dimitri Iannello, la basse et Tom Malmendier, les drums.

Dès le premier titre, « Surgery Plains », on pénètre dans l’univers du hardcore. Pas pour très longtemps, car le reste de l’opus navigue entre noise et metal, une expression sonore ténébreuse, hantée par la voix lyrique de Marie. Mwouais, à premier abord, on ne peut pas dire que ses interventions vocales à la Amy Lee (la chanteuse d’Evanescence) me bottent particulièrement. Dommage, car les plages sont plutôt originales, complexes et bien charpentées…

 

vendredi, 13 juin 2014 14:49

Maximum Végétation

Room 204 réunit les sixcordistes Mric Chaslerie (Papaye) et Nicolas Cueille (Seal of Quality) ainsi que le drummer Pierre-Antoine Parois (Papier Tigre). Le trio est signé sur label français Kythibong (Fordamage, Electric Electric, Papaye, Pneu, …) Aussi, avant même d’écouter ce disque, on sait pertinemment à quoi s’attendre : un math-rock énergique et des titres qui ne durent pas plus de deux minutes.

Et manifestement, on ne peut pas dire que le trio soit innovateur, se contentant d’explorer une veine prévisible. Outre l’énergie jouissive procurée par les premières écoutes de cet elpee, il faut bien reconnaître que le concept commence tout doucement à se mordre la queue. Une carence en créativité que les artistes tentent de compenser en attribuant des titres loufoques à leurs compos. 

Finalement, « Maximum Végétation » va achever son parcours, une fois cette chronique rédigée, casé dans une colonne de disques, quelque part entre Pneu, Papaye et Chevreuil ; ce qui n’est déjà pas si mal !

 

vendredi, 13 juin 2014 14:48

Pathways through the sail

Moaning Cities est une formation bruxelloise fondée en 2011. Depuis 2013, elle tourne énormément et a notamment assuré le supporting act de Holy Wars ainsi que des Warlocks. Cet été, le groupe se produira au Dour festival. Où il partagera l’affiche en compagnie de Phoenix, Blonde Redhead, Connan Mockasin ou encore Breton, le dimanche 20 juillet…

Ce quintet est un cas particulier sur la scène musicale belge. A cause de son style, qu’on pourrait qualifier de blues-rock psychédélique. Et après avoir écouté « Pathways through the sail », il faut reconnaître qu’il a parfaitement bien assimilé les codes du genre.

Lorsqu’on écoute pour la toute première fois cet opus, on pense immédiatement aux Doors. A cause de la voix de Valérian Meunier qui rappelle celle de Jim Morrisson. Puis des influences manifestement orientales. D’ailleurs, au sein du line up figure un joueur de sitar. « Easter » et « Shipbreakers » sont même très susceptibles de nous plonger dans l’univers des contes des Mille et Une Nuits. Pourtant, le combo vit avec son temps et n’hésite pas à se servir de guitares bien grasses ou de la reverb’, dans l’esprit de Black Rebel Motorcycle Club, The Black Angels ou encore The Warlocks. Et en final de l’elpee, on a même droit à un titre acoustique.

En publiant « Pathways through the sail », Moaning Cities vient de frapper un grand coup, une œuvre magistralement produite qui devrait leur ouvrir les portes de l’exportation…

 

vendredi, 13 juin 2014 14:42

Holy Vacants

Originaire de Morristown, dans le New Jersey, Trophy Scars n’est pas né à la bonne époque. Et pourtant, la formation est apparue, il y a un peu plus de 10 ans. En outre, elle a beau remuer ciel et terre, le constat est toujours identique. Pourquoi un label aussi perspicace que Monotreme (Barzin, 65daysofstatic, Sleepmakeswaves, …) a accepté de distribuer un disque aussi ringard que cet « Holy vacants » ? Leur 10ème elpee, quand même. Et de nous inviter –forcément– à découvrir la musique d’un quintet, dont aurait préféré ne pas connaître l’existence ?

Au cours des 80’s, Trophy Scars aurait fait un tabac. Nous somme en 2014, et le décalage est énorme. D’autant plus que les 12 pistes de cet elpee sont de la même trempe, oscillant entre titres ‘trash’ et ballades niaises, soulignées –sans surprise– par des accords de piano. Les interventions de guitare sont calquées sur celles de Slash. La voix évoque (sans plus) celle de Greg Dulli ; mais quand il se met à hurler, on se demande s’il n’a pas avalé une boule de poils, et on craint même qu’à la fin du morceau, il finisse par rendre l’âme… 

 

mardi, 03 juin 2014 01:00

Minimaliste, mais efficace…

Originaire de Seattle, Damien Jurado roule sa bosse sur les routes du globe depuis un bon bout de temps, n’emportant, pour seul compagnon, que sa guitare sèche. Effacé, mais reconnu dans l’univers hermétique des folkeux, l’Américain n’est jamais vraiment parvenu séduire un public plus large. Une notoriété qu’il mériterait pourtant amplement, vu ses compétences de songwriter. Surtout depuis qu’il s’est associé à Richard Swift, multi-instrumentiste chez The Shins, mais également producteur pour, notamment, Foxygen et Laetitia Sadier. Grâce à son soutien, Damien Jurado semble avoir déniché le relais qui lui permet de transcender ses mélodies et donc de rendre son folk plus accessible.

