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Impericon Never Say Die 2014 : jeudi 27 novembre

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La tournée ‘Never Say Die’ a pris un air de mini-festival Hardcore. Et pour cause, pas moins de sept groupes ont foulé, ce jeudi soir, les planches du Trix à Anvers. En tête d’affiche, Terror, un des flambeaux du style, tout droit venu de Los Angeles. Une formule intéressante permettant d’en avoir largement pour ses oreilles. Immersion.

Capsize avait la lourde tâche d’ouvrir les hostilités. Pas facile de jouer devant une salle aux trois-quarts vide. L’horaire particulier constitue certainement la principale cause. Arriver à destination dès 18 heures au Trix, est quasi impossible, vu les embarras de circulation qui gangrènent Anvers. Ce qui explique pourquoi je n’ai uniquement entendu que deux morceaux de la formation californienne. Ce laps de temps, certes court, est néanmoins suffisant pour se rendre compte que Capsize pratique un Hardcore ‘classique’, peut-être même un peu trop ; et qu’en outre, il faudra encore un peu de patience afin que le band n’acquière son identité propre.

No Bragging Rights s’approprie ensuite la scène. Pas de grande innovation non plus mais le public, de plus en plus nombreux, semble apprécier le show. Quelques envolées à la guitare viennent garantir le tampon ‘Hardcore Mélodique’ du groupe. Le set n’est pas trop long et permet donc d’apprécier le band sans susciter de lassitude. En effet, même si l’affiche réunit un nombre important de noms, la durée de l’ensemble du show reste néanmoins similaire à tout autre concert. Ce qui implique des prestations très courtes : 20 minutes pour le premier groupe, 25 pour les trois suivants, 35 pour les cinquième et sixième et finalement 40 minutes pour la tête d’affiche. Des timings qui ont parfois tendance à laisser un public sur sa faim.

More Than a Thousand monte à son tour sur l’estrade. Le combo portugais propose un Metalcore teinté ça et là de chants clairs, mais qui malheureusement sonnent souvent faux. Une appréciation mitigée ; autant certains morceaux sont monotones, autant d’autres sont véritablement recherchés et ne peuvent qu’entraîner le public, de plus en plus nombreux, à headbanguer et à les applaudir chaleureusement.

Le temps d’installer deux toiles tendues sur la scène, inspirées de l’artwork de leur dernier album, et c’est au tour d’Obey the Brave de fouler les planches anversoises pour y dispenser son Metalcore. Fait intéressant : le chanteur, Alex Erian, prend la peine d’introduire chaque morceau, et les plonge dans le contexte au sein duquel ils ont été écrits (situation familiale, économique, etc.) ; ce qui permet inévitablement de mieux accrocher aux compos et de mieux les ‘vivre’.

Les spectateurs sont maintenant présents en nombre et la température monte au fil des prestations. C’est donc une salle à point qui accueille Stick to your Guns. Une chose est certaine : vu le nombre de t-shirts et hoodies à l’effigie de la formation, le groupe californien est pour le moins attendu. Depuis la création du ‘Never Say Die Tour’ en 2008, reprenant chaque année plusieurs pointures de Hardcore et de Metal, c’est la seconde fois qu’il répond présent. Il a également participé au Festival de Dour, cette année. Autant dire que le public attiré par ce type de rendez-vous a pris l’habitude de venir à leur rencontre. Il suffit d’entendre les premières notes d’« Amber » pour que la foule lève les bras comme un seul homme et commence à s’enflammer. Les hochements de tête timides du début de soirée font maintenant place aux mosh pits musclés face à la scène. Une prestation très réussie, qui se clôturera par un « Against Them All » tant attendu, permettant aux coreux présents d’expulser le reste d’air présent dans leurs poumons afin d’entonner le refrain en compagnie du quintet.

Nouvelle montée en puissance dès l’arrivée de Comeback Kid. Il avait également mis le feu au Festival de Dour, mais en 2013. En outre, il avait accordé une très belle prestation, il y a quelques mois, dans le cadre du Graspop Metal Meeting. Le band canadien figurait également parmi les groupes les plus attendus en cette journée. Pas de fioriture : ne disposant que de 35 minutes, les petits plats sont directement mis dans les grands. Il commence par le pêchu « G.M. Vincent and I ». Telle une traînée de poudre, le feu prend directement et le public présent aux premiers rangs, se rue en direction du podium pour s’époumoner en compagnie d’Andrew Neufeld, le chanteur de la formation. Détail qui a toute son importance : la salle est dépourvue de grilles de sécurité et de stewards. L’accès est donc totalement libre à qui veut monter sur l’estrade ; ce que bon nombre d’aficionados vont accomplir tout au long de la soirée. Alors que les amateurs de ‘stage diving’ se font habituellement porter de l’arrière de la salle vers l’avant, c’est ici l’inverse. En un seul mouvement rapide, hommes comme femmes, se hissent sur la scène, slaloment entres les musiciens et se lancent dans la foule en euphorie, espérant pouvoir retomber sur quelqu’un. Certain(e)s n’y parviennent d’ailleurs pas et se prennent un ‘billet de par terre’ plus vite que prévu. Mais qu’importe, la musique sert d’analgésique et permet très vite oublier les éventuelles douleurs. Sans oublier qu’il s’agit ici d’un public Hardcore : c’est violent, certes, mais tout un chacun reste attentif à relever la personne qui serait au sol ou à aider celle qui ce serait pris un mauvais coup. Une ambivalence où exutoire physique et compassion se côtoient naturellement. Les Canadiens donnent ce qu’ils peuvent et égrènent en dix titres un mélange entre leurs classiques et des compositions de leur dernier elpee, « Die Knowing ». C’est par un magistral « Wake the Dead » (comptabilisant presque un million d’écoutes sur Spotify !) que Comeback Kid achève un set, une fois de plus, sans concession.

