Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

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Festivals

Rock en Seine 2014 : samedi 23 août

Pour sa 12ème édition, le festival Rock en Seine proposait une affiche très variée. A l’instar des années précédentes, il a investi le superbe domaine boisé de Saint-Cloud, au sud-ouest de Paris. En constante progression depuis sa création, il a fait le plein, totalisant quelque 120 000 visiteurs sur trois jours. N'ayant pu nous déplacer le vendredi, c'est donc le lendemain que nous rejoignons la capitale parisienne.

Au programme du samedi, une belle brochette de formations confirmées, surtout Portishead, dont le retour est très attendu, mais également quelques autres très prometteuses, qui opèrent presque leurs débuts dans un festival d’envergure.

Ce qui frappe tout d'abord à Rock en Seine, c'est l'excellent accueil réservé aux journalistes. En véritables VIP, nous avons accès à un vaste espace privé, avec bar, resto, transats et des écrans projetant les images des concerts. Idéal pour se relaxer entre deux spectacles ! Lorsque nous débarquons, il fait plein soleil et Sean Lennon accorde une interview sur le stand de France Inter... Sympa !

Première halte près de la Scène 'Pression', à flanc de colline, pour découvrir un trio de sirènes issues du Danemark : Giana Factory. Louise Foo, Lisbet Fritze et Sofie Johanne ont fondé Giana Factory en 2008. Evoquant Austra, Bat For Lashes ou encore Marscheaux, leur 'dark pop' est intrigant et les harmonies vocales, très jolies. Rien de vraiment révolutionnaire, mais un set bien agréable pour entamer notre journée.

Sur la Scène de la ‘Cascade’, la deuxième en importance, on découvre ensuite une formation suédoise, Junip. Emmenée par José González (voix, guitares) et Tobias Winterkorn (orgue, Moog), elle pratique un rock psychédélique aux accents folk. Fleet Foxes et Grizzly Bear ne sont pas très loin. Mais ce qui singularise leur musique, c'est la voix très douce et suave de José González, mais aussi les arrangements très psyché, voire même parfois kraut. Mention spéciale à « Line of Fire », un superbe titre extrait de « Junip » (2013), qui recueille un joli succès en fin de parcours. Une belle découverte !

Après une courte pause, nous revenons au même endroit pour Thee Oh Sees, qui a décidé de tout fracasser à coup de riffs psyché/punk. En short et la guitare serrée très haut contre sa poitrine, John Dwyer, le chanteur/guitariste, a la même dégaine qu’Angus Young. Mais la musique lorgne plutôt vers les Sex Pistols alors que les voix oscillent entre cris aigus et grognements rauques. Fun mais de quoi rester sur sa faim. J’ignore si le band californien est responsable, mais il commence à pleuvoir ; et on en profite pour opérer un détour par le Village du Disque, où sont dressés les stands de Born Bad Records, Ground Zero, etc.

Nous décidons de faire l'impasse sur Cheveu, la nouvelle sensation française, que nous avons vus en février dernier, à l'Atelier 210 de Bruxelles. Gageons que leur electro-punk dévastateur aura mis le feu à la Scène de l'‘Industrie’. On me rapporte que le chanteur a, de nouveau, terminé le concert debout sur son synthé. Attention au gimmick ! 

Pendant ce temps, sur la Grande Scène, Sean Lennon et sa compagne, Charlotte Kemp-Muhl, présentent leur projet créé en 2008 : The Ghost of a Saber Tooth Tiger (oups, quel patronyme) ! L'Anglais arbore un look très sixties et la ressemblance avec son père est frappante. La musique, également ! Par moments, on croirait entendre les Beatles, période psychédélique, un peu comme si Georges Harrison avait modernisé « Tomorrow Never Knows ». Tout est bien en place, et particulièrement lors de « Xanadu » et « Animals », malgré un côté un peu caricatural. Qu'importe, le son est excellent et on en conclut que le 'revival' psyché pourrait offrir au 'fils de...' une opportunité de come-back. Sur l’estrade, la très belle Charlotte Kemp-Muhl se réserve la basse et chante même quelques titres. Un projet à surveiller !

Après une pause bibitive bien méritée, nous décidons de 'zapper' Emilie Simon afin de nous placer idéalement pour le concert de Portishead. L'artiste française a apparemment fait fort en bénéficiant, pour la circonstance, du concours de l'Orchestre National d’Ile-de-France.

Devant la Grande Scène, l'attente est écourtée par la projection d'un film sur les intermittents du spectacle. On sent la pression monter, car le retour des petits génies anglais est très attendu. Portishead a marqué les années 90 et 2000 en créant un style mariant à merveille la voix très 'bluesy' de Beth Gibbons et les arrangements trip-hop, voire kraut, de Geoff Barrow et Adrian Utley. Leur retour coïncide d'ailleurs avec la réédition de leur premier opus, « Dummy », paru il y a juste 20 ans.

Dès les premiers samples de « Silence », on a la conviction qu'on va assister à un concert unique. Beth Gibbons s'avance sur le podium et c'est le délire dans le public. Elle est habillée chaudement d'un imperméable à capuche ; et, suivant son habitude, restera très discrète tout au long de sa prestation. Mais l'essentiel est dans sa voix, et quelle voix ! Elle est empreinte d'une sensibilité déchirante qui vous glace le sang. Après un magistral « The Rip », « Wandering Stars » constitue le premier moment d'absolue magie. Geoff Barrow quitte son espace synthés/percussions et s'assied à côté de Beth Gibbons pour jouer de la basse. Une basse, une voix et quelques sons de guitare sont suffisants pour nous flanquer la chair de poule. « The blackness of darkness forever... » atteint les tréfonds de la noirceur de l'âme ; et comme pour faire écho à ces paroles, la nuit s'installe doucement sur le domaine de Saint-Cloud.

« Machine Gun » marque un changement radical d’orientation. Les basses mitraillent littéralement l’auditoire ; surtout les spectateurs qui sont placés aux premiers rangs, juste devant les énormes woofers ! Le très célèbre « Glory Box » nous plonge ensuite dans son ambiance soul. La foule est aux anges. La fin du set est tout simplement géniale : caractérisé par sa rythmique hypnotique très kraut/wave, « Chase The Tear » fait mouche, alors que « Threads » constitue l'apothéose finale par excellence. La composition est obsédante, lourde, presque 'doom', et gagne progressivement en intensité. A la fin du morceau, Beth Gibbons vide ses tripes et crie comme une possédée ‘I am One, Damned One’, pendant que les écrans vidéos projettent des images hallucinantes. Un final extraordinaire, qui atteint selon moi le niveau de Nine Inch Nails (le 'nec plus ultra' en live, à mon humble avis)...

En rappel, Portishead continue sur sa lancée et délivre un excellent « Roads », marqué par les sons vibrants de Fender Rhodes et enfin, « We Carry On », extrait de « Third ». Une prestation en tous points excellente, qui a véritablement illuminé le festival. Vivement un 4ème elpee !!

Retour à l'espace VIP pour se remettre de ses émotions en suivant distraitement sur l'écran vidéo le concert électro du jeune australien Harley Edward Streten, aka Flume. Mais peut-on vraiment appeler ‘concert’ la prestation d’un musicien qui passe son temps à activer des 'patches' sur un contrôleur tout en affinant le son sur un égaliseur ? 

Cap ensuite vers l’'Industrie’, pour assister au show de The Horrors, une formation anglaise que nous suivons depuis ses débuts, en 2005. Après avoir publié deux albums 'culte', l'un très post punk (« Strange House ») et l'autre cold wave (« Primary Colours »), la bande à Faris Badwan a malheureusement viré vers la 'pop', pour ne pas dire la britpop, à partir de 2011. En ‘live’, il y a bien longtemps que The Horrors tourne ‘en pilote automatique’, accordant des prestations professionnelles mais sans véritable spontanéité. Mention quand même à l'excellent « Sea With A Sea », qu'on ne se lasse pas d'entendre. Le public est assez mou, dans l'ensemble, ne réagissant que pour le très mainstream « Still Life ». Mission accomplie pour The Horrors, mais sans aucun éclat.

En repassant devant la Grande Scène, on a l'occasion de suivre de loin la fin du set de The Prodigy, les pionniers anglais du 'Big Beat' qui a marqué les années '90. Un spectacle très puissant, accordé devant une foule enthousiaste. Mais hanté par les mélodies de Portishead, nous reprenons la route vers l'hôtel...

(Organisation : Rock en Seine)

Pukkelpop 2014 : samedi 16 août

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Depuis deux jours à présent, une étrange silhouette ressemblant vaguement à la mort, trône en soirée devant l’entrée du site.
En lieu et place d’une faucille, elle tient en équilibre précaire un amas de PMC composé principalement de bouteilles usagées.
Je n’arrive pas à décrypter son message barbouillé d’une écriture sale en néerlandais, mais j’y vois un appel désespéré à plus de bon sens.
Hélas, les photos immortalisées après le festival prouvent si besoin était, l’inconscience et la bêtise du plus grand nombre.
Heureusement que le site pouvait, lui, compter sur de courageux volontaires, qui tout au long de ces trois jours, ont arpenté le terrain, ramassant sans relâche les divers détritus abandonnés négligemment.
C’est donc sur une plaine encore clean que commence ce dernier jour de l’édition 2014 du Pukkelpop.

