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La Nuit du blues 2014 : samedi 14 juin

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La dix-huitième édition de la Nuit du Blues s’est déroulée sur le site de Rockerill, à Marcinelle. Les éditions précédentes étaient hébergées sur l’Esplanade Solvay, pour l’instant en réfection. Un peu d'histoire. En 1832, le forgeron Puissant Agimont s'associe à l'industriel Thomas Bonehill. Ils vont créer, sur le site de 'La Providence' à Marcinelle, une usine sidérurgique qui donnera ses lettres de noblesse à la région de Charleroi. Détruite totalement pendant la guerre 1914-1918, elle est reconstruite à la fin du conflit. L'activité va se développer et prospérer jusqu'à l'absorption par le groupe Cockerill-Sambre. Ce sera le début du déclin industriel qui a marqué les années 80. Début 2005, un collectif d'artistes et d'amis sauvent la friche industrielle. Une nouvelle vie commence pour ‘Les Forges de la Providence’, rebaptisées ‘Rockerill’. Une salle de concert d'une capacité de 250 personnes est aménagée au sous-sol. Une coopérative de ferronnerie, des ateliers d'artistes et le label Rockerill Records s’y établissent. En 2011, Rockerill rejoint Le Club Plasma et signe un contrat programme avec la Fédération Wallonie-Bruxelles. La culture revit à Marcinelle. Le lieu devient incontournable dans la région de Charleroi.

La grande Scène est installée dans les Forges. Un espace restauration est aménagé dans le hall d’entrée de la Providence ; il est baptisé ‘La Cathédrale’. La seconde salle est implantée au sous-sol. Il s’agit du Rockerill.  

Petit contretemps, la Liégeoise Jéraldine Jonet a déclaré forfait. Il faut donc patienter jusque 16 heures avant que le premier groupe ne monte sur un podium. Il s’agit de Chess Revival. Et sur la Grande Scène. Le présentateur déclare que le blues du Bayou profond et le site des Forges sont en parfaite communion. Il n’y manque que les marais et ses alligators.

La formation bruxelloise est née en 2013. Drivée par Julien (chant, guitare et harmonica) elle implique également Sam (guitare et chant), Marco (drums), Alex (piano) ainsi que Pierre (basse). Vu leur patronyme, Muddy Waters, Howlin Wolf, Willie Dixon et Little Walter, des bluesmen notoires qui ont écrit les plus belles pages du label Chess Records de Chicago, ont certainement marqué l’esprit du quintet. « Garbage Man », ouvre le set. Une cover de Muddy Waters qui macère bien dans le bayou. Les cordes de gratte sont voluptueuses, la voix est lancinante et l’harmonica accrocheur. Le spectre de Peter Green hante « I Loved Another Woman ». Une autre adaptation, le « Dust My Broom » du band teuton Boozoo Bajou. Etonnant, n’est ce pas ? Signé par le Bobby Blues Band, « I Don’t Want No Woman » lorgne vers la soul de Memphis. Idéal pour la voix crooneuse à souhait. « Ain’t Nobody’s Business » est une compo écrite par les pianistes Porter Grainger et Everett Robbins, deux ex-collaborateurs de Bessie Smith. Composée en 1922, elle avait également été reprise par l’Impératrice du blues, six ans plus tard. Julien est un passionné de blues, il est respectueux des classiques qu’il interprète ; mais, tout comme ses acolytes, il s’attache à y apporter une touche personnelle. Une bien belle prestation pour entamer ce festival auquel j’assiste pour la première fois.

Direction sous-sol. Place aux régionaux de l'étape, Dixons Plan. Les Carolos sont déterminés à rendre hommage à l'oeuvre de Willie Dixon. Un grand du Chicago Blues de l'après-guerre. Pourtant, la prestation sera fortement colorée de rock'n'roll. Imposant, le bassiste attire immédiatement la sympathie. Et puis, il est impressionnant sur son instrument. Il est cependant bien épaulé par le guitariste/chanteur Enzo Catalano. Le line up est complété par le drummer José Carrasco et Billy Boy à l'harmonica. Ce n’est pas la première fois que votre serviteur assiste à un de leurs concerts. Je les avais découverts chez Francis Delvaux au Blues Café. Le public commence à affluer. Et il faut déjà subtilement jouer des coudes pour atteindre les premiers rangs…

Retour vers la grande scène, pour le concert de Dr Albert Flipout's One Can Band feat Mickey Pantelous. Un homme-orchestre de nationalité britannique ! Il a enfilé une salopette. Manifestement de bonne humeur, il met de l’ambiance dans la salle. Une excellente initiative de programmer ce type de ‘one man show’ lors d’un festival. C’est d’ailleurs une formule que le Roots & Roses de Lessines cale systématiquement dans sa programmation…

Fred Lani est un habitué des lieux. Et pour la circonstance il est bien sûr flanqué de ses Healers. Apparemment il est en très grande forme. Et pourtant, il a failli faire faux bond. Car s’il est bien un virtuose de la guitare, il ne l’est pas dans le bricolage. En général, une foreuse est destinée à percer un mur ou un matériau, pas un doigt. Et pourtant… Trêve de plaisanterie, malgré ce petit contretemps, notre Panda Blues n’a rien perdu de son énergie.

Un petit rappel. L'année 1977 vient de débuter. Au cœur des sombres vallées boisées et vallonnées du Namurois vient de naître un nouveau messie du blues au sein de la famille Lani. Musiciens, ses parents lui donnent pour prénom : Fréderic. Originaire des sombres bayous de la Louisiane, le patriarche va inculquer, dès le début, à son rejeton, les bases de cette musique intemporelle. Dans son parc, le petit n'a pas de hochet pour se faire les dents. Juste une  guitare Gibson miniature. Il va pouvoir mordre dans les  cordes. Pour toute berceuse, on lui passe du Jimi Hendrix, Rory Gallagher, Johnny Winter ou Stevie Ray Vaughan. Pas étonnant qu’il chope le virus du blues. Et d’afficher les gènes caractéristiques de son paternel dès l'âge de 17 ans : une calvitie naissance, des lunettes et une guitare entre les mains. Le gamin a une voix calée. En compagnie de son père, il monte les Healers. Il assure les supporting act de Bon Jovi à Werchter, devant 35 000 personnes. Et de Fred & The Healers, on commence à en parler de plus en plus...

Après une parenthèse de 8 longues années (malgré un come back en 2010, pour fêter le 15ème anniversaire du Spirit of 66), Fred remonte les Healers. Mais sous un nouveau line up. Aux fûts, un petit nerveux : Nico Sand. A la basse, une force tranquille : Cédric Cornet. Ce dernier ne quitte plus sa belle chemise aux motifs de roses et têtes de mort. Nous sommes donc en 2013, et notre talentueux gratteur a pris de la bouteille et un léger embonpoint. Frédéric aime la bonne chère. Faut croire que Madame Lani est un fin cordon bleu… Le cinquième opus du combo « Hammerbeatmatic », est paru en mai dernier. Dans 25 pays. Sous la forme du cd, vinyle et téléchargement payant.

