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Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

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Pukkelpop 2014 : vendredi 15 août

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Le marathon reprend de plus belle. Deuxième journée de festivités qui démarre de façon timide. Le public semble reprendre lentement son souffle, le site se remplit doucement de ses silhouettes caractéristiques.
Les premiers concerts de la journée se déroulent devant des parterres clairsemés.
Mais les bonnes surprises, elles, n’attendent pas.

A première vue, Lonely The Brave ne semble pas avoir une carrure suffisante pour revendiquer une programmation plus tardive sur un quelconque podium du festival.

Leur Rock conventionnel n’est, en outre, pas servi par l’attitude nonchalante du chanteur qui manifestement ne différencie pas le ‘live’ de son local de répète.

En fait, c’est sous le toit du Club que ça se passe.

Il est à peine onze heures vingt et quatre jeunes gens sont déjà occupés de foutre le feu à la baraque.

Exotique, leur patronyme ne définit pas vraiment leur style musical ; et pourtant, The Bohicas constituera la première sensation de la journée.

Hébergés sous le label Domino, le groupe originaire de l’Essex gagne facilement la sympathie d’un public d’abord amorphe, mais bientôt secoué de soubresauts précoces pour cette heure de la journée.

Des guitares bien saignantes et une basse bien ronde entretiennent un climat sonore au charme immédiat et hautement jouissif.

Des qualités dont ne peuvent se targuer les jeunes gens de Young Buffalo qui soulèvent à peine un sourcil ou deux devant une Main Stage ressemblant à ce moment du jour à une rizière dévastée.

Les New-yorkaises de Lucius (aperçues auprès de Nagui un soir de zapping) proposent une Electro Pop de facture on ne peut plus anodine.

Un face à face de blondes platinées au devant d’un band bien propre sur lui, pour un résultat certes pas désagréable, mais manquant néanmoins de piment.

Pendant ce temps, Nick Mulvey prend le soin de donner corps à ses chansons chaloupées (NDR : il a étudié la musique à Cuba) de manière un peu systématique mais du reste efficace ; commencées en mode mineur, sous les caresses de ses doigts parcourant les six cordes de sa guitare (et de fort habile manière), les chansons enflent à mesure d’une progression narrative assez captivante qui inévitablement, laisse en suspens quand le morceau se termine, amorçant l’attente du suivant.

Une recette qui a le don de plaire au public qui commence à enfler au sein du Marquee.

Après coup, la Pop plus évidente de My Little Cheap Dictaphone s’avère être encore plus rafraîchissante que d’accoutumée.

Un peu timoré au début, le groupe se lâche progressivement, gagnant l’attention d’un auditoire curieux de découvrir ces valeureux Liégeois.

Et s’il ne s’agit pas de leur meilleur set, il récolte néanmoins, sont lot de louanges.

Au sortit du Wablief ?, une Delorean m’attend et me conduit illico au Marquee où Fonzy et toute la bande de Happy Days font la bringue devant Nick Waterhouse.

C’est que notre homme, sorte de Buddy Holly ressuscité sait y faire dans un registre comme on ne fait plus que rarement et certainement pas comme lui le fait, c’est à dire de manière si authentique.

Erudit musical et grand consommateur culturel, il revisite la Soul, le Rock, le Jazz avec brio et talent.

Son show a tôt fait de conquérir une foule totalement absorbée par une magie rétro distillée par un band composé de musiciens hors pair.

Une violente averse disperse les festivaliers qui se réfugient partout où l’on peut s’abriter ; mais il devient difficile de se faufiler d’un côté ou d’un autre.

Hésitant entre Sharon Van Etten et Other Lives, c’est finalement auprès de ces derniers que j’échoue.

L’impact n’est pas immédiat mais les cascades d’harmonies qui émanent de la scène, là-bas, au loin, retentissent comme des sirènes ; et j’ignore par quelle sorcellerie, mais elles finissent par m’attirer.

La barbe hirsute qui mange le visage émacié du leader ne peut retenir le flot céleste qui s’écoule de sa bouche, et l’instrumentation élégante se charge d’amplifier l’aura d’une musique qui charme mes sens.

Si seulement il n’avait pas autant plu, alors, j’aurais pu m’approcher davantage de cet instant de grâce.

Un état dans lequel je resterais volontiers, mais qui n’est pas vraiment l’apanage de Cage The Elephant. Il mise plutôt sur l’énergie débridée de son charismatique chanteur. Celui-ci s’amuse fort bien, se jette régulièrement dans la foule et décroche l’effet fédérateur escompté. Personnellement, une certaine torpeur commence à m’envahir…

J’ai besoin d’une bonne dose de sauvagerie décousue.

Ça tombe plutôt bien, puisque en retournant dans le Castello, je suis accueilli par un uppercut crapuleux, salement assené par une bande de jeunes gens pas très fréquentables.

Bestial à souhait, The Amazing Snakeheads, le groupe glaswégien sait jouer des coudes et balancer son Rock cradingue comme une morve salvatrice dans un paysage gris et triste (l’Ecosse, les boulots de merde, la pluie, etc.)

C’est pervers comme du Cramps sous ‘amphètes’ (NDR : l’elpee est judicieusement intitulé « Amphetamine Ballads »), retors comme du James Chance, et hargneux comme du Birthday Party.

Le bassiste se voûte sur son instrument comme le diable sur une vierge, et le vocaliste impressionne par son physique patibulaire tout comme son regard habité.

Une sacrée trique parfaitement placée sur la grille horaire.

Une grille horaire où on se bouscule au portillon.

Tellement, qu’il en devient difficile de savoir où donner de la tête et où laisser traîner ses guiboles.

Balthazar étale sa classe au soleil, Kurt Vile sous le chapiteau du Club, Blaudzun au Marquee et Neneh Cherry rappelle quelle grande dame elle est dans le Castello.

Mais au demeurant, c’est Thurston Moore et son nouveau super band qui va ravir tous les suffrages du jour.

Doté d’une classe intrinsèque, l’ex-Sonic Youth possède toujours le culot de visiter le Rock sous ses coutures les moins apparentes et de restituer son âme par la magie de son jeu de guitare unique.

Aidé par le fidèle Steve Shelley, mais aussi Debbie Googe (My Bloody Valentine) et James Sedwards, Thurston n’a rien perdu de son talent, au point de ne pas nous faire regretter le moins du monde la fin de son groupe mythique qui impliquait Kim Gordon.

Le light show et la musique sont en parfaite harmonie avec le propos musical proposé, mais  le set semble bien trop court et donne envie de plonger tête baissée dans ce nouvel album aux relents de souffre.

De quoi aussi donner le tournis à The National qui fort heureusement pour eux, n’a pu assister à ce concert.

Propulsé sur la grande scène, c’est sans conviction que le groupe se contente de dispenser un concert mou du genou.

Pour leur quatrième apparition sur le sol de Kiewit, la messe a des relents de déception pour beaucoup, à commencer par votre narrateur.

Si le succès sans cesse grandissant du band les emmène vers des sommets toujours plus hauts, il serait grand temps qu’ils songent à se reposer, tant Matt Berninger, cheveux gras et dos courbé, semble au bout du rouleau.

Pas étonnant, vu l’incroyable série de dates accumulées sur deux ans, outre l’enregistrement d’un opus qui n’avait aucune chance de rivaliser avec le précédent.

Une âme qui s’effiloche, mais aussi des conditions peu favorables, même si The National est appelé à jouer plus souvent dans des structures gigantesques qu’à l’arrière de sombres sales où leurs chansons trouveraient certainement mieux leur place.

Tentant de gommer cette vilaine impression, je rejoins le Club, où The War On Drugs déploie la majesté de son dernier opus, au nom évocateur de « Lost In The Dream ».

Classieux et sans esbroufe, le combo de Philadelphie retrace le lien intangible que lui seul peut tendre entre Fleetwood Mac et Springsteen.

Neuf titres et un rappel pour définitivement convaincre les sceptiques de leur fantastique potentiel.

La nuit étend ses ailes, et je m’évade dans mes rêves, quittant la plaine pour mieux y revenir demain.

(Organisation : Pukkelpop)

 

Pukkelpop 2014 : jeudi 14 août

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De nouveau, c’est la météo qui est au centre des débats à l’entame de ce Pukkelpop.
Deux jours avant le début des festivités, d’étranges vents violents, nés d’un microclimat qui pourrait faire passer Kiewit pour le nouveau triangle des Bermudes, ont arraché les structures du chapiteau Club et ont fait craindre le pire à une organisation toujours traumatisée par les funestes événements qui se sont produits en 2011.
Consignes de sécurité encore renforcées et station météorologique propre (dotée de spécialistes de l’IRM et de l’armée), rien n’a pourtant été laissé au hasard ; et dès lors, malgré ce coup du sort, tout est parfaitement en place dès le mercredi pour accueillir les premiers festivaliers.
Au final, épargnée par des intempéries redoutées (si on excepte quelques averses régulières mais jamais traumatisantes), l’édition 2014 s’est déroulée sans accroc, offrant à un public de plus en plus nombreux, mais de moins en moins exigeant, une affiche truffée d’excellentes surprises et de confirmations prévues.
Quant aux déceptions, elles n’ont pas été légion et les noms qui sont venus s’inscrire au bas de cette liste semblaient même déjà connus avant que le festival ne commence.
Trois jours pleins, physiquement éprouvants, mais dont le générique final s’écrira en lettres lumineuses, pailletées dans le ciel limbourgeois.
Mais commençons par le début.
Entre deux nuages gris suspendus comme des édredons dans le ciel, une cohorte de pèlerins s’étire entre les sites de camping et la plaine supplantée de différents chapiteaux colorés, soulevant la poussière.
Nous sommes jeudi, et la première journée vient de commencer.

La plaine de la Main Stage doit paraître encore immense en ce début d’après-midi pour les très jeunes Strypes, nouvelles coqueluches anglo-saxonnes, rappelant sur disque comme sur papier le début des Arctic Monkeys.

Mais cette programmation précoce jumelée à la périlleuse perspective d’un montage de tente m’empêche de vivre cette entrée en matière.

C’est donc dans le chapiteau des découvertes, baptisé Wablief ? que j’entame mon parcours de cette édition 2014.

Bienveillant, The Spectors m’attend. Leur candeur Pop submergée de vagues noisy consitue une parfaite immersion en douceur.