Pas besoin de dessin : plus de quatre heures après le début de cette édition 2014 du ‘Never Say Die’, les âmes présentes ce soir dans le Nord de la Belgique sont plus que prêtes à accueillir Terror. Devenu un véritable mythe au sein de la sphère Hardcore, le quintet de Los Angeles n’a pas l’habitude de servir de la soupe tiède. Scott Vogel, vocaliste, entre le premier sur scène, rapidement suivi par le reste du groupe. Le guitariste Martin Stewart entame les premières notes de « Your Ennemies are Mine » et le ‘la’ est directement donné. Le rond typique du moshpit se forme face au podium, bras et jambes s’envolent et la fièvre monte dans l’auditoire. Le combo enchaîne directement par « Stick Tight », autre grand morceau de l’album désormais devenu culte, « Keepers of the Faith ». Pas besoin de ‘surjouer’, tout est présent pour accorder un set 100% punk-hardcore pur jus. Les musiciens semblent contents d’être là, et plus particulièrement Scott Vogel qui incite les spectateurs à se rapprocher d’eux : ‘faites-moi plaisir, faites tous deux pas de plus vers nous. Allez, tout le monde, deux pas en plus !’. Il n’hésite pas non plus à aider les personnes qui voudraient monter sur l’estrade afin qu’ils puissent se relancer deux secondes plus tard dans la foule. Deux jeunes demoiselles, peut-être prises par le feu de l’action, s’embrassent face au public avant de tenter de débaucher les musiciens. Mais le vocaliste décline fermement l’invitation : ‘Désolé mais je suis marié et j’ai un jeune enfant’, adresse-t-il à la foule’. Eh oui, c’est aussi ça l’esprit Hardcore. Les morceaux s’enchaînent et le groupe prévient : ‘il ne reste plus que deux morceaux, profitez-en !’ « Keepers of the Faith » clôture en toute logique ce set puissant, qui flaire bon le hardcore old-school, tant par sa musique que son esprit. Cerise sur le gâteau, Jesse Barnett, vocaliste de Stick to Your Guns, est venu rejoindre Scott pour partager un duo tout au long de « Stick to Your Guns. Une soirée très riche pour tout amateur du genre, le tout dans une ambiance de fête où le but était simplement de se faire plaisir, entre amateurs de musique. Il ne reste plus qu’à attendre la prochaine édition.

(Organisation: Heartbreaktunes + Trix Anvers)

 

Rock and Chill 2014 : samedi 22 novembre

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Il s'agit de la troisième édition du festival Rock And Chill. Un événement qui se déroulait ce 22 novembre dernier, au centre culturel Victor Jara de Soignies. Il y a quelques années, j’avais assisté à un concert dans cette salle ; et j’étais reparti déçu par la qualité du son. Depuis lors, il faut avouer que de sérieuses améliorations ont été apportées à l'acoustique des lieux. On peut même ajouter que ce soir, le son était irréprochable.

Fastlane Candies réunit Alexis Alvarez, aka El Niño, au chant et à la sèche, Krispy Velours, aka Laurent Boutefire, à la guitare, Baptcha à la basse, Jrm aux drums ainsi que Sandy C., aka Cheesy Cliché, aux claviers et au chant. Signé chez JauneOrange, le combo implique des Liégeois et des Namurois. Après avoir publié un Ep 6 titres en 2011, baptisé « Cold Cold Caribbean », le groupe a sorti son premier opus en 2013, « Telenovelas », un album réalisé au Studio 5 (NDR : c'est aussi à Liège) et produit par Xavier Guinotte (My Little Cheap Dictaphone) ainsi que Raphaël Wynands.

C’est la dernière date de la tournée du band. Il y a un bon bout de temps qu’il est sur la route. Il a accordé quelques concerts mémorables en Belgique et lors des festivals d'étés. Ce qui devrait avoir rôdé les musicos en ‘live’. Cependant, il n’est pas toujours facile d’amorcer ce type de manifestation. Le public est peu nombreux. Les spectateurs bavardent. Des conditions malaisées pour capter leur attention. Mais Fastlane Candies est habitué aux ouvertures et premières parties. Il est même devenu habile pour exploiter au maximum la situation.

Caractérisé par sa mélodie contagieuse, « Nothing At All » entame les hostilités. Offensives, les grattes s’imposent. Les percus trament la compo. Les harmonies vocales caressent les tympans. Le public sonégien est mou et sans réaction. C'est comme un moteur diesel, faut le temps pour qu'il démarre. « Second-Hand Boyfriend » est un morceau allègre et sucré. On pense alors à Violent Femmes voire à Clap Your Hands Say Yeah. Le set atteint sa vitesse de croisière à partir de « Girls ». Alexis, dont la mèche de cheveux penche toujours à gauche,  demande au public de se rapprocher du podium. Il concède timidement à l’invitation. La rythmique est entraînante et syncopée tout au long de « Telling Stones ».

« Always On The Go » nous replonge dans la cold wave. Celle de The Cure, tout particulièrement. Même la voix est alors proche de celle de Robert Smith. Risqué et réussi à la fois.

« Enough » incite à la danse et à se bouger le popotin. Son refrain est immédiat. Allez Soignies, on y va ! « Wound Me », c’est le premier single du groupe qui a totalisé 10 000 vues sur YouTube depuis sa sortie, en 2011. Il en a fait du chemin, depuis. « Charm » n’en manque pas et « Let Yourself Go » est une invitation à se relâcher. Sandy se réserve le lead vocal pour « La Chica », une superbe compo. Le show s’achève par « Be Like you » et « Summertime's Away », moments choisis par Alexis pour descendre dans la fosse afin d’affronter un auditoire bon enfant. Il le pousse à participer à la fête, tout en distribuant des flyers… Une bonne entrée en matière !

The Whylanders va se produire entre les changements de matos sur scène, à deux reprises. Nous réservant chaque fois 2 ou trois morceaux. Il avait assuré le supporting act de Von Durden, au Botanique, il y a un bon mois. Un duo réunissant le guitariste/chanteur Maxime Simon et le drummer Quentin Jossin, également préposé aux fûts chez Cheeky Jack, programmé ensuite. La paire libère une énergie folle sur les planches et va même y mettre le feu pendant le soundcheck de Jane Doe. Une très bonne idée de combler ainsi les intermèdes.

Cheeky Jack est un sextuor issu du Brabant Wallon. Encore que le rôle de gratteur soit confié à Gregory Chainis (Abel Caine). J’ignorais que Carnières appartenait à cette province… C'est la première fois que votre serviteur assiste à un concert de ce groupe, responsable d’un chouette premier album intitulé « Superlicious ». Actif depuis 2011, il vient de publier « Black Sheep », un Ep 5 titres particulièrement prometteur. Le line up implique également Thomas Verbruggen au chant et à la six cordes, Benoit Tempels au saxophone et machines ainsi que Maxime Siroul aux synthétiseurs. La musique de Cheeky Jack est le fruit d’un cocktail entre pop, funk, soul, reggae et world. Un univers sonore particulier qui puise ses influences dans toute l’histoire de la musique pop/rock. Depuis les sixties aux années 2000. Sur disque, les cuivres occupent une place importante. Moins en ‘live’. Ce qui n’empêche pas leurs compositions de libérer énormément de groove. La participation de Grégory apporte manifestement un plus à l’ensemble. Colorée, la musique nous transporte de Saint-Louis à Minneapolis en passant Kingston (« Lilith Is On Fire »). Une guitare funkysante et un beat électro dynamisent « Paper Chase », afin de nous conduire vers le dancefloor. « Piece Of Wax», issu du premier album « Superlicious », clôt leur prestation, un titre hanté par Big Brother & The Holding Company et James Brown…

Le Centre Culturel sonégien commence progressivement à se remplir. Ce n'est pas souvent la fête à Soignies et il faut en profiter. Jane Doe and The Black Bourgeoises est chargé de mettre le souk. Ou plus exactement de chauffer l’ambiance pour la tête d’affiche, en l’occurrence Sharko.

