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Dour Festival 2014 : dimanche 20 juillet

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Il paraît que c’est déjà le dernier jour… Dans ce microcosme dourois, on oublie les jours, les heures, les conventions et surtout que toutes les bonnes choses ont une fin. On part gonflés à bloc pour profiter, comme il se doit, de ces dernières heures passées au paradis.

Petit moment exotique en compagnie de Naâman. Jeune Français fan de la Jamaïque et de ses traditions musicales, il s’est imposé sur la scène reggae. Autant dire que son physique autant que son background sont atypiques ; mais aussi qu’ils poussent à l’admiration. Sa voix est absolument incroyable. La Dance Hall est sous le charme. Une version rallongée de « Skanking Shoes » conclut le seul concert de reggae auquel je me serai rendue.

On se dépêche d’assister au début de set de Casseurs Flowters, nouveau groupe d’OrelSan et Gringe. Je dois bien avouer que m’y rends par curiosité, très peu attirée par ce genre musical. Pour une fois, nous voyons la Last Arena clairsemée. Nous aurions dû nous douter que le public cible du Dour Festival n’a que peu d’intérêt pour un groupe de rap français, apprécié par beaucoup d’ados. Orelsan et Gringe montent sur les planches, accompagnés de deux DJ’s. Force est de constater qu’ils font le show. Leurs paroles sont tantôt totalement futiles, tantôt très réfléchies, mais souvent ridicules… On ne peut nier leur énergie débordante mais ce n’est pas assez pour rester toute l’heure…

Allons jeter un œil à la Cannibal Stage et à Punish Yourself. Comme d’habitude, c’est démentiel. Entre peinture phosphorescente et grand n’importe quoi sur scène. Il est parfois difficile de se concentrer sur leur musique tant on accorde de l’importance à leur comportement. Performance scénique ou concert ?

A 23 heures direction la RedBull Elektropedia pour Len Faki. On se faufile à l’intérieur de la tente où comme d’habitude la chaleur et l’humidité règnent en maître. C’est encore une star de la techno que nous propose le line-up de Dour. Rasé, en débardeur, il arrive aux platines et commence son set. Une heure trente de techno qui passera extrêmement vite. Sans le son on ne croirait pas écouter de la minimale tant les gens dansent. Temps écoulé pour Len Faki, deux minutes de break permettent aux fans de techno de sortir pour laisser la place aux fans d’électro. Nous annonçons Brodinski ! Ce n’est vraiment pas mal mais nous nous attendions à mieux. Ses enregistrements sont un peu plus puissants et originaux que son live, au final assez classique.

C’est pourquoi nous décidons lettre le cap sur Last Arena pour y assister à la prestation de  Boys Noize. C’est le dernier artiste à se produire en plein air, sur la scène principale, cette année. Pour sa troisième participation à Dour, il nous offre un live mémorable. Ce DJ reconnu mondialement n’a plus rien à prouver. On pourrait critiquer son manque de renouvellement ; mais sa recette habituelle est un véritable succès. Le public est en délire, tout le monde sans exception danse au rythme de son électro épurée et presque mécanique. Encore un excellent moment qui se hisse sans surprise dans mon ‘top 5’ de cette édition.

Il est deux heures du matin. En ce moment, totalement ébahis par Boys Noize, qui remercie chaleureusement son public, nous pensons juste être déçus de tout ce que nous entendrons après lui. C’était sans compter sur un drôle d’oiseau…

2h30. Les lumières s’éteignent. Le Dance Hall est plongé dans l’obscurité. Mr. Oizo n’est plus à présenter. C’est en sa compagnie que nous allons clôturer le festival cette année (bien que forts tentés par Boris Brejcha, deux scènes plus loin). Il nous ferait presque oublier le très bon Boys Noize. Encore une fois, les fans d’électro sont conquis par ce DJ totalement détaché de la situation, pas du tout concerné par son live. Il se contente de balancer ses tracks sans montrer aucune émotion. Il finira même par faire son sac avant même d’éteindre ses platines, partant ainsi ‘sans dire au revoir’. Néanmoins, c’est une des meilleures prestations que nous avons pu voir sur les quatre jours. « Positif » (Vous êtes des animaux !), son tube, met le public dans un état de transe. Avant un remix du « Riverside » de Sidney Samson, il nous passe même du Gesaffelstein (NDR : le top 1 de l’édition Dour 2013). Que demander de plus ? Peut être une heure supplémentaire… Car la ‘journée’ s’achève une heure plus tôt en ce dimanche, à quatre heures du mat’ au lieu de cinq.

Cette heure trente passée en compagnie de l’Oizo nous a laissé sur notre faim. Il est de ces concerts dont on n’ose pas regarder sa montre de peur qu’il prenne fin. Il est de ces endroits dont on ne compte pas les jours car on aimerait y passer l’éternité. L’ambiance qui règne sur la plaine en ce dimanche soir est incroyable. Certains escaladent les installations pour y décrocher des panneaux, d’autres improvisent des concerts sur les poubelles… Tout nous pousse à continuer la fête au son des enceintes des bars et ce jusqu’au petit matin. Nous sommes accompagnés de centaines de campeurs déjà nostalgiques et que rien ni personne ne fatiguera. Consolez-vous mélomanes car l’organisation nous a annoncé aujourd’hui que l’édition 2015 s’étalera sur cinq jours. Au revoir et merci Dour, à l’année prochaine.

(Organisation Dour Festival)

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Dour Festival 2014 : samedi 19 juillet

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Le ciel se couvre sur la plaine de la Machine à Feu. C’est parti pour une troisième journée de festival, dont le line-up est un peu moins alléchant que pour les trois autres jours. De plus, la fatigue commence à se faire sentir. Mais ni la programmation, ni le manque de sommeil ne vont nous arrêter !

