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Claud et la musique

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Roots & Roses 2015 : vendredi 1er mai

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Il s’agit déjà de la sixième édition du festival Roots & Roses, et votre serviteur, ainsi que Ludo, préposé aux photos, débarquons vers 16 heures. Bonne nouvelle, il y a du soleil. Le temps deviendra un peu frisquet en soirée ; mais au moins, on ne pataugera pas, comme l’an dernier, dans la gadoue. L’affiche épingle trois groupes qui n’entrent pas vraiment dans le contexte du festival. Tout d’abord Romano Nervoso, dont le métal spaghetti tire carrément sur le métal, puis Mudhoney, un mythe du grunge ; et en finale Wovenhand, un combo plutôt alt country, nonobstant des influences qui oscillent du neo folk au punk, en passant par la musique gothique. Jusque 16 heures, les commentaires nous ont été rapportés par notre correspondant néerlandophone, David Van Hee, et il ont été adaptés suivant la sensibilité linguistique francophone…

Le duo belge The Glücks ouvre donc le festival. Un couple qui pratique une sorte de rock’n’roll/garage/psyché/trash/punk crade et énergique qui doit autant à Sonics et Meteors qu’aux Cramps. Il est préposé aux drums. Elle se consacre à la guitare et ses cordes sont constamment chargées de fuzz. Une belle entrée en matière.

Encore des Belges. Des Limbourgeois ! Boogie Beasts met immédiatement la gomme à l’aide de son mélange de delta primaire et de garage. La figure de proue ? Lord Benardo, qui dans son style, est à sa musique à bouche ce que Honey White était au saxophone, chez Morphine.

Louis Barabbas & The Bedlam Six sont insulaires. Bedlam se réfère à l’institution psychiatrique londonienne Bethlem Royal, notoire pour ses pratiques cruelles et inhumaines. Fruit d’un cocktail de gipsy, de rock et de soul, leur expression sonore –non dénuée d’humour– évolue sur un tempo élevé. Elle est aussi très cuivrée (trombone et trompette) et met en exergue le talent de showman de Barabbas, dont les mimiques sont impayables…

The Hackensaw Boys nous vient de Virginie, aux States. Un groupe qui a de la bouteille. David Sickmen, Ferd Moyse, Jimmy Stelling, Brian Gorby et Jon Goff se partagent judicieusement les vocaux ; et ils savent tous quand il faut la fermer. Pour laisser la place à l’instru : banjo, guitare, violon, harmo, basse et percus insolites qui alimentent alors leur bluegrass à la sensibilité punk/rock.

Daddy Long Legs est un trio qui s’inscrit dans le renouveau du blues roots, institué, il y a déjà deux décennies, par Jon Spencer. Murat Aktürk se charge de la six cordes et Josh Styles des fûts –sans cymbales– qu’il attaque à l’aide de maracas ou de ses poings. Daddy Long Legs, c’est également le pseudonyme du chanteur/harmoniciste et donc du leader ce cette formation new-yorkaise au look vintage sixties, mais surtout dont la musique libère une énergie phénoménale. Elle a même été considérée comme la révélation du SXSW, en 2015 ! Un regret, le souffleur ne nous accordera pas son exercice de style, qu’il exécute, l’harmo dans la bouche…

Issue de Princeton dans le New Jersey, Rory Block est considérée comme une figure emblématique du country/blues aux States. Ses maîtres ? Mississippi John Hurt, Reverend Gary Davis, Son House et Robert Johnson, dont elle adapte le « Crossroad blues ». 50 ans qu’elle foule les planches des concerts et festivals. Responsable d’une trentaine d’albums à ce jour, elle a décidé de mettre la pédale douce et de ne plus se produire sur le Vieux Continent.

Les musiciens de The Computers montent sur l’estrade. Ils sont vêtus de noir. Costards et fines cravates nouées sur leurs chemises blanches. Trois gratteurs, dont le chanteur et showman, Alex Kershaw ; et Fred Ansell qui se charge également des claviers. Sans oublier la section rythmique. Leur musique n’est pas particulièrement originale, mais elle est dynamique. Du set, on épinglera cependant la reprise du célèbre « Tutti Frutti », une compo popularisée par Little Richard. Mais c’est surtout le show qui est épatant. Alex monte sur les pylônes du chapiteau, descend dans la fosse et est rejoint par un autre gratteur qui se laisse porter par la foule, tout en jouant sur son instrument. Kershaw se prend parfois pour feu Steve Marriott, quand il propulse ses crachats sur l’estrade. Et il jette même sa Rickenbacker dans la foule, avant de la récupérer. Of course… Un régal pour les photographes !

Chez Hell’s Kitchen, le drummer se sert de percus insolites, comme un ramassette, une poêle ou encore un tambour de machine à laver. Et même d’un kazoo en fin de parcours. Ce qui explique sans doute leur patronyme. Encore que ce soit également le nom d’un quartier situé dans l'arrondissement de Manhattan à New York. Et également le titre d’une émission de téléréalité yankee consacrée à la cuisine. Un trio au sein duquel milite un contrebassiste/bassiste et un chanteur/guitariste particulièrement doué au bottleneck. Il joue tour à tour assis ou accroupi. Le style pratiqué par le combo semble né d’une rencontre hypothétique entre Bo Diddley et Tom Waits. Et la voix de Bernard Monney y est sans doute aussi pour quelque chose…

Romano Nervoso a ramené son contingent d’aficionados. Vêtus de noir, les deux gratteurs et le bassiste ont la boule à zéro. Le batteur porte un nœud papillon. Giacomo, le chanteur, est chaussé de grosses lunettes fumées à bords blancs et a enfilé un pantalon moulant de couleur jaune à paillettes. Sans doute pour rappeler son goût pour le glam. Je m’attendais du western spaghetti. On a plutôt eu droit à une première grosse dose de décibels. Un peu comme si Sweet, Trust et Black Sabbath avaient voulu faire une jam dans un hangar. « Glam Rock Christmas », « Mangia Spaghetti », une version italo-wallonne d’« Aline » de Christophe et une autre du « Roots & Roses » de Fred Lani figurent dans la set list. Mais le son est trop brouillon, et on éprouve énormément de difficultés à comprendre ce que Giac raconte ou chante. Il descend bien dans la fosse rejoindre ses fans, qui ponctueront le show de vives acclamations. Mais perso, il y a un bout de temps que je me suis sauvé pour aller déguster des nouilles chinoises au poulet… J’aurais d’ailleurs pu tout aussi bien pu opter pour un mets mexicain, japonais, italien, mauricien ou simplement me contenter de frites belges voire d’un rootsburger, tant il y avait du choix…

The Excitements est un collectif espagnol. Issu de Barcelone, très exactement. Les musicos sont balaises : un guitariste soliste et un rythmique, un drummer, un bassiste, un sax baryton et un ténor. Qui dispensent un cocktail de soul et de r&b aussi efficace que précis. Une musique destinée à mettre en exergue la voix de Koko-Jean Davis. De petite taille, de couleur noire (NDR : elle est née au Mozambique) et très sexy dans sa minirobe, elle s’agite à la manière de Tina Turner, mais elle n’en a pas le timbre. En fait, elle a une jolie voix, mais pas vraiment transcendante pour le style. Peut-être qu’au fil du temps…

Place ensuite à un monstre sacré du grunge : Mudhoney. Fondé en 1988, le quatuor compte toujours trois membres fondateurs, soit le chanteur Mark Arm, le guitariste Steve Turner et le batteur Dan Peters. Guy Maddison a cédé sa basse à Matt Lukin, au début de ce siècle. Le son est inévitablement imposant. Mark Arm chante d’une voix proche de Jerry Roslie (The Sonics), tout en se contorsionnant à la manière d’Iggy Pop. Enfin, presque. Et face à cette deuxième volée de décibels, les bouchons sont indispensables. Dans ces conditions, difficile d’apprécier totalement un set au cours duquel le combo ne manquera pas de nous réserver son hit « Touch me I'm Sick ». (Set list : Into the drink / I like it small / You got it/ Where is the Future / FDK / 1995/ Judgement, Rage, Retribution en Tyme / Flat out Fucked/ Sweet young thing/ Touch Me I’m Sick/ Neutral/ I’m now/ The final course/ The Money will roll right in / Chardonnay/ The Only Son of the Widow From Nain.)

Il revient donc à Wovenhand de clore le festival. La scène baigne au sein d’une luminosité blafarde, presque brumeuse. Son éternel chapeau à plumes vissé sur la tête, les yeux et le visage grimés, David Eugene Edwards chante ses litanies nord amérindiennes, en s’accompagnant à la guitare. Mais debout. Il est épaulé par un second gratteur et une section rythmique basse/batterie. Le son est puissant, mais limpide. Les guitares sont tranchantes, écorchées. Les drums tribaux. Le climat est empreint de mysticisme. Normal, c’est du dark folk. Bref, le concert est vraiment excellent, mais un détail me chiffonne. Pourquoi chanter constamment sous reverb, quand on a une aussi belle voix. Chez 16 Horsepower et au début de l’aventure de Wovenhand, Edwards n’avait pas besoin de cet artifice. Et en abuser finit par lasser. Sans quoi, on peut créditer le band américain d’une prestation quatre étoiles.