Au sommet de ces vagues, le duo de voix féminines donne le ton (pastel) et enveloppé de ces guitares parfois rageuses, parfois limpides, se fraie un chemin en direction d’un univers proche d’un Instagram aux couleurs délavées.

Le groupe se produit régulièrement et, semble-t-il, a gagné en confiance par rapport aux dernières fois où je les avais vus ; aussi, le public, déjà nombreux, ne s’y trompe pas et réserve un chaleureux accueil à leurs Pop Songs délicates.

Dessinant un pont invisible entre Nico (et donc le Velvet) et des formations actuelles (bien que passéistes) comme The Pain Of Being Pure At Heart ou Memory House, le quintet est manifestement sur la bonne voie. Dommage qu’il n’accorde pas davantage de soin aux lyrics, qui dans ce style musical sont souvent avancés comme de simples prétextes à des mélodies sucrées.

Si les deux sœurettes de Say Lou Lou, filles de Steve Kilbey (The Church, pour l’anecdote), ne marquent pas de façon indélébile mon souvenir immédiat, c’est parce que je pense déjà à mon prochain déplacement.

En attendant, outre leurs jolis minois, elles m’offrent néanmoins une prestation correcte, audacieuse puisqu’elles n’hésitent pas à balancer leurs faces B (un terme certes tellement désuet de nos jours qu’il force la sympathie du nostalgique que je suis) et inédits.

Quittant le Marquee, je me dirige pour la seule et unique fois de ces trois jours vers le repère des amoureux de beats assassins et autres infra-basses convulsives.

Un excellent choix, indubitablement.

Dans le Dance Hall, Mø s’est accaparé le devant de la scène et donne déjà le meilleur d’elle même.

Entourée de ses trois musiciens, elle assure le show, allant jusqu’à s’offrir un bain de foule.

Mi-femme, mi-enfant, la sexualité maladroitement assurée, elle libère une énergie positive forcément communicative et porte les morceaux sur des épaules dont la carrure grandit à vue de nez.

Les projections vidéo en arrière-plan fond renforcent l’impact de son répertoire, et elle fustige son auditoire de ‘Pukkelpop’ redondants mais efficaces.

Karen Marie Ørsted, de son vrai nom, démontre qu’il faut dorénavant compter sur elle.

Quant enfin elle entame « Glass », caractérisé par ses textes aux reflets adolescents (‘why does everyone have to grow old?’), et se jette de nouveau dans la foule, elle sait pertinemment bien que son contrat est rempli et qu’elle vient de livrer une prestation exemplaire, marquant là quelques points importants en vue de l’attribution des médailles d’honneur à l’heure des conclusions.

Tant qu’à faire, j’hume à quelque distance, le doux parfum d’une Electro bien sombre, et je laisse mon appendice nasal me conduire vers le chapiteau Castello.

L’ambiance y est nettement plus feutrée et correspond bien à l’univers de Forest Swords.

Une basse, un laptop, et un show troublant, mais aussi troublé par la puissance des basses fréquences qui, si elles renforcent l’impact Dub des morceaux, annihile aussi la volonté de nombreux festivaliers, vaincus par cette débauche tellurique.

Dommage, car le set semblait parfaitement balancé entre opacité extrême et illusions fantomatiques aux consonances asiatiques, marque de fabrique de Matthew Barnes.

L’après-midi s’enfonce dans le tunnel du temps ; et empruntant un de ses couloirs, j’atterris face à l’impressionnante artillerie de Die Antwoord.

Les tympans subtils ayant préféré se crapahuter à l’abri des chapiteaux environnants, le trio sud-africain va donner libre cours à son, show, euh… (NDR : cocher les bonnes réponses) putassier, fun, ébouriffant, grossier, abscons, provocateur, irrévérencieux, haut en couleurs, loufoque, décalé, graveleux, amusant (NDR : il fallait bien entendu sélectionner tous ces adjectifs ; d’ailleurs, les gagnants seront prévenus par télépathie).

Une avalanche de mauvais goût assumé qui, au delà du masque de carnaval, révèle quand même de la performance artistique.

Certes, la nausée côtoie le rire gras au fond de ma gorge ; mais je décèle dans ce salmigondis sonore quelques respectables références.

Un visuel outrancier qui ne laisse personne indifférent, en tout cas.

Enfonçant le clou dans ma patience par quelques ‘Fuck The Rules !’ repris en écho par un public survolté massé devant le podium principal, je bats en retraite, plus amusé qu’outré par ce spectacle que d’aucuns qualifieront d’abject.

Pour l’heure, Deaf Heaven et Mad About Mountains décident de se disputer mon ennui.

Les premiers en contrastant de manière horripilante shoegaze et logorrhées hurlantes, les seconds en revisitant les paysages désertiques d’inspiration d’une certaine Americana.

La claque salvatrice, elle arrive. Attendue, espérée, et diablement bien infligée par Temples.

Complètement absorbés par les seventies, ces jeunes gens ont tout compris de cette époque, et se moquent éperdument du présent.

Chevelures et looks à la T Rex, le combo restitue parfaitement cet état d’esprit nébuleux et teinté de couleurs psychotropes chères à leurs glorieux aînés ou à Tame Impala, dans un registre plus moderne (quoique ?)

Et quand « Shelter Song » prend définitivement possession de l’assistance, le nom de Temples s’écrit déjà en lettres d’or et d’argent dans le palmarès de cette année.

Nous sommes déjà nanti de très bonnes prestations, et nous n’en sommes qu’au début.

Décidant d’enfoncer le clou sans aucune bonne manière, les irrévérencieux Black Lips secouent alors le cocotier sans prendre de gants.

Ces gais lurons balancent leur ‘Flower Punk’ (un terme qu’ils ont pris soin d’inventer eux-mêmes) et génèrent les premiers pogos.

Attifés comme des prolos et mêlant entrain et fougue juvénile comme une bannière fièrement brandie au-dessus de leurs têtes, les ‘mimines’ moulinent et les moues grimacent comme dans un pastiche de Clash.

Pourtant, outre ce côté irritant, l’efficacité de leurs morceaux fait mouche et le charme évident de leur pléthorique discographie trouve naturellement écho auprès d’un public ravi de pouvoir enfin se fritter gentiment.

Au dehors, le ciel s’enveloppe de pourpre afin de permettre aux fans d’Editors de patienter.

Arrivée messianique à faire pâlir de jalousie Bono et maniérisme exacerbé semblent des apparats dont Tom Smith aime à se revêtir pour masquer l’ineptie des Editors en 2014.

Continuant de creuser sa tombe mais en prenant soin de l’orner de bibelots excentriques, le groupe semble en roue libre depuis quelque temps.

Le concert de ce soir ne fera que renforcer l’impression de malaise déjà fortement pressenti à la sortie de « The Weight Of Your Love ».

Comme si la foi avait disparu, le fond glisse comme le sable dans sa main ; et si la forme illusionne encore les moins exigeants, elle ne leurre plus ceux qui ont perçu l’irrévocable manque d’inspiration du band.

Des morceaux imparables comme « The Racing Rats » ou « Bones » sont désossés, avant d’être proposés en pâture comme des épouvantails abandonnés aux vents mauvais.

Seule éclaircie dans tant de grisaille, le retour en solo du leader dont l’interprétation de « No Sound But The Wind » rappelle que lui seul est encore capable de porter l’édifice Editors, qui décidemment, à bien du mal de se remettre du départ de Chris Urbanowicz, son premier guitariste.

A l’opposé de ce spectral spectacle, Slowdive avait fixé rendez-vous à tous ses fans demeurés fidèles, malgré la fin –provisoire– de son aventure.

Seuls les visages ont changé, et très vite, le décor est planté.

Groupe phare de l’ère Shoegaze, Slowdive n’a jamais prétendu être une formation de scène.

Comme tout groupe issu de cette mouvance dont le nom célébrait ironiquement une attitude plus qu’attentiste, le combo d’Oxford misait dans les années 90 sur un son très spécifique qui sera cependant envié, copié, mais jamais égalé…

Forts de quelques expériences très diverses, les membres étaient restés en contact et n’avaient jamais exclu l’hypothèse de se reformer.

Une rumeur qui à force d’amplifier est devenue réalité.

Bonheur immense pour tous ceux qui n’avaient pas eu la chance de les voir à l’époque, et bonheur tout aussi grand pour ceux qui les ont retrouvés.

Que dire, si ce n’est que les meubles sont restés à la même place ?

Entretenant des atmosphères uniques en leur genre, et développant des sonorités typiques et indémodables, le combo reprend les choses exactement au même endroit où il les avait abandonnées, c'est-à-dire au milieu des années 90.

Nostalgie et sensations retrouvées, le frisson peut à nouveau parcourir l’échine du fan que je suis.

Le final (la cover de Syd Barrett « Golden Hair ») se chargeant de sceller définitivement la filiation avec Mogwai et consorts.

Enfin, en ce début de nuit, Oscar And The Wolf plante son décor au milieu des palmiers.

Dans un Marquee comble à craquer, le groupe belge, sensation du moment, assied son succès.

Jouant avec la lumière comme des émotions, Max Colombie épanche sa voix si particulière et habille l’Electro subtile de ses compositions d’une aura de mystère et de romantisme un rien suave, qu’on pourrait qualifier de spleen lumineux.

Flottant dans l’air comme les mélodies d’« Entity », leur nouvel opus, le jeune homme s’affiche comme un personnage atypique dans notre paysage musical.

Une classe internationale qui devrait assurément porter le groupe au-delà de toute frontière géographique.

Ainsi sertie de mille lumières chatoyantes, la nuit peut enfin m’avaler.

Et Orphée me porter dans ses bras.

(Organisation : Pukkelpop)

 

 

Brussels Summer Festival 2014 : mardi 12 août

Chaque année, le Brussels Summer Festival consacre une soirée aux courants musicaux sombres : New-Wave, EBM, Minimal Synth, ... Après avoir accueilli Neon Judgement et Karl Bartos l'année dernière, le directeur de la programmation, Denis Gérardy, a opté cette fois pour Tuxedomoon et Front 242. Une excellente sélection, sans grand risque en ce qui concerne Front 242 car on connaît leur capacité à électriser les foules. Par contre, pour Tuxedomoon, le choix est plus audacieux car les Californiens pratiquent une musique expérimentale, très intimiste, qui, a priori, n'a pas sa place dans un festival, disons rock-pop.