Mettons nous en forme en commençant notre tour d’horizon par Stand High Patrol. Ils se produiront de 14 à 22 heures au Dub Corner. Les sonorités dub chaudes, ensoleillées et relaxantes de ces artistes bretons ne peuvent que nous mettre de bonne humeur…

On s’empresse de rejoindre la Last Arena en début de soirée pour y voir une des têtes d’affiche du festival, j’ai nommé Cypress Hill. C’est une première pour moi, bien qu’il soit régulièrement programmé dans divers festivals européens. Il est 19 heures et la Last Arena est entièrement remplie. Le public s’est déplacé en masse pour ce crew au style si particulier. Dès le début c’est une véritable fête, la set list mise sur ses tubes pour mettre l’ambiance. « Insane in the brain », « Roll it up light it up smoke it up », « I want to get high», « Dr. Greenthumb », « Hits from the bong», « How I could just kill a man » et j’en passe. On regrette qu’une formation comptant 25 ans de carrière se repose autant sur ses acquis. C’est néanmoins un excellent concert que l’on n’est pas déçu d’avoir attendu. Quelques minutes d’improvisation, de percussions et de scratches nous rappellent à quel point les musicos sont capables de mélanger les styles à la perfection. Chaque titre est une bonne occasion pour eux de vanter les mérites de la marijuana et défendre sa légalisation. ‘Who wants to get high tonight with Cypress Hill ?!’ font de leur live une véritable ode à la ganja !

Un bref passage par la Dance Hall pour y (re)voir Shantel & Bucovnia Club Orkestar. Comme d’habitude, ils réalisent leur show à l’aide d’une musique tout droit importée des Balkans.

Le temps nous est compté et on le partage entre Shantel et Jagwar Ma. Sous ce patronyme félin se cache un trio australien formé en 2011. Après avoir transité par Glastonbury, il y a quelques semaines, il débarque à Dour. Leur musique novatrice évolue quelque part entre rock, pop et l’électro. Le fameux Noel Gallagher a avoué qu’il était trop occupé à parler d’eux pour reformer Oasis. En ce samedi, le combo nous livre une performance brillante. Le mix bien dosé des styles crée une playlist dansante qui devrait plaire à un large public. Un groupe qui promet d’aller loin…

Le ciel se remplit de nuages… Certains prient Zeus de les épargner pendant que d’autres n’attendent que la pluie. C’est finalement vers 22h que les premières gouttes tombent sur le festival. Elle ne cessera pas de la soirée. Dour retrouve son visage boueux et glissant. On aura tout vu pour cette vingt-sixième édition ! Autant Theo Parrish que The Hives me déçoivent… Espérons que la soirée nous livre de bonnes surprises.

Le DJ set de Machinedrum est intéressant car totalement fou. Subtil mélange de sonorités hip-hop, jungle, techno… Accompagné d’un visuel des plus délirants. C’est surprenant, mais on s’en lasse vite. 

Direction la RedBull Elektropedia Balzaal pour le très célèbre Doctor P ! A la frontière entre la dubstep et la drum’n’bass, on passe très vite de l’un à l’autre. La folie s’empare de la foule lorsqu’il passe son remix de « Tetris ». Beaucoup prétendent que la dubstep se meurt, mais nous remarquons que les fans ne désemplissent pas à Dour. Je n’en suis pas une grande adepte et pars pour d’autres découvertes…

La pluie a vite fait fuir les festivaliers qui se retrouvent peu nombreux sur le site. A partir d’aujourd’hui, on en distingue deux sous-groupes : ceux qui ont prévu des bottes en caoutchouc et ceux qui n’en ont pas. C’est un peu comme la loi de la jungle. Heureusement, j’en suis équipée, et partout vous me suivrez.

‘Pas terrible, cette journée’, me dis-je après Doctor P. C’était sans compter sur le live de Rone. Il sera la véritable claque musicale de la journée. Le genre de concert qui vous fait oublier tout ce que vous avez pu voir auparavant. Ce Français vivant à Berlin ne se produit qu’en live et c’est tant mieux. Depuis quelques années, il est soutenu par la presse musicale et les DJ électro les plus influents. Une expérience inoubliable, de la minimale pure et mélodieuse agrémentée d’enregistrements vocaux… Avis aux fans du genre, Rone est un monstre !

(Organisation Dour Festival)

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Dour Festival 2014 : vendredi 18 juillet

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Le soleil tape encore plus fort qu'hier. On annonce déjà plusieurs catastrophes dues à la météo. Les festivaliers restent prudents et traquent le moindre coin d'ombre. Les pompiers arrosent abondamment la foule.

14h20, on commence en mode léger par Fakear. Une électro ethnique, qui nous invite à voyager entre l'Asie et l'Afrique. La salle aérée nous permet de profiter pleinement de cette musique apaisante, loin du soleil de la plaine.

Petit passage chez The Notwist. Leurs micros et instruments créent des sons uniques et originaux. Je ne m'attarde pas malgré les très bonnes critiques à leur sujet et leur énergie décidément contagieuse.

Direction la Redbull Elektropedia Balzaal pour N'to. La Balzaal est pleine à craquer, or c'est un vrai sauna. Difficile de profiter du set, dans ces conditions. Rentrons au camping pour se retaper.

Retour à la Balzaal pour le live de Kölsch. On commence par le regarder en retransmission sur le plancher placé à l'extérieur. Très vite pris de remords, nous décidons d'entrer dans la tente. Plus chaude encore qu'en après-midi, la température à l'intérieur dépasse largement les 40°. C'est une expérience proche de la transe que tout le monde est en train de vivre. Kölsch, pour son premier passage à Dour, nous offre un live incroyable. Les jeux de lumière suivent le rythme de la techno épurée qui jaillit des baffles. Ce cocktail explosif met la foule sens dessus dessous. Rien ne les arrêtera, pourtant tous dégoulinants, motivés par un DJ souriant et chaleureux. Une heure et demie de mix qui va totalement nous retourner. C'est définitivement un artiste à suivre!

Bakermat lui succède au même endroit. Vous comprendrez que j'aille suivre sa prestation dehors. Le rythme entêtant de la techno cède le relais à un style plus mélodieux. Le jeune Bakermat, décontracté, incite à se déhancher en écoutant un style deep house mais agrémenté d'accents jazzy. C'est une performance correcte, plaisante mais pas transcendante.

