Les idoles de Yungblud…

Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

logo_musiczine

Teethe : de la douleur au soulagement…

Le groupe texan de slowcore Teethe sortira son nouvel elpee, « Magic Of The Sale », ce 8 août. Sur cet album, il dévoile son monde triste et beau, où les quatre auteurs, chanteurs et artistes distincts de la formation posent une série de questions…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Stereolab
DEADLETTER
Festivals

Ronquières Festival 2023 : vendredi 4 août

Écrit par

Une édition bien particulière cette année. Si lors des précédentes, il fallait s’armer de patience pour se dénicher un petit coin ombragé, en 2023, c’est tout le contraire. Il fait frais, humide et le ciel est gris. Selon certains météorologues, le temps devrait se calmer durant le week-end. Toujours est-il que la crème solaire est restée bien rangée dans l’armoire.

C’est donc sous l’eau au sens propre comme au figuré (NDR : le plan incliné se situe au-dessus des têtes du public) que le festival va se dérouler. Un festival marqué aussi par ses nombreux points noirs.

Votre serviteur, comme bon nombre de représentants d’autres médias, se sont vu refuser l’accès presse et le frontstage. Une décision stricte et consternante, Musiczine assurant la promotion de ce festival depuis ses débuts. Manque de communication, paraît-il ! (NDLR : mon œil !) Vraiment dommage ! Faudrait-il plutôt y lire entre les lignes que Ronquières, devenu tout puissant, dénigrerait les médias alternatifs qui lui ont permis d’acquérir une telle notoriété ? (NDLR : c’est de plus en plus évident ; le Dour Festival et le Pukkelpop, qui ont la mémoire aussi courte, leur refusent même les accréditations).

Les parkings ? Une catastrophe ! Les organisateurs n’ont rien trouvé de mieux que de laisser les zones couvertes d’herbe comme seule aire pour y mettre sa bagnole ! L’eau et la terre, ne font jamais bon ménage, un problème élémentaire que même un gamin de quatre ans aurait pu solutionner ! Résultat, les tracteurs ont été appelés à la rescousse pour sortir les véhicules enlisés dans les prairies. Génial !

Enfin, une nouvelle configuration du site a vu le jour. La scène ‘Bâbord’ fait désormais place au ‘Bâbord Club’, l’espace électro qui avait été inauguré l’an dernier. La ‘Tribord’ est conservée mais sert désormais de plus petite scène. Enfin, la nouvelle, baptisée ‘La Colline’, est la plus grande du festival et a été plantée à droite de la ‘Tribord’.

Elle est pratiquement impraticable. Un vrai champ destiné aux exercices militaire. C’est boueux, crasseux. Nombreux sont ceux qui se sont cassés la pipe dans l’épaisse couche de boue. Les filles ont tout intérêt à tronquer les talons aiguilles au profit de bottes. Elles sont moins sexy, mais nettement plus appropriées. Mais, son dénivelé important permet au plus grand nombre de profiter du spectacle.

Bref, c’est 2,5 hectares de terrains supplémentaires qui devraient permettre d’accueillir les 28 000 festivaliers prévus au quotidien.

Autre couac (décidemment), l’application permettant de recharger son bracelet de manière rapide et efficace pour boire ou manger, ne fonctionne pas, obligeant donc les spectateurs à poireauter dans les files, de longues minutes aux endroits (forcément moins nombreux) prévus à cet effet.

Question pépettes, les pintes restent accessibles pour un festival de cette envergure. Il faudra débourser trois euros. Et pour les plus affamés, 44 foodtrucks sont dispersés sur le pourtour du site.

Depuis quelques éditions, RF est passé à la vitesse supérieure. De deux jours, on est passé à trois. Si, dans le passé, le premier jour servait plutôt de mise en bouche, cette année, les organisateurs n’ont pas fait dans le détail, puisque la tête d’affiche n’est ni plus ni moins qu’Indochine !

Au vu de la circulation dense, votre serviteur arrive très tardivement, plusieurs heures de route ont été nécessaires pour atteindre le site. Du jamais vu !

Arrivé sur la plaine, au loin, The Subways termine sa prestation.

Originaire de Welwyn Garden City, dans la banlieue de Londres, ce groupe de rock indie britannique est né en 2003 et compte cinq albums studio à son actif.

Le line up réunit deux frères, Billy Lunn et Josh Morgan ainsi que l'ex-fiancée de Billy, Charlotte Cooper. Ce n'est pas parce qu’il craignait d’être confondu avec Billy Corgan (chanteur des Smashing Pumpkins) mais bien en hommage à son grand-père qui lui a acheté sa première guitare que Billy a choisi Lunn comme nom de famille.

Le band est formé très tôt alors qu'ils n'avaient que 16 ans. Tout commence quand un ami de Billy l’emmène faire un tour en voiture. Il lui fait alors écouter « Supersonic » d’Oasis. C’est la révélation. Billy apprend à jouer de la guitare et participe à une compétition de groupes locaux. Il est seul armé de son instrument et se fait jeter par le jury... Il décide alors que, s’il veut former un groupe, ce sera une famille. Comme quoi, il ne faut jamais écouter ceux qui vous disent que vous n’avez pas de talent !

Billy embarque donc son petit frère Josh à la batterie et Charlotte à la basse.

Très vite, ils commencent à composer leurs propres chansons, se produisent dans de petites salles locales, investissent dans du matériel d’enregistrement, rejoignent la line-up du prestigieux Glastonbury Festival et publient un premier elpee en 2005.

En janvier 2023, le trio publie son cinquième opus, « Uncertain Joy ». A l’instar de nombreux artistes, The Subways a profité du confinement pour écrire et enregistrer une grande partie de ce projet, dont les sonorités de riffs de guitare rappellent les débuts du combo, tout en laissant place à l’innovation. L’introduction d’un synthétiseur a permis à « Uncertain Joy » de devenir l’elpee le plus varié de la discographie du combo.

Les Londoniens ont la réputation de déchirer sur les planches.

Lorsque votre serviteur débarque enfin après plus de deux heures de palabres, « Rock and Roll Queen » retentit ». Fausse joie, ce sera le dernier morceau du set. Frustrant !

Après un break qui s’imposait, Louise Attaque grimpe sur l’estrade. Une aubaine pour votre serviteur qui a pu assister, à deux reprises, au concert de Gaëtan Roussel, son chanteur charismatique.

Après avoir publié un premier LP, sobrement éponyme (1997), Louise Attaque a connu un succès fulgurant. Totalement inconnue du grand public, la bande à Roussel finit par envahir toutes les ondes radio. Mais il aura fallu du temps. L’opus se vendra à 2,5 millions d’exemplaires, également promu par une tournée nationale de deux ans.

En 2001, le quatuor s’était séparé une première fois pour laisser la place à deux projets : Tarmac, réunissant Gaëtan Roussel et Arnaud Samuel ainsi qu’Ali Dragon, impliquant Robin Feix et Alexandre Margraff. Avant de se reformer en 2005, pour graver un troisième elpee. Puis de splitter à nouveau en 2007, ouvrant ainsi la voie à la carrière solo de Roussel. En 2015, le combo remet le couvert et décide d’enregistrer « Anomalie », son quatrième elpee, sous la houlette d’Oliver Som.

Louise Attaque, c’est un ‘je t’aime moi non plus’ en quelque sorte.

Le décor est plutôt minimaliste. La batterie est étrangement haut-perchée sur une sorte de colonne. On ne peut pas la rater. Faudra voir si le préposé osera s’y aventurer.

Le chauve grimpe sur le podium et se plante en position centrale, très rapidement suivi de ses comparses. Il met en garde les spectateurs : le set sera principalement constitué des chansons issues du premier album éponyme…

Une belle revanche pour un combo complètement boudé par les radios, à ses débuts. Preuve en est que l’on peut réussir à s'imposer uniquement par les tournées, le bouche-à-oreille, et à trouver un très large public, en dehors des canaux proposés par les médias conventionnels et notamment alternatifs.

C’est donc presque un concert sans surprise auquel les fans vont assister.

« Les Nuits Parisiennes », « Léa » ou encore « Ton invitation » rappellent déjà toute l’étendue du talent de compositeur. Roussel, c’est d’abord une voix remarquable, éraillée, qui titille vos tympans, sans les effrayer. Une richesse absolue dans la recherche d’émotion. C’est une plume également. Unique, incisive, touchante, légère et accrocheuse. Autant de qualificatifs qui procurent à l’ensemble des chansons une beauté simple, mais tellement sincère.

Archet à l’épaule, Arnaud apporte un vent de fraîcheur aux compositions. Sa longue intro sur « Cracher nos souhaits » rappelle que l’instrument occupe une place de choix. La basse de Robin vient, quant à elle, envelopper les compositions de sons graves et francs. Si cette dernière se révèle, la plupart du temps, plutôt discrète, elle prend une dimension toute particulière sur « Toute Cette Histoire » et son intro haletante.

Roussel aime aussi jouer avec son public lorsque, par exemple, lui et ses musiciens, jouent en boucle une même suite d’accords jusqu’à ce que l’impulsion du public soit suffisante pour passer à l’accord suivant.

Influencé par la musique anglo-saxonne, c’est dans la langue de Voltaire qu’il dispense ses incantations jubilatoires. Gaëtan Roussel en duo (Tarmac) ou en solo, qu’il a transformé en carrière solo décomplexée et d’une grande liberté, est parvenu à exploiter le succès engendré par Louise Attaque. Et comme frontman, il raconte perspicacement le quotidien, ses joies et ses travers.

Tandis que le drummer a retrouvé sa place au sol, deux musiciens complémentaires grimés de drôles de masques viennent renforcer l’enveloppe musicale, l’un au clavier et l’autre à la gratte électrique. Ils ne se découvriront pas. Un détail, puisqu’ils apportent de toute façon davantage d’énergie au set (qui n’en manque d’ailleurs pas).

Tout est dans la nuance, la subtilité et l’intensité. Sans en faire des tonnes, l’artiste aux multiples facettes parvient à fédérer simplement, en injectant cette dose d’humanité qui lui est propre.

La seconde partie du concert sera, elle, plus visuelle. A cause de ces énormes cercles métalliques qui tournoient au-dessus des têtes des musiciens, projetant des faisceaux lumineux rappelant… des soucoupes volantes. Ces objets mèneront la danse le reste du show exécutant des va-et-vient incessants.

Après avoir demandé aux milliers de festivaliers de mettre leur portable en mode lampe, le charismatique chanteur invite le public à s’envoler avec lui tout au long du méga-hit « J’t’emmène au vent ».

L’homme au grand cœur brasse avec conviction, réalisme et passion un florilège de chansons destinées à procurer un plaisir immense. Et l’objectif est pour le moins réussi !

Une entrée et un plat principal bien copieux. Passons maintenant au dessert en compagnie d’Indochine.

Après avoir bercé les étés des années 80, grâce à des titres incontournables, les pépés du pop-rock français ont signé un retour grandiloquant pour le quarantième anniversaire du groupe.

Sirkis semble ravi d’être parmi ses fans des premiers jours. Ces derniers aussi, puisque c’est la dernière date des onze d’un périple estival. On ne les reverra donc qu’après la sortie d’un nouvel opus, semble-t-il.

Autant dire que la pression est forte des deux côtés. Et puis, sans être chauvin, rappelons que c’est aussi le public belge qui a relancé la carrière du combo, lors de la sortie de « Dancetaria ». Un album sublime également marqué par la mort de Stéphane Sirkis, le frangin, impliqué dans l’aventure depuis ses débuts.

La formation attire depuis tout temps, un public multigénérationnel. On y croise des gens d’un âge canonique entouré des petits fils qui semblent connaître sur le bout des doigts les paroles d’Indo.