Dès 19 heures, c'est à une formation bruxelloise, Guilt Monkey, que revient la tâche de chauffer l’ambiance. Emmené par le chanteur/guitariste Brin Addison, ce ‘power trio’ propose un rock grunge inspiré par les 90’s. Pensez à Nirvana, Pearl Jam et autre Soundgarden. La musique est plaisante et les musicos compétents ; mais le problème, c'est qu'on ne perçoit pas bien l'identité propre de la formation. Un titre comme “World On A Thread”, par exemple, fait beaucoup trop penser au “Black Hole Sun” de Soundgarden. En tout cas, le concert se déroule dans l'indifférence générale et après un (trop) long rappel, le band quitte le podium. Pour être franc, on aurait préféré qu’un groupe régional plus en phase avec le genre 'sombre', comme par exemple Organic ou Luminance, donne le coup d’envoi...

Mais il est maintenant temps pour Tuxedomoon de monter sur le podium. Et Tuxedomoon, c'est du lourd, du très lourd. Formé en 1977, à San Francisco, il s'est taillé une place enviable sur la scène musicale, tout d'abord comme pionniers du post punk et de la new-wave. Leur single “No Tears” remonte à 1978. Un classique du genre qui a influencé nombre d'artistes (dont un certain Brendan Perry de Dead Can Dance). Dans les années 80, ils se sont exilés en Europe, s’établissant même un bon bout de temps à Bruxelles, et ont étendu la palette de leur son en créant une forme d'art-rock hybride foncièrement originale. La décrire relèverait de la gageure. Il faut imaginer une ambiance jazzy, cinématique, basée sur des lignes de basse très new-wave et une rythmique minimaliste et obsédante, au-dessus desquels viennent se graver des voix et d'envoûtantes arabesques de saxophone, de trompette ou de violon. Un peu comme si Velvet Underground se payait un improbable bœuf en compagnie de Chet Baker, Roxy Music, Frank Zappa et Death In June.

C'est précisément par un titre parfaitement représentatif de cette ambiance filmique que la formation entame son show. “Torreador del Amor” est tiré de leur dernier opus, “Pink Narcissus”, où l'on retrouve la musique qu'ils ont composée comme bande sonore pour la projection du film éponyme à Paris, en 2011. On est immédiatement plongé dans un univers riche et empreint de nostalgie ; le tout sublimé par la projection d'images de ce long métrage étonnant, qui, pour rappel, met en scène les pérégrinations d'un jeune prostitué homosexuel.

Sur l’estrade, on retrouve, pour notre plus grande satisfaction, les trois membres fondateurs : Blaine L. Reininger, Steven Brown et Peter Principle. Si Principle se concentre exclusivement sur sa basse Epiphone Gibson SG, les deux autres se révèlent, par contre, d'étonnants multi-instrumentistes. Steven Brown alterne les voix, le piano ainsi que le saxophone et Blaine L. Reiniger chante et joue du violon ou de la guitare. Le trio est complété par Luc Van Lieshout, qui a rejoint le line up en 1983. Il souffle dans sa trompette ou dans son harmonica et se charge des machines. Sans oublier Bruce Geduldig, qui mixe les images vidéo et interprète le rôle de savant fou en tenue blanche...

La musique magique produite par le combo génère une ambiance très étrange, quasi surréaliste, sur le Mont des Arts. La foule est maintenant compacte. Un dénominateur commun : sa couleur sombre. En parlant de couleurs, les touches de guitare et de saxo dispensées tout au long de “Muchos Colores” semblent extraites d'un film de David Lynch. Plus rythmé, “Everything You Want” est marqué par des beats électroniques et la voix très 'devo-esque' de Steven Brown. Retour ensuite à l'ambient grâce à “Cagli Five-0”, issu de Cabin In The Sky (2004), où dominent de lents arpèges de piano et une trompette assourdie.

Vient ensuite un des chefs-d'oeuvre de Tuxedomoon: “In The Name Of Talent (Italian Western Two)”, paru en 1981 sur “Desire”. Ici à nouveau, on retrouve ce style unique de no-wave avantgardiste, caractérisée par une rythmique hypnotique et la voix cinglante.

Bref, ce concert a été magique. Seul bémol, la sono était bien trop faiblarde ; mais dans l'ensemble, le spectacle est une belle réussite.

Evidemment, la toute grosse majorité du public est venue pour applaudir Front 242, le groupe ‘culte’ belge qui peut s'enorgueillir d'avoir créé un style musical à lui tout seul : l'EBM ou Electronic Body Music, dans les années 80. L'EBM a été imaginée en combinant la musique électronique des Cabaret Voltaire, Suicide et autre Kraftwerk à une rythmique et des voix très énergiques (d'où le terme ‘Body’) et une imagerie pseudo-militaire, traitée au second degré (ce que bon nombre de détracteurs n’ont jamais compris, malheureusement). On se souvient de leur hit “Headhunter”, qui passait en boucle sur MTV, et surtout de la superbe vidéo qu’Anton Corbijn lui avait consacrée.

Au moment où ils vont monter sur la scène du BSF, on fait le voeu qu'ils ne rencontrent pas les problèmes techniques qui les ont forcés à interrompre leur show, au festival Amphi à Cologne, le mois dernier. Heureusement, il ne souffrira d’aucune anicroche ; et dès les premières notes de “Moldavia”, Jean-Luc De Meyer et Richard ‘23’ Jonckheere déboulent sur les planches pour prendre d'assaut une foule conquise d'avance. Ils sont soutenus par Patrick Codenys (claviers) et Tim Kroker (batterie), tandis que Daniel Bressanutti se charge du mix dans la tente de contrôle. Ils portent tous les costumes de scène spécialement dessinés pour eux par notre amie Valeria Pesci. 

C’est devenu un rituel, les shows de Front 242 se limitent à leurs plus grands hits, vu qu'ils ne proposent plus d'enregistrements nouveaux depuis “Pulse” (2003). En 2013, la rumeur avait laissé espérer la sortie d’un nouvel opus. En fait, un long playing était bien en cours d'élaboration ; mais finalement le projet a avorté, les musicos estimant que les démos ne répondaient pas à leurs exigences (très élevées) de qualité.

Mais revenons au BSF, où “Body To Body”, “No Shuffle” et “Don't Crash” provoquent des réactions enthousiastes du public. Le groupe dédie ensuite “7Rain” à Phil Baheux, de Channel Zero, disparu il y a juste un an et “Take One” à Annik Honoré, qui nous a quittés le 3 juillet dernier, et dont le sourire éclatant nous manque tant.

Après deux morceaux un peu plus calmes, “Triple X Girlfriend” et “Quite Unusual”, Front remet le turbo et clôture par une salve de titres imparables comme “U-Men”, “Headhunter”, “Kunkhadafi” et “Welcome To Paradise”. Les fans ne manquent pas de hurler pour rappeler leurs idoles, qui reviennent pour un ultime et très technoïde “Punish Your Machine”.

En un mot comme en cent, Front 242 reste une formation incontournable sur les planches libérant une énergie hautement communicative. A chaque fois, c'est comme si on revoyait des anciens amis, d'autant que ce sont en plus des gars vraiment sympas quand on les rencontre.

En conclusion, on peut décréter que la soirée était agréablement équilibrée ; amorcée par un aspect intellectuel et très 'arty', elle a ensuite permis un défoulement jubilatoire. En quittant le Mont des Arts, on ne peut s'empêcher de chantonner: ‘One you lock the target, Two you bait the line, Three you slowly spread the net and Four you catch the Man...’

Setlist : Moldavia – Body to body – No Shuffle – 7rain – Together – Take One – Don’t Crash – Triple X Girlfriend – Quite Unusual – U-men – Commando Mix – Im Rhythmus Bleiben – Headhunter – Funkhadafi – Welcome To Paradise

Rappel : Punish Your Machine

Philippe Blackmarquis

Guilt Monkey + Tuxedo Moon + Front 242 (Place des Palais)

 

 

Programmé en 2014, du 8 au 17 août, le B.S.F. se déroule sur trois sites : la Place des Palais (les quatre premiers jours) au Mont des Arts ainsi qu’au Magic Mirrors, installé Place des Musées, toute la durée du festival. Le Magic Mirrors est une sorte de chapiteau à l’ancienne construit à l’aide de bois, toile et vitraux, au sein duquel l’acoustique est impeccable. Un endroit idéal pour les concerts intimistes. On peut y accueillir entre 350 à 400 personnes. Ce mardi 12 août, se déroule, pour la quatrième fois, une soirée baptisée ‘A la Française’, organisée par le département francophone d’Universal Music Belgium.

Cinq artistes de la structure bruxelloise de développement artistique Art Rythme Ethique Music sont donc à l’affiche, dont Pablo Andres, Inki et les Meridians ainsi que Cléo. Mais également Jali, venu présenter cinq nouvelles chansons de son second album qui devrait paraître début 2015. Sans oublier en tête d'affiche, la révélation de l’année 2014, Antoine Chance.

Votre serviteur avait un bon pressentiment : la soirée allait nous réserver d’excellentes surprises. En arrivant vers 18h00, je constate qu’une longue file d’attente s’est formée avant de pouvoir pénétrer dans l’enceinte. 30 minutes plus tard, les portes du Magic Mirrors s’ouvrent. Je me dégotte une place assise, et constate que le chapiteau se remplit très rapidement. Si bien que bon nombre de spectateurs devront rester à l’extérieur et regarder les concerts sur un écran géant, mais surtout se farcir une sonorisation pourrave. De quoi faire beaucoup de mécontents qui avaient acheté leur place et n’ont pu obtenir le moindre remboursement…

La première partie de la soirée va permettre aux artistes de la structure de développement bruxelloise @A.R.E Music (à laquelle appartiennent Jali et Veence Hanao) de défiler pendant 1h30. Et tout d’abord Pablo Andres. Déguisé en agent Verhaegen, le ketje brusselleer a pour mission de dérider zygomatiques.

