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Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Hexagen 2014 : samedi 25 octobre

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Cinq ans déjà que le collectif Hexagen organise à travers Bruxelles toute un série de petits concerts indie, principalement à tendance noise ou math-rock ; et pour marquer le coup il avait décidé de nous offrir un festival en 2 temps.

Le vendredi l’affiche proposait Jessica 93 et Headwar au Beurschouwburg et le lendemain pas moins de 7 groupes se produisaient au Magasin 4 ; et c'est cette soirée à laquelle votre serviteur a assisté.

Pas trop fan des festivals et des affiches à rallonge, j'ai zappé John Makay et LTDMS et suis arrivé pour Poutre dont l'écoute du bandcamp m'avait convaincu de ne pas louper le set. Décrit comme héritier d'une tradition bruitiste en France qui oscille de Condense à Heliogabale en passant par Portobello Bones, c'est surtout de ce dernier qu'il semble s’inspirer. Tout en urgence et en riffs tendus, ça cogne sec et quasi sans répit mais toujours en conservant un sens de la mélodie derrière l'apparence chaotique. Il faut dire que le son approximatif de la sono n'est sans doute pas étranger à cette situation ; mais si l’absence de basses sera corrigée par la suite, le son de batterie est un peu pourri et malheureusement le restera. Passé ces imperfections, le combo entame les hostilités en grande pompe et j'ai déjà les pieds et la tête qui ne tiennent plus en place!

Room 204 nous plonge dans un univers plus technique et maîtrisé. Vous avez dit math-rock? Vous n'avez évidemment pas tort! Après la spontanéité débridée de Poutre, la transition n'est pas évidente vu l'interprétation toute en précision et en justesse de leurs successeurs sur scène. Heureusement derrière cette mécanique bien huilée surgissent des ‘accidents’ délicieusement barges et surprenants qui sont plus que les bienvenus dans leur jeu plutôt rigoureux. On imagine que la présence de certains plans métal bien ‘cliché’ joue le même rôle dans leurs compos, je veux parler de ces accords kitsch et victorieux que l'on retrouve aussi chez leurs compatriotes de Marvin (qui d'ailleurs commencent à en abuser un poil) voire chez Trans Am pour rendre à César ce qui lui appartient.

Place ensuite à The Guru Guru qui n'a rien à voir avec Guru Guru, les vétérans du kraut rock teuton toujours en activité. Ici on est dans la folie furieuse qui vous tombe dessus sans crier gare! Une petite ritournelle pop part en vrille en moins d'une minute (en écoutant leur bandcamp j'étais persuadé d'entendre deux morceaux en un) dans un chaos magistral, chaque musico maltraitant son instrument, les vociférations du chanteur se superposant à l’ensemble. Tout le long du concert, on est balancé dans cette schizophrénie créative qui fait la part belle à un jeu assez recherché et surprenant. Pourtant, les musiciens sont doués, mais j’ai du mal à accrocher. D’abord je suis assez réfractaire à ce type de vocaux. Et puis je cherche en vain un fil rouge dans leur répertoire.

Arrive enfin le grand moment de la soirée grâce au trio italien His Electro Blue Voice qui a plus d'un tour dans son sac et dont le cocktail détonnant va me mettre sur les genoux. Les ingrédients de cette mixture décapante? 1/3 de noise aux accents indie ou post hardcore, 1/3 de post punk et 1/3 de psyché kraut pour bien scotcher l'audience. Le résultat est garanti et scotché je l’ai été ! Je serais curieux de jeter un œil dans la collection de disques ou de mp3 des ritals et ne serais pas surpris d'y retrouver aussi bien Sonic Youth, Hüsker Dü, Big Black que Chrome, Wire ou Killing Joke... Mais stop au name dropping, His Electro Blue Voice mérite qu'on s'intéresse avant tout à son propre son. Un déluge supersonique, véritable lame de fond qui passe et repasse, emportant tout sur son passage au gré de sa cadence métronomique. Trop répétitive au goût de certains, elle baigne les autres dans une transe provoquant d'irrépressibles hochements de tête et puis progressivement une ondulation de tout le corps. Mais derrière la débauche sonore et la répétition, se cache souvent une accroche mélodique simple, évidente, pour ne pas dire essentielle, comme sur le tubesque "Eat Sons".

C'est à Electric Electric qu'était confiée la tâche de clôturer cette longue soirée qui à ce stade commençait à être bien éreintante pour les tympans. Qu'à cela ne tienne, on hausse encore le volume sonore rendant le concert limite insupportable à moins de porter des protections adéquates ou de se retrancher dans le fond de la salle. C'est assez dommage d'autant que les 2 fois où j'ai eu l'occasion de les voir, j'ai pris une monstrueuse claque à l'écoute de cette noise trance de haute volée qui tient la comparaison avec des formations comme Battles ou Lightning Bolt. Mais là au bout de 2 ou 3 morceaux plutôt de bonne augure, j'ai battu en retraite, vaincu par l'avalanche de décibels et un état de fatigue avancé. A revoir donc mais si possible pas à 1 heure du mat’ après une volée de groupes tous plus noise les uns que les autres.

Mais bon hormis ce petit bémol, on garde une bonne impression de ce festival dont je retiendrai les prestations de Poutre et des incroyables His Electro Blue Voice que vraiment je vous conseille de ne pas manquer!

(Organisation : Hexagen)

 

BAM Festival 2014 : du mardi 30 septembre au mercredi 3 octobre

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Saluons d'entrée l'initiative de ce festival consacré aux arts numériques. Il a permis aux professionnels et au public curieux d'assister à une toute une série d’activités d’apprécier le travail d’une dizaine d’artistes actifs dans le secteur de la culture numérique. Rendons hommage aux organisateurs qui à l’aide de modestes moyens mais un excellent carnet d'adresses ont apporté à la Cité Ardente un événement qui, nous l'espérons, se répètera dans les années à venir. Outre une exposition, trois conférences et un workshop permettant de se familiariser avec deux logiciels de mapping, il s’agissait surtout de proposer gratuitement au public liégeois plusieurs performances accordées dans les locaux de l’Académie des beaux-arts de Liège. Le festival se clôturait dans le nouveau haut lieu du clubbing principautaire, Le Cadran, où l'on a pu assister pour un prix très démocratique à une série de sets d'artistes renommés.

Tout d'abord, quelques mots sur les différents spectacles glanés auprès de quelques collaborateurs de Musiczine. Le festival débute tout en douceur, le mercredi, par ‘Disorder’ un show du CENC (Centre d’expression numérique et corporelle basé en Suisse). Des danseuses se meuvent lentement derrière un écran sur une composition ambient délicate. C'est joli et poétique mais on est content que le spectacle ne dure qu'une petite demi-heure car la lassitude commence à poindre en fin de parcours. Succès de foule comme ce sera le cas toute la semaine. C'est aussi l'occasion de découvrir diverses installations aménagées dans les locaux de l'Académie.