(Organisation : Roots & Roses)

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PacRock 2015 : samedi 25 avril

Le PacRock festival fête ses 10 ans d'existence et c'est donc, si je compte bien, la sixième édition puisqu'il est programmé tous les 2 ans. Les organisateurs ont toujours eu le nez creux pour dénicher la perle rare ou en devenir. Le prix d'entrée est plus que démocratique. Et l’affiche, rock mais éclectique. Depuis la noise au math, en passant par l'électro et l'indie rock. Pour cette édition, elle réunit 19 groupes ou artistes.  

Didier débarque sous les rayons de soleil, vers 16h50, lors de la fin du set de La Jungle. La Jungle est un duo montois batterie/guitare particulièrement efficace. Eponyme, son premier elpee a été gravé sur vinyle à 500 exemplaires. Consistant et puissant, son math rock est légèrement teinté de hardcore. Le drumming est à la fois tribal et énergique. Les riffs sont incisifs, intuitifs et instinctifs, comme chez White Stripes ou Black Box. La voix est envoûtante et chamanique.

Peter Kernel se produit sur la grande scène. Helvète, ce duo réunit Aris Bassetti et Barbara Lenhoff. Ils se partagent le chant. Le premier se charge de la guitare, la seconde de la basse. En ‘live’, ils sont soutenus par un batteur. La formation pratique un cocktail de pop/rock indé brut de décoffrage, mais ouvert à l’expérimentation. Le drumming est métronomique. La voix de Barbara me fait penser à celle de Kate Pierson des B52’s. Et sur les planches, leur capital sympathie est boosté à du 200%. Un excellent concert pour un combo à revoir !

Les jeunes Bruxellois de Robbing Millions sont probablement parmi les artistes pop/rock les plus prometteurs de la scène belge. Ce n’est pas un hasard si des formations plus huppées comme Odezenne, Balthazar ou Metronomy les ont choisis pour assurer leur supporting act. La première fois que votre serviteur a assisté à un de leurs sets, c’était à Mons. Leur expression sonore m’avait semblé so british. Mais leur look totalement démodé me rappelait plutôt les nineties, et tout particulièrement la série ‘Hélène et les Garçons’. Pourtant, leur set est à la fois de bonne facture et énergique dans le bon sens du terme. Il est sublimé par l’excellent morceau « Dinosaur ». Un conseil quand même à adresser aux musicos : une nouvelle garde-robe et un coiffeur un peu plus dans l’air du temps ne leur feraient pas de tort… (A.M.)

La première grosse claque nous viendra de Grieved, un ensemble suédois. De Stockholm, très exactement. Très jeunes mais aussi très pros, les musicos vont mettre le souk sur l’estrade du Marquee. Les riffs des deux sixcordistes sont précis, mais ravageurs. Le tempo est infernal. En 25 minutes, le combo va mettre tout le monde d’accord, mais aussi nous laisser sur notre faim.

Les cyclistes de Moutain Bike en ont sous la pédale et sur le porte-bagages. Quatre gais lurons qui prennent leur pied sur le podium. Ils ont une bonne bouille –et tout particulièrement le gros nounours qui siège derrière ses fûts– et semblent avoir définitivement adopté un look pas cher : calbutte et tee-shirt de basketteur. Ils participent à la plupart des festivals et font actuellement le buzz. Minutieux mais percutant, leur garage/rock se teinte parfois de tonalités hawaïennes. Ou vire aussi quelquefois à la pop. La set list épingle une majorité de titres issus de leur premier elpee, paru il y a un peu plus d’un an. Et 4 nouvelles compos. Toutes excellentes. D’ailleurs si leur futur opus est de la même veine, Mountain Bike pourrait bien prendre la tête du peloton, en Wallifornie…

Cap sur la grande scène pour assister à la prestation de Wolf People. Un quatuor gallois signé chez Jagjaguwar (Bon Iver, Viet Cong). La voix est puissante et vitamine leur rock psychédélique empreint de délicatesse, mais très susceptible de montées graduelles en crescendo. Un peu comme bon nombre de groupes de la fin des sixties ou du début des seventies. La seconde claque de la soirée.

Maybeshewill se produit également sur la Main Stage. Ils sont nombreux sur les planches. Et ils se servent majoritairement de claviers. Ce qui apporte une touche électro à leur math rock expérimental. Les musicos déménagent littéralement sur le podium. Mais dehors, il tombe des hallebardes. Je résiste 10 bonnes minutes ; puis complètement trempé, je pars me mettre à sec. Dommage, car le set des Insulaires tenait parfaitement la route…

J’arrive un peu avant l’heure pour le show de Raketkanon sous le Marquee. Il y a deux ans, le groupe gantois avait fait un tabac ici même, en dispensant une expression sonore qui oscille entre électro, black métal, sludge, noisy, psyché et hardcore. La voix du chanteur est technologiquement modifiée. ‘Downtuned’, la guitare libère des riffs huileux, graisseux, lourds et chargés de décibels. Ce gratteur plaisante en signalant qu'il vient des USA et débarque en Belgique pour la première fois. Le drummer et le préposé aux machines se font face. Sur l’estrade, la configuration du groupe est dessinée en cercle comme chez Caribou ou BRNS. Ce qui renforce l’impression de cohésion du band. Le chanteur est un phénomène à lui seul. Il a l’habitude de descendre dans la fosse. Et ne va pas s’en priver pour le bonheur des métalleux. D’inévitables pogos se déclenchent. Les morceaux s’enchaînent sans le moindre temps mort. Le spectacle terminé, je quitte malheureusement ce beau festival. La fatigue commence à gagner votre serviteur. Il part néanmoins heureux de sa journée. De quoi lui rendre la banane pour les prochains jours. A dans deux ans ! Et c’est Adrien qui achèvera la soirée…

These New Puritans est considéré, depuis le début de ce millénaire, comme le détonateur du nouvel élan de la scène pop/rock insulaire. Il est même souvent cité, par les jeunes artistes ou formations britanniques, comme une source d’inspiration. Perso, j’estime même que leur deuxième elpee, « Hidden », est un des meilleurs de ce nouveau siècle. C’est donc une grosse surprise de retrouver le band à Pont-à-Celles ; et en même temps un moment d’excitation à l’idée de le revoir en ‘live’. La déception n’en sera que plus grande… Rien n’est épargné aux Puritains, ce samedi soir. Le temps est exécrable et la pluie chasse une bonne partie des festivaliers. En outre, leur musique n’est vraiment pas adaptée à ce type de festival. Paisible, mais sombre, elle est truffée de sonorités insolites. Par exemple, sur « Attack Music », on y entend de bruits d’épées qui se mesurent au combat. Mais comme le peuple se les gèle, il n’en a rien à cirer de ces détails. D’autant plus que, hormis l’épique « We Want War », le show est mollasson. Insuffisant pour renverser la vapeur. En outre, la set list n’a intégré aucune plage du premier opus, c’est-à-dire les plus adaptées au ‘live’. Parce que plus rock. Pourquoi avoir négligé le hit « Elvis » ? Incompréhensible ! Et pourtant, parmi la vingtaine de personnes présentes, j’ai entendu plusieurs fois cette chanson être réclamée. Enorme désillusion donc pour ce concert au cours duquel on a quand même eu l’impression que les musicos n’étaient pas motivés. Dommage !

J’avais déjà eu l’opportunité d’assister au set d’AKDK, il y a un mois, à Louvain-La-Neuve. Mais je ne parviens pas à digérer mon désappointement causé par la prestation désastreuse de These New Puritans. Pourtant, le light show est judicieusement tamisé et colle parfaitement au climat mystique entretenu par le combo anglais ; mais rien à faire, je ne parviens plus à accrocher… (A.M.)

(Organisation : PacRock Festival)

These New Puritans (UK) // Maybeshewill (UK) // Wolf People (UK) // Robbing Millions // Raketkanon // Grieved (SE) // Alamo Race Track (NL) // Mountain bike // Bed Rugs // AKDK (UK) // Peter Kernel (CH) // Thibet // Quadrupède (FR) // Mont-Doré // Alaska Alaska // Angakok // La Jungle // Ice Spliff // Bronco aka Papyharder.

Durbuy Rock 2015 : samedi 11 avril

Écrit par

Après quelques heures de repos salvatrices, en route pour cette seconde partie du festival. Et vu l’affiche prévue, mieux vaut être en forme. Le gros avantage de disposer d’une place VIP est de pouvoir stationner son véhicule à proximité du site, mais aussi avoir accès à un espace plus privé, doté d’un bar, de tables et de chaises, mais totalement coupé des deux scènes. L’intérêt est dès lors plus limité… Placée essentiellement sous les auspices du Hardcore, cette journée devrait réserver son lot de surprises. Certains groupes sont réputés pour mettre l’ambiance, d’autres sont plus incertains quant à leur place lors d’un tel événement, particulièrement en ce qui concerne la tête d’affiche. Choisi comme headliner, Skip the Use a laissé pas mal de festivaliers perplexes sur les réseaux sociaux. A voir si les Français du Nord-Pas-de-Calais pourront relever le défi…

Vainqueur d’un des quatre tremplins du Durbuy Rock, Stand for Truth a la lourde tâche d’ouvrir le bal. Autant dire que la barre est déjà placée haute alors qu’il n’est pas encore midi. Composée partiellement d’anciens membres du groupe belge Do or Die, une des figures de proue du genre en Belgique, la formation tournaisienne est rompue au ‘live’. Et on le ressent immédiatement. ‘On n’a que 25 minutes pour jouer, on vous a donc réservé nos sept meilleurs morceaux’, précise Angelo, en s’adressant à une fosse déjà acquise à leur cause. Un set dense, puissant et qui en a dans le caleçon. Nul doute que si elle revient, sa place sur l’affiche ne pourra être que bien plus avantageuse.