Mais le premier musico à monter sur les planches, c’est Inki. Né en Belgique, il est d’origine rwandaise. Ses parents sont musiciens et chanteurs. Son avenir était donc tout tracé… Armé d’une sèche, il interprète trois chansons : « Temps perdu », « Musique pour ne pas penser » et « Vue sur mer ». Il a une belle voix. Ses textes tiennent bien la route. Mais difficile de donner un avis sur une prestation de 10 minutes. Il serait intéressant de le revoir, lors d’un set un peu plus long. En supporting act d'un spectacle de Jali, par exemple, l’an prochain

The Meridians est un quatuor qui réunit Benoît Leclercq (guitare, synthétiseur, voix), Quentin Joris (drums), Julien Joris (basse et voix) ainsi que Maxime Honhon (guitare et voix). Au départ, leurs chansons étaient écrites dans la langue de Shakespeare. Désormais, elles le seront dans celle de Molière. Ce soir, le line up est réduit à un duo. Soit Benoît et Julien. Et le concert sera ‘unplugged’. J'avais découvert ce groupe, au Botanique, en première partie de The Boxer Rebellion, en 2011 ; et leur prestation m’avait procuré de bonnes sensations. « Héréditaire », « En visant la lune » et « Je me défile » constituent certainement les meilleurs titres de leur nouveau répertoire, au sein duquel figurent également « Si un jour », « J'avance », « Le verre de trop » et « La fin du monde ». Lors d’un set acoustique, on voit immédiatement ce qu’un artiste a dans le ventre. Et le tandem se débrouille plutôt bien, même si j’aimerais revoir le combo au complet, et en version électrique.

Cléo possède une voix soul chaude et puissante. Elle chante en français, bien sûr, et est flanquée de deux musicos, dont un la sèche et l’autre à la gratte électrique ainsi qu’aux claviers. Elle interprète son inévitable « Lady L », un titre issu de la plume de Jali. Et va nous dispenser un show particulièrement bien balancé. Une chouette découverte.

Mais c’est Jali qui va constituer la bonne surprise. Ce jeune Rwandais vit en Belgique depuis l'âge de 2 ans. J’avais eu l’occasion d’assister à son spectacle, deux ans plus tôt, au Magic Mirrors de Tour et Taxis, quelques mois avant la sortie de son premier album « Des jours et des lunes », devenu depuis disque d’or. Il s’était produit en acoustique. Puis dans le cadre de l’un ou l’autre festival. Et j’avoue qu’au fil du temps, j’apprécie de plus en plus cet artiste. Jali nous invite dans son univers visionnaire (« Espagnola », « Un jour ou l’autre ») où on peut y trouver la joie de vivre et une bonne humeur qu’il parvient à communiquer à son auditoire, malgré le drame vécu dans son beau pays aux Mille Collines…

Jali est venu nous présenter en exclusivité 5 nouvelles chansons de son second album, dont la sortie est prévue pour début 2015. Il nous confesse que ce concert constitue pour lui un test ; et espère que le public va réagir positivement à travers des sourires. Il ajoute que son nouvel opus comporte plus que cinq chansons. Il nous réserve donc « Ma génération », « Echappe » et le plus rock et électrique « Pars ». Puis « Dis le moi », une petite perle qui pourrait récolter un gros succès, et « Une idée ». Plus paisibles, cependant, ces deux compos s’inscrivent dans l’esprit du premier elpee. Bref, si une partie de la foule aurait souhaité entendre des plages issues de son premier opus, il faut reconnaître que les toutes fraîches on convaincu, même les plus sceptiques.  

Place ensuite à la tête d’affiche : Antoine Chance. Il est sympa, souriant, bien dans sa peau et content de ce qui lui arrive : le succès. Le fils de Philippe Geluck (NDR : oui le créateur du Chat !) chante et s’accompagne à la guitare (électrique ou sèche) ou aux synthés. Il est soutenu par Yannick Dupont aux drums et Geoffrey Hautvas à la basse. Ce dernier est également le leader d'Electric Château et le nouveau guitariste des Vismets. Et bonne nouvelle pour l’acoustique, on retrouve derrière les manettes, Benoît, l'ingé-son de Puggy.  

Antoine nous rappelle que l’an dernier, il assurait la première partie de la programmation ; et exprime toute sa satisfaction d’être passé en tête d’affiche. Il entame le concert par « Rejoins-moi » et « Elle danse », puis embraie par « Fou », le titre maître de son premier elpee, mais surtout la chanson qui est devenue un énorme succès. Et c'est évidemment, cette compo que le public attend et reprend en choeur. Antoine surfe sur l’ambiance qu’il vient de créer et attaque « Raté d'un rien » ainsi que « Bye Bye ». Puis nous balance une nouvelle compo, « Qu'est-ce qu’il nous faut ». L’auditoire apprécie. Et espère que le nouvel elpee ne paraîtra pas dans dix ans…

Antoine alterne entre six cordes acoustique, électrique et claviers ; ce n’est pas un homme-orchestre. Il n’oublie pas « La nuit a ses défauts », un des titres que je préfère. Geoffrey aime raconter des histoires drôles. A la demande d'Antoine, Geoffrey s'exécute pour le bonheur du public. La setlist aligne ensuite "Sur l'asphalte » et une autre nouveauté, « Les hommes s'abîment ». La cohésion du groupe est parfaite. Pour aborder la cover de Christophe, « Succès fou », Antoine siège derrière les claviers. Et sa cover tient parfaitement la route. « Qui sait » adresse un clin d’oeil à David Bowie. Le concert s’achève par « Parader en enfer ». Antoine nous confesse qu’il s’agira du second single extrait du futur long playing. En espérant que le disque suive le même chemin que « Fou ». D’ailleurs, lors du rappel, Antoine revient en solitaire, armé de sa sèche, et nous dispense une version très souple de son tube. Avant de terminer sa prestation en apothéose, par un troisième inédit intitulé « Comme la pierre ». Antoine se produira dans 15 jours, à Scene sur Sambre…

(Organisation : Brussels Summer Festival)

Didier Deroissart

Pabo Andres + Inki + The Meridians + Cléo + Jali + Antoine Chance (Place Des Musées - Magic Mirrors)

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Brussels Summer Festival 2014 : dimanche 10 août

Nous en sommes déjà au troisième jour du festival et on se prépare à une nouvelle soirée passionnante sur la Place des Palais. Pour l'instant, les grands vainqueurs sont Suede et Patti Smith : tous deux ont éclaboussé le festival de leur énergie et surtout leur intégrité…

Ce soir, je débarque trop tard pour assister au set de la formation danoise Go Go Berlin mais juste à temps pour découvrir sur scène la nouvelle sensation venue d'Albion.

Il a gagné le concours X-Factor outre-Manche. Je m'attendais donc au pire ; mais en fait, j'ai été agréablement surpris par James Arthur. Le jeune chanteur 'dégage' un max! Tatoué sur les bras, il affiche un look de rocker. Sa casquette vissée à l'envers lui donne un look plus 'moderne', plus hip-hop. Et puis, il affiche un petit côté beau gosse à la Gary Barlow. Mais ce qui frappe, c'est sa voix : chaude, profonde, aussi à l'aise dans les hurlements que dans les notes très aigues. Son pop/rock à l’anglaise est de toute bonne facture. On pense tour à tour à Joe Cocker, Robbie Williams ou encore Ed Sheeran. Il passe aisément du rock endiablé (“Lie Down”, “Emergency”) à la ballade sentimentale (“Suicide”, “Recovery”). La Place des Palais n'est pas encore remplie, mais le chanteur peut compter sur sa horde de jeunes fans, qui crient et chantent toutes les chansons qu’elle connaît par coeur. Comme on s'y attendait, ce sont ses deux plus grands hits, “You're Nobody 'til Somebody Loves You” (caractérisé par une allusion à “Cry Me A River” en milieu de parcours) et “Impossible” (une reprise d'un titre de Shontelle), qui clôturent joliment le show. Cette musique n'est pas ma tasse de thé (anglais), mais il faut reconnaître qu'on a assisté à une prestation en tous points convaincante.

Dans la foulée, on installe sur le podium une table de DJ et des ballons NRJ. De l’électro dégoulinante et agressive envahit alors la Place. Quelle faute de goût, surtout dans un festival organisé par le service public!! Heureusement, cette farce ne dure qu'un quart d'heure et l'infâme Disk-Jacquette se retire pour laisser la place à la formation suivante : Arsenal. Issu du Nord du pays ce duo jouit d’une belle notoriété. Il y a 10 ans, John Roan (chant et guitare) et Hendrik Willemyns (claviers) avaient créé la surprise en proposant une musique electro-rock aux influences exotiques. Après avoir fréquenté pratiquement tous les festivals de l'été 2014 (Werchter, Suikerrock, Lokerse Feesten, Cactus,...), ils débarquent à Bruxelles pour présenter leur dernier opus: “Furu”, devant une foule maintenant bien compacte.

C'est précisément par un titre extrait de “Furu” que débute le concert : “Termul”. Lydmor, la chanteuse 'guest' qui figure sur l'enregistrement studio, est bel et bien présente, pour mon plus grand bonheur. Mystérieuse et envoûtante, elle est vêtue d’une minirobe noire et d’un grand châle noir et blanc. La Danoise (elle vient des Iles Féroé) évoque Björk évidemment, mais aussi Nina Persson (Cardigans) et Natasha Khan (Bat For Lashes). Un grand moment! Lydmor reviendra plus tard sur le podium pour chanter “Evaporate”. Une artiste à découvrir!

Au cours de son show, Arsenal enchaîne une série de chansons électro-rock assez variées, rehaussées d'influences brésiliennes (“Saudade“) ou asiatiques. L'ambiance est estivale, colorée, multiculturelle ; et on remarque aux côtés de John Roan une chanteuse de couleur particulièrement efficace : Léonie Gysel. Plus tard, au moment où on commence à se lasser du format, Arsenal relance la machine en proposant une salve finale de hits, dont le plus marquant est sans conteste “Melvin”. Le rythme irrésistible et le refrain “Turn It Up...” font mouche et la foule toute entière chante et danse. Petit bémol : Arsenal prolonge le morceau un peu trop longtemps et y introduit une inutile allusion à “Shout” de Tears For Fears. Le concert se termine par “Lotuk”, issu de l'album éponyme. En conclusion : une bonne prestation, surtout marquée par la découverte de Lydmor ; en ce qui me concerne en tout cas...

Le temps de boire une bonne bière et on passe au plat de résistance de la soirée : Texas. Emmené par la jolie Sharleen Spiteri, la formation écossaise est née en 1989 et s'est taillé, au fil du temps, une bien belle réputation scénique. Le choix du patronyme ‘Texas’ constitue un hommage au film “Paris, Texas”, de Wim Wenders. Et il y a un peu de la musique originale du film, composée par Ry Cooder, dans les premières notes dispensées à la slide guitar par Ally McErlaine, qui résonnent en ce début de concert. Tout le monde reconnaît bien évidemment l'intro de “I Don't Want A Lover”, leur fabuleux hit qui remonte à 1989. Une belle manière de rentrer dans le vif du sujet. Sharleen Spiteri apparaît sur le podium, souriante et rayonnante comme d'habitude. Elle porte une marinière aux rayures blanches et noires ainsi qu'un pantalon gris : un look tout en simplicité et en discrétion. Le public lui réserve un accueil triomphal, qui provoque même une réaction d'étonnement chez elle, qui a dû pourtant en voir, des publics enthousiastes!