La seconde soirée débute également par l'alliance de la danse et de la musique électronique. Au programme : la performance du studio d'art numérique barcelonais Reflection Lab au cours de laquelle, les mouvements de la danseuse tentent d'épouser les formes colorées projetées sur l'écran.

La musique de Light Sound & Death est bien plus expérimentale et éprouvante. Le performeur, dans un costume brillant, s'agite de manière épileptique devant de puissantes lampes à effet stroboscopique. Notre chroniqueur du soir est vite saturé par ce spectacle sans concession.

Peu de précision malheureusement sur celui du jeudi proposé par 1024 Architecture. Notre photographe préférée Marine B. a en tout cas été très impressionnée et en est sortie enchantée.

La grande soirée de clôture débute par une prestation captivante de Nonotak, duo composé de l’artiste et illustrateur Noemi Schipfer et de l’architecte et musicien Takami Nakamoto, que l’on retrouvera plus tard en solo. Ils nous présentent leur dernière création, Late Speculation, décrite comme explorant la relation entre espace, image et son et permettant au duo de s’engager dans des représentations live en partie improvisées, où les éléments audiovisuels ne tournent plus en boucle, mais sont plutôt ajustés sur le moment même. Prenant place, face à face, autour de leurs machines, dans un triangle transparent dont les projections en lignes et formes géométriques épousent la forme, les comparses proposent un son assez dur et oppressant, à coloration indus et technoïde. Ils procurent une sensation d’encerclement au milieu de ces sonorités hachées, fracturées, mi-sourdes mi-crissantes, mais élégantes et maîtrisées.

La suite se déroule au Cadran. Elle débute agréablement par des lives audio/vidéo. Emilia Gumanska aka Emiko, tout d’abord, allie projections intrigantes et motifs électroniques doux mais puissants. Pour suivre, Steve Buchanan nous gratifie d’une étonnante et brève démonstration, à même le sol, d’une plaque podale de laquelle il extrait, en la martelant et la piétinant, des motifs métallo-tribaux. Takami Nakamoto propose ensuite un set intéressant mais quelque peu répétitif et décousu, fait de cut-ups foisonnants et bien agencés mais sans véritable ligne de conduite. Une abstraction technoïde que l'on retrouve dans la brève performance d'Okus Cie. 

Arrive l'artiste mystère qui ne l'est plus depuis un petit temps, le bouche à oreille ayant supprimé tout effet de surprise mais permis d'attirer une foule considérable. Il s'agit de Vitalic attendu par des centaines d'aficionados en délire pour la plupart très jeunes. Ce dernier délivre un set semi-live qui enchaîne tous les tubes qui ont fait de lui un des artistes techno les plus prisés. C'est efficace bien entendu et la foule déjà bien allumée se déchaîne. Votre serviteur, lui, n'en peut déjà plus après quelques morceaux. Les basses massacrent ses vieux tympans et ce genre de techno agressive n'est vraiment plus sa tasse de thé.

Riley Reinhold enchaîne devant un parterre bien moins fourni. Le gros de l'assistance n'a visiblement jamais entendu parler du patron des formidables labels Traum, Trapez et My Best Friend et s'en désintéresse totalement préférant aller se déhancher sur la trap mal dégrossie proposée dans la salle d'à côté. L'Allemand se sent malheureusement obligé de se mettre au diapason de la techno ‘gros sabots’ délivrée avant lui. Bien loin de ses excellentes compilations mixées Tour de Traum, on a droit à une succession de gros beats d'où n'émergent que rarement les mélodies qui ont fait la réputation de son écurie.

Dominik Eulberg lui succède, attendu impatiemment par les plus de trente ans. L'ornithologue n'a jamais été un foudre de guerre du dj set. Son vrai talent s’exprime à travers ses remarquables albums. Et on regrette que les organisateurs n’aient pu convaincre son ami Gabriel Ananda de se joindre à la fête. Trop peu sûr de lui, Dominik n'accepte en effet de jouer en live qu'en compagnie du vétéran teuton. Ici encore, Eulberg joue la carte des effets mille fois entendus et des beats énormes noyés sous la saturation. Mes écoutilles saignent mais la foule semble adhérer. Il est plus de trois heures du matin, l'alcool et les substances font apparemment leur effet. C'est ce que réclament les clubbers. Le droit de lever les bras et de crier de joie quand montent les sons saturés. Et peu importe, si c'est mixé à la tronçonneuse sur des cd gravés.

Immense regret : l'absence de Microtrauma. Annoncé mais décommandé pour de compréhensibles raisons budgétaires (rappelons que tout le festival était gratuit et qu'on pouvait assister à la soirée pour la modique somme de dix euros), le duo aurait probablement sauvé ma soirée. Ce n'est, paraît-il, que partie remise puisque les organisateurs comptent l’inviter prochainement dans la même salle.

En résumé, un événement qui a l'énorme mérite d'exister mais qui doit encore trouver un juste milieu entre performances arty et banals DJ sets. Il est dommage par exemple que les dernières prestations n'aient pas été accompagnées de visuels. Espérons donc que cette première édition ait convaincu les édiles d'octroyer de généreux subsides pour pérenniser et améliorer ce très respectable projet. Il en vaut la peine.

Organisation : Mike Latona + Académie Royale des Beaux Arts de Liège + Cadran + Mapping Festival

Bozar Electronic Arts Festival 2014 : samedi 27 septembre

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‘C'est l'histoire d'un garçon qui ne pouvait pas s'arrêter de danser oh oh oh! Mais quand il regardait autour de lui, tout le monde était assis...’
Connaissez vous "Etre assis ou danser" ce morceau de Liaisons Dangereuses, groupe culte electro du début 80's dont l'inusable classique "Los Ninos del Parque" préfigurait la techno de Detroit?
Et bien il illustre à merveille la soirée passée au Bozar festival ce samedi, on y reviendra plus tard…

C'est Robert Henke qui avait l’honneur d’ouvrir les hostilités, lorsque je suis arrivé dans la salle Henry Le Boeuf (HLB), très bel espace ovale caractérisé par une large scène, un vaste parterre, deux balcons et tout le confort nécessaire pour assister d'entrée de jeu à un superbe spectacle audio-visuel sobrement baptisé ‘Lumière’. Installé tout au fond je n'ai pourtant pas manqué un seul détail de ces visuels faits de formes géométriques pures et simples (encore que l’ensemble se complexifie ensuite) projetés par de puissants faisceaux lasers donnant une image de très haute résolution, permettant de distinguer des détails infimes même à la distance à laquelle j'étais situé. Et quand les fumigènes s'en mêlent, le plaisir des yeux est encore rehaussé sans occulter quoi que ce soit. Musicalement c'est également de très haute tenue. Une techno/electronica nocturne aux accents post-industriels qui flotte, plane, parfois s'intensifie mais jamais ne martèle. Du velours sonore dont la consistance est réelle.

