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Darkness comme du chocolat noir…

Tender Ender vient de partager « Darkness », un nouveau single accompagné d’un clip qu’il a lui-même réalisé, offrant un premier aperçu de son futur deuxième album, « Red Kites », dont la sortie est prévue le 13 novembre 2026. Construit autour du son…

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Mons au Carré 2026 : mercredi 1er juillet 2026

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Girls In Hawaii ne s’était plus produit depuis plusieurs années, à l’exception de la tournée célébrant les vingt ans de son premier opus, « From Here to There », en 2023, qui avait rempli quatre soirs l’Ancienne Belgique. Né au début des années 2000, Girls In Hawaii s’est imposé au fil du temps parmi les repères de l’indie rock européen. De « From Here To There » (2003) à « Everest » (2013), en passant par « Plan Your Escape » (2008), la formation a bâti un univers musical qui accompagne toute une génération d’auditeurs.

Cette date montoise lance une nouvelle tournée européenne, précédée d’une semaine de résidence et de répétitions au Manège de Mons. Elle accompagne la sortie annoncée d’« Eldorado », attendu en septembre. La première partie revient à Alice George Perez, artiste située entre folk contemporain et art-pop. La chaleur est telle, ce soir-là, que même les spectateurs les plus motivés patientent dehors avant l’arrivée des musiciens sur les planches, histoire de préserver leurs forces.

Un quart d’heure avant l’horaire prévu — la projection du match sur écran géant impose de composer par le calendrier sportif — Antoine Wielemans, Lionel Vancauwenberghe et leurs musiciens gagnent les planches et ouvrent le bal par « Is It Happening Right Now », un titre inédit extrait du prochain disque. Le morceau oppose matières organiques et textures synthétiques, invite à lever les yeux vers le ciel et à savourer l’instant présent. L’accueil se révèle chaleureux. Très vite, « Eldorado », lui aussi inédit, dévoile une écriture plus rythmée, plus brute, presque conceptuelle, qui déroute agréablement une partie de l’auditoire.

Le souvenir de Denis Wielemans, ancien batteur du combo disparu dans un accident de la route en 2010, demeure présent lors des concerts de Girls In Hawaii. « Misses », extrait d’« Everest », lui adresse un hommage sobre et sensible. Ce disque, né dans un contexte de deuil et de reconstruction, reste sans doute l’un des plus accomplis de leur parcours. L’atmosphère gagne peu à peu en tension. Sur l’entraînant « Found The Ground », le batteur imprime sa cadence à la charley, à la ride, à la caisse claire et à la grosse caisse, tandis que la voix légèrement éraillée du chanteur prend tout son relief.

« Not Dead » suit, titre qui retrouve une place de choix dans le nouveau tour de chant de la formation. La précision instrumentale, constante tout au long du set, se confirme sur « Who’s To Blame » et « Not Your Fault », deux nouvelles compositions où rythmique syncopée et chœurs dessinent un ensemble aux couleurs nettes. Plus de deux décennies après ses débuts, le quintette conserve une réelle force de proposition.

Quelques minutes plus tard, l’incontournable « Switzerland », où l’électro et le piano servent la mélodie, ravive l’élan du band. « Rorschach », tout en guitares saturées, clôt ensuite cette première partie de set dans une tension maîtrisée. La formation quitte les planches pour mieux y revenir presque aussitôt, par « Changes Will Be Lost », « Goddess » — dernier inédit de la setlist — puis « Monkey », extrait de « Nocturne », paru en 2017.

« This Farm Will End Up In Fire », morceau doux-amer à la mélancolie enveloppante, installe un moment de sérénité collective, chaque musicien reprenant en chœur son refrain entêtant. « Flavor », caractérisé par son intro de basse répétitive, referme finalement les débats dans une dernière montée en intensité.

Girls In Hawaii signe un retour solide, sans renier vingt ans de répertoire, et confirme sa place parmi les formations majeures de l’indé-pop belge.

(Organisation : Sumons)

Mons au carré 2026 : jeudi 2 juillet

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Au lendemain d’un Girls In Hawaii à guichets fermés, le duo bruxellois COLT — désormais quintette — livre au Théâtre le Manège l’une des dernières dates d’une tournée longue de trois ans, entre électro-pop lumineuse et rock urbain.