Issu de La Louvière, Jane Doe and The Black Bourgeoises est une formation qui déborde d’énergie rock'n'roll. Les cordes de guitare sont bien huilées et vintage (Angel Ognito), les claviers bien dosés (Djamys 'Norton'), les lignes de basse fédératrices (Dan Diaz) et les fûts dévastateurs (Nico Scarmardi). Sans oublier le rôle de la chanteuse Jane Doe, aka Julie Meganck, dont la voix campe un hybride entre Joan Jett et Courtney Love. Parfois épaulée par deux voire trois choristes dont les harmonies vocales sont judicieusement dispensées.

Fondé en 2012, leur parcours est antinomique : naissance, composition, studio, album et enfin concerts. Après avoir gravé un premier elpee baptisé « Angel Crash », bien reçu par la critique, le second vient de paraître et s’intitule « Popaganda ».

Leur arrivée sur le podium est triomphale. Et dès les premiers accords on est propulsé outre-Atlantique par « The Hunt », la plage d’ouverture de leur nouvel elpee. Planté à gauche de l’estrade Dan se charge de la basse. Son look doit autant à Don Quichotte qu’à Buffalo Bill (dixit Jean Dujardin). Suffit de demander à Mr. Dan Diaz De La Vega. Baignant dans un climat suranné, « It's All About Risky (When The Wolf Is Coming Down) » est découpé par des riffs de gratte incisifs. Angel se montre à son avantage sur sa six cordes. C’est le nouveau guitariste. Et il fait déjà l'unanimité. A contrario de Dan, la force tranquille, il ne tient pas en place. Il grimpe, bondit et menace du regard. Une bête de scène qui vient davantage booster la vitalité pourtant débordante du combo. Julie n'a rien perdu de sa verve ; mais surtout elle focalise l’attention des mâles, par son attitude sensuelle. Quoique kitsch, son pied de micro lumineux fait toujours sensation.

Les perles s’enfilent : « Boyz Rock It », « Bad Gurtz », « Runaway », « She's A Bitch», « Mercedes » et « Popaganda ». La reprise du « Paint It Black » des Stones est à la fois glamoureuse et rock’n’rollesque. Et le band de clore sa prestation par une autre cover, mais chargée de testostérone, le « Kids In America » de Kim Wilde. Mr. Angel Hendrix et Jane Doe, en toute grande forme, vont alors descendre dans la fosse, pour le plus grand plaisir du plaisir, ravi de ce contact privilégié. 2015 devrait être une année faste pour Jane Doe and The Black Bourgeoises. C’est tout la mal qu’on leur souhaite.

Je fais l'impasse sur Sharko, que je viens de revoir en concert il y a peu ; et puis ma soirée est déjà réussie. J’en profite d’ailleurs pour féliciter et encourager les organisateurs de l'évènement dont la motivation n’a d’égale que leur passion pour la bonne musique.

(Sharko + Jane Doe And The Black Bourgeoises + Cheeky Jack + Fastlane Candies)

 

 

Les Inrocks 2014 : jeudi 13 novembre

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Ces 13 et 14 novembre, Le Grand Mix à Tourcoing accueillait deux dates de l’édition 2014 des Inrocks. Vos serviteurs étaient présents le jeudi, pour assister aux concerts de The Orwells, Parquet Courts et Palma Violets. Trois formations particulièrement électriques. Les deux premières sont yankees, la dernière insulaire. Compte-rendu.

The Orwells est un quintet issu de la banlieue de Chicago. A son actif, deux albums (« Remember when » en 2012 et « Disgraceland », cette année) ainsi que deux Eps. Sa section rythmique est constituée de deux frangins, Grant et Henry Brinner, respectivement bassiste et drummer. Le combo est drivé par Mario Cuomo, le chanteur aux longs cheveux blonds et bouclés. Il est vêtu d’un t-shirt frappé des lettres ‘Eminem’. Le reste du line up implique deux guitaristes : Dominic Corso (rythmique) et Matt O'Keefe (solo). Le combo pratique une forme de garage rock aux mélodies soignées. Leurs influences majeures ? Probablement les Replacements et les Pixies. Le chanteur possède une voix plutôt singulière, les compos sont âpres et ne manquent pas d’énergie, mais l’ensemble manque quand même de netteté. Bon, c’est vrai, c’est du garage, mais ce n’est pas une raison pour oublier de mettre de l’huile dans les rouages…

Parquet Courts, c’est le band qui fait actuellement le buzz. Non seulement « Sunbathing Animal » est considéré, par les médias, comme un des meilleurs elpees indie paru en 2015, mais les prestations ‘live’ sont, paraît-il dévastatrices. Première constatation, la section rythmique n’est pas constituée de Max Savage à la batterie et de Sean Yeaton (NDR : c’est un pote à Kurt Vile, merci Ludo) à la basse. Elle a été remplacée (NDR : au pied levé ?), respectivement par une jolie demoiselle et un chevelu totalement inconnu. Ce qui à première écoute n’a pas trop l’air de perturber l’ensemble. Quoique. La drummeuse imprime un tempo tribal alors que le préposé aux quatre cordes assume parfaitement son job. Cependant, on ne sait pas trop pourquoi (NDR : ou alors c’est intuitif), mais le quatuor ne libère pas l’énergie qu’on était en droit d’attendre. Bien sûr, l’expression sonore est marquée au fer rouge par le post punk de la fin des 70’s et des débuts des 80’s. Pensez à Wire, Gang of Four voire même The Fall. Mais je cherche vainement le feeling mélodique des Pavement et Sabadoh dont toute la presse spécialisée parle. Les accords de guitare dispensés par Andrew Savage et Austin Brown sont déchiquetés, spasmodiques et circonstanciellement sculptés dans un savoureux funk blanc ; et leurs deux voix sont complémentaires. Mais non, on n’adhère pas totalement à leur prestation. Bref, Parquet Courts a accordé un set de bonne facture, mais ne nous a pas asséné la claque que nous espérions. On sait pourquoi !