Suite à un désistement d’un combo qui devait se produire plus tard dans la journée, il revient finalement à Bursting de prendre d’assaut le podium principal. Responsable d’un Thrash/Death épicé, les Hutois vont envoyer une volée de décibels aux spectateurs presque à jeun, tout en martelant leurs tempes encore un peu endormies. ‘Je le vois mec, t’as du mal hein !’, s’exclame Laurent, vocaliste du band, à un spectateur adossé contre une barrière Nadar. ‘Alors Durbuy, vous avez bien baisé hier soir ?’, embraie-t-il. Vous avez compris, on ne fait pas dans la finesse, tant musicale que verbale. Mais qu’importe, on passe un bon moment en leur compagnie.

Retour ensuite à l’extérieur, où les gars de Lifers sont prêts à renvoyer la sauce. En effet, suite au désistement de dernière minute d’Enthroned, enregistré la veille, les Liégeois avaient courageusement accepté de les remplacer au pied levé. Eux non plus ne sont pas des néophytes. Né en partie des cendres de Spitfire, Lifers délivre un set de Metalcore pour le moins puissant et carré. ‘Je veux voir le même bordel qu’hier soir’, exige Seba en poursuivant son set par « Lack of Tolerance », une très bonne reprise de Crowbar.

C’est donc correctement échauffé que le public, de plus en plus nombreux, se dirige vers le podium principal afin d’accueillir Feed Them Lies, le dernier gagnant des tremplins du Durbuy Rock. Dès les premières notes, le ton est donné : c’est direct et rentre-dedans. La puissance vocale de Fred est impressionnante. Dur à croire que le band n’existe que depuis trois ans. De nombreux fans semblent avoir accompli le déplacement pour eux. Les moshers s’en donnent à cœur joie, faisant voltiger pieds et mains au rythme des morceaux. Emporté par le mouvement, Fred descend de l’estrade, monte sur les barrières et se laisse transporter par la fosse. Une belle découverte !

L’estomac commençant à crier famine, je fais l’impasse sur les Kublai Khan, histoire d’être d’aplomb pour voir le show d’AqME. Deux familles vont à présent se renvoyer la balle tout le long de cet après-midi : celle du Metal français, puis d’Impericon, fournisseur de merchandising (et label) allemand. Grand backflag à l’arrière-plan frappé du logo du groupe, deux structures sont disposées de part et d’autre de la ‘stage’. Elles représentent de face et de dos l’étrange personnage à deux têtes figurant sur leur dernier elpee. Bref, tout est fin prêt pour accueillir les Français. Attendant un heureux évènement, Charlotte, leur bassiste, est remplacée par Julien Mancini, le frère jumeau du chanteur. Pendant près d’une heure, les quatre musicos vont se démener comme de beaux diables, afin d’enflammer la fosse. ‘Durbuy, est-ce que tu as de la voix ? Allez, ça commence à se réveiller !’, vocifère Vincent en provoquant la foule. Le public répond présent et n’hésite à se lancer dans un braveheart musclé. Pour les avoir vus la dernière fois à la Fiesta Du Rock à Liège, il y a deux ans, je constate que leur prestation scénique s’est largement améliorée. Cependant, et c’est strictement personnel, la sauce n’arrive pas à prendre. Force est également de constater que les anciens morceaux, du temps où Thomas était derrière le micro, remportent toujours le plus de succès (même si Vincent manque parfois de justesse sur ces derniers). Il n’est jamais facile pour un combo de muer et d’opérer un changement radical tout en gardant le même patronyme…

La pluie et les nuages ont malheureusement décidé d’eux aussi faire partie du décor de ce samedi. C’est donc sous un fin crachin que déboulent, sur le second podium, les Anglais de Napoleon. Le froid –ou peut-être une autre quelconque raison obscure– aura raison du chanteur Wes Thompson, victime d’un saignement de nez intempestif tout au long du set. Limité pourtant à 30 bonnes minutes, ce show paraît interminable tant la musique des Insulaires est imperméable. Tout semble confus, déstructuré, Sam Osborn s’excitant sur sa gratte, dans son coin, au détriment de l’homogénéité de l’ensemble. Un curieux mélange difficilement comestible et qui laissera sur sa faim.

C’est donc en quête de mieux que je retourne vers le podium principal, curieux de voir ce que vont nous servir les Parisiens de Black Bomb A. Et le moins qu’on puisse dire… c’est qu’ils ont fait honneur à leur réputation de metteurs d’ambiance. Arno, de retour dans le line up, a une présence charismatique aussi incroyable que sa voix puissante et gutturale. A ses côtés, telle la face opposée d’un aimant, Poun s’époumone dans les aigus à chaque morceau, comme s’il s’agissait des derniers cris qu’il pouvait pousser. Une magnifique alchimie entre ces deux vocalistes, offrant aux compositions de Black Bomb A un résultat détonnant. Souffrant malheureusement d’un son un peu trop fort, les Parisiens parviendront néanmoins à mettre le feu dans l’auditoire. On se pousse dans tous les sens, ça pogote sec et le bravehart en milieu de show sera d’une rare intensité. Le groupe se met à nu et son public le lui rend bien. ‘Ne vous en faites pas bande de fêtards, on le jouera plus tard ce morceau…’, rassure Arno quand la foule entonne le refrain de « Mary », composition la plus connue du band. Snake, le guitariste, ne peut s’empêcher d’afficher à ce moment là une mimique agacée, énervé peut-être que la foule résume ce combo à ce morceau. Quoi qu’il en soit, le groupe a démontré qu’il était toujours dans le coup, offrant un des meilleurs moments de ce festival.

Histoire de s’économiser quelque peu, je décide de passer mon tour pour Malevolence, afin de retrouver en pleine forme le troisième groupe de la famille française, Dagoba. Sur une introduction toute en emphase et en majesté, les Marseillais débarquent sur l’estrade principale. Derrière ses fûts, Franky Costanza ne cessera tout le long du show de faire des acrobaties avec ses drum sticks. Z et Werther, respectivement guitariste et bassiste, arpentent de long en large les planches, pendant que Shawter, vocaliste, se déchaîne sur son micro entouré de grosses chaînes. ‘Ce sont ceux qui poussent qui font la loi, faites-moi un putain de wall of death’ ordonne-t-il à la foule. Comme d’habitude, Dagoba offre un show carré et précis. Le public est cependant moins exalté que pour leurs prédécesseurs. Certaines attitudes laissent parfois également un peu perplexes, comme notamment lorsqu’un pull est jeté en direction du chanteur, surprenant ce dernier et manquant dès lors de le faire trébucher de l’ampli sur lequel il était monté. Visiblement énervé, Shawter relance le vêtement derrière lui, déterminé à ne pas le rendre. Il finira néanmoins par le restituer à la fosse, en ayant pris le soin au préalable de faire semblant de s’en frotter l’arrière-train. Soit c’était du troisième degré, soit la dérision était restée dans les vestiaires.

Direction à présent la salle extérieure, où les Canadiens d’Obey the Brave s’apprêtent à démarrer leur set. Alex Erian, le charismatique chanteur du groupe, ne met pas bien longtemps avant de mettre tout le monde d’accord. Certes le quintet n’existe que depuis trois ans, mais manifeste déjà une fameuse maîtrise. La basse de Miguel Lepage est mise en avant ; ce qui confère à la formation un son rond et lourd. ‘C’est la première fois qu’on joue en Belgique francophone et c’est sûr, on reviendra’, annonce le frontman en guise de promesse. Originaires de Montréal et Ottawa, les musicos proposent quelques morceaux dans la langue de Voltaire, ce qui est plutôt rare dans ce style. Malgré un sol mouillé, les mosheurs s’agitent. Certains tombent mais sont de suite rattrapés par leurs compères. Une violence fraternelle.

Cette journée riche en Hardcore ne pouvait pas mieux s’achever que par Madball, véritable icône du genre. Actif depuis 88, Madball était tout d’abord un side project d’Agnostic Front. Roger Miret, alors chanteur chez les deux bands, laissera par la suite sa place à son demi-frère cadet, Freddy Cricien. Quand on vous dit que le Hardcore est une histoire de famille… Madball, un terme qui pourrait résumer, à lui tout seul, la prestation scénique de son vocaliste. Tout le long du set, Freddy ne cesse de sauter sur ses longues jambes, à tel point qu’on a l’impression qu’il lui suffit de trois foulées pour parcourir la stage. Une pêche incroyable. Les vieux de la vieille ont, une fois de plus, démontré qu’ils étaient les patrons. Faisant la part belle à leur dernier album, « Hardcore Lives », le groupe va néanmoins puiser dans l’ensemble de sa discographie, au grand plaisir des fans d’hier et d’aujourd’hui. Telle une prophétie, le ban new-yorkais clôt son set musclé par « Hardcore Still Lives ». On est parti encore pour de longues années…

La nuit commence à pointer le bout de son nez et l’estomac tient à rappeler qu’il est dans les talons et qu’il est temps de le rassasier… Il faut donc faire un choix et Romano Nervoso passe à la trappe.