COLT n’est pas une découverte pour l’auditoire belge : la formation repose sur Coline Debry et Antoine Jorissen, deux amis bruxellois de longue date.

Longtemps actif en binôme autour d’une électro-pop ciselée, le projet élargit depuis son line-up et s’aventure aujourd’hui vers un registre plus rock, sans abandonner sa fibre électronique sur certains titres. Deux musiciennes assurent claviers et basse ; un musicien tient la batterie.

Sur les planches, Coline adopte une tenue sobre. Antoine, lui, arbore un kimono d’aïkido — discipline qu’il pratique et dans laquelle il détient la ceinture marron — personnalisé par sa partenaire.

« Premier », plage d’ouverture de leur dernier opus, Saveur Cœur Abîmé, paru l’an dernier, lance le concert. Le morceau condense une série de premières fois vécues depuis l’adolescence.

Après « Lionnes », le set se poursuit par « Petite Féline ». Les Bruxellois dégagent une énergie solide malgré la chaleur étouffante. Coline signale d’ailleurs que ces températures provoquent souvent des saignements de nez chez Antoine, au grand dam des premiers rangs, puis riposte en invitant la fosse à observer les chaussettes bariolées de flammes de son complice.

Aux claviers, Antoine accompagne chaque coup de grosse caisse d’un balancement du buste. Cette présence physique souligne la complicité évidente entre les deux musiciens : regards, sourires, réflexes communs, dialogue musical constant.

Coline Debry et Antoine Jorissen se connaissent depuis la crèche ; leurs parents gardent, eux aussi, le contact. À l’adolescence, les deux amis découvrent une passion commune pour la musique, qui les mène naturellement à fonder COLT.

Depuis, le duo gagne en visibilité : les festivals s’enchaînent jusqu’à New York, tandis que leurs clips faits maison, largement relayés sur TikTok et Instagram, diffusent leur univers bien au-delà des salles de concert.

Le grain chaud de la voix de Coline installe d’emblée une couleur singulière. Antoine se concentre davantage sur la production, les synthés et les effets. Ensemble, ils élaborent un mélange d’électro, de pop, d’indie et de folk, une palette qui fait dialoguer des registres pourtant éloignés.

La musique de COLT conserve un élan positif, solaire, tandis que les textes révèlent souvent une mélancolie discrète, parfois une tristesse plus nette, à l’image de « Compte à rebours », composition qui regarde vers la fin du monde.

Coline profite de ce moment pour inviter l’auditoire à penser aux peuples vivant dans la crainte, notamment en Palestine ou au Yémen, avant d’enchaîner logiquement par « Chaos ».

Elle traverse ensuite la foule pour rejoindre la régie son. La pénombre s’installe, le silence dure quelques secondes, puis « ODIO » surgit, chanté en lyrique dans la langue de Verdi. Antoine, sous un faisceau bleu, s’installe au piano. L’instant suspend le temps.

Visiblement heureuse de retrouver le podium, Coline enchaîne par « Désolée », puis « Demi-mot », titre écrit après le décès rapproché des grands-parents de la chanteuse. La chanson avance comme une déclaration d’amour et de résilience. « Fleuve » referme cette prestation sur une intensité intacte.

Ce soir-là, COLT captive un auditoire éclectique par une fusion personnelle d’électro-pop et de rock urbain.

On retient surtout la diversité, la maturité et la sincérité d’un duo encore capable de déplacer ses lignes.

(Organisation : Sumons)

Eole Music Experience 2026 : dimanche 28 juin

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Un violent orage avait frappé la région la veille et laissé de nombreux dégâts derrière lui. Le domaine du Chant d’Éole semble pourtant épargné : les vignes restent intactes, tout comme le podium.

Dans ce décor préservé, la dernière journée du festival rassemble plusieurs artistes de premier plan, parmi lesquels Pia, Bastian Baker et Stephan Eicher, venu présenter son projet parallèle aux côtés de son fidèle batteur Simon Baumann, alias Osomo.

Un duo face aux machines

Peu après 20 h 30, les deux musiciens prennent place sans un mot. Devant eux, une batterie minimaliste et un impressionnant arsenal de machines : MPC, Elektron Rytm et effets analogiques soigneusement sélectionnés dans ce que Stephan Eicher qualifie volontiers de « musée personnel ».