Sans être sarcastique, il faut reconnaître que Sirkis, même s’il a su fédérer autant sa carrière, est loin de manier la prose dans la manière dont il compose. Et sa voix, faussement juste, n’a rien de portante. Et pourtant…

Ce qui fait succès de ce sexagénaire (NDR : ben oui, il est né le 22 juin 1959) est sans doute le côté intemporel de ses compositions. Des chansons faciles, légères, dansantes, parfois profondes, dans lesquelles une large frange de la population se reconnait.

La formation a quand même vendu plus de 10 millions d’albums, ce qui n’est pas rien !

L’endroit est plein à craquer, l’angle de vue et d’audition n’est pas optimal. Même en se déplaçant de part et d’autre du site, il est difficile de se frayer un chemin tellement la foule est compacte…

Chevaux peroxydés, Nico est soutenu par ses fidèles musicos : Oli De Sat aux claviers, Boris Jardel à la gratte, Marc Éliard à la basse et Ludwig Dahlberg derrière les fûts.

Rien n’a été laissé au hasard : écrans géants, imposante structure scénique en U, ‘carré’ spécial récompensant les fans les plus matinaux sans oublier le light show impressionnant.

Emmené par des milliers d’aficionados (certains étaient même flanqués devant le crash dès les premières heures d’ouverte), Nico et son team ont non seulement misé sur des classiques « Trois Nuits par Semaine », « L’Aventurier », « Alice & June » ou encore « L’aventurier », héros de notre enfance, mais aussi « Nos Célébrations » dont le refrain est repris par la foule hystérique. Une setlist qui a de quoi ravir les quelques 30 000 personnes qui se sont glacé(es) les roubignoles ou la nénette tandis que l’autre sur scène faisait le show.

Le combo n’est pas constamment tombé dans la facilité puisque qu’il a également puisé dans ses fonds de tiroirs des titres emblématiques comme « Tzars », « Des fleurs pour Salinger » ou encore « Le Baiser », enrichi d’une intro profonde dans laquelle il cite l’immense Bowie, trop tôt disparu.

Des surprises, il en sera encore question, et en particulier une autre intro de « Love Will Tear Us Apart » de Joy Division avant « J’ai Demandé à La Lune », une ballade signée par un Mickaël Furnon particulièrement inspiré, issue de l’opus « Paradize », qui avait permis au groupe de renouer avec son public et les médias. Ou encore avec des méconnus comme « Manifesto (Les divisions de la joie) » ou « Le manoir » (« Paradize »).

Une véritable communion s’est établie entre Indo et son peuple, le combo s’étant toujours évertué à choyer son auditoire, en proposant des shows généreux (où jets de serpentins viennent de temps à autre les colorer), une musique soignée et un rapport à l’argent permettant à tout un chacun d’assister au spectacle sans se ruiner. Une qualité qu’il faut mettre en avant, la plupart des cachets demandés par les artistes et les groupes devenant exagérément élevés.

Un concert placé aussi sous le signe de la vindicative politique à travers ces images projetées, notamment de la guerre en Ukraine et d’un Poutine, largement hué par le peuple.

Il est un peu moins de minuit lorsque le show s’arrête. La plupart des festivaliers rebroussent chemin. Pourtant, Kid Noize fait de la résistance sur la scène ‘Tribord’.

Seuls les plus jeunes, les plus courageux ou les plus résistants aux intempéries resteront. Les vieux cons, réacs et autres du même acabit, iront se mettre sous la couette. Ce sera le cas de votre serviteur…

Photos Vincent Dufrane ici

(Organisation Ronquières festival)

 

 

 

Les Gens d’Ere 2023 : dimanche 30 juillet

Écrit par

Le froid et la pluie se sont malheureusement donnés rendez-vous lors de cette dernière journée des Gens d’Ere.

La météo est digne d’un mois de novembre. Bon nombre ont ressorti leur doudoune. C’est franchement déprimant. Si la scène du chapiteau permet de rester à l’abri, l’autre, non couverte, risque d’être désertée.

Lorsque votre serviteur foule la plaine boueuse du site, COLT s’y prépare sous une pluie fine. Sous cet idiome, se cache Coline & Toitoine, des potes originaires de Bruxelles.

S’ils fonctionnaient jusqu’alors en binôme, ils jouent désormais en formule groupe depuis cet été. A la basse et aux claviers additionnels, de jeunes femmes. Les fûts sont percutés par un mâle.

Coline Debry et Antoine Jorissen se connaissent en fait depuis leur naissance. Ils fréquentaient la même crèche. Leurs parents sont toujours restés en contact. A l’adolescence, ils se sont voué une passion commune pour la musique. Le parcours était donc toute tracé.

Leur succès est en constante croissance. Ils ont écumé une kyrielle de festivals qui les ont emmenés jusqu’à New York. Sans compter les streams sur Tik Tok et Instagram, leurs clips ‘home made’ les portant au-delà de la sphère physique.

Antoine se charge du clavier/pad électronique, tandis que Coline milite au chant. Elle est aussi à l’aise dans la langue française que dans celle de Shakespeare.

« Milles vies » ouvre les hostilités, un titre qui figurera sur un premier Ep dont la sortie est prévue pour septembre, rapidement suivi de « Scooter » et « Ramenez-moi ».

Alors qu’elle s’applique méticuleusement, lui se lâche complètement dès le début du concert et le haut de son corps exécute des va-et-vient du haut vers le bas à chacun des coups de grosse caisse imprimé par son comparse caché derrière les fûts. Il est vraiment dedans.

Si le français est la langue maternelle de la dame, son anglais est parfait ; et elle le démontre tout particulièrement sur « Anymay » ou encore « Under my arms ».

COLT s’applique à jouer une musique plutôt électro/pop, lorgnant parfois vers le rock.

Les Bruxellois libèrent une belle énergie. Prestation qui verra une grosse majorité du public partir en vrille, la fine pluie se transformant en déluge torrentiel.

Le duo nous livre un mélange très réussi entre électro, pop, mais aussi indie et folk, nous réservant des titres aussi divers que variés comme « Oublie pas », « Lâchez-moi », « Démarre » ou encore « Chaos ». Une musique positive, rayonnante et lumineuse qui brasse finalement des genres assez différents. Elle donne envie de chanter, de danser et même de rêver. La petite se livre le temps d’une chanson baptisée « La salle aux lumières ». On y apprend ses orientations sexuelles et le courage qu’il lui a fallu pour faire son coming-out.

Vu la nature du sujet, qu’on peut qualifier de personnel, quel est l’intérêt à avouer son orientation sexuelle et de la traduire chanson ? La question mérite d’être posée…

Malheureusement, les conditions climatiques sont difficilement supportables pour les festivaliers, malgré le recours aux k-ways. Seuls les plus courageux (ou téméraires, c’est selon) restent plantés devant le podium jusqu’à la fin de la prestation. Votre serviteur, trempé jusqu’aux os, préfère s’abriter sous le chapiteau.

Au loin, COLT poursuit vaille que vaille son show. Le band l’achève par « Insomnie ».

FùGù MANGO prend le relais. Le chapiteau est noir de monde.

C’est l’histoire d’un groupe bruxellois aux consonances exotiques, à l’univers musical atypique et éclectique, rondement mené par deux frères, Vincent et Jean-Yves Lontie, qui rallient une communauté de fans de plus en plus nombreuse et internationale. Ils ont été depuis rejoints par la claviériste et bassiste Anne Fidalgo.

L’aventure de FùGù MANGO est née il y a approximativement 10 ans et évolue grâce aux voyages du duo. Sa musique en est clairement inspirée. Elle ne ressemble à aucune autre.

Vincent s’installe au centre de l’estrade. Il se charge du chant. Anne est à ses côtés. Jean-Yves se poste en retrait. Le line up est complété par trois blacks. Deux choristes féminines et un préposé aux fûts.

Le show s’ouvre par « Low and slow », une plage qui figure sur le nouvel elpee, « La Maquina », largement dominé par les musiques urbaines et électroniques. Elle est suivie par « Better Letter » et « Black Cat ».

Intemporel, « Blue Sunrise » (NDR : c’est un extrait de l’elpee « Alien Love ») rappelle l’aspect tropical et métissé de la pop concoctée par FùGù MANGO. Elle sent le sable chaud et la mer turquoise. Une musique qui permet de s’évader malgré le temps maussade de ces derniers jours. Et les percus lui apportent de la rondeur.

« Willy Wonka » permet de savourer pleinement les fragrances exotiques grâce à son rythme afrobeat. Une compo qui permet aux choristes de s’affirmer pleinement. Tout comme sur « Subugu », qui sert d’exutoire pour un collé/serré endiablé, encouragé par l’une des choristes. Il semble que ce soit un sujet qu’elle maîtrise à la perfection. Une compo chaude, puissante et… sensuelle.

Véritables hommes du monde, les frangins absorbent les cultures issues de leurs périples. Ces guitares langoureuses, ces nappes de synthé luxuriantes et ce plaisir de produire de belles mélodies illustrent parfaitement ces desseins. A l’instar de « La Maquina », aux accents hispaniques.

Le set touche doucement à sa fin. Une fois encore, les marqueurs profonds de FùGù MANGO restent atypiques. Une musique du monde, humaine et chaleureuse. Un mode universel, dominé par un courant exotique. On se sent porté par ce flux.

Un concert fait de différents genres, passant du maloya réunionnais « Maloya », à l’afro-rave, la britpop ou encore l’électro.

Mais finalement, l’ADN du groupe reste avant tout le live.

C’est maintenant au tour de 47ter de se produire outdoor. Les conditions climatiques sont loin d‘être pas optimales. Votre serviteur préfère rester à l’abri, en espérant une accalmie.

A 20 heures 15 pétantes, c’est le grand Saule qui débarque. Le gaillard à l’explosion capillaire ébouriffante est bâti comme un roc(k). Et il connait relativement bien l’endroit. Il en est à son troisième passage.

Baptiste Lalieu, de son vrai nom, s’est imposé auprès du grand public grâce à « Dusty Men », un titre qu’il a interprété en compagnie de Charlie Winston, en 2012. Il le reprend d’ailleurs. Mais pour la circonstance, Winston est ici remplacé par le guitariste qui endosse impeccablement ce rôle. Résultat différent, mais plaisir intense identique.

Une formule à quatre cependant, puisque le line up implique, pour l’occasion, un drummer qui impressionne par sa dextérité et un claviériste. Pas un inconnu, puisqu’il s’agit de Xavier Bouillon vu aux côtés de Lemon Straw ou de Mister Cover, dans le passé.

Le combo est parfaitement huilé. Le Montois entame son set par un « Delove Song » frais et sautillant, et embraie ‘dare-dare’ (NDR : c’est également le titre de son dernier elpee) par « Rebelle Rêveur ». Un trait de caractère qui vient d’un test de personnalité pour orientation professionnelle. Ce sont les deux personnalités type sur les six possibles qui ressortaient en ce qui concernait l’artiste. Et effectivement ses compos embrassent tantôt une forme légère et parfois des propos un peu plus percutants.

Saule est un « Type normal » qui met en exergue un réel amour de la chanson française tout en se montrant rigoureux dans la formulation. Même quand il jongle avec les doubles sens à la Antoine Hénaut, un autre artiste bien de chez nous. Un titre qui permet à Saule de jumper avec le public également. La communion est parfaite.

De voyages aux quatre coins de la planète, il en sera également question, à l’instar de ce « Mister Good Price », rencontré aux Antilles.

D’une voix ressemblant –parfois à s’y méprendre– à celle de –M–, l’artiste livre ici une prestation durant laquelle, on passe du rire aux larmes et de la surprise à l’écœurement sur fond de chansons festives et épicuriennes, à l’instar de son auteur. Des chansons qui recèlent leur part d’ombre, d’enthousiasme et de joie de vivre.