Cap ensuite vers la salle Terarken pour assister à la performance de Phill Niblock et Thomas Ankersmit. Le premier ouvrait son set par une pièce assez extrême –selon mieux informé que votre serviteur– car je suis arrivé quand seul son compère était encore sur scène. Signé sur le label Touch, Niblock est un personnage culte de la scène minimaliste qui a côtoyé physiquement ou par ses œuvres, d'autres figures comme Morton Feldman ou Alvin Lucier... Photographe et vidéaste autant que musicien, il développe de longs drones méditatifs dans lesquels je me glisse progressivement malgré les interférences de quelques spectateurs probablement égarés et peu respectueux de ce qui se passe autour d'eux. Deux écrans projettent des images de pêcheurs au travail, s'affairant sur la coque d'un bateau, préparant et réparant le matériel... Des petits gestes du quotidien comme le sont peut-être finalement ceux de l'artiste derrière ses laptops. Par contre on ne peut pas dire qu'il cherche à rentrer en contact avec le public en dehors de la matière purement artistique. Les yeux rivés sur ses écrans, il sirote tranquillement son verre de vin, semble un moment s'affaisser et finit même par tapoter sur son téléphone! N'aimant pas déranger les gens dans leur intimité, je saisis donc cette occasion pour aller rejoindre Max Cooper à la salle HLB. 

C'est là que tout s’est compliqué, car passé l'heure du début de son live, il n'était plus possible d'accéder à celle-ci que par les balcons et du coup j'ai dû assister à sa prestation assez dansante coincé là-haut, en la regardant de biais. J'ai d'ailleurs failli partir après son intro mystique ambient/new age assez cliché ; mais heureusement l'artiste anglais a vite corrigé le tir pour partir dans un style plus accrocheur et crossover en brassant de larges influences electro, house ou idm balayées par une pointe de hip-hop. Bref le genre de musique qu'on n'a pas spécialement envie d'écouter assis! Des visuels très organiques et colorés accompagnent ce show et contrastent avec ce que proposait précédemment Henke. Plaisant sans être ultime non plus, son live nous met en condition avant celui de Fuck Buttons, que j'attendais assez impatiemment de revoir après 5 ans.

Mais quelle frustration d'apprendre qu'ils allaient se produire dans la salle que je venais juste de quitter, quand on sait que la musique trépidante du duo n'est absolument pas faite pour rester assis! Quelle mouche a donc piqué les organisateurs pour prendre cette décision? J’apprends que des raisons d'acoustique justifieraient ce choix ; mais quand bien même je ne suis pas convaincu que dans ce cas-ci la pureté sonore prime sur l'expression corporelle... et encore merci à l'hôtesse de préciser qu'on peut se lever de son siège (sic!) Merci madame.

Mais bref comme j'avais décidé que la situation ne viendrait pas gâcher mon plaisir, j’ai tenté de repérer ce qui me semblait la meilleure place pour en profiter au maximum.

Démarrant par ce qui est également la plage d'intro de leur dernier album, soit "BrainFreeze" et son déluge de percussions martiales, Fuck Buttons met d'entrée de jeu tout le monde dans sa poche ou presque et électrise au moins une bonne moitié de l'audience qui fort heureusement se lève d'un seul et même homme. L'enchaînement du morceau suivant (que je n'arrive hélas plus à identifier) me semble moins judicieux et l'espace d'un moment je crains que la sauce ne retombe. Crainte de courte durée car le reste de leur set s'avère un sans faute, Fuck Buttons puisant son répertoire principalement dans les 2 derniers albums (le premier n'étant plus vraiment représentatif de leur son) et atteignant un pic sur le stupéfiant "Surf Solar", 10 minutes de montée d'extase sonore electro noise. On apprécie autant leurs morceaux tribaux aux climats de transe que les rythmes hip hop plus lourds qu'ils ont commencé à inclure depuis leur dernier album. Et lorsque le set se clôt sur "Hidden XS", on pense à l'étiquette de ‘Mogwaï électronique’ qu'on leur avait collée lorsqu'ils ont émergé, tant ce titre synthétise à merveille le mélange entre la touchante mélancolie mélodique des Ecossais et les nappes synthétiques et bruitistes. Pas de rappel mais néanmoins, après Robert Henke, en ce qui me concerne, un autre grand moment de la soirée...

Et c'est les oreilles repues que nous avons décidé d'en rester là mais avant de conclure cet article j'aimerais quand même souligner ce qui devrait être revu dans cet événement. Il est très louable de vouloir sortir la musique électronique dansante des caves et clubs où elle est généralement cantonnée... Mais à quoi ce changement de décor rime-t-il si c'est pour essayer de la faire rentrer dans un cadre finalement assez rigide et institutionnel où l'accès est limité passé une certaine heure et où la configuration de certains lieux aussi adaptée soit-elle aux oreilles, ne permet pas au reste du corps de pleinement jouir de la fête? Parce qu'après tout ce type de spectacle reste une fête ou une célébration, non?

(Organisation Bozar)

La Nuit du Soir 2014 : mercredi 24 septembre

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De multiples péripéties, y compris un retard imprévu et quelques accrochages houblonnés, ont pratiquement résumé ces ‘Nuits du soir’ au concert du très attendu Sharko. Certes, j'ai aussi vaguement vu et entendu les Vismets déterrer « Umma Gumma » de Pink Floyd ; mais il est préférable de ne pas trop m'étendre sur le sujet...

Après quelques années d'absence sous l'étiquette Sharko et une escapade très réussie en solo, David Bartholomé nous revient en groupe accompagné du fidèle guitariste extra-terrestre Teuk Henri et d'un nouveau batteur en la personne du Liégeois Olivier Cox (Dalton Télégramme, Mademoiselle Nineteen et Moladji, entre autres).

Attiré par la promesse de nouvelles compositions, le public nombreux attendait impatiemment le retour du meilleur chanteur wallon encore en activité. Et l'auditoire n’a pas été déçu. Pour ouvrir le show, le trio nous gratifie du superbe et inédit « Happy Ending » et enchaîne par un futur hit interplanétaire baptisé « Waterloo ». Une autre nouvelle compo, le touchant « Shalaine », nous prouve d'entrée de jeu que le groupe n'a rien perdu de son pouvoir mélodique. Le concert se poursuit par un somptueux ‘best of’, dont les captivantes réinterprétations du punchy « Motels », du rock « Exellent » et une version du classique « I went down » aussi hantée qu'à l'époque de sa sortie.

Après avoir enchaîné sa setlist par sa collection de singles implacables, dont « Yo Heart » et « Sweet protection », morceaux pour lesquels on se demande toujours pourquoi le groupe n'est toujours pas parvenu à se forger une reconnaissance amplement méritée au-delà de nos frontières ; et alors qu'on avait l'impression que le concert venait à peine de commencer, David annonce déjà le dernier morceau. Le rageur « Rock 1 ». Une apothéose qui ne suffira pas à nous enlever ce goût de trop peu… Vu son stock de mélodies accrocheuses, David Bartholomé et ses compères auraient pu nous tenir en haleine beaucoup plus longtemps. Mais ne nous plaignons pas, ce retour a été plus que réussi et l’enthousiaste manifesté par le public présent ce soir se réjouit à coup sûr de revoir Sharko dans un contexte un peu moins ‘festival’, dans le cadre d’un show plus complet.