Quelques préparatifs liés aux contingences d’un départ agencé m’obligent à sillonner Kiewit de long en large avant de venir traîner mes guêtres du côté du Marquee.

Je suis bien inspiré, car j’assiste là à la très convaincante performance de Big Ups.

Boutant le feu à l’aide de ses brûlots hardcore aux résonances Punk, le groupe réveille mes sens engourdis.

Pas loin d’un Black Flag suintant d’huile et de sueur, d’un Fugazi sous tension ou plus près de nous, d’un Metz dévalant les escaliers qui conduisent à un tripot obscur où des Pavement nihilistes s’asticoteraient le manche en cachette, ces Américains proposent une musique ‘électrifiante’ et juste. Dans le ton et le propos.

Pour preuve, au sortir de scène, les musicos proposent d’acheter leurs T-shirts ici même sans passer par le stand officiel.

Attitude Punk avez vous dit ?

Il me faut d’ailleurs un peu de temps pour remettre mes neurones en place, et ce n’est sûrement pas l’insipidité de The Neighbourhood qui va m’y aider.

J’en profite donc pour recharger mon GSM auprès d’une borne prévue à cet effet, subissant au passage les échos venus de la Main Stage.

Le portable rechargé, je rejoins une nouvelle fois le Marquee, qui ce samedi, va devenir ma seconde résidence…

J’y découvre Sweethead groupe américain sonnant américain et très susceptible de ne plaire qu’aux Américains.

Très anecdotique, la musique du combo n’est pas spécialement mise en valeur par la préposée au micro. Cintrée dans une petite robe aux écailles argentées et aux allures de lampadaire, Serrina Sims aguiche le public (surtout les mâles) ; mais ni sa voix, ni son chant, ne se relèvent pertinents.

Par contre, du côté du Wablief ?, la découverte vaut le détour.

Emmené par le ‘pluriforme’ Tim Vanhamel (Millionnaire), Little Trouble Kids revisite la noirceur des bayous qui serpentent secrètement dans les entrailles de l’enfer.

Un trio complice où chaque membre est à sa place et connaît son rôle.

A commencer bien sûr par Tim, qui malmène sa gratte et joue du Substain avec tout le talent qu’on lui connaît, mais aussi de la chanteuse dont le timbre hanté fait cohabiter dans un même univers Anne Clark et Sonic Youth.

Ponctué par une reprise magistrale du « Mercy Seat » de Nick Cave, le set des Anversois tient en haleine d’un bout à l’autre et j’en ressors galvanisé.

Je pense à tort que la prestation de Bill Callahan va m’apaiser, mais celui qui jadis se produisait sous le patronyme de Smog, a décidé de brouiller délicieusement les pistes.

Transformant le Club en salon noyé de volutes grisantes, le songwriter étale son génie avec modestie et justesse.

Sa musique, interprétée par un band au grand complet, servant d’écrin à de belles histoires qu’il étend sur le fil du temps de sa voix de crooner.

Entre grâce et mystère, les quarante cinq minutes du show s’écoulent bien trop rapidement à mon goût, et le public réserve une belle ovation, amplement méritée à Bill et sa clique.

Tant qu’à côtoyer les moments de grâce, pourquoi donc se priver ?

Si Jake Bugg se produit sur la Main Stage, c’est tout naturellement vers le Marquee que je me dirige à nouveau.

Là, Fink déroule, en toute simplicité, comme d’accoutumée pour cet artiste exceptionnel.

Dans sa musique, jamais la technique ne vient damer le pion à l’émotion.

Il en est donc tout naturellement de même cet après-midi. Et le génial barbu de nous proposer un large éventail de son dernier elpee en date, « Hard Believer ».

Un autre moment de magie au sein d’une journée qui en est déjà émaillée, alors qu’on pressent que ce n’est pas fini.

Si Kellis attire ensuite la toute grande foule, c’est à un tout autre registre que je me réserve, puisqu’à quelques mètres de là, Red Fang s’apprête à en découdre avec une audience impatiente.

Une poignée de main générale entre les membres du groupe et le set peut commencer sur les chapeaux de roues.

Il ne faut pas longtemps pour que le public se mette à pogoter dans un esprit bon enfant (puisque même les filles sont invitées).

Le Stoner Rock impeccable des Yankees, loin de tout cliché, est riche, intelligent et sacrément bien exécuté ; et c’est donc à regret que je dois les quitter.

Mais déjà l’atmosphère est plus compacte à l’intérieur du Marquee et l’attente révérencieuse remplace ici la tension qui caractérise l’ambiance au sein du Shelter.

Concédant un peu de retard sur l’horaire, Darkside pénètre l’obscurité, mais très vite, illumine les ténèbres de ses sonorités plurielles.

L’Electro libre de Nicolas Jaar et les introspections guitaristiques de son comparse Dave Harrington se répondent parfaitement en échos hypnotiques et génèrent une ébullition au sein de la foule, partagée entre fans et curieux.

Un excellent show et sans doute la dernière occasion de les voir puisque le groupe annoncera dans la foulée, la fin prématurée de leur collaboration.

Il faut à présent patienter une heure, mais l’attente en valait la peine.

Quand Portishead monte sur l’estrade, introduit par « Silence », l’excitation est à son paroxysme pour certains dans le public.

Et on peut comprendre.

Ne comptant seulement que trois albums à son actif, le groupe de Bristol est du genre plutôt rare, et leurs concerts constituent dès lors des évènements.

Célébrant ainsi les vingt ans de « Dummy », premier elpee passé à la postérité en très peu de temps, Geof Barrow et Beth Gibbons proposent un Live en forme de Best Of.

Absorbée par son interprétation, possédée par ses paroles et préservée par un instinct timide, la chanteuse semble distante de son public, mais ce n’est là qu’une fausse impression, car dès la fin du concert, c’est en manifestant un enthousiasme enfantin et affichant un sourire béat qu’elle descend dans la foule pour communier auprès de ses fans.

Le retour au premier plan de Portishead attise déjà les plus grands espoirs d’un quatrième opus.

Enfin, Calvin Harris catapulte des milliers de fêtards dans les étoiles ; mais en ce qui me concerne, la tête bien pleine et des souvenirs plein ma besace, je prends le chemin du retour…  

(Organisation : Pukkelpop)

 

Brussels Summer Festival 2014 : vendredi 15 août

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Pour la septième journée du Brussels Summer Festival, votre serviteur a décidé d’opter pour le Magic Mirrors. S’y produisent Leaf House, Cascadeur et Coffee Or Not. Tiens, je remarque la présence de Noa Moon dans le public. Elle est venue assister au set de ces derniers, alors qu’elle se produit dans la foulée, au Mont des Arts…

Pour le début du concert de Coffee Or Not, le public est assez clairsemé. Et l’enceinte va se remplir au fur et à mesure. La dernière fois que j’ai pu voir le combo en ‘live’, c’était au Salon de Silly, en première partie de Birdpen. Soho Grant se charge des vocaux et du synthé et véritable homme-orchestre, Renaud Versteegen de la guitare et des drums. Ils sont soutenus par Frédéric Renaud à la basse. Renaud a donc troqué sa sèche contre une gratte électrique. Aussi leur folk s’est mué en rock/pop à coloration électro. Et leur troisième opus, « SoRe », en est une belle illustration. Faut dire aussi que Soho était très favorable à cette conversion. Hormis « Jack », l’intégralité du dernier elpee figure dans la setlist. Pour un show qui se limitera à 45 minutes.

Et il s’ouvre « Part Of Us ». Les percussions sont bien mises en exergue. La voix de Soho est superbe. L’ajout de la basse apporte une autre dimension à leur musique. Le début d’« Ave Maria » est instrumental. Soho participe aux percus, dont les cymbales. Caractérisé par son refrain contagieux, « City Burning » constitue manifestement le sommet de leur set. Les harmonies vocales partagées par le couple sont magistrales. Place ensuite à « Lush », le titre le plus radiophonique de leur répertoire. Outre « Tragic Animal Story », Backpack », « Winter Day » et « If You Don't Understand », on aura droit à deux inédits. Tout d’abord « May I Lay Down », un morceau particulièrement incisif ; et en finale, « Ghost ». On n’a pas vu le temps passer. Signe que le spectacle était de qualité.

Le temps de changer de matos et de se farcir le soundcheck, et c’est Leaf House qui monte sur l’estrade. Lors de leur prestation accordée dans le cadre des Nuits Botanique, le band avait séduit l’auditoire. En conjuguant judicieusement nappes de claviers et sonorités de gratte bien balancées, pour créer une musique terriblement riche ; tout en tirant parti des interventions vocales si particulières, éthérées, de Romain Cupper. La setlist est identique. Elle épingle « Fighting », « Go Outside », « Four Walls », « Dancing Shades », « Cat Mum », « Spine Sippin », « Kind Of Flames » et s’achève par « Feel Safe ». Le meilleur moment du concert ? « Dancing Shades ». Digne de Grizzly Bear. Excellent, même si le set était un peu court.

