Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

logo_musiczine

Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Kreator - 25/03/2026
Hooverphonic
Festivals

Les Nuits Botanique 2014 : lundi 12 mai

Écrit par

Les Nuits Botanique 2014, c'est parti. Ou presque. Car comme souvent, le Bota propose un petit amuse-gueule avant le vrai début des festivités, prévu pour ce 16 mai. Au programme, The Neighbourhood, qui fait salle comble au Witloof et, à l'étage, les Canadiens de BadBadNotGood. A l'extérieur, le chapiteau, pas tout à fait prêt, prend doucement forme, niché en plein milieu du parc Botanique, au même emplacement occupé il y a quelques années, lorsque le festival se déroulait au mois de septembre, et qu'il a finalement retrouvé l'an dernier. En attendant de pouvoir y faire un tour, direction l'Orangerie pour la première découverte scénique de cette édition.

BadBadNotGood réunit trois Torontois qui pratiquent une fusion surprenante de jazz et de hip hop. Ils démarrent leur carrière lorsque l'attention de Tyler, The Creator est attirée par l'une de leurs vidéos, mettant en scène des morceaux retravaillés de son clan Odd Future. Ils mettent ensuite en ligne une première mixtape, « BBNG » en 2011, qui tape dans l'oreille des blogueurs en quête de nouveaux sons. Une deuxième mixtape, « BBNG2 » est balancée sur la toile un peu moins d'un an plus tard. Deux mixtapes réunissant autant de titres originaux que de covers. Leurs reprises originales de Feist (à la sauce James Blake), Kanye West et même My Bloody Valentine les conduiront jusqu'à la scène du festival Coachella. De quoi se forger un petit nom de manière efficace. Et le 5 mai dernier, le trio publiait enfin son premier LP officiel, tout simplement intitulé « III ».

C'est une semaine plus tard qu'on les retrouve donc sur la scène de l'Orangerie, introduit par un DJ Set de leur bon pote Lefto. A 21h, le combo prend place pour son premier concert indoor, en Belgique. Préposé aux grosses caisses, Alexander Sowinski dirige les débats. Pas avare en paroles, il intervient quasiment entre chaque morceau pour dire combien il est heureux d'être là. Le public le lui rend bien, même si ses tirades sont parfois un peu longuettes et inutiles. La salle n'est pas comble mais bien remplie, peut-être même aux 4/5e de sa capacité, et réunit autant de curieux que de fans de la bande.

Après avoir interprété deux morceaux de leur nouvel LP, « Triangle » et « Can't Leave The Night », les trois gaillards de BadBadNotGood enchaînent par ce qu'ils font de meilleur, c'est-à-dire des réinterprétations de morceaux Hip Hop et Bass music, version jazzy. A commencer par le « Bugg'n » de TNGHT (le duo composé de Hudson Mohawke et Lunice). Une version longue et supérieure à l'originale, qui met rapidement le feu aux poudres. Le set décolle, le public est happé. Partout de larges sourires s’affichent et des têtes battent la mesure. Le trio embraye sur des versions retravaillées de leurs propres morceaux « Kaleidoscope », « Hedron », « CS60 » ou encore la ballade « Differently, Still », dopée à la grosse caisse pour l'occasion. Ainsi qu'une autre cover survitaminée, en l'occurrence celle de « Putty Boy Strut » de Flying Lotus. Un vrai régal ! Au bout d'une heure, il annonce la fin du set qu'il clôture par « Bastard / Lemonade », alliance retentissante d'un morceau de Tyler, The Creator et d'un second de Gucci Mane.

Au moment de se retirer, le groupe hésite, réticent à s'en aller devant l'insistance du public. Il décide alors de jouer 'un dernier morceau', « DMZ », extrait de son second mixtape, dans une version allongée. Mais c'était mal connaître le public belge qui, loin d'être rassasié, en redemande encore, jusqu'à faire vibrer les murs de l'Orangerie. Après une petite consultation en aparté, Alexander Sowinski, Matthew Tavares (piano électrique) et Chester Hansen (basse) décident d'ajouter un dernier titre à leur setlist, leur version personnelle du « Flashing Lights » de Kanye West, qui apparaît également sur « BBNG2 ». Et le premier concert des Nuits Botanique 2014, qui devait initialement durer une petite heure, va s’achever en bénéficiant de 40 minutes de bonus ! BadBadNotGood a bien compris l'adage : 'give the people what they want'. Et le public le lui rend bien, par une ovation accordée au terme d'un concert palpitant.

A (re)voir absolument, cet été au Gent Jazz Festival (18/07) et au Festival de Dour (19/07).

Organisation : Botanique

BadBadNotGood

 

Roots & Roses 2014 : jeudi 1er mai

Écrit par

Pour la troisième année consécutive, votre serviteur avait choisi de couvrir le ‘Roots & Roses’, festival convivial, dont les concerts se déroulent sous deux chapiteaux. Heureusement, car à cette époque de l’année, le temps peut rapidement se dégrader. C’est d’ailleurs ce qui s’est produit en fin d’après-midi… 

Nous débarquons à 16 heures pile, soit juste au moment où Rusty Roots entame son set. Il revenait à la formation belge de remplacer The Excitements, qui avait déclaré forfait, suite au décès de la maman du leader. Le quatuor limbourgeois vient d’enregistrer son quatrième opus, sous la houlette du drummer de Triggerfinger, Mario Goossens. Et compte déjà plus de 10 années d’existence. Sur les planches, on se rend compte que les musicos sont de bons instrumentistes. Mais hormis le chanteur/guitariste, ils manquent manifestement de charisme. Un vocaliste dont la voix fait immédiatement penser à John Forgety de Creedence Clearwater Revival. Musicalement, leurs compos baignent dans un blues/rock légèrement teinté de pop. Et le band de bénéficier d’une audience record, puisque dehors, l’orage fait rage (?!?!), libérant des vannes d’eau tout au long de leur set. Une aubaine, puisque personne (ou presque) n’a eu envie de vider les lieux avant la fin de leur prestation, final au cours duquel, une choriste viendra poser timidement sa voix...