Le set s’ouvre par « Like A Leaf » suivi de « Doyle The Hunter », deux plages issues du nouvel elpee. Deux bons blues bien crasseux. « Doyle The Hunter » nous entraîne dans le lourd et aussi dans le passé. Fred Hendrix est à la guitare et au chant. Il vous en met pleins les oreilles. Nico est aux anges, il a le sourire aux lèvres. Ce qui ne l’empêche pas de marteler ses fûts comme un malade. Pas le temps de souffler, le trio nous expédie un blues rock pur et dur, « Thickfreakness », une cover des Black Keys. Et la version balance pas mal. Histoire de ne pas trop perturber les fans de la première heure, la formation concède « Stayin' Out » et « How You Do This ». « Dreams » affiche un profil plus cool. Ce qui permet à Fred de démontrer toute sa maîtrise et sa technique sur les cordes et de rivaliser avec ses maîtres. « Roots And Roses » rend hommage au chouette festival du même nom. Faut dire qu’il y a toujours eu une grande histoire d'amour entre Fred et le Centre Culturel de Lessines. La superbe reprise du « All Your Love » d'Otis Rush est un classique dans la setlist du combo. Mr. Lani nous y réserve un bel exercice de style sur sa six cordes. Nico n’oublie pas de nous accorder un petit solo de batterie. Le temps de remonter en puissance avant d’aborder  « Burning », puis de revenir au calme à travers « Avd ». Mais dès « A Man For A Day », extrait du dernier long playing, Fred invite tout le public à se rapprocher du podium et à jumper. L'espace est restreint. Suis pas du style à escalader la foule pour rejoindre les autres sardines. Encore que ce sont peut-être des poissons volants. Ou alors des kangourous. On se croirait en Australie. Ca saute de partout ! Et le concert de s’achever par « Lovers Boogie » et le très puissant « Messing With The Kid ». Fred & The Healers sont peut-être occupés de monter sur le tremplin de la gloire. Une chose est sûre, le groupe est devenu tout à fait exportable. En outre, il est parvenu à chauffer à blanc une salle avant de vivre le set des vétérans Dr Feelgood. Le trio se produira dans le cadre du Brussels Summer Festival le 10/08/2014, aux Francos de Spa le 19/07/2014. Et le 31/08/2014 au Beau Vélo de Ravel en première partie de son idole Chantal Goya. ‘Pandi Panda’ vous connaissez ?

Dr Feelgood est une formation insulaire formée en 1971. Décédé en 1994, le chanteur en était une figure emblématique. Au cours de son existence, le combo a enregistré de nombreux changements de line up. Leur patronyme vient de l'argot anglo-saxon qui désigne notamment un médecin prescrivant de l’héroïne. Mais pour ce set on retourne dans la boîte à sardines. Sauf qu’elles sont cuites et archi-cuites. Une cuisson qui va durer 75 bonnes minutes. Au fourneau ? Robert Kane. Au chant et à l'harmonica. Et puis Steve Walwyn à la six cordes. Et leur rhythm'n'blues circa 70’s va faire mouche ! L’énergie dispensée par le combo est particulièrement électrique. Dr Feelgood est venu défendre son dernier opus, « All Through The City », paru quand même il y a deux ans. Ce qui ne les empêche pas d’insérer dans leur setlist des titres standard comme « I Can Tell », « Who Do You Love », « Baby Jane » ou « Give Me One More Shot », soit les meilleurs morceaux de leur répertoire. Kevin Morris est toujours aussi fêlé derrière ses drums. Il balise le tempo de ses interventions caverneuses et métronomiques. Il est bien épaulé par PH Mitchell à la basse. Un concert qui, inévitablement, ravit de nombreux sexagénaires et quinquagénaires, mais également des jeunes mélomanes, qui découvrent ainsi des précurseurs de la punk attitude.

Votre serviteur n’a pas assisté au set de Shaggy Dogs. Pas que j’aime ou n’aime pas ce combo français. Mais vu la fatigue, je préfère faire l'impasse et rentrer au bercail. Le festival est réussi et a communiqué de bonnes vibrations. J’ai eu ma dose. L'organisation était parfaite. On peut compter sur Didier, l'année prochaine…

(Organisation : Nuit du Blues de Charleroi)

 

 

Rocket Recordings showcase 2014 : samedi 7 juin

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C'est dans le cadre d'un involontaire triptyque psychédélique que s'inscrivait, ce samedi, le showcase du label Rocket Recordings. Involontaire, car cette affiche résultait des hasards de la programmation du Magasin 4 qui proposait deux jours plus tôt Spectrum/WoodenShjips et le lendemain Mugstar. Une agréable alternative au psych lab d'Eindhoven pour ceux qui n'aiment pas trop les festivals ou n'ont pas les moyens d'y assister ; d'autant plus qu'une partie des groupes cités et que l'on citera plus loin y figuraient également.

Mais revenons à l'objet de ce compte-rendu ; à savoir la présentation de 4 artistes du label, dont Gnod, invité à clôturer la soirée. En arrivant devant les portes du Magasin 4, on apprend qu’une des trois formations a déclaré forfait, Teeth of the Sea, pour cause de van défectueux. Il faudra donc s’armer de patience avant de découvrir la première à monter sur les planches : Lay Lamas. Pas grand monde à ce moment-là pour écouter les Italiens qui tentent d'installer une ambiance un peu primitive/chamanique/bucolique (biffez la mention inutile) à l'aide d'une batterie au départ très basique qui souvent se contente de marquer le temps, d'une guitare pas excessivement bavarde mais parfaitement adaptée au genre, une basse assez groovy et quelques sonorités diverses assez proches de bruits issus de la nature (l'ambiance bucolique évoquée ci-dessus). Petit à petit, la sauce prend et le jeu s'étoffe mais quand débarque une voix plutôt pop, je m'accommode assez mal de son timbre... Moment à partir duquel je vais décrocher de leur set... Un set malgré tout relativement honnête pour un hors d’oeuvre qui s’est déroulé devant un bien maigre public.

Anthroprophh va constituer la véritable énigme de la soirée. Véritable référence pour les amateurs de psyché fuzz, Paul Allen, le guitariste de The Heads, y milite. Le trio passe, en effet, sans transition aucune entre morceaux ‘climatiques’ et véritables concours de solos pour batteries et guitares, des compétitions dignes de dinosaures du rock qui mériteraient davantage leur place sur les ondes de Classic 21 ou la scène du Spirit of 66 qu'au Magasin 4... On a eu beau chercher et on cherche toujours le fil rouge entre l'excellente pièce rituelle installée par une batterie tribale et des drones de cordes organiques, un peu sales, et le morceau qui a suivi, typiquement classic voire hard rock. Progressivement, lassé par ces digressions incessantes, l'attention se dissipe et on commence à attendre ce qui vraisemblablement devrait être le clou de la soirée : à savoir les fabuleux Gnod.