Vers 21h15, le présentateur nous invite poliment à vider les lieux afin de permettre à Cascadeur de réaliser son soundcheck. Il ne tolère aucun spectateur dans ses parages, quand il règle ses balances. Le personnel nous glisse un autre bracelet de couleur bleue à la sortie, et nous invite à revenir vers 23 heures, pour assister au spectacle. Je file alors vers le Monts Aux Arts alors que Noa Moon achève sa prestation. Pas de souci, je la revois sur les planches, dans le cadre du festival de Scène sur Sambre. Je préfère m’abstenir pour Renan Luce. Sa voix est un peu trop soporifique à mon goût…

On en revient donc à ce fameux Cascadeur. Mais avant de pénétrer dans le Magic Circus, il s’est formé une file interminable. Bref, Alexandre Longo fait son apparition sur l’estrade, casqué et chaussé de lunettes fumées. Il est guidé par quatre faisceaux lumineux émis par les lampes de poche de ses musiciens. L’entrée en matière est intéressante. Mais dès qu’il s’est mis à chanter, j’ai immédiatement déchanté. Sa voix est totalement insipide. Un seul morceau m’a quand même plu dans cet ensemble consternant, « Walker ». Et pourtant, il y a autant de monde à l’extérieur qu’à l’intérieur du chapiteau. Et imaginez la foule dehors face à cet écran géant qui dispense un son complètement pourri. Bref, si les plus indulgents font mine d’apprécier, votre serviteur préfère s’éclipser, ne revenant que lors du morceau final, dont question ci-dessus. Heureusement que Coffe or Not et Leaf House ont sauvé ma soirée…

(Organisation : Brussels Summer Festival)

Coffee or Not + Leaf House + Cascadeur

(Voir aussi notre section photos ici)

Pukkelpop 2014 : vendredi 15 août

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Le marathon reprend de plus belle. Deuxième journée de festivités qui démarre de façon timide. Le public semble reprendre lentement son souffle, le site se remplit doucement de ses silhouettes caractéristiques.
Les premiers concerts de la journée se déroulent devant des parterres clairsemés.
Mais les bonnes surprises, elles, n’attendent pas.

A première vue, Lonely The Brave ne semble pas avoir une carrure suffisante pour revendiquer une programmation plus tardive sur un quelconque podium du festival.

Leur Rock conventionnel n’est, en outre, pas servi par l’attitude nonchalante du chanteur qui manifestement ne différencie pas le ‘live’ de son local de répète.

En fait, c’est sous le toit du Club que ça se passe.

Il est à peine onze heures vingt et quatre jeunes gens sont déjà occupés de foutre le feu à la baraque.

Exotique, leur patronyme ne définit pas vraiment leur style musical ; et pourtant, The Bohicas constituera la première sensation de la journée.

Hébergés sous le label Domino, le groupe originaire de l’Essex gagne facilement la sympathie d’un public d’abord amorphe, mais bientôt secoué de soubresauts précoces pour cette heure de la journée.

Des guitares bien saignantes et une basse bien ronde entretiennent un climat sonore au charme immédiat et hautement jouissif.

Des qualités dont ne peuvent se targuer les jeunes gens de Young Buffalo qui soulèvent à peine un sourcil ou deux devant une Main Stage ressemblant à ce moment du jour à une rizière dévastée.

Les New-yorkaises de Lucius (aperçues auprès de Nagui un soir de zapping) proposent une Electro Pop de facture on ne peut plus anodine.

Un face à face de blondes platinées au devant d’un band bien propre sur lui, pour un résultat certes pas désagréable, mais manquant néanmoins de piment.

Pendant ce temps, Nick Mulvey prend le soin de donner corps à ses chansons chaloupées (NDR : il a étudié la musique à Cuba) de manière un peu systématique mais du reste efficace ; commencées en mode mineur, sous les caresses de ses doigts parcourant les six cordes de sa guitare (et de fort habile manière), les chansons enflent à mesure d’une progression narrative assez captivante qui inévitablement, laisse en suspens quand le morceau se termine, amorçant l’attente du suivant.

Une recette qui a le don de plaire au public qui commence à enfler au sein du Marquee.

Après coup, la Pop plus évidente de My Little Cheap Dictaphone s’avère être encore plus rafraîchissante que d’accoutumée.

Un peu timoré au début, le groupe se lâche progressivement, gagnant l’attention d’un auditoire curieux de découvrir ces valeureux Liégeois.

Et s’il ne s’agit pas de leur meilleur set, il récolte néanmoins, sont lot de louanges.

Au sortit du Wablief ?, une Delorean m’attend et me conduit illico au Marquee où Fonzy et toute la bande de Happy Days font la bringue devant Nick Waterhouse.

C’est que notre homme, sorte de Buddy Holly ressuscité sait y faire dans un registre comme on ne fait plus que rarement et certainement pas comme lui le fait, c’est à dire de manière si authentique.

Erudit musical et grand consommateur culturel, il revisite la Soul, le Rock, le Jazz avec brio et talent.

Son show a tôt fait de conquérir une foule totalement absorbée par une magie rétro distillée par un band composé de musiciens hors pair.

Une violente averse disperse les festivaliers qui se réfugient partout où l’on peut s’abriter ; mais il devient difficile de se faufiler d’un côté ou d’un autre.

Hésitant entre Sharon Van Etten et Other Lives, c’est finalement auprès de ces derniers que j’échoue.

L’impact n’est pas immédiat mais les cascades d’harmonies qui émanent de la scène, là-bas, au loin, retentissent comme des sirènes ; et j’ignore par quelle sorcellerie, mais elles finissent par m’attirer.

La barbe hirsute qui mange le visage émacié du leader ne peut retenir le flot céleste qui s’écoule de sa bouche, et l’instrumentation élégante se charge d’amplifier l’aura d’une musique qui charme mes sens.

Si seulement il n’avait pas autant plu, alors, j’aurais pu m’approcher davantage de cet instant de grâce.

Un état dans lequel je resterais volontiers, mais qui n’est pas vraiment l’apanage de Cage The Elephant. Il mise plutôt sur l’énergie débridée de son charismatique chanteur. Celui-ci s’amuse fort bien, se jette régulièrement dans la foule et décroche l’effet fédérateur escompté. Personnellement, une certaine torpeur commence à m’envahir…

J’ai besoin d’une bonne dose de sauvagerie décousue.

Ça tombe plutôt bien, puisque en retournant dans le Castello, je suis accueilli par un uppercut crapuleux, salement assené par une bande de jeunes gens pas très fréquentables.

Bestial à souhait, The Amazing Snakeheads, le groupe glaswégien sait jouer des coudes et balancer son Rock cradingue comme une morve salvatrice dans un paysage gris et triste (l’Ecosse, les boulots de merde, la pluie, etc.)

C’est pervers comme du Cramps sous ‘amphètes’ (NDR : l’elpee est judicieusement intitulé « Amphetamine Ballads »), retors comme du James Chance, et hargneux comme du Birthday Party.

Le bassiste se voûte sur son instrument comme le diable sur une vierge, et le vocaliste impressionne par son physique patibulaire tout comme son regard habité.

Une sacrée trique parfaitement placée sur la grille horaire.

Une grille horaire où on se bouscule au portillon.

Tellement, qu’il en devient difficile de savoir où donner de la tête et où laisser traîner ses guiboles.

Balthazar étale sa classe au soleil, Kurt Vile sous le chapiteau du Club, Blaudzun au Marquee et Neneh Cherry rappelle quelle grande dame elle est dans le Castello.

Mais au demeurant, c’est Thurston Moore et son nouveau super band qui va ravir tous les suffrages du jour.

Doté d’une classe intrinsèque, l’ex-Sonic Youth possède toujours le culot de visiter le Rock sous ses coutures les moins apparentes et de restituer son âme par la magie de son jeu de guitare unique.

Aidé par le fidèle Steve Shelley, mais aussi Debbie Googe (My Bloody Valentine) et James Sedwards, Thurston n’a rien perdu de son talent, au point de ne pas nous faire regretter le moins du monde la fin de son groupe mythique qui impliquait Kim Gordon.

Le light show et la musique sont en parfaite harmonie avec le propos musical proposé, mais  le set semble bien trop court et donne envie de plonger tête baissée dans ce nouvel album aux relents de souffre.

De quoi aussi donner le tournis à The National qui fort heureusement pour eux, n’a pu assister à ce concert.

Propulsé sur la grande scène, c’est sans conviction que le groupe se contente de dispenser un concert mou du genou.

Pour leur quatrième apparition sur le sol de Kiewit, la messe a des relents de déception pour beaucoup, à commencer par votre narrateur.

Si le succès sans cesse grandissant du band les emmène vers des sommets toujours plus hauts, il serait grand temps qu’ils songent à se reposer, tant Matt Berninger, cheveux gras et dos courbé, semble au bout du rouleau.

Pas étonnant, vu l’incroyable série de dates accumulées sur deux ans, outre l’enregistrement d’un opus qui n’avait aucune chance de rivaliser avec le précédent.