En sortant du chapiteau, la pluie a cessé, mais le site est gorgé d’eau. Et au fil des heures, il va devenir de plus en plus boueux. Pas encore comme le célèbre cloaque de Dour, mais s’il encaissait une seconde averse, c’était le marécage. Davantage dans l’esprit du swamp que du grunge, même si les plus proches crocodiles étaient quand même recensés à un peu plus de 20 km.

Place ensuite à Dream Syndicate, que Steve Wynn a eu le bon goût de reformer. Au départ pour se produire ponctuellement, et en particulier, au cours du mois de décembre 2013, dans le cadre de 3 concerts réunissant des figures de proue du mouvement Paisley Underground, dont The Rain Parade, The Bangles et Three o’Clock. Puis la mayonnaise a repris, et le quatuor s’est lancé dans une tournée mondiale. Très électrique, le set m’a néanmoins paru manqué de constance. D’abord, ce sont les compos les plus mélodieuses qui ont vraiment fait la différence. Car si je suis friand d’envolées psychédéliques, je les apprécie beaucoup moins lorsqu’elles massacrent les tympans. Et lorsque les boules-Quiès s’imposent, il faut alors reconnaître que le mélomane perd les tonalités les plus aigues et surtout les plus les subtiles. Et pas seulement parce que le band californien nous réserve quelques morceaux plus garage/punk. En fin de parcours, le combo immortalise un surprenant arrêt sur image qui va se prolonger une bonne minute, avant qu’il ne reprenne le fil du concert. Il va également adresser un clin d’œil au « Who do you love » de Bo Diddley, en insérant ce thème au beau milieu d’une des dernières compos…

Fred Lani a donc reformé ses Healers, même si sa section rythmique implique deux nouveaux musicos. Il sont tous les trois de noir vêtus, même si le bassiste, chauve (NDR : ou la tête rasée, si vous préférez) porte une curieuse chemise, sous sa veste (NDR : qu’il enlèvera au milieu du set), dont les motifs affichent des roses et des têtes de mort. Pourquoi pas ? Non seulement Fred possède une technique irréprochable, mais les notes qu’il dispense libèrent un fantastique feeling. Et à la slide, il maîtrise parfaitement son sujet. Après quelques minutes, je ne peux m’empêcher de penser au légendaire Rory Gallagher, disparu en 1995. Peut-être même de sa période Taste. La setlist privilégie les morceaux du dernier elpee de Fred & The Healers, au titre alambiqué « Hammerbeatmatic », dont le fameux « Roots & Roses », composé pour le festival. Une chanson au cours de laquelle Fred fait participer le public en lui demandant de reprendre en chœur le refrain, de taper dans les mains ou carrément de pogoter. Lors de « Lover's boogie », inévitable boogie, il démontre qu’il a tout appris de John Lee Hooker. Probablement le meilleur concert du festival, même si je regretterai une nouvelle fois cette démesure dans le son, qui finalement ne sert pas le groupe.

Fallait les voir ! Ils sont neuf sur les planches, la plupart arborant un collier de gris-gris autour du cou, dont un claviériste (au Hammond ?), un guitariste, un bassiste, un percussionniste, un drummer qui ressemble étrangement à Robert Wyatt, et une section de 3 cuivres qui ont endossé une cape plutôt kitsch. Et puis King Khan, qui après une intro dispensée par son backing group, débarque coiffé d’un chapeau de plumes aztèque (NDR : ou maya ?) Il a également revêtu une cape qui laisse apparaître un bedon et puis surtout un tatouage de serpent sur la poitrine. Il se sert également régulièrement d’une six cordes ; mais c’est surtout sa voix et son show qui impressionnent. Une voix qui campe un hybride entre BB King et James Brown, et qu’il ponctue régulièrement petits cris perçants. Le set démarre sur les chapeaux de roue et le public se délecte des frasques de Khan. Qu’elles soient gestuelles ou orales. Parfois, il me fait penser à Screamin’ Jay Hawkins. En plus dérangé, c’est dire ! Le collectif a l’air de bien se marrer, et la foule semble apprécier le spectacle, puisqu’elle se met à réagir et même à danser sur ce mélange de r&b, de funk et de garage, opéré dans un esprit autant vaudou que burlesque. Mais sur l’estrade, c’est carrément le bordel. Tant chorégraphiquement (?!?!) que musicalement. Le guitariste décide de sauter dans la foule et manque de se prendre une pelle magistrale. Et le claviériste va même monter sur les haut-parleurs ! Ben manifestement, les musicos n’ont pas bu de l’eau bénite avant leur prestation. Ce qui ne va pas empêcher King Khan & The Shrines d’aller jusqu’au bout de son parcours et même de se voir réclamer un rappel. Le boss revient alors en calebar, mais a pris soin de remettre sa coiffe. Un peu de décence quand même… Un grand moment de spectacle, assurément, mais pour la musique…

