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Le rire de Will Paquin

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Kreator - 25/03/2026
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Béber

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vendredi, 27 septembre 2013 13:23

Melt Yourself Down

Alors que les cendres du groupe londonien de free-jazz Acoutic Ladyland sont encore chaudes, le leader et saxophoniste Pete Wareham monte un nouveau projet et le baptise Melt Yourself Down. Histoire de ne pas être trop perdu, il a fait appel à son ancienne collègue Ruth Goller afin de tenir la basse. On retrouve derrière les fûts Tom Skinner. Un deuxième saxophoniste (Shabaka Hutchins), un claviériste (Leafcutter John), un percussionniste (Satin Singh) et un chanteur (Kushal Gaya) complètent le line up du band.

Peu enclin à respecter les codes, Melt Yourself Down se plaît à brouiller les pistes et apparaît comme un réel OVNI musical. Difficile de rester en place à l’écoute de ce premier album. Les Anglais n’hésitent pas à teinter de nuances orientales, de l’afro-jazz ou de la musique latino. Dynamisant le tout d’énergie punk et la saupoudrant de quelques particules d’électro. Un sacré fourre-tout donc ! Mais pour un résultat impressionnant. Car ça groove ! C’est hypnotique. Au chant, Kushal Gaya, le shaman, semble littéralement possédé. Les saxophones sont épileptiques. Et le plus extraordinaire c’est qu’au final, les huit morceaux restent accessibles.

Cet album devrait plaire aux amateurs de musique du monde mais pas seulement, car Melt Yourself Down parvient à transgresser les frontières et transcender les genres. N’hésitez donc pas à vous y plonger. Sensations fortes assurées !

 

dimanche, 22 septembre 2013 03:00

Service minimum…

Smith Westerns se produisait au Botanique, ce dimanche sans voiture, pour défendre son troisième et dernier opus acclamé par la critique, « Soft Will ». On était donc curieux de voir si le quatuor chicagolais était capable de soutenir la comparaison sur les planches. Il revenait au groupe belge, Seasick Sailors, d’assurer le supporting act.

Seasick Sailors ouvre donc le bal. Après quelques minutes de tergiversations, le set peut commencer. Le quintet à apparemment bien bossé sur sa promo, car une partie du public s’est déplacée exclusivement pour eux. Malheureusement, la Rotonde est loin d’être remplie. Dommage, car il faut avouer que le combo propose un tracklisting, ma foi, fort sympathique, même s’il tire un peu trop dans toutes les directions. On passe ainsi sans transition du climat country & western à la ballade maritime, en transitant par le rock. Néanmoins, vu le bonheur que semblait partager les musicos, sur le podium, on ne pouvait qu’adhérer…

Vers 21h10, la formation étasunienne monte sur l’estrade. Quelques spectateurs supplémentaires ont débarqué à la dernière minute, mais il n’y a quand même pas grand monde au sein de l’hémicycle. Faut croire que les absents ont un peu trop fait la fête ce week-end ! Vêtus (ou plutôt déguisés) à la mode 80’s, les membres de Smith Westerns ont des visages d’adolescents. Difficile d’imaginer que le band vient déjà d’enregistrer son troisième opus. J’imagine qu’ils n’avaient que 16 ans lorsqu’ils ont gravé leur premier, quatre ans plus tôt. Mais malgré leur apparente jeunesse, ils affichent déjà un bel aplomb sur scène. Chevelu, le chanteur est d’ailleurs loin d’être timide et n’hésite à discuter avec le public. L’ambiance est chaleureuse, les mélodies accrocheuses. Bref, manifestement, le groupe détient la recette du succès. Et il ne s’en prive pas, puisqu’il est responsable de toute une série de tubes. Potentiels ou établis. Des morceaux qu’il interprète ce soir. En particulier, des chansons issues de leurs deux derniers elpees. Dont les excellents « Varsity » ou encore « Idol ».

Malheureusement, on a vite fait le tour du show. Quoique bien interprétés les titres se suivent et se ressemblent ; et surtout ne laissent aucune place à la surprise. En fait, la structure de la compo semble immuable. Une fois la mélodie mise en place, le refrain est entonné plusieurs fois ; et lorsque le solo de guitare est consumé, la chanson s’achève pour céder le relais à la suivante. Enfin, le set ne durera, en tout et pour tout, que cinquante minutes. Sans le moindre accès de folie. Un peu court, quand même. Service minimum !  