Sharleen Spiteri est très en forme et après “Halo” et “Detroit City”, tiré de son dernier opus “The Conversation”, elle enchaîne “Once In A Lifetime”, qui provoque à nouveau une très belle réaction du public. Le pop-rock de Texas est agrémenté de touches de blues et de soul, un cocktail reconnaissable entre mille. Entre les morceaux, elle adresse toujours quelques mots dans un anglais glaswégien parfois difficile à comprendre. Elle a cette capacité de générer la sympathie et de mettre tout le monde dans sa poche. Quand elle ne joue pas de la guitare, elle arpente continuellement l’estrade. Sa présence est vraiment remarquable.

En introduisant “So Called Friend”, elle remarque avec plaisir la présence de nombreux jeunes dans les premiers rangs. “Black Eyed Boy” et “Summer Son” amorcent l’assaut final. La pression monte progressivement jusqu'au paroxystique “Say What You Want”. La formation se retire dans un vacarme assourdissant, le public réclamant un rappel...

Texas revient sur les planches pour interpréter le nouveau titre “The Conversation”, qui ma foi, passe plutôt bien la rampe. Très peu d'artistes peuvent se targuer de pouvoir toujours composer des hits, 25 ans après avoir débuté leur carrière! Texas embraie par “Inner Smile”, une compo caractérisée par ses accents soul. Lorsque la formation quitte à nouveau l’estrade, on imagine que leur prestation est définitivement close. Mais pas du tout, car le public parvient à obtenir un second rappel. Pour une superbe version du “River Deep, Mountain High” d'Ike & Tina Turner, clôturant définitivement ce remarquable concert !

A plus de 46 ans, Sharleen Spiteri tient toujours une forme d'enfer! Fatigués après trois soirées de festival, nous zappons la soirée Electro-City qui se déroule au Mont des Arts et nous rentrons nous ressourcer en prévision des jours suivants...

Setlist (tbc): I Don't Want a Lover, Halo, Detroit City, Once in a Lifetime, If This Isn't Real, When We Are Together, Big World, Dry Your Eyes, In Demand, So Called Friend, Summer Son, Black Eyed Boy, Say What You Want

Rappel: The Conversation, Inner Smile

2e rappel: River Deep Mountain High (reprise de Ike & Tina Turner)

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Lokerse Feesten 2014 : dimanche 10 août

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Les Lokerse feesten avaient donc décidé de consacrer la dernière journée –essentiellement– à la musique jamaïcaine. A l’affiche on retrouvait ainsi The Wailers, backing group du mythique et défunt Bob Marley et Sean Paul, roi du dancefloor et véritable machine à hits. Mais également un petit bout de femme à l’organe vocal digne d’une grande diva du rock’n’roll. En l’occurrence Jessie J.. Anglaise, elle a également composé des chansons pour d’autres artistes, comme Rihanna, Justin Timberlake, Alicia Keys ou encore Miley Cyrus. Pour cette ultime date, la Groote Kaai est pleine à craquer.

Le line up actuel des Wailers réunit Aston 'Family Man' Barrett à la basse, Aston ' Family Man' Barrett Jr aux claviers, Keith Sterling aux synthétiseurs, Drummy Zeb aux drums, Audley Chisholm à guitare rythmique, Dwayne Anglin aux vocaux et Cagée Victory aux choeurs. The Wailers est une formation qui a accompagné Robert Marley jusqu’en 1980, soit un peu moins d’un an avant sa mort. Au cours de ce concert, d’une durée d’un peu plus de 150 minutes, les deux rappels compris, elle va nous réserver les tubes intemporels du grand Bob. Le temps est à l'automne. Il ne pleut pas, mais il ne fait pas très chaud. Et la petite laine est de rigueur.

Dès que les musicos montent sur l’estrade, ils se figent devant leur instrument. Et si Cagée, la choriste, se trémousse durant tout le show, seul Dwayne arpente le podium de long en large. Le set s’ouvre par l’obscur « Cobra Style ». Mais la suite sera constituée d’une succession de hits intemporels tels que « Is This love », « No Woman No Cry », « Could You Be Loved », « Three Little Birds », « Buffalo Soldier », « Get Up Stand Up », « Stir it Up » (cover de Johnny Nash), « One Love », « I Shot The Sheriff », « Waiting In Vain », « Rock The Boat » et en final, « Jammin' ».

Lors du rappel, Dwayne nous réserve une adaptation magistrale de « Redemption Song » à la guitare acoustique, avant que le reste du band ne revienne sur les planches pour attaquer « Exodus ». Les aficionados ont manifestement apprécié le concert. Leur rappelant de bons souvenirs, tout en leur inoculant l’un ou l’autre frisson. Perso, le spectacle m’a paru une peu trop tiré en longueur. D’abord parce que la majorité des musiciens sont demeurés statiques et n’ont jamais donné l’impression de vouloir communiquer avec le public. Dwayne constituant la seule exception qui confirme la règle. Derrière un micro, Damian, Stephen, Julian ou Ky-Mani Marley sont capables de dynamiter un show à eux seuls tout en interprétant les chansons du père Marley avec conviction et respect. Franchement, j’ai déjà eu l’occasion d’assister à un set des Wailers, et il était bien plus dynamique.

Place ensuite à ce fameux intermède assuré par Jessica Ellen Cornish alias Jessie J.. Auteur-compositeur-interprète insulaire, elle a publié son premier single, « Do It Like A Dude », en novembre 2010, un titre qui a atteint la 2ème place des charts au Royaume-Uni. Et le deuxième, « Price Tag », lui permet de déjà décrocher son premier numéro 1. Jessie compte deux albums à son actif : « Who You Are » sorti en 2011 et « Alive » paru l'année dernière.

Telle une furie, Jessie J. déboule sur l’estrade et entame son spectacle par un « Sexy Lady », plutôt torride. Elle est sensuelle. Très jolie. Et on n’a d’yeux que pour elle. (NDR : 20 ans de moins…) Dès ce premier titre, son public est en poche. Elle occupe toute l’estrade. Elle est à gauche, à droite, devant, derrière. Partout quoi. Et sa voix me fait parfois penser à celle de Katy Perry. Elle embraie par « Domino ». Juste avant d'attaquer le morceau suivant, elle clame : 'It's not my party. It's your party', en s'adressant au public. Le dancefloor est ouvert pour 70 minutes sans la moindre seconde de pause. Elle aborde ensuite « Calling All Hearts/Treasure ». Excellent, le guitariste possède une technique digne de Nile Rodgers. Le funk est dans la place. Si vous n'avez pas le bas des reins qui se dandine, vous n'avez rien compris à la musique. Jessie introduit chaque chanson par quelques mots. Elle encense ses musicos, mais également ses deux choristes exceptionnelles. « Sweet Talker » et « Nobody's Perfect », sont deux morceaux plus classieux, mais toujours aussi dansants. Tout comme le plus voluptueux « Wild ». L’électro commence à prendre l’ascendant. Et « LaserLight » en est une belle illustration. Le nouvel opus paraîtra en octobre. Elle nous en concède « Keep Us Together ». Mais la diva est également capable de conjuguer douceur et raffinement. « Conquer The World/Wonderwall/ You Don't Really Know Me/White Room » est un medley  au cours duquel la sèche et les deux choristes tirent leur épingle du jeu. « Who You Are » évoque une Whitney Houston de la grande époque. Elle ferme les yeux afin de mieux se plonger dans la chanson. Sa voix est tellement chargée d’intensité, qu’elle en triture le micro.  « Alive » opère un retour dans un climat dancefloor. Un titre de circonstance, au cours duquel Jessie en profite pour raviver la flamme. L’auditoire est en transe. Elle nous réserve encore une autre nouvelle compo intitulée « Ain't Been Done ». Et deux extraits du premier album, « Do It Like A Dude » et le hit mondial « Brice Tag ». Vu la prestation accordée je ne serais pas étonné que Jessie devienne rapidement une star. Et figure à l’affiche des plus grands festivals. Mon coup de cœur pour cette soirée !  

D'origine anglo-portugaise, Sean Paul Ryan Francis Henriques est né le 8 janvier 1973, à Kingston, en Jamaïque. Il a choisi pour nom de scène Sean Paul. Réservée au dancehall, sa musique s’inspire naturellement du reggae. Au cours de sa carrière, il a publié six long playings : « Stage One » (2000), « Dutty Rock » (2002), « The Trinity » (2005), « Imperial Blaze » (2009), « Tomahawk Technique » (2011) et « Full Frequency » (2014). À ce jour, il en vendu plus de 10 millions de disques à travers le monde.

Mais c’est également un showman. Sur les planches, il est épaulé par un MC pour chauffer le public, mais également le seconder au chant. Quant aux deux danseuses, elles sont destinées à faire grimper la température sur le dancefloor. Et croyez-moi, elles possèdent toutes les aptitudes nécessaires pour y parvenir.