L’ouverture surgit d’emblée par « Eisbaer », hymne intemporel de Grauzone, formation fondée par son frère Martin Eicher, à laquelle Stephan participe au début des années 1980. Plus de quarante ans après sa sortie, le morceau conserve son pouvoir de fascination et provoque aussitôt la réaction de la foule.

Un laboratoire électro

À 65 ans, Stephan Eicher multiplie encore les expériences artistiques. Tandis qu’il défend son dix-huitième opus, Poussière d’or, et poursuit la tournée de son spectacle Seul en scène, mis en scène par François Gremaud, il explore auprès d’Osomo un territoire plus inattendu : une électronique organique nourrie de racines new wave.

Né presque par hasard d’un court intermède électro conçu pour son spectacle théâtral, le projet se transforme rapidement en véritable duo après une invitation des fondateurs du mythique club lausannois Dolce Vita. Cette collaboration donne naissance à une formule pensée avant tout pour les clubs, où l’énergie du dancefloor prime sur le confort des salles traditionnelles.

Sur les planches, cette philosophie prend tout son sens. L’espace reste volontairement dépouillé, entièrement dévolu aux machines et aux textures électroniques. Les morceaux s’enchaînent, de « Noise Boys » à « Toutes les filles du Limmatquai », dans un alliage assumé d’électro, de new wave, d’italo-disco et de post-punk. Plutôt que de céder à la nostalgie, le duo revisite son héritage en le confrontant aux possibilités des technologies actuelles.

Cette approche singularise le projet. Là où de nombreuses productions contemporaines privilégient une perfection presque clinique, Eicher et Baumann revendiquent le goût du risque, de l’accident et de l’imprévu. Le concert prend ainsi des allures de laboratoire sonore : les classiques y côtoient des titres plus confidentiels du répertoire d’Eicher, comme « Combien de temps », extrait de Silence (1987), ou « Two People In A Room », issu de I Tell This Night (1985).

Retour à la chanson

La seconde moitié du concert modifie progressivement l’atmosphère. Stephan Eicher abandonne un instant les machines pour retrouver la guitare. Le climat gagne en intimité lorsque surgit « Tu ne me dois rien », extrait d’Engelberg (1991), rehaussé par les mots de Philippe Djian. L’émotion s’installe sans rompre le fil conducteur du spectacle.

Puis vient un ultime clin d’œil. Guitare électrique en main, Eicher livre un faux rappel particulièrement énergique par « Déjeuner en paix ». Ce classique de 1991, immense succès populaire, retrouve ici une vigueur nouvelle, comme si l’artiste réconciliait les deux facettes de son univers : l’expérimentation électronique de ses débuts et la chanson qui l’a imposé auprès du grand public.

Une liberté intacte

En un peu plus d’une heure, Stephan Eicher et Osomo ont démontré que revisiter son passé n’oblige pas à le figer. Leur proposition écarte le simple exercice nostalgique pour privilégier l’invention permanente. Après plus de quatre décennies de carrière, le musicien bernois conserve ainsi une liberté rare dans le paysage francophone.

Lorsque les dernières notes s’évanouissent, les spectateurs quittent progressivement le site. Les vignes du Chant d’Éole poursuivent leur œuvre, tandis que les échos du concert se dissipent dans la nuit. Il reste cette impression persistante d’avoir assisté à un moment singulier. Pour « Combien de temps » ?

Organisation : Eole Music Experience

Live is Live 2026 : dimanche 28 juin

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Après une première édition organisée en 2022 sur la plage de Zeebruges (NDR : un écho au défunt Beach Festival des années 90), Live is Live a posé ses valises à Anvers, sur le site du Middenvijver. Deux éditions suivent en 2023 et 2024, avant une pause en 2025, assortie de la promesse d’un retour. Les affiches précédentes ont accueilli The National à deux reprises, Editors, The War on Drugs, dEUS ou encore Grace Jones, sans toutefois atteindre le sold-out.

Cette édition ne l’atteindra pas davantage, même si l’on espère que le festival poursuivra sa route. En cause, sans doute, des tarifs élevés : 125 euros l’entrée, davantage encore pour l’accès au front stage. Chaque soir mise sur une tête d’affiche censée attirer la foule — Robbie Williams le samedi, Nick Cave aujourd’hui, Iron Maiden le lundi — tandis que le reste du programme paraît moins fédérateur. D’autant que le festival se concentre sur une seule scène : cinq à sept formations se succèdent au fil de la journée.