Pour les avoir vus à plusieurs reprises, je peux vous garantir que ces Mancuniens nous réservent toujours des surprises. On ne sait jamais sous quel line up ils vont se produire ni quel genre de performance ils vont livrer : techno post indus, psyche zen ou plus heavy voire encore drones extatiques... Bref, la gamme dans laquelle ils s'expriment est assez vaste et le résultat souvent heureux. Comme ce soir d'ailleurs où ils nous embarquent directement dans un trip kraut motorik et aérien illuminé par un superbe sax (une première en ce qui me concerne). La magie s'installe directement et l'attention du petit nombre d'aficionados réunis dans le club bruxellois est bien focalisée. On passe alors à du plus lourd dans la frappe de batterie au sein d’un climat hyper répétitif n'offrant que la fuite ou l'hypnose. En choisissant la seconde solution, on boira jusqu'à la dernière goutte le breuvage... Je glisse alors ironiquement à l’oreille d’un des programmateurs de la salle : 'Et maintenant c'est fini!' ; et, effectivement, le groupe s'arrête et salue l'audience perplexe et espérant au moins se voir accorder un rappel. Mais il n'en sera rien. La formation a apparemment jugé que le charme était rompu après ces deux compos très longues certes mais qui n’ont offert au final qu'un live de 40 min maximum! Ce qui ne peut évidemment que laisser un goût de trop peu compte tenu de 3 remarques. Primo, seuls 3 des 4 groupes prévus se sont produits. Secundo, le dernier passage de Gnod en ces murs avait été écourté non pas par leur faute mais à cause d'un quidam qui avait trop abusé de substances et trouvé judicieux de balancer sa bière sur leur matos. Tertio, le band occupait la tête d'affiche, tout simplement. Il me semble quand même qu'en tenant compte de ces paramètres, les spationautes auraient pu nous emmener encore visiter un p'tit bout de galaxie en plus... non? Reste à compter sur leur prochain passage pour nous débarrasser de ce léger sentiment de frustration.

(Organisation Rocket Recordings + Magasin 4)

Gnod + Lay Lamas + Anthroprophh

 

Le grand retour électrique 2014 : samedi 31 mai

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Le Salon à Silly est une magnifique institution. A l’origine, il s’appelait ‘le Salon de Musique’ –c’est-à-dire au début du XXème siècle”– et il servait de salle de théâtre et de concerts. Négligé dans les années 80, le Salon ressuscite en 1994. La salle est restaurée et sa capacité maximale peut atteindre alors environ 350 personnes. A partir de 1998, des concerts sont organisés par l’ASBL ‘Chant du Possible’, devenue depuis ‘Silly concerts’, dont les ‘Jeudi Jazz Sessions’ sont programmés, dès 2009. Caractérisé par son excellente acoustique, l’endroit est devenu un passage obligé en Communauté Française pour les artistes émergents. Actuellement, c’est le sympathique François qui gère les lieux. Et pour les amateurs de bières spéciales, sachez que le bar propose des spécialités produites par la Brasserie de Silly.

Ce soir, l’affiche est métallique. Elle a été baptisée ‘Le grand retour électrique’. Au menu, Spark Gap, une valeur montante du rock alternatif issue de l'Hexagone. Puis, Full Throttle Baby, un ensemble également originaire de la région parisienne. Ensuite, The Butcher's Rodéo, une formation dont le line up implique le chanteur d’Aqme, Vincent Peignart-Mancina. Et Vincent va bouter le feu à la salle. Avant d’accueillir en final, les Lillois d'Unswabbed.

Spark Gap est un power trio parisien. A son actif un album intitulé « The Boys From Alaska » et un Ep cinq titres (« Fearology ») paru en mai 2014. Max Muller se réserve le chant et la guitare, Fred Ascherfeld la basse et Julien Henri les drums. Le combo pratique un metal alternatif assez mélodique. Leur set est puissant et bien électrique. Il libère à la fois énergie et bonne humeur. Un feeling punk et communicatif fait vibrer le bas de vos reins. Les compos sont interprétées dans la langue de Shakespeare. De leur prestation, j’épinglerai « Feed The Wolfes », « The Take Off », « Go Back To Mars Bruno » et « The Wall ».

Full Throller Baby réunit le chanteur Julien Dottel, le guitariste Jérémy Delamotte, le bassiste Alexis Soliveaux et le batteur Timon Stobart. Le quartet reconnaît pour influences majeures The Bronx, Danko Jones et surtout AC/DC. Julien déborde d’énergie. Il est comme possédé par une certaine frénésie. Mais il a aussi le sens de la communication. Il passera d’ailleurs la moitié du concert au milieu public, déjà nombreux, afin de les inciter à se remuer et de faire  la fête. Un bon moment partagé entre le combo et l’auditoire…

The Butcher's Rodeo nous vient encore de Paname. A leur actif deux Eps : « Like A Hobo On A Bison », publié en 2011. Et « Ghosts In The Weirdest Places », en décembre 2013. Le groupe définit son style comme du hobocore. La syllabe ‘core’ émane de hardcore. Aux Etats-Unis, le terme 'hobo' désigne un SDF qui se déplace de ville en ville, en utilisant le chemin de fer. Le band français a choisi de voyager à dos de bison. Le vocaliste, Vincent Peignart-Mancina, milite également au sein d’Aqme, groupe que j’ai pu voir la semaine dernière. Il y est surnommé 'Le Nabot Chantant'. Le line up implique également deux sixcordistes, un bassiste et un batteur. La guerre peut maintenant éclater. Il y a autant de mouvement sur les planches que dans l’auditoire. Vince court dans tous les sens. Il s'époumone. Clairement hardcore, sa voix nous réserve cependant de belles envolées mélodiques. Parfaitement maîtrisées, elles montrent ainsi l'étendue du talent de ce frontman. Enfin, drums et drummer vont finalement atterrir au milieu de la fosse, alors en ébullition. Et toute cette belle intensité se communique à la foule. L'énergie libérée par le quatuor est communicative. Déclenchant pit circles et pogos. Une belle claque qui ne peut que profiter au dernier groupe, Unswabbed.

Deux longues années que le fer de lance du métal français n’était plus monté sur les planches. Il ouvre sa nouvelle tournée par le Salon à Silly. Séb, Bruno, Mathias, Filz et Charles se sont rencontrés en 1995. A l’époque, ils n’avaient pas 20 ans. Bien qu’issus d'horizons musicaux différents, ils décident de monter Unswabbed. Premier objectif : se faire plaisir ! Filz abandonne néanmoins l’aventure, réduisant le line up à un quatuor. Qui compte plus de deux cents dates de concerts à son tableau de chasse. Leur participation dans la catégorie ‘Découverte Rock/Métal’, lors de l’édition 2011 du Printemps de Bourges, suscite l'intérêt de Canal +. Aussi dans le cadre de l'émission 'Un Monde de Brutes', la chaîne les suit pendant cinq jours. Leur nouvel Ep, « Tales From The Nightmares vol.1 », est paru ce 31 mai. Et le band est venu le défendre en ‘live’. Leur répertoire est partagé entre titres interprétés dans la langue de Molière (une majorité) et dans celle de Shakespeare (quelques uns). Leurs textes sont engagés. Les mélodies accrocheuses et les riffs incisifs. De quoi achever en apothéose, cette superbe soirée passée au Salon de Silly.

Spark Gap Full + Throttle Baby + The Butcher's Rodéo + Unswabbed.

(Organisation François Mertens - Le Salon de Silly)

Les Nuits Botanique 2014 : mardi 27 mai

Les Nuits Botaniques 2014 se sont refermées ce mardi soir lors d’un concert atypique, accordé dans le cadre solennel de la cathédrale des Saints Michel et Gudule. Une co-production Botanique / Manège.mons / Musiques Nouvelles qui traduit la volonté des initiateurs du projet, Paul-Henri Wauters (Botanique) et Jean-Paul Dessy (Musique Nouvelles), de permettre la rencontre entre artistes issus de traditions musicales extrêmement différentes, du baroque à l’électro.