« L’Homme sans son chien » bénéficie du concours de Cédric, un ami violoniste, dont les interventions apportent beaucoup de relief au morceau.

Saule va encore nous réserver de belles surprises comme ce « Tu boudes », une chanson essentiellement dédiée aux filles. Les riffs de guitare et les rythmiques syncopées se joignent à la voix légèrement ébréchée de Baptiste, procurant à l’ensemble davantage de hargne. Ou encore l’inéluctable « Dusty Men » et sa très longue intro à la Sergio Leone, qui a déclenché cet élan de popularité…

Chanson d’amour entière et véritable, « Futur », une chanson jouée –selon ses dires– lors des mariages, laisse planer le spectre de Gainsbourg…

En bref, Saule a offert un concert rare, audacieux, unique et classieux.

On regrettera enfin l’absence de la très jolie « Marta Danse ». Une histoire inspirée d'une vieille dame, Marta Gonzalez, atteinte de la maladie Alzheimer qui à l'écoute du ‘Lac des cygnes’ se remémore les gestes qu'elle effectuait autrefois. Une compo poignante et morose, mais qui ne correspond pas vraiment à une envie de tourner une page pour en aborder une autre nettement plus positive…

La pluie s’est miraculeusement arrêtée. La plaine est bondée. Normal, Zazie s’y produit dans quelques minutes.

Pour les plus jeunes, Zazie est évidemment connue comme membre du jury de l’émission ‘The Voice’. Pour les autres, Zazie est cette incontournable auteure, compositrice et interprète française à l’origine de nombreux tubes alignés depuis le début des années 90.

Le décor est minimaliste. De longue bandelettes blanches. Quelques lumières assez sobres égrènent l’estrade.

Vêtue d’une tenue très classique, c'est à 21h30 pétante que la chanteuse déboule aux côtés de ses quatre musiciens, dont la guitariste Édith Fambuena et le claviériste Jean-Pierre Pilot.

Côté setlist, Zazie nous réserve des compos issues de son dernier opus, « Aile-P », mais aussi quelques tubes ‘de l’ère de glace’ comme elle dit, à l’instar du sublime « J’étais là », du célèbre « Je suis un Homme », du dynamique « Rue de la Paix », de l'excellent « Rodéo » ou encore des entraînants « Des Rails » et « Oui ». Des morceaux qui font mouche et déclenchent un vif enthousiasme au sein de la foule.

Parmi les compos les moins récentes, mais tout aussi convaincantes, on épinglera « Les contraires », l’iconoclaste « Speed », sans oublier le sympathique « Va chercher » …

Durant 1h30, Zazie enchaîne ses chansons au cours d’un show énergique et particulièrement réussi.

Un concert ponctué d’interventions caustiques. Notamment lorsqu’elle évoque la COVID et surtout ses conséquences sur l’événementiel. Un virus que l’on est parvenu à vaincre, contrairement à un autre qui se répand en France et pour lequel aucune solution n’est encore trouvée : le virus présidentiel.

Un concert qui ne manque pas d’humour, non plus. Ainsi, elle invite ses musicos à mimer leur mécontentement. A tour de rôle, ils exécutent quelques secondes d’un morceau. Le claviériste s’autorise « La danse des canards ». Le drummer reproduit, esquisse ou ébauche (biffer la mention inutile) le célèbre « Smells like teen spirit » de Nirvana. Piqué au vif, ce dernier décide de se casser… Mais revient quelques instants plus tard sur l’insistance de Zazie et empoigne d’une sèche. Evidemment, tout le monde aura compris qu’il ne s’agissait que d’une mise en scène parfaitement orchestrée.

Très impliquée et généreuse, Zazie aime aller à la rencontre du public. Et le public belge en particulier, même si elle n’hésite pas à égratigner quelque peu l’état de nos routes…

Il est 23h00 lorsque Zazie et sa troupe se retirent, après avoir longuement salué l’auditoire.  

La nuit tombe. Il fait de plus en plus frais pour la saison et le sol est gorgé d’eau. Votre serviteur préfère jeter l’éponge, sinon il risque de sa taper la crève.

Au loin, il perçoit les beats d’un autre artiste notoire au sein du plat pays, Kid Noise

Une édition au succès populaire incontestable (25 000 festivaliers sur 3 jours), malgré une météo exécrable ; mais marquée par le décès de ce jeune homme qui avait la vie devant lui. Enfin, suivant l’expression consacrée, ‘the show must go on’…

(Organisation : Les Gens d’Ere)

Voir aussi notre sectkon photos ici

 

 

Les Gens d’Ere 2023 : samedi 29 juillet

Écrit par

Premier jour de festival noir ! Dans la nuit de vendredi à samedi, un jeune garçon de 15 ans a malheureusement perdu la vie, victime d’une crise cardiaque. Ce qui ne devait être qu’une simple journée de détente et d’amusement, s’est transformé en drame. Les secours arrivés sur place immédiatement après l’incident n’ont strictement rien pu faire pour le réanimer. Les pensées auxquelles s’associent Musiczine vont à la famille et aux proches de la victime. La vie est parfois injuste…

Les stigmates de la météo sont bien présents. Le site est couvert de boue, mais au sol, des plaques ont été posées aux endroits les plus critiques et permettent de se déplacer sans trop de souci.

Si la veille la programmation était axée sur des prestations plutôt populaires, ce samedi fait la part belle à des artistes, tantôt émergents, tantôt confirmés.

Votre serviteur débarque sur le site pour la prestation de Sharko. S’il ne figurait pas parmi les têtes d’affiche du festival, David Bartholomé, son leader, est assurément l’une des figures de proue de la scène musicale belge.

Après avoir surpris tout son monde en opérant quelques détours contrastés au cœur de son approche musicale, depuis l'acoustique « Hometour » en passant par l'electro-pop « Glucose », l’Arlonais revient aux fondamentaux proches du rock.

Bartholomé est soutenu par Guillaume Vierset à la guitare et Olivier Cox à la batterie. Sur la scène noir-jaune-rouge, ce sont loin d’être des inconnus.

Vierset s’est imposé comme leader ou sideman au sein de différents projets ou pour des artistes, aussi bien en Belgique qu’à l’étranger, comme Harvest Group, LG Jazz Collective, Typh Barrow, Sacha Toorop, Thomas Champagne, Emily Allison, Bravo Big Band, sans oublier, bien sûr, Sharko. Et la liste est loin d’être exhaustive !

Tandis que Cox a apporté son expérience, dans de mêmes rôles, à des projets aussi divers et variés ou pour de artistes, tels que Dalton Telegramme, Moladji, Pipeau, Dan San, François Bijou, Little X Monkeys, Soul Caravane ou encore, et évidemment, Sharko.

La formule trio est celle qui leur convient le mieux. David se consacre au chant et à la basse.

Le set débute par un « Wake up » tonitruant. C’est simple, élémentaire et sans chichi. De là à imaginer un seul instant que le public était en état de léthargie, il n’y a qu’un pas que votre serviteur franchit allègrement ! Heureusement, la foule ne prend pas cette injonction au pied de la lettre.

Le chanteur attaque alors un excellent « Excellent », un morceau caractérisé par sa voix rocailleuse, reconnaissable entre mille.

Un titre connu qui permet à David de rester dans sa zone de confort. Il n’y reste pas pourtant très longtemps puisque la band nous balance « Never Alone », un single optimiste qui figure sur son dernier elpee, « We love you David ». Il sert d’exutoire au guitariste qui s’en donne à cœur joie.

Bartholomé est dans sa bulle. A vrai dire, il est parfois difficile de s’y immiscer. A l’instar de « Padam », une chanson qui narre l’histoire d’un type qui entend des trompettes dans la tête tout en se demandant pourquoi les autres ne les perçoivent pas. Il est vraiment déjanté ce type !

A vrai dire, le public n’en n’a que faire. Il y répond même favorablement. Des cris stridents s’élèvent dans les cieux. Le chanteur s’étonne d’être à Ere. Ne serait-on pas à Wembley ou encore au Stade de France, s’exclame-t-il. L’ambiance est à son paroxysme.

Le frontman, sûr de lui, s’avance et réserve spécialement aux Gens d’Ere, « Family ». Il se tourne vers son guitariste et lui demande s’il est prêt. Ce dernier, étonné d’une telle requête, répond par la négative, en tournant énergiquement la tête tout en souriant. Le plus étonnant, c’est que ce dernier a vraiment l’air surpris du choix de ce morceau. Mais il ne se laisse pas démonter un seul instant et s’applique tel un écolier devant une feuille de devoirs.

Marqué par ses envolées de guitare surréalistes « I went done » constitue un des moments forts de ce concert. Sans oublier cette chorégraphie étrange. Une chose est certaine, le gars est bien plus à l’aise à la basse qu’à la danse !

Avant d’entamer « Clash P », il demande aux enfants nombreux sous le chapiteau de se boucher les oreilles, car cette chanson est uniquement réservée aux adultes. On comprend pourquoi…

Le leader s’essaie ensuite à la langue de Vondel à travers « Trop Is Te Veel », une compo qui narre l’histoire d’un type qui en a ‘plein le cul’. Les festivaliers mettent une telle conviction à rependre le refrain en chœur qu’on imagine aisément qu’une majorité d’entre eux partagent le même point de vue.

Le concert tire doucement à sa fin. « Sweet Protection » traite du thème de l’existence et de l’amour, à travers le prisme de la sécurité que lui procurait la mère de David et par extrapolation la mère patrie. Un manifeste de la bienveillance donc.

Après, un « Président » du tonnerre de Dieu, un « We Sould Be Dancing » et le jeu d’équilibriste de Bartholomé sur les barrières nadar, il est temps de se dire adieu.

Et lorsqu’on s’aime et que l’on est un tantinet narcissique, quoi de mieux que de chanter « We Love You David » en sollicitant le public. Celui-ci se prête volontiers au jeu et fait mine d’envoyer des bisous.

Imaginé essentiellement par son auteur-compositeur-interprète David Bartholomé, le style Sharko est parfois ‘pop surréaliste’ ou ‘avant-pop’ pour son aspect bricolé. Ce soir, la formation a exécuté un show burlesque et énergique, mais à prendre au second degré.

Quoiqu’il en soit, rarement l’artiste aura été aussi expressif sur l’estrade. Un plaisir pour les yeux, mais pour les oreilles aussi. Que du bonheur !

Rori est programmée sur la scène extérieure.

La Liégeoise a connu son heure de gloire au sein de Beffroi, l'un des groupes les plus prometteurs de Belgique, notamment lors de la sortie de « Swim », un titre largement diffusé sur les ondes radiophoniques, en 2015. Elle n'a alors que 16 printemps. Malheureusement, sa moitié sur scène (Valentin Vincent) est emporté par la maladie à l'âge de 20 ans. L'aventure qui n'a plus de sens, prend fin. C'était en 2018.

Une période de reconstruction s'ensuit. Parmi les options plausibles : l'arrêt de sa carrière. Mais elle s'accroche. Sa rencontre avec Hadrien donnera naissance au petit Rori.

Vêtue d’un crop top de couleur noire, la jeune fille laisse apparaître un corps filiforme. Quel courage au vu des températures plutôt fraîches. C’est la première fois qu’elle se produit dans le Tournaisis, aime-t-elle à le rappeler.

Elle est épaulée par un guitariste et un drummer, en ‘live’. L’ex-The Subs, Hadrien Lavogez, est bien au poste à la sixcordes. Cependant, pour des raisons de santé, Pierrick Destrebecq (NDR : il a notamment milité chez Recorders, Abel Caine ou encore au sein du backing group de de Mat Bastard) a cédé le relais à Loïc Lavogez, pour se charger des fûts, dans le cadre de cette tournée estivale. Pour la petite histoire Lavogez et Destrebecq se connaissaient depuis des années. Ils ont tous les deux fréquenté l’école ‘Jazzstudio’ à Anvers.