Lorsque le show s’ouvre, on est bombardé par un light show monumental, des fumigènes multicolores et une pluie de confettis. Sean peut alors monter sur l’estrade. La setlist aligne « So Fine », « Get Busy » et « Give It Up To Me ». Ainsi que « Got 2 Luv U », issu de l’elpee « Tomahawk Technique ». C’est d’ailleurs l’opus que votre serviteur préfère. Cet artiste est constamment sur les chardons ardents et a bien intégré l’art de la communication. Auprès de son public, notamment. Il lui demande constamment de jumper, de lever les bras ou d'applaudir. Il vise d’abord le public féminin, qui semble ravi de cette attention qu’il lui porte. Le guitariste et le bassiste épaulent parfaitement Sean ; ce qui ne les empêche pas de se montrer extrêmement mobiles sur les planches. Les interventions du drummer son convaincantes. Le line up implique deux claviéristes, un rôle que le leader estime prépondérant au sein de son line up. La selist ne s’autorise aucun temps mort. « How Deep In Your Love », « Baby Boy », « Like Glue » et « We Be Burnin' » se succèdent. On a encore droit à un autre extrait de « Tomahawk Technique », « Hold On », puis deux de « Dutty Rock », « I'm Still In love With You » et « Punkie ». Mais également du nouveau long playing, « Good Feeling ». Derrière le batteur, des images défilent sur un écran. Le nom de Sean Paul revient systématiquement, comme si c'était la première fois qu’il se produisait en ‘live’. Sous un déluge de lumières et de feux d’artifice, « Body » clôt la partie officielle du concert. Comme en début de parcours. Sans oublier les confettis. La fête est finie, mais Sean Paul adore en remettre une couche. Il a enfilé un nouveau t-shirt pour achever définitivement son show, par « She Doesn't Mind » et « Temperature ». Contrat rempli. Rendez-vous en 2015, pour la 41ème édition…

(Organisation : Lokerse Feesten)

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Brussels Summer Festival 2014 : vendredi 8 août

La 13ème édition du Brussels Summer Festival a démarré en force ce vendredi 8 août. Plus de 11 000 spectateurs avaient rallié la Place des Palais pour participer un festival qui rythmera pendant 10 jours l'été bruxellois. Eclectique et riche, l’affiche bénéficie d’un cadre historique unique –c’est-à-dire le coeur de la capitale européenne– et surtout d’un prix extrêmement démocratique (50 € pour le pass de 10 jours).

La volonté du 'BSF' de proposer un patchwork inédit de genres est démontrée par la programmation de la première soirée. C'est The Feather, le projet belge de Thomas Medard, le chanteur de Dan San (NDR : dont la chevelure argentée est très abondante), qui a l'honneur d'ouvrir les hostilités dès 18h. La foule n'est pas encore compacte mais la formation se taille un beau succès d'estime en proposant un rock indie aux accents folk. Derrière Thomas Medard, un groupe complet se charge des guitares, batterie, claviers, vibraphone et percussions. On pense à Midlake, Fleet Foxes ou encore Crosby, Stills & Nash. C'est beau, sensible, joliment ciselé. Après les Ardentes, les Francos, Dour et le BSF, The Feather s'embarquera pour le Canada : un groupe belge à suivre!

Dès 19h, la toute grosse foule attend la sensation lilloise : Skip The Use. Soyons clairs : la Place des Palais offre vraiment ses avantages et ses inconvénients. Le cadre est superbe pour un concert ; mais lorsque l'on entasse 11 000 personnes dans un long couloir, que la sonorisation est d'une qualité moyenne et les écrans cruellement petits, on ne peut pas parler de confort. En outre, les files sont interminables aux ‘ticket shops’ et aux bars à bière. Enfin, ne nous plaignons pas, car l'ambiance et la bonne humeur sont au rendez-vous ; et les gars de Skip The Use ont décidé de casser la baraque! Leur patronyme se traduit par ‘Changer les habitudes’ et c'est vrai qu'ils ont quelque chose de nouveau, de rafraîchissant, ces voisins du Nord de la France. Mat Bastard, le 'frontman' du groupe et ses acolytes, Yann Stefani à la guitare, Jay Jimenez à la basse, Lio aux claviers et Manamax à la batterie, libèrent une superbe énergie sur les planches.

Musicalement, ils mélangent funk, rock, metal, disco, reggae, ska et brit-pop. Notamment. Une sorte de fourre-tout ou d'hydre à 10 têtes, si vous préférez, évoquant tout à tour Rage Against The Machine (auxquels ils rendent hommage en reprenant “Killing In The Name Of...” en plein milieu de leur titre “You Are”), Bloc Party, Madness voire encore Blur. Le concert file à 100 à l'heure grâce à des titres puissants comme “30 Years”, “Nameless World” et “Give Me Your Life”. Mat Bastard se fend même d'une imitation de Brian Johnson, d'AC/DC. En général, on a quand même l’impression qu’il en fait parfois un peu trop. Plus tard, leur hit “Ghost” récolte évidemment un énorme succès. L'ombre de Gorillaz plane sur l’estrade... A la fin, la compo vire complètement électro et c'est la folie chez les fans. “The Bastard Song”, devenu un classique, clôture tout naturellement leur prestation, et Mat Bastard adresse au beau milieu du morceau, un clin d'oeil à “Quand La Musique Est Bonne”, de JJ Goldman... En conclusion : un concert qui, malgré un côté un peu foutraque et très démagogue, aura quand même méchamment réussi à faire bouger la foule.

Setlist : 30 Years, Nameless World, Give Me Your Life, The Story of Gods and Men, Gone Away, People In The Shadow, Birds Are Born To Fly, You Are, Ghost, Être Heureux, Bullet, Bastard Song.

Changement radical d'ambiance et d'époque et place à Patti Smith, une des légendes vivantes du rock. En 1975, son album “Horses” avait provoqué une petite révolution, grâce à un rock poétique, exécuté dans la tradition des Doors et de Joni Mitchell, mais doté d'une énergie et d'une philosophie 100% punk. Elle en a publié 10 autres depuis. Aujourd'hui, à 67 ans, elle peut se targuer d'avoir inspiré plusieurs générations de musiciens. Après avoir assisté à son set, accordé dans le cadre du Sinners Day, en 2011, je me réjouissais de la revoir en ‘live’ ; et je n’ai pas été déçu. Quelle grande dame ! Tour à tour illuminée, rageuse, sensuelle mais toujours touchante.  

‘I'm glad to be back in Brussels!’: Patti Smith fait d'emblée référence au concert qu'elle avait accordé en 1976, au Cirque Royal. Coiffée d'un bonnet et portant un jean trop large, elle nous hypnotise à nouveau de sa voix grave. Que ce soit “Dancing Barefoot” ou le titre reggae “Redondo Beach”, les chansons sont ralenties comme pour en sublimer la beauté. En intro de “In My Blakean Year”, elle improvise des paroles qui se réfèrent à ce fameux show de 1976, accompli à Bruxelles. Très sympa !

Elle n’oublie évidemment pas “Because The Night”, son plus grand hit, co-composé par Bruce Springsteen, qui déclenche le plus de réactions et marque le passage à la partie la plus musclée du concert. La maîtresse de cérémonie a tombé le manteau, mais également le bonnet ; et maintenant, ça va déchirer! Même les jeunes, qui sont là juste pour boire un coup, tendent l'oreille et confessent : ‘Ouais, je connais cette chanson : Because The Night Belongs To Lovers...!’ “Banga”, extrait de son dernier elpee, maintient la pression. Patti Smith y hurle comme un loup et après une déclamation poétique (‘spoken word’ en anglais), elle enchaîne directement par un “People Have The Power” intense et bouleversant.

‘Jesus Died For Somebody's Sins But Not Mine...’: ces paroles, qui figurent sur sa fabuleuse reprise de “Gloria” (des Them), avaient marqué mon âme d'adolescent, il y a, disons, un certain nombre d'années... Des frissons me parcourent l'échine en écoutant à nouveau cette compo, qui n'a pas pris une seule ride. On est au septième ciel et après un nouveau 'spoken word' étourdissant, Patti Smith entame le tour de force final de tous ses concerts: “Rock'n’Roll Nigger”. Toute la rage de cette activiste se déverse sur scène. Elle éructe ‘Outside of society, that’s where I want to be!’ et ne manque pas de faire une allusion à Edward Snowden. La fin de la chanson est violente et la chanteuse pète une corde de sa guitare. En 2011, elle avait cassé sa corde avec ses dents lors d’un rituel impressionnant. Ici, la finale et plus courte mais tout aussi puissante. La grande prêtresse se retire en criant ‘Bruxelles, je t'aime!’. Nous aussi, on t'aime...

Setlist: Dancing Barefoot, Redondo Beach, April Fool, My Blakean Year, Beneath the Southern Cross, Ain't It Strange, Pissing in a River, Because the Night (Dedicated to Fred "Sonic" Smith), Banga, People Have the Power, Gloria (Them cover), Rock N Roll Nigger

Lourde tâche pour Mathieu Chedid, alias -M-, que de se produire après une prestation aussi consistante. Conformément à nos craintes, le contraste sera malheureusement très cruel pour le chanteur et guitariste français. Ses gros riffs de guitare sonnent trop 'cliché'. Son look faussement 'glam' fait pacotille et nous sommes restés assez insensibles à sa voix et à ses compos. Mais l'homme est une bête de scène et son énergie est très communicative. De plus, il manie très bien les changements de dynamique qui font rebondir un concert en permanence. Le set part un peu dans tous les sens, au risque de virer au n'importe quoi, par moments.

Après quelques titres, dont “Mon Ego”, “Onde Sensuelle”, “Océan” et “A Tes Souhaits”, -M- annonce une énorme surprise... et voilà-t-y pas que Saule déboule sur le podium... Les musicos attaquent alors des extraits de “Little Wing” de Jimi Hendrix et d’“Immigrant Song” de Led Zeppelin, avant de se lancer dans une reprise de “Lucille” assez catastrophique. La séquence karaoké se poursuit par des extraits de MC Hammer, Van Halen, White Stripes et Rage Against The Machine (encore!)...

Mathieu Chedid parvient heureusement à enrayer l'overdose et le final du concert est beaucoup plus intéressant. “Je Dis Aime”, et surtout le très funky “Machistador”, font mouche et le public est aux anges. Après une courte interruption, -M- revient pour interpréter le japonisant “Machine” et le tropical “Bahia”.

En conclusion, une prestation M...itigée de Mathieu Chédid, épinglant quelques très bons moments, libérant parfois une très bonne énergie mais affichant un côté 'gimmick' vraiment horripilant...

Une partie du public s'est ensuite déplacée vers le Mont des Arts pour continuer la fête sur de la musique électro (NDR : Rodriguez Jr devait être aux manettes à ce moment-là) ; mais la pluie m'a vite découragé de rester plus longtemps. C'est donc la tête encore baignée dans la musique sensuelle et poétique de Patti Smith que je suis rentré... Car le festival ne fait que commencer!!  

Les tickets pour le BSF sont en vente sur www.bsf.be , www.yetix.be , www.ticketnet.be ou en exclusivité dans les magasins FNAC.

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Lokerse Feesten 2014 : dimanche 3 août

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Les Lokerse Feesten fêtent donc leurs 40 années d'existence en 2014. Et chaque édition consacre une journée au métal. Un ‘Metal’s day’ qui s’est donc déroulé ce dimanche 3 août. Au programme Channel Zero, Devin Townsend Project, Dimmu Borgir, Down, Motörhead et Within Temptation.