Une âme qui s’effiloche, mais aussi des conditions peu favorables, même si The National est appelé à jouer plus souvent dans des structures gigantesques qu’à l’arrière de sombres sales où leurs chansons trouveraient certainement mieux leur place.

Tentant de gommer cette vilaine impression, je rejoins le Club, où The War On Drugs déploie la majesté de son dernier opus, au nom évocateur de « Lost In The Dream ».

Classieux et sans esbroufe, le combo de Philadelphie retrace le lien intangible que lui seul peut tendre entre Fleetwood Mac et Springsteen.

Neuf titres et un rappel pour définitivement convaincre les sceptiques de leur fantastique potentiel.

La nuit étend ses ailes, et je m’évade dans mes rêves, quittant la plaine pour mieux y revenir demain.

(Organisation : Pukkelpop)

 

Pukkelpop 2014 : jeudi 14 août

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De nouveau, c’est la météo qui est au centre des débats à l’entame de ce Pukkelpop.
Deux jours avant le début des festivités, d’étranges vents violents, nés d’un microclimat qui pourrait faire passer Kiewit pour le nouveau triangle des Bermudes, ont arraché les structures du chapiteau Club et ont fait craindre le pire à une organisation toujours traumatisée par les funestes événements qui se sont produits en 2011.
Consignes de sécurité encore renforcées et station météorologique propre (dotée de spécialistes de l’IRM et de l’armée), rien n’a pourtant été laissé au hasard ; et dès lors, malgré ce coup du sort, tout est parfaitement en place dès le mercredi pour accueillir les premiers festivaliers.
Au final, épargnée par des intempéries redoutées (si on excepte quelques averses régulières mais jamais traumatisantes), l’édition 2014 s’est déroulée sans accroc, offrant à un public de plus en plus nombreux, mais de moins en moins exigeant, une affiche truffée d’excellentes surprises et de confirmations prévues.
Quant aux déceptions, elles n’ont pas été légion et les noms qui sont venus s’inscrire au bas de cette liste semblaient même déjà connus avant que le festival ne commence.
Trois jours pleins, physiquement éprouvants, mais dont le générique final s’écrira en lettres lumineuses, pailletées dans le ciel limbourgeois.
Mais commençons par le début.
Entre deux nuages gris suspendus comme des édredons dans le ciel, une cohorte de pèlerins s’étire entre les sites de camping et la plaine supplantée de différents chapiteaux colorés, soulevant la poussière.
Nous sommes jeudi, et la première journée vient de commencer.

La plaine de la Main Stage doit paraître encore immense en ce début d’après-midi pour les très jeunes Strypes, nouvelles coqueluches anglo-saxonnes, rappelant sur disque comme sur papier le début des Arctic Monkeys.

Mais cette programmation précoce jumelée à la périlleuse perspective d’un montage de tente m’empêche de vivre cette entrée en matière.

C’est donc dans le chapiteau des découvertes, baptisé Wablief ? que j’entame mon parcours de cette édition 2014.

Bienveillant, The Spectors m’attend. Leur candeur Pop submergée de vagues noisy consitue une parfaite immersion en douceur.

Au sommet de ces vagues, le duo de voix féminines donne le ton (pastel) et enveloppé de ces guitares parfois rageuses, parfois limpides, se fraie un chemin en direction d’un univers proche d’un Instagram aux couleurs délavées.

Le groupe se produit régulièrement et, semble-t-il, a gagné en confiance par rapport aux dernières fois où je les avais vus ; aussi, le public, déjà nombreux, ne s’y trompe pas et réserve un chaleureux accueil à leurs Pop Songs délicates.

Dessinant un pont invisible entre Nico (et donc le Velvet) et des formations actuelles (bien que passéistes) comme The Pain Of Being Pure At Heart ou Memory House, le quintet est manifestement sur la bonne voie. Dommage qu’il n’accorde pas davantage de soin aux lyrics, qui dans ce style musical sont souvent avancés comme de simples prétextes à des mélodies sucrées.

Si les deux sœurettes de Say Lou Lou, filles de Steve Kilbey (The Church, pour l’anecdote), ne marquent pas de façon indélébile mon souvenir immédiat, c’est parce que je pense déjà à mon prochain déplacement.

En attendant, outre leurs jolis minois, elles m’offrent néanmoins une prestation correcte, audacieuse puisqu’elles n’hésitent pas à balancer leurs faces B (un terme certes tellement désuet de nos jours qu’il force la sympathie du nostalgique que je suis) et inédits.

Quittant le Marquee, je me dirige pour la seule et unique fois de ces trois jours vers le repère des amoureux de beats assassins et autres infra-basses convulsives.

Un excellent choix, indubitablement.

Dans le Dance Hall, s’est accaparé le devant de la scène et donne déjà le meilleur d’elle même.

Entourée de ses trois musiciens, elle assure le show, allant jusqu’à s’offrir un bain de foule.

Mi-femme, mi-enfant, la sexualité maladroitement assurée, elle libère une énergie positive forcément communicative et porte les morceaux sur des épaules dont la carrure grandit à vue de nez.

Les projections vidéo en arrière-plan fond renforcent l’impact de son répertoire, et elle fustige son auditoire de ‘Pukkelpop’ redondants mais efficaces.

Karen Marie Ørsted, de son vrai nom, démontre qu’il faut dorénavant compter sur elle.

Quant enfin elle entame « Glass », caractérisé par ses textes aux reflets adolescents (‘why does everyone have to grow old?’), et se jette de nouveau dans la foule, elle sait pertinemment bien que son contrat est rempli et qu’elle vient de livrer une prestation exemplaire, marquant là quelques points importants en vue de l’attribution des médailles d’honneur à l’heure des conclusions.

Tant qu’à faire, j’hume à quelque distance, le doux parfum d’une Electro bien sombre, et je laisse mon appendice nasal me conduire vers le chapiteau Castello.

L’ambiance y est nettement plus feutrée et correspond bien à l’univers de Forest Swords.

Une basse, un laptop, et un show troublant, mais aussi troublé par la puissance des basses fréquences qui, si elles renforcent l’impact Dub des morceaux, annihile aussi la volonté de nombreux festivaliers, vaincus par cette débauche tellurique.

Dommage, car le set semblait parfaitement balancé entre opacité extrême et illusions fantomatiques aux consonances asiatiques, marque de fabrique de Matthew Barnes.

L’après-midi s’enfonce dans le tunnel du temps ; et empruntant un de ses couloirs, j’atterris face à l’impressionnante artillerie de Die Antwoord.

Les tympans subtils ayant préféré se crapahuter à l’abri des chapiteaux environnants, le trio sud-africain va donner libre cours à son, show, euh… (NDR : cocher les bonnes réponses) putassier, fun, ébouriffant, grossier, abscons, provocateur, irrévérencieux, haut en couleurs, loufoque, décalé, graveleux, amusant (NDR : il fallait bien entendu sélectionner tous ces adjectifs ; d’ailleurs, les gagnants seront prévenus par télépathie).

Une avalanche de mauvais goût assumé qui, au delà du masque de carnaval, révèle quand même de la performance artistique.

Certes, la nausée côtoie le rire gras au fond de ma gorge ; mais je décèle dans ce salmigondis sonore quelques respectables références.

Un visuel outrancier qui ne laisse personne indifférent, en tout cas.

Enfonçant le clou dans ma patience par quelques ‘Fuck The Rules !’ repris en écho par un public survolté massé devant le podium principal, je bats en retraite, plus amusé qu’outré par ce spectacle que d’aucuns qualifieront d’abject.

Pour l’heure, Deaf Heaven et Mad About Mountains décident de se disputer mon ennui.

Les premiers en contrastant de manière horripilante shoegaze et logorrhées hurlantes, les seconds en revisitant les paysages désertiques d’inspiration d’une certaine Americana.

La claque salvatrice, elle arrive. Attendue, espérée, et diablement bien infligée par Temples.

Complètement absorbés par les seventies, ces jeunes gens ont tout compris de cette époque, et se moquent éperdument du présent.

Chevelures et looks à la T Rex, le combo restitue parfaitement cet état d’esprit nébuleux et teinté de couleurs psychotropes chères à leurs glorieux aînés ou à Tame Impala, dans un registre plus moderne (quoique ?)

Et quand « Shelter Song » prend définitivement possession de l’assistance, le nom de Temples s’écrit déjà en lettres d’or et d’argent dans le palmarès de cette année.

Nous sommes déjà nanti de très bonnes prestations, et nous n’en sommes qu’au début.

Décidant d’enfoncer le clou sans aucune bonne manière, les irrévérencieux Black Lips secouent alors le cocotier sans prendre de gants.

Ces gais lurons balancent leur ‘Flower Punk’ (un terme qu’ils ont pris soin d’inventer eux-mêmes) et génèrent les premiers pogos.

Attifés comme des prolos et mêlant entrain et fougue juvénile comme une bannière fièrement brandie au-dessus de leurs têtes, les ‘mimines’ moulinent et les moues grimacent comme dans un pastiche de Clash.

Pourtant, outre ce côté irritant, l’efficacité de leurs morceaux fait mouche et le charme évident de leur pléthorique discographie trouve naturellement écho auprès d’un public ravi de pouvoir enfin se fritter gentiment.