Un imposant podium a été installé à l'avant de l'hôtel, en plein centre de la cathédrale ; et quand résonnent les premières voix du plain-chant de la Schola grégorienne du Sablon, on est plongé dans un univers magique. Le très sombre et majestueux « Andante » du ‘Deuxième quatuor, en do mineur’ (1896) de Sergei Rachmaninov, permet d'apprécier la remarquable finesse de l'Ensemble Musiques Nouvelles, que dirige avec maestria Jean-Paul Dessy.

Pour suivre, l’intermezzo ‘ambient’, bénéficie de la complicité de deux invités de marque issus d'Islande. Sygtriggur Baldursson, percussionniste multi-instrumentiste, fondateur des Sugarcubes en compagnie de Björk, joue à l’aide d’un archet sur des sortes de gongs bols ; et son complice Kippi Kaninus bidouille des sons étranges sur son laptop. Tout en douceur, l'orchestre entame ensuite « Mother of God, Here I stand », très belle pièce pour cordes du compositeur britannique Sir John Kenneth Tavener, malheureusement décédé l'an dernier.

On sursaute ensuite quand retentissent les premières notes de la Toccata en ré mineur pour orgue de Jean-Sébastien Bach, interprétée ici par Xavier Deprez. On lève la tête car, dans la cathédrale, l'orgue est accroché à la paroi de l'église, au-dessus de la nef. Après un nouvel a capella (« Victimae Paschali Laudes »), l'orgue se joint à l'orchestre pour le concerto op. 40 d'Henryk Görecki. La musique est ici tourmentée, répétitive et hypnotique, comme une valse virevoltante et dissonante.

Autre temps fort : la composition de Jean-Paul Dessy, « Vertiges pour orchestre à cordes » (2012), une oeuvre d'une finesse étonnante, qui se construit au travers de sonorités subtiles, riches en harmoniques et en harmonies. Dans un enchaînement parfait, la pièce se mue en écrin pour l'étrange chant diphonique de Tulegur Gangzi, nomade bluesman venu de la Mongolie intérieure.

La dernière partie du concert est illuminée par le charisme et la voix de Mélanie de Biasio, jazzwoman carolo-bruxelloise à la voix grave et sensuelle. Mystérieuse, vêtue d'une blouse blanche, elle campe sur un petit podium à l'arrière de l'orchestre et en accomplissant des gestes lents et majestueux de ses mains, elle interprète en douceur « No Deal », suivi de « The Flow », sur des arrangements superbes de Stéphane Collin. On a des frissons sur la peau et la gorge serrée devant tant de beauté. Après « Denis », une composition pour orgue, baryton et choeur de Stéphane Collin, Mélanie revient pour un dernier « All My Love » à vous couper le souffle. La douce mélopée bluesy se marie aux chants de Tulegur Gangzi et aux pulsations montantes des violons pour s’achever de façon surprenante sur trois sons de cloche. S'en suit un silence recueilli, jusqu'à ce que Jean-Paul Dessy laisse retomber les bras. Un final époustouflant, qui déclenche un tonnerre d'applaudissements. Les musiciens devront revenir saluer plus de cinq fois le public, vu la ferveur des acclamations. Regardez ce final en vidéo ici 

De retour sur terre, on a bien conscience d'avoir assisté à un spectacle exceptionnel, non seulement parce qu'il s'agit d'une création unique mais aussi parce qu'il transcende les frontières entre les musiques. Bien sûr, on est resté dans un environnement musical très ‘classique’ ; et on aurait apprécié un peu plus d'audace pour intégrer des musiques plus récentes, plus alternatives.

En tout cas, tous les musiciens ont ici tenté de rapprocher leurs répertoires au-delà de leur univers habituel. Entre contemplation et exubérance, ils ont entamé un dialogue pour créer une musique inédite. Concert liturgique, multiple et incantatoire, Sonic Cathedral nous a permis de vivre un superbe voyage sonore, doublé d’un florilège musical mystique…

Philippe Blackmarquis

Sonic Cathedral 2014

Programme :

• Répons des ténèbres « Velum templi »

• « Andante » du Deuxième quatuor, en do mineur (1896) de Sergei Rachmaninov (version pour orchestre à cordes)

• Mother of God, Here I stand, de John Tavener (2003)

• Toccata en ré mineur BWV 565 pour orgue (1703-1707), de Jean-Sébastien Bach

• Victimae Paschali Laudes

• Concerto pour clavecin, version pour orgue et orchestre à cordes, op.40 (1980) de Henryk Górecki

• Organum Gloria

• Vertiges pour orchestre à cordes (2012) de Jean-Paul Dessy

• Chants de Tulegur Gangzi

• No Deal & The Flow (arrangements de Stéphane Collin) par Mélanie de Biasio

• Denis, pour orgue, cor, baryton et chœur (2014) de Stéphane Collin en hommage à Denis Simándy (corniste dédicataire).

• With all my love de Mélanie de Biasio (arrangements de Stéphane Collin)

(Organisation : Botanique / Manège.mons / Musiques Nouvelles)

Les Nuits Botanique 2014 : dimanche 25 mai

Si Ásgeir Trausti Einarsson, petit elfe timide n’est pas encore notoire sur nos terres, il est quand même parvenu à réunir pas mal de monde, ce soir, sous le chapiteau des Nuits.
Vu sa voix d’ange et son joli minois, il n’est pas étonnant d’y rencontrer une assistance majoritairement féminine.

Mais ce détail peut s’avérer réducteur ; car, outre son charme discret, l’Islandais est capable de puiser un peu de la magie de ses contrées, qu’il se ferait un plaisir de partager avec nous ce soir.

Premières parties assez anecdotiques.

La jolie mais si commune voix de Denai Moore (rien à voir avec la demi-actrice !), n’a suscité qu’un intérêt plus que mitigé (quelques encouragements polis), tandis que la fougue Cockney du jeune Niall Gavin et de ses sbires, évacuée sous le patronyme de Only Real, a sans doute entraîné un regain d’attention, mais n’est néanmoins pas parvenue à électriser l’atmosphère.

Qu’importe, Ásgeir va, lui, s’en charger.

Découvert pour ma part au détour d’un reportage sur Arte, j’étais curieux d’assister en ‘live’ à la transposition de ses deux très beaux albums mêlant electronica et Folk des grands Fjörds.

Deux faux opus en vérité, puisque « In The Silence », le deuxième, est en fait une réinterprétation de « Dýrð í dauðaþögn », le premier, chanté dans sa langue natale.

Un idiome qui est principalement mis en avant lors de ses concerts. Et pour cause, le jeune homme est manifestement plus à l’aise dans sa langue natale que dans celle de Shakespeare.

Des compositions down tempo distillées comme des contes énigmatiques, au coin d’un feu, sous une aurore boréale, et qui virevoltent autour du jeune chanteur et de ses camarades venus du Nord pour nous.