La formation belge Channel Zero ouvre les hostilités. Très tôt, puisqu’il est 16h30. Dans l’univers du métal noir, jaune, rouge, il s’agit certainement de la formation la plus ancienne. Fondée en 1990, elle s’est inspirée de « She Watched Channel Zero », une compo du groupe de rap américain Public Enemy, pour choisir son patronyme. Le combo s’était séparé en 1997, avant de se reformer en 2010. A 7 reprises elle parvient alors à remplir, une institution comme l'Ancienne Belgique. Malheureusement, le 10 août 2013, Phil Baheux, le drummer, décède inopinément. Juste avant un concert que le band devait accorder dans le cadre du Brussels Summer Festival. Il s’y produira, mais pour y dispenser un bref mais émouvant set acoustique en hommage à leur batteur. C.Z. décide néanmoins de poursuivre l’aventure, et recrute Seven Antonopoulos, un musicien grec, pour participer aux prestations ‘live’, comme préposé aux fûts. « Kill All Kings », leur nouvel elpee, paraît début 2014, un disque qu'il vient défendre au sein d’une AB sold out le 11/04/2014.

Franky De Smet Van Damme (NDR : fier de son nouveau micro), le toujours aussi fringant bassiste Tino Di Martino et le gratteur Mikey Doling, sont bien accompagnés par le nouveau drummer hellène, Seven Antonopoulos. Le set ne va cependant pas dépasser les trois-quarts d’heure. Une petite déception quand on est apprécie tout particulièrement le meilleur groupe belge de métal.

Suivant un certain rituel, Franky s’asperge la tête d’eau, et en réserve également à la foule. Toni partage également ces ablutions, puisqu’il en reçoit dans la nuque. Le vocaliste est en forme. Véritable boute-en-train, il s’autorise même, en fin de parcours, un petit périple au-delà des barrières afin de rejoindre son auditoire. Et le drummer a également la pêche, puisqu’il parvient à briser la pédale de la grosse caisse. Un incident rapidement réparé par les roadies. Entre le quatuor et les spectateurs, l’interactivité est parfaite. Lorsque Mikey a soif, il affone une bière. Moment choisi par Franky pour lui placer le micro sous le menton, afin de bien répercuter le rot salvateur de Mikey. Bourrés d’énergie, les compos défilent : « Feed'Em Witch A Brick », « Hot Sumer », « Suck My Energy », « Dark Passanger », « Electric Cocaine » et en finale, l’incontournable « Black Fuel ». Le quatuor rend également un hommage à Phil, leur ami disparu, lors d’un « Angels » particulièrement électrique. Un set court, puissant, mais bigrement excitant…

Agé de 42 ans, Devin Townsend drive donc son propre band. Talentueux sixcordiste, il a été découvert par un des maîtres sur l’instrument, Steve Vai. A l’époque, le Canadien vient à peine de fêter ses 19 printemps. Et le New-yorkais lui propose d'enregistrer sous sa houlette, « Sex And Religion ». Suite au départ de Robert Halford, Judas Priest propose également à Devin, la place vacante de chanteur. Devin décline l'offre et préfère se concentrer sur sa carrière en solo. Qu’il entame d'abord sous son propre nom ; avant de lui coller, dès 2009, le qualificatif Project. Devin est également venu défendre son nouvel album, « Casualties Of Cool », paru en avril. La plaine est déjà bien garnie. Le leader est soutenu par un second gratteur, un bassiste dont la barbe est aussi fournie que celle de Léopold II et drummer, qui malgré ses frappes frénétiques, se révèle avant tout efficace. Voire même exceptionnel…

Le show s’ouvre par un « Seventh Wave » plutôt pompeux. Les interventions de Devin sur son manche sont magistrales. Mais le son manque de netteté, fait tellement rare à Lokeren, qu’il faut le souligner. Faut dire que les accès de basse sont trop envahissants. Pour préserver mes fragiles tympans, les boules-Quiès sont de rigueur. « War » baigne dans une même emphase. Heureusement, Devin maîtrise bien sa voix. Tout comme sa guitare. Il arpente constamment l’estrade. La musique de Devin Townsend Project est le fruit d’un mélange bien équilibré entre death, thrash, black et indus. Une fusion de formes métalliques extrêmes. Pourtant, quoique puissante, l’expression sonore peut se révéler mélodique. Du tracklisting, limité à 40 bonnes minutes, j’épinglerai « By Your Command », « Dead Head » et « Planet Of The Apes ». Je découvre pour la première fois ce Devin Townsend Project. Et difficile de se faire une opinion valable, après un set aussi court. A revoir dans d’autres conditions. Et surtout en salle…

Le changement de matériel est assez rapide. Trente bonnes minutes. Place dès lors à Dimmu Borgir, une formation norvégienne qui compte déjà deux décennies de carrière. Et dans le domaine du black metal mélodique, c’est une référence. J’avais eu l’occasion d’assister à leur set, en première partie de Korn, il y a un peu plus de deux ans, à l'Ancienne Belgique. Le concert des Vikings s’était déroulé au cœur d’un décor dépouillé. A Lokeren, les fumigènes, braseros et autres artifices pyrotechniques vont nous en mettre plein la vue. Un peu comme Sabaton, l’an dernier. Et finalement, heureusement que cet environnement est resté sobre lors du show accordé dans la salle bruxelloise, sans quoi il aurait fallu appeler les pompiers à la rescousse. C'est également la première fois que j’assiste à un concert de ce groupe, dans le cadre d’un festival. Leur grimage est de couleur blanche, afin d’accentuer l’aspect sombre de leur black metal. Malgré deux opus gravés par la suite, soit « In Sorte Diaboli » en 2007 et « Abrahadabra » en 2010, le band puise essentiellement sa setlist dans l’elpee « Death Cult Armageddon », qui remonte à 2003. Pas moins de six plages de cet album lui sont réservées : « Allegiance », « Progenies Of The Gredt Apocalypse », « Lepers Among Us », « Vredesbyrd », « Cataclysm Children » et « Eradication Instincts Defined ». Une œuvre qui présage la fin du monde. Et elle commence peut-être sur la plaine de Lokeren. La carrure du vocaliste, Stian Thoresen aka Shagrath est impressionnante. On dirait que sa voix émane d'outre-tombe. Alias Galder, Thomas Rune Andersen (NDR : le guitariste !) a le regard qui tue (NDR : je parie que dans la vie de tous les jours, ce gars est sympathique). Le claviériste a également de la taille. Son physique me fait penser à celui de Rammstein. Le combo a des planches et son show va vraiment impressionner l’auditoire. Il concède un morceau d’« Abrahadabra » (NDR : le long playing que votre serviteur apprécie le plus !), « Dimmu Borgir ». Le concert s’achève par « Mourning Palace », un extrait de leur troisième LP, « Enthrone Darkness Triumphant », sorti en 1997. Mon premier coup de cœur pour la journée !

Fondé en 1991, Down a décroché un album de platine, aux States, en 1995. Puis le combo s’est montré plus que discret, s’autorisant même deux longues pauses. Ce qui explique pourquoi, à ce jour, le band ne compte que trois elpees à son actif. Une formation yankee formée par l’ex-Pantera Philip Anselmo. Préposé à la six cordes, il est toujours soutenu par Pepper Keenan, à la seconde gratte et Jimmy Bower aux drums. La musique de Down est puissante. Les riffs de guitare sont accablants, gras et huileux. Les drums sont incisifs et plutôt rock’n’roll. La voix est gutturale. Elle est cependant imbibée de bourbon. Philip harangue la foule en arpentant l’estrade de gauche à droite ou de droite à gauche. Un set idéal pour chauffer la tête d’affiche.

Motörhead a multiplié les annulations au cours des derniers mois. A tel point qu’on se demandait si finalement, il allait bien se produire, aux Lokerse Feesten. Leur dernier opus, « Aftershock » est paru l’an dernier. Et la bande à Lemmy est quand même venue plaider sa cause.

Nouveau changement de matos et la formation insulaire peut monter sur les planches. Elle débarque même quelques minutes avant l’horaire officiel. ‘Hello, We Are Motörhead!’ lance Lemmy à la foule. Agé de 69 balais, le vieux rocker a rencontré quelques sérieux problèmes de santé, au cours des derniers mois. Faut dire que son addiction au sexe, aux drogues et à l’alcool devait inévitablement déboucher sur une impasse. Il s’agit de la seule date accordée par Motörhead sur le sol belge.

Drivé par le chanteur/bassiste Lemmy Kilmister, Motörhead maintient le cap depuis le début des 70’s. Au sein du trio, Phil Campbell se consacre à la guitare et Mikke Dee, aux drums. Trempée dans le whiskey, la voix de Lemmy constitue toujours une référence pour quatre générations de métalleux. Et un concert du trio est totalement dévastateur. Perso, à moins d’être totalement sourd, impossible de l’encaisser sans boules-Quiès. A l’avant-scène, la muraille d’amplis ‘Marshall’ crache le feu. Ou les décibels, si vous préférez. Motörhead ne fait pas dans la dentelle. J’imagine alors une danseuse gambader sans tutu ni ballerines…

Le set s’ouvre par trois pistes, issue d’« Overkill », un long playing paru en 1979 : « Damage Case », « Stay Clean » et « Metropolis ». La puissance est déjà au rendez-vous. La setlist embraie par « Over The Top », un extrait de « Bomber ». Puis par « The Chase Is Better Than The Catch », une piste qui figure sur « Ace Of Spades ». « Rock It » rocke sec. Pourtant, les solos épiques concédés par Lemmy ne sont pas vraiment convaincants. Ils sont même, à la limite, faiblards. Heureusement Phil et Mikkey compensent ce coup de mou. Et parviennent même à dynamiter l’ensemble. Un seul extrait du nouvel album « Aftershock » est interprété. En l’occurrence, le très blues « Lost Woman Blues ». Dommage que la setlist fasse abstraction des autres compos du nouvel LP. Le papy semble fatigué et s’être endormi sur ses lauriers, en ne proposant que d'anciens standards qui ont fait sa gloire. « Doctor Rock » nous réserve un solo de guitare, qu’assure de main de maître Mikkey, en forme olympique. Du tracklisting j’épinglerai encore « Just 'Cos You Got The Power », « Going To Brazil » et Killed By Dead », mais surtout la fin de parcours « Aces Of Spades » et « Overkill », au cours duquel Motörhead, termine sa prestation en force.