Pourtant, ce dimanche avait de quoi susciter l’engouement. Après l’annonce de Nick Cave & The Bad Seeds dès octobre 2025, l’organisation clamait que l’Australien choisirait lui-même le reste de l’affiche. De quoi provoquer une première ruée vers les tickets (NDR : votre serviteur compris). Fin février 2026, la question se pose toutefois : qui a réellement tranché ?

Les Belges de Das Pop ouvrent la journée, Beth Orton propose un folk un peu désuet, et Benjamin Clementine repasse par notre plat pays, où on peut le voir presque chaque année (NDR : en 2025, il était à l’AB puis au Gent Jazz), souvent dans un cadre mieux adapté à son registre. S’ajoutent encore, ces dernières semaines, les annulations de Lykke Li, pourtant deuxième nom de l’affiche, puis d’Anna von Hausswolff.

Entre ce remaniement, la canicule, les embouteillages et un parking éloigné dont les navettes se repèrent difficilement (NDR : on vous épargne les détails), notre arrivée se décale vers 17 h.

Eefje de Visser entame alors son set. La Néerlandaise est active sur la scène musicale depuis une bonne vingtaine d’années et bénéficie d’un solide relais sur les télévisions nordiques, ce qui explique sa récente participation au festival Best Kept Secret. Elle reste pourtant presque inconnue du côté francophone. Sur les planches, elle apparaît en chemisier rouge, ouvert sur un haut de maillot décolleté, et en training : une allure qui évoque Mel C, jusque dans certaines chorégraphies. Malheureusement, quelques compositions empruntent aussi cette voie. Deux choristes plus jeunes, vêtues de noir, l’épaulent (NDR : on a chaud pour elles, même si d’énormes ventilateurs tournent à proximité). L’une des deux claviéristes adopte le même style et rejoint parfois les chœurs, ce qui multiplie les couches vocales. L’ensemble rappelle alors un girls band. À droite, en hauteur, un batteur et un guitariste bidouilleur de consoles complètent la formation. La set list oscille entre dream pop de chez Wish et morceaux nettement moins indie, le tout dans la langue de Vondel. Pas vraiment de quoi séduire ceux venus pour les têtes d’affiche. Les applaudissements restent mitigés au salut final ; seules les premières rangées clairsemées acclament franchement.

Les artifices disparaissent pour l’artiste suivant. Le décor redevient sobre, à l’image de l’arrivée de Johnny Marr. À sa droite, son claviériste, également second guitariste, s’installe tandis que le batteur prend place en retrait. Le bassiste se positionne près de lui, côté gauche. Le Mancunien salue brièvement l’auditoire, visiblement plus mature et plus réceptif que lors du set précédent, puis gagne rapidement le centre du podium, guitare en main et micro devant lui. Il ouvre par deux titres phares de son dernier elpee, « Look Out Live! », paru en 2025 : « Armatopia » puis « Generate! Generate! ». Toujours sobre dans sa communication, mais souriant, il lance : ‘Thank you guys, nice to see you and be back’, avant d’attaquer l’une des nombreuses reprises de sa formation culte, The Smiths : « This Charming Man », qui commence à faire danser la foule. Ensuite, Johnny enlève quelques couches, parcourt l’avant et les côtés de l’estrade, sourit largement et esquisse même de petits pas de danse. Il présente « Spin » comme ‘my brand new single, I hope you would like it’. Effectivement, ce nouveau titre tient la route. Les compositions des Smiths qui suivent fonctionnent tout autant, dont l’inévitable « How Soon Is Now ? », son démarrage en riffs et son solo de guitare en pleine relance. On se serait en revanche passé de « The Passenger » d’Iggy Pop : non que l’interprétation démérite, mais elle donne à la fin des airs de cover band. Le set se referme toutefois sur un beau moment au coucher du soleil, lorsque « There Is a Light That Never Goes Out » est repris en chœur par une partie de l’audience. Johnny Marr ne possède pas le timbre de Morrissey, l’ancien chanteur des Smiths — cela s’entend surtout sur ce dernier morceau, où l’émotion perd en intensité —, mais il compense par sa sympathie et ses riffs nerveux. L’ambiance grimpe nettement avant le plat de résistance.