Pokey Lafarge, c’est le nouveau protégé de Jack White. Vêtu d’un costard trois pièces, il reflète l’image de sa musique très années 30. Il est soutenu par un backing group constitué de véritables virtuoses. Un guitariste à la dextérité impressionnante qui n’hésite pas à jouer en surf et un percussionniste au matos minimaliste (une caisse claire, deux mini-cymbales et une cloche), également préposé à l’harmonica (un souffleur exceptionnel !) et à la planche à lessiver. Ces deux personnages très filmiques, coiffés de superbes chapeaux de cow-boys, auraient d’ailleurs pu figurer dans un épisode de ‘La petite maison de la prairie’. Puis un contrebassiste, un trompettiste, tiré à quatre épingles, une casquette vissée sur la tête, qui joue à l’aide d’une sourdine, et une clarinettiste/saxophoniste de petite taille, une fleur plantée dans les cheveux et vêtue d’une longue robe aux motifs colorés. Leur mélange de western swing, de folk, de country, de jump blues, de be-bop et de dixieland tient parfaitement la route. Et on se rend compte que le problème de son ne provient pas de la table de mixage, mais bien des artistes qui ne parviennent pas à s’adapter aux conditions du ‘live’. Car pour Pokey Lafarge et sa troupe, il est vraiment nickel. Pokey possède une très belle voix, légèrement chevrotante, versatile, un peu comme Jeff Buckley, mais sans en avoir l’amplitude. Et au cours de ce show particulièrement agréable à écouter, même si un peu trop à la mode ‘vintage’, Dom Flemons va venir rejoindre la troupe sur l’estrade pour y jouer des claves.

Nous étions quand même curieux de voir ce qu’un groupe constitué de vétérans comme les Sonics avait encore dans le ventre. Il ne faut pas oublier que fondée en 1960, la formation compte trois membres originels dont l’âge doit approcher les 70 balais ! Dont le claviériste Gerry Roslie, le saxophoniste Rob Lind et le guitariste Larry Parypa. Qui assurent également le chant à tour de rôle. Et les deux autres musicos ne dénotent certainement pas dans l’ensemble, puisque présent au sein du line up depuis 2012, le drummer Dusty Watson a notamment milité au sein du backing group de Dick Dale, alors que le bassiste Freddie Dennis, a sévi chez Freddie and The Screamers et les Kingsmen. Ce dernier participe également aux vocaux. Il possède d’ailleurs une voix impressionnante, qui évoque à la fois Little Richard, dont le combo reprend l’un ou l’autre titre, et Jello Biafra (Dead Kennedys). Et ce quintet d’hommes aux cheveux gris a toujours la pêche. Bien sûr, les membres ne bougent plus tellement sur les planches. Mais leur musique est puissante et sauvage, sans pour autant casser les tympans. Leur setlist va alterner ancien répertoire, reprises (dont celle du « Louie Louie » de Richard Berry, popularisée –tiens tiens– par les Kingsmen en 1955 !) et nouvelles compos. Finalement, il faut féliciter les organisateurs d’être parvenus à programmer une telle légende, toujours vivante, mais pour combien de temps encore… Je comprends mieux aujourd’hui pourquoi Jack White, Rudi Protudi (Fuzztones), Peter Zaremba (Fleshtones), Joss Homme (Eagles of Death Metal), Nicholaus Arson (The Hives) et bien d’autres sans oublier les défunts Kurt Cobain, Lux Interior (The Cramps) et Seve Bators (Dead Boys) considèrent ou considéraient les Sonics comme une influence majeure…

(Organisation Roots & Roses)   

Voir aussi notre section photos ici

Tournée JauneOrange 2014 : vendredi 25 avril

Écrit par

Retour au bercail pour les enfants sages du label Jaune Orange, après une mini-tournée commune.
Accueillis comme il se doit par un public venu nombreux, les trois groupes se promettaient de fêter dignement ce retour en leur fief.
Qui a dit que nul n’était prophète en son pays ?
Issus de la même écurie et partageant le (bon) goût de la (bonne) Pop, les Candies, Feather et Pale Grey déclinent néanmoins leurs influences de manière toute personnelle.

Ainsi, Fastlane Candies ouvre le bal ce soir, tout en n’oubliant pas d’y apporter gouaille et bonne humeur.

L’album « Telenovelas » est aujourd’hui bien accroché à la plupart des oreilles présentes ; dès lors, la succession de petites perles sucrées issues de ce premier album s’égrène élégamment tout au long d’un set qui ne manque pas de panache.

Au public réceptif, les cinq membres du band répondent, non sans une pointe d’humour ; mais surtout affichent dorénavant une assurance qui leur sied bien.

Une maturité gagnée au fil des concerts et qui donne encore plus de volume en ‘live’ à des compositions à la candeur adolescente.

De maturité, The Feather n’en manque certainement pas. Et pour cause. Ce super groupe du label compte en son sein des membres de MLCD, Pale Grey, et comme tête de proue, la chevelure sauvage de Thomas Medard de Dan San. Soit une somme d’individus extrêmement doués qui possèdent déjà une fameuse expérience de la scène.

Doux voire ouaté, leur univers est vrillé de saccades énergiques délicatement parsemées et ne se distingue pas instantanément des paysages arpentés par Dan San, se différenciant néanmoins par une écriture différente et une instrumentation aux accents ciné-panoramiques, qu’on retrouve en même proportion sur leur album « Invisible ».

Laissant le soin aux Pale Grey de dégoupiller les derniers artifices d’un feu coloré de jaune et d’orange.

Emmenées par l’impeccable section rythmique et contrebalancées par d’imparables mélodies, les chansons du combo prennent toute leur ampleur et sont reprises en chœur par une frange de fans occupant la droite du couloir en face de la scène.

Un côté festif qui résume à lui seul l’excellente ambiance de cette belle affiche.

Si aucune surprise n’est venue, au final, clôturer ce show (on était en droit d’attendre une réunion de tout ce petit monde en fin de concert) et si aucun des groupes n’a assuré de rappel, le bilan de cette fête est néanmoins particulièrement positif.