(Organisation Botanique)

 

vendredi, 20 septembre 2013 17:07

Beliefs

Sorti en mars dernier, le premier album de Beliefs est passé inaperçu chez nous. Un phénomène regrettable, car le groupe mérite le détour. 

L’histoire de Beliefs débute en 2010, lorsque Josh Korod, Jesse Crowe et le bassiste Pat McCormack se rencontrent sous les buildings de Toronto. Après avoir publié plusieurs Eps et un split album, le trio enregistre enfin un premier elpee chez No Pain in Pop, label sur lequel on retrouve notamment Echo Lake, Health ou encore Veronica Falls.

La photo floue et vaporeuse qui illustre la pochette décrit mieux qu’un quelconque discours, la musique de Beliefs. Dès les premières notes d’« Iron Streams », une vague d’électricité se propage. Nous sommes alors plongés dans un univers psyché. Les tremolos langoureux de la guitare et la voix de Josh Korod nous y propulsent. Et lorsque celle Jesse Crowe s’évapore, on songe directement à My Bloody Valentine. Sur « Catch My Breath » et « She Comes Alive », le rythme s’élève et les Canadiens nous pondent un refrain de toute beauté, susceptible d’être traduit en tube ! Par leurs accents noisy, certains morceaux évoquent Sonic Youth (« Strangers »). Mélancoliques, « Dead Water » et « Carousel » démontrent que Beliefs peut également jouer sur notre corde sensible. 

Le band canadien possède plusieurs cordes à son arc. Difficile de comprendre pourquoi il n’est pas encore parvenu à percer. Cependant, il n’est jamais trop tard pour bien faire…

 

vendredi, 20 septembre 2013 17:04

Stills

Gauntlet Hair nous vient du Colorado, un duo qui pourrait très (trop) facilement être taxé de revivaliste 80’s. Or, ce serait commettre une grosse erreur ! Craig Nice (batterie) et Andy Rauworth (guitare, voix) affectionnent clairement la batterie électronique, les claviers et les machines aux relents eighties ; mais leur appétit ne s’arrête pas en si bon chemin. Ils puisent également leurs sonorités dans la noise et le post-punk. Bref, leurs compos baignent, le plus souvent, au sein d’un climat gothique. New Order et Jesus and Mary Chain ne sont pas loin, mais en plus punk. A contrario du premier elpee de la formation, « Stills » aborde le côté obscur de la musique. Les mélodies sont aussi moins évidentes ; plusieurs écoutes s’imposent d’ailleurs afin de pénétrer au cœur de cette carapace et d’apprécier cette œuvre, ma foi, complexe.  

Deuxième essai réussi donc pour le duo qui a eu l’audace de changer de parcours en explorant un univers sonore particulièrement ténébreux. Si le long playing est paru en été, ce n’est réellement que dans les premiers jours d’automne qu’il prendra toute son envergure.

 

vendredi, 20 septembre 2013 16:52

The early year

Formé au début des 90’s, Scud Mountain Boys a publié trois albums avant de se séparer en 1997. Originaire de Northampton, dans le Massachusetts, le groupe avait acquis une certaine notoriété dans l’univers du country/folk. Lorsque la formation se sépare, Joe Pernice, l’ex-leader du groupe, ne chôme pas pour autant. D’abord il fonde ses Pernice Brothers ou se produit sous le patronyme de Chappaquiddick Skyline. Il crée également son label, Ashmont Records. Une écurie qui lui permet alors de sortir ses disques, en toute tranquillité et surtout sans la moindre contrainte extérieure. 

En 2011, Pernice décide néanmoins de remonter les Scud Mountain Boys. Et première décision, il réédite ses deux premiers albums, « Pine Box » et « Dance the Night Away », sur une double compile. Soit un total de 27 morceaux. Bien entendu, sur le label du patron. Si posséder sa propre structure a du bon pour le groupe et pour les mélomanes, le manque de supervision peut parfois porter préjudice. Objectivement, on imagine mal comment une écurie aurait pris le risque de ressortir ces deux long playings. Car avouons-le, tout au long de « The early year », on s’emmerde ferme. Aucun titre ne sort réellement du lot. Après les deux ou trois premiers morceaux de l’opus, on s’assoupit, et au bout du cinquième, on tombe carrément dans le sommeil le plus profond. Manifestement, cette réédition n’est pas vraiment de nature à nous intéresser à leur nouvel elpee, « Do You Love The Sun », paru cette année.

Si vous cherchez une alternative aux sédatifs, ne cherchez plus ! Et en plus, il n’y a pas d’effets secondaires à consommer ce très efficace somnifère !