Objectivement, le jeu de Loïc n’est pas suffisamment punchy. Ses gestes adoptent une amplitude excessive. Si sur le plan visuel, le lambda y trouve son compte, techniquement, c’est sans intérêt. Ce qui rend, en outre, l’expression sonore un peu molle…

La demoiselle entame son tour de chant par « Ma Place ». Alors qu'elle a toujours chanté dans la langue de Shakespeare, elle prend s’y exprime dans celle de Voltaire, ce qui lui permet de se raconter en regardant dans le rétroviseur de sa vie. C'est d'ailleurs en français qu'elle embraie la plupart des titres de son set : « Vampire », « Vertige » ou encore « Soleil ».

Caractérisé par son phrasé haché, ses sonorités pop et ses appuis rythmiques, la musique de Rori, artiste manifestement charismatique et communicative, rallie rapidement le public à sa cause et s'inscrit dans l'air du temps.

Sa compo spasmodique au parfum salvateur « C'est la vie », titre éponyme de son Ep, révèle des accents nostalgiques.

La musique de Rori embrasse différents styles : pop, rock et même funk.

Ses chansons abordent des sujets personnels et très intimes. Alors qu’hier, ces thèmes la rongeait, aujourd’hui elle semble les cultiver et tirer parti.

Justement, « Docteur » vient doucement caresser la fin d’un set très enrichissant. Une chanson ultra médiatisée dont la foule semble connaître le refrain et qui met exergue, ce sentiment de différence.

« Docteur » figure parmi les compos percutantes au cours desquelles Rori libère son mal-être.

Touchante et la sensibilité à fleur de peau, Camille, à l’état-civil, a livré ici un concert d’une intensité rare, livrant un peu plus encore le fruit de ses émotions.

Autre concert à surtout ne pas manquer, c’est celui de Hyphen Hyphen. Les Niçois avaient frappé fort déjà en 2018 lors de leur passage aux Gens d’Ere.

A l’époque, Zoé Hochberg se chargeait des fûts à la suite du départ de Zac. Sa main gauche était dans le plâtre et le bras en écharpe. Mais, malgré une seule droite active, force est de constater que la jeune fille s’en etait sortie admirablement bien…

Entre la sortie de leur dernier né et les nombreux concerts et festivals auxquels ils ont encore participé, depuis, les jeunes ont pris de la bouteille…

Déjà, le premier opus intitulé « Times », leur avait permis d’être récompensé aux Victoires de la Musique comme ‘Révélation Scène’… Depuis, le trio connait une histoire aux allures d’un conte de fée.

Le décor est constitué de vieux postes de télévision posés les uns sur les autres ; ce qui confère au cadre, un petit côté rétro.

Lors de l’interlude, le trio, resté en coulisse, s’avance peu à peu sur le podium sous les cris des spectateurs. Ils laissent apparaître des marques noires tribales sur le visage signifiant Hyphen (terme anglais qui se traduit par trait d’union).

Nouveau batteur, Axel se charge des fûts.

C’est alors que « Help Yourself Out », issu du dernier album « C’est la vie », donne le ton de ce qui restera l’une des meilleures prestations de cette édition des Gens d’Ere.

Santa (chant), Puss (guitare, claviers) et Line (basse, chœurs) ne ménagent pas leurs efforts. Les corps se tortillent, les têtes balancent d’avant en arrière régulièrement, spontanément ou volontairement à l’excès. Ils reviennent plus enthousiastes que jamais… Une odeur désagréable de transpiration plane. Les fronts perlent. Ils résultent de cette générosité physique intense…

« Own God » et ses riffs de guitare funkysants, permet à la chanteuse de se laisser porter. Jouissant d’un spectre vocal très large, elle passe des aigus aux graves avec une facilité déconcertante. Elle donne même l’impression de livrer un combat sur un ring. Une adversité protéiforme et absolue. On y sent de la force, de la fougue et de la rage…

« Young Leaders » (issu de l’album très réussi « HH »), dont le refrain est à la fois fédérateur et entêtant, vient encore renforcer cette impression.

A vrai dire, les concerts de Hyphen Hyphen ne concèdent aucun temps mort. « Wait For Me » permet au guitariste un lâcher-prise, le morceau lui permettant de réaliser un solo du feu de Dieu tout en s’exaltant sur les caissons de basses placés entre la scène et le crash.

« Voices In My Head », démontre à quel point la complicité est grande entre le public et le band où, lors du bridge, spectateurs et musiciens s’accroupissent pour laisser ensuite leurs corps s’élever au plus haut et sautiller ensuite au gré des gammes. Ou encore lorsque Santa demande au public de jouer à ‘1, 2, 3 soleil’. Il n’y en a pas beaucoup en cette journée de samedi s’amuse-t-elle à rappeler. La musique s’arrête net, les musiciens restent figés et le public haletant garde ses bras en l’air.

« Like Boys » permet à la leader de défendre son manifeste féministe dont le refrain enivrant ‘I don't even like boys / Don't you understand / You're just not my type / Don't you understand’ est repris par un public excité. Un titre emblématique, porte-drapeau de la défense d’une cause juste et noble.

« Be High With Me » embraie. Un morceau au cours duquel quelques dizaines de spectateurs ont pu monter sur scène, tout en agitant des drapeaux arc-en-ciel (NDR : à la demande de Harvey Milk, premier politicien américain ouvertement homosexuel, cet étendard est né à San Francisco en 1978 et a été imaginé l'artiste Gilbert Baker), symbole de la fierté LGBTQ+ qui représente la diversité sexuelle.

« Too Young », sous ses airs électro/pop rocailleux, est vraiment taillé pour le live. Une compo qui permet à Santa de se lancer dans l’exercice du crowdsurfing. Pendant ce temps, ses comparses, afin de passer le temps, se sont emparés de floor toms pour marteler chacune des mesures à l’aide de grosses mailloches.

Le concert touche à sa fin, la lumière peu à peu se feutre. Santa s’installe face au piano et entame un « Popcorn salé » tout en douceur. La petite Clémence, une fan qui suit la chanteuse sur les réseaux sociaux, est alors invitée à la rejoindre. La jeune fille, assise sur le rebord, poursuit, en compagnie de la vocaliste, cette jolie chanson. Un très grand moment qui restera à jamais gravé dans la mémoire de la demoiselle.

Il est déjà temps de se quitter. « C’est la vie », dernier titre, résume à lui seul, le contenu d’un show puissant à la courbe ascendante. Un ensemble cohérent, féroce, qui balaie d’un revers de la main les styles formatés et standardisés du moment.

Bref, un concert d’une énergie imparable, complètement jouissif.

A l’extérieur, Loïc Nottet et son team se sont empressés de préparer la scène pour un show qui devrait ravir les fans.

Découvert lors de la troisième saison de l'émission ‘The Voice Belgique’, en 2014, il est sélectionné six mois plus tard par la RTBF pour représenter la Belgique au Concours Eurovision de la chanson 2015, où il termine à la 4e place en interprétant « Rhythm Inside », premier single qu'il a composé.

En décembre 2015, il participe et remporte la sixième saison de l'émission télévisée française « Danse avec les stars » sur TF1.

Il a depuis publié les albums « Selfocracy, Sillygomania » et « Addictocrate », ainsi que plusieurs singles, dont « Million Eyes », « M./Mme » (son premier en français) et « Mélodrame ».

Il a enfilé une sorte de pyjama ringard. Après deux ou trois morceaux d’un set qui ne suscite guère d’intérêt chez votre serviteur, ce dernier préfère tirer sa révérence…

Nottet, qu’après trois minutes, votre serviteur avait déjà fait le tour du sujet !

La nuit est tombée et on ressent très fort un taux d’humidité qui remonte par le sol. Et à en croire les météorologistes la dernière journée devrait se dérouler sous la pluie. Pour changer !

Demain Zazie figure en tête d’affiche. Alors, autant être en forme !

(Organisation : Les Gens d’Ere)

Voir aussi notre sectkon photos ici

 

 

Les Gens d’Ere 2023 : vendredi 28 juillet

Écrit par

Ce qui n'était qu'un prétexte à faire la fête entre quelques amis du village est devenu aujourd'hui un événement qui dépasse les frontières de cette petite bourgade de la région de Tournai.

Aujourd'hui, Les Gens d'Ere sont devenus... légendaires ! Si le plat pays regorge de festivals, la simplicité et la camaraderie sont de mise. Ici, pas de prise tête : un stand VIP réduit à sa plus simple expression, une équipe de bénévoles passionnés et souriants, des festivaliers contents de se retrouver entre potes après une semaine de boulot, un site bien aéré et une convivialité à toute épreuve.

Mais simplicité ne rime pas avec facilité. Loin de là ! En effet, si le festival reste un évènement de proximité, l’équipe organisatrice propose d’année en année, une affiche qui a de quoi jalouser ses pairs.

Si de plus en plus, les festivals préfèrent segmenter le line-up pour toucher un public cible, ici on mise encore et toujours sur une affiche la plus éclectique possible. De quoi ravir un public venu en masse. La preuve ? Certains jours affichent sold out !

Côté pile, tout est donc réuni pour passer un moment sous le meilleur des auspices. Côté face, Miss météo a joué les capricieuses. La veille, il a plu comme vache qui pisse et le sol est couvert de boue. Les parkings sont d’ailleurs devenus partiellement impraticables. Heureusement des alternatives sont mises en place, comme ces bus qui assurent le transport des plus prudents.

Il faut malheureusement craindre pour demain et après-demain, car des averses sont à nouveau prévues.

Pourtant des milliers de festivaliers ont décidé de braver ce temps purement belgo-belge pour un week-end, non pas de farniente, mais placé sous le signe des décibels.

A l’instar des éditions précédentes, deux scènes se côtoient, l'une couverte baptisée ‘Le Chapito’ et une autre, ‘Plein Ere’, logiquement outdoor. Elles proposent en alternance un line-up cohérent.

Les prestations sur l’une et l’autre permettent au peuple de se déplacer tranquillement sans devoir se heurter au stress de louper le début d’un set. Un détail qui peut se révéler réconfortant, croyez-en l’expérience d’un vieux de la vieille !

Soyons honnête, la tête d’affiche de ce vendredi reste Machiavel, même si les organisateurs ont misé sur des noms aussi populaires que Mister Cover ou Daddy K pour attirer la grande foule...

Machiavel s’est formé en 1974. Ses heures de gloire, il les a connues au cours des seventies, en pleine période prog, en gravant les albums « Mechanical Moonbeams » (1978) et « Urban Games » (1979), mais avant tout en publiant des hits incontournables comme « Rope Dancer », « Fly » et bien sûr, « After the Crop » …

Si le line up a vécu quelques changements, notamment en raison de divergences artistiques, et le décès de deux de ses membres, sa figure de proue et l’un des membres fondateurs est toujours au poste. Il s’agit bien sûr du charismatique Marc Ysaye, batteur du groupe, ex-boss de Classic 21, et animateur des ‘Classiques’.

Le claviériste Albert Letecheur est décédé en 2004 et Mario Guccio, qui assurait le chant depuis 1977, en 2018, à l’âge de 64 ans. Et il était convenu, avant sa disparition, que Marc Ysaye le remplace aux vocaux pour la tournée baptisée ‘The Early Years’.

Il aura fallu attendre 2022, pour que le micro soit confié à Kevin Cools. Il avait déjà tapé dans l’oreille de Guccio lorsqu’il militait chez Niitch et FEEL. Mario dernier avait même déclaré qu’il était son ‘fils spirituel’. Pour la petite histoire, Cools avait participé à ‘The Voice Belgique’ en 2012 et avait impressionné les jurés lors de son interprétation de « Roxanne ».