Il est temps de rejoindre péniblement la Last Arena, bravant la foule pour rejoindre ‘le’ concert attendu ce vendredi. Si Dour 2013 recevait Fritz Kalkbrenner, c'est Paul qui est prévu pour l'édition 2014. Le public est on ne peut plus impatient de passer une heure et demi en compagnie de la star de la techno berlinoise. Paul Kalkbrenner apparaît enfin derrière ses platines. La magie opère dès les premières secondes. Un immense écran lumineux fait défiler des formes minimalistes qui répondent à la musique. La qualité de ses productions nous laisse tous sans voix. Sa techno est froide, un peu folle, parfaitement rythmée. Cette impression de perfection rythmique ne nous quittera plus. Le site est bourré de monde. C'est un moment des plus intenses, un moment de communion. Lui, derrière sa table, dressée comme un véritable autel, sa musique nous entraîne dans un recueillement presque religieux. On s'attendait à voir la star, nous avons rencontré un artiste humble, discret mais réceptif. Le public en redemande. Il revient pour une dizaine de minutes. A quelques mètres de la scène, nous le remercions chaleureusement. C'est une véritable claque. Assurément le coup de cœur de la soirée. Le prince de la techno mérite amplement son titre!

Pressons-nous avant la fin du show de Noisia. De la techno minimale nous passons maintenant à une drum'n'bass énergique. Les amateurs du genre sont au rendez-vous, le chapiteau est rempli. Leur remix de Prodigy "Smack my bitch up" conclut sur le coup de 2h30 une soirée riche en émotions.

(Organisation Dour Festival)

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Francofolies de Spa 2014 : vendredi 18 juillet

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Une belle journée s’annonce, ce vendredi à Spa. Il y a du soleil et c'est la fête à la musique pendant 5 jours. Déjà 20 ans que l'organisation est sur pied ; et depuis, elle a acquis une fameuse expérience. Mais la chanson française a toujours le dernier mot. Ce qui n’empêche pas une programmation particulièrement éclectique. Qui oscille de la pop au hip hop, en passant par l’électro. Une scène particulière lui est même réservée. De quoi contenter un large public. Je débarque une heure avant le premier concert programmé au 'Village FrancoFou'. Direction l'Hôtel Radisson Blu Palace, le centre névralgique de l'organisation pour retirer mon sésame. Une petite reconnaissance et cap sur ce 'Village FrancoFou' où se produit le premier groupe de la journée : les R'Tardataires.

Les R'Tardataires ont la tâche ingrate d’ouvrir les hostilités sur un des 3 podium du Village : la ' Ice Watch'. Les 2 MC's : Ced (Cédric Chiappe) et Max (Maxime Lacroix) sont prêts à mener la danse. Vous faire vibrer et vous chauffer les zygomatiques. Ils sont épaulés par le bassiste Benoît Lesage, le claviériste Andréa Monticciolo, le drummer Aurélien Weynant, le guitariste Sébastien Hogge et enfin du préposé aux ‘scratches’, DJ Nsk. Le collectif a déjà remporté quelques prix prestigieux. Lauréat du Franc'Off 2013 et finaliste de la Biennale de la Chanson Française en 2013, il arpente depuis plus de trois ans, les planches de notre Royaume. Il vient de sortir un premier album intitulé « Mieux Vaut Tard Que Jamais », et est bien décidé à le défendre.

Les Liégeois sont de véritables showmen. Des entertainers ! Dès le premier titre, le courant passe instantanément entre l’auditoire et le band. Il l’incite à participer activement au spectacle. Les compos sont sculptées dans un hip hop déjanté ou plus exactement du rap teinté de ska, reggae, ragga voire de rythmes latino. La setlist nous réserve une adaptation de la « Pêche Aux Moules » totalement déroutante. Ced et Max se sont éclipsés quelques instants pour enfiler un gilet pare-balles, afin d’attaquer un « 22 Fais tourner » particulièrement consistant. La troupe tente de faire passer ses messages. Des messages ironiques, mais à prendre au second degré. Les lyrics parlent de la vie de tous les jours, mais également montent en épingle les dérapages de la justice et de la police…  

La reprise du « Kiss » de Prince est plutôt funkysante. « Belle Au Naturel » trempe dans le ska. « Le P'tit Dylan » nous plonge dans la musique manouche. « On Remet Les Pendules A l'Heure » est contaminé par le raggamuffin. Bref, le crew ratisse large. Pas étonnant qu’on rencontre dans l’auditoire, des spectateurs de tous les âges. La piste de danse est spacieuse, mais elle est déjà très bien garnie. Les R'Tardataires ont bien rempli leur rôle malgré le soleil de plomb et sont parvenus à faire monter l’ambiance d’un cran…

Pour Soan, c'est sa première Franco à Spa. Chanteur atypique de la scène rock hexagonale, il a été finaliste de la Nouvelle Star en 2009. Pour affronter la foule (NDR : et le soleil), il s’est coiffé d’un chapeau noir mou et a enfilé des ‘baggy trousers’. Il est épaulé par deux gratteurs, un bassiste et un batteur. Leur dernier elpee, « Sens Interdits », est paru en 2013. Je fais l'impasse. Je le revois au festival des Barges de Scène-Sur-Sambre, à Thuin, dans un mois.

Lors des Francos on fait toujours des découvertes. Mais celle qui va marquer le plus ce festival est canadienne, montréalaise plus précisément, et s’appelle M'Michèle. Elle s’y produit tous les jours. Cinq fois sur le podium 'Red Bull Elektropedia' et une fois sur celui du ‘Pierre Rapsat’. Aujourd’hui, elle a investi la RBE. Elle joue de la harpe et est épaulée par un bassiste à qui on a greffé des pattes de kangourou ainsi que d'un bidouilleur, dont les machines colorent l’ensemble de beats et de loops. Ils fonctionnent constamment dans l’impro ; et c’est tout à fait novateur. Son Ep « Magnolia » symbolise la vie, sa force, sa fragilité et sa beauté. Elle nous retranscrit ces thèmes avec autant de sensibilité que de passion à l’aide de sa harpe, dont elle triture les sonorités à l’aide d’une pédale de distorsion. Le titre maître est chanté sur disque, comme le signale l'artiste ; mais afin de permettre aux mélomanes de mieux saisir les subtilités de la compo, la version sera instrumentale. Le set est court : 45 minutes. Mais intense. A son issue, de nombreux spectateurs vont complimenter le trio. Ce qui est amplement mérité. Dès que M'Michèle est à l’affiche d’une de nos salles, je suis de la partie…