Au dehors, le ciel s’enveloppe de pourpre afin de permettre aux fans d’Editors de patienter.

Arrivée messianique à faire pâlir de jalousie Bono et maniérisme exacerbé semblent des apparats dont Tom Smith aime à se revêtir pour masquer l’ineptie des Editors en 2014.

Continuant de creuser sa tombe mais en prenant soin de l’orner de bibelots excentriques, le groupe semble en roue libre depuis quelque temps.

Le concert de ce soir ne fera que renforcer l’impression de malaise déjà fortement pressenti à la sortie de « The Weight Of Your Love ».

Comme si la foi avait disparu, le fond glisse comme le sable dans sa main ; et si la forme illusionne encore les moins exigeants, elle ne leurre plus ceux qui ont perçu l’irrévocable manque d’inspiration du band.

Des morceaux imparables comme « The Racing Rats » ou « Bones » sont désossés, avant d’être proposés en pâture comme des épouvantails abandonnés aux vents mauvais.

Seule éclaircie dans tant de grisaille, le retour en solo du leader dont l’interprétation de « No Sound But The Wind » rappelle que lui seul est encore capable de porter l’édifice Editors, qui décidemment, à bien du mal de se remettre du départ de Chris Urbanowicz, son premier guitariste.

A l’opposé de ce spectral spectacle, Slowdive avait fixé rendez-vous à tous ses fans demeurés fidèles, malgré la fin –provisoire– de son aventure.

Seuls les visages ont changé, et très vite, le décor est planté.

Groupe phare de l’ère Shoegaze, Slowdive n’a jamais prétendu être une formation de scène.

Comme tout groupe issu de cette mouvance dont le nom célébrait ironiquement une attitude plus qu’attentiste, le combo d’Oxford misait dans les années 90 sur un son très spécifique qui sera cependant envié, copié, mais jamais égalé…

Forts de quelques expériences très diverses, les membres étaient restés en contact et n’avaient jamais exclu l’hypothèse de se reformer.

Une rumeur qui à force d’amplifier est devenue réalité.

Bonheur immense pour tous ceux qui n’avaient pas eu la chance de les voir à l’époque, et bonheur tout aussi grand pour ceux qui les ont retrouvés.

Que dire, si ce n’est que les meubles sont restés à la même place ?

Entretenant des atmosphères uniques en leur genre, et développant des sonorités typiques et indémodables, le combo reprend les choses exactement au même endroit où il les avait abandonnées, c'est-à-dire au milieu des années 90.

Nostalgie et sensations retrouvées, le frisson peut à nouveau parcourir l’échine du fan que je suis.

Le final (la cover de Syd Barrett « Golden Hair ») se chargeant de sceller définitivement la filiation avec Mogwai et consorts.

Enfin, en ce début de nuit, Oscar And The Wolf plante son décor au milieu des palmiers.

Dans un Marquee comble à craquer, le groupe belge, sensation du moment, assied son succès.

Jouant avec la lumière comme des émotions, Max Colombie épanche sa voix si particulière et habille l’Electro subtile de ses compositions d’une aura de mystère et de romantisme un rien suave, qu’on pourrait qualifier de spleen lumineux.

Flottant dans l’air comme les mélodies d’« Entity », leur nouvel opus, le jeune homme s’affiche comme un personnage atypique dans notre paysage musical.

Une classe internationale qui devrait assurément porter le groupe au-delà de toute frontière géographique.

Ainsi sertie de mille lumières chatoyantes, la nuit peut enfin m’avaler.

Et Orphée me porter dans ses bras.

(Organisation : Pukkelpop)

 

 

Brussels Summer Festival 2014 : mardi 12 août

Chaque année, le Brussels Summer Festival consacre une soirée aux courants musicaux sombres : New-Wave, EBM, Minimal Synth, ... Après avoir accueilli Neon Judgement et Karl Bartos l'année dernière, le directeur de la programmation, Denis Gérardy, a opté cette fois pour Tuxedomoon et Front 242. Une excellente sélection, sans grand risque en ce qui concerne Front 242 car on connaît leur capacité à électriser les foules. Par contre, pour Tuxedomoon, le choix est plus audacieux car les Californiens pratiquent une musique expérimentale, très intimiste, qui, a priori, n'a pas sa place dans un festival, disons rock-pop.

Dès 19 heures, c'est à une formation bruxelloise, Guilt Monkey, que revient la tâche de chauffer l’ambiance. Emmené par le chanteur/guitariste Brin Addison, ce ‘power trio’ propose un rock grunge inspiré par les 90’s. Pensez à Nirvana, Pearl Jam et autre Soundgarden. La musique est plaisante et les musicos compétents ; mais le problème, c'est qu'on ne perçoit pas bien l'identité propre de la formation. Un titre comme “World On A Thread”, par exemple, fait beaucoup trop penser au “Black Hole Sun” de Soundgarden. En tout cas, le concert se déroule dans l'indifférence générale et après un (trop) long rappel, le band quitte le podium. Pour être franc, on aurait préféré qu’un groupe régional plus en phase avec le genre 'sombre', comme par exemple Organic ou Luminance, donne le coup d’envoi...

Mais il est maintenant temps pour Tuxedomoon de monter sur le podium. Et Tuxedomoon, c'est du lourd, du très lourd. Formé en 1977, à San Francisco, il s'est taillé une place enviable sur la scène musicale, tout d'abord comme pionniers du post punk et de la new-wave. Leur single “No Tears” remonte à 1978. Un classique du genre qui a influencé nombre d'artistes (dont un certain Brendan Perry de Dead Can Dance). Dans les années 80, ils se sont exilés en Europe, s’établissant même un bon bout de temps à Bruxelles, et ont étendu la palette de leur son en créant une forme d'art-rock hybride foncièrement originale. La décrire relèverait de la gageure. Il faut imaginer une ambiance jazzy, cinématique, basée sur des lignes de basse très new-wave et une rythmique minimaliste et obsédante, au-dessus desquels viennent se graver des voix et d'envoûtantes arabesques de saxophone, de trompette ou de violon. Un peu comme si Velvet Underground se payait un improbable bœuf en compagnie de Chet Baker, Roxy Music, Frank Zappa et Death In June.

C'est précisément par un titre parfaitement représentatif de cette ambiance filmique que la formation entame son show. “Torreador del Amor” est tiré de leur dernier opus, “Pink Narcissus”, où l'on retrouve la musique qu'ils ont composée comme bande sonore pour la projection du film éponyme à Paris, en 2011. On est immédiatement plongé dans un univers riche et empreint de nostalgie ; le tout sublimé par la projection d'images de ce long métrage étonnant, qui, pour rappel, met en scène les pérégrinations d'un jeune prostitué homosexuel.

Sur l’estrade, on retrouve, pour notre plus grande satisfaction, les trois membres fondateurs : Blaine L. Reininger, Steven Brown et Peter Principle. Si Principle se concentre exclusivement sur sa basse Epiphone Gibson SG, les deux autres se révèlent, par contre, d'étonnants multi-instrumentistes. Steven Brown alterne les voix, le piano ainsi que le saxophone et Blaine L. Reiniger chante et joue du violon ou de la guitare. Le trio est complété par Luc Van Lieshout, qui a rejoint le line up en 1983. Il souffle dans sa trompette ou dans son harmonica et se charge des machines. Sans oublier Bruce Geduldig, qui mixe les images vidéo et interprète le rôle de savant fou en tenue blanche...

La musique magique produite par le combo génère une ambiance très étrange, quasi surréaliste, sur le Mont des Arts. La foule est maintenant compacte. Un dénominateur commun : sa couleur sombre. En parlant de couleurs, les touches de guitare et de saxo dispensées tout au long de “Muchos Colores” semblent extraites d'un film de David Lynch. Plus rythmé, “Everything You Want” est marqué par des beats électroniques et la voix très 'devo-esque' de Steven Brown. Retour ensuite à l'ambient grâce à “Cagli Five-0”, issu de Cabin In The Sky (2004), où dominent de lents arpèges de piano et une trompette assourdie.

Vient ensuite un des chefs-d'oeuvre de Tuxedomoon: “In The Name Of Talent (Italian Western Two)”, paru en 1981 sur “Desire”. Ici à nouveau, on retrouve ce style unique de no-wave avantgardiste, caractérisée par une rythmique hypnotique et la voix cinglante.

Bref, ce concert a été magique. Seul bémol, la sono était bien trop faiblarde ; mais dans l'ensemble, le spectacle est une belle réussite.

Evidemment, la toute grosse majorité du public est venue pour applaudir Front 242, le groupe ‘culte’ belge qui peut s'enorgueillir d'avoir créé un style musical à lui tout seul : l'EBM ou Electronic Body Music, dans les années 80. L'EBM a été imaginée en combinant la musique électronique des Cabaret Voltaire, Suicide et autre Kraftwerk à une rythmique et des voix très énergiques (d'où le terme ‘Body’) et une imagerie pseudo-militaire, traitée au second degré (ce que bon nombre de détracteurs n’ont jamais compris, malheureusement). On se souvient de leur hit “Headhunter”, qui passait en boucle sur MTV, et surtout de la superbe vidéo qu’Anton Corbijn lui avait consacrée.