Ysaye est placé au centre de l’estrade, caché derrière les nombreux fûts et cymbales. Petit et trapu, il est à peine visible. A sa gauche, Hervé Borbé se charge des ivoires et Christophe Pons de la guitare. Roland de Greef, placé à sa droite, se consacre à la basse.

Le petit Kévin est deux fois moins âgé que les autres membres de la formation dont il pourrait être l’un des fils. Néanmoins, il existe déjà une belle cohésion entre eux.

Le frontman est vêtu de ‘jean’. Un look premier de classe, bien loin de celui qu’affichait feu l’excentrique Guccio.

« Mister Madman » ouvre les hostilités. Un titre bien pêchu à travers lequel, conscient de l’héritage qu’il porte sur ses épaules, le nouveau visage de Machiavel semble très à l’aise.

Une mise en bouche qui prouve que le Sieur Cools s’est parfaitement adapté au nouveau rôle qui lui est attribué. Le public semble aussi avoir fait le deuil de Mario en acceptant cet homme à l’âme d’enfant.

Pas étonnant que Machiavel ait signé son dernier album « Phoenix » afin de marquer la transition entre son passé et son futur…

La setlist est particulièrement variée et les sonorités d’un morceau comme « She’s a snake » se perdent dans l’immense enceinte couverte.

Le temps que le chanteur chauffe sa voix et que les musicos se mettent dans le ‘mood’ et « Over The Hill », dont le refrain est toujours aussi entêtant, soulève une immense salve d’applaudissements…

Comme il fallait s’y attendre, « Rope Dancer » rend hommage à Mario Guccio, une ballade magistrale toute en retenue, mais enrichies d’envolées ‘floydiennes’ …

Le band a atteint son rythme de croisière et nous réserve alors « Six Feet Under » et « After The Crop ».

Pour célébrer cinquante années d’une carrière riche en émotion, Machiavel n’en n’oublie pas l’incontournable « Fly », démontrant une nouvelle fois que le son proposé par le combo, en ‘live’, est toujours aussi impeccable…

Il faut cependant attendre « Lay Down » au cours duquel Christophe Pons et Kevin Cools vont se lancer dans un duel de guitares, pour atteindre le point d’orgue d’un concert mémorable.

Une chose est certaine, Machiavel is not dead !

STTELLLA grimpe sur le podium. Kesaco ? Pour faire bref, un truc étrange venu de nulle part qui n’était pas supposé durer…

Ça c’est sur le papier, parce qu‘il y a 45 ans que Jean-Luc Fonck, tantôt seul, accompagné de Mimi (jusqu’en 1993) ou encore soutenu par une poignée de musiciens, fait le zouave en balançant des chansons banales, mais truffées de traits d’esprit qu’il conduit parfois jusqu’au délire. Et en plus de quatre décennies, il a quand même publié 15 albums !

C’est presque un rituel, les loustics ont enfilé des tenues de scène farfelues. Un kilt pour le bassiste, un pyjama à carreaux recouvert d’un peignoir rouge pour le frontman et un costume rose pour le préposé à la basse et aux claviers

Des « Tartines » à « Nagasaki ne profite jamais », on ne peut pas dire que ça vole très haut. Mais bon, peu importe, le public prend du bon temps. La communication entre l’auditoire et les joyeux drilles est optimale. Il pleut des jeux de mots (NDR : c’est toujours mieux que de la flotte). Ce qui provoque sourires, rires et larmes (de joie) …

Enfin, pour terminer la soirée, retour sous le chapiteau pour le concert de Mister Cover.

Fondé en 2002, le combo puise son répertoire dans les standards du rock, de la pop, de la soul, des variétés et de la chanson française. N’hésitant pas à balayer 5 décennies de musique populaire.

Techniquement, rien à redire, les musicios sont de vrais pros. Le groupe parvient à fédérer toujours davantage. Mais pour se frayer un passage sous la tente, il faut vraiment jouer des coudes…

La formation passe d’un titre à l’autre, d’un tempo à l’autre avec une facilité déconcertante. Des heures et des heures de travail sont nécessaires pour en arriver à un tel résultat. C’est carré, c’est sympa et c’est festif. Mais pas très original. Interpréter les chansons d’autres artistes, sans se les réapproprier et leur donner une nouvelle âme, s’avère être un exercice de style assez limite…

Il est dommage de constater que beaucoup de festivaliers se contentent d’écouter la resucée de tubes déjà mille fois entendus plutôt que de s’intéresser à de bons groupes ou artistes qui foisonnent aux quatre coins de la Belgique, sans rencontrer le succès mérité.

En conclusion, Mister Cover est à la musique ce que la nourriture est au MacDo’. A petites doses, c’est sympa, mais faut pas en abuser !

Les journées qui suivent seront focalisées sur des groupes ou artistes aux compos originales. Vivement le week-end !

(Organisation Les Gens d’Ere)

Voir aussi notre sectkon photos ici

 

LaSemo 2023 : dimanche 9 juillet

Écrit par

Clap de fin pour l’édition du LaSemo. Une quinzième du nom qui aura marqué les esprits.

La météo se fait capricieuse, le tonnerre commence à gronder au loin et des nuages menaçants gravitent autour du site. Les météorologues sont relativement pessimistes. Les organisateurs des Ardentes ont d’ailleurs mis la clé sous le paillasson, obligeant des milliers de personnes à plier bagage dans une cohue générale. Bref, c’est le bordel !

Après avoir ouvert comme prévu à 10h30, le LaSemo a également pris la décision de fermer ses portes de manière provisoire. La plaine a donc été évacuée préventivement. Les festivaliers ont été invités à se mettre à l'abri, chez eux, au collègue Saint-Augustin, au Nautisport ou dans la caserne des pompiers.

C’est vers 15 heures que les autorités ont donné leur feu vert pour rouvrir le site. Une aubaine pour ceux et celles qui n’auraient pas voulu perdre une goutte (sans mauvais jeu de mots) du spectacle. Finalement, plus de peur que de mal, car hormis une bonne pluie d’une vingtaine de minutes qui mouille légèrement un sol plus que sec, aucun dégât n’est constaté.

L’équipe s’est affairée pour que les concerts prévus puissent se dérouler malgré tout, de manière plus ou moins normale.

Sur la scène du Château, Pierre de Maere (NDR : ce jeune homme est issu de Walhain, dans le Brabant Wallon), dont tout le monde parle, va grimper sur les planches

Autodidacte, il compose ses premiers morceaux sur le logiciel ‘Garage Band’, dès l’âge de 9 ans, avant de s’intéresser à la photographie de mode. C’est lors de ses études à l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers qu’il publie son premier morceau, sous statut indépendant, « Potins absurdes ». Le succès est immédiat.

Repéré par le label Cinq (Dominique A, Kalika, Jean-Louis Murat), il publie son premier Ep dans la foulée, « Un jour, je », en janvier 2022. Le disque est propulsé par les médias au-delà de ses espoirs. Pierre de Maere enchaîne alors les plateaux télévisés et les interviews dans la presse.

Après avoir décroché le prix de la Révélation belge de l'année aux NRJ Music Awards en 2022, il reçoit une ‘Victoire de la Musique’ en 2023 dans la catégorie ‘Révélation masculine de l'année.

Sur l’estrade, il est flanqué de trois musiciens habillés en costard/cravate, genre ‘men in black’. Lorsqu’il entame les premières notes de « Lolita », on l’aperçoit déambuler sur le podium, laissant apparaître de drôles de chaussettes jaunes. Ce qui cadre mal avec le côté classieux de son look.

De prime abord, il paraît arrogant et pédant. Est-ce un rôle qu’il aime se donner ? En tout cas, une chose est sûre, il est apprêté et sophistiqué.

Que l’on aime ou pas son côté dandy, il faut admettre que ce jeune artiste d’à peine 22 piges, compose de belles chansons. Pertinentes, savamment orchestrées, elles véhiculent des textes ciselés et des mots qui font mouche. De Maere est à la musique ce que le bijou est à l’orfèvrerie.

Il enchaîne sans hésiter par « Roméo », une compo qui l’oblige à monter dans les aigus. Et il s’y sent d’ailleurs très à l’aise.

Il affirme, pour avoir déjà bien bourlingué au-delà de nos frontières, que les Belges sont les plus vifs d’esprit. Il n’en fallait pas plus pour que la foule déclenche des applaudissements interminables. C’est alors que pour le remercier, Pierrot le fou se livre dans un « Menteur » majestueux.

De Maere, c’est de la pop francophone efficace, une manière de rouler les ‘r’ à la Stromae et de belles envolées vocales.

Il revient pourtant de loin et se souvient de ses moments difficiles lorsque par exemple, un soir, il s’est rendu à Cannes et y a chanté pour une soirée privée. Personne ne le regardait, comme s’il était le bouffon du roi. Un évènement qui semble l’avoir bouleversé au plus haut point. Cette histoire ressemble à celle de Lady Gaga (NDR : il lui voue d’ailleurs une admiration sans faille) qui n’avait d’autre choix que de se dévêtir pour attirer l’attention des clients, quand elle chantait dans les bars.

Le set touche doucement à sa fin. Naturellement, arrive le « Docteur », une manière de penser les plaies de celles et ceux qui ont bravé la pluie et le vent.

Enfin, « Mercredi », une compo empreinte de nostalgie qui invite à retourner dans la fantaisie de l’enfance, clôture un superbe concert, également placé sous le signe du kitsch et de la bonne humeur.

Pierre remercie le public et son équipe. Sans oublier son frère Xavier qui l’accompagne partout (c’est son ingé son) et lui ressemble à s’y méprendre.

Retour à la scène de la ‘Tour’. Deux filles aux combinaisons rouges, sexy mais classieuses, s’y produisent. Des fringues qui laissent deviner des corps de rêve. Il s’agit de Juicy, un binôme composé de Julie Rens et Sasha Vonk.

C’est au conservatoire de Bruxelles en Jazz, dans la classe de David Linx, qu’elles se rencontrent et commencent rapidement à se produire ensemble au sein de différents projets, dans des styles variés.

En 2015, c'est sur un concept de reprises de classiques du r'n'b et du hip hop des années 90 que les chanteuses se font connaitre sur la scène bruxelloise à travers Juicy Cover. En 2017, elles annoncent la sortie de leur premier Ep « Cast a spell », autoproduit à hauteur de 20 000 euros. Elles défendent notamment ce disque sur Radio Nova et en première partie d'Angèle.

Enfin, à partir de l’été 2018, puis en 2019, elles écument les festivals, tant en Belgique, qu’en France.

Les gonzesses rentrent dans le palmarès restreint des Belges qui s’illustrent dans l’Hexagone. Leurs reprises déjantées de tubes hip hop des années 90 aux paroles misogynes, à l’instar du « Work it » de Missy Elliott ou encore du « Partition » de Beyoncé, ont pesé lourd dans la balance, épousant ainsi la même courbe de popularité que Damso ou encore Romeo Elvis.

Elles défendent les couleurs d’un premier album « Mobile » qui relate toutes les failles de l’Homme (avec un grand H) paraît-il.

Léger dans le ton, mais profond sur le fond, les compos abordent des sujets comme le sexisme ou encore les agressions sexuelles et s’enracinent dans un style hybride entre rap et r&b…

Elles se consacrent donc toutes les deux aux synthés, samplers et vocaux. Sasha se réserve cependant la guitare et Julie, la boîte à rythmes. Elles remplissent à elles seules l’espace scénique et n’ont pas vraiment besoin d’autres musiciens.

Durant le show, elles ne cesseront de se tortiller sensuellement, comme des geishas. Difficile de rester insensible face à ces nanas qui doivent faire tourner pas mal de têtes…

Si le style musical de Juicy est le fruit d’un cocktail de hip-hop, de r&b et de pop, il s’avère à la fois catchy et sophistiqué.