Il revenait à Palma Violets de clore l’affiche. Un quatuor anglais (NDR : londonien, issu de Lambeth, pour être plus précis), responsable d’un seul album à ce jour, « 180 ». Samuel Thomas Fryer, le guitariste, est coiffé d’un chapeau qu’il doit avoir piqué à Pete Doherty. Alexander ‘Chilli’ Jesson est vêtu d’un costard et d’une chemise blanche. Enfin quand il monte sur les planches ; mais rapidement en nage, il tombe aussi vite la veste. Et ne parlons pas de la chemise, sinon qu’elle sera auréolée… Les deux compères se partagent les vocaux. Le premier se réserve la guitare et le deuxième la basse. Le line up est complété par un drummer (William Martin Doyle) dont les interventions sont solides et plutôt carrées (NDR : il se charge également des backing vocaux) et un claviériste (Jeffey Mayhem), friand de sonorités vintage. Assis à droite de l’estrade, il est particulièrement cool, par rapport aux trois autres musicos. Encore que Samuel semble parfaitement maîtriser son sujet. Par contre, ‘Chilli’ est une véritable pile électrique. Et le mot est faible. Viscérales, dérangées, marécageuses, offensives, les compos du groupe sont mélodieuses, bien torchées, parfois même contagieuses, et le set libère une énergie folle. D’ailleurs, quelques aficionados se lancent dans l’exercice du crowdsurfing, atterrissant parfois sur l’estrade, avant d’être raccompagnés manu militari par un roadie particulièrement autoritaire. Si l’attitude du quartet est manifestement hantée par celle des Libertines, Samuel et Chilli, incarnant alors Pete et Carl, la musique lorgne davantage vers The Clash, sans l’engagement sociopolitique. En plus brouillon, cependant. Car si Palma Violets a un fameux potentiel, il va devoir le canaliser, pour soutenir la comparaison avec ses maîtres…

(Organisation : Le Grand Mix + Les Inrocks)

The Orwells + Parquet Courts + Palma Violets 

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Hexagen 2014 : samedi 25 octobre

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Cinq ans déjà que le collectif Hexagen organise à travers Bruxelles toute un série de petits concerts indie, principalement à tendance noise ou math-rock ; et pour marquer le coup il avait décidé de nous offrir un festival en 2 temps.

Le vendredi l’affiche proposait Jessica 93 et Headwar au Beurschouwburg et le lendemain pas moins de 7 groupes se produisaient au Magasin 4 ; et c'est cette soirée à laquelle votre serviteur a assisté.

Pas trop fan des festivals et des affiches à rallonge, j'ai zappé John Makay et LTDMS et suis arrivé pour Poutre dont l'écoute du bandcamp m'avait convaincu de ne pas louper le set. Décrit comme héritier d'une tradition bruitiste en France qui oscille de Condense à Heliogabale en passant par Portobello Bones, c'est surtout de ce dernier qu'il semble s’inspirer. Tout en urgence et en riffs tendus, ça cogne sec et quasi sans répit mais toujours en conservant un sens de la mélodie derrière l'apparence chaotique. Il faut dire que le son approximatif de la sono n'est sans doute pas étranger à cette situation ; mais si l’absence de basses sera corrigée par la suite, le son de batterie est un peu pourri et malheureusement le restera. Passé ces imperfections, le combo entame les hostilités en grande pompe et j'ai déjà les pieds et la tête qui ne tiennent plus en place!

Room 204 nous plonge dans un univers plus technique et maîtrisé. Vous avez dit math-rock? Vous n'avez évidemment pas tort! Après la spontanéité débridée de Poutre, la transition n'est pas évidente vu l'interprétation toute en précision et en justesse de leurs successeurs sur scène. Heureusement derrière cette mécanique bien huilée surgissent des ‘accidents’ délicieusement barges et surprenants qui sont plus que les bienvenus dans leur jeu plutôt rigoureux. On imagine que la présence de certains plans métal bien ‘cliché’ joue le même rôle dans leurs compos, je veux parler de ces accords kitsch et victorieux que l'on retrouve aussi chez leurs compatriotes de Marvin (qui d'ailleurs commencent à en abuser un poil) voire chez Trans Am pour rendre à César ce qui lui appartient.

Place ensuite à The Guru Guru qui n'a rien à voir avec Guru Guru, les vétérans du kraut rock teuton toujours en activité. Ici on est dans la folie furieuse qui vous tombe dessus sans crier gare! Une petite ritournelle pop part en vrille en moins d'une minute (en écoutant leur bandcamp j'étais persuadé d'entendre deux morceaux en un) dans un chaos magistral, chaque musico maltraitant son instrument, les vociférations du chanteur se superposant à l’ensemble. Tout le long du concert, on est balancé dans cette schizophrénie créative qui fait la part belle à un jeu assez recherché et surprenant. Pourtant, les musiciens sont doués, mais j’ai du mal à accrocher. D’abord je suis assez réfractaire à ce type de vocaux. Et puis je cherche en vain un fil rouge dans leur répertoire.

Arrive enfin le grand moment de la soirée grâce au trio italien His Electro Blue Voice qui a plus d'un tour dans son sac et dont le cocktail détonnant va me mettre sur les genoux. Les ingrédients de cette mixture décapante? 1/3 de noise aux accents indie ou post hardcore, 1/3 de post punk et 1/3 de psyché kraut pour bien scotcher l'audience. Le résultat est garanti et scotché je l’ai été ! Je serais curieux de jeter un œil dans la collection de disques ou de mp3 des ritals et ne serais pas surpris d'y retrouver aussi bien Sonic Youth, Hüsker Dü, Big Black que Chrome, Wire ou Killing Joke... Mais stop au name dropping, His Electro Blue Voice mérite qu'on s'intéresse avant tout à son propre son. Un déluge supersonique, véritable lame de fond qui passe et repasse, emportant tout sur son passage au gré de sa cadence métronomique. Trop répétitive au goût de certains, elle baigne les autres dans une transe provoquant d'irrépressibles hochements de tête et puis progressivement une ondulation de tout le corps. Mais derrière la débauche sonore et la répétition, se cache souvent une accroche mélodique simple, évidente, pour ne pas dire essentielle, comme sur le tubesque "Eat Sons".

C'est à Electric Electric qu'était confiée la tâche de clôturer cette longue soirée qui à ce stade commençait à être bien éreintante pour les tympans. Qu'à cela ne tienne, on hausse encore le volume sonore rendant le concert limite insupportable à moins de porter des protections adéquates ou de se retrancher dans le fond de la salle. C'est assez dommage d'autant que les 2 fois où j'ai eu l'occasion de les voir, j'ai pris une monstrueuse claque à l'écoute de cette noise trance de haute volée qui tient la comparaison avec des formations comme Battles ou Lightning Bolt. Mais là au bout de 2 ou 3 morceaux plutôt de bonne augure, j'ai battu en retraite, vaincu par l'avalanche de décibels et un état de fatigue avancé. A revoir donc mais si possible pas à 1 heure du mat’ après une volée de groupes tous plus noise les uns que les autres.