On apprend, un peu tard, qu’une deuxième scène s’est ouverte. Baptisée Forest Stage, elle mérite son nom : elle se niche sur le côté droit du site, à l’ombre des grands arbres. Aucune mention du line-up ne figure sur le site officiel, nouvelle lacune organisationnelle. Dommage, car les Australiens de Floodlight s’y sont produits avant Johnny Marr, devant un auditoire clairsemé, trop peu de festivaliers ayant reçu l’information à temps. Lorsque nous y jetons un œil, c’est Gala Dragot, autre parfaite inconnue des francophones, qui occupe les lieux. Elle s’est révélée via The Voice Kids au nord de la Belgique, puis au fil d’autres prestations sur VTM. Seule au clavier, elle laisse sa voix envelopper ce petit morceau de plaine, dans une veine proche de Geike Arnaert.

La foule se dirige déjà vers la grande scène pour Nick Cave & The Bad Seeds. On prend alors conscience que la barre des 30 000 personnes est franchie. Le front stage, vendu 50 % plus cher, ne se remplit jamais totalement, tandis que la masse s’accumule juste derrière. Mieux vaut être près et prêt : le set démarre en force, quelques minutes en avance. « Get Ready for Love » s’enchaîne aussitôt sur « From Her to Eternity ». Autant le préciser d’emblée : la playlist ne connaîtra pas de temps mort.

Comme à son habitude, le vétéran australien passe près de 80 % du concert hors du podium, au contact des premiers rangs. Une passerelle surélevée relie l’espace de sécurité au front stage, et il s’autorise, de temps à autre, quelques incursions en crowdsurfing au-dessus de la fosse. Au milieu du set, « Bright Horses » marque un sommet. Le titre, chargé d’émotion, évoque la perte d’un être cher, et le cheminement du deuil. Il renvoie au décès tragique de son fils Arthur, survenu en 2015 dans le sud de l’Angleterre. Cette tension atteint son paroxysme lorsqu’il se conclut au piano.

Nick Cave retrouve ce piano face à Jane Ramus, l’une de ses choristes soul, chargée de remplacer PJ Harvey sur le duo « Henry Lee ». Suit « Mercy Seat », qui monte en puissance et voit une nouvelle fois Warren Ellis malmener son violon. Juste derrière, Nick bondit littéralement sur le refrain de « Papa Won’t Leave You, Henry » ; les premiers rangs l’accompagnent, chœurs compris. La première partie se termine par un « Hollywood » plus calme, presque gospel. Le band ne quitte pas longtemps les planches et revient rapidement pour un long rappel. « I have to concentrate about playing harmonica », lance alors le leader sur une courte intro de « City of Refuge », moment qu’il choisit pour saluer un jeune ado juché sur les épaules de son père et rester près de lui. Sur « Weeping Song », l’absence de Blixa Bargeld se ressent encore : le morceau, comme d’autres ce soir, perd une partie de sa rugosité post-punk. L’invitation à taper des mains casse d’ailleurs un peu le charme initial. En clôture, « Wide Lovely Eyes » ravive l’impression de grande messe, avant un « Into My Arms » qui prend des accents de cérémonie funéraire. Nick Cave assure encore, comme toujours en live. Reste que certaines compositions s’étirent ce soir, lestées par les chœurs gospel et des dialogues plus calibrés. L’ensemble sonne donc moins rock que lors d’autres rendez-vous.

Organisation : Live Is Live (en collaboration avec FKP Scorpio)

Eole Music Experience 2026 : du 26 au 28 juin

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Fondé en 2010 par la famille Ewbank de Wespin, le Domaine du Chant d’Éole, à Quévy, près de Mons, s’impose aujourd’hui comme le plus vaste vignoble de Belgique, sur 54 hectares.

Si ses bulles jouissent d’une belle réputation, le festival organisé entre ses vignes commence lui aussi à trouver sa place.

Pour sa deuxième édition, l’Éole Music Experience réunit, du 26 au 28 juin, Stephan Eicher, Puggy, Mustii, Alice on the Roof, Bastian Baker, Doowy, Lemon Straw ou encore The Magician. La programmation vise une jauge limitée à 3 000 festivaliers sur l’ensemble du week-end, autour d’un podium unique, des restaurants du domaine et d’une offre œnotouristique assumée.