Le duo livre une performance fort dynamique (NDR : c’est une bonne habitude), ce qui explique aussi et sans doute pourquoi il s’est constitué une ‘fan base’ solide.

Typh Barrow, de son véritable nom Tiffany Baworowski, est programmée sur les planches du ‘Château’. Une artiste dont le minois est bien connu puisqu’elle a participé au télécrochet ‘The Voice’, comme coach, pendant plusieurs saisons.

La popularité de Typh trouve sa genèse, lorsqu’en 2013, elle commence à poster sur Youtube des reprises en piano-voix qui dépassent rapidement le million de vues. Sa version du « Gangsta’s Paradise » est d’ailleurs repérée par le rappeur Coolio, son interprète original, la partageant plusieurs fois sur ses propres réseaux.

Elle s’avance d’un pas franc, laissant apparaître une tenue assez courte de couleur rouge à paillettes. Ses hauts talons galbent un corps dont la rondeur laisse peu de place aux doutes. Main sur le ventre, sourire aux lèvres, elle transpire de bonheur à l’idée de mettre au monde son enfant. Ce n’est plus vraiment une surprise puisqu’elle avait fait cette annonce lors d’un concert à Forest National.

En attendant, elle va se mettre au vert, afin de profiter un maximum de sa grossesse entamée il y a six mois, comme elle aime à le préciser. On comprend dès lors mieux pourquoi de nombreux fans ont fait le déplacement, bien décidés à profiter d’une dernière de ses apparitions, avant une période de pause...

Elle est soutenue par un trio de musiciens et deux choristes, tous vêtus de vestes bariolées. Sur l’estrade, trône majestueusement un piano de couleur noire.

Elle se plante devant un synthé placé face à la scène et remercie le public d’avoir fait preuve d’autant de patience compte tenu des conditions climatiques. Faut dire que le concert prévu initialement à 17h a été retardé à 18h15.

La voix écorchée, chaude et puissante, elle fixe l’horizon de ses yeux perçants pour dessiner le contour d’un « Damn You’re Bad » chargé d’émotions.

Typh Barrow nous a offert et s’est offert un set aux accents tour à tour, pop, soul, jazz et blues, nous réservant des morceaux comme « Color », « Very First Morning », « I Ruled the World », « The Other Woman, Taboo », « Replace » et « Hold You Sister », au cours duquel elle s’est autorisé une promenade au sein de la foule ou encore « Don’t Let Me Go, I got You ».

Mais pas seulement, puisqu’on a eu droit à l’une ou l’autre nouvelle chanson qui laisse penser, de source sûre, que le prochain album est quasi écrit et composé et est en phase de production. De quoi ravir les fans.

En mêlant douceur et émotion mais aussi ardeur et de puissance, Typh a savouré ce moment rien qu’à elle…

Le set s’achève sur « Aloha », titre éponyme du dernier opus, suivi d’un « Daddy’ Not Coming Back » grandiose.

Place ensuite à Jeanne Galice, aka Jain.

Son arrivée dans l’univers musical s’apparente à un raz-de-marée. Auteure, compositrice et interprète, elle rencontre le succès dès la sortie de son premier long playing, « Zanaka » ; et des titres tels que « Come » et « Makeba » (qui signifie enfant en malgache) tournent en boucle sur les ondes radiophoniques. Le suivant, « Souldier », paru en 2018, fait encore mieux : 1,2 million d'albums vendus dans le monde et plus de 2 milliards de streams.

Après ce succès, elle annule sa dernière tournée pour se ressourcer. Au bout de quatre longues années, elle refait surface, plus positive que jamais et nous propose un nouvel essai baptisé « The Fool ». Certains n’ont pas hésité à établir un parallèle avec la carrière de « Stromae » qui lui aussi s’est vite laissé submerger par la réussite et les tournées fatigantes.

La scène du ‘Château’ est épurée. On n’y aperçoit que des synthés entourés par un décor grillagé.

Votre serviteur avait pu découvrir Jain il y a quelques années. A l’époque elle était seule sur les planches et se servait d’un tas de boucles. La performance était louable, épicée et originale. Ce soir un guitariste et une bassiste l’épaulent. Le show commence. Riche, le light show aux nombreux effets lumineux valorise parfaitement le spectacle.

Elle chante dans la langue de Shakespeare des compos plutôt pop, mais qu’elle mêle à d’autres genres, comme l’électro, le reggae ou la world, inspirée par ses nombreux séjours à l'étranger.

La demoiselle travaille particulièrement son image, que ce soit à travers son apparence ou la mise en scène.

Malheureusement, le concert ne parvient pas à éveiller un soupçon d’intérêt chez votre serviteur. C’est comme si vous deviez réaliser une recette de cuisine, mais qu’il vous manque un ingrédient. Le set manque de saveur, ce soir.

Pas grave, le LaSemo 2023 a tenu toutes ses promesses. Une affiche alléchante, une météo relativement clémente, une ambiance bon enfant et un anniversaire fêté dignement. What else ?

(Organisation LaSemo)

 

 

LaSemo 2023 : samedi 8 juillet

Écrit par

Deuxième jour du LaSemo. Si la veille les températures étaient agréables, ce samedi, le soleil tape particulièrement fort. Il est même vivement conseillé de porter un chapeau ou une casquette et de s’enduire de crème solaire. Les points d’eau mis à disposition des festivaliers sont pris d’assaut. Certains sont même à sec tôt dans l’après-midi.

Le taux de fréquentation semble encore plus élevé que le jour précédent. Manifestement le festival a gagné en popularité au fil du temps. Et vu le line-up, difficile de faire la fine bouche.

Votre serviteur débarque vers 16h. Direction la scène de la ‘Tour’. Colt s’y produit. Ce ne sont pas des inconnus puisque la formation implique Coline & Toitoine, des potes originaires de Bruxelles.

S’ils fonctionnaient jusqu’alors en binôme en pratiquant une musique plutôt électro/pop, ils ont élargi le line up à un quintet et évoluent dans un style plutôt rock, même si sur quelques titres, il subsiste toujours cette fibre électro.

Les préposées aux claviers et à la basse sont des filles. Derrière la batterie, siège un mâle, un vrai.

Coline est habillée d’un pantalon blanc rapiécé, de type clochard. Antoine porte une veste, elle aussi rafistolée, du même acabit. Un look surprenant, mais qui signe une identité distincte.

« Milles vies » ouvre les hostilités, un titre qui figurera sur un premier Ep dont la sortie est prévue pour septembre. Il est rapidement suivi de « Scooter » et « Ramenez-moi ». Si le français est la langue maternelle de la dame, son anglais est parfait ; et elle le démontre tout particulièrement sur « Once more », « Anymay », « Under my arms » ou encore « Over ».

Les Bruxellois libèrent une belle énergie, malgré la chaleur étouffante. Antoine s’interrompt et demande de l’eau, il semble au bord de la syncope. C’est la première fois qu’il est victime d’une telle défaillance, selon ses dires. S’il avait tout simplement laissé tomber le veston, sans doute que la chaleur l’aurait incommodé un peu moins… Ahhh, ces artistes !

Il est au clavier et le haut de son corps va et vient du haut vers le bas à chacun des coups de grosse caisse imprimé par son comparse caché derrière les fûts. Il est vraiment dedans.

La complicité qui lie les deux musicos semble très forte. Pas mal d’échanges de regards, des sourires, et surtout cette symbiose musicale.

Coline Debry et Antoine Jorissen se connaissent en fait depuis toujours. Ils fréquentaient la même crèche. Leurs parents sont toujours restés en contact. A l’adolescence, ils se sont voué une passion commune pour la musique. L’histoire musicale était donc toute tracée.

Leur succès est grandissant. Ils ont écumé une kyrielle de festivals qui les ont emmenés jusqu’à New York. Sans compter les streams sur Tik Tok et Instagram, leurs clips ‘home made’ les portant au-delà de la sphère physique.

De son grain chaud, elle nous entraine hors du temps. Lui, c’est plutôt le côté prod, les synthés et effets en tout genre. Le duo nous livre un mélange très réussi entre électro, pop, mais aussi indie et folk. Une expression sonore qui brasse finalement des genres assez différents.

La musique est positive, rayonnante et lumineuse. Elle donne envie de chanter, de danser et de rêver. La petite se livre le temps d’une chanson baptisée « La salle aux lumières ». On y apprendra ses orientations sexuelles et le courage qu’il lui a fallu pour faire son coming-out.

Le band achève son set par « Insomnie ». Un hymne au cours duquel, elle narre l’envie de s’évader durant ses périodes… insomniaques. 

La scène du Château accueille maintenant un autre groupe belge dont la réputation dépasse les frontières. Il s’agit de Balthazar.

Formé en 2004 par des musiciens originaires de la région de Courtrai, en Flandre-Occidentale, il pratique du rock alternatif. Son premier elpee, « Applause », est paru en 2010 pour la Belgique et en 2011 dans le reste de l’Europe. Cet opus lui a permis de se produire dans de grandes salles, dont l'Ancienne Belgique de Bruxelles, le Paradiso d'Amsterdam et La Cigale de Paris, ainsi que dans des festivals comme Rock Werchter et Lowlands.

Si le line up du band a varié au fil du temps, l’équipe s’est aujourd’hui stabilisée et réunit Maarten Devoldere (chant, guitare, clavier), Jinte Deprez (chant, guitare, clavier), Simon Casier (basse, chant), Michiel Balcaen (batterie, chant) et de Tijs Delbeke (clavier, guitare, violon, trombone).

C’est « Decency » qui ouvre le bal, suivi de l’excellent « Wrong Vibration », caractérisé par sa caisse claire incisive. Une communion solennelle est occupée d’être célébrée.

L’apothéose viendra lorsque les premières notes de « Then What » retentissent. Ce sont alors des milliers de personnes qui reprennent le refrain en chœur.

Triturées par les pédales d’effets, la Fender Mustang d’un des musiciens crée de belles fulgurances dans ses riffs à couper le souffle. La basse est soutenue et constitue l’un des marqueurs principaux de l’expression sonore.

Deux guitares, une basse, une batterie, des mèches de cheveux qui volent, le soleil qui brille et un festival hors du temps. Bref, l’équation parfaite.

Envoûtée par le violon ou le trombone, la superbe ballade "You Won't Come Around", issue du dernier album « Sand », est bien mise en exergue. Une compo qui casse quand même quelque peu la dynamique jusqu’ici érigée par le band.

Ecouter Balthazar, c’est peu à peu s’enivrer des bienfaits de l’été. Une musique légère, parfumée et chaleureuse. Positive, joyeuse et festive également.

Le set touche à sa fin et « Bunker » démontre que Maarten Devoldere, nonobstant le projet Wahaus entamé en 2015, est au sommet de sa forme lorsqu’il sévit chez Balthazar.

Enfin, « Losers » et son bridge live ondulatoire gigantesque, clôt une prestation qui restera dans les annales.

Une musique sublime, une ambiance pastel. Dommage que le groupe soit aussi peu communicatif…

Inviter Cali dans un festival, c’est choisir le bon plan. En effet, le petit homme est connu pour mettre le feu lors de chacune de ses prestations. Celle qui se joue aujourd’hui ne fera pas figure d’exception. Au contraire !

Il se présente sur la scène de la ‘Tour’ accompagné de ses musiciens. D’un pas décidé, il hurle à la foule ‘Je suis Belge’. Il n’en fallait pas plus pour déclencher une hystérie collective.

Chargé d’intensité électrique par la guitare, sa musique s’aventure au sein d’un entrelacs de fougue et de sincérité.