Direction 'Ice Watch' pour assister à la prestation des petits frères français des R'Tardataires : Bigflo et Oli. L’animateur les présente comme la nouvelle sensation de l'année. Il s’agit de deux frères, MC's, qui ont fréquenté le Conservatoire de Toulouse. L'un y a appris à jouer de la batterie et l'autre, la trompette. L'album « L'Ecole Du Micro D'Argent » d’IAM constitue une référence majeure pour le duo. Leur premier clip posté sur la toile a comptabilisé 180 000 vues sur YouTube, en moins de trois semaines. Et leur dernier, "Monsieur tout le monde", repris dans la setlist, en a totalisé 1 100 000 vues, en une seule. Ce sont également leurs premières Francos à Spa. Agés respectivement de 21 et 17 ans, les frangins apportent une certaine fraîcheur dans l’univers du rap français. Leur premier Ep, « Le Trac », est paru en avril dernier. Il est découpé en 5 pistes.

Un violoncelliste et un préposé aux machines montent les premiers sur l’estrade. Suivent ensuite la fratrie MC’s qui en débarquant harangue immédiatement la foule. Et les invite notamment à se rapprocher du podium. Il fait de plus en plus chaud. A l’instar des R'Tadartaires, ce sont d’excellent entertainers capables de communiquer leur bonne humeur. Et puis également des musiciens qui se servent de la basse et de la trompette pour personnaliser leur rap. Ironiques, les lyrics sont bourrés de jeux de mots. A mon humble avis, le tandem est promis à de grandes salles ; aussi, tant qu’il est accessible en petit comité, il ne faut pas manquer leur show…

Marie Warnant, c’est un peu mon coup de coeur. Il y a quelques mois, Marie était encore pour moi une parfaite inconnue. C'est un ami qui me l’a fait découvrir.

Marie rencontre le Gantois Mirko Banovic, le bassiste d'Arno et d'Arsenal. Il l’invite à enregistrer son nouvel elpee, « Nyxtape », dans son studio. Lors des sessions, elle reçoit le concours du batteur Pieter De Wilde (Raketkanon, Raveyards, Sioen) et du guitariste/ingénieur du son Frédéric Segers (Stadt, Sioen). Dans la mythologie grecque, ‘Nyx’ est la déesse de la nuit. Elle est reproduite sur la pochette, par un chat à trois yeux. ‘Tape’ se réfère aux cassettes audio qui servent, en quelque sorte de laboratoire à sons. Le résultat baigne au sein d’un climat manifestement plus anglo-saxon. Electro, également. Des spécificités qu’on ne rencontrait pas sur « Ritournelle ».

Et c’est cet album que Marie va nous proposer sur la scène ‘Proximus’, en compagnie de ses collaborateurs gantois. Non seulement, elle est talentueuse, mais elle sait ce qu’elle veut. « Melopee » ouvre le bal. Un premier extrait de « Nyxtape ». Belle entrée en matière. Elle embraie par « Le Souvenir Des Siens », « Exit », « Trip Atlantique », « Make Love », « Sous l'Epiderme », Point De Suture », « Les Eaux De Mars » et « Danse ». « Sous l'Epiderme » est une chanson d'amour qui interpelle. Douce et bien maîtrisée, la voix de Marie nous charme. Elle se sert tantôt de sa guitare, tantôt de ses machines pour y mixer les sonorités enregistrées sur les fameuses K7 audio. Mirko bosse pour Arsenal et on ressent sa vision électro dans les compos. Cette ouverture d’esprit rencontrée chez les artistes du Nord du Pays est une aubaine pour renouveler sa création artistique. « Les Eaux De Mars » nous parle du Brésil, une chanson qui avait d'ailleurs été reprise, en son temps, par Georges Moustaki. Marie y a gommé les effets latino pour les remplacer par ses expérimentations. On aura encore droit à « La Vie Est belle », une plage extraite du premier elpee, « De un à dix » et « Ca Finira A L'Eau », issus de « Ritournelle » ; sans oublier « Bruxelles », pour ne pas trop perturber les aficionados de la première heure, ainsi que « Foutue mémoire », en guise de finale.  

Pas de Saint André pour votre serviteur, Les R'Tardataires m'attendent à l'Hôtel Radisson Blu Palace pour une interview. Je me demande quand même ce qu'ils vont me raconter…

Entretien terminé, je me rends au 'Café de l'Europe' pour un set semi-acoustique de Bagdad Rodéo. J’avais découvert cette formation parisienne, ma fois fort sympathique, il y a deux mois, dans le cadre du festival 'La Vie En Rock', à Dour. En règle générale le band envoie du lourd, du rock bien carré et énergique. Sans jamais se prendre au sérieux. Il est assez cocasse de voir ces cinq musicos se partager un espace de deux mètres carrés. Le batteur est à l’arrière et doit se contenter d’une caisse claire et un tom basse. Le concert est déjà commencé, quand je débarque, mais je prends énormément de plaisir à les revoir. Je me répète, mais il fait tropical. Pas un seul souffle d’air frais. Sous cette chaleur étouffante, chanter donne soif. Et le vocaliste –barbu, par ailleurs– réclame quelques bonnes bières belges pour se désaltérer. Il s’agit de MSR De La Tourette, un personnage un peu fêlé. Il est épaulé par le guitariste Christobal Sanchez Del Rodéo, coiffé d'un chapeau de cow-boy, Romain aux percussions ainsi que Houston, pour la circonstance également à la gratte. Yayo a quitté le bateau récemment pour tenter une nouvelle aventure. Il est remplacé par un pt'it nouveau préposé à la six cordes acoustique. Le quintet ne manque pas d’interpréter « Quand Je Serais Mort ». Même acoustique, l’énergie libérée est phénoménale. Mais pas dévastatrice, comme sous leur format électrique. C'est la deuxième fois que nos cinq joyeux lurons se produisent en Belgique. Ils vont réitérer leur set unplugged pendant cinq jours aux Francos, mais chaque fois dans des endroits différents. « J'aime Pas Les Filles » passe à la moulinette. Christobal a empoigné un ukulélé pour abordé le countrysant « Dis Moi Papa », au cours duquel le refrain 'On suce des bi*es' est judicieusement remplacé par 'On Suce Des frites'. Il ne manque plus que la mayonnaise. Mais elle risque de fondre. « Mon Pote Jésus » achève leur show.