(Organisation le Soir)

MJ Sambreville 2014 : samedi 6 septembre

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La Maison des Jeunes de Sambreville fête cette année ses 40 ans d'existence. Quatre décennies déjà que l'institution se décarcasse pour dynamiser la région de Sambreville. Et tout particulièrement dans le domaine de la musique. Le festival se déroule sur 2 jours. Le vendredi est consacré au blues et propose Chess Reviva, Little X Monkeys et Boggie Beats. Le samedi au rock, et accueille The Weakness, Von Durden –remplaçant au pied levé Vegas–, Driving Death Girls et en tête d'affiche, le trio toujours aussi sympathique, mais déjanté, The Experimental Tropic Blues Band. La salle est plutôt exiguë et sa capacité maximum oscille entre 120 et 130 âmes. Pourtant, elle jouit d’une belle notoriété. Faut dire que le son est parfait et l'accueil chaleureux. Sans oublier la proximité entre les artistes et le public qui rend chaque prestation intimiste. Que demande le peuple ! C'est la première fois que votre serviteur se rend à Tamines. Ce n’est pas la porte à côté, mais promis, j'y reviendrai. Notamment pour Vegas, qui toujours dans le cadre de ce jubilé, accordera un concert gratuit, le 10 octobre prochain.

The Weakness ouvre le bal. Un duo féminin réunissant Naomi Mele et Jennifer Vanderelst. Elles ont décroché le prix du jeune talent sambrevillois, en 2013. En outre, ce sont les régionales de l'étape. Elles sont soutenues par Guillaume Gilson, à la guitare électro-acoustique et Gaetano Lo Cicero, à la basse. Encore que tout au long du set, les deux musicos vont s’échanger leurs instruments. La set list est essentiellement consacrée à des covers, souvent particulièrement pointues. Mais elle recèle quelques compos personnelles. La première reprise est une plage issue du répertoire des Brigitte, « Battez Vous ». Très sexy, les filles jouissent également de voix particulièrement sensuelles. Autant que les deux Brigitte. Et les deux instrumentistes accomplissent parfaitement leur job. Les deux filles nous réservent une excellente adaptation du « Nobody's Perfect » de Jessie J. Digne de la version originale ! Et après avoir assisté au concert de Jessica, dans le cadre des Lokerse Feesten, je dois avouer que la ressemblance est troublante. Celle du « Royal » de Lorde est aussi superbe. « Titanium » est une compo personnelle. Parmi les autres covers, on aura encore droit à « Scream (Like Me Up) », « Il y a » de Vanessa Paradis (NDR : et dans la langue de Molière !), une adaptation fringante du « Do I Wanna Know» d'Artic Monkeys et le « Love Don't Die » de The Fray. Un duo talentueux dont on attend cependant davantage de compos personnelles…

Les concerts vont commencer à monter en intensité. Tout d’abord grâce aux Louviérois de Von Durden qui ont pallié au forfait de Vegas. Le band est responsable de deux elpees à ce jour, « Death Discotheque », paru en 2009 et « Dandy Animals », en 2011. Le troisième, modestement baptisé « Three », sortira ce 1er octobre. Jour prévu pour la ‘Relase party’ qui se déroulera à la Rotonde du Botanique. Le line up réunit Elliott Charlier au micro, Kevin Dochain à la gratte électrique, Nicolas Scamardi aux drums, Fabrice Giacinto à la basse et la blonde Gladys aux synthétiseurs. Intéressant, ce set impromptu avant le grand jour au Bota. Une manière de répéter ses gammes. La setlist épingle 5 nouveaux morceaux issus du nouvel opus : « Don't Let Me Down », le single « Death Queen », In The Room », « Attraction » et « World On Top ». Il est de notoriété publique qu’un troisième long playing constitue un tournant dans la carrière d'un groupe ; et pour l’instant les échos sont favorables. Von Durden est avant tout un groupe de scène. Il communique de bonnes sensations et y libère énormément de punch. Nico adopte même parfois une attitude à la Jane Doe. L’estrade est étroite, mais Von Durden déborde d’énergie et ne souffre d’aucune baisse de régime. Pour ne pas trop déstabiliser les fans de la première heure, il nous réserve cependant quelques anciens morceaux, comme « Hey Beauty », Dance To The Music » et « Color Of The Shape », issus de l’elpee « Death Discotheque » ainsi que deux plages extraites de « Dandy Animals », « Devil In Me » et le titre maître. Nico martèle ses fûts comme un forgeron frappant sur l’enclume. La voix d’Elliot est puissante. Les riffs de grattes sont incisifs. Bonnet enfoncé sur le crâne, Gladys triture ses machines et bondit frénétiquement sur les planches. Mais ses nappes de synthés sont précises. Quant à l’ami Fabrice, qui s’était déjà illustré dans le cadre du festival Scène sur Sambre, au sein de Romano Nervoso, il ne ménage pas ses quatre cordes. Bref, un excellent concert de rock’n’roll. Rendez-vous au Botanique ce 1er octobre. Votre serviteur sera de la fête…

Driving Dead Girl a la réputation d’envoyer du lourd, une formation belge hébergée sur le label français At(h)ome. En 2004, elle se produisait dans le cadre du festival de Dour… Une première étape ! Dans la foulée, elle publie son premier long playing, « 50 000 Dead Girls Can't Be Wrong », chez Bang ! En 2008, le combo cherche son second souffle. Le remplacement de J.F. Hermand et d’André Diaz, par Vincenzo Capizzi et Daniel Diaz, respectivement à la basse et à la batterie, va lui donner un coup de fouet. En outre, le band est invité à assurer des premières parties de plus en plus intéressantes, et notamment pour Black Rebel Motorcycle Club ainsi que Lords Of Altamont. Ce qui lui permet d’acquérir une excellente réputation de groupe ‘live’. En janvier 2010, le quatuor grave son deuxième elpee, « Don't Give A Damn About Bad Reputation ». Et un troisième album en avril 2013, baptisé « I Think The Drums Are Good ». Un quatrième est en préparation et pourrait sortir fin 2015. Comme le quartet roule au diesel, laissons-lui le temps de composer ses nouvelles chansons. D’autant que lorsqu’il prend le temps, il n’en est que plus épatant. Le line up semble s’être enfin stabilisé. Les chanteurs/guitaristes Ronald Dondez et Dim Wild forment l’ossature du line up. Derrière ses fûts, Vincenzo Capizzi est devenu une valeur sûre. Et peut s’appuyer sur Ruggero Catania, le petit nouveau à la quatre cordes.