La nuit peut  alors commencer, et après que les têtes aient dodeliné, laissons les corps se déhancher.

(Organisation : JauneOrange / Court-Circuit / Club Plasma)

Fastlane Candies + The Feather + Pale Grey

 

PiaS Nites 2014 : samedi 15 mars

Écrit par

Des PiaS Nites, il y en a aujourd’hui un peu toute l’année et même en France. Celles qui se déroulent à Tour & Taxis, en mars, en sont à leur cinquième édition. Deux jours au cours desquels le label met en vitrine les formations phares de son catalogue. Et comme on ne change pas une formule qui gagne, pas de modification majeure n’est à constater dans les aménagements des lieux. Faut dire que les deux dates affichent à nouveau sold out. Consacré à l’électro, le vendredi soir a bénéficié du concours de grosses pointures comme Paul Kalkbrenner, Vitalic VTLZR, The Magician ou encore Tiga. Le samedi est réservé au pop/rock.   

Pour cette nouvelle édition, les organisateurs ont tout misé sur deux des formations belges les plus illustres. En l’occurrence dEUS et Girls in Hawaii. Mais également sur plusieurs découvertes, dont le projet solo du chanteur de Balthazar, Anderlecht, et la jazzwoman, Mélanie De Biasio. Un désistement, celui de Baxter Dury. A charge de John Grant (NDR : qui avait fait sensation quelques mois plus tôt au Botanique), du duo allemand Milky Chance ou encore de l’Anglais d’East India Youth de pallier à son forfait, The Spectors et Champs complétant l’affiche.

Les hostilités débutent vers 18h30, mais il faut attendre le set du duo teuton Milky Chance pour que les choses sérieuses commencent. Quoique responsable d’un tube intitulé « Stolen dance », il faut bien avouer que la paire ne jouit pas d’une grande célébrité. L’un est armé d’une guitare acoustique et l’autre se charge des claviers. Leur cocktail d’électro/folk/reggae est plutôt plaisant, mais hormis les singles, il ne parvient qu’en de trop rares occasions à enthousiasmer l’auditoire…

Après ce concert sympathique, on avait hâte de découvrir la jazzwoman Mélanie De Biasio dans un contexte qui ne lui était pas forcément favorable. C’est la petite salle qui accueille la jeune Belge. Elle prend bien le temps de construire les atmosphères. Son dernier opus recèle de subtils morceaux, de véritables pépites. Sa voix est simplement magnifique et les arrangements particulièrement soignés. Le set baigne au sein d’un climat feutré. Malheureusement, il ne correspond pas à l’événement. Le public, principalement venu pour se défouler, ne prend pas la peine de s’en imprégner. Trop bavard il rompt même le charme qui émane de l’atmosphère ambiante…

La première tête d’affiche débarque à 21h45. Pourtant, pour accueillir les Wallons de Girls in Hawaii, l’énorme hangar de Tours & Taxi n’est pas comble. Ce qui va d’ailleurs porter préjudicie à la qualité du son ; mais le groupe est en forme. Tous leurs titres majeurs sont interprétés. « I’m not Dead » est attaqué en début de parcours. « Sun of the Sons » figure également sur la setlist. Qui ne néglige pas pour autant le plus ancien répertoire. Dont l’indétrônable « Found in the Ground ». Si rien d’exceptionnel ne se produit au cours du spectacle, c’est toujours avec un grand plaisir que l’on assiste à un concert de Girls in Hawaii.

Accusant un léger retard, John Grant prend le relais. La petite salle est loin d’être bondée. Certains spectateurs ont choisi ce moment pour s’hydrater ou se sustenter, d’autres ont décidé de squatter les premiers rangs pour assister au set de dEUS. Tant pis pour eux ! Barbu, l’artiste est toujours aussi charismatique. Et il va nous livrer une prestation digne de celle accordée au Botanique, l’an dernier. Il est vêtu de noir, tout comme la troupe qui l’accompagne. Le set s’ouvre par les morceaux les plus paisibles de ses deux albums, dont le superbe « I Wanna go to Marz ».  Son électro/folk séduit les mélomanes présents. A mi-parcours, il change de registre et propose des titres plus dansants, aux rythmes syncopés mais communicatifs. Il est plus ou moins 23 heures, lorsque l’Américain nous réserve « Queen of Denmark ». Un final rituel. C’est également l’apothéose de ce concert. La puissance et l’émotion réunies en une seule chanson !

Vingt ans après la publication de leur majestueux « Worst Case Scenario », dEUS était invité aux PiaS Nites pour conclure en beauté la soirée. Les Anversois étaient attendus de pied ferme. La grande salle est alors quasiment remplie. Vu le 20ème anniversaire de la sortie de leur premier elpee, on s’attendait à retrouver quelques titres de cet opus dans la set list. Un seul nous sera accordé, « Suds and Soda ». Dommage ! A la place, le show s’est concentré sur le dEUS aux six cordes. En fait, le combo a essentiellement puisé dans le ‘best of’ de son répertoire. Dont « Roses », « Instant Street » ou encore « Little Arithmetics ». Les années se suivent et se ressemblent. En ‘live’, on ne constate plus vraiment de grande évolution chez le band, même si Tom Barman et sa troupe continuent d’assurer sur les planches.