Prévu initialement dans l’AB Box, il y a quelques semaines, le concert a finalement été déplacé au Club. Trop peu de places vendues ? Peu importe, le côté intimiste du Club correspond finalement davantage à l’univers sonore de Damien Jurado. Et finalement, la salle affichait tout de même complet.

Vers 21h, l’artiste monte sur les planches. Et suivant le même rituel, il va interpréter ses chansons assis, en grattant sa sèche. Dans ces conditions, difficile de tricher ! Après avoir écouté ses derniers albums (produits par R.Swift), on peut légitimement se demander comment il va parvenir à proposer une version plus épurée de son répertoire.

Jurado ouvre, tout en douceur, son set par « Silver Donna », un titre issu de son dernier opus, « Brothers of Eternal Son ». D’emblée, on est scotché par sa voix, en tous points identique à celle de ses disques. Les yeux à moitié ouverts (NDR : ou fermés, selon), il est totalement absorbé par sa musique. Judicieusement utilisée, la reverb’ permet de donner du relief à son chant. Son jeu de guitare est tout simplement minimaliste mais efficace. Timide, et sous le coup d’un jetlag, il ne commencera à s’exprimer qu’après un bon quart d’heure. Hésitant, il se lance pourtant dans un discours relatif à ses influences, reconnaissant avoir été ému par Richie Havens ou encore marqué par l’aspect répétitif de la musique brésilienne. Il enchaîne alors par « Silver Timothy », morceau davantage ‘exotique’ également extrait de son dernier long playing. Au fil du temps, Jurado est plus à l’aise. Il semble avoir surmonté sa fatigue. Il est de plus en plus loquace, même bavard, et arrive à amuser le public. Il avoue ne pas être doué pour les séances d’accordage. Et finalement, l’Américain se révèle un réel boute-en-train. Son bagout donne finalement du rythme à son récital. Dont on perd même le fil, à plusieurs reprises, vu la succession de titres…

Cependant, Damien Jurado nous a  réservé un excellent concert. Une heure et demie au cours desquelles il va démontrer tout son talent de songwriter, de guitariste et de chanteur à la voix aussi belle que fragile, dans un contexte acoustique et dépouillé. Le mélomane lambda regrettera sans doute une trop grande sobriété dans l’instrumentation ; mais en ce qui me concerne, je dois avouer que ce set m’a permis de découvrir une personnalité particulièrement sympathique, dans un cadre intimiste, celui de l’ABClub…  

(Organisation AB)

« In today already walks tomorrow » n’est pas vraiment un nouvel Ep de Sleepmakeswaves. En fait, il était déjà sorti dès 2008 en Australie, mais ne sera officiellement distribué sur le Vieux Continent, via le label insulaire Monotreme (65daysofstatic, Barzin, M+A, …), que dans quelques semaines. Le quatuor australien (NDR : il est issu de Syndney) s’est forgé une notoriété en se produisant ‘live’, bénéficiant notamment des tournées comme supporting act pour des groupes-phares comme Mono, Russian Circles ou encore 65daysofstatic. Et plus récemment, la formation a participé au Dunk !, festival post-rock par excellence.

A l’instar de leurs précédents essais, les Kangourous érigent des paysages sonores à la fois majestueux et accidentés. Et « I will write peace on your wings and you will fly over the world » ainsi que « One day you will teach me to let go of my fears » en sont certainement les plus belles illustrations. Lyrique, leur post-rock est balisé par des claviers ainsi que des violons, et traversé d’éclairs chargés d’électricité. De longues envolées atmosphériques leur permettent, en outre, de poser les ambiances. On pense notamment aux Japonais de Mono (d’ailleurs comme eux, ils affectionnent les titres à rallonge !) ou, dans une moindre mesure, à Sigur Rós.

Les 37 minutes de post-rock figurant sur ce « In today already walks tomorrow » sont d’excellente facture. Malheureusement, comme c’est souvent le cas pour une majorité de groupes qui pratiquent ce style, l’originalité n’est pas au rendez-vous…

 

vendredi, 23 mai 2014 10:51

San

Smallgang est avant tout une histoire de famille, une histoire entre deux frères, le bassiste Simon et le guitariste Toshi Kobayashi. « San » constitue leur second album, mais le premier essai depuis que Ruth Atkins a quitté le navire, réduisant le line up à un duo. Néanmoins, pour enregistrer cet opus, les frangins ont engagé Matthew Barnhart pour assurer les drums.

Et puis, ils ont également reçu le concours de quelques invités, dont Ritsuko Taneda, la bassiste de Shonen Knife. Pas étonnant, puisque si les deux mecs sont bien londoniens, ils sont originaires du Japon. Oui, c’est vrai, le nom de famille est une autre indication.

Bref, sur « San », Smallgang a voulu en revenir à une structure basiquement rock : guitare-basse-batterie. À l’ancienne ! Douze morceaux sculptés dans un noise-rock minimaliste, énergique, rafraîchissant et efficace. Les sessions se sont déroulées à Chicago ; et on ressent clairement l’influence des groupes qui ont marqué cette ville mythique. On pense notamment à Shellac. La basse caoutchouteuse, tout comme les percussions lourdes et lentes rappellent le groupe de Steve Albini. Une œuvre qui alterne titres plus puissants comme « Hibernation » et plages davantage mélodiques, à l’instar de l’entraînant « Precursor » ou du mélancolique « Cards ».

Finalement, en limitant leur gang à une fratrie, Smallgang est parvenu à trouver un parfait équilibre. On devrait certainement encore parler de la famille Kobayashi, au cours des prochaines années…

 

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