Ce n'est pas le meilleur concert de Lemmy auquel j’ai pu assister, à ce jour. Manifestement, il a pris un coup de vieux. Tout comme son rock'n'roll. Malgré tout le respect que je lui accorde, il serait peut-être temps qu’il prenne sa retraite. Il a quand même presque 70 balais ! Sincèrement, sa santé m’inquiète. Et vu le caractère du personnage, je le vois mal boire de l’eau. Satisfait de l’avoir revu, mais à moins d’un changement radical de comportement, il est ‘mal barre’…

Within Temptation clôt la soirée. Je fais l’impasse sur ce set qui s’adresse surtout aux adolescentes boutonneuses qui ont eu la permission de minuit... Il est temps de rentrer au bercail. Après une telle soirée, on pourrait croiser une louve garou…

(Organisation : Lokerse Feesten)

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Micro Festival 2014 : samedi 2 août

Le Micro Festival, c’est un îlot atypique perdu quelque part dans un océan où tout se ressemble.
Un point minuscule qui grandit chaque année et brille d’une lumière différente au milieu d’une nuit surchargée de néons criards.
Le Micro Festival, c’est le chemin boisé où il fait bon respirer quand la plupart du temps on cherche son souffle au milieu de ces grandes autoroutes musicales, immenses artères tentaculaires qu’on emprunte, quoiqu’il arrive, toute l’année.

Quelques heures de sommeil éparpillées sous les étoiles et me revoici, toujours affligé de mes deux entités céphaliques à l’entrée de la cour abritant le Micro Festival.

Quelques minutes passées à saluer ceux que l’on connaît et c’est déjà l’heure des Portugais de Paus.

Entre vraies bonnes excuses et fausses joies anticipées nous n'avons, mes deux têtes et moi, hélas, pas eu l'occasion d'assister au set de Fùgù Mango qu'on nous décrit pour l’heure comme sympathique, estival, teinté de funk et d’afrobeat (ou d’affreux beats, je ne sais ce que je devais comprendre ?)

A vrai dire, je passe aussi à côté du set des Gantois d’Alpha Whale.

Ce qui dans un premier temps me chagrine (car je les ai vus il y a peu de temps à l’Escalier et ils m’ont vraiment bien plu) et ensuite me console (puisque je les ai vus il y a peu de temps et qu’ils m’ont vraiment bien plu).

Vu que ces surfers de la vague Psyché devraient faire encore parler d’eux, dans un futur proche, je me promets d’être présent à notre prochain rendez-vous.

Et donc, c’est l'heure des Portugais de Paus.

Forts d'un excellent deuxième album sorti tout récemment ("Clarão") qui sera d'ailleurs parcouru quasiment en intégralité, le quatuor emmené par ses deux batteurs va nous offrir un set assez ébouriffant.

L'africanité presque permanente des compositions, plus évidente encore que sur l’elpee, évoque les Foals de la première heure mais aussi la transe de Konono n°1 (la guitare sonnant parfois comme un likembé).

Mais on peut aussi songer à Battles pour les rythmiques et les sons stridents du clavier. Les noms de Caribou et Raptures seront aussi quelques fois évoqués dans les conversations d'après concert. C'est en tout cas une petite gifle que nous assène les Lusitaniens.

Entêtants, obsédants, hautement psychédéliques, les morceaux s'enchaînent avec une efficacité remarquable. "Bandeira Branca" confirme par exemple son statut de tube en puissance et "Corta Vazas" nous transporte en Afrique pendant quelques minutes. On regrettera toutefois que ce concert n'ait pas été programmé plus tard. Face à un public plus échauffé, la fête n'en aurait été que plus belle.

Le temps pour la foule d'apprivoiser cette musique aux informations multiples et le concert s'achève déjà dans une sorte de samba-rock déjantée, laissant pêle-mêle des corps parcourus de spasmes orgasmiques et d’autres complètement révulsés.

Suite au retard des UV Race coincés dans un embouteillage (et plus dans une bouteille à mon avis), ce sont les Night Beats qui vont prendre le relais.

Après un début un peu timide où il enchaîne de courts morceaux garage assez classiques, le groupe prend ses marques et se lâche un peu. La prestation manque tout de même un rien de folie que tente pourtant d'apporter le chanteur/guitariste Danny Lee Blackwell, à travers quelques effets de pédales.

Ses soli sont sympa mais peut-être un peu redondants.

Moment amusant et un peu pathétique lorsque le bassiste (qui arbore à l’occasion une très jolie chemise admirablement assortie à la laideur de sa tignasse) se lance dans la foule pour s'écraser quelques mètres plus loin comme un bouse, les quatre fers en l'air.

Le festivalier liégeois manquerait apparemment de force dans les bras.

Je reste un peu mitigé sur la prestation des trois Texans mais mon avis semble être une exception. La plupart des personnes friandes (c'est très laid ce mot au féminin) de ce style musical semblent, elles, satisfaites.

Le concert est monté en puissance et au final leur a apporté ce qu'ils cherchaient.

Un taulier du garage liégeois me confie qu'il a adoré le chanteur et que la fin du concert lui a fait penser aux Black Lips et même aux Posies. Il ne partage manifestement pas mon impression générale. Car le son n’est pas assez ‘sale’. Il serait même plutôt tendre. Je lui concède que j'attendais peut-être de l'originalité là où il n’y en avait pas ; et que "Real Change" est quand même un putain de bon morceau.

Tout le monde ayant trouvé son bonheur, place aux suivants.

Des suivants qui vont quant à eux réellement diviser les opinions, à commencer par le mien.

Meilleur concert du festival pour certains. Immonde et grotesque pour d'autres, les commentaires abondent dans un sens comme dans l’autre, sans nuance dans les propos.

En toute objectivité et en prenant le recul nécessaire (minimum six mètres), on assiste en effet à une blague potache qui peut irriter ou amuser selon l’humeur du moment.

UV Race, puisque c’est d’eux dont il s’agit, ne réinventent rien en substance ; et c’est un euphémisme.

On assiste dès lors à une parodie de l’école des fans où Mark E Smith (The Fall) serait le parrain médusé par la prestation pour le moins saugrenue d’un gamin obèse, atteint d’une forte propension à l’exhibitionnisme.

S’il n’est pas question de finesse, il faut reconnaître que ces Australiens affichent un sacré capital sympathie, qui au-delà du premier degré, génère un plaisir communicatif.

Bref j’ai adoré (cerveau gauche) et détesté (cerveau droit).

La polémique lancée devait rebondir et rebondir encore et encore.

N’épargnant pas au passage les BRNS qui suivaient dans la foulée.

Le groupe suscitant lui, un conflit intergénérationnel.

La plupart des gens de moins de 30 ans à qui je posais la question par la suite (je n’en connaissais que deux) vantaient ces sonorités super cool et ce chanteur/batteur formidable, alors que les plus vieux (j’en connaissais deux cents) squattaient le bar, dégoisant cette musique hype formatée et donc sans originalité, petit condensé de tout ce qui marche depuis cinq ans en indie-pop.

L’effet de surprise ne joue plus. Je dois les avoir vus au moins à 77 reprises (c’était en deux mille douze) ; aussi, il m’est impossible de trancher dans ce dilemme épineux qui au final n’intéresse pas grand monde.

On soulignera néanmoins l’enthousiasme inébranlable d’un public de moins en moins exigeant au fil des heures.

Quelques bières ingurgitées sur fond de DJ Black Slip (Hé ! On est là pour se marrer, non ?) et place aux tauliers du beach goth, j’ai nommé The Growlers.

Ici encore, pas d'unanimité.

Trop mous, insupportables voir prétentieux pour certains, délicieusement cool pour d'autres. On concédera en effet que le concert a dû laisser les amateurs de violence et de danse débridée sur leur faim.

On a en effet eu droit à une succession de ballades psyché/surf au tempo assez lent, exécutées nonchalamment par un groupe qui compte avant tout sur le charisme de son chanteur Brooks Nielsen.

Vu son look (il semble tout droit sorti d'un feuilleton américain issu des seventies), il focalise en effet toute l'attention, multipliant les poses et les pas de danse. On en oublierait presque qu'il est accompagné. Et pourtant la formation a un don pour nous transporter au cœur des sixties, en Californie, afin de vivre un bal psychédélique (auquel participera également cette petite fille de dix ans qui finira juchée sur son dos).

Les amateurs (souvent aMATEUSES) ondulent langoureusement et se laissent emporter par la voix nasillarde de Brooks. Sans doute aurait-il été plus pertinent de programmer ce set un peu plus tôt dans la soirée. Beaucoup de festivaliers auraient sans doute aimé un concert plus bondissant à cette heure mais pour les amateurs de pop, la sucrerie était idéale.

Et puis, après tout, pour remuer, il restait quand même la prestation de The Belgians à se mettre sous la dent dure.

Poussant la ‘potacherie’ dans ses derniers retranchements, The Experimental Tropic Blues Band présente son show (chaud ?) loufoque et gras à souhait (autant au niveau de l’humour que du son).

Bénéficiant d’un montage vidéo caricatural dépeignant notre mère patrie sous ses aspects les plus grotesques, glorieux ou tragiques, le tout mixé sans ménagement, le trio local assène le coup de grâce pour certains et électrifie les derniers soubresauts des autres.

Et quand la machine vidéo vient à s’enrayer, le groupe démontre sa dextérité à éviter l’enlisement.

Une prestation à prendre bien sûr au cinquième, sixième voire dernier degré.

Enfin, il est temps pour tous de se débarrasser des quelques jetons de couleurs qui servent de tickets boissons (à cette heure avancée, plus de bouffe) dans un laps de temps court (fermeture du bar dans une heure et demie).
Et de tirer les conclusions qui s’imposent sur cette cinquième mouture du Micro Festival.
Soit une réussite totale pour un public toujours plus nombreux (deux mille têtes de pipes réunies dans un cadre agréablement décoré et prévu pour un confort optimal), où la musique n’est pas nécessairement la motivation de tous.
Justement, artistiquement parlant, il manquait peut-être un concert vraiment marquant.
Mais les programmateurs n'ont à rougir d'aucun choix.
L’affiche était une nouvelle fois variée et aventureuse.
On aimerait d’ailleurs que ce succès puisse attirer un peu plus de curieux dans les concerts JauneOrange en dehors de cette délicieuse ambiance de pains/saucisses.

Une réflexion qu’on se fait chaque année...

(Organisation : JauneOrange)

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