La cuvée 2014 des PiaS Nites est plus qu’honorable. Les découvertes et les têtes d’affiche ont honoré leur contrat. Mais si les prestations étaient de bonne facture, il faut reconnaître qu’il a manqué un grain de folie. Baxter Dury avait sans doute la carrure pour nous l’apporter ; mais comme il a brillé par son absence…  

Organisation PiaS

(Voir aussi notre section photos ici)

 

Festival La Ferme 2014 : samedi 8 février

Écrit par

Pour une première, le festival a répondu aux attentes.
Celles de son organisateur pour commencer. Car la soirée a tenu toutes ses promesses recueillant de très bons échos de la part d’un public venu, si pas nombreux, du moins enthousiaste.
Pour les spectateurs ensuite, qui pour un prix dérisoire ont profité d’une excellente soirée, dans un cadre prestigieux à l’acoustique exceptionnelle.
Enfin pour les groupes qui ont rarement l’occasion de se produire dans un tel espace où toutes les conditions sont réunies pour optimiser une performance.
En résumé, cette première édition en appelle donc forcément une seconde ; et on l’espère, un succès croissant.

Obligations du week-end obligent, j’arrive un chouia trop tard et manque la performance des Anglais de The Physic House Band, que certains qualifieront par la suite d’‘honnête’.

Grand bruit ne sera donc pas fait de leur passage.

A contrario, Scarlett O’Hanna marque de son empreinte le début de soirée par une prestation enlevée et nerveuse qui contraste avec certains de ses shows plus intimistes.

En formule trio, les compositions prennent corps et résonnent différemment, s’accaparant l’espace ; ce qui n’est pas une mince affaire dans ces lieux à la voûte céleste haut perchée.

Une maîtrise parfaite de son sujet et une attitude authentique soulignant un répertoire finement ciselé. Pas à dire, cette jeune fille à la silhouette découpée dans la pellicule du film « I’m not there » a la carrure d’une belle promesse.

Les Billions Of Comrades n’ont pas eu le même impact, même si leur concert plein d’énergie a suscité l’intérêt d’un public attentif.

Contrairement à ce qu’ils m’avaient laissé entrevoir au PacRock en septembre dernier, leur set de ce soir semblait convenu et formaté.

Un Electro Rock enlevé mais peu convaincant au final.

Les Japonais de Lite, quant à eux, vont ravir les amateurs de Math Rock, grâce à leurs prouesses techniques moulinées à coups de bravoure.

Autrement dit, tout ce qui m’exaspère et surtout m’éreinte rapidement.

Ok, c’est super bien foutu, balancé avec un savoir faire épatant, et dans le registre, ils se démarquent certainement, là où bon nombre se contentent de singer les maîtres du genre.

Mais comme vous vous en doutez, ce n’est pas ma tasse de thé.

Je laisse donc refroidir mon effusion et m’en vais tranquillement siroter quelques bières dans le hall dont la décoration élégante est dédiée aux artistes de passage en ces murs (et ils sont légion, notamment par le biais de l’émission D6bels).

Pendant ce temps, les Français de Quadrupède préparent leur set face à votre serviteur.

Assurant l’interlude avant la tête d’affiche de ce soir, le duo de bipèdes va s’exécuter dans un périmètre circonscrit à quelques centimètres carrés.

Ce qui n’enlève rien à la qualité de leurs titres mélancoliques lovés dans une fourrure hirsute tachée de rythmiques imparables.

Un très bon moment malheureusement noyé dans une lumière un peu crue.

Enfin, lors de la clôture, les très attendus Irlandais de Girls Names vont nous offrir le set que la plupart d’entre nous attendaient impatiemment depuis des mois.

Pour rappel, un passeport égaré en dernière minute à la frontière, avait forcé le band à faire l’impasse sur leur dernière mini tournée, et en particulier leur participation au Pacrock festival de Pont-à-Celles.

Fiers détenteurs d’un des meilleurs albums de l’an passé (« The New Life ») aux résonances divinement New Wave sans jamais être éculées, les quatre jeunes gens ont certainement apprécié l’accueil réservé par une frange de fans réunis devant de la scène et marquant, avec entrain, leur joie de les entendre ici même.

Une joie néanmoins atténuée par l’absence totale de titres antérieurs à leur dernier opus.

Exit donc les morceaux pourtant irrésistibles de « Dead To Me », album de deux mille onze qui regorgeait d’hymnes nihilistes absolument incontournables.

‘Bury Me In A Wall Of Sound’ clamaient-ils à l'époque, sur un air détaché. Mais plus aujourd'hui manifestement, alors que nous, nous attendions fébrilement de les porter aux nues.

Ce soir, malgré l’efficacité de titres plus matures, le set semble un rien trop linéaire, là où justement des plages comme « I Lose » auraient assurément fini de mettre à terre un public largement acquis à leur cause.

Une attitude sans doute honnête mais qui laisse planer le doute sur les raisons d’un tel renom d’un passé encore si présent.

Et les explications de la bassiste après coup n’ont certainement pas convaincu les quelques fans venus l’interroger (‘nous ne savons plus les jouer’ semblant une bien mince excuse).

Mais ne boudons pas notre plaisir.

Le quartet a au final délivré un excellent concert, de loin le meilleur d’une soirée résolument ouverte aux découvertes.

Alors que les fûts de bière se vident dans un dernier râle (émis principalement par des gosiers encore secs), le rideau se referme sur la naissance d’un festival, encore petit, mais qui pourrait bien, à l’instar d’un certain micro festival liégeois, grandir et faire parler de lui.

(Organisation : Ferme du Biéreau / Centre Culturel Du Brabant Wallon)

 

Sonic City 2013 : dimanche 1er décembre

Après une première journée marquée, entre autres, par les excellentes prestations de The Black Angels et de OM, le festival nous propose, de nouveau, une programmation très éclectique sélectionnée par les 'curateurs' : BEAK>.