 

vendredi, 13 septembre 2013 17:23

Flourish // Perish

En deux ans, les choses ont pas mal changé chez Braids. Depuis la sortie de leur premier album, « Native Speaker », les Canadiens ont acquis une certaine notoriété sur la planète de l’indie-rock. Leur second elpee était clairement attendu. Exercice d’autant plus difficile que depuis, Braids a subi une réduction de line up, suite au départ de Katie Lee.

L’opus s’ouvre par « Victoria », un morceau glacé qui fait la part belle aux sonorités électroniques, dont les nappes se superposent subtilement. Peu à peu, la voix de Raphaelle Standell-Preston (moitié du duo de Blue Hawaii) vient se poser. Un organe vocal au timbre moelleux, proche de la perfection, sis quelque part entre celui de Björk (dont on ressent les influences tout au long du long playing) et de Joanna Newsom. Une voix le plus souvent douce, mais qui n’hésite pas à élever le ton lorsque c’est nécessaire, comme sur « In Kind » et « Together ».

Quelque part entre cold-wave et dream-pop, la musique de Braids est particulièrement raffinée. Les Canadiens établis à Montréal prennent leur temps pour construire les ambiances. Pourtant, aucun des 10 morceaux ne s’essouffle. Parce que le tracklising est parfaitement équilibré, alternant plages lentes et hypnotiques, morceaux rythmés ou construits en de longs crescendos. Des crescendos parfaitement rendus grâce notamment à une production irréprochable. Pari réussi donc pour le trio qui a donc choisi sur « Flourish//Perish », d’explorer une voie davantage électro. Manifestement le Canada n’a pas fini de nous surprendre…

 

vendredi, 06 septembre 2013 03:00

Figé dans la perfection…

Soirée de rentrée, ce vendredi 9 septembre, au Botanique. Et pour débuter cette saison, qui propose une programmation de haute volée, les organisateurs ont choisi la formation canadienne, Braids. Une valeur sûre, vu la qualité du concert accordé, il y a déjà deux ans. En outre, c’est une belle opportunité offerte au band de présenter son deuxième album, « Flourish//Perish ». Résolument tourné vers l’électronique, cet opus a déjà été salué par la chronique spécialisée. Et il revenait au Belge Ssaliva d’assurer la première partie…

Confronté à un problème de transport, je débarque 30 minutes en retard, au Botanique. Le temps de récupérer ma place et de me diriger vers la Rotonde, je croise le public qui vide les lieux pour prendre un rafraîchissement. Ssaliva, ce sera donc pour une autre fois. Dommage…

Un bon quart d’heure plus tard, les spectateurs reprennent le chemin de la Rotonde. La salle est cependant loin d’être pleine à craquer. Il faut dire que Braids ne jouit pas encore d’une notoriété suffisante, chez nous. Vers 21h, le désormais trio (NDR : depuis le départ, l’année dernière, de Katie Lee) monte sur l’estrade. Raphaelle Stadell-Preston (guitare, claviers, voix), Austin Tufts (batterie) et Taylor Lee (claviers, basse) s’installent derrières leurs instruments. Ils y resteront plantés, quasiment tout le concert. Qui démarre d’emblée par des morceaux issus du dernier elpee. Vu la température qui règne à l’extérieur, on peut affirmer que leur cold-wave détonne. Des nappes sonores réverbérées planent au-dessus de l’auditoire. On a l’impression d’entrer en lévitation. Pourtant, le band maîtrise parfaitement son sujet. La voix de Raphaelle Stadell-Preston impressionne, même. Björk n’a qu’à bien se tenir ! Si les premiers titres sont plutôt lents et s’installent progressivement, la suite prend davantage de relief. Le set passe alors à la vitesse supérieure. Ainsi sur l’excellent « In Kind », la vocaliste montre littéralement les dents (façon de parler !) Mais la setlist n’a pas oublié le premier long playing, « Native speaker ». De quoi ravir les aficionados. Malheureusement, le jeu de scène m’a paru un peu trop statique. Autrement dit, on ne peut pas dire que les musicos soient des showmen. Manifestement, c’est un aspect à améliorer, si le combo souhaite prendre de l’envergure. Tout comme leurs jeux de lumières, un peu trop ternes à mon goût. Bien sûr, leur musique ne prête pas à la rigolade ; mais on attend d’un spectacle qu’il dépasse la dimension de l’enregistrement studio, et pas simplement le reproduire, même à la perfection…