Si Driving Dead Girl déclare ne jouer que du rock’n’roll, il faut reconnaître que leur musique évoque les Black Keys. Très caractéristique, la voix est hantée par un feeling puisé dans les 50’s. Pensez à celle de John Spencer, voire de Jim Jones, deux vocalistes aux timbres envoûtants. Leur rock est teinté de punk et de blues. Les grattes sont grasses, huileuses, mais s’autorisent des riffs bien incisifs. La ligne de basse est constamment susceptible d’extérioriser toute son agressivité. La setlist va nous réserver 7 plages extraites du dernier opus, « I Think The Drums Are Good » : « Hanging On », « And I Know The Devil », « Wild Wild Lovers », « Voodoo Soul », « Vinnie And The Morphine », « Wherever You Love », « I Don't Care About You» et « Junkie ». Et le reste, des pistes issues des deux premiers cds : « Don't Wanna Talk About That Girl Anymore », « The Girl From The Room Sixteen », « No Home » et « On The Phone With God». Dim ne tient pas en place et ne se contente pas du micro. Il se couche au sol tout en continuant à gratter sa guitare. Il s’autorise plusieurs bains de foule. Bref, il mouille sa chemise. Et rend le set du band particulièrement sauvage. Comme je les aime. Après leur prestation, les musicos se montrent sous un angle affable. Super sympas, humbles, ils discutent avec leurs aficionados…

The Experimental Tropic Blues Band constitue donc la tête d’affiche du festival. La réputation du trio liégeois n’est plus à faire. Deux gratteurs et un drummer qui vous balancent du rock’n’roll nourri au blues, au punk et au psychobilly. En 2004, il brûlait ses premières planches à Tamines. Dix ans plus tard, il y tient la vedette. Jérémy aka Dirty Coq remercie le public et surtout les organisateurs. Leur prochain elpee paraîtra fin octobre. Intitulé « The Belgians », il s’agira de leur quatrième. Votre serviteur est blindé, car il les a déjà vus en ‘live’ une bonne vingtaine de fois. Jean-Jacques, aka Boogie Snake, est toujours aussi fringant dans sa chemise country à franges. Imperturbable, Devil d'Inferno n’a toujours pas un poil sur le caillou. Ses frappes sont métronomiques. Le show du band ne baisse jamais de régime. Faut dire qu’il s’agit de véritables bêtes de scène. Et des scènes, le combo en a foulé dans toute l’Europe, et des plus prestigieuses. ETBB est la parfaite synthèse entre Joe Strummer, Lux Interior, John Spencer et Jim Jones.

Leur concert s’ouvre par « Fantasy World », un extrait de « Liquid Love », enregistré aux USA, sous la houlette de John Spencer. L'excitation est déjà à son comble. La set list nous propose deux plages issus du même long playing, « Do It To Me » et « Keep This Love ».

Bien sûr, ce soir, le spectacle 'The Belgian Show', dispensé dans le cadre des Nuits du Botanique, n’est pas au programme. Pour votre info, sachez qu’il le sera ce 8 novembre au Belvédère à Namur. Mountain Bike et Apache participeront également à la fête. Le show va quand même épingler quelques fragments de « The Belgians », dont « Weird », mais malheureusement sans support vidéo. Le groupe nous accorde deux nouvelles compos, « Mobile Hostile » et « Disobey ». Le « Liquid Love» nous réserve encore « TETBB Eat Sushi », « Grangrene Blues » et « Wild Blues». Suivant un rituel, Jean-Jacques se mêle à la foule, en emportant micro et harmonica. Jérèmy est un boute en train. Il a enfilé un 'Marcel’ de couleur bleue, mais il semble de mieux en mieux maîtriser ses actes. Un contingent féminin scande 'A Poil'. Mais Jérémy a pris de la bouteille et ne déballe plus ses outils, pour un oui ou un non. En outre, il craint de choper un courant d'air. En 60 minutes, TETBB a une nouvelle fois mis tout le monde d’accord. Un set épileptique, au cours duquel le combo a démontré que l’univers du rock’n’roll était toujours une histoire de révolte et de transpiration…

(Organisation MJ Sambreville)

Scène sur Sambre 2014 : dimanche 31 août

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Nous en sommes donc au troisième jour du festival Scène sur Sambre. Sis le long de cette Sambre, à proximité de l’Abbaye d’Aulne, le site est magnifique. Mais, hier les festivaliers ont pataugé dans la gadoue toute la journée. En outre, c’était sold out. Donc aujourd’hui le terrain devrait, en toute logique, être impraticable. Ben non, car les bénévoles ont accompli un boulot de titan, pour rendre la plaine moins marécageuse. Néanmoins, les bottes sont indispensables pour se déplacer. Pour votre serviteur, l’affiche proposée ce dimanche, est particulièrement alléchante. Et pour cause, elle annonce notamment la présence d’Antoine Chance, de Romano Nervoso, d’Electric Château et de Marka. Et puis, je suis curieux d’assister à la prestation de Soan. Joyce Jonathan et Garou me bottent (?!?!?) moins. Le premier, j’ai déjà vu. Ce n’est pas ma tasse de thé. Et le second ne l’est pas davantage…

Antoine Chance est le premier à monter sur le podium. Benoît, l’ingé son de Puggy, est derrière les manettes. Le son sera donc nickel ! Antoine s’était produit une semaine plus tôt dans le cadre du Brussels Summer Festival. Son set est ici réduit à 45 minutes, mais le fils de Philippe Geluck va nous communiquer d’excellentes vibrations. Il alterne entre gratte sèche ou électrique et est épaulé par le bassiste Geoffrey Hautvast et le drummer Yannick Dupont aux drums. Et le trio est parfaitement soudé.

Le concert s’ouvre par « Rejoins Moi ». Après « Elle Danse », Antoine attaque son hit, « Fou ». Le public est encore clairsemé, mais il accroche instantanément. « Fou », c’est également le titre de son premier album solo, un disque dont les compositions ont été écrites au cours des 10 dernières années. On espère quand même ne plus devoir attendre une nouvelle décennie avant qu’il ne publie son second opus. Après « Raté d'un rien » et « Bye Bye », il nous réserve une nouvelle chanson, « Qu'est-ce qu'il nous faut ». « Sur l'asphalte » nous rappelle qu’on barbote dans la ‘bédoule’. On a droit à une autre nouvelle compo, « Les hommes s'abîment ». « Qui sait » adresse un clin d’œil à Bowie et nous rappelle qu’Antoine a suivi ses études musicales en Angleterre. La prestation s’achève par le nouveau single, « Parader en enfer », qui pourrait bien suivre le même chemin que « Fou ». Bref, tout comme au BSF, les trois loustics sont parvenus à mettre le feu…