En attendant de réaliser la seconde interview en compagnie de Sold Out, qui clôture la programmation sur la 'Ice Swatch', j’en profite pour me restaurer et prendre un peu d'ombre. L’entretien terminé, retour vers la scène 'Proximus' pour assister à la prestation de vieux de la vieille de la scène belge, Machiavel. Il y a pas mal de monde pour voir et écouter ces dinosaures. Le groupe a pondu un douzième album, baptisé « Colours », l’an dernier. Et il le promotionne depuis sa sortie. Après avoir accordé un concert mémorable au Cirque Royal en décembre dernier, mais moins percutant qu’en 1978, il est de retour aux Francos. Ce dernier long playing n’est certainement pas leur meilleur. Dans ces conditions, je ne compte pas trop m’attarder. Et, malgré la distance qui me sépare du podium, je constate que Marc Ysaye n'est pas calé derrière les fûts. Pourtant, son remplaçant se débrouille plutôt bien. J’écoute « Feel the sun », un extrait d'« Eleven » ; et comme le clame Mario, c'est de rigueur. Il imite un oiseau qui flotte dans l'air. Mais quand il chante, j’ai l’impression que sa voix a perdu de sa puissance…

Troisième rencontre de la journée en compagnie de Marie Warnant. Une entrevue à bâtons rompus comme je les aime. Je souhaite rejoindre la scène 'Pierre Rapsat', où se produit Julien Doré. Mais vu la foule compacte, il est quasi impossible d’approcher l’estrade. Je tente quand même de me faufiler. Ce qui me permet d’entendre de très loin « Kiss Me Forever », une plage qui figure sur l'album « Bichon » et « Femme Like You ». Le confort d’écoute, mais surtout de situation devient de plus en plus précaire. Je fais donc demi-tour. Julien revient à l’AB. J’y serai. Et les conditions seront certainement nettement meilleures.

Je décide donc de retourner vers le podium 'Ice Watch', pour assister au concert de Grand Corps Malade. Pas de chance, le parcours est identique. C'est le problème du Village FrancoFou quand il y a trop de monde. Sous cet effet de serre, on se sent oppressé. Je tends l’oreille, et perçois leur musique de loin…

Il faut faire des choix. Les déplacements deviennent de plus en plus difficiles. Je préfère abandonner le combat, je reverrai cet artiste une autre fois. Au 'Village Acadien', il y a beaucoup moins de monde. On peut s'asseoir et respirer un peu. Je me pointe à la fin de la prestation de Marcie, une jeune auteur/compositeur/interprète canadienne. Elle est seule sur scène, et chante en s’accompagnant à la guitare. C'est la meilleure manière de découvrir un artiste, en acoustique. On y décèle les forces, les faiblesses, les émotions et surtout le talent. Elle a une jolie voix et manifestement s’inspire de Brel, Barbara et Gilles Vigneault.

Caroline Savoie a 19 ans et est Canadienne. Elle nous vient du fin fond du New Brunswick ; et c’est une collègue à Lisa Leblanc. On assiste à son soundcheck. Elle s’était illustrée dans le cadre du festival Interceltique de Lorient, en 2013. Une jeune prodige dont on entendra encore parler, c’est une certitude. Elle s’exprime en acadien. Et pas toujours facile de comprendre son dialecte. Mais une chose est sûre, il vous traverse l’âme, comme un rayon de soleil. 

Sur les planches, Caroline est épaulée par un guitariste, au style plutôt blues, un bassiste et un gars au cajón (NDR : petite caisse en bois rectangulaire amplifiée par un microphone). « Si Tu Savais », le titre maître de son opus, est à la fois dynamique et enchanteur. L’émotion nous étreint quand elle nous parle d’« Henri ». Caroline raconte qu'elle reçoit des lettres destinées à Henri qui a habité sa maison pendant 50 ans, avant son 'chez soi'. La voix est chaude et sensuelle. Il émane un tel charisme de Caroline qu’on la suivrait bien dans rue, avec ou sans sa guitare. On la guiderait volontiers pour retrouver sa route du « Chemin Perdu ». Caroline a participé à 'The Voice France' où elle a impressionné tout son monde. Logique ! Certains artistes vous marquent l’esprit, on ne sait pas trop pourquoi et c’est le plus souvent le fruit du hasard. J’ignorais même l’existence de cette Caroline, mais une intuition m’a poussé à aller voir son concert. Et je ne le regrette certainement pas.

Duo électro/rock, Soldout vient de publier son nouvel album. Et il s’intitule « Puppylove ». En fait, il s’agit de la musique d’un film réalisé par la Belge Delphine Lehericey. Y figure leur nouveau single, « It's A Sin », une brillante reprise de Pet Shop Boys que Charlotte Maison et David Baboulis se sont totalement réappropriés. 

Il y a du peuple devant l'Ice Swatch'. La réflexion est facile : c’est sold out. Le décor est dépouillé. Rien que les synthétiseurs et machines (boites à rythmes, séquenceurs) ; et en avant-plan une banderole sur laquelle est imprimé leur patronyme. Charlotte a chaussé des lunettes fumées. Sa voix passe bien la rampe. Dès le début du set elle se déhanche sur les beats électro et entraîne progressivement le public à danser. Le dancefloor est immense, mais peu enclin à de tels exercices. Même des sardines ne pourraient pas se libérer de leur boîte. Bien rôdée, la setlist nous réserve cependant de nouveaux morceaux, mais c’est la reprise de Pet Shop Boys qui fait un tabac. Charlotte jumpe sur le rythme de « To The Ocean ». Et l’ambiance monte encore d’un cran, lorsque le combo attaque le standard « I Don't Want To Have Sex With You ». Charlotte termine à genoux, au pied de ses machines… Un des meilleurs concerts de Soldout auquel j’ai pu assister depuis longtemps.

J’ai loupé Girls In Hawaii. Pas de souci, je revois la formation dans 10 jours, à Lokeren. Et puis je les avais déjà visionnés dans le cadre du dernier 'Couleur Café'. On me rapporte qu’il a décroché un disque d'or. Félicitations, c’est tout à fait mérité.