(Organisation Botanique)

 

samedi, 07 septembre 2013 19:14

Constantinople

Publié il y a déjà quelques mois, cet album n’a pas fait grand bruit. Pourtant, ce trio établi à Los Angeles est signé sur le label Neurot (Amen Ra, Neurosis, Akimbo, …) Ce qui constitue un gage de qualité ! Le line up implique deux dames et un homme. Soit la chanteuse/bassiste  Sera Timms, la drummeuse Kelly Johnston et le guitariste Jason Bennet. Contrairement à ses compagnons de label, Ides of Gemini n’érige pas de mur du son. Les interventions des quatre et six cordes sont minimalistes et le son est épuré. Mais l’originalité de la musique du band californien procède du chant de Sera Timms. Elle possède une voix enivrante, vaporeuse et lyrique. Et c’est cette voix qui communique à « Constantinople » ce climat glauque et gothique.

Bref, cet opus ne manque pas d’allure. Quant à affirmer qu’il soit indispensable, il y a une marge que je n’oserai franchir.

 

vendredi, 30 août 2013 11:06

Oro : Opus Alter

Lorsqu’on jette un coup d’œil à la pochette de cet album, on se doute instantanément qu’on va se farcir du lourd, voire du très lourd. Et les références gothiques de l’artwork ainsi que ses tonalités sombres, sont accentuées les textes morbides qui figurent à l’intérieur du livret. Une impression que le patronyme du groupe, Ufomammut, ne va certainement pas alléger. A priori, je ne suis pas friand de tout ce qui touche à cette mouvance ténébreuse. C’est sans doute la raison, plusieurs mois m’ont été nécessaires avant de me décider à écouter cet opus. 

En signant chez le label notoire Neurot (Neurosis, Amenra, Akimbo, …), ce trio italien jouit évidemment d’une plus grande visibilité ; et en particulier depuis la sortie de leur précédent elpee, « Oro-Opus Premium », un disque qui avait fait l’unanimité auprès des amateurs du genre. « Oro-Opus Alter » constitue la suite logique. Et d’après la presse spécialisée, il était très attendu…

L’elpee démarre littéralement sur les chapeaux de roues. Les Transalpins dressent rapidement un mur de son. La guitare sature. La basse vrombit. Les riffs sont puissants, lents et hypnotiques. Dès le deuxième morceau, les cris font leur apparition. A cet instant, on pense clairement à leurs compagnons de label, Akimbo. On l’avait suspecté, Ufommamut ne fait pas dans la dentelle.

Et si en bout de course, on ressort complètement lessivé de cette épreuve et les oreilles bourdonnantes, reste l’impression d’avoir découvert un groupe qui en vaut la peine. On n’écoutera pas « Oro : Opus Alter » et son petit frère tous les jours mais, lorsque le temps deviendra maussade, on s’imagine bien se déchaîner en sa compagnie…

 

mercredi, 07 août 2013 23:08

Leaves

Avant d’incarner la notion de groupe, The Paranoïd Grill est avant tout le projet de Joachim De Stercke. Originaire de Tournai, il n’en est pas à sa première expérience. Dans le passé, il a milité au sein d’un cover band de Nirvana en compagnie duquel il a d’ailleurs bourlingué à travers le plat pays et la France. L’écriture de « Leaves », premier album de The Paranoïd a nécessité deux années de travail. Et notamment afin d’arrondir les angles, à l’aide du producteur Rudy Coclet (Sharko, Arno, An Pierlé,

Paranoïd Grill puise essentiellement ses influences de l’autre côté de l’Atlantique. Si l’opus s’ouvre par deux titres pop rock aux accents psychédéliques, certains titres sont très susceptibles de virer dans l’univers du folk blues, à l’instar de « Drops in a River » ou de « Honest Voices ». Des morceaux au cours desquels la voix d’écorché vif du chanteur, propice aux épanchements de mélancolie, fait merveille. Joachim De Stercke s’y livre totalement. Mais si les mélodies tiennent parfaitement la route, il faut reconnaître que l’intensité des compos s’essouffle progressivement. Probablement à cause de cette voix. Alors qu’en début de parcours, elle constitue un atout, au fil du temps, elle se mue un obstacle. Elle devient même envahissante. N’est pas Jeff Buckley qui

Dommage, car « Leaves » laisse transparaître un fameux potentiel chez Paranoid Grill. Faudra gommer les imperfections lors de la confection du second essai. A suivre donc…

 

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