Mais bon hormis ce petit bémol, on garde une bonne impression de ce festival dont je retiendrai les prestations de Poutre et des incroyables His Electro Blue Voice que vraiment je vous conseille de ne pas manquer!

(Organisation : Hexagen)

 

BAM Festival 2014 : du mardi 30 septembre au mercredi 3 octobre

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Saluons d'entrée l'initiative de ce festival consacré aux arts numériques. Il a permis aux professionnels et au public curieux d'assister à une toute une série d’activités d’apprécier le travail d’une dizaine d’artistes actifs dans le secteur de la culture numérique. Rendons hommage aux organisateurs qui à l’aide de modestes moyens mais un excellent carnet d'adresses ont apporté à la Cité Ardente un événement qui, nous l'espérons, se répètera dans les années à venir. Outre une exposition, trois conférences et un workshop permettant de se familiariser avec deux logiciels de mapping, il s’agissait surtout de proposer gratuitement au public liégeois plusieurs performances accordées dans les locaux de l’Académie des beaux-arts de Liège. Le festival se clôturait dans le nouveau haut lieu du clubbing principautaire, Le Cadran, où l'on a pu assister pour un prix très démocratique à une série de sets d'artistes renommés.

Tout d'abord, quelques mots sur les différents spectacles glanés auprès de quelques collaborateurs de Musiczine. Le festival débute tout en douceur, le mercredi, par ‘Disorder’ un show du CENC (Centre d’expression numérique et corporelle basé en Suisse). Des danseuses se meuvent lentement derrière un écran sur une composition ambient délicate. C'est joli et poétique mais on est content que le spectacle ne dure qu'une petite demi-heure car la lassitude commence à poindre en fin de parcours. Succès de foule comme ce sera le cas toute la semaine. C'est aussi l'occasion de découvrir diverses installations aménagées dans les locaux de l'Académie.

La seconde soirée débute également par l'alliance de la danse et de la musique électronique. Au programme : la performance du studio d'art numérique barcelonais Reflection Lab au cours de laquelle, les mouvements de la danseuse tentent d'épouser les formes colorées projetées sur l'écran.

La musique de Light Sound & Death est bien plus expérimentale et éprouvante. Le performeur, dans un costume brillant, s'agite de manière épileptique devant de puissantes lampes à effet stroboscopique. Notre chroniqueur du soir est vite saturé par ce spectacle sans concession.

Peu de précision malheureusement sur celui du jeudi proposé par 1024 Architecture. Notre photographe préférée Marine B. a en tout cas été très impressionnée et en est sortie enchantée.

La grande soirée de clôture débute par une prestation captivante de Nonotak, duo composé de l’artiste et illustrateur Noemi Schipfer et de l’architecte et musicien Takami Nakamoto, que l’on retrouvera plus tard en solo. Ils nous présentent leur dernière création, Late Speculation, décrite comme explorant la relation entre espace, image et son et permettant au duo de s’engager dans des représentations live en partie improvisées, où les éléments audiovisuels ne tournent plus en boucle, mais sont plutôt ajustés sur le moment même. Prenant place, face à face, autour de leurs machines, dans un triangle transparent dont les projections en lignes et formes géométriques épousent la forme, les comparses proposent un son assez dur et oppressant, à coloration indus et technoïde. Ils procurent une sensation d’encerclement au milieu de ces sonorités hachées, fracturées, mi-sourdes mi-crissantes, mais élégantes et maîtrisées.

La suite se déroule au Cadran. Elle débute agréablement par des lives audio/vidéo. Emilia Gumanska aka Emiko, tout d’abord, allie projections intrigantes et motifs électroniques doux mais puissants. Pour suivre, Steve Buchanan nous gratifie d’une étonnante et brève démonstration, à même le sol, d’une plaque podale de laquelle il extrait, en la martelant et la piétinant, des motifs métallo-tribaux. Takami Nakamoto propose ensuite un set intéressant mais quelque peu répétitif et décousu, fait de cut-ups foisonnants et bien agencés mais sans véritable ligne de conduite. Une abstraction technoïde que l'on retrouve dans la brève performance d'Okus Cie. 

Arrive l'artiste mystère qui ne l'est plus depuis un petit temps, le bouche à oreille ayant supprimé tout effet de surprise mais permis d'attirer une foule considérable. Il s'agit de Vitalic attendu par des centaines d'aficionados en délire pour la plupart très jeunes. Ce dernier délivre un set semi-live qui enchaîne tous les tubes qui ont fait de lui un des artistes techno les plus prisés. C'est efficace bien entendu et la foule déjà bien allumée se déchaîne. Votre serviteur, lui, n'en peut déjà plus après quelques morceaux. Les basses massacrent ses vieux tympans et ce genre de techno agressive n'est vraiment plus sa tasse de thé.

Riley Reinhold enchaîne devant un parterre bien moins fourni. Le gros de l'assistance n'a visiblement jamais entendu parler du patron des formidables labels Traum, Trapez et My Best Friend et s'en désintéresse totalement préférant aller se déhancher sur la trap mal dégrossie proposée dans la salle d'à côté. L'Allemand se sent malheureusement obligé de se mettre au diapason de la techno ‘gros sabots’ délivrée avant lui. Bien loin de ses excellentes compilations mixées Tour de Traum, on a droit à une succession de gros beats d'où n'émergent que rarement les mélodies qui ont fait la réputation de son écurie.

Dominik Eulberg lui succède, attendu impatiemment par les plus de trente ans. L'ornithologue n'a jamais été un foudre de guerre du dj set. Son vrai talent s’exprime à travers ses remarquables albums. Et on regrette que les organisateurs n’aient pu convaincre son ami Gabriel Ananda de se joindre à la fête. Trop peu sûr de lui, Dominik n'accepte en effet de jouer en live qu'en compagnie du vétéran teuton. Ici encore, Eulberg joue la carte des effets mille fois entendus et des beats énormes noyés sous la saturation. Mes écoutilles saignent mais la foule semble adhérer. Il est plus de trois heures du matin, l'alcool et les substances font apparemment leur effet. C'est ce que réclament les clubbers. Le droit de lever les bras et de crier de joie quand montent les sons saturés. Et peu importe, si c'est mixé à la tronçonneuse sur des cd gravés.

Immense regret : l'absence de Microtrauma. Annoncé mais décommandé pour de compréhensibles raisons budgétaires (rappelons que tout le festival était gratuit et qu'on pouvait assister à la soirée pour la modique somme de dix euros), le duo aurait probablement sauvé ma soirée. Ce n'est, paraît-il, que partie remise puisque les organisateurs comptent l’inviter prochainement dans la même salle.