C’est donc revigoré que je m’adosse contre une barrière à l’arrière de la salle afin de voir l’ovni de ce festival, Skip the Use. Autant les festivaliers s’en donnaient à cœur joie sur Facebook, ne cessant de s’interroger quant à leur présence, autant la brochure du festival préconisant ‘de venir sans a priori, afin de peut-être prendre une claque…’ Et c’est là que le mot ‘peut-être’ prend toute sa profondeur. ‘Tout le monde se demande ce qu’on fout ici, autant vous que nous… On va donc s’emmerder l’un l’autre pendant une heure’, proclame Mat Bastard, le chanteur, visiblement défoncé. Côté challenge, on repassera. Plus les morceaux défilent, plus le public se disperse. Quelques reprises parviennent cependant à faire remuer les têtes, à l’instar du « Killing in the Name » de Rage Against the Machine. ‘Allez les gars, on va faire une reprise de Gojira… non, je déconne hein…’ envoie Mat, tant suffisant que dépité, avant d’embrayer par : ‘On a toujours rêvé de jouer ça dans un festival de Heavy Metal. Faites pas attention, ce sera un moment de masturbation entre nous…’ Sur ces belles paroles, le band attaque « Ghost », son tube. ‘Je sais bien qu’on entend tout le temps ce morceau à la radio, mais il ne faut pas nous en vouloir les mecs, si vous ne voulez pas passer à la télévision et donc ne pas être connus, c’est de votre faute…’ Il est inutile d’aller plus loin dans l’aperçu de ce show, son seul moment intéressant surviendra lorsque Arno, chanteur de Black Bomb A, est invité à monter sur l’estrade afin de reprendre, dans un bel ensemble, le « Ace of Spades » de Motörhead. Un coup dans l’eau, assurément.

C’est donc quelque peu dépité que je me rends à l’extérieur pour le dernier set de la soirée sur la seconde scène, où est installé un écran géant en arrière-plan. The Experimental Tropic Blues Band présente ce soir « The Belgians ». Comprenez : une projection en continu d’épisodes qui ont marqué la Belgique –que ce soit des extraits de journal télévisé, d’évènements politiques, sociaux, culturels, économiques, sportifs, etc.– le tout soutenu par le rock déjanté des Liégeois. Peut-être dû à la fatigue, mais je ne suis pas parvenu à rentrer dans leur trip.

Le froid aidant, j’ai préféré rentrer dans le hall sportif afin d’attendre la clôture de ce festival abandonnée aux Gallois de Skindred. Une longue bâche recouvre à présent l’arrière du podium, sur laquelle figure sobrement le nom du groupe. Il est passé minuit et bon nombre de spectateurs sont encore prêtes à les accueillir. Et ce n’est pas si étonnant : Skindred a la réputation de mettre le feu. Oubliez les allumettes, c’est à coups de chalumeau qu’ils allument le brasier. Les lumières s’éteignent et un morceau d’AC/DC retentit dans les haut-parleurs. Il n’en faut pas moins pour que les premiers pogos s’ébrouent, alors même que le show n’a pas encore débuté. Vient ensuite le début de la célèbre « Marche Impériale », faisant briller les yeux des fans de Star Wars, remixée rapidement et agrémentée de basses bien lourdes. Le band opère son entrée, mené par son chanteur hyper charismatique, Benji Webbe. Tout de rouge et de blanc vêtu, coiffé de dreadlocks, lunettes à pointes sur le nez, le frontman agrippe son micro et démarre « Kill the Power », titre maître du dernier elpee. La fosse s’embrase directement. Très vite, on peut néanmoins remarquer que la voix de Benji n’est pas au top de sa forme ; et pour cause, il ne parvient pas à sortir de notes aigues de sa bouche. Peu importe, la relève est dès lors prise par Mikey Demus et Daniel Pugsley, guitariste et bassiste du band. ‘Are we here in Germany ? Are we here in France ? No, we are in Belgium so move your ass’, provoque le frontman. Les plus grands tubes des Gallois défilent, depuis « Ratrace » à « Nobody », en passant par « Pressure » et « Ninja ». Le quintet ne lâche pas le public d’un décibel, les poussant à puiser dans le peu d’énergie qu’il leur reste. C’est donc à genoux que finiront les festivaliers de cette dix-neuvième édition du Durbuy Festival, lessivés mais certainement partants pour une nouvelle édition, l’année prochaine !

Organisation DRF

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Rozz And Friends 2015 : samedi 11 avril

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Un quart de siècle que Rozz est actif sur le circuit métallique. Un groupe valenciennois dont Marcel Ximenez est le dernier membre fondateur à encore y militer. C’est également lui le fondateur du Rozz Festival, qui fêtait en 2015, sa deuxième édition. Cet événement se déroule à Raismes, dans le Nord de la France, une commune réputée pour son secteur pavé choisi pour la course cycliste, Paris-Roubaix. C’est également dans ce patelin que le notoire Raismes Feest, est programmé mi-septembre. Ce dernier en sera d’ailleurs à sa 17ème édition en 2015. La première mouture du Rozz était chargée de promesses. Le ticket d’entrée est plus que démocratique (7€). Et l’affiche est partagée entre artistes à découvrir et confirmés de la scène métallique, principalement hexagonale. 
La salle des Fêtes est superbe. Le podium est cependant un peu étroit, ce qui va forcer les musicos à se produire en ligne. Seule la batterie occupe un espace conséquent sur une estrade, à l’arrière-plan. Et bonne nouvelle, le son est parfait.

Régional de l’étape, Time Killers ouvre les hostilités. Egalement valenciennois, le line up réunit plusieurs ex-membres de Rozz. Dont le chanteur charismatique Olivier Bourgeois. Capable de pousser sa voix, pourtant mélodieuse, dans ses derniers retranchements. Mais également le lead guitariste Christophe Sprimont, le drummer Jérémy Jacquart et le bassiste Yann Monnory. Seul Cyril Joly, le second gratteur, n’a jamais participé à cette aventure. Tout de cuir vêtu –y compris son t-shirt, sur lequel sont imprimées une croix et des têtes de mort– Olivier a le crâne enserré dans un bandana. Des dessins de têtes de mort qu’on retrouve sur les foulards noirs qui entourent son pied de micro. A la manière d’un certain Steven Tyler, leader du célèbre groupe américain Aerosmith. Ses bras sont généreusement tatoués. La section rythmique est efficace. Jérémy libère une belle énergie en martelant ses fûts. Les textes sont interprétés dans la langue de Voltaire. Vu les compos proposées lors du set, le nouvel opus devrait faire un tabac ; un disque pour lequel le quintet bosse d'arrache-pied. Olivier et Tyler occupent un max d’espace. Christophe et Yann s’autorisent régulièrement des duels avec les drums de Jérémy. Des duels, ma foi, fort sympathiques. Grand échalas, Cyril reste planté sur la gauche ; il se concentre et s’applique sur ses riffs de gratte. Christophe vient également régulièrement le titiller de sa six cordes.

Les influences du combo oscillent de Maiden à Metallica, en passant par Dio et Black Sabbath. Le Grand Serpent Blanc n'est pas loin non plus. Bref, Time Killers pratique un hard rock mélodique de toute bonne facture ; et de leur set list, j’épinglerai surtout « Magie Noire », « Champ De Batailles », « Into The Fire », chanté en anglais, et leur cheval de bataille, « Time Killers », qui a donné le nom au combo. Dont on devrait entendre parler bientôt. Et en bien. Et pas seulement pour leur prochain elpee.

Formation espagnole, Crownless a déclaré forfait et est remplacée au pied levé par Malemort. Un quintet issu de Cergy-Pontoise. Malemort est actif depuis 2010. Xavier, le frontman, a une voix aussi vitaminée que celle de Vincent, le chanteur charismatique d'Aqme. Et il chante également dans la langue de Molière. La formation déclare pratiquer du métal libre. Soit un métal mélodique susceptible de virer au punk/rock, au hard classique ou encore au rockabilly. Le combo a publié un premier elpee en 2012. Intitulé « French Romances », il a été autoproduit. Depuis sa fondation, le combo a vécu quelques changements de line up. Ce qui n’empêche pas les musicos d’être particulièrement soudés sur les planches, et de prendre leur pied. D’emblée le vocaliste communique sa bonne humeur à la foule. Il arpente le podium de long en large et tente l’une ou l’autre incursion timide, dans la fosse. Leur musique est authentique, sauvage et positive. Le public est attentif et semble apprécier. Aurélien Ouzoulias, le drummer, à la niaque. Les meilleurs titres proposé ce soir ? « Croix De Bois, Croix De fer », « Insoumission » et « L'Enfant Machette ». Un groupe à suivre de très près…

The Scarsystem est un cover-band de Rage Against The Machine et System Of A Down. SOAD se produira ce 16 avril à Forest National. Votre serviteur sera sur place pour vous relater le show. The Scarsystem, c’est encore un band issu de Valenciennes. Créé en 2011, il implique deux gratteurs, un bassiste, un drummer et un chanteur. Jérémy, le vocaliste, et Alex, le bassiste, sont frères. Ce dernier et Fabien, le batteur, militent également chez Inayah, programmé en fin de soirée. Un drapeau américain et un russe sont installés de part et d'autre de l'estrade sur laquelle s’est installé le préposé aux drums. « Bulls On Parade », la première reprise de RATM, nous plonge immédiatement dans le bain. Et elle est très respectueuse de l’originale. Le décor est planté. Les musicos bondissent sur les planches. Il ne manque plus que les membres du band se mettent à brandir les drapeaux. Difficile quand même pour Jérémy, qui se tient les attributs avec conviction, de peur de les perdre…

Coup d’accélérateur et emballement des guitares sur « Suite Pee », un compo caractérisée par le chant tellement proche de celui de Serj Tankian. Leur version du « War » de System est encore plus nerveuse et speedée. Les covers sont presque parfaites. Et le set de s’achever par celle, plus que furieuse, du « Killing In The Name » de RATM. Une belle mise en bouche avant le concert de System Of A Down de ce jeudi.