Quelques minutes après le début du live, le show s’annonce déjà exceptionnel. L’ami Cali s’avance, micro en main, tendu vers le public, tout en passant une langue bien fourchue. Un titre qu’il avait d’ailleurs dédié l’année dernière à son amie Dani, tout juste décédée, lors d’un concert aux Gens d’Ere, une bourgade dans la région du Tournaisis.

La chanson à peine achevée, le troubadour de la chanson française commence à manifester une envie irrésistible de jouer avec le public.

Dopé (à une substance psychotrope ??), le chanteur/amuseur ne cesse de faire le pitre durant le live et ce pour le plus grand bonheur des fans ébahis ! Grimaces, gestes amicaux, regards insistants accompagnent le gai luron lors de la seconde compo, tout aussi tonitruante, « Hey les amoureux ».

C’est alors qu’il surprend les gens issus de la presse tranquillement assis au sein du fronstage en les invitant sur les planches. Tandis que votre serviteur tente tant bien que mal de monter sur l’estrade, l’artiste s’approche, me prend dans ses bras et me prodigue de doux bisous. Il y a pire comme approche, non ?

Après un « Lâche pas » qui claque comme une baffe, Bruno Caliciuri revient aux fondamentaux en interprétant « C’est quand le bonheur », une compo issue d’un premier LP, « L’amour parfait », gravé en 2003. Mais Cali, c’est maintenant le bonheur et c’est ici aussi, devrais-je lui rappeler ! Une compo qui a vingt piges et pourtant, elle n’a pas pris une ride !

Ce qui devait arriver, arriva. L'homme taillé comme un gringalet se hisse sur le frontstage, prend un élan, et s’abandonne au crowdsurfing pour entamer une danse du diable perché dans les airs. C'est un passage obligé chez lui et ce soir ne fera pas exception à cette règle qui, semble-t-il, est immuable ! Le tout sans perdre de souffle ! Pas mal pour un gars qui a la cinquantaine passée... Heureusement, pour ceux qui l'ont soutenu, le casse-cou doit à peine peser cinquante kilos, tout habillé !

Repoussant ensuite les principes des règles de sécurité, l'artiste dynamise un peu plus le spectacle et devient complètement incontrôlable pendant « Je te souhaite à mon pire ennemi ». Sa réputation de personnage complètement déjanté est largement méritée.

Quoiqu'il en soit, examen réussi avec grande distinction !

Afin de satisfaire les grabataires, il a sorti de ses tiroirs poussiéreux quelques vieux bazars comme « Putain de vie » ou encore « Je m’en vais ». Des titres qui, s’ils ne sont pas les meilleurs, montrent combien le Perpignanais expose et s'expose à travers le prisme de sa vie, ses amours, ses attentes et ses envies.

Livrant tour à tour des musiques simples, mais accrocheuses, il a pris le parti de choisir ses mots avec une grande délicatesse afin de décrire intelligemment et sincèrement les maux de la vie et la difficulté d’aimer aujourd’hui.

Le champ du possible de ce grand Monsieur est illimité. Véritable touche-à-tout, Cali multiplie ses engagements, tant dans l’univers du théâtre, de la poésie, de la littérature et, bien évidemment, de la musique.

Bruno est un être doué d’un charisme exemplaire et un humaniste engagé ! Sans oublier, un homme d’exception !

« 1 000 cœurs debout » sonne le clap de fin. Un moment qui permet au drummer de se lâcher comme jamais et d'extérioriser toute sa technique de frappe. Une page se tourne, mais des pages entières restent à écrire...

Putain, quel moment de grâce !

Dommage toutefois que l’artiste ait mis de côté des titres phares tels que « Je voudrais vivre heureux », « Alec t’es où ? » ou encore « Une séparation » issus de « Cavale ». Un album poignant, le meilleur pour votre serviteur, le plus mature. Un disque où la sincérité de l’homme transpire dans chacune des chansons.

Autre endroit, autre style musical, Ben Harper and the Innocent Criminals.

Le Black est impressionnant. Il est accompagné de cinq musicos, dont deux Blacks tout aussi colossaux qui se chargeront de la basse et des claviers.

D’un calme olympien, dans une quiétude absolue, presque funéraire, il s’avance avec flegme sur le podium. Une chaise en bois est placée à l’avant du podium. Il s’assied, prend son temps et entame une première compo à la steel guitar disposée horizontalement sur un châssis.

Son jeu est précis et souple. Il manifeste une grande dextérité dans les gestes.

L'histoire commence au début de l'année 1992. L’auteur-compositeur Ton Freund fréquentait le magasin d’instruments de musique qui appartenait à ses grands-parents. Ton et Ben commencent à jouer ensemble dès que l'occasion se présente. Jusqu'au jour où on leur propose d'enregistrer une autoproduction. Des chansons qui se figureront sur un premier elpee, tout comme des reprises de Robert Johnson.

Il se révèle aux Transmusicales de Rennes, en 1993. Le 3 décembre pour être précis, lors d’une prestation habitée. Un événement qui va déboucher par la signature d’un contrat chez Virgin. Le premier long playing, « Welcome To The Cruel World », sort dans la foule, dans un style agrégeant blues, folk et rock. Il s’écoule à 300 000 exemplaires. Le suivant, « Fight For Your Mind », presque le double.

Durant sa longue carrière musicale (17 albums studio), Ben s’est essayé dans des tas de styles, du rock alternatif (« The Will To Love ») à la soul (« Burn To Shine », en passant par le funk (« Both Sides Of The Gun »).

Lors du concert de ce samedi, ce monument de la création américaine contemporaine proposera un brassage de tous ces styles, sans toutefois se laisser dévorer par les affres de la fusion à tout-va, à l’instar de son dernier né, « Bloodline Maintenance ».

Un set intelligemment construit laissant une grande latitude aux compos tantôt douces, lorsqu’il se saisit de sa gratte acoustique, tantôt plus punchy, tout au long de ces envolées fiévreuses électriques, conduites par ce corps robuste, ce visage expressif et surtout cette voix grave et suave.

Disposant d’un large espace de liberté, Mister Harper s’efforce au gré des compos d’explorer pleinement les champs lexicaux dont lui seul a le secret.

Naviguant entre l’eau et le feu, le combo propose une musique instinctive et parfaite.

Un concert d’exception !

Enfin, Suzane sera le dernier concert de votre serviteur, pour ce samedi.

Elle est étrangement seule sur les planches. De petite taille, son équipe a installé un plateau sur lequel elle peut se produire (de manière à pouvoir être vue ??).

De son véritable nom Océane Colom, cette Avignonnaise s’est révélée en 2019, sur la scène française, alors qu’elle n’avait toujours pas publié d’album. D’ailleurs, son premier, « Toï Toï », paraît l'année suivante. Elle sera récompensée de la ‘Victoire de la révélation scène’ lors des ‘Victoires de la musique’ 2020. En novembre 2022, elle grave un deuxième opus : « Caméo » ...

Un grand écran a été installé derrière elle. Son nom, en lettres capitales, va y défiler régulièrement, lorsqu’il ne s’agit pas d’images de thématiques des chansons abordées.

Plus récemment, elle a prêté sa voix sur un titre de Grand Corps Malade, lui permettant ainsi d’accroitre sa popularité. Une chanson où le grand bonhomme s'imagine être dans la vie d'une femme pendant 24 heures. Tandis que Suzane se met, elle, dans la peau d'un homme. C’est sur l’écran qu’il slamera, la Vauclusienne lui donnant la réplique.

À travers ses textes, Suzane aborde différents sujets, dont la politique, mais aussi et surtout tout ce qui touche aux dérives de la sexualité humaine (les violences sexistes, le harcèlement sexuel, l’homophobie) et à ses idées reçues (le lesbianisme, le genre) ou encore l'homophobie.

Cependant, elle manque cruellement de conviction. Son set est froid, ennuyeux et sans relief. Sans oublier l’absence totale d’intention, Bref, une prestation pas foncièrement médiocre, mais, en tout cas, soporifique…

Accordons-lui au moins le bénéfice d’une performance placée sous le signe de la danse qui a tenu une place primordiale durant son show. Au moins, elle n’a pas tout perdu.

Une seconde journée qui s’achève donc sur un bilan en demi-teinte, malgré une première partie de journée, plutôt réussie.

Que nous réserve la journée du dimanche, habituellement plus familiale ? Mystère. A demain !

(Organisation LaSemo)

 

 

LaSemo 2023 : vendredi 7 juillet

Écrit par

Il y a maintenant quinze années pile-poil que la Parc d'Enghien accueille le LaSemo. Un anniversaire attendu et couronné de succès malgré les différentes crises sanitaires et économiques que la Belgique a traversées.

Record d’affluence semble-t-il, malgré une météo aléatoire en début de semaine, laissant craindre le désastre.

Grâce à son offre culturelle riche, conviviale et bienveillante, le LaSemo se caractérise par sa familiarité et sa proximité.

Entourés par ses espaces verts exceptionnels, ses pièces d'eau, ses jardins et des bâtiments qui couvrent près de 400 ans d'histoire, les festivaliers s’y pressent de plus en plus nombreux.

Rien d’anormal puisqu’à côté d’artistes émergents ou confirmés, ils y trouvent aussi des lieux propices aux débats, de nombreux arts de rue, des espaces dédiés au bien-être, des zones de jeux, un coin pour les enfants, un cabaret, des artisans, une ‘papoterie’, des conférences aussi diverses que variées et bien d’autres animations encore …

Si convivialité et bienveillance sont les maitres-mots, le développement durable n’est pas en reste ! Vous cherchez du neuf ? Rebroussez votre chemin, vous n'y trouverez rien ! Tout est recyclé ! De vieilles bécanes qui permettent de recharger son portable à la force des guibolles, les chaises de mamy dispersées ici et là, afin de poser son popotin, des casquettes fabriquées à l’aide de boîtes en carton, sans oublier les toilettes sèches, évidemment. Inutile de préciser que cette liste est loin d'être exhaustive.

Le soleil est au rendez-vous ! Papy et Mamy accompagnent les têtes blondes qui viennent juste de terminer un nouveau cycle scolaire quelque peu chamboulé cette année et cette réforme qui divise Flamands et Wallons.

Jean-Jean, l’habituel géant givré de service chargé d’introniser avec humour, décadence et légèreté, les artistes, est de la partie. Arborant une petite moustache de type ‘british’, il jongle toujours aussi facilement avec les bons mots. Quel obsédé textuel ce Jean-Jean !

Bref, peu de nouveautés ! Le LaSemo mise une nouvelle fois sur une équipe qui gagne ! Et pourtant, des surprises, il y en avait, puisqu’outre le nouvel emplacement du podium de la ‘Tour’, les food truck ont été dispersés différemment. Bref, un détail, mais qui a son importance, puisque l’espace s’avère plus aéré.

Il est aux environs de 18h30 lorsque votre serviteur arrive enfin sur le site. Direction la guinguette, l’endroit le plus atypique. Sans doute aussi l’emplacement qui se prête le mieux à l’esprit et à la culture de ce festival unique en son genre.

La scène est constituée de palettes de bois. De vieux vinyles ont été cloués sur le pourtour du site, afin de lui donner un aspect cosy.

Le podium bénéficie d’une belle surface ombragée, car il se situe au milieu d'arbres. Et vu la température qui grimpe en flèche, autant dire que les places sont chères.

Les spectateurs se sont installés au centre de l'hémicycle et attendent patiemment l’artiste à venir. Une chope à la main évidemment ! C’est Elia Rose qui grimpe sur les planches.

La petite est issue de la téléréalité. En 2011, elle participe à l'émission ‘The Voice’, guidée par son coach, Natacha St-Pier. Quelques années plus tard, la presse la remarque grâce à son clip coloré et psychédélique « Colors ».