Les fortes chaleurs de cette fin juin contraignent votre serviteur à déclarer forfait pour la soirée d’ouverture du vendredi 26 juin. Dommage : Puggy y déploie son énergie devant une foule conquise, tandis qu’Alice on the Roof défend son nouvel opus et que Sennen Bay, projet anglophone du Montois Marc Pinilla (Suarez), complète l’affiche. The Magician clôture ensuite la soirée.

Le samedi affiche quelques degrés de moins que la veille, assez pour rendre l’air plus respirable. Contrairement à beaucoup de festivals, celui-ci ne s’étire pas jusqu’au bout de la nuit : les traces de la première soirée restent donc discrètes sur les visages.

Cette deuxième soirée tient ses promesses : l’électro-pop lumineuse de Doowy, le folk-rock écorché de Lemon Straw et le rock théâtral de Mustii se succèdent sur l’unique estrade du site, avant qu’un orage n’écourte la fête.

Le set de Doowy lance la soirée. Derrière ce patronyme, sans rapport avec le cuisiniste homonyme, on retrouve Thibaud Demey, ex-musicien de Lost Frequencies et de Mustii, entouré ici d’un clavier et d’une guitare électrique. Le projet possède déjà du métier et dégage une énergie mûrie au fil des concerts.

Après deux EP remarqués et des concerts complets à la Rotonde puis à l’Orangerie du Botanique en 2024, Doowy franchit un cap grâce à la sortie de son premier disque, annoncée dans la foulée d’un retour à l’Ancienne Belgique le 29 septembre 2026.

Révélé par une électro-pop solaire nourrie d’influences disco, l’artiste belge séduit par son énergie directe et son naturel. En noir, chaussé de Dr Martens, il cultive une allure de bad boy qui accroche les regards de l’auditoire.

La formation ouvre logiquement sur un registre électronique, avant de laisser les guitares soutenir des titres plus introspectifs, dont « Jouer seul », chanson lumineuse sur l’amour de soi, fraîchement sortie.

Le set, bien construit, alterne morceaux dansants et plages plus mélancoliques, fidèle à une écriture focalisée sur l’exploration des émotions.

Parmi les temps forts, « INSTAddict », nourri par les échanges auprès de la foule, questionne la place croissante des réseaux sociaux dans l’industrie musicale. « Mon étoile », dédié à la mère du frontman, disparue prématurément, apporte l’un des moments les plus intimes du set.

Au terme d’une heure de concert, Doowy imprime sa marque dans les vignes du Chant d’Éole.

Place ensuite à Gianni Sabia et à Lemon Straw. Originaire de Frameries, le chanteur a aiguisé ses premières armes scéniques à New York, où il interprétait des reprises dans le métro tout en travaillant dans un bar. Le nom du quatuor renvoie à la paille et au citron qu’il servait alors.

Ce soir, Grégory Chainis se consacre à la basse, Boris Lori la guitare steel et Martin la batterie. Le line-up traverse une zone de turbulences en 2017, lorsque le claviériste Xavier Bouillon — lui-même successeur de Renaud Lhoest — quitte le navire et pousse Sabia à envisager un temps une carrière solo. L’arrivée de Chainis et de Martin redonne depuis un nouvel élan au band.

La guitare steel, signature sonore de la formation, ouvre le bal sur « Game », titre qui met en valeur les vocalises chaudes et puissantes de Sabia. Le frontman, longtemps hanté par la crainte de finir sa carrière à l’usine, se livre par une intensité rageuse, entre folk, rock, blues et pop.

Très en forme, le combo enchaîne sur un convaincant « Angels Never Die », extrait de l’opus « Puzzle », dominé par la lap steel que Boris joue à l’horizontale au bottleneck (NDR : technique consistant à glisser un objet cylindrique sur les cordes pour former les accords).

Lemon Straw convainc surtout dans le registre du spleen, à l’instar de « Home », composé par Gianni à 15 ans dans sa chambre. Le set se referme sur « Leave Me Alone », morceau rock et incisif propulsé par la basse de Grégory.