Un dernier crochet par l'Hôtel Radisson Blu Palace pour réaliser ma dernière interview, celle des Namurois de Fastlane Candies. Pendant leur entretien, quelqu’un passe près de nous et lâche 'Bonjour M'ssieurs, Dames!!!' C’était Mathieu Chedid. Sans sa perruque, ne l'avais pas reconnu. Une belle et longue journée vient de s’achever ; mais j'ai encore deux heures de trajet à me taper pour le retour. Rendez-vous en 2015 !

(Organisation Francofolies de Spa)

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Dour Festival 2014 : jeudi 17 juillet

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Le soleil vient très tôt nous réveiller en ce jeudi matin. Un ciel sans nuages nous annonce une journée des plus chaudes. On profite de notre pass pour visiter le site avant que les festivaliers n'y entrent. Outre le terril, une autre scène a fait son apparition cette année : le Dub Corner. Quelques artistes tirent parti de ce moment de calme pour effectuer les derniers tests. Retour au camping en attendant le début des festivités.

Un peu après 18h c'est au Dance Hall que le public et Chet Faker ont rendez-vous. De son vrai nom Nicholas James Murphy, l'Australien arrive sur le podium au cœur d’une tente bouillante. La chaleur est insupportable mais l'artiste nous transporte dès les premières notes. Il aligne quatre morceaux en se servant uniquement de sa voix, accompagné d'un beat qu'il lance au fur et à mesure. Cette ambiance électronique adoucit quelques peu le côté mélancolique et folk de ses albums. Son guitariste et son batteur le rejoignent ensuite pour le reste du concert. Son tube " No Diggity" n’exerce pas tellement d'effet sur le public, sûrement assommé par la température. Le chanteur annonce sa dernière compo et met fin au concert après seulement 35 minutes. C'est un peu décevant mais il nous a livré un live de qualité qui, ne l'oublions pas, doit primer sur la quantité.

21h, l'air se refroidit enfin. On se dirige vers la Last Arena pour y voir Détroit. Le soleil se couche sur la plaine lorsque Bertrand Cantat et Pascal Humbert lancent leur "Droit dans le soleil". Les musiciens les rejoignent ensuite pour "Ma muse", "Horizon" et "Au creux de ta main", trois plages de leur premier album. L'ambiance est un peu plate jusqu'à ce qu'ils reprennent quelques titres de Noir Désir, notamment "Lazy", "Le vent nous portera", "Fin de siècle" et "Tostaky". Le public est enfin plus motivé. La voix de Cantat, si familière, ensorcelle les fans du début à la fin. Ce poète des temps modernes, aidé par le rythme rock'n'roll des guitares n'a rien perdu de sa superbe.

Hésitant entre Darkside et The Subs, nous nous décidons finalement d’aller voir et écouter ces derniers. Comme d'habitude, le trio fou nous offre le mix parfait entre électro et show totalement déjanté. Le groupe commence sa performance derrière un filet qui s'étend de part et d'autre du podium. Le décor est transparent à effet kaléidoscope. "The face of the planet", "Fuckt hat shit", tous leurs tubes y passent. Le chanteur, Jeroen De Pessemier se jette dans la foule, se balade sur sa scène mobile. On en prend plein les yeux même s’il y a déjà quelques années que The Subs propose le même genre de spectacle. Une valeur sûre pour continuer la soirée, après avoir fait le plein d'énergie.

Direction Bonobo. On en profite pour manger et s'asseoir, le pro de la downtempo a attiré la foule, mais c'est un peu trop calme à mon goût.

Une heure à tuer le temps nous permet ensuite de faire un vif passage par DJ Hype, Gui Boratto, Bauuer et Mac Miller. On s'imprègne de chaque style, de chaque ambiance.

Le très attendu Gramatik et ses sons éclectiques mettent le feu à la petite maison dans la prairie à partir d'une heure. Au fil des rencontres, je décroche un peu (l'ambiance était pourtant au rendez-vous). On profite de ce temps pour discuter, boire un verre. C'est ça aussi Dour.

Un regain de peps nous pousse jusqu'à Flosstradamus ! Leur musique sent bon l'Amérique, le hip-hop se mêlant à la trap. Ce duo nous incite à danser jusqu'au bout de la nuit. On assiste au début du set de Mr. Carmack avant de partir pour d'autres horizons... La fête continue au camping !

(Organisation Dour Festival)

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Dour Festival 2014 : mercredi 16 juillet

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Le camping ouvre ses portes. Une fois les tentes installées, direction ‘le terril’, un nouvel espace dédié aux arts visuels. Pour la première fois, le festival a préparé une Warm-Up, histoire, pour les campeurs, de commencer la fête un jour plus tôt. C'est le collectif ‘Albalianza’ qui a inauguré les lieux. La scène, composée d'immenses bâches blanches, est animée par des projections de lumière. Incroyable mais vrai, même le terril voisin est le support d'une œuvre graphique. Des lignes parcourent la terre créant un effet à la fois reposant et psychédélique. Côté musique, les DJs se succèdent toute la soirée, dans des styles électro-dub très variés. La première soirée se termine déjà, il est temps pour nous de retrouver les joies du camping.

(Organisation Dour Festival)

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Cactus 2014 : lundi 14 juillet 2014

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L'affiche traditionnelle du vendredi soir a donc été déplacée vers le lundi. Faut dire que c’était la seule solution pour que Massive Attack, programmé la veille aux Ardentes, accepte de se produire au Cactus. Et il y en avait du monde pour assister aux concerts de Mogwai et Massive Attack. Près de 10 000 festivaliers. Ce qui doit être un record pour le Cactus.

Bref, la soirée avait commencé par Austra et Banks, mais pour apprécier les sets des deux têtes d’affiche, j’ai préféré faire l’impasse.