Après Camera, dont nous avons malheureusement raté le set, Thought Forms se produit face à  un public clairsemé. Le line up réunit le drummer Guy Metcalfe, la jolie Charlie Romijn et Deej Dhariwai, tous deux au chant et à la guitare. Le trio vient de publier son deuxième album. Intitulé « Ghost Mountain », il est paru sur le label Invada Records de Geoff Barrow. Comme quoi, le monde est petit... La musique oscille entre drone, shoegaze et post-métal. Moments calmes et éruptions sonores quasi grunge alternent, mais dans l’ensemble, le résultat est un peu trop neutre pour capter notre attention.

A contrario de la formation suivante. Et sans aucun problème. Encore un trio. Formé à Brooklyn, dans l’état de New York en 2012, il réside aujourd’hui à Osaka. Baptisé ZZZ's, il pratique une forme de no-wave expérimentale teintée de post-punk nippon. D’apparence, les trois jolies Japonaises semblent frêles et inoffensives ; mais quand elles commencent à jouer, on prend une claque dans la gueule. Ligne de basse ronflante et hypnotique, batterie déconstruite, guitares cinglantes et vocaux passant du cri primal aux murmures : c'est une expérience unique, un peu comme si Liars, Bauhaus et Einstürzende Neubauten avaient décidé de faire un boeuf. Une excellente découverte! Pour voir la vidéo live, c’est ici.

Pour suivre, Vex Ruffin nous réserve son hip-hop lo-fi aux accents punk. Il ne parviendra pas à empêcher votre serviteur de rejoindre la zone 'chill out' pour y boire un excellent café Latte...

Avant d’aller assister à une performance très attendue, celle de Dirty Beaches. Il s’agit d’un projet imaginé par Alex Zhang Hungtai, un Taiwanais établi à Montréal. Mâtiné de krautrock, son post-rockabilly-lo-fi-psyché est excellent. Il navigue quelque part entre Suicide, Can et Iggy Pop. Malheureusement, en ‘live’, cette mixture ne passe pas. Le son est trop brouillon, noyé sous des tonnes de feedback et l'artiste chante en tournant le dos au public ; ce qui finit par devenir très agaçant. Seul "I Dream In Neon" parvient à sortir du lot. Il est d’ailleurs excellent. Dommage!

Connan Mockasin n’avait, à mon humble avis, pas sa place dans ce festival. Enfin, celles et ceux qui aiment la pop néo-psychédélique acidulée de cet artiste néo-zélandais ont estimé que le concert était excellent, non conventionnel et chargé d'émotion. Paraît que c'est la fille d'un des curateurs qui a réclamé la présence de cet artiste néo-zélandais. No comment...

Heureusement, l'affiche a prévu une suite bien plus intéressante. En l’occurrence Savages. Basé à Londres, ce quatuor féminin constitue véritablement une des révélations internationales de l'année 2013. Drivée par la Française Jehnny Beth (Camille Berthomier), la formation est responsable d’un premier opus. Baptisé "Silence Yourself", il marie à la perfection le post-punk d’un Siouxsie And The Banshees au rock shoegaze à la Sonic Youth, le tout enrichi par un sens poétique digne de Patti Smith. Sur l’estrade, il n'y a rien à dire : tout est parfait. La guitariste Gemma Thompson (la reine du sustain), la bassiste Ayse Hassan et la drummeuse Fay Milton accompagnent impeccablement Jehn. Après avoir concédé un inédit en ouverture ("I Need Something New"), les morceaux s'enchaînent et montent en intensité. "She Will" et "No Face" y contribuent largement. Jusqu'à ce que Jehn décide d’interroger l’auditoire. Elle leur demande : ‘You think it was fast?’, avant de céder le relais à "Hit Me", un rouleau compresseur qui déboule à 200 beats par minute. La reprise de Suicide, "Dream Baby Dream", constitue cependant le seul point faible d'un set qui s’achève en beauté par une version de "Fuckers" de plus de 10 minutes. Grandiose!

Cette journée est décidément placée sous le thème ‘Girls Power’. Et pour cause, à travers son projet Pharmakon, la New-yorkaise Margaret Chardiet pratique une forme de power death noise' diabolique. Sur le podium, la jeune et jolie blonde va faire trembler les murs du Kreun. A l’aide d’une plaque de fer et en se servant de pédales loop, elle crée des séquences bruitistes industrielles très violentes, sur lesquelles elle vient poser des cris et des éructations apocalyptiques. Au cours de son show, elle va même descendre dans la fosse, comme un véritable possédée. On cherche un exorciste!! Son set n'a en fait duré que 15 minutes, mais les spectateurs, médusés, ne sont pas prêts de l'oublier!

Enfin, en toute logique, ce sont les curateurs du festival, en l’occurrence BEAK>, qui sont chargés de clore les festivités. Ils se produisent devant une foule compacte et religieusement attentive. Le trio implique le drummer Geoff Barrow, le bassiste Billy Fuller et le claviériste/guitariste Matt Williams. L’an dernier le combo était déjà présent pour cette affiche. Et il avait dispensé une prestation très relax, pleine d'humour. ‘C'est la première fois que nous sommes têtes d'affiche d'un festival’, ironise Barrow. La musique baigne dans un krautrock réminiscent de Neu!, même si l’ensemble concède des accents dub lo-fi. Le set manque un peu d'énergie, jusqu'au moment où le band attaque "Wulfstan II", un excellent morceau qui soulève des cris d'enthousiasme au sein d'un public conquis. La formation accorde un rappel sans même quitter la scène et c'est tout en douceur, par "Battery Point", que s’achève un festival en tous points irréprochable. Vivement l'année prochaine!