Au moment où ils vont monter sur la scène du BSF, on fait le voeu qu'ils ne rencontrent pas les problèmes techniques qui les ont forcés à interrompre leur show, au festival Amphi à Cologne, le mois dernier. Heureusement, il ne souffrira d’aucune anicroche ; et dès les premières notes de “Moldavia”, Jean-Luc De Meyer et Richard ‘23’ Jonckheere déboulent sur les planches pour prendre d'assaut une foule conquise d'avance. Ils sont soutenus par Patrick Codenys (claviers) et Tim Kroker (batterie), tandis que Daniel Bressanutti se charge du mix dans la tente de contrôle. Ils portent tous les costumes de scène spécialement dessinés pour eux par notre amie Valeria Pesci. 

C’est devenu un rituel, les shows de Front 242 se limitent à leurs plus grands hits, vu qu'ils ne proposent plus d'enregistrements nouveaux depuis “Pulse” (2003). En 2013, la rumeur avait laissé espérer la sortie d’un nouvel opus. En fait, un long playing était bien en cours d'élaboration ; mais finalement le projet a avorté, les musicos estimant que les démos ne répondaient pas à leurs exigences (très élevées) de qualité.

Mais revenons au BSF, où “Body To Body”, “No Shuffle” et “Don't Crash” provoquent des réactions enthousiastes du public. Le groupe dédie ensuite “7Rain” à Phil Baheux, de Channel Zero, disparu il y a juste un an et “Take One” à Annik Honoré, qui nous a quittés le 3 juillet dernier, et dont le sourire éclatant nous manque tant.

Après deux morceaux un peu plus calmes, “Triple X Girlfriend” et “Quite Unusual”, Front remet le turbo et clôture par une salve de titres imparables comme “U-Men”, “Headhunter”, “Kunkhadafi” et “Welcome To Paradise”. Les fans ne manquent pas de hurler pour rappeler leurs idoles, qui reviennent pour un ultime et très technoïde “Punish Your Machine”.

En un mot comme en cent, Front 242 reste une formation incontournable sur les planches libérant une énergie hautement communicative. A chaque fois, c'est comme si on revoyait des anciens amis, d'autant que ce sont en plus des gars vraiment sympas quand on les rencontre.

En conclusion, on peut décréter que la soirée était agréablement équilibrée ; amorcée par un aspect intellectuel et très 'arty', elle a ensuite permis un défoulement jubilatoire. En quittant le Mont des Arts, on ne peut s'empêcher de chantonner: ‘One you lock the target, Two you bait the line, Three you slowly spread the net and Four you catch the Man...’

Setlist : Moldavia – Body to body – No Shuffle – 7rain – Together – Take One – Don’t Crash – Triple X Girlfriend – Quite Unusual – U-men – Commando Mix – Im Rhythmus Bleiben – Headhunter – Funkhadafi – Welcome To Paradise

Rappel : Punish Your Machine

Philippe Blackmarquis

Guilt Monkey + Tuxedo Moon + Front 242 (Place des Palais)

 

 

Programmé en 2014, du 8 au 17 août, le B.S.F. se déroule sur trois sites : la Place des Palais (les quatre premiers jours) au Mont des Arts ainsi qu’au Magic Mirrors, installé Place des Musées, toute la durée du festival. Le Magic Mirrors est une sorte de chapiteau à l’ancienne construit à l’aide de bois, toile et vitraux, au sein duquel l’acoustique est impeccable. Un endroit idéal pour les concerts intimistes. On peut y accueillir entre 350 à 400 personnes. Ce mardi 12 août, se déroule, pour la quatrième fois, une soirée baptisée ‘A la Française’, organisée par le département francophone d’Universal Music Belgium.

Cinq artistes de la structure bruxelloise de développement artistique Art Rythme Ethique Music sont donc à l’affiche, dont Pablo Andres, Inki et les Meridians ainsi que Cléo. Mais également Jali, venu présenter cinq nouvelles chansons de son second album qui devrait paraître début 2015. Sans oublier en tête d'affiche, la révélation de l’année 2014, Antoine Chance.

Votre serviteur avait un bon pressentiment : la soirée allait nous réserver d’excellentes surprises. En arrivant vers 18h00, je constate qu’une longue file d’attente s’est formée avant de pouvoir pénétrer dans l’enceinte. 30 minutes plus tard, les portes du Magic Mirrors s’ouvrent. Je me dégotte une place assise, et constate que le chapiteau se remplit très rapidement. Si bien que bon nombre de spectateurs devront rester à l’extérieur et regarder les concerts sur un écran géant, mais surtout se farcir une sonorisation pourrave. De quoi faire beaucoup de mécontents qui avaient acheté leur place et n’ont pu obtenir le moindre remboursement…

La première partie de la soirée va permettre aux artistes de la structure de développement bruxelloise @A.R.E Music (à laquelle appartiennent Jali et Veence Hanao) de défiler pendant 1h30. Et tout d’abord Pablo Andres. Déguisé en agent Verhaegen, le ketje brusselleer a pour mission de dérider zygomatiques.

Mais le premier musico à monter sur les planches, c’est Inki. Né en Belgique, il est d’origine rwandaise. Ses parents sont musiciens et chanteurs. Son avenir était donc tout tracé… Armé d’une sèche, il interprète trois chansons : « Temps perdu », « Musique pour ne pas penser » et « Vue sur mer ». Il a une belle voix. Ses textes tiennent bien la route. Mais difficile de donner un avis sur une prestation de 10 minutes. Il serait intéressant de le revoir, lors d’un set un peu plus long. En supporting act d'un spectacle de Jali, par exemple, l’an prochain

The Meridians est un quatuor qui réunit Benoît Leclercq (guitare, synthétiseur, voix), Quentin Joris (drums), Julien Joris (basse et voix) ainsi que Maxime Honhon (guitare et voix). Au départ, leurs chansons étaient écrites dans la langue de Shakespeare. Désormais, elles le seront dans celle de Molière. Ce soir, le line up est réduit à un duo. Soit Benoît et Julien. Et le concert sera ‘unplugged’. J'avais découvert ce groupe, au Botanique, en première partie de The Boxer Rebellion, en 2011 ; et leur prestation m’avait procuré de bonnes sensations. « Héréditaire », « En visant la lune » et « Je me défile » constituent certainement les meilleurs titres de leur nouveau répertoire, au sein duquel figurent également « Si un jour », « J'avance », « Le verre de trop » et « La fin du monde ». Lors d’un set acoustique, on voit immédiatement ce qu’un artiste a dans le ventre. Et le tandem se débrouille plutôt bien, même si j’aimerais revoir le combo au complet, et en version électrique.

Cléo possède une voix soul chaude et puissante. Elle chante en français, bien sûr, et est flanquée de deux musicos, dont un la sèche et l’autre à la gratte électrique ainsi qu’aux claviers. Elle interprète son inévitable « Lady L », un titre issu de la plume de Jali. Et va nous dispenser un show particulièrement bien balancé. Une chouette découverte.

Mais c’est Jali qui va constituer la bonne surprise. Ce jeune Rwandais vit en Belgique depuis l'âge de 2 ans. J’avais eu l’occasion d’assister à son spectacle, deux ans plus tôt, au Magic Mirrors de Tour et Taxis, quelques mois avant la sortie de son premier album « Des jours et des lunes », devenu depuis disque d’or. Il s’était produit en acoustique. Puis dans le cadre de l’un ou l’autre festival. Et j’avoue qu’au fil du temps, j’apprécie de plus en plus cet artiste. Jali nous invite dans son univers visionnaire (« Espagnola », « Un jour ou l’autre ») où on peut y trouver la joie de vivre et une bonne humeur qu’il parvient à communiquer à son auditoire, malgré le drame vécu dans son beau pays aux Mille Collines…

Jali est venu nous présenter en exclusivité 5 nouvelles chansons de son second album, dont la sortie est prévue pour début 2015. Il nous confesse que ce concert constitue pour lui un test ; et espère que le public va réagir positivement à travers des sourires. Il ajoute que son nouvel opus comporte plus que cinq chansons. Il nous réserve donc « Ma génération », « Echappe » et le plus rock et électrique « Pars ». Puis « Dis le moi », une petite perle qui pourrait récolter un gros succès, et « Une idée ». Plus paisibles, cependant, ces deux compos s’inscrivent dans l’esprit du premier elpee. Bref, si une partie de la foule aurait souhaité entendre des plages issues de son premier opus, il faut reconnaître que les toutes fraîches on convaincu, même les plus sceptiques.  

Place ensuite à la tête d’affiche : Antoine Chance. Il est sympa, souriant, bien dans sa peau et content de ce qui lui arrive : le succès. Le fils de Philippe Geluck (NDR : oui le créateur du Chat !) chante et s’accompagne à la guitare (électrique ou sèche) ou aux synthés. Il est soutenu par Yannick Dupont aux drums et Geoffrey Hautvas à la basse. Ce dernier est également le leader d'Electric Château et le nouveau guitariste des Vismets. Et bonne nouvelle pour l’acoustique, on retrouve derrière les manettes, Benoît, l'ingé-son de Puggy.  