Elia Rose s’est rendue également médiatique suite à sa participation au rassemblement organisé en janvier à Bruxelles pour réclamer la libération de son ami Olivier Vandecasteele, détenu arbitrairement en Iran depuis près d’un an.

C’est donc sans surprise si celui-ci figure parmi les badauds comme guest afin d’assister au concert de sa muse. Mais ‘chuuttt’, il y était en parfait inconnu et ne semblait manifestement pas prêt au jeu des questions/réponses des journalistes présents.

Fleurette est venue défendre les couleurs de son premier elpee intitulé « I love it ». Soutenue par les riffs de guitare de Lorenzo Di Maio et les effluves de claviers dispensés par Cédric Raymond, elle entame son tour de chant par un « I love you so » d’une sensualité à l’épreuve du temps avant d’enchaîner quasi immédiatement par un « Oh my » percutant.

Elia Rose et ses chatons, comme elle aime à le rappeler, délivrent un son à la fois doux et optimiste, savant mélange groovy de funk et de pop.

Sa maman est anglaise. Pas étonnant que son univers soit bercé par la musique anglo-saxonne. Et qu’elle exprime les sentiments et états d’âme qui la transpercent, dans la langue de Shakespeare.

Fraîche, elle cultive ce côté vintage qui fait son charme et sa force. Elle (s’)impose un style tout à fait particulier, à l’instar de ce « Criminal » à la rythmique détonante ou encore cet « I Love You To The Moon And Back », à la limite de l’audace.

La voix un brin timorée contraste avec la générosité dont elle fait preuve à l’égard de son public. Souriante, pétillante et dynamique, elle ne cessera de répandre sa joie et sa bonne humeur parmi les heureux aficionados qui le lui rendent bien.

Il est déjà l’heure de se dire au revoir. « Moon and back » aura la lourde tâche de mettre un terme à un set parsemé de jolies surprises.

Soyez attentifs, Elia Rose est une artiste qui pourrait tout à fait suivre les pas d’une certaine Angèle. Affaire à suivre…

Selah Sue se produit maintenant sur la scène principale.

Flanquée d’un kimono léopard à faire bondir GAIA (NDR : l’association de défense des animaux la plus influente et une des plus connues en Belgique), Sanne Putseys, à l’état civil, s’avance d’un pas décidé sur les planches, se saisit d’une gratte acoustique et pose alors sa voix tout en douceur sur un premier morceau.

Elle est rapidement suivie par son claviériste (Joachim Saerens, son époux et co-compositeur), son bassiste Dries Laheye, ses trois choristes (Sarah Devos, Stefy Rika et Judith Okon), un batteur et un guitariste/claviériste.

Elle se place de manière stratégique sur l’estrade, permettant aussi aux plus curieux d’admirer son ventre plat laissé nu par un ‘crop top’ sensuel.

Elle entame sa carrière dès 2008 en publiant des vidéos de ses performances sur MySpace, avant de devenir rapidement populaire en Belgique grâce à sa participation à des festivals de musique locaux.

En 2010, Selah Sue sort son premier opus –un éponyme !– qui récolte un énorme succès en Europe. Ce qui la propulse sur le devant de la scène internationale. Depuis, elle a publié trois elpees studio et collaboré avec des artistes tels que CeeLo Green ou encore Ronny Jordan.

Ce soir, l’artiste flamande est de retour pour présenter son troisième LP, « Persona » (sept ans après « Reason »), paru l’année dernière.

Une œuvre ‘pansement’ diront certains, la jeune fille ayant traversé des périodes dépressives relativement importantes durant sa vie. La thérapie qu’elle a suivie l’a d’ailleurs inspirée pour l’écriture de ses chansons.

Cette longue absence n’a en tout cas nullement affecté cette voix reconnaissable entre mille. Une voix soul, solide, puissante, profonde, légèrement éraillée et faussement fragile l'instant d'après.

Une voix en tout cas qui respire l’authenticité et l’assurance, à l’instar de ce « Kingdom », aux relents hip-hop. Une ode au bien-être d’une personne qui a retrouvé une confiance absolue en elle.

La jeune femme poursuit son concert intelligemment, mêlant chansons douces et mélancoliques aux compos très énergiques. Pas étonnant puisque son nouvel opus, « Persona », constitue une confession sur ses moments de doute, de bonheur et d’anxiété. Un savant mélange de sentiments en quelque sorte.

Brassant plusieurs titres de son dernier long playing, « All the way down » ou encore « When it alls fall down », c’est sans nul doute dans un registre reggae-ragga-soul qu’elle se distingue le mieux.

Respectant une ligne de conduite blues, soul et groovy, l’artiste n’en oublie pas ses titres incontournables comme « Alone », mais surtout « Raggamuffin », l’hymne qui l’a catapultée en tête des charts.

Proche du public, Selah Sue est parvenue, semble-il, à faire fi des démons du passé, en proposant un show propre, dynamique et tout en relief.

Le temps de s’hydrater et de se remplir la bedaine qu’Odezenne se prépare doucement dans le ‘backstage’, tels des boxeurs avant de monter sur un ring.

Alix Caillet (chant), Jacques Cormary (chant) et Mattia Lucchini (clavier/guitare) sont au taquet. Une batterie trône au milieu de la scène. Stefano Lucchini y siège derrière.

Originaires de Bordeaux, les gars ne font pas dans la fine dentelle. Les textes de certaines de leurs compos sont très susceptibles de heurter les oreilles les plus chastes, les mots frôlant parfois l’indécence…

Une kyrielle de filles en chaleur n’hésitent d’ailleurs pas à se servir de mots les plus salaces afin d’obtenir les faveurs sexuelles des artistes qui sont pourtant loin d’être des Apollons.

A 23 heures pétantes, Caillet et Cormary se positionnent en frontmen. L’un a enfilé un pull couleur saumon qui met en exergue une bedaine arrondie, tandis que l’autre arbore une tenue colorée nettement plus décontractée. Quant à Mattia Lucchini, il se cache derrière de grosses machines, armé d’une guitare électrique prête à en découdre.

Les premières notes de « Au baccara » donnent le ton d’un show survitaminé. Les deux vont et viennent, se croisent, s’adressent du regard au public vraiment très nombreux et ravi de la présence de telles vedettes.

Une mise en bouche convaincante qui va laisser place à un gros « Caprice ». Cette chanson émeut autant qu’elle surprend puisqu’elle a été écrite lorsque Priska, la sœur d’Alix, était atteinte d’un cancer.

Un titre composé dans la foulée de « Hardcore » destiné donc à soutenir la jeune fille et lui donner un maximum de courage. Aujourd’hui décédée, le sens de cette chanson prend donc un sens tout particulier. Inutile de dire que l’émotion est alors à son comble.

Les morceaux sont accessibles, mais sont à prendre au second, voire au troisième degré. En quelques mots, incisifs, marrants, mais jamais méchants

Peut-être que l'universalité des thèmes abordés participe grandement à cette ouverture. Loin d'être moralisateurs, les comparses sont parvenus à toucher, au fil de leur carrière, la frange la plus large de leur auditoire. Il suffit de l’écouter reprendre en chœur chacun de ses titres.

Grâce à des compositions qui font mouche telles que « Nucléaire », « Bitch », « Vodka » ou encore « Salope d’amour », Odezenne sublime un quotidien de Monsieur Toutlemonde. Il aligne des mots d’une simplicité extraordinaire sur fond de spleen joyeux et délicatement déclamé.

C’est sublimement construit, instinctif, faussement foutraque et intensément vivant. Les instrus religieusement aériennes de Mattia viennent apporter de temps à autre cette touche floydienne.

Durant plus d’une heure, les amis d’enfance ont réussi le pari d’allier nonchalance, mots ciselés et beats planants.

Le set touche doucement à sa fin. Quoi de plus naturel que de siroter une « Vodka » ?

Il est plus de minuit lorsque le live s’achève pour de bon. La plupart des badauds quittent le site. Au loin, sur la scène de la ‘Tour’, la musique électronique tente de maintenir éveillé les plus téméraires.

Trop peu pour votre serviteur quinqua qui préfère regagner ses pénates. Les deux jours qui viennent risquent d’être chargés.

(Organisation La Semo)

 

Hellfest 2023 : vendredi 16 juin

Écrit par

Le Hellfest fait peau neuve cette année. Le festival a introduit de nouvelles attractions et des changements de disposition qui ont suscité l'enthousiasme des festivaliers. Parmi les nouveautés les plus remarquables figure le ‘Sanctuary’, une imposante structure remplaçant la ‘Valley’ à côté de la cathédrale. Il s’agit d’un temple grec qui s'étend sur 1 500 m² abritant les produits officiels du Hellfest. Cette innovation, même si elle n’a pas éliminé les files, a, au moins, rendu la circulation dans toute la partie centrale du site beaucoup plus fluide.

Un autre changement majeur a été opéré en relocalisant la ‘Valley’ en face de la ‘Warzone’. Les amateurs de cette scène bénéficient désormais d'un espace plein air plus large bordé de deux écrans de chaque côté. Ce qui a aussi permis d’ajouter un bon nombre de stands de nourriture assez variés dans ce nouvel environnement.

Non loin de la ‘Valley’, les festivaliers ont pu découvrir et jouer avec la roue Charon, créée par l'artiste américain Peter Hudson pour le Burning Man en 2011, entourée de nouveaux points d’ombre, toujours dans un style ‘war zone’...

Le deuxième jour du festival et première journée complète, débute à 10h30 et s’achèvera à 2h du matin. Malgré la fatigue qui commence à se faire sentir, l'excitation est rapidement ravivée dès l'entrée en scène de Vended. Originaire de l'Iowa, ce groupe américain implique les fistons de Corey Taylor et Shawn Crahan. Mais, il va démontrer qu'il n’est pas simplement les fils de ! Griffin Taylor livre une performance vocale solide. C’est un véritable frontman en devenir. Et même si la prestation n’est pas parfaite, dans l’ensemble, le band assure. Il est franchement prometteur. Vended a clairement un avenir brillant devant lui.

À la suite du concert de hardcore très énervé dispensé par Nostromo, on va vivre une des premières surprises de la journée : Nothing More. Passionnant, son set est porté par un frontman extrêmement charismatique. Le combo offre aux aficionados et aux curieux une bonne dose de plaisir et d'émotions. Il a, en tout cas, conquis l’auditoire...

Impossible de passer sous silence la prestation décevante du supergroupe Elegant Weapons. Il a malheureusement souffert d'un son désastreux malgré l'expérience de ses membres. Heureusement, les amateurs de frissons et de nostalgie seront comblés par Skid Row. Le quintet du New Jersey a enfin déniché un chanteur à la hauteur et a enchanté la foule en alignant ses plus grands classiques tels que "18 and Life", "Remember Yesterday", "Youth Gone Wild" ou encore "Monkey Business". Un set parfait !

Motionless In White connaît une montée en puissance depuis trois ans. Sa performance est extrêmement solide et le son parfait. De quoi apprécier idéalement les compositions de Chris et de ses acolytes. Papa Roach apporte ensuite une touche de nostalgie en se produisant sur la Mainstage 2. Bien que ses dernières chansons soient très bonnes et intéressantes, le public est venu pour savourer ses anciens classiques, dont "Last Resort" qui clôture le set. Energique, la prestation Jakoby Shaddix est à classer parmi les moments forts pour les festivaliers.

A la nuit tombée, l'explosif Triggerfinger va enflammer la ‘Valley’, alors que Rancid nous invite à voyager dans le temps au cœur de la ‘Warzone’. La soirée s’achève par le concert de Sum 41, qui a marqué sa dernière apparition au Hellfest, car le quintet canadien est en pleine tournée d'adieu. Un excellent moment à partager entre fans de pop punk qui permet aux spectateurs de replonger quelque peu dans leur adolescence.

(Pour les photos, c’est ici)

 

 

Page 6 sur 75