Mogwai, c’est l’archétype du post rock. En arrière-plan de la scène on remarque la présence de logos représentant la pochette de « Rave tapes », dernier album du groupe écossais, paru en février dernier. Des logos qui vont ce charger de nuances lumineuses, tout au long du show. Le band écossais monte sur l’estrade. Stuart Braithwaite va se poster à l’extrême droite du podium. Le line up implique deux autres guitaristes, un bassiste, un drummer et un préposé aux claviers/synthés. Lors du titre d’entrée, il est enrichi d’un musicien de couleur noire, qui se charge du violon. Ce même multi-instrumentiste pose sa voix sur la seule compo chantée ; et puis à deux ou trois reprises, il va se charger des percus, afin de donner une belle dynamique au tempo. Stuart est toujours aussi laconique, entrecoupant ses morceaux de ‘Thanks ! Cheers’. Il vient s’asseoir face à son ampli orange lors d’une des compos les plus intenses du set. Certains titres un peu plus électro nous plongent curieusement dans la new wave. Tantôt celle de New Order. Plus tard d’Anne Clark. Mais les meilleurs moments du concert émaneront des envolées d’électricité, des envolées chargées d’intensité, ‘transiques’ ; et tout particulièrement sur le tout dernier morceau, au cours duquel j’ai parfois eu l’impression d’entendre des bribes du « One of these days » du Floyd, moment choisi par le préposé au light show pour inonder le podium de lumières bleues et blanches singulièrement chatoyantes…

« Heligoland », le dernier opus de Massive Attack est sans doute le plus faible de leur discographie. Il remonte déjà à 2009. Invitée, Martina Topley-Bird était revenue participer aux sessions d’enregistrement. Et depuis elle a réintégré le collectif.

Quand le combo de Bristol monte sur l’estrade, on est immédiatement fasciné par le spectacle visuel qui nous est proposé. Différents messages se succèdent sur les écrans, disposés en arrière-plan. En anglais, en français ou en néerlandais. Mais y sont également projetés des logos publicitaires. Sans oublier ces chiffres qui défilent à une vitesse vertigineuse. Le message vise clairement la politique, les guerres et l’escalade médiatique. Et suscite inévitablement la réflexion.

Véritable machine de guerre, Massive Attack se lance donc dans un show parfaitement huilé, mais terriblement efficace. Deux drummers se font face aux extrémités du podium. De petite taille, et la tête complètement rasée, le bassiste claque des notes percutantes. Et le mot est faible. Quant au guitariste, si en début de parcours ses interventions s’avèrent plus ou moins conventionnelles, en fin de set elles vont littéralement déchirer l’atmosphère. Robert Del Naja et Grant Marshall complètent le line up de base. Ce sont aussi les leaders. Il se chargent des énormes synthés/pupitres sis au milieu de la scène, légèrement en retrait, et se réservent aussi de temps en temps les vocaux. Tous les autres musiciens interviennent par intermittence. Que ce soit Martina Topley-Bird (NDR : elle est vêtue d’une grande cape de couleur/bleu-vert et s’est maquillée les yeux en forme de masque de couleur rouge), l’icône du reggae Horace Andy ou l’autre vocaliste Deborah Harry. Ce qui n’empêche pas la parfaite osmose entre les différents membres du combo. Au fil du spectacle, l’intensité est de plus en plus palpable, et elle se fait même parfois menaçante. Mais elle est terriblement excitante et enthousiasme la foule.

Après une heure vingt de prestation, MA vide le lieux ; mais revient accomplir les quelques minutes qui restent afin de prester l’heure trente prévue pour leur concert. Mais lors d’une apothéose qui risque de rester longtemps dans les mémoires.

Serait-ce de la magie noire ? Aucune idée ! La quintessence du trip hop ? Il n’y a pas photo ! Mais une chose est sûre, votre serviteur a pris une fameuse claque !

(Organisation Botanique)

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Ardentes 2014 : dimanche 13 juillet

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Jour J, jour de final(e).
Retransmise dans la salle Aquarium réservée à cet effet, la grande messe du football n’allait en rien éclipser la prestation fantastique de Massive Attack, au sommet de son art.
Agrémentée d’une découverte merveilleuse, cette dernière journée va sonner la fin de cette neuvième édition de fort belle manière.
À l’heure des bilans, nouveau succès d’estime pour ces Ardentes encore et toujours grandissantes.
Et coup de chapeau spécial à l’organisation irréprochable de boue en boue.
Massive Attack en apothéose, c’est un peu comme un couscous royal après quatre jours à manger des tartines enduites de margarine.
Allemands et Argentins se chargeant à l’autre bout du monde de retarder l’heure du feu d’artifice, le public s’amasse sous un ciel bien plus clément qu’initialement prévu.
Une météo qui a eu la décence de nous épargner ce dimanche, choisissant la prestation la plus mièvre pour abattre quelques hallebardes sur des ponchos cirés.

La petite Banks dispose certainement d’un joli minois, d’un ventre plat et d’un organe vocal chaleureux, mais pour le reste, difficile de comprendre l’engouement autour de sa petite personne.

Proclamée étoile montante, son aura paraît bien faible, malgré la noirceur des cieux chargés de nuages, qui tout comme elle, pleurnichent dans un effort vain.

Maniérée, agaçante dans ces interventions du bout des lèvres colportant des messages ornés d’une tranche d’humanité (sans doute pour mieux faire passer la soupe populaire qu’elle nous sert), la jeune fille au regard triste semble plus absente que plongée dans ses états d’âme.

Finalement, le single « Warm Water » définit assez bien sa musique : soit une mélasse faussement chaudasse, dans laquelle elle s’embourbe avec une mine toute déconfite et une pathos de tragi comédienne débutante.

Soit à l’exact opposé du spectre émotionnel où par pur bonheur, quelques heures plus tôt, Benjamin Clementine nous a pris par la main.

Absolue révélation de ces Ardentes, millésime 2014, ce chanteur anglais d’origine ghanéenne possède pour tout bagage une voix divine et des doigts d’ivoire, qu’il appose ci et là sur des pianos de passage.

Pourtant, ce qui au départ amène à froncer les sourcils, à savoir une biographie courte relatant les énièmes pérégrinations d’un jeune étranger ayant quitté sa mère patrie anglaise pour tenter l’aventure dans les souterrains parisiens, où par chance, son extraordinaire talent lui a permis de subsister, s’avère être un simple accident de parcours.

Car bien loin des clichés misérabilistes et des contes de fées marketing, l’histoire vécue par ce Benjamin tient simplement de celle d’un homme. Un homme sachant raconter des histoires, en se penchant sur la sienne.