En résumé, un événement qui a l'énorme mérite d'exister mais qui doit encore trouver un juste milieu entre performances arty et banals DJ sets. Il est dommage par exemple que les dernières prestations n'aient pas été accompagnées de visuels. Espérons donc que cette première édition ait convaincu les édiles d'octroyer de généreux subsides pour pérenniser et améliorer ce très respectable projet. Il en vaut la peine.

Organisation : Mike Latona + Académie Royale des Beaux Arts de Liège + Cadran + Mapping Festival

Bozar Electronic Arts Festival 2014 : samedi 27 septembre

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‘C'est l'histoire d'un garçon qui ne pouvait pas s'arrêter de danser oh oh oh! Mais quand il regardait autour de lui, tout le monde était assis...’
Connaissez vous "Etre assis ou danser" ce morceau de Liaisons Dangereuses, groupe culte electro du début 80's dont l'inusable classique "Los Ninos del Parque" préfigurait la techno de Detroit?
Et bien il illustre à merveille la soirée passée au Bozar festival ce samedi, on y reviendra plus tard…

C'est Robert Henke qui avait l’honneur d’ouvrir les hostilités, lorsque je suis arrivé dans la salle Henry Le Boeuf (HLB), très bel espace ovale caractérisé par une large scène, un vaste parterre, deux balcons et tout le confort nécessaire pour assister d'entrée de jeu à un superbe spectacle audio-visuel sobrement baptisé ‘Lumière’. Installé tout au fond je n'ai pourtant pas manqué un seul détail de ces visuels faits de formes géométriques pures et simples (encore que l’ensemble se complexifie ensuite) projetés par de puissants faisceaux lasers donnant une image de très haute résolution, permettant de distinguer des détails infimes même à la distance à laquelle j'étais situé. Et quand les fumigènes s'en mêlent, le plaisir des yeux est encore rehaussé sans occulter quoi que ce soit. Musicalement c'est également de très haute tenue. Une techno/electronica nocturne aux accents post-industriels qui flotte, plane, parfois s'intensifie mais jamais ne martèle. Du velours sonore dont la consistance est réelle.

Cap ensuite vers la salle Terarken pour assister à la performance de Phill Niblock et Thomas Ankersmit. Le premier ouvrait son set par une pièce assez extrême –selon mieux informé que votre serviteur– car je suis arrivé quand seul son compère était encore sur scène. Signé sur le label Touch, Niblock est un personnage culte de la scène minimaliste qui a côtoyé physiquement ou par ses œuvres, d'autres figures comme Morton Feldman ou Alvin Lucier... Photographe et vidéaste autant que musicien, il développe de longs drones méditatifs dans lesquels je me glisse progressivement malgré les interférences de quelques spectateurs probablement égarés et peu respectueux de ce qui se passe autour d'eux. Deux écrans projettent des images de pêcheurs au travail, s'affairant sur la coque d'un bateau, préparant et réparant le matériel... Des petits gestes du quotidien comme le sont peut-être finalement ceux de l'artiste derrière ses laptops. Par contre on ne peut pas dire qu'il cherche à rentrer en contact avec le public en dehors de la matière purement artistique. Les yeux rivés sur ses écrans, il sirote tranquillement son verre de vin, semble un moment s'affaisser et finit même par tapoter sur son téléphone! N'aimant pas déranger les gens dans leur intimité, je saisis donc cette occasion pour aller rejoindre Max Cooper à la salle HLB. 

C'est là que tout s’est compliqué, car passé l'heure du début de son live, il n'était plus possible d'accéder à celle-ci que par les balcons et du coup j'ai dû assister à sa prestation assez dansante coincé là-haut, en la regardant de biais. J'ai d'ailleurs failli partir après son intro mystique ambient/new age assez cliché ; mais heureusement l'artiste anglais a vite corrigé le tir pour partir dans un style plus accrocheur et crossover en brassant de larges influences electro, house ou idm balayées par une pointe de hip-hop. Bref le genre de musique qu'on n'a pas spécialement envie d'écouter assis! Des visuels très organiques et colorés accompagnent ce show et contrastent avec ce que proposait précédemment Henke. Plaisant sans être ultime non plus, son live nous met en condition avant celui de Fuck Buttons, que j'attendais assez impatiemment de revoir après 5 ans.

Mais quelle frustration d'apprendre qu'ils allaient se produire dans la salle que je venais juste de quitter, quand on sait que la musique trépidante du duo n'est absolument pas faite pour rester assis! Quelle mouche a donc piqué les organisateurs pour prendre cette décision? J’apprends que des raisons d'acoustique justifieraient ce choix ; mais quand bien même je ne suis pas convaincu que dans ce cas-ci la pureté sonore prime sur l'expression corporelle... et encore merci à l'hôtesse de préciser qu'on peut se lever de son siège (sic!) Merci madame.

Mais bref comme j'avais décidé que la situation ne viendrait pas gâcher mon plaisir, j’ai tenté de repérer ce qui me semblait la meilleure place pour en profiter au maximum.

Démarrant par ce qui est également la plage d'intro de leur dernier album, soit "BrainFreeze" et son déluge de percussions martiales, Fuck Buttons met d'entrée de jeu tout le monde dans sa poche ou presque et électrise au moins une bonne moitié de l'audience qui fort heureusement se lève d'un seul et même homme. L'enchaînement du morceau suivant (que je n'arrive hélas plus à identifier) me semble moins judicieux et l'espace d'un moment je crains que la sauce ne retombe. Crainte de courte durée car le reste de leur set s'avère un sans faute, Fuck Buttons puisant son répertoire principalement dans les 2 derniers albums (le premier n'étant plus vraiment représentatif de leur son) et atteignant un pic sur le stupéfiant "Surf Solar", 10 minutes de montée d'extase sonore electro noise. On apprécie autant leurs morceaux tribaux aux climats de transe que les rythmes hip hop plus lourds qu'ils ont commencé à inclure depuis leur dernier album. Et lorsque le set se clôt sur "Hidden XS", on pense à l'étiquette de ‘Mogwaï électronique’ qu'on leur avait collée lorsqu'ils ont émergé, tant ce titre synthétise à merveille le mélange entre la touchante mélancolie mélodique des Ecossais et les nappes synthétiques et bruitistes. Pas de rappel mais néanmoins, après Robert Henke, en ce qui me concerne, un autre grand moment de la soirée...