Pour la section photos c’est ici

(Organisation : De Kreun, Courtrai)

 

Sonic City 2013 : samedi 30 novembre

Le Festival Sonic City est un festival annuel organisé par De Kreun à Courtrai. Le concept est le suivant : un programmateur (‘curator’ en anglais) est désigné pour établir le line-up du festival, un peu comme pour le célèbre festival All Tomorrow's Parties, en Angleterre. Grâce à ce principe, chaque édition de Sonic City est évidemment différente. C'est inéluctablement un nouveau regard, un point de vue original, porté sur la scène contemporaine, impliquant des choix surprenants et débouchant sur une grande diversité musicale. Après Suuns en 2012, le programme de cette sixième édition a été confiée à BEAK>, le groupe de Geoff Barrow, un des fondateurs de Portishead.

Le festival affiche sold-out mais heureusement, ce n'est pas la cohue. Manifestement, les organisateurs ont veillé à ne pas dépasser les limites de capacité de la salle. Le confort est donc idéal : on peut circuler sans problème, le son et les lumières sont parfaits et l'espace 'chill out' aménagé à l'extérieur permet de fumer une cigarette, de manger un hamburger veggie ou de boire un café Latte en se pressant autour des 'chaufferettes'.

La programmation de BEAK> fait la part belle aux musiques alternatives qui ont le vent en poupe pour l'instant : krautrock, ambient, shoegaze, noise, le tout baignant au sein d’une atmosphère générale assez 'dark' du meilleur acabit.

En débarquant vers 17h, il était difficile d’assister aux concerts de Tourette, MXLX et Father Murphy. Sur les planches, Forest Swords, le projet du musicien et producteur anglais Matthew Barnes, propose une musique electro-dub-psyché aux accents drone. Se réservant les claviers et la guitare, Barnes est soutenu par un bassiste. Les lumières sont minimales, tout comme les vidéos, un florilège de lueurs évanescentes et de corps filmés en noir et blanc. Intéressant mais sans grand intérêt pour votre serviteur.

Changement d'ambiance en compagnie de Haxan Cloak, un patronyme sous lequel se cache en fait un musicien d'avant-garde basé à Londres, Bobby Krlic. Seul devant la table où sont placés ses claviers et ses contrôleurs, Krlic élabore une musique ambient/drone minimale, lugubre, voire apocalyptique. Malheureusement, le son est beaucoup trop puissant, surtout dans les aigus et les infra-basses ; ce qui rend l'expérience un peu difficile à supporter.

La formation suivante, OM, constituera la grosse révélation de la journée. Emmené par Al Cisneros, également impliqué dans Sleep, ce trio californien propose une musique expérimentale/drone/post-metal/doom complètement hypnotique. Cisneros, sorte de Jerry Garcia moderne, tire de lentes séquences répétitives et envoûtantes de sa basse Rickenbacker. L'effet qu'il utilise, l'Octaver, double chaque note à l'octave, conférant au son une ampleur et une présence uniques. Ses vocaux ressemblent à des prières psychédéliques, comme des mantras aux accents arabes ou indiens. Emil Amos se charge des drums. Quant à Robert Lowe, il se plante à droite. Un personnage vraiment étonnant. Affichant un look afro-américain à la Morgan Freeman, il développe tantôt des nappes de synthés modulaires, tantôt des lignes lancinantes à la guitare-synthé et surtout prodigue des mélodies vocales aiguës, à la limite du falsetto. Un superbe concert! Regardez-en un extrait vidéo ici 

Nouveau changement radical de style pour ADULT., le groupe américain de Detroit composé du couple Nicola Kuperus (chant) et Adam Lee Millerand (synthés). Notoires en Belgique (ils se produisaient encore à Bruxelles en mai dernier), ils pratiquent une musique électronique synth-pop aux accents postpunk. Les sons sont résolument vintage et la voix de Kuperus, trafiquée par les effets, évoque Siouxsie et Bestial Mouths. Certains apprécient. Perso, pas trop ma tasse de thé. Surtout cette voix nasillarde et dissonante qui finit par m'agacer. Notons quand même que le duo s’est donné à fond pour ce dernier concert de leur tournée et sont parvenus à établir un bon contact avec le public.

Mais une grande majorité des spectateurs s’est clairement déplacée pour la tête d'affiche. En l’occurrence The Black Angels. Pour rappel, elle nous vient d’Austin, au Texas. Réunissant Alex Maas (chant), Stephanie Balley (batterie), Christian Bland (guitare), Jennifer Raines (orgue) et Nathan Ryan (basse), la formation est devenue un des fers de lance de la musique rock néo-psychédélique. Leur patronyme est issu d’une compo du Velvet Underground (“The Black Angel's Death Song”). Rien à reprocher à leur show. Il a été impeccable. Un son parfait, des vidéos colorées à souhait, un band bien en place et un Alex Maas en pleine forme. Il manquait peut-être juste une petite touche de folie pour rendre la prestation mémorable. Regardez la vidéo live

Enfin, le Britannique James Holden a déroulé sa techno-electronica aux accents chamaniques et psychédéliques : un point d'orgue idéal pour une première journée de festival enrichissante à tous points de vue.

Et pour les photos c’est ici

 (Organisation : De Kreun, Courtrai)

 

Crossing Border 2013 : dimanche 17 novembre

Écrit par

Rendez-vous annuel mêlant musique et littérature, le Crossing Border, comme son nom tend à l’indiquer, se moque des limites et des frontières, linguistiques ou autres.
Faisant escale à La Haye, Enschede et Anvers depuis quelques années, cet évènement fait la part belle à la poésie, qu’elle soit chantée, déclamée ou juste posée sur papier.
Une sorte de foire intellectuelle, sans aucun sens péjoratif, ni prétention, qui prend ses quartiers le temps d’une soirée dans le magnifique théâtre de l’Arenberg.