Romano Nervoso est venu présenter son second album. Intitulé « Born to boogie », il devrait paraître sous peu. Giacomo Panarasi ne s’est pas maquillé les yeux, mais a revêtu sa veste en plumes et trimballe son panneau routier sur lequel est indiqué le nom de sa ville d’origine : 'La Louvière'. Il est soutenu par le drummer Lucas Lepori, un guitariste et un bassiste. Et ce backing group le soutient parfaitement. Alors en route pour du rock spaghetti à la sauce louviéroise. Le set s’ouvre par les percutants « Vieni Dallo Zio » et « Party Time. Giac est une vraie bête de scène, mais également un nostalgique des 70’s. Son attitude me fait d’ailleurs parfois penser à celle de David Johansen des New York Dolls. Les compos défilent : « The story », « The feeling » et puis « Glam Rock Christmas », un titre qui rend, en quelque sorte, hommage à son père spirituel, Marc Bolan. La cover d’Elton John, « I'm still standing », est à la fois savoureuse et dansante. Et le public réagit en conséquence. Après « Psicotico Blues », « Lose control », « In the naze of the lord » et « Straight out of Wallifornia », le succulent « Mangia Spaghetti » est repris en choeur par le public. Le show s’achève par une autre reprise, « Maria/Aline ». Parue en single, il s’agit d’une version en italien du hit de Christophe, l'homme qui utilise sa voix comme un instrument. Un chouette concert !

Electric Château, c’est le projet de Geoffrey Hautvast. Sur un ton moqueur, il le décrit comme suit : ‘Electric Château déflore tout ce qui touche aux grandes fortunes, aux nobles et à la royauté. Le temps est venu de parler des problèmes des riches. Et aussi d'écrire quelques chansons d'amour...’ Geoffrey est de nationalité belge, mais il a vécu quelque temps à Londres afin de baigner dans la musique anglo-saxonne. Et il s’en est tellement imprégné, qu’il est devenu anglais dans l'âme. Il se sera donc produit à trois reprises au cours du festival. Pour rappel, derrière Antoine Chance et au sein des Vismets. Probablement la rançon du succès, mais surtout de son talent. Chez Electric Château, il se réserve le chant et la guitare. Il est entouré par le bassiste Maxime Honhon, le drummer Alexandre De Bueger (Alaska Gold Rush, David Bartholomé) et d'un petit nouveau aux claviers ainsi qu’à la six cordes. Mais pas de cuivres ! Alex est élégant dans sa chemise à paillettes dorées. Celles de ses musicos sont de style Louis XIV. La classe ! Très mod, la voix de Geoffrey évoque celle de Paul Weller. Insulaire, l’expression sonore ne manque pas de groove. A ce jour, Electric Château a publié un Ep 6 titres. En sont extraits, « Guilty But Not Sorry », « Hunting Season », « Merry Go Round » et « King's Shilling ». Le ‘live’ sert de laboratoire à la formation. Ainsi, ses nouvelles compositions, il les adapte au fil des concerts. A l’instar de « Head over heel » et « Standing still ». Après « Since You Won The War » et « Where I Belong », le set s’achève par « I Love Them All »…

La musique de Marka est fraîche, colorée et festive. Mais j’ai encore des interviews à assurer. D’ici la fin de l’année, j’aurais certainement encore le temps de le revoir…  

Soan n'est pas dans un état normal. Son show est cependant généreux. Il y vide ses tripes. Mais il peut s’appuyer sur un excellent backing group. Soan termine sa tournée. Il est sans doute fatigué ; mais je ne l’avais jamais vu aussi défoncé. Même lors de notre entretien, il était incapable de sortir une phrase cohérente. Et j’ai préféré me barrer après deux minutes. Il n’y en avait rien à tirer, comme lui n’en avait rien à cirer. Bref, le public semble quand même avoir apprécié le concert. C’était finalement l’essentiel.

Comme je l’avais déjà signalé, je fais l'impasse sur Joyce Jonathan et Garou (NDLR : à 6km !) Malgré la gadoue, votre serviteur a passé trois journées magnifiques : de la bonne musique, un accueil excellent, des artistes charmants et des interviews intéressantes. A l'année prochaine pour de nouvelles aventures...

(Organisation : Scène sur Sambre) 

 

Scène sur Sambre 2014 : samedi 30 août

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Ce samedi 30 septembre, sur le site du festival, on patauge dans la gadoue. Et je repense à la célèbre chanson signée par Gainsbourg et interprétée par Jane Birkin. Ce deuxième jour est annoncé sold out. Je le confirme. Dès Gozée, soit à plus de 6 Km du site, des bénévoles vous invitent à stationner votre véhicule sur le bord de la route. Il faut en avoir du courage et aimer la marche pour participer à cet événement, lorsqu’il est complet.

Over Me ouvre le bal. Une bruine commence à mouiller l’atmosphère. Captain Hachtag Delire nous prévient : le concert d’Over Me va libérer un gros son. On est donc sur nos gardes. C’est donc sous ce crachin que la formation carolo entame le bal. Et à l’instar de Kennedy's Bridge, la veille, on en prend plein les tympans. Pas de problème, un petit recul d'une centaine de mètres atténue cet impact. Ce sextuor réunit 2 frères, 2 cousins et 2 amis. Fondé en 2011, le line up implique Pierrot au chant, deux gratteurs : Antoine à la lead et Alex à la rythmique, Tim aux claviers, JF Barett à la basse et Bruno aux drums. Ce sont, en quelque sorte, les petits frères de Vegas. Leur setlist est essentiellement puisée au sein de leur premier album, « We Chose To Breathe In Here », publié chez Moonzoo Music, début de cette année. Teinté d’électro, leur rock emprunte autant à Archive, Incubus que Radiohead. Il est puissant, mais harmonieux. L’an dernier, le combo s’était produit sur la Scène ‘Off’ du festival thudinois. Votre serviteur avait épinglé leur prestation. Qui s’achève toujours pas le mot 'Peace '. Alors, 'Paix' les amis. Depuis, il faut avouer que la formation a bien évolué. Pierrot prend de plus en plus d'assurance sur les planches. Son chant s’est affirmé et le contact avec le public est beaucoup plus facile. Sur cette grande estrade, chaque musico a sa place et remue généreusement. La ligne de basse est caoutchouteuse et agressive et les guitares sont incisives. Le tout est nappé par des claviers délicats. Et la setlist va aligner « Calm Down », « Beautiful Mind », « Bring It On », « Cover Me », « Supernova », « Don't Love It », « Blackening Sky And Loaded Gun », « Haunting Blues », « No Way » et « Afterdarkness ». Je confirme, c'est un des groupes qui monte sur la scène rock wallonne.