Propulsé dans les étoiles dès son décollage du tremplin des Trans Musicales de Rennes (ou d’autres avant lui, dont un certain Stromae, ont appris à caresser le soleil), le jeune homme a des reflets d’ébène, mais plus que la couleur de sa peau, c’est de son âme dont il est question ici.

Transformant une recette de base piano/voix en cantique sacré, c’est le regard habité et les cordes vocales solidement  amarrées qu’il trace son chemin jusqu’au cœur d’une assistante quasi à genoux.

Un de ces rares instantanés où tous ceux présents ressentent à fleur de peau l’intensité d’un moment fort qui se matérialise comme par enchantement.

Le jeune homme qui cite William Blake comme référence, possède ce quelque chose d’un peu sorcier, ce don inné qui lui permet d’aller puiser au plus profond de lui-même, de s’isoler totalement dans sa musique, quel que soit l’endroit, et de restituer ses émotions de façon tellement palpable, qu’il serait presque possible de les voir s’échapper de son âme pour venir se déposer sur nos poils frémissants.

Et si d’aventure, vous me demandiez dans quel genre le classer je vous répondrais que cette démarche est impossible si on ne redéfinit pas le mot Soul music rien que pour lui.

En terme d’émotions, mes oreilles de rechange me soufflent que Cascadeur s’est chargé d’en distiller un certain ratio dès le début de la journée.

Soutenu par un line up de fort jolie facture (on aura reconnu la voix de notre Sharko national sous le masque de catcheur), le Français affublé de son inséparable casque accorde un concert, certes prévisible, mais à la hauteur des attentes du public.

Les morceaux un peu plus enlevés retenant les attentions distraites occupées à s’échapper du HF6.

HF6 qui alterne le bon et le meilleur, à l’exception du pire, au fil d’une affiche rachitique qui voit les festivaliers les plus courageux faire d’incessants allers-retours entre la main stage et le hangar.

Le meilleur ayant déjà été souligné, reste à surligner la prestation particulièrement convaincante de Daughter.

Si ce n’est pas une surprise, on épinglera tout de même leur set comme l’un des beaux moments de ces quatre jours.

Entre la douceur pastel d’Elena Tonra et les récifs sonores d’Igor Haefeli, le tout contrebalancé par une rythmique impeccable de bout en bout, les protégés du label 4AD vont offrir un spectacle serti de dizaines de carats aux fans et curieux rassemblés sous la coupole de leurs sonorités vaporeuses à souhait.

Le tout servi avec cœur et passion, le sourire aux lèvres.

Un sourire qui ne devait pas quitter les visages enchantés par la performance de Ben L’Oncle Soul, manifestement très en verve, et qui a séduit son public, mais aussi tous ceux ayant bravé leurs a priori. Ce que l’idiot de snob que je suis avait bien sûr omis…

En mon absence, restait de même à user de la présomption d’innocence envers Dany Brown, qui semblait après coup ramasser tous les suffrages au titre d’abomination du jour et supposer de la qualité indéniable des prestations de Leaf House, ainsi que du Magnus de Tom Barman et CJ Bolland, devant un parterre clairsemé.

Ces derniers proposant un set résolument Rock à l’heure où La coupe du monde hésitait encore à savoir dans quelles mains elles se déciderait à choir.

Celle-ci, après avoir choisi, comme tout le monde le sait à présent, les mimines teutonnes, s’éclipsait alors pour laisser la place à un autre final, bien plus sombre celui-là.

Avec vingt minutes de retard, le trophée footballistique enfin remis au valeureux capitaine allemand, les premières basses filtrent dans l’obscurité.

L’air se charge d’électricité ainsi que « Battlebox 001 » se répand sur la plaine.

Nouveau titre initialement conçu comme un nouveau projet par Robert Del Naja, fil conducteur au sein de Massive Attack, lançant idéalement le début de la fin et générant un enthousiasme croissant.

Habilement, sur une heure trente de concert, MA prouve une fois de plus sa théorie du chaos.

Basée sur une équation binaire (son et visuel) et une osmose parfaite entre ses membres.

Si Robert 3D semble le chef d’orchestre, les interventions successives de Martina Topley-Bird, lovée dans un col au plumes de couleur jais, Horace Andy, dont la voix et la classe intrinsèque restent de fabuleux laissez-passer pour le paradis, et la noirceur ténébreuse qui émane de la gorge de Daddy G, donnent tout trois corps à un univers à nul autre pareil.

Sans oublier les deux interventions de Deborah Miller, qui, si elle n’est pas la voix originale, donne substance, et ce depuis quelques années, au « Safe From Harm » et surtout au « Unfinished Sympathy » de l’album ‘cultissime’ « Blue Line ».

Le public exultant quand la voix se lâche dans un final exceptionnel donnant lieu à penser que ce groupe tient vraiment une place particulière dans la structure de l’univers.

Certains découvraient ainsi la puissance de feu du groupe de Bristol, tandis que pour les autres, ce n’était là que confirmation logique, mais néanmoins époustouflante, de la magie noire de ce collectif.

Reflétant les différents messages qui se succèdent sur les écrans d’un visuel remarquable, tous les yeux rivés scintillent d’admiration.

Ce qui n’empêche pas le groupe d’afficher ouvertement ses opinions politiques et prendre ouvertement parti contre l’hypocrisie militaire ou la surenchère médiatique.

Bref, loin d’être simplement divertissante, la machine pousse à la réflexion et son impact en est d’autant plus remarquable.

Au sortir de cette expérience, tous les avis convergent en un seul et même point, culminant loin au dessus du ciel, à la verticale du Parc Astrid.

Un point incandescent dont la lumière n’est que le reflet d’un instant qui vient de s’écouler, alors que 3D et ses compagnons de vol sont déjà à des années lumière.

Si cette année encore, les Ardentes ont attisé le feu de la critique, aucune voix ne pouvait s’élever contre cette apothéose magistrale.

Et comme au foot, à la fin, qu’importe la manière, c’est le résultat qui compte.

Rideau donc, sur cette neuvième édition.

Un cru certes pas exceptionnel, mais très bon tout de même et qui a drainé septante six mille personnes dans la boue sans les départir de leurs sourires et de leur bonne humeur.

Et on fait quoi maintenant ?

(Organisation Ardentes)

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