Un show délicatement exécuté, sur la pointe des pieds, en accord parfait avec l’image que je m’en faisais, et dont l’éclat, loin d’être aveuglant, dégage néanmoins une subtile lueur, comme celle de milliers de chandelles frémissant au cœur d’espaces féeriques…

On épinglera bien entendu sa version subtile du « Heart Shaped Box » de Nirvana, une reprise régulièrement interprétée par celui que certains surnomment déjà le ‘Bon Iver des terres de glaces’

Nul doute qu’à son retour, Ásgeir se sera forgé un nom dans les flammes et la neige.

Akim Serar

(Organisation : Botanique)

Denai Moore + Only Real + Ásgeir

 

Découverte : Victoria + Jean.

Ce duo originaire de Stockholm est né de la relation entre la chanteuse Victoria et le guitariste  Jean. Le couple est soutenu à la batterie par la charmante chanteuse du défunt groupe belge, Miele. Un trio qui a convaincu le parterre de la Rotonde, ce dimanche 25 avril. 

Cette formation transpire la conviction et la puissance grâce au son massif de la guitare et une compréhension parfaite entre les musiciens, malgré leur jeunesse.

Le lyrisme, le charme animal et la sensibilité de la superbe rousse Victoria rend, en outre, cette performance captivante.

Cerise sur le gâteau, lors de ce périple sonore naviguant quelque part entre l’univers de PJ Harvey (pour le côté brutal), de Feist (pour la présence scénique et les nuances) et de Janis Joplin (pour la conviction et l’aspect farouche et revendicateur), la belle Victoria décuple l’efficacité et la puissance de ses compositions en y ajoutant des percussions inattendues et tribales.

En tout cas, Victoria + Jean s’est avéré une très bonne surprise, et voir une fille aussi ‘burnée’ qui évolue dans un style bien loin des niaiseries habituelles devrait plaire aux habitués des Nuits Botanique.

Un projet tout frais qui ne manque ni de rage ni de potentiel. Et il pourrait aller très loin.

Confirmation : Wars On Drugs

C’est enfin venu le moment de monter sur l’estrade pour l’un des groupes les plus attendus ce dimanche soir aux Nuits Botanique.

Dès le premier morceau du set, Wars On Drugs parvient à emporter le public, très nombreux par ailleurs, dans son univers, grâce au superbe « An Ocean In Between The Waves », un monde dans lequel la voix évoque Tom Petty et le Michael Stipe du début de R.E.M.

A la deuxième chanson, le chanteur parvient à obtenir une très bonne communication avec le public via quelques traits d’humour subtils.

Après avoir enchaîné quelques morceaux énergiques, agrémentés de solo de guitares bien sentis, précis et énergiques, rappelant les Waterboys, la formation nous emmène vers des ambiances plus posées et planantes rappelant les meilleurs moments de Pink Floyd, et notamment lors de l’interprétation du nouveau single « Red Eyes ».

De toute évidence, il appert que le chanteur-guitariste Adam Granduciel est la tête pensante du band. Il est parvenu à s’entourer d’excellents musiciens entièrement dévoués à sa cause ; et le line up affiche une cohésion parfaite.

Le plus impressionnant d’entre eux est certainement le batteur Patrick Berkery $ qui enchaîne passages nuancés et puissants tout au long d’une dynamique maîtrisée.

Le concert alterne ensuite titres paisibles (dont certains évoquent parfois Daniel Lanois) et morceaux plus puissants, susceptibles d’enivrer une audience réceptive à un show convaincant! Bref le set de ces Philadelphiens a largement tenu ses promesses.

Seul bémol, le côté hautain et antipathique de l’équipe technique qui m’a forcé à quitter la salle manu militari, alors que je leur demandai simplement la setlsit du soir.

François François

(Organisation Botanique)

Victoria + Jean et War On Drugs

 

 

Les Nuits Botanique 2014 : samedi 24 mai

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Les Flaming Lips se produisaient donc ce samedi 24 mai au Cirque Royal de Bruxelles, dans le cadre des Nuits Botanique. En entrant dans la salle, on remarque la présence de câbles suspendus au plafond, accrochés un peu comme à la foire, au stand du tir à la ficelle. Souvenirs d’enfance… Il s’agit de la troisième fois que votre serviteur assiste à un set du combo issu de l’Oklahoma. La première fois, il était chargé d’hémoglobine et la deuxième digne du carnaval. A 8 heures pile, Young Knives, supporting act, ouvre les hostilités. La salle est à moitié remplie et ne le sera complètement, hormis le poulailler, apparemment resté fermé, que lorsque la tête d’affiche entamera son set…

Young Knives est un trio issu du Leicestershire, en Grande-Bretagne. A ce jour, il a publié une dizaine de singles, 4 Eps et 6 albums, dont une réédition du premier mini LP, enrichi de trois titres. Après avoir changé à deux reprises de patronyme, le band a finalement décidé d’opter pour Young Knives, en 2002. Le line up réunit deux frères, Henry et Thomas ‘The House of Lords’ Dartnall. Ils se partagent le chant. Le premier se réserve la guitare. Le second, la basse ainsi que les claviers/synthés/programmateurs. Un troisième larron, Oliver Askew est préposé aux drums. Vêtu d’une combinaison orange, Thomas, monte sur l’estrade, la tête enveloppée dans un globe à l’effigie d’un personnage cartoonesque, globe qu’il ôtera dès le second titre de la setlist. La formation va dispenser un set assez complexe, davantage truffé de bidouillages électroniques que sur leurs premiers elpees. Une forme d’alt/prog/electro/punk versatile qui nécessiterait une meilleure connaissance de leur discographie pour être apprécié à sa juste valeur ; d’autant que le fil mélodique va se révéler quasi insaisissable sur presque l’intégralité du set, avant un dernier titre beaucoup mieux équilibré et diablement accrocheur. On retiendra également de leur prestation le déploiement d’ailes de chauve-souris opéré par Henry sur « Something awful ».

Lorsque les Flaming Lips montent sur l’estrade, on remarque la présence de deux drummers, dont l’un est également percussionniste. Ce n’est plus Kliph Scurlock, présent depuis 2002, qui siège derrière les fûts, puisqu’il a été viré du band, récemment, par Wayne Coyne. Ils portent une perruque jaune enserrée par un bandeau. Steven Drozd, co-compositeur et ex-batteur, présent au sein du line up depuis 1991 (NDR : il nous avait accordé une interview en 1999 voir ici), se réserve les claviers et la guitare. Mais c’est surtout le petit nouveau, Derek Brown, également préposé aux mêmes instruments qui se charge des backing et parfois même le lead vocal. Du line up initital, il ne reste plus que le bassiste Michael Ivins –qui joue la plupart du temps assis– et le chanteur, Wayne Coyne.