Le public est en nombre pour accueillir Drakkar. Montois, ce groupe existe depuis 32 ans. Il s’est donc formé en 1983. Au début de sa carrière, il était adulé par les fans de Speed Métal. A l’époque, on n'hésitait d’ailleurs pas à comparer Drakkar aux meilleurs du style, en Allemagne. Mausoleum Records leur propose alors un deal.

« X-Ratted », leur premier elpee, est paru en 1988. Il avait été produit par Rudy Lenners (ex-drummer de Scorpions). Il vient d’être réédité en 2013 sur le label belge Ulimahte, enrichi de 2 nouvelles plages. C’est également au cours de cette année que le chanteur originel a opéré son retour. En 2014, Drakkar a publié son dernier opus, baptisé « Once Upon A Time... In Hell! ». Dans la foulée, il est parti en tournée européenne. Périple qui les entraînera prochainement aux Pays-Bas, en Allemagne et en Angleterre. Leny, le chanteur, m’a confié que le combo aura dépassé la barre des 90 shows, fin 2015.

La présence de trois guitaristes au sein du line up est quand même très caractéristique. S’y collent, Richard Tiborcz (ex-Resistance), Thierry Delcane et Pat Thayse. Jonas, le drummer, a été remplacé au pied levé par son fiston. Et il est aussi doué que son paternel. Tytus, le bassiste, possède un physique proche de celui de Monsieur Paul (Triggerfinger). Hormis la barbe. La qualité technique est présente. Les gars ont de la bouteille et leur rock est mélodique. Des références ? Queensrÿche, Metallica, Slayer et Overkill. J’avais déjà eu l’opportunité de voir Jonas marteler ses fûts. Une frappe imparable, qu’on retrouve également chez le fiston, mais sous une forme peut-être un peu plus contemporaine, glaciale et mécanique. La ligne de basse tracée par Tytus est corrosive. Normal, car il a autrefois sévi au sein de groupes de hardcore (No Brain, T.C.M.F.H.) Bref, la section rythmique est à la fois frénétique et bien burnée. Fab 'Leny' Vanbellinghen a une corpulence plus qu’imposante. Mais pour mouiller sa chemise de cette manière, il doit manger des amphétamines au petit déjeuner. Il arpente les planches de long en large. Il se donne littéralement à fond et passe autant de temps sur le podium que dans la fosse. Les spectateurs semblent apprécier. Sa voix est haut perchée, harmonieuse, passionnée, mais dans l’esprit des 80’s. Et lorsqu’elle est soutenue par des backing vocaux, la musique lorgne davantage vers le hardcore que le Speed Metal.

Après une intro emphatique, le set s’ouvre par le titre maître de « Once Upon A Time... In Hell! », une compo infernale, dévastatrice, mais mélodieuse balisée par la rythmique. Du power/speed métal bien musclé. Pour le Massacre de la Saint -Barthélemy (« St-Bartholemew's Night »), le carnage s’opère à la scie circulaire plutôt qu’à la tronçonneuse. Après avoir proposé deux nouveaux titres (« Lost » et « Angels Of Stone »), le band nous réserve deux plus anciens (l’épique « Rise And Fight » et « Lords Of The North »), deux morcaux ‘old school’ réminiscents de Manowar. Curieux de voir le vocaliste au milieu des trois sixcordistes qui grattent frénétiquement leur instrument. « Yerushalayim AD 1096 » baigne plutôt dans une atmosphère très Maiden. Et le set de s’achever par les speedés « Scream It Loud » et « A Destiny ». Drakkar a littéralement mis le feu au festival. Fin de cette année, il devrait enregistrer un nouvel opus. Cinq titres sont d’ailleurs déjà prêts à être mis en boîte.

C’est en 1984 que Rozz voit le jour. A Valenciennes, of course. Jean Pierre Mauro (chanteur) et Marcel Ximenes (guitariste) quittent leur précédent groupe pour vivre de nouvelles aventures. Ils sont rapidement rejoints par un drummer, un second gratteur et un drummer. Le combo publie un premier elpee, « Une Autre Vie », deux ans plus tard. Il assure le supporting act pour Vulcain, Blue Oyster Cult, Tokyo Blade et Acid. Les deux compères décident de mettre un terme à leur aventure en 1987. Ce sera provisoire, puisque le band se reforme en 2008. Il publie un 5 titres en « 2009 », qui leur permet très vite de retrouver le haut du pavé. Il faudra attendre 2012 pour voir paraître leur elpee suivant, « D'Un Siècle A L'Autre ». Et après un changement de line up, il est suivi par « Tranches De Vie », en 2013. Marcel a donc rajeuni les cadres. Remodelé, son Rooz vient d’accomplir une tournée en Chine, se produisant devant plus de 30 000 spectateurs. Et le combo est prêt à parcourir les routes de Navarre, d'Espagne et d'Asie. Enfin, un nouvel opus est en préparation.

Marcel se réserve la guitare et le micro. Il est parfaitement épaulé par un second gratteur, un bassiste et un drummer. Marcel sert de colonne vertébrale à l’ensemble. Il en impose sur sa six cordes, mais il est assez statique sur les planches. A contrario des jeunots, qui déménagent régulièrement. Les deux autres préposés aux manches se défient l’un l’autre, soit à gauche ou à droite du podium. Le tempo imprimé par la section rythmique vous envoûte insidieusement. Les anciennes perles défilent : « Rien », caractérisé par son solo de gratte hédoniste, « Wendigo », « Fan » et puis surtout « Les Légions Du Démon » ainsi que « KKK », deux véritables brûlots. Ce dernier dénonce le racisme pratiqué par le Ku Klux Klan. Les textes sont évidemment interprétés dans l’idiome de Molière. Rozz attire aussi bien des vétérans que des jeunes. Certains viennent même les applaudir en famille. Pas de nouvelles compos lors de ce concert. Il est déjà 23h00 et votre serviteur décide de quitter les lieux. Je fais l'impasse sur Inayah et SKOR. Votre serviteur a encore de la route à faire et la fatigue commence à le gagner. Rendez-vous l’an prochain, pour la troisième édition de ce festival.

(Organisation : Rozz) 

 

 

Durbuy Rock 2015 : vendredi 10 avril

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Direction Durbuy, plus précisément Bomal-sur-Ourthe, en province de Luxembourg, afin d’assister à la dix-neuvième édition du Durbuy Rock Festival, un des premiers festivals à tendance Metal et Hardcore de cet été. Après avoir parcouru de nombreuses rues zigzagantes au cœur des vallées de la région, je finis par arriver à un hall sportif, transformé pour l’occasion en terrain festivalier. Ici, pas de champs ou de terres désertes, nous sommes au cœur du village. Une fois passé les contrôles de sécurité (assez poussés, n’espérez pas introduire sur le site, boisson ou nourriture), on pénètre de suite dans l’espace où trône le podium principal du hall, dotée à sa gauche de tables pour le merchandising des groupes et à sa droite d’un long bar, histoire d’étancher la soif de ces fans de décibels. Une porte permet sur la droite d’accéder à l’extérieur, où est installée une estrade de taille plus modeste, entourée de part et d’autre de stands nourriture ou autres t-shirts. Vu l’affiche de ce premier jour, on peut dire que les cheveux longs (s’il en reste) et les vestes en cuir gagnent la mise. Principalement orientée Heavy-Thrash et Black Metal, la fin d’après-midi de ce vendredi a apparemment attiré un public de trentenaires. Les amplis sont branchés, les pompes a bière ronronnent et les saucisses commencent à griller : le festival peut commencer.

C’est aux Liégeois de Doganov qu’il revient la tâche d’ouvrir les hostilités. Il faut tout d’abord savoir que le Durbuy Rock organise quatre rencontres ponctuelles au cours de l’année. Baptisées tremplins, elles sont le théâtre d’une compétition entre groupes. Les vainqueurs sont alors sélectionnés pour participer au festival. Vous l’avez compris, Doganov est un des lauréats. Et il se produit sur la ‘stage’ extérieure. Le trio propose un mélange sombre de Metal et d’électro. Certes répétitif, il a permis aux cervicales des quelques personnes de se décoincer. Certaines esquissent même quelques pas de danse, histoire de se plonger dans l’ambiance.