Place ensuite à Abel Caine. Il y a exactement un an, j’avais pu voir la formation louviéroise, dans le cadre du défunt Autumn Rock de Braine-le-Comte. Les frères Chainis sont toujours aux commandes : Greg à la basse et Micka à la guitare. Le line up est complété par Pierrick Destrebecq aux drums ainsi que Gorgo aux synthétiseurs et à la human beatbox. Sans oublier  Milan Lafontaine, chanteur et gratteur. Dynamique, leur électro/pop s'inspire notamment de Bloc Party, Phoenix, Metronomy et Foster The People. La bonne humeur est communicative. Entre les musicos et le public, l'interactivité est totale. Une relation entretenue par les frangins. La voix de Milan est de plus en plus convaincante. Et les différents musiciens sont particulièrement complémentaires. La foule grossit d’heure en heure et y découvre non pas Dour-lez-bédoule, mais Cloaque sur Sambre. Abel Cain est sur le point de publier un premier elpee. Je l’attends impatiemment. Le combo va nous réserver quelques nouveaux titres issus de cet opus, dont le single radiophonique « Freeze », mais également d'anciennes compos qui figurent sur leur premier Ep, comme « East West », « One Night Stand » et « Stories »…

Vu la bourbe, je décide de rester cantonné au ‘bus presse’ où la vue est imprenable sur la scène. Après quelques réglages et changements de matos, le son est maintenant parfait. Noa Moon est une petite étoile montante, appréciée tant par le public belge que français. Elle n’est pas coiffée de son beau chapeau Bellrose (NDR : faut dire qu’il recommence à pleuvoir, et que le couvre-chef pourrait s’abîmer). Les festivals d'été, en Belgique, ont pratiquement tous été copieusement arrosés. Une situation qui devient compliquée pour les organisateurs mais surtout de plus en plus désagréable pour les festivaliers. Pourtant, Christophe la prend du bon côté, avançant que si la pluie arrive, le niveau de la Sambre va remonter et on verra encore mieux les artistes. Mister Hachtag Delire propose même de faire une photo de ses bottes et de l’‘hachtaguer’ sur Twitter. A ce jour, Manon a gravé un Ep et un album. Elle les a étrennés sur toutes les scènes de Belgique et de Navarre. Depuis son concert accordé à l’Orangerie du Botanique, en avril 2014, elle est soutenue par une section de cuivres, au sein de laquelle on retrouve la soeur de Mélanie De Biasio. « Let's Them Talk », « Paradise », « Maybe », « It's Okay », « Magic », « River », « Day by Day » et bien d’autres chansons encore défilent. J'ai déjà tellement vu de fois Manon en concert, que je les connais presque toutes par coeur.

La pluie a redoublé d’intensité, et je monte dans le bus pour m’abriter. Je fais donc l'impasse sur les deux groupes suivants. D’abord Babylon Circus. Leur mélange de ska, de reggae, de punk et de musique manouche sert à merveille le show plutôt festif du collectif. Qui s’est pourtant déroulé sous la douche ! Puis Suarez. ‘The Voice’ et Marc Pinilla à la mèche sur brushing, ce n'est pas du tout mon trip.

Je préfère me rendre à la conférence de presse que va accorder les 4 frontmen de Magic System. Ils sont très sympas et ouverts à la discussion. Ils s’étaient produits la veille à Beyrouth, où ils signalent avoir mis littéralement le feu au stade. L’un d’entre eux signale que le spectacle est limité à 75 minutes. Mais que si les organisateurs l’autorisent, ils sont prêts à dépasser le timing. Cosmopolite, communicative, leur musique traduit leur joie de vivre. Ils vont, bien sûr, inclure des titres de leur sixième long playing, « Toutè Kalé », dans la set list. Généreuse, elle réunira 22 morceaux. Magic System y revisite également ses hits, ainsi que quelques plages des opus précédents. Lors de leur show, on dénombre au moins 9 000 personnes sur la plaine. Jumper, danser, applaudir, ce sont des verbes que la foule va conjuguer à tous les temps pendant le spectacle. Aussi bien les enfants de 3 ans que les mammies de 90 balais. Même les personnes à mobilité réduite ou en béquilles ! A'Salfo, Manadja, Tino et Goudé les convertissent en Lazarre. Si le quatuor ivoirien m’a ébloui par son charisme positif et les ondes bénéfiques qu’il libère, la pluie et la boue m'ont épuisé. Il est donc temps de rejoindre mes pénates. Demain, c’est le dernier jour du festival…

(Organisation : Scène sur Sambre)

Scène sur Sambre 2014 : vendredi 29 août

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Le festival Scène sur Sambre a bien failli ne pas se dérouler. A cause des conditions climatiques, rendant le site particulièrement inaccessible. Suite à l’appel lancé par les organisateurs, de nombreux bénévoles, sont venus prêter main forte. Et en particulier pour transporter le matériel et installer des planchers en bois afin d’éviter que les festivaliers ne pataugent dans la gadoue. Finalement, c’est grâce à ces volontaires, que les hostilités ont pu débuter à l’heure, presque prévue. A ce titre, on peut leur tirer notre chapeau. Les bottes et le K-way seront néanmoins de rigueur, tout au long du festival. Il en est à sa quatrième mouture et a donc pris de la bouteille. Et puis, il se déroule sur 3 jours. Le site est magnifique. Mais, pour l’automobiliste qui cherche un emplacement de parking, c’est la galère. Il faut se lever tôt, pour dénicher une place. Car si vous musardez en chemin, vous devrez vous taper 4 à 6 kilomètres, à pied. A revoir pour l'année prochaine.

La première journée est particulièrement intéressante, puisqu’elle accueille notamment Vismets (NDR : c’est leur retour !), Arsenal, les Girls In Hawaii (NDR : dont c'est l'Année !), les déjantés de The Subs et –on peut le dire– le régional de l'étape : Mister Kid Noize. La programmation est également et essentiellement focalisée sur le pop/rock et l'électro de qualité.

La vedette du festival, c'est pourtant le 'Cap'tain Hublot' aka Christophe Delire ou Mister Hachtag, présentateur qui est chargé de nous ouvrir les zygomatiques et communiquer sa bonne humeur.

Kennedy's Bridge ouvre les hostilités. Le quintet liégeois est né en 2008. Il puise ses influences chez les Libertines, les Strokes et Arctic Monkeys, mais qualifie sa musique de 'Belpop’. Depuis ses débuts, la progression est constante. Il rêve même de se produire aux Iles Britanniques. C’est tout le mal qu’on lui souhaite. Son premier single, « Way To The Mist », a été visionné par 50 000 internautes sur Facebook, en à peine un mois et lui a permis de décoller. Mais surtout de décrocher des engagements dans de nombreux festivals d’été. Le line up réunit les guitaristes Guillaume et Pierrot, ce dernier se consacrant également au chant, Charles aux drums, Bastien à la basse et Benoît aux synthés. Le public est déjà conséquent, mais le son est un peu trop puissant. Le combo est venu défendre son Ep 6 titres, « Basics », paru au cours de ce printemps 2014. Les musicos se démènent sur les planches. Le plus populaire « Way To The Mist » et le nouveau single « Finland », caractérisé par son refrain hymnique, sont les deux compos qui passent le mieux la rampe. La voix de Pierrot ne manque pas de charme et colle parfaitement à une expression sonore plutôt sucrée. 45 minutes plus tard, le band se retire, le sentiment du devoir accompli.