La prestation, solide malgré une météo exigeante, rallie un auditoire réceptif. On regrette toutefois l’absence de « See You On The Other Side », titre éponyme du premier elpee, ballade écrite pour Renaud Lhoest, arrangeur et multi-instrumentiste bruxellois (Yann Tiersen, Pierre Rapsat, Dominique A), disparu en 2014 après une longue maladie.

Dernier rendez-vous de la soirée, et sans doute le plus attendu : Mustii. Dans une salopette pailletée qui évoque une boule à facettes, l’artiste belge confirme une trajectoire en mouvement, où les références rock et new-wave prennent peu à peu le dessus sur la pop, pour un résultat plus électrique et plus mordant.

Acteur, auteur, compositeur et interprète, Thomas Mustin maîtrise les codes des planches : prestations théâtralisées, gestes millimétrés, présence physique constante. Cette précision interroge toutefois : à force de chorégraphie et de dramaturgie, l’artiste laisse parfois peu de place à la spontanéité du moment.

« 21st Century Boy », dans un registre pop-électro plus aérien, met en valeur sa puissance vocale. Les références aux années 80 — Pet Shop Boys, Culture Club — rappellent aussi une identité queer pleinement assumée depuis son adhésion à la communauté LGBTQIA+.

Le concert bascule vers un climat plus intime lors de « It’s Happening Now », titre éponyme d’un deuxième disque remarqué, où Mustii évoque son oncle Michel, atteint de schizophrénie et décédé après une longue maladie. Les guitares dominent et confirment les aspérités du nouveau son du Belge.

« Feed Me », au tempo frénétique, et « The Maze », plus torturé, racontent le parcours sinueux de l’artiste. Ce dernier titre renvoie à l’échec de sa participation à l’Eurovision 2024, où il interprétait « Before The Party’s Over », repris ici en guise d’outro.

Entre post-punk, glam rock, pop et électro, Mustii passe d’un univers à l’autre sans se laisser enfermer dans un style. Ce concert, l’un des plus personnels de sa carrière, l’amène à évoquer ses zones d’ombre et ses excès sur la trame d’une fête qui semble ne jamais s’arrêter. Une prestation exigeante, tenue de bout en bout.

Alors que le ciel bleu domine toute la journée, les nuages s’amoncellent en fin de soirée. Des alertes météo annonçant de violents orages entraînent une sortie rapide du site, sans ternir le bilan positif de cette deuxième journée de festival.

(Organisation : Eole Music Experience)

Les Nuits Botanique 2026 : samedi 23 mai

Cette journée des Nuits du samedi 23 mai est consacrée au style rock indie / post-punk et au programme, figurent quelques véritables brûlots, parfaitement en phase avec la chaleur étouffante qui inonde le site du centre culturel.

Neuf ans après leur premier passage aux Nuits, avant Sleaford Mods, Shame revient à Bruxelles et l'énergie est intacte. Le groupe de post-punk londonien n’a rien perdu de sa fougue scénique. Le chanteur et frontman, Charlie Steen, torse nu et habité, a une nouvelle fois dirigé le public en faisant preuve d'une autorité presque animale, transformant l'espace de la Fountain Stage en une fosse à pogo.

Dès le premier titre, « Concrete », le ton est donné : urgence, sueur et rage. Les morceaux plus récents issus de “Cutthroat”, “Cowards Around”, “Nothing Better”, “Quiet Life” et “Lampião“ tiennent magnifiquement la route. Le son, cependant, est assez brouillon, mais n'est-ce pas là une des caractéristiques du punk ? ‘On va vous jouer du folk allemand !’, ironise Steen et la formation se lance dans un dernier galop effréné ponctué par “One Rizla” et “Cutthroat”.

A peine remis de ce déferlement d'énergie brute, les festivaliers sont ensuite invités à se déplacer vers l'Orangerie. ’Here comes the Suuns’, pourrait-on chanter, en paraphrasant les Beatles ! Depuis leur formation, en 2007, à Montréal, les Canadiens de Suuns construisent un univers sonore hypnotique et ce, en affichant une maîtrise impressionnante. Ils laissent s'entremêler indie-rock, krautrock, shoegaze et neo-psychedelia, révélant un style unique et novateur. Emmenés par Ben Shemie, Ils assurent une prestation remarquable, principalement axée sur leurs nouvelles compositions, tout en offrant, en clôture, une superbe interprétation de leur classique « 2020 », sorti en 2013. Un vrai régal!