Coyne a enfilé un costume de Musclor, mais de couleur rouge, recouvert de paillettes argentées sur les bras et le dos. Et dès le premier titre, il envoie trois énormes ballons dans la foule, dont l’un va finir par se coincer dans le plafond. Au cours des premiers morceaux, des poupées géantes font leur apparition. Elles symbolisent soit des chenilles prêtes à devenir papillons, une étoile, un soleil ou encore des martiens. Martiens qui finiront même par se garnir de paillettes. D’après Wayne, ils sont bourrés ! Et tel un rite, une pluie de confettis s’abat sur l’auditoire. Jusque là, pas vraiment de surprise, dans le chef de la bande yankee. Quant aux titres, ils flirtent avec une mélancolie réminiscente de Mercury Rev, même si parfois on a l’impression que le timbre vocal de Coyne, souvent en falsetto, manque de puissance. Et curieusement, il lui arrive d’emprunter certaines inflexions à feu John Lennon. Le tempo monte d’un cran sur « Yoshimi battles the pink robots part 1 », moment au cours duquel les sonorités vintage du clavier me font curieusement penser au long métrage mettant en scène Sophie Marceau, « La Boum ». Puis, dès la fin du morceau, un roadie vient débarrasser le micro de Coyne. Très rapidement, on se rend compte, qu’il va y avoir du changement. Et pour cause, un cube de plus ou moins 2m50 de hauteur se détache du fond de la scène et se déplace jusqu’au bord du podium. Les techniciens commencent alors à déployer de multiples câbles depuis le haut de ce cube aménagé en estrade, et plus exactement à mi-hauteur d’un pied de micro. Des câbles qui ressemblent étrangement à ceux suspendus au plafond. Un écran de fumée plus tard, Wayne apparaît en haut de ce mirador. Il s’est changé et berce une poupée d’enfant dans les bras. Et un véritable déluge de lumières commence à déferler le long de ces fameux câbles, un peu comme sur un sapin de Noël. Multicolores ou blancs, selon les morceaux. Et le tout est balayé de lasers. On en aura plein les yeux jusqu’au bout du spectacle. D’autant plus que si sur le panneau arrière, constitué de plaques perforées de petits trous, n’étaient alors projetées que des lumières psychédéliques, on a alors également droit à des dessins animés, représentant des jeunes filles nues qui dansent au son de la musique. Comme sur le plus indus « The W.A.N.D ». Le tempo devient même parfois frénétique sur « Silver trembling hands », une compo dont le climat et les harmonies vocales me rappellent furieusement le Floyd originel. Wayne se prend pour un chef d’orchestre, mais souffle aussi paradoxalement dans une trompette en plastique. De ses gestes, il invite constamment le public à enflammer l’ambiance. Mais quoique ravi, l’auditoire manque quand même de répondant. On ne voit pas le temps passer… Aussi on est assez étonné de voir arriver la dernière chanson, « A Spoonful weighs a ton », au bout de laquelle Wayne termine son texte par les mots « Love », répétés en boucle et affichés sur l’écran. Il descend alors de son piédestal et prend congé de la foule...

Un seul rappel, la cover du « Lucy in the sky with diamonds » des Fab Four. Coyne est remonté sur son cube et le public reprend en chœur le refrain même si, vu la puissance du son, on n’entend pratiquement rien de sa participation. Le light show est à nouveau activé sous sa forme la plus paroxystique, pendant que de petits papiers dorés sont projetés dans le Cirque Royal. Bonjour le service de nettoyage ! Puis, c’est le vide. Il est 23 heures. Les lumières se rallument et on reste sous cette impression de spectacle multicolore auquel je ne me souviens pas avoir un jour assisté… Lumineux !

(Organisation Botanique)

The Flaming Lips + Young Knives

 

La Vie En Rock 2014 : samedi 24 mai

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De nombreux artistes se sont mobilisés pour subventionner la recherche contre le cancer. Les deux organisatrices du festival La Vie En Rock, Laurence et Janique, sont toutes deux passionnées de musique rock. En outre, elles mènent un même combat contre le cancer du sein. C'est une terrible maladie que toutes les femmes portent en elles. Toutes celles qui sont atteintes traversent une épreuve douloureuse. Moralement, d’abord. Les traitements sont lourds, les proches sont atteints. Le soutien de la famille et des amis est essentiel pour lutter contre cette pénible maladie, la vaincre et espérer en guérir, alors qu’elle est souvent considérée comme une banalité de l’existence. Malheureusement, des personnes perdent encore la vie après avoir contracté cette tumeur maligne. La recherche contre le cancer permet cependant de repousser les limites de cette terrible affliction. Mais cette recherche a besoin de fonds. Laurence et Janique ont décidé de monter ce festival avec l'aide de la ville et du festival de Dour, qui ont apporté une aide logistique essentielle dans l'organisation de cette première édition. Il faut signaler également que le concours apporté par les bénévoles est également important lors d’un tel événement. 20 artistes contactés par Laurence et Janique ont répondu présent à l'appel et ont accepté de s’y produire gratuitement. Des artistes locaux tels que Antoine Henaut, Vegas, Inc.Ognito, Ozvald, Over Me ou encore Super Like You, mais également quelques pointures internationales ou émergentes comme Aqme, Lys ou Nicola Testa et des valeurs sûres de notre rock national, dont Marka. Avaient également répondu présent de belles découvertes comme les Brugeois de Transcoder et les sympathiques Parisiens de Bagdad Rodéo, qui avaient un message à faire passer avec humour. Tous les bénéfices récoltés seront reversés à la Fondation contre le cancer.

L'événement se déroule sur le site de la Machine à Feu, bien connu des festivaliers du célèbre Festival de Dour, dans la salle de Dour Sports où deux scènes ont été aménagées. Le festival a marqué des points dans l'accueil des festivaliers d'un jour. Les scouts de Dour ont organisé des activités pour les enfants. L'acoustique a été améliorée par des aménagements dans la salle où se déroulent les concerts. Un confort permis grâce aux professionnels du festival d'été. A l'heure de l'apéritif, le magique Mighty Dan va nous émerveiller derrière ses platines. Dan est un guitariste/bassiste bien sympathique qui milite au sein de plusieurs groupes de rock : Driving Dead Girl et Jane Doe and The Black Bourgeoises.

Paire D'As ouvre cependant réellement les hostilités à 12h15. Un duo finaliste du concours 'L'Envol Des Cités' réunissant L'rapace aka Laurent Demine et Moz aka Charles Degrelle. En cours de set, ils sont rejoints par Dj Xel.2014. Pas facile d’ouvrir un festival et de défendre son potentiel en 45 minutes. Mais finalement ils s'en tirent plutôt bien. Leur rap a de la consistance. On sent qu’ils partagent une même passion pour la musique et veulent transmettre la bonne parole. Dans le genre, Paire D'As me fait penser à Makyzard, le poète dans l'âme. Une belle surprise !

Place ensuite aux Carolos d'Over Me. Ce sont un peu les petits frères de Vegas. Un sextuor réunissant 2 frères, 2 cousins et 2 amis, fondé en 2011. Ils puisent leurs influences chez Archive, Incubus et Radiohead et dispensent un rock teinté d'électro qui allie puissance et musicalité. Votre serviteur les avait découverts l’an dernier, sur la Scène Off du festival Scène-Sur-Sambre. Je confirme, c'est un des groupes montants de notre scène rock wallonne. Ils terminent toujours leurs déclarations par le terme 'Peace '. Alors, 'Paix ' les amis.