Cette dernière va monter de quelques degrés quand Sublind, second vainqueur d’un tremplin, va nous balancer son Thrash rentre-dedans. ‘Eh les gars, on vient du Luxembourg et on fait du Thrash Metal alcoolique’ avance l’imposant Luca T., perfecto sur le dos et bière à la main. Teintée d’humour et de bonne humeur mais souffrant d’une certaine linéarité dans le ton, la musique de ces amoureux du houblon a cependant permis à l’assistance, d’atteindre un premier palier dans l’extrémité sonore promise en ce jour.

Mais restons dans l’humour potache afin de voir ce que les Ardenne Heavy ont dans le ventre. S’affichant comme joueurs de Heavy à la sauce ardennaise, les Bastognards font dans le lourd. Tant sur le plan musical qu’humoristique. ‘Et voici une chanson qui parle de licornes et de petites libellules’, lâche Simon, guitariste/chanteur du groupe, avant d’envoyer une flopée de leurs cds au parterre devant eux. C’est ensuite torse nu qu’il descend du podium pour aller  jouer au milieu de ses fans. Le combo ne révolutionne certes pas le genre, mais le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il met l’ambiance !

Après cet échauffement d’un peu plus d’une heure et demie, les choses sérieuses peuvent à présent débuter. Rendez-vous sur le podium principal afin d’accueillir, comme il se doit, le premier des trois groupes étiquetés Black Metal de la soirée. Après avoir brûlé les planches pendant plus de dix ans, Carach Angren est considéré comme une des valeurs montantes du style. C’est le visage grimé en blanc et noir, tradition black-metalienne oblige, que le trio néerlandais prend d’assaut la scène. Vêtu d’un t-shirt gothique et d’un pantalon en latex noir, Seregor libère toute sa rage et sa hargne. A sa droite, Ardek, vêtu d’une tunique bordeaux en velours, insuffle, à l’aide de son clavier, le cachet ‘horreur et grandiloquence’ de leur musique. Muet tout le long du set, l’inquiétant Aradek ne cesse de fixer le public, roulant de temps à autre les yeux en arrière lors de passages endiablés. Puissant et précis dans l’exécution de ses morceaux, Carach Angren devrait certainement encore faire parler de lui, dans les années à venir.

Je quitte les ténèbres pour revenir à la lumière du jour. Le temps de faire la file en vue d’estomper ma faim d’un pain/saucisse ketchup moutarde crudités, je remarque qu’un quintet intéressant (le programme promet un doom/sludge expérimental) se prépare sur la scène extérieure. Impliquant notamment deux violonistes, Sub Rosa amorce son set et… c’est la déception. Incontestablement, Rebecca Vernon chante faux. Du début à la fin. Un voisin, apparemment tout aussi déçu, me confie ‘ne pas comprendre ce qui se joue actuellement, n’ayant rien à voir avec la version sur cd’. C’est lourd, confus et dérangeant.

Raison de plus pour m’asseoir sur un des bancs à proximité des stands, finissant mon mets en prenant mon mal en patience. Nous sommes à présent en fin de soirée, le soleil fait ses valises et le point de rendez-vous est fixé face à la grande scène. Les festivaliers sont sur place et, visiblement, bon nombre ont accompli le déplacement pour applaudir Alestorm. Il y a maintenant plus de dix ans que les Ecossais pratiquent, selon leurs dires, du ‘True Scottish Pirate Metal’, autrement dit du Folk Metal largement inspiré par l’univers pirate, tant au niveau des sonorités que des lyrics et du visuel. Le tout dans un esprit second degré et, autant que possible, arrosé. Une chose est sûre : ils ne sont pas venus pour se prendre au sérieux mais bien pour faire la fête. Des festivités qui débutent avant le show, tant entre les artistes en backstage qu’au niveau de la fosse, reprenant à gorge déployée des airs du groupe. Christopher Bowes, chanteur du band, finit par débouler sur l’estrade, coiffé de son chapeau à la Jack Sparrow, armé de sa keytar (un synthé dont on se sert comme d’une guitare). Tel qu’on pourrait s’imaginer le stéréotype d’un corsaire brigand, Christopher puise régulièrement de l’énergie dans une bouteille de vin posée près des drums de Peter Alcorn. Au sein d’une ambiance surchauffée, Alestorm picore au sein de ses quatre elpees studio des morceaux sulfureux, tels que « Keelhauled », « The Sunk’n Norwegian », « Captain Morgan’s Revenge » ou encore « Shipwrecked ». Une heure de fête, que les membres du combo prolongeront ensuite en rejoignant le public, au plus grand plaisir de leurs aficionados.

Changement d’espace, changement d’atmosphère, changement de musique. La lune a désormais repris ses droits et le froid mordant de ce début de mois d’avril est de plus en plus palpable. Cinq Américains, à l’allure tout à fait banale et classique, veste ou pull de rigueur, casquette visée sur le front de Bryan Funck, chanteur du groupe Thou. Une allure générale en totale contradiction avec leur musique, un hybride de Sludge et de Black Metal atmosphérico-mélancolique. Le quintet semble sous influence. Le comportement de ses membres, altéré. Ils sont dans une bulle, une bulle à géométrie variable susceptible d’englober toute personne qui se laisserait happer par leur environnement expérimental. C’est lent, c’est lourd et les cris glacés et aseptisés de Bryan Funck, les yeux plantés vers un infini perdu, enrobent l’expression sonore des Américains d’une aura malsaine et dérangeante. Un ovni hors du temps, un virus contagieux qui attaque directement l’âme. Une petite heure de show, hors du temps et de l’espace, que rien ne pourra brusquer, même pas les joyeux lurons d’Alestorm désormais retournés dans leurs loges à côté de la scène extérieure, affichant joyeusement par la fenêtre leurs arrière-trains, certains mimant une sodomie à coups de micros. Ces moussaillons ont certainement dû avoir mal aux cheveux le lendemain.

L’esprit encore embrumé par la mélancolie de Thou, les metalheads sont à présent en condition afin de recevoir les salves d’un des groupes les plus attendus de ces deux jours, Satyricon. Véritable fer de lance du Black Metal, les Norvégiens ont annoncé ne faire qu’une tournée cette année. Il ne fallait donc pas manquer l’occasion. Un grand back-flag est hissé à l’arrière-plan, représentant un ciel gris parsemé d’oiseaux en vol. Un pied de micro trône au milieu de la stage, composée de grosses ronces métalliques. Il en va de même pour la structure entourant la batterie, totalement décentrée vers la droite. Satyricon peut aujourd’hui se résumer à deux hommes : Satyr au chant (et à la guitare occasionnellement) et Frost à la batterie. C’est le cœur noir du band, accompagné de musiciens de session lors des prestations live. Le groupe est également connu pour sans cesse repousser les limites de ses compositions et croiser le chemin d’autres styles ou d’autres sources d’inspiration. Il en va de même pour leur tenues en ‘live’ ; elles sont, certes, toujours noires, mais très sobres : on oublie les classiques ‘war paints’ blancs et noir du Black Metal. Le set débute par « The Rite of our Cross », issu de l’LP « Now, Diabolical ». Le son est puissant, percutant même, et la voix de Satyr est bien mise à l’avant-plan. Les vingt-quatre années d’existence de ces icônes sont passées en revue, incluant même « Walk the Path of Sorrow », extrait de leur premier long playing, dans la pure tradition du Black Metal norvégien originel. Un show qui s’achève en beauté, par leur morceau culte, « Mother North », grand classique du genre, suivi du teinté Heavy « Fuel for Hatred » et du péchu « K.I.N.G. ». L’ensemble vient finalement saluer l’auditoire, l’occasion enfin d’apercevoir leur énigmatique et notoire drummer, Frost. Ce dernier, fidèle à sa réputation antipathique, enverra balader l’assistant qui lui proposait d’envoyer ses baguettes dans la foule. Esprit Black Metal, quand tu nous tiens...

Un style musical dont les fers de lance ne se cantonnent pas qu’à la Norvège, notre pays recensant également quelques guerriers, dont les plus connus sont certainement incarnés par Enthroned. C’est donc impatient de voir ce que nos couleurs locales sont capables d’arborer, que je me dirige vers l’extérieur. Douche froide : le groupe, pour d’occultes raisons, n’est pas de la partie ce soir (le groupe annoncera plus tard, le dimanche, sur sa page Facebook, que leur chanteur a dû entrer d’urgence à l’hôpital, suite à des problèmes de nerf optique et du système sanguin).

Appelés in extremis, la formation liégeoise Lifers a courageusement accepté de les remplacer au pied levé. Comme il est également programmé le lendemain, je préfère me concentrer sur leur show du samedi, davantage ancré dans le Hardcore. Grand respect néanmoins pour ce band qui accepté de sauver les meubles, alors qu’il n’a été prévenu à peine une demi-heure avant le début du concert !