Antoine nous rappelle que l’an dernier, il assurait la première partie de la programmation ; et exprime toute sa satisfaction d’être passé en tête d’affiche. Il entame le concert par « Rejoins-moi » et « Elle danse », puis embraie par « Fou », le titre maître de son premier elpee, mais surtout la chanson qui est devenue un énorme succès. Et c'est évidemment, cette compo que le public attend et reprend en choeur. Antoine surfe sur l’ambiance qu’il vient de créer et attaque « Raté d'un rien » ainsi que « Bye Bye ». Puis nous balance une nouvelle compo, « Qu'est-ce qu’il nous faut ». L’auditoire apprécie. Et espère que le nouvel elpee ne paraîtra pas dans dix ans…

Antoine alterne entre six cordes acoustique, électrique et claviers ; ce n’est pas un homme-orchestre. Il n’oublie pas « La nuit a ses défauts », un des titres que je préfère. Geoffrey aime raconter des histoires drôles. A la demande d'Antoine, Geoffrey s'exécute pour le bonheur du public. La setlist aligne ensuite "Sur l'asphalte » et une autre nouveauté, « Les hommes s'abîment ». La cohésion du groupe est parfaite. Pour aborder la cover de Christophe, « Succès fou », Antoine siège derrière les claviers. Et sa cover tient parfaitement la route. « Qui sait » adresse un clin d’oeil à David Bowie. Le concert s’achève par « Parader en enfer ». Antoine nous confesse qu’il s’agira du second single extrait du futur long playing. En espérant que le disque suive le même chemin que « Fou ». D’ailleurs, lors du rappel, Antoine revient en solitaire, armé de sa sèche, et nous dispense une version très souple de son tube. Avant de terminer sa prestation en apothéose, par un troisième inédit intitulé « Comme la pierre ». Antoine se produira dans 15 jours, à Scene sur Sambre…

(Organisation : Brussels Summer Festival)

Didier Deroissart

Pabo Andres + Inki + The Meridians + Cléo + Jali + Antoine Chance (Place Des Musées - Magic Mirrors)

(Voir aussi notre section photos ici)

 

Brussels Summer Festival 2014 : dimanche 10 août

Nous en sommes déjà au troisième jour du festival et on se prépare à une nouvelle soirée passionnante sur la Place des Palais. Pour l'instant, les grands vainqueurs sont Suede et Patti Smith : tous deux ont éclaboussé le festival de leur énergie et surtout leur intégrité…

Ce soir, je débarque trop tard pour assister au set de la formation danoise Go Go Berlin mais juste à temps pour découvrir sur scène la nouvelle sensation venue d'Albion.

Il a gagné le concours X-Factor outre-Manche. Je m'attendais donc au pire ; mais en fait, j'ai été agréablement surpris par James Arthur. Le jeune chanteur 'dégage' un max! Tatoué sur les bras, il affiche un look de rocker. Sa casquette vissée à l'envers lui donne un look plus 'moderne', plus hip-hop. Et puis, il affiche un petit côté beau gosse à la Gary Barlow. Mais ce qui frappe, c'est sa voix : chaude, profonde, aussi à l'aise dans les hurlements que dans les notes très aigues. Son pop/rock à l’anglaise est de toute bonne facture. On pense tour à tour à Joe Cocker, Robbie Williams ou encore Ed Sheeran. Il passe aisément du rock endiablé (“Lie Down”, “Emergency”) à la ballade sentimentale (“Suicide”, “Recovery”). La Place des Palais n'est pas encore remplie, mais le chanteur peut compter sur sa horde de jeunes fans, qui crient et chantent toutes les chansons qu’elle connaît par coeur. Comme on s'y attendait, ce sont ses deux plus grands hits, “You're Nobody 'til Somebody Loves You” (caractérisé par une allusion à “Cry Me A River” en milieu de parcours) et “Impossible” (une reprise d'un titre de Shontelle), qui clôturent joliment le show. Cette musique n'est pas ma tasse de thé (anglais), mais il faut reconnaître qu'on a assisté à une prestation en tous points convaincante.

Dans la foulée, on installe sur le podium une table de DJ et des ballons NRJ. De l’électro dégoulinante et agressive envahit alors la Place. Quelle faute de goût, surtout dans un festival organisé par le service public!! Heureusement, cette farce ne dure qu'un quart d'heure et l'infâme Disk-Jacquette se retire pour laisser la place à la formation suivante : Arsenal. Issu du Nord du pays ce duo jouit d’une belle notoriété. Il y a 10 ans, John Roan (chant et guitare) et Hendrik Willemyns (claviers) avaient créé la surprise en proposant une musique electro-rock aux influences exotiques. Après avoir fréquenté pratiquement tous les festivals de l'été 2014 (Werchter, Suikerrock, Lokerse Feesten, Cactus,...), ils débarquent à Bruxelles pour présenter leur dernier opus: “Furu”, devant une foule maintenant bien compacte.

C'est précisément par un titre extrait de “Furu” que débute le concert : “Termul”. Lydmor, la chanteuse 'guest' qui figure sur l'enregistrement studio, est bel et bien présente, pour mon plus grand bonheur. Mystérieuse et envoûtante, elle est vêtue d’une minirobe noire et d’un grand châle noir et blanc. La Danoise (elle vient des Iles Féroé) évoque Björk évidemment, mais aussi Nina Persson (Cardigans) et Natasha Khan (Bat For Lashes). Un grand moment! Lydmor reviendra plus tard sur le podium pour chanter “Evaporate”. Une artiste à découvrir!

Au cours de son show, Arsenal enchaîne une série de chansons électro-rock assez variées, rehaussées d'influences brésiliennes (“Saudade“) ou asiatiques. L'ambiance est estivale, colorée, multiculturelle ; et on remarque aux côtés de John Roan une chanteuse de couleur particulièrement efficace : Léonie Gysel. Plus tard, au moment où on commence à se lasser du format, Arsenal relance la machine en proposant une salve finale de hits, dont le plus marquant est sans conteste “Melvin”. Le rythme irrésistible et le refrain “Turn It Up...” font mouche et la foule toute entière chante et danse. Petit bémol : Arsenal prolonge le morceau un peu trop longtemps et y introduit une inutile allusion à “Shout” de Tears For Fears. Le concert se termine par “Lotuk”, issu de l'album éponyme. En conclusion : une bonne prestation, surtout marquée par la découverte de Lydmor ; en ce qui me concerne en tout cas...

Le temps de boire une bonne bière et on passe au plat de résistance de la soirée : Texas. Emmené par la jolie Sharleen Spiteri, la formation écossaise est née en 1989 et s'est taillé, au fil du temps, une bien belle réputation scénique. Le choix du patronyme ‘Texas’ constitue un hommage au film “Paris, Texas”, de Wim Wenders. Et il y a un peu de la musique originale du film, composée par Ry Cooder, dans les premières notes dispensées à la slide guitar par Ally McErlaine, qui résonnent en ce début de concert. Tout le monde reconnaît bien évidemment l'intro de “I Don't Want A Lover”, leur fabuleux hit qui remonte à 1989. Une belle manière de rentrer dans le vif du sujet. Sharleen Spiteri apparaît sur le podium, souriante et rayonnante comme d'habitude. Elle porte une marinière aux rayures blanches et noires ainsi qu'un pantalon gris : un look tout en simplicité et en discrétion. Le public lui réserve un accueil triomphal, qui provoque même une réaction d'étonnement chez elle, qui a dû pourtant en voir, des publics enthousiastes!

Sharleen Spiteri est très en forme et après “Halo” et “Detroit City”, tiré de son dernier opus “The Conversation”, elle enchaîne “Once In A Lifetime”, qui provoque à nouveau une très belle réaction du public. Le pop-rock de Texas est agrémenté de touches de blues et de soul, un cocktail reconnaissable entre mille. Entre les morceaux, elle adresse toujours quelques mots dans un anglais glaswégien parfois difficile à comprendre. Elle a cette capacité de générer la sympathie et de mettre tout le monde dans sa poche. Quand elle ne joue pas de la guitare, elle arpente continuellement l’estrade. Sa présence est vraiment remarquable.

En introduisant “So Called Friend”, elle remarque avec plaisir la présence de nombreux jeunes dans les premiers rangs. “Black Eyed Boy” et “Summer Son” amorcent l’assaut final. La pression monte progressivement jusqu'au paroxystique “Say What You Want”. La formation se retire dans un vacarme assourdissant, le public réclamant un rappel...

Texas revient sur les planches pour interpréter le nouveau titre “The Conversation”, qui ma foi, passe plutôt bien la rampe. Très peu d'artistes peuvent se targuer de pouvoir toujours composer des hits, 25 ans après avoir débuté leur carrière! Texas embraie par “Inner Smile”, une compo caractérisée par ses accents soul. Lorsque la formation quitte à nouveau l’estrade, on imagine que leur prestation est définitivement close. Mais pas du tout, car le public parvient à obtenir un second rappel. Pour une superbe version du “River Deep, Mountain High” d'Ike & Tina Turner, clôturant définitivement ce remarquable concert !