Cette longue journée sera empreinte de bonnes sensations et pleine de surprises musicales. Super Like You est la troisième formation à monter sur l’estrade. Je reconnais au chant le guitariste de Jane Doe and The Black Bourgeoises, Antoine Canon. Le second gratteur, c’est Julien Mus et il est particulièrement doué (NDR : Daniele, sa maman, également responsable du fan club de Fed Lani, me glisse à l'oreille que c'est son gamin ; et le gamin, je l'ai vu cinq jours plus tôt à la Rotonde du Botanique, empoigner la guitare d'un membre du groupe liégeois d'It It Anita pour nous accorder un fameux solo de guitare). Denis Gehain et Nicolas Scaillet sont les deux autres membres de Super Like You. J’apprends également qu’il y a un bout de temps que le band ne s’est plus produit en ‘live’ et qu’il est temps qu’il sorte un album. On l’attend donc impatiemment…

On passe ensuite aux choses sérieuses en compagnie des Louviérois d'Inc.Ognito. Quatre amoureux du son et du rock, responsables d’un premier Ep 6 titres, « Do It Yourself ». Et il a bien été accueilli par la critique musicale. Mourat Agjij (bassiste et l'ingénieur son indispensable du Botanique), Loïc Vanhooland (talentueux guitariste du groupe de covers Rock En Stock), Lucas Lepori (également batteur de Romano Nervoso) et enfin d'Angelo Guttadauria (chant et guitare) sont les quatre mousquetaires. Angelo a laissé de côté ses claviers aujourd'hui. Inc.Ognito prépare un nouvel album ; nous allons donc découvrir de nouvelles compos. Ils ont peint une bande noire à hauteur des yeux, un peu comme un masque de Zorro. Novateur, leur rock est bourré d'énergie et mature. Ils n'ont certainement pas inventé la dynamite, mais ils auraient pu. Ils reconnaissent pour influences majeures, Nirvana, Queens Of The Stone Age, Foo Fighters et The Ramones. Dès leur enfance, ils ont été biberonnés au rock, au punk et au grunge. Une claque magistrale ! Et pas besoin de boules-Quiès pour savourer leur musique énergique et chargée de décibels…

Les organisatrices tenaient à programmer dans leur festival, une formation issue du Nord du pays. Ce sera Transcoder, un quintet issu de Bruges. La Flandre regorge de talents, mais peu d’entre eux se produisent en Wallonie. Ils ont assuré les deux premières parties, à l'Ancienne Belgique, d’Arid. C'est d'ailleurs Steven Van Havere, le batteur de la bande à Jasper Steverlinck, qui les a découverts et les a pris sous son aile. Ils viennent de publier un Ep intitulé « For My Blood », en vinyle collector. Produit par Luc Van Acker, il pourrait être rapidement épuisé (NDR : votre serviteur s'est donc précipité au merchandising pour acquérir son exemplaire signé par les artistes). Jan Van Acker, le chanteur, et Miguel Wensch, le bassiste, affichent un look à la Triggerfinger. Et leur musique libère une énergie comparable. Précis sur son instrument, Miguel me fait même penser à l'imposant Mr Paul. Au sein de Transcoder, militent également trois jeunes loups : le nouveau guitariste Jonathan Verrier, le second gratteur Steve Lehnen et un fameux batteur répondant au nom de Minco De Bruin. Manifestement, le band est influencé par les Stooges, Sonic Youth, Joy Division et Radiohead. Et cet astucieux cocktail procure des sensations dans le bas du dos. Leur set est énergique, tout en puissance et assez rock'n'roll. Une belle découverte ! Allez donc les applaudir en concert, vous ne serez pas déçu. Et puis, vous pourrez même aisément leur parler après leur show, ils sont charmants.

Laurence, drapeau Breton en main, annonce un groupe qui lui tient chaud au coeur : Lys. Qui dit Bretagne me fait penser directement à Lorient et son festival inter celtique. J'en ai déjà la chair de poule. J'adore ce mélange de musique celtique et de rock. Mais c’est une petite déception, car non seulement ce quatuor nous vient de Rennes, mais il nous balance un pop/rock teinté d'électro, aux références anglo-saxonnes particulièrement marquées. Pas grave quand même, et finalement plaisant à écouter. A leur actif, une galette intitulée « Go Your Own Way ». Gravée en 2001, elle a été produite par l'ex-batteur de Placebo, Steve Hewitt, qui poursuit son projet solo en compagnie de son frère Nick : Love Amongst Ruin. De très bonnes sensations musicales pour ce projet à suivre de très près…

Je me retourne vers la table de mixage et je vois arriver le second ingénieur-son de Puggy, un des mes groupes favoris. Pourtant, le son est parfait ; cependant, Alex possède une technique toute particulière pour rendre le son cristallin, un son qui n'agresse pas les tympans délicats. Et c’est un plus lors d'un concert. Alex va se charger de mixer le set de Nicola Testa. Je ne pourrais y assister, puisqu’une interview est calée au même moment. J'espère pouvoir le découvrir prochainement, en salle.

L'interview terminée, je retourne dans la salle pour y découvrir un groupe régional, Ozvald. Drivé de main de maître par Giuseppe Petolillon, il se singularise par la présence d’une talentueuse violoniste de remplacement (Hélène Cambier), qui a intégré le groupe après seulement deux répétitions. Elle a suivi une formation classique et les sons qu'elle tire de son instrument communiquent une forme de mélancolie aux compos atmosphériques de Giuseppe. Le capitaine de ce navire est flanqué d'un doux rêveur à la six cordes, Stéphane Panozzo. Eminemment sympathique, le sourire constamment aux lèvres, Stéphane est pourtant batteur de formation. Le line up est complété par le bassiste Fabrice Giacinto et le drummer Maxime Pasquini. Ozvald est venu défendre son Ep 5 titres, « United Opposites », paru il y a peu. Malgré un son légèrement trop fort à mon goût, qui n'altère heureusement pas la qualité du concert, la musique est aérienne et vous transporte dans un voyage intemporel rempli de rêves et d'elfes. Mais le périple peut aussi s’achever en douceur dans les fjords du Grand Nord et de l'Islande, un pays béni pour les artistes créatifs. Une nouvelle découverte musicale à épingler à ma collection d'albums et surtout un collectif d’artistes attachants et totalement ouverts à la discussion. D’ailleurs, à l’issue du set, j’ai pu rencontrer Giuseppe et ses quatre acolytes…

Nouvelle impasse pour les concerts d’Antoine Henaut et de Marka, pour cause d'interviews…

Mes entretiens terminés, je reviens assister à la prestation d'un groupe essentiel et émergeant de la scène belge, Vegas. Ce n'est pas la première fois. Il a publié, il y a quelques mois, son troisième album « Everything You Know Is Wrong », sous la houlette de Charles De Schutter. Vegas est actif sur le circuit rock belge depuis 2005, année au cours de laquelle il a sorti son Ep inaugural. Eponyme, son premier elpee est paru en 2006. Second LP, « An Hour With » a été enregistré au studio Noise Factory (Channel Zero) et mixé par Charles De Schutter (Superbus, Vismets, Pleymo, Stereo Grand et M). Le troisième album constitue, en général, un tournant dans la carrière d'un groupe. Il explose ou disparaît dans la zone crépusculaire de l’underground. Et « Everything you know is wrong » a bien été accueilli par la critique. Vegas est occupé de se forger une réputation de plus en plus solide. Plutôt électro/pop, le single « I Know » est plus que prometteur. Les sensations sont bonnes, la mélodie accrocheuse et même contagieuse. Le virage électro est une invitation à se rendre sur le dancefloor. Un public de fans est aggloméré devant le podium et va nous démontrer, à grands cris, qu'ils sont capables de danser sur la musique de ce groupe que je vous recommande vivement. 