Les profondeurs de la nuit sont à présent tombées. Il est 1h du matin et les gars d’Eyehategod montent sur les planches, paisiblement, afin d’installer leur matos. Pas de roadies, pas de décor, malgré leurs vingt-sept ans d’expérience, les Américains ne se prennent pas au sérieux et sont uniquement là pour la musique. Considérés comme un des pionniers du Sludge Metal, Eyehategod ne découvre malheureusement devant lui qu’un parterre pour le moins clairsemé ; seul les plus combatifs sont encore sur pied. L’heure tardive de passage y est certainement la cause… Mais peu importe, le groupe ne s’en plaint pas et va servir un magnifique show, démontrant tout son savoir-faire en ne faisant que jouer, sans en remettre une couche, son talent transpirant naturellement. Mike Williams, frontman du groupe, semble être sur une autre planète, bredouillant maladroitement lorsqu’il ne hurle pas à pleins poumons pendant les morceaux. Faut-il rappeler qu’il avait été forcé de prendre du repos en début d’année, suite à une grosse fatigue mentale et physique. Jimmy Bower, surnommé le ‘Godfather of Southern Metal’, dû notamment à son statut de membre fondateur du combo, mais également de celui de Down, Crowbar et Superjoint Ritual, entraîne à l’aide de sa guitare, en toute simplicité, le reste de l’auditoire présent à l’aide de ses volutes musicales hypnotiques. La faible audience pouvait susciter deux réactions : soit le band est frustré et le manifeste, soit il joue le jeu et profite de la proximité du public. Et c’est immanquablement la deuxième solution qu’il a choisie, les membres d’Eyehategod plaisantant avec les spectateurs, se vannant mutuellement. En prenant un peu de recul, on a eu l’impression de vivre une jam entre amis. Une prestation qui restera certainement gravée dans l’esprit des metalheads encore éveillés ce soir là, certainement autant touchés par la puissance des maîtres du genre que par l’aspect humble de ces grands artistes. Gros coup de cœur. Il est à présent 2h30 et il est plus que temps de rejoindre les bras de Morphée…

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Pias Nites 2015 : samedi 4 avril

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Le célèbre label belge, éditeur et distributeur depuis 33 ans, prend ses quartiers dans le Palais 12 ce samedi 4 avril, l’espace d’une seule soirée. Un vent de changement a donc soufflé sur cette 6ème édition des PiaS Nites, car non seulement les éditions précédentes s’étalaient sur deux jours, mais elles se déroulaient à Tour et Taxis. Un déménagement qui ne m’a pas permis de rejoindre la fête à Pompon, organisé le même soir… Le Palais 12 est un endroit plutôt impersonnel. Il est surtout destiné à accueillir des événements qui attirent du peuple, mais n’est guère propice à l’atmosphère conviviale.

Victime des perturbations qui ont affecté le réseau du métro, je manque la prestation de BRNS, quatuor bruxellois dont le succès est croissant. Leur présence au prestigieux SXSW texan, quelques semaines auparavant, en est la plus belle démonstration.

Je débarque donc juste avant le set de Baxter Dury. Chaque fois que je le vois, je ne peux m’empêcher de penser à son père, Ian. Un paternel que j’avais découvert à la TV. Et tout particulièrement dans le show ‘I want to be straight’, au cours duquel il faisait le clown. Car le fils affiche une même attitude so british, à la fois décalée et déjantée. A l’instar des poupées gonflables réparties de chaque côté de la scène. Comme lors d’une sélection d’un bon vieux juke-box, les singles s’enchaînent : « Isabel », « It’s a pleasure », « Palm trees », entrecoupés par « Trellic » et « Picnic On The Edge ». Barbe négligée et chemise débraillée, on dirait qu’il vient de se lever, le lendemain d’une cuite. Une apparence qui contraste avec celle de ses musiciens. Ce qui ne l’empêche pas d’assurer au chant, de son timbre si particulier. Ses interventions entre les titres frisent parfois le ridicule ; mais le public lui pardonne ses frasques. ‘I’m sorry, I drunk too much cognac’ avoue-t-il en fin de set. Et pas seulement, car tout au long de son concert, il a pas mal picolé. Du vin, de l’alcool et même de bière. Belge, of course ! Son bassiste et guitariste sont posés mais efficaces. Son drummer s’investit totalement. Dommage que la voix de sa claviériste soit parfois irritante. Néanmoins, c’est certainement le meilleur concert de la soirée, en ce qui me concerne.

Suite à la publication de son premier elpee, « Entity », Oscar And The Wolf a connu un début de carrière fulgurant. Ce qui lui permet de se produire aujourd’hui dans la plupart des grandes salles et festivals, que ce soit en Belgique ou à l’étranger. Il y a d’ailleurs la toute grande foule pour assister à cette prestation. J’ai même l’impression que parmi les 30 000 spectateurs présents ce soir, une grande majorité s’est déplacée pour eux. Et essentiellement le public féminin qui agite de petits écriteaux et pousse même des cris, lorsque le chanteur monte sur l’estrade (NDR : Patrick Bruel, sort de ce corps !) Tout de blanc vêtu, il se dandine un peu à la manière de Prince voire de Madonna. C’est ce que soutient une de mes voisines dont le regard émerveillé en dit long. Le show est impeccablement rôdé. Le timing respecté. Pas de rappel. Malgré leur jeune âge, les musicos manifestent une parfaite maîtrise. C’est quand même la tête d’affiche. Leur tube « Strange entity » est savamment glissé au milieu de la set list, au sein de laquelle j’épinglerai quand même les envoûtants « Moonshine » et « Princes ». Les beats électro et r’n’b prennent souvent le dessus sur la basse et la guitare ; ces deux gratteurs sont d’ailleurs installés, très en retrait du podium. Des palmiers sont disposés sur les planches. Le light show est tamisé. De quoi accentuer cette impression de fréquenter un bar lounge branché, la nuit tombante, au bord d’une plage paradisiaque...

La soirée n’est pas terminée, car des Dj sets vont permettre aux clubbers de danser sur les beats électro, jusque 5h30 du matin. Oaktree & Avondlicht vient de céder le relais à Pelican Fly, sur la seconde scène, alors que Claptone (il est toujours masqué), Modeselektor, Raving George et N’to, vont embrayer sur la principale.

(Organisation PiaS)

 

La Vie En Rock 2015 : samedi 28 mars

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Janique et Laurence, deux femmes éminemment sympathiques, et évidemment passionnées de musique, avaient lancé, l’an dernier, la première édition du festival, ‘La Vie en Rock’, un festival destiné à financer la recherche contre le cancer. De quoi faire prendre conscience, à la population des dégâts causés par cette terrible maladie, qui trop souvent, conduit à la mort. Les artistes programmés abandonnent leur cachet à cette association. Quand on a été touché par cette maladie, on a moralement le devoir de faire acte de présence. Malgré une affiche alléchante, il n’y avait eu en 2014, guère foule pour assister à l’évènement. Incompréhensible, quand on sait que le prix d’entrée était fixé à 8 € (prévente) ou 12€ (à l’entrée). Ce qui avait provoqué un coup de gueule de la part de votre serviteur. Cette ASBL est particulièrement dynamique. Parallèlement à cette manifestation, elle organise d’autres spectacles, comme celui prévu ce 14 novembre 2015, à Laeken, au cours duquel se produiront Fred And The Healers, Vegas, Subsonic et Jane Doe.

Mario Giucco, le chanteur de Machiavel a accepté d’en devenir le parrain. Un engagement qui s’explique facilement, car il a perdu son épouse, sa muse, l’an dernier, des suites de cette terrible maladie. Il a gravé un album solo, en 2014. Et vu son grand cœur, je suis convaincu qu’il va céder une partie des ventes aux associations qui luttent contre ce fléau. Plutôt sympa, il nous parle de son expérience personnelle et de ses espoirs pour vaincre cette affliction.

Black Mirrors entame les hostilités par « Drop D », face à un public famélique. C’est la première fois que j’assiste à un de leurs concerts. Responsable d’un premier Ep éponyme, le quatuor nous vient du Brabant Wallon. Le line up réunit la chanteuse Marcella Di Troia, le guitariste Pierre Lateur, le bassiste Gino Caponi et le drummer Edouard Cabuy. Leur musique est musclée, écrasante même. Une forme de stoner, réminiscent des seventies, susceptible de déraper dans le blues, le rock, le garage ou le métal. Mais au cours duquel, le soliste s’autorise des envolées frénétiques, ‘hendrixiennes’. Féline, Marcella s’est grimé le visage. Elle porte un collier amérindien autour du cou. Bien soutenue par la section rythmique basse/batterie, sa voix est claire, mais puissante. Sur les planches, elle envahit tout l’espace. La setlist alterne plages de l’Ep et nouvelles compos. Ce jeune combo a un énorme potentiel. Et pas seulement à cause de sa technique.

La salle commence tout doucement à se remplir. Et le public féminin est agglutiné contre les barrières. J’écoute, d’une oreille distraite, le soundcheck de Rising Sparks, un quartet qui nous vient de Gentinnes, en Brabant Wallon. Le band implique le chanteur Adrien Binon, le gratteur Mika Sompp, le drummer Manuel De Kan et le bassiste Julien De Wolf. Dès le début du set, les filles massées à l’avant réagissent avec enthousiasme et bondissent dans tous les sens. Androgyne, le look du chanteur me fait penser à un Bowie glamoureux. Perso, j’estime qu’il en fait un peu trop. L’auditoire semble apprécier. Pas tellement votre serviteur qui finit par décrocher…

Feel a remporté le concours ‘L’envol des Cités’, en 2014. Un trio athois fondé en 2012, partagé entre le drummer Martin Moreau, le bassiste Hantson et le chanteur/guitariste Kevin Cools. Ce sont aussi les nouveaux protégés de Moonzoo Music, le label de Mario Guccio et de Machiavel.