Et c'est les oreilles repues que nous avons décidé d'en rester là mais avant de conclure cet article j'aimerais quand même souligner ce qui devrait être revu dans cet événement. Il est très louable de vouloir sortir la musique électronique dansante des caves et clubs où elle est généralement cantonnée... Mais à quoi ce changement de décor rime-t-il si c'est pour essayer de la faire rentrer dans un cadre finalement assez rigide et institutionnel où l'accès est limité passé une certaine heure et où la configuration de certains lieux aussi adaptée soit-elle aux oreilles, ne permet pas au reste du corps de pleinement jouir de la fête? Parce qu'après tout ce type de spectacle reste une fête ou une célébration, non?

(Organisation Bozar)

La Nuit du Soir 2014 : mercredi 24 septembre

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De multiples péripéties, y compris un retard imprévu et quelques accrochages houblonnés, ont pratiquement résumé ces ‘Nuits du soir’ au concert du très attendu Sharko. Certes, j'ai aussi vaguement vu et entendu les Vismets déterrer « Umma Gumma » de Pink Floyd ; mais il est préférable de ne pas trop m'étendre sur le sujet...

Après quelques années d'absence sous l'étiquette Sharko et une escapade très réussie en solo, David Bartholomé nous revient en groupe accompagné du fidèle guitariste extra-terrestre Teuk Henri et d'un nouveau batteur en la personne du Liégeois Olivier Cox (Dalton Télégramme, Mademoiselle Nineteen et Moladji, entre autres).

Attiré par la promesse de nouvelles compositions, le public nombreux attendait impatiemment le retour du meilleur chanteur wallon encore en activité. Et l'auditoire n’a pas été déçu. Pour ouvrir le show, le trio nous gratifie du superbe et inédit « Happy Ending » et enchaîne par un futur hit interplanétaire baptisé « Waterloo ». Une autre nouvelle compo, le touchant « Shalaine », nous prouve d'entrée de jeu que le groupe n'a rien perdu de son pouvoir mélodique. Le concert se poursuit par un somptueux ‘best of’, dont les captivantes réinterprétations du punchy « Motels », du rock « Exellent » et une version du classique « I went down » aussi hantée qu'à l'époque de sa sortie.

Après avoir enchaîné sa setlist par sa collection de singles implacables, dont « Yo Heart » et « Sweet protection », morceaux pour lesquels on se demande toujours pourquoi le groupe n'est toujours pas parvenu à se forger une reconnaissance amplement méritée au-delà de nos frontières ; et alors qu'on avait l'impression que le concert venait à peine de commencer, David annonce déjà le dernier morceau. Le rageur « Rock 1 ». Une apothéose qui ne suffira pas à nous enlever ce goût de trop peu… Vu son stock de mélodies accrocheuses, David Bartholomé et ses compères auraient pu nous tenir en haleine beaucoup plus longtemps. Mais ne nous plaignons pas, ce retour a été plus que réussi et l’enthousiaste manifesté par le public présent ce soir se réjouit à coup sûr de revoir Sharko dans un contexte un peu moins ‘festival’, dans le cadre d’un show plus complet.

(Organisation le Soir)

MJ Sambreville 2014 : samedi 6 septembre

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La Maison des Jeunes de Sambreville fête cette année ses 40 ans d'existence. Quatre décennies déjà que l'institution se décarcasse pour dynamiser la région de Sambreville. Et tout particulièrement dans le domaine de la musique. Le festival se déroule sur 2 jours. Le vendredi est consacré au blues et propose Chess Reviva, Little X Monkeys et Boggie Beats. Le samedi au rock, et accueille The Weakness, Von Durden –remplaçant au pied levé Vegas–, Driving Death Girls et en tête d'affiche, le trio toujours aussi sympathique, mais déjanté, The Experimental Tropic Blues Band. La salle est plutôt exiguë et sa capacité maximum oscille entre 120 et 130 âmes. Pourtant, elle jouit d’une belle notoriété. Faut dire que le son est parfait et l'accueil chaleureux. Sans oublier la proximité entre les artistes et le public qui rend chaque prestation intimiste. Que demande le peuple ! C'est la première fois que votre serviteur se rend à Tamines. Ce n’est pas la porte à côté, mais promis, j'y reviendrai. Notamment pour Vegas, qui toujours dans le cadre de ce jubilé, accordera un concert gratuit, le 10 octobre prochain.

The Weakness ouvre le bal. Un duo féminin réunissant Naomi Mele et Jennifer Vanderelst. Elles ont décroché le prix du jeune talent sambrevillois, en 2013. En outre, ce sont les régionales de l'étape. Elles sont soutenues par Guillaume Gilson, à la guitare électro-acoustique et Gaetano Lo Cicero, à la basse. Encore que tout au long du set, les deux musicos vont s’échanger leurs instruments. La set list est essentiellement consacrée à des covers, souvent particulièrement pointues. Mais elle recèle quelques compos personnelles. La première reprise est une plage issue du répertoire des Brigitte, « Battez Vous ». Très sexy, les filles jouissent également de voix particulièrement sensuelles. Autant que les deux Brigitte. Et les deux instrumentistes accomplissent parfaitement leur job. Les deux filles nous réservent une excellente adaptation du « Nobody's Perfect » de Jessie J. Digne de la version originale ! Et après avoir assisté au concert de Jessica, dans le cadre des Lokerse Feesten, je dois avouer que la ressemblance est troublante. Celle du « Royal » de Lorde est aussi superbe. « Titanium » est une compo personnelle. Parmi les autres covers, on aura encore droit à « Scream (Like Me Up) », « Il y a » de Vanessa Paradis (NDR : et dans la langue de Molière !), une adaptation fringante du « Do I Wanna Know» d'Artic Monkeys et le « Love Don't Die » de The Fray. Un duo talentueux dont on attend cependant davantage de compos personnelles…

Les concerts vont commencer à monter en intensité. Tout d’abord grâce aux Louviérois de Von Durden qui ont pallié au forfait de Vegas. Le band est responsable de deux elpees à ce jour, « Death Discotheque », paru en 2009 et « Dandy Animals », en 2011. Le troisième, modestement baptisé « Three », sortira ce 1er octobre. Jour prévu pour la ‘Relase party’ qui se déroulera à la Rotonde du Botanique. Le line up réunit Elliott Charlier au micro, Kevin Dochain à la gratte électrique, Nicolas Scamardi aux drums, Fabrice Giacinto à la basse et la blonde Gladys aux synthétiseurs. Intéressant, ce set impromptu avant le grand jour au Bota. Une manière de répéter ses gammes. La setlist épingle 5 nouveaux morceaux issus du nouvel opus : « Don't Let Me Down », le single « Death Queen », In The Room », « Attraction » et « World On Top ». Il est de notoriété publique qu’un troisième long playing constitue un tournant dans la carrière d'un groupe ; et pour l’instant les échos sont favorables. Von Durden est avant tout un groupe de scène. Il communique de bonnes sensations et y libère énormément de punch. Nico adopte même parfois une attitude à la Jane Doe. L’estrade est étroite, mais Von Durden déborde d’énergie et ne souffre d’aucune baisse de régime. Pour ne pas trop déstabiliser les fans de la première heure, il nous réserve cependant quelques anciens morceaux, comme « Hey Beauty », Dance To The Music » et « Color Of The Shape », issus de l’elpee « Death Discotheque » ainsi que deux plages extraites de « Dandy Animals », « Devil In Me » et le titre maître. Nico martèle ses fûts comme un forgeron frappant sur l’enclume. La voix d’Elliot est puissante. Les riffs de grattes sont incisifs. Bonnet enfoncé sur le crâne, Gladys triture ses machines et bondit frénétiquement sur les planches. Mais ses nappes de synthés sont précises. Quant à l’ami Fabrice, qui s’était déjà illustré dans le cadre du festival Scène sur Sambre, au sein de Romano Nervoso, il ne ménage pas ses quatre cordes. Bref, un excellent concert de rock’n’roll. Rendez-vous au Botanique ce 1er octobre. Votre serviteur sera de la fête…