Bagdad Rodeo nous vient de l’Hexagone. Il est même parisien. A leur actif, deux albums simplement intitulés « Un » et « Deux » (NDR : ce dernier vaut vraiment le détour !) Ce quintet réunit MSR De La Tourette, un chanteur un peu fou et déjanté, le guitariste Christobal Sanchez Del Rodéo, coiffé d’un chapeau de cow-boy (NDR : une paire de sympathiques joyeux lurons !), Yayo à la basse, Romain à la batterie et Houston aux claviers. Sur l’estrade, le combo plonge son spectacle dans la dérision totale. Si les textes sont engagés, ils sont cependant parfois inachevés, et on reste un peu sur sa faim. Bagdad Rodéo utilise l’humour pour faire passer son message. Le set est bourré d’énergie. Les riffs de guitares sont précis et incisifs. Festif, leur rock peut aisément virer au country. Un ukulélé introduit « Dis-Moi Papa ». Quatre filles sont invitées à monter sur le podium pour participer aux choeurs et chanter le refrain légèrement incorrect (‘On suce des bi..es’). Hilarante, « Mon Pote Jésus » est une compo qui baigne dans la country. Le contact entre les musicos et le public est total. Il s’agit de leur premier concert en Belgique, et c’est pour une bonne cause. Ils sont à l’affiche des Francofolies de Spa. Si vous souhaitez passer un bon moment en leur compagnie, ne les manquez surtout pas.

Originaire de Mons, Komah est une formation de métal. Le line up implique Leny Andrieux au chant, Luigi Chiarelli et Greg Discenza aux guitares, Nicholas Brynin à la basse ainsi que Jonas Sanders à la batterie. Le quintet compte deux elpees en rayon : « Straight Line » sorti en 2009 et « Between Vice And Virtue », un disque enregistré et mixé par Charles Deschutter, en 2012. Puissante et bien structurée, leur musique libère ses décibels. De quoi ravir les aficionados du style, comme votre serviteur. Komah s’était produit dans le cadre du Graspop Metal Meeting, en 2013. Pas étonnant qu’il ait de la bouteille…  

Il est déjà 23h10, lorsque Aqme débarque sur l’estrade, un groupe parisien de rock/métal alternatif dont les lyrics sont chantés dans la langue de Molière. Un quatuor au sein duquel militent Vincent Peignart-Mancini au chant, Julien Hekking à la guitare, Charlotte Poiget à la basse et Étienne Sarthou à la batterie. Sa discographie compte, à ce jour, la bagatelle de six elpees studio, 2 Eps et un cd/dvd live. Il est venu défendre son dernier long playing « Épithète, Dominion, Épitaphe », paru en 2012. Vincent a une présence scénique impressionnante. Un charisme qui déborde d’énergie et de passion. Mais le concert ne manque ni d’humour, de folie ou de bonne humeur. C’est mon fiston qui m’a permis de découvrir Aqme, il y a quelques années et j'ai accroché immédiatement. Il n’est pas courant de voir une dame se charger de la basse, chez un combo métal. Mais elle excelle sur ses quatre cordes. Les riffs de guitare dispensés par Julien sont incisifs et ravageurs. Etienne frappe frénétiquement sur ses fûts. Quel bonheur de revoir ce groupe attachant, que j’avais tant apprécié lors de sa prestation accordée dans le cadre du défunt festival Autumn Rock, de Braine-Le-Comte.

Il est 01h00 du matin, la journée a été longue et pleine de surprises. Il est donc temps de quitter Dour. Le festival La Vie En Rock est une belle expérience. Il en était à sa première édition et c'est une totale réussite. A l'année prochaine, pour la deuxième...

(Organisation : La Vie En Rock ASBL-Laurence Musique et Janique Saussez)

 

Les Nuits Botanique 2014 : jeudi 22 mai

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Partagé depuis longtemps, comme de nombreux mélomanes, entre la réputation usurpatrice, équivoque et opportuniste de Fauve ≠ et sa poésie rock touchante à la rage toute adolescente, je me demandais comment cette formation hexagonale allait se débrouiller pour remettre les pendules à l’heure. Bonne nouvelle quand même, leur premier Ep m’avait plutôt rassuré sur leurs intentions. Et réponse ce jeudi soir, dans le cadre des Nuits du Bota, au Cirque Royal de Bruxelles…

Il fallait s’y attendre, la salle est comble pour accueillir le collectif parisien. On ne remplit pas 20 fois le Bataclan de Paris par hasard ! Et je dois avouer ne pas me souvenir d’un Cirque Royal aussi blindé ! Quoique emblématique, le chanteur affiche une allure et une dégaine tout à fait ordinaires. Il emmène sa troupe sur l’estrade, au fond de laquelle sont projetées sur un énorme écran, les créations vidéo du groupe. L’ambiance est électrique, jeune et féminine (NDR : un signe qui ne trompe pas sur le chemin du succès) mais surtout moite et étouffante (Les Nuits Fauves ?) Le set s’ouvre par « De Ceux », le nouveau single rageur, et embraie sur l’imparable « Haut les Cœurs », hymne qui figure sur leur indéfectible premier Ep, « Blizzard », sorti en 2013. Le débit vocal de Quentin Postel est impressionnant et pas une fois il n’écorchera son texte… J’en connais un qui a suivi des cours de diction. Le combo se révèle bien plus à l’aise que lors de son dernier passage l’an dernier, et semble prêt à affronter sa tournée marathon des festivals, cet été. Il est, en effet, celui qui est le plus programmé au cours de la période estivale. Stats à l’appui…

Bruts, crus, passionnés et tendus, les lyrics libèrent une rage toute adolescente qui s’était éteinte, fin des 90’s, en même temps que le déclin de Mano Solo, Rage Against The Machine et Noir Désir. Entre espoir et désespoir, révolte et aspiration pour un monde meilleur, leur naïveté frôle l’extrême limite du cliché, tout en nous replongeant dans un passé que nous pensions oublié. On comprend dès lors l’engouement manifesté par les plus jeunes. A contrario de leurs textes, qu’on pourrait également taxer d’hermétiques voire d’ésotériques, les musicos communiquent beaucoup avec leur public. A l’instar de « Lettre à Zoé » ou « Voyous », les nouvelles compos  passent le test du ‘live’ (NDR : face à un auditoire conquis d’avance, quand même…), malgré une certaine lassitude qui commence à gagner, suite à une trop grande uniformité de ton. Baignant au sein d’un climat mélancolique, l’expression sonore mêle judicieusement rock et électro. Une instrumentation qui soutient impeccablement les textes, sans pour autant tutoyer des sommets d’originalité. Si Fauve ≠ a l’intention de graver un elpee dans le même registre, il risque de se prendre une belle gamelle. Heureusement, le band nous réserve de superbes cartouches en fin de set, comme l’hymnique « Kané » ou l’efficace « Vieux Frères », chansons au cours desquelles le public, presque en transe, scande les refrains désillusionnés…

A l’issue du concert, une conclusion s’impose : on a beau se gausser de leur intégrité, Fauve ≠ incarne manifestement le groupe d’une certaine génération…

(Organisation Botanique)

Fauve ≠

 

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