A plus de 46 ans, Sharleen Spiteri tient toujours une forme d'enfer! Fatigués après trois soirées de festival, nous zappons la soirée Electro-City qui se déroule au Mont des Arts et nous rentrons nous ressourcer en prévision des jours suivants...

Setlist (tbc): I Don't Want a Lover, Halo, Detroit City, Once in a Lifetime, If This Isn't Real, When We Are Together, Big World, Dry Your Eyes, In Demand, So Called Friend, Summer Son, Black Eyed Boy, Say What You Want

Rappel: The Conversation, Inner Smile

2e rappel: River Deep Mountain High (reprise de Ike & Tina Turner)

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

Lokerse Feesten 2014 : dimanche 10 août

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Les Lokerse feesten avaient donc décidé de consacrer la dernière journée –essentiellement– à la musique jamaïcaine. A l’affiche on retrouvait ainsi The Wailers, backing group du mythique et défunt Bob Marley et Sean Paul, roi du dancefloor et véritable machine à hits. Mais également un petit bout de femme à l’organe vocal digne d’une grande diva du rock’n’roll. En l’occurrence Jessie J.. Anglaise, elle a également composé des chansons pour d’autres artistes, comme Rihanna, Justin Timberlake, Alicia Keys ou encore Miley Cyrus. Pour cette ultime date, la Groote Kaai est pleine à craquer.

Le line up actuel des Wailers réunit Aston 'Family Man' Barrett à la basse, Aston ' Family Man' Barrett Jr aux claviers, Keith Sterling aux synthétiseurs, Drummy Zeb aux drums, Audley Chisholm à guitare rythmique, Dwayne Anglin aux vocaux et Cagée Victory aux choeurs. The Wailers est une formation qui a accompagné Robert Marley jusqu’en 1980, soit un peu moins d’un an avant sa mort. Au cours de ce concert, d’une durée d’un peu plus de 150 minutes, les deux rappels compris, elle va nous réserver les tubes intemporels du grand Bob. Le temps est à l'automne. Il ne pleut pas, mais il ne fait pas très chaud. Et la petite laine est de rigueur.

Dès que les musicos montent sur l’estrade, ils se figent devant leur instrument. Et si Cagée, la choriste, se trémousse durant tout le show, seul Dwayne arpente le podium de long en large. Le set s’ouvre par l’obscur « Cobra Style ». Mais la suite sera constituée d’une succession de hits intemporels tels que « Is This love », « No Woman No Cry », « Could You Be Loved », « Three Little Birds », « Buffalo Soldier », « Get Up Stand Up », « Stir it Up » (cover de Johnny Nash), « One Love », « I Shot The Sheriff », « Waiting In Vain », « Rock The Boat » et en final, « Jammin' ».

Lors du rappel, Dwayne nous réserve une adaptation magistrale de « Redemption Song » à la guitare acoustique, avant que le reste du band ne revienne sur les planches pour attaquer « Exodus ». Les aficionados ont manifestement apprécié le concert. Leur rappelant de bons souvenirs, tout en leur inoculant l’un ou l’autre frisson. Perso, le spectacle m’a paru une peu trop tiré en longueur. D’abord parce que la majorité des musiciens sont demeurés statiques et n’ont jamais donné l’impression de vouloir communiquer avec le public. Dwayne constituant la seule exception qui confirme la règle. Derrière un micro, Damian, Stephen, Julian ou Ky-Mani Marley sont capables de dynamiter un show à eux seuls tout en interprétant les chansons du père Marley avec conviction et respect. Franchement, j’ai déjà eu l’occasion d’assister à un set des Wailers, et il était bien plus dynamique.

Place ensuite à ce fameux intermède assuré par Jessica Ellen Cornish alias Jessie J.. Auteur-compositeur-interprète insulaire, elle a publié son premier single, « Do It Like A Dude », en novembre 2010, un titre qui a atteint la 2ème place des charts au Royaume-Uni. Et le deuxième, « Price Tag », lui permet de déjà décrocher son premier numéro 1. Jessie compte deux albums à son actif : « Who You Are » sorti en 2011 et « Alive » paru l'année dernière.

Telle une furie, Jessie J. déboule sur l’estrade et entame son spectacle par un « Sexy Lady », plutôt torride. Elle est sensuelle. Très jolie. Et on n’a d’yeux que pour elle. (NDR : 20 ans de moins…) Dès ce premier titre, son public est en poche. Elle occupe toute l’estrade. Elle est à gauche, à droite, devant, derrière. Partout quoi. Et sa voix me fait parfois penser à celle de Katy Perry. Elle embraie par « Domino ». Juste avant d'attaquer le morceau suivant, elle clame : 'It's not my party. It's your party', en s'adressant au public. Le dancefloor est ouvert pour 70 minutes sans la moindre seconde de pause. Elle aborde ensuite « Calling All Hearts/Treasure ». Excellent, le guitariste possède une technique digne de Nile Rodgers. Le funk est dans la place. Si vous n'avez pas le bas des reins qui se dandine, vous n'avez rien compris à la musique. Jessie introduit chaque chanson par quelques mots. Elle encense ses musicos, mais également ses deux choristes exceptionnelles. « Sweet Talker » et « Nobody's Perfect », sont deux morceaux plus classieux, mais toujours aussi dansants. Tout comme le plus voluptueux « Wild ». L’électro commence à prendre l’ascendant. Et « LaserLight » en est une belle illustration. Le nouvel opus paraîtra en octobre. Elle nous en concède « Keep Us Together ». Mais la diva est également capable de conjuguer douceur et raffinement. « Conquer The World/Wonderwall/ You Don't Really Know Me/White Room » est un medley  au cours duquel la sèche et les deux choristes tirent leur épingle du jeu. « Who You Are » évoque une Whitney Houston de la grande époque. Elle ferme les yeux afin de mieux se plonger dans la chanson. Sa voix est tellement chargée d’intensité, qu’elle en triture le micro.  « Alive » opère un retour dans un climat dancefloor. Un titre de circonstance, au cours duquel Jessie en profite pour raviver la flamme. L’auditoire est en transe. Elle nous réserve encore une autre nouvelle compo intitulée « Ain't Been Done ». Et deux extraits du premier album, « Do It Like A Dude » et le hit mondial « Brice Tag ». Vu la prestation accordée je ne serais pas étonné que Jessie devienne rapidement une star. Et figure à l’affiche des plus grands festivals. Mon coup de cœur pour cette soirée !  

D'origine anglo-portugaise, Sean Paul Ryan Francis Henriques est né le 8 janvier 1973, à Kingston, en Jamaïque. Il a choisi pour nom de scène Sean Paul. Réservée au dancehall, sa musique s’inspire naturellement du reggae. Au cours de sa carrière, il a publié six long playings : « Stage One » (2000), « Dutty Rock » (2002), « The Trinity » (2005), « Imperial Blaze » (2009), « Tomahawk Technique » (2011) et « Full Frequency » (2014). À ce jour, il en vendu plus de 10 millions de disques à travers le monde.

Mais c’est également un showman. Sur les planches, il est épaulé par un MC pour chauffer le public, mais également le seconder au chant. Quant aux deux danseuses, elles sont destinées à faire grimper la température sur le dancefloor. Et croyez-moi, elles possèdent toutes les aptitudes nécessaires pour y parvenir.

Lorsque le show s’ouvre, on est bombardé par un light show monumental, des fumigènes multicolores et une pluie de confettis. Sean peut alors monter sur l’estrade. La setlist aligne « So Fine », « Get Busy » et « Give It Up To Me ». Ainsi que « Got 2 Luv U », issu de l’elpee « Tomahawk Technique ». C’est d’ailleurs l’opus que votre serviteur préfère. Cet artiste est constamment sur les chardons ardents et a bien intégré l’art de la communication. Auprès de son public, notamment. Il lui demande constamment de jumper, de lever les bras ou d'applaudir. Il vise d’abord le public féminin, qui semble ravi de cette attention qu’il lui porte. Le guitariste et le bassiste épaulent parfaitement Sean ; ce qui ne les empêche pas de se montrer extrêmement mobiles sur les planches. Les interventions du drummer son convaincantes. Le line up implique deux claviéristes, un rôle que le leader estime prépondérant au sein de son line up. La selist ne s’autorise aucun temps mort. « How Deep In Your Love », « Baby Boy », « Like Glue » et « We Be Burnin' » se succèdent. On a encore droit à un autre extrait de « Tomahawk Technique », « Hold On », puis deux de « Dutty Rock », « I'm Still In love With You » et « Punkie ». Mais également du nouveau long playing, « Good Feeling ». Derrière le batteur, des images défilent sur un écran. Le nom de Sean Paul revient systématiquement, comme si c'était la première fois qu’il se produisait en ‘live’. Sous un déluge de lumières et de feux d’artifice, « Body » clôt la partie officielle du concert. Comme en début de parcours. Sans oublier les confettis. La fête est finie, mais Sean Paul adore en remettre une couche. Il a enfilé un nouveau t-shirt pour achever définitivement son show, par « She Doesn't Mind » et « Temperature ». Contrat rempli. Rendez-vous en 2015, pour la 41ème édition…

(Organisation : Lokerse Feesten)

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