Après un petit intermède destiné à changer le matos, place à Vismets. Le combo bruxellois est venu présenter son nouvel elpee, « Abracadabra ». Cet excellent opus (NDR : et à la superbe pochette, ce qui ne gâche rien !) baigne dans une atmosphère psychédélique ; mais il pourrait dérouter les aficionados de la première heure. Votre serviteur a déjà eu l’occasion d’aller les applaudir à plusieurs reprises (PacRock 2011, Brussels Summer Festival, Ancienne Belgique, Nuits Belges au Bota), et je dois avouer prendre chaque fois le même plaisir à les revoir. Geoffrey Hautvast est vraiment balèze à la basse (NDR : à la gratte aussi !) Il a vécu quelque temps en Angleterre et y a acquis une fameuse dose d’expérience, expérience qu’il met au service de la musique du band. Mais également d’autres projets. Ainsi, pour ce dimanche, non seulement il va épauler Antoine Chance, mais également driver son propre groupe, Electric Château. Bref, les Vismets sur l’estrade, c’est du solide. Je ne puis cependant pas m’attarder car plusieurs interviews m'attendent. Raison pour laquelle je dois également faire l’impasse sur le set de Deportivo. Partie remise, ce sera pour une prochaine fois…

L’auditoire commence à gonfler. J'attends impatiemment le concert d’Arsenal. Les derniers sets auxquels j’ai pu assister, se sont déroulés lors de leur ‘release party ‘magique au Lotto Arena ; et puis dans le cadre des Lokerse Festen. Juste avant le concert, John et Hendrick ont eu l’amabilité de m’accorder un entretien. Considérés comme des méga stars au Nord du pays, ils peuvent compter sur un beau contingent de fans au Sud. On y reviendra plus tard. Arsenal sert de tête d’affiche pour de nombreux festivals en Flandre. Et même à Werchter. Il se produit dans des grandes salles, comme l’AB, mais se fait rare en Wallonie. Un concert d'Arsenal c’est une fête à la musique. Une musique teintée de rock et d'électro/pop que dynamisent des rythmes exotiques et brésiliens. Cependant, chaque elpee est conceptuel et baigne dans un climat spécifique qui fluctue suivant les diverses influences. Arsenal est venu défendre son nouveau bébé « Furu », un disque qu’il est allé enregistrer au Japon. Ce soir, pas de projection du film tourné pour la circonstance. Ce sera pour l'Ancienne Belgique, ce 18 décembre 2014.

Entre John Rohan et Léonie Gysel la complicité est totale aux vocaux. Hyper sexy, cette dernière focalise presque tous les regards. Hendrik Willemyns, c’est le second pilier du groupe. Il mène la danse derrière ses machines qu'ils ne quitteraient pour rien au monde. Un mec sympa qui garde toujours, à portée de main, une petite pint'je. Le line up est complété par des musiciens professionnels, dont le bassiste/claviériste Mirko Banovic (NDR : qui milite au sein du backing group d’Arno). Et s’est enrichi d’une nouvelle choriste. Plutôt jolie. Et puis bénéficie toujours de la participation ponctuelle de la très belle féringienne Lydmor, qui vient alors se joindre aux vocaux de John et Léonie.

Et notamment dès l’ouverture, soit « Temul (Lee Low) », le nouveau single. Excellent ! « Not Yet Free », « Black Mountain (Beautiful Love), « Saudade », On Day On Time », « Estupendo », « Evaporate », « Lotuk » font monter progressivement la température et invitent l’auditoire sur le dancefloor marécageux. Léonie ne lésine pas sur un sourire ou vous adresse un bisou volé. Conquis, l’auditoire jumpe en deux temps trois mouvements. « Longee » enflamme encore davantage l’atmosphère. Faut dire que les déhanchements de Léonie vous propulsent vers le nirvana. Le spectacle s’achève en apothéose, par « Melvin ». Techniquement, artistiquement et visuellement c’était parfait. Rendez-vous pris à l’Ancienne Belgique !

Girls In Hawaii ? Il s’agit de la sixième fois cette année que j’assiste à un de leurs concerts. Je commence tout doucement à connaître leur nouveau répertoire. Malheureusement, d'autres entretiens m'attendent : The Subs et Kid Noize. Je ne pourrais donc savourer que 3 chansons : « Suns Of The Sons », « No Dead » et « The Fog ». La foule est compacte. Et lorsque je reviens sur la plaine, il soit bien y avoir 6 000 personnes…

The Subs est un trio infernal capable de faire trembler les dancefloors sur les plus grandes scènes du monde entier. Un combo gantois réunissant David Newton, D.J. Tonic et Hadrien Lavogez. Et établi aujourd’hui à Londres. Il vient de publier son troisième opus, « Hologram ». Un disque aux compos plus pop, aux climats et aux styles plus variés, au sein desquelles sont venus se greffer des accents soul, du rétro futurisme cinématographique à la française ainsi que des beats irrésistibles. Lors des sessions, le combo belge a bénéficié de la collaboration de voix internationales, établies ou underground : Colonel Abrams, Selah Sue, Jean-Pierre Castaldi, Jay Brown et Danny Greene. Il s'agit à ce jour, du disque à la fois le plus accessible et le plus expérimental des Subs. Je débarque alors que le set est déjà commencé depuis quelques minutes. Comme d’habitude, le public est mis en poche en deux temps trois mouvements. Début du mois, à Lokeren, la réaction de l’auditoire était identique. Et impossible de rester de marbre à l’écoute de  « Concorde », « Kiss My Trance » et « The Face Of The Planet ». Le chanteur semble hanté par Ricky Wilson de Kaiser Chiefs. La grimpette est généralisée. Le public saute et jumpe. Un moment fort quand même : lorsque le vocaliste entre en contact avec le public au milieu de la fosse boueuse. Une très bonne mise en jambes avant le clou de la soirée.

Place donc au régional de l'étape : Mister Kid Noize (Christophe # Delire l'a confirmé). Le coco est seul sur l’estrade, entouré de ses machines. Je l'avais découvert en supporting act de Stromae à l'Ancienne Belgique. Depuis lors, il a parcouru un sacré chemin. Vu la gadoue, j’assiste au spectacle de très loin. Près du bus presse, très exactement. Mais je suis attentivement sa prestation. Il a le visage masqué et maquillé. Un grimage qui nécessite 3 heures de préparation ! Kid Noize est épaulé par un DJ carolo : Evernest (NDR : lors de l’interview, il était présent dans la loge). Mais vu la distance, je suis incapable de dire si ce dernier était sur le podium. Particulièrement remuant, Kid Noize est un vrai phénomène de scène. Le public est venu pour lui et il le sait. « Jackass » et « Excuse My French » sont des hits irrésistibles. Et le reste de sa setlist est tout aussi excitante. Il y a du mouvement dans la fosse ; et c’est inévitable. Kid Noize clôture merveilleusement cette première journée qui promet pour suite. Il est plus de deux heures du matin. Il est temps de reprendre la route ; car demain je reviens pour la suite…

(Organisation : Scène sur Sambre)

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