Driving Dead Girl a la réputation d’envoyer du lourd, une formation belge hébergée sur le label français At(h)ome. En 2004, elle se produisait dans le cadre du festival de Dour… Une première étape ! Dans la foulée, elle publie son premier long playing, « 50 000 Dead Girls Can't Be Wrong », chez Bang ! En 2008, le combo cherche son second souffle. Le remplacement de J.F. Hermand et d’André Diaz, par Vincenzo Capizzi et Daniel Diaz, respectivement à la basse et à la batterie, va lui donner un coup de fouet. En outre, le band est invité à assurer des premières parties de plus en plus intéressantes, et notamment pour Black Rebel Motorcycle Club ainsi que Lords Of Altamont. Ce qui lui permet d’acquérir une excellente réputation de groupe ‘live’. En janvier 2010, le quatuor grave son deuxième elpee, « Don't Give A Damn About Bad Reputation ». Et un troisième album en avril 2013, baptisé « I Think The Drums Are Good ». Un quatrième est en préparation et pourrait sortir fin 2015. Comme le quartet roule au diesel, laissons-lui le temps de composer ses nouvelles chansons. D’autant que lorsqu’il prend le temps, il n’en est que plus épatant. Le line up semble s’être enfin stabilisé. Les chanteurs/guitaristes Ronald Dondez et Dim Wild forment l’ossature du line up. Derrière ses fûts, Vincenzo Capizzi est devenu une valeur sûre. Et peut s’appuyer sur Ruggero Catania, le petit nouveau à la quatre cordes.

Si Driving Dead Girl déclare ne jouer que du rock’n’roll, il faut reconnaître que leur musique évoque les Black Keys. Très caractéristique, la voix est hantée par un feeling puisé dans les 50’s. Pensez à celle de John Spencer, voire de Jim Jones, deux vocalistes aux timbres envoûtants. Leur rock est teinté de punk et de blues. Les grattes sont grasses, huileuses, mais s’autorisent des riffs bien incisifs. La ligne de basse est constamment susceptible d’extérioriser toute son agressivité. La setlist va nous réserver 7 plages extraites du dernier opus, « I Think The Drums Are Good » : « Hanging On », « And I Know The Devil », « Wild Wild Lovers », « Voodoo Soul », « Vinnie And The Morphine », « Wherever You Love », « I Don't Care About You» et « Junkie ». Et le reste, des pistes issues des deux premiers cds : « Don't Wanna Talk About That Girl Anymore », « The Girl From The Room Sixteen », « No Home » et « On The Phone With God». Dim ne tient pas en place et ne se contente pas du micro. Il se couche au sol tout en continuant à gratter sa guitare. Il s’autorise plusieurs bains de foule. Bref, il mouille sa chemise. Et rend le set du band particulièrement sauvage. Comme je les aime. Après leur prestation, les musicos se montrent sous un angle affable. Super sympas, humbles, ils discutent avec leurs aficionados…

The Experimental Tropic Blues Band constitue donc la tête d’affiche du festival. La réputation du trio liégeois n’est plus à faire. Deux gratteurs et un drummer qui vous balancent du rock’n’roll nourri au blues, au punk et au psychobilly. En 2004, il brûlait ses premières planches à Tamines. Dix ans plus tard, il y tient la vedette. Jérémy aka Dirty Coq remercie le public et surtout les organisateurs. Leur prochain elpee paraîtra fin octobre. Intitulé « The Belgians », il s’agira de leur quatrième. Votre serviteur est blindé, car il les a déjà vus en ‘live’ une bonne vingtaine de fois. Jean-Jacques, aka Boogie Snake, est toujours aussi fringant dans sa chemise country à franges. Imperturbable, Devil d'Inferno n’a toujours pas un poil sur le caillou. Ses frappes sont métronomiques. Le show du band ne baisse jamais de régime. Faut dire qu’il s’agit de véritables bêtes de scène. Et des scènes, le combo en a foulé dans toute l’Europe, et des plus prestigieuses. ETBB est la parfaite synthèse entre Joe Strummer, Lux Interior, John Spencer et Jim Jones.

Leur concert s’ouvre par « Fantasy World », un extrait de « Liquid Love », enregistré aux USA, sous la houlette de John Spencer. L'excitation est déjà à son comble. La set list nous propose deux plages issus du même long playing, « Do It To Me » et « Keep This Love ».

Bien sûr, ce soir, le spectacle 'The Belgian Show', dispensé dans le cadre des Nuits du Botanique, n’est pas au programme. Pour votre info, sachez qu’il le sera ce 8 novembre au Belvédère à Namur. Mountain Bike et Apache participeront également à la fête. Le show va quand même épingler quelques fragments de « The Belgians », dont « Weird », mais malheureusement sans support vidéo. Le groupe nous accorde deux nouvelles compos, « Mobile Hostile » et « Disobey ». Le « Liquid Love» nous réserve encore « TETBB Eat Sushi », « Grangrene Blues » et « Wild Blues». Suivant un rituel, Jean-Jacques se mêle à la foule, en emportant micro et harmonica. Jérèmy est un boute en train. Il a enfilé un 'Marcel’ de couleur bleue, mais il semble de mieux en mieux maîtriser ses actes. Un contingent féminin scande 'A Poil'. Mais Jérémy a pris de la bouteille et ne déballe plus ses outils, pour un oui ou un non. En outre, il craint de choper un courant d'air. En 60 minutes, TETBB a une nouvelle fois mis tout le monde d’accord. Un set épileptique, au cours duquel le combo a démontré que l’univers du rock’n’roll était toujours une histoire de révolte et de transpiration…

(Organisation MJ Sambreville)

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