A l’instar de Black Mirrors, Feel puise ses sources musicales, à la fin des 60’s et au début des 70’s. Pensez à Hendrix et Led Zep. Mais aussi à Buckley. Jeff davantage que Tim. Auquel Kevin ressemble quelque peu. C’est ce que me souffle à l’oreille, mon voisin. Mais je lui signale néanmoins que le style du trio est quand même plus contemporain. Et puis, il y a une alternance entre moments puissants et paisibles, dans leur expression sonore.

En intermède, Mario Guccio vient interpréter en solitaire, un extrait de « Link ». Manifestement, pour son projet, il a adopté une formule électro/rock. Et il se débrouille plutôt bien. Perso, je le préfère d’ailleurs bien mieux dans ce contexte, qu’au sein du Machiavel actuel.

Feel revient ensuite sur le podium. Il est venu défendre son opus éponyme, qui sort le 14 avril. Leur rock est carré. Sur les planches, les musicos prennent leur pied et communiquent leur bonne humeur aux premiers rangs. L’auditoire commence enfin à grossir. En fin de parcours, Mario rejoint le band sur l’estrade, pour attaquer le « Fly » de Machiavel. Toute ma jeunesse ! L’adaptation est réussie et prend même une autre dimension, plus dynamique, plus métallique et même speedée. Feel est programmé lors de la plupart des festivals d'été. Vous ne devriez donc pas les manquer.

L’horaire a été bousculé, mais bonne nouvelle, il y a du peuple pour accueillir la tête d’affiche, Jane Doe And The Black Bourgeoises. Une formation louviéroise, qui à force de travail est parvenue à faire son trou. Julie, Angel, Nico, Dan et Dave sont habituellement soutenus par trois jolies choristes. Une seule les accompagne, ce soir. Après avoir entendu leur soundcheck, j’en conclus que le combo a la pêche ! Et il va le démontrer.

Nico se déchaîne sur les peaux de ses fûts. Julie a la rage dans la voix. Une voix rocailleuse, un peu comme Joan Jett (NDR : mais Ju est issue de Carnières, pas de Philadelphie). Derrière sa basse, Dan (NDR : un hybride entre Zorro et Buffalo Bill) incarne la force tranquille. C’est sa maîtrise qui fédère l’ensemble. Angel est monté sur ressorts. Ses riffs de guitare sont efficaces, dévastateurs, meurtriers et terriblement métalliques. Les spectres de Jimi Hendrix (encore !) et de Joe Satriani planent. Son regard vous transperce. C’est déjà lui qui assurait le show chez Inc.Ognito. Il a également pris l’ascendant au sein du combo. De petite taille, il se faufile, tel un serpent. Il ne craint pas d'affronter la foule. Et focalise tous les regards. Depuis qu’il a débarqué au sein du line up, Julie assure le second rôle. Mais elle l’assure parfaitement. Jane Doe nous propose des extraits de « Popaganga » et « Angel Crash ».

Bref, ce soir, le public va se prendre une claque magistrale. Difficile de se relever après une telle gifle. Votre serviteur décide d’ailleurs d’en rester sur cette excellente impression.

Le festival va cependant se poursuivre jusqu’aux petites heures, par deux solides groupes de reprises. Tout d’abord Radiofake. Et ensuite le meilleur cover band d’AC/DC, Machine Gun. Pas de souci, il va mettre une ambiance de feu. Janique et Laurence, on se revoit pour la troisième édition de 'La vie en Rock', et probablement lors de l’un ou l’autre concert...

(Organisation : ASBL La Vie En Rock)

Black Mirrors + Rising Sparks + Mario Guccio + The Feel + Jane Doe & The Black Bourgeoises + Radiofake (coverband) + Machine Gun plays AC/DC + Hot Links (DJ Producteur)

 

 

European Blues Challenge Contest 2015 : samedi 14 mars

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C'est la cinquième édition de l'European Blues Challenge Contest. L'an dernier, l'évènement avait été programmé à Riga, en Lettonie. Cette année, c’est Bruxelles qui a été désigné, et plus particulièrement l'Ancienne Belgique. Un choix posé par l'European Blues Union. Cette compétition est organisée par la Brussels Blues Society en collaboration avec la région de Bruxelles-Capitale ; et elle se déroule les 13 et 14 mars 2015.

Pour ce deuxième jour de compétition, 9 groupes issus de 9 pays différents sont programmés, la Lettonie ayant déclaré forfait. Le temps imparti à chaque concurrent est strictement limité à 20 minutes. Pas une de plus ! Afin de montrer ce qu’il a dans le ventre.

Il revient au quatuor luxembourgeois Remo Cavallini Band d’entamer la seconde journée. Il nous propose des extraits de son deuxième opus, « Self Control ». Comme la plupart des concurrents qui se produisent lors de cette compétition, il s’agit encore d’une découverte pour votre serviteur. Mais quand un line up implique des cuivres, je m’enthousiasme plus rapidement. Pour la circonstance, un trompettiste et un saxophoniste sont donc de la partie. Et ils apportent manifestement un plus à la musique du RCB. La voix de Remo est assez rauque. Les cordes de guitare montent régulièrement en intensité. Et la prestation de s’achever par une cover très personnelle du « Every Day I Have The Blues » de BB King…

Dave Moretti Blues Revue est un quartet italien. Il est composé du chanteur/harmoniciste Dave Moretti, du gratteur Damir Nefat, du bassiste Emanuele Pavone et du drummer Fabio Brunetti. Plutôt roots, leur blues est parfois pimenté de funk. La voix de Dave est rocailleuse et ses interventions à l’harmo sont redoutables, ravageuses. En final, le DMBR nous réserve une superbe reprise de Louis Jordan.

Herman Posch Duo est un tandem réunissant deux vieux briscards de la scène blues/roots autrichienne. C’est la sèche qui fait la part belle au bluegrass et les sonorités discordantes du dobro qui alimentent l’aspect roots. Les voix se conjuguent en harmonie et un harmo vient souffler un vent de fraîcheur sur l’ensemble. Du blues louisianais très profond et lumineux.

Micke Bjorklof & Blue Strip est un groupe finlandais qui jouit déjà d’une certaine notoriété. Pas étonnant qu’il ait drainé une tel nombre de fans. Le guitariste est gaucher, mais il est surtout particulièrement adroit et précis sur son manche. Dynamique, la section rythmique est judicieusement enrichie de percussions ; un cocktail qui vivifie leur blues/rock classique dans la forme, mais novateur dans le fond.

Ils sont basques et nous viennent de la région de Bilbao, en Espagne. Les Travellin' Brothers vont dynamiter la soirée. D’abord, à cause de leur chanteur, Jon Careaga. Il n’hésite pas à se jeter rageusement dans la fosse. Et vient même titiller les spectateurs assis aux premiers rangs, pour les inciter à danser et jumper. Il nous annonce, en français, qu'il revient de la Nouvelle Orléans, lorsqu’il présente « Magnolia Route », le titre maître de son dernier elpee. Les cuivres sont généreux, parfois aussi dévastateurs. Le piano Hammond communique la couleur r&b. Pas étonnant que le band ait réussi à décrocher de nombreux prix. Le public s’enflamme. Et même Francis Delvaux se met à jumper sur sa chaise à l'étage. Jon interprète a cappella, au milieu de la foule, un « Love, Joy And Happiness » d'anthologie. Impressionnant !  

Encore un trio classique guitare/basse/batterie. Il est issu de Slovaquie et a choisi pour patronyme Jergus Oravec Trio. Jergus, c’est le guitariste. Il pourrait être le petit frère slovaque de Fred Lani. Il est doué sur son instrument et possède une bonne voix. Mélodique, le blues/rock dispensé par ce groupe alterne le plus paisible et le plus musclé. Le meilleur moment du set constitue certainement leur version du « Hey Joe » de Billy Roberts, morceau popularisé par Jimi Hendrix, réincarné ce soir dans l’âme de Jergus. A revoir, c’est une certitude

J’ai zappé Drunk Lamb, un combo polonais dont la musique –pour ce que j’ai pu entendre– assez musclée a apparemment bien été appréciée par l’auditoire

Et concédé 10 minutes à mes compatriotes, Doghouse Sam & His Magnatones. Un trio guitare/batterie/contrebasse issu du Nord du pays. Carré, bien ficelé, son blues est régulièrement teinté de rockabilly. Pensez à Brian Setzer. A la sauce belge, leur version du « Baby Please Don't Go » de Big Joe Williams, dont Van Morrison avait fait un hit, tient pourtant parfaitement la route. Et finalement, DS&HM va décrocher le deuxième prix.

Mais pas pu assister à la prestation de la formation norvégienne Jt Lauritsen & The Buckshot Hunters. A 23h30, votre serviteur était rassasié, mais fatigué. Comme la veille, à la même heure, il est rentré au bercail. Et ce n’est pas la porte à côté…

Car finalement, c’est bien Travellin’ Brothers qui a décroché la palme. Il a de nouveau fait l’unanimité, comme en 2014 à Riga, A Contra Blues, un autre groupe espagnol. La sixième édition de l’European Blues Challenge Contest se déroulera l’an prochain, en Italie.

(Organisation: Brussels Blues Society)

Remo Cavallini Band + Dave Moretti Blues Revue + Herman Posch Duo + Mick Bjorklof And Blue Strip + Travellin'  Brothers + Jergus Oravec Trio + Drunk Lamb + Doghouse Sam And His Magnatones + Jt Lauritsen And The Buckshot Hunters

 

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