L’affiche y est donc bigarrée (et pas similaire d’une ville à une autre), et les précédentes éditions anversoises ont déjà vu défiler du beau monde.
Musicalement, cette année paraissait un moins rien audacieuse, et surtout, avait la particularité de proposer simultanément trois têtes d’affiche susceptibles d’attirer le même monde.
Au vu du line up, cette situation constituait une décision mystérieuse et pas très inspirée.
Il fallait donc opérer un choix ce soir, et ne pas se tromper.

D’un côté Savages, quatre indomptables donzelles qui transfigurent les genres (du Post Punk à la Cold Wave, au hasard). Des genres tellement laminés par des groupes se proclamant dignes héritiers ou tout simplement étiquetés à tort et à travers depuis maintenant trois décennies.
D’un autre côté, Aidan Moffat, l’Ecossais et son accent pâteux à couper à la scie circulaire qui depuis la fin de feu Arab Strap se décline en collaborations multiples et souvent ennuyeuses.
Enfin, les Anglais de These New Puritans, emmenés par leur singulière tête pensante, énigmatique génie transcendé par la douleur que lui réclame le long et difficile processus créatif débouchant sur des œuvres à nulle autre pareille.

Choix cornélien pour beaucoup, mais évident pour ma part.

Je débarque donc au rez-de-chaussée sur le coup de vingt-deux heures.

L’espace baptisé ‘Club De Ville’ se remplit rapidement. Signe qui ne trompe pas et souligne l’intérêt général : la plupart des artistes qui se sont produits jusqu’alors se concentrent, tantôt derrière la scène, tantôt devant.

C’est qu’il est fait grand foin de « Silent Yourself », premier album de Savages, et peut être encore plus de leurs prestations.

Votre serviteur, absolument convaincu par leur concert accordé au Pukkelpop, n’avait qu’une hâte : les revoir et me laisser joyeusement violenter les conduits auditifs dans un endroit encore plus propice à l’extase.

« I Am Here » pose le constat d’emblée.

Jehnny Beth, Gemma Thompson, Fay Milton, et Ayse Hassan ne sont pas venues pour faire de la figuration.

Leur musique, viscérale et charnelle galvanise. Et elles entendent bien l’exposer avec force et respect. Ainsi la leader n’hésite pas à imposer des codes stricts à leur auditoire. A prendre ou à laisser. Déjà, lors de leur passage au Botanique, un message barrant l’entrée de la salle demandait expressément l’extinction des GSMs.

Ici, ce sont les photographes qui se voient intimer la plus grande discrétion pendant l’exécution des titres.

Camille Berthomier (alias Jehnny, ex-John & Jehn) peut dès lors paraître prétentieuse ou tout du moins intimider.

Néanmoins, il est aisé de comprendre que le personnage qu’elle campe en ‘live’ exige un abandon total qui se nourrit en retour de l’attention totale des spectateurs et ne peut souffrir d’inutiles distractions.

Bien qu’enrhumée, sa voix n’en laisse rien paraître et ses yeux grands ouverts dans le vide captent l’énergie palpable qui se dégage autour d’elle comme un spectre sonore.

Le set gagne en intensité, alors que défilent les déjà incontournables « Shut Up », « City’s Full » ou encore « She Will » ou « Husbands » (malgré les problèmes techniques rencontrés par la bassiste lors de ce morceau).

Enfin, le point d’orgue, la sentence finale : ‘Don’t let the fuckers get you down’ susurre Jehnny avant que « Fuckers » ne prenne toute son envergure et explose à nos faces réjouies.

C’en est fini ! Les escarpins rouges de la frontwoman s’éclipsent dans la fureur du bruit.

Mes oreilles saignent.

Le rouge et le noir se sont encore épousés en des noces barbares.

Il me reste une vingtaine de minutes de These New Puritans à consommer. Alors je gravis quatre à quatre les marches menant à l’intimité de la salle de théâtre, pour la circonstance dénommée ‘La Zona Rosa.’

Je prends place dans un des sièges de velours rouge et laisse mon attention se faire happer.

Malheureusement, le set en est déjà à son amorce finale.

« Fields Of Reeds » résonne comme  une oraison funèbre et sonne le glas de cette nuit.

Quel regret tout de même d’avoir dû faire ce choix.

« V (Island Song)» achève leur prestation.

La réaction du public semble pour le moins partagée.

Alors que certains spectateurs quittent la salle à quelques minutes de la fin, je vois une jeune fille se dresser et manifester son enthousiasme en applaudissant à tout rompre.

Certes, le travail de Jack Barnett n’est pas des plus accessible, et l’étendue de son talent le dépasse parfois lui-même. Il n’est donc pas étonnant que sa musique, exigeant de nombreux efforts, laisse certains spectateurs non préparés à quai.

Pour le peu que j’ai pu voir et vu de la complexité de « Fields of Reed », son dernier opus paru cette année, je regrette donc d’avoir à peine eu le temps de goûter à cet étrange objet du désir.

Pour le reste ?

Un set enjôleur et convaincant de Radical Face, emmené par un Ben Cooper en grande forme, jouant sur les inflexions de son diptyque « A Family Tree ».

Un John Grant classe dont la prestation jouissait d’une grande qualité sonore.

Un RM Hubbert seul face à ses convives, pour la plupart plus absorbés par leur repas.

Armé de sa seule gratte folk, l’ex-El Hombre Trajeado a difficilement tiré son épingle du jeu. Et le renfort d’Aidan Moffat, en fin de parcours, n’a pas réellement sauvé la situation.

Enfin, signalons encore l’efficacité de Caveman, dont l’énergie et l’entrain ont visiblement compensé le manque évident d’originalité de leurs compositions.

Au final, reste cette pénible impression d’être passé à côté d’un grand moment en en ayant préféré un autre.

(Organisation : Crossing Border)

 

Page 41 sur 75