Retour vers la Fountain Stage pour découvrir la sensation post-punk de ces dernières années : Molchat Doma. Le trio biélorusse est un véritable OVNI. Il est passé du statut de groupe obscur à celui de stars internationales, grâce à "Судно" (’Sudno’, qui signifie ‘Vaisseau’), un morceau qui est devenu viral suite aux vidéos sur Tik-Tok, capitalisant des centaines de millions de vues sur les différentes plates-formes.. Au cours des dernières années, leur son a évolué pour incorporer des sonorités électro.

Sur les planches, c'est le chanteur, Egor Shkutko, qui est le point focal de l'attention. Vêtu d’une longue robe noire et arborant une barbe fournie, il offre un spectacle visuel pour le moins singulier. On pourrait le comparer à un Raspoutine postapocalyptique. Ses déhanchements sont saccadés et sa voix caverneuse donne à l'ensemble une tonalité mélancolique typiquement slave. La setlist s'articule autour de leur dernier album, l'excellent ’Belaya Polosa’ (’White Stripe’), paru en 2024 sur le label américain Sacred Bones Records. Epinglons la magnifique compo “III”, rehaussée de sonorités de synthés hypnotiques, empruntées à la new-wave mais aussi au krautrock. Le public, présent en nombre, réserve un accueil triomphal à la formation biélorusse, qui a prouvé qu'elle était bien davantage qu'un phénomène TikTok!

Signalons qu'en lever de rideau, Sword II, le band d’Atlanta, avait séduit les festivaliers grâce à ses sonorités très 90’s, bien présentes sur leur album « Electric Hour ». Cameron Picton, ex-bassiste de Black Midi, avait, quant à lui, présenté son nouveau projet My New Band Believe, dont le premier opus éponyme est paru il y a peu. On avait pu découvrir une musique ambitieuse, à la croisée du folk baroque et de la pop intimiste, sublimée en ‘live’ par une instrumentation riche et théâtrale.

L’affiche proposait également Maria Somerville • Horse Lords • Ugly • Stonks • Rafael Toral • Sergeant • Truthpaste • The Family Men • Yamila • Alice George Perez • Amanda Mur.

Molchat Doma + Shame + Suuns

(Organisation : Botanique)

WolfRock 2026 : samedi 11 avril

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Cette 18e édition du WolRock prend une tonalité particulière : Fabien Dieu, figure centrale du milieu musical, s’est éteint courant septembre, au terme d’une longue maladie. Pour saluer sa mémoire, l’affiche réunit naturellement des formations qu’il tenait en haute estime.

Mission accomplie : l’événement affiche complet depuis plusieurs semaines.

Au programme, quatre formations (re)posent leurs amplis sur les terres douroises, également hôtes du Dour Festival.

Kaiser Place ouvre le bal. Le quatuor aligne Laurent Lallemand au chant, Jérôme Pichuèque derrière les fûts, Alex Bosser à la guitare solo et Deborah Lehane à la basse.

La formation ne débute pas : elle a déjà tourné sur des rendez-vous bien identifiés (DMF, Scène Sur Sambre, Fêtes de Wallonie) et assuré des premières parties pour Hooverphonic, Suarez ou encore Machiavel.

Le quatuor défend une pop-rock britannique, mélodique et nerveuse, nourrie notamment par Oasis, Stereophonics et Placebo.

Les titres s’enchaînent sans ménagement. Les mélodies accrochent vite, le son reste irréprochable et, même loin des radars depuis un temps, le combo n’a rien perdu de son potentiel.

Au micro, Laurent Lallemand impose une présence nerveuse, guitare en bandoulière, et soigne chaque attaque. La section rythmique verrouille le tempo et installe le groove qui porte les lignes mélodiques. Alex Bosser, lui, cisèle des touches de relief, entre mélancolie et éclats plus lumineux. Le résultat reste brut, tendu, efficace.

Kaiser Place ne se limite pas à dérouler un set : les morceaux prennent corps. La formation rappelle, une fois encore, que l’exercice du concert convient parfaitement à ses musiciens.

Après une vingtaine de minutes d’entracte, Dresscode investit l’estrade. Probablement la surprise la plus nette de la soirée.

Le duo belge naît en 2019 autour de David Brichard et Fred Hyat ; un troisième musicien les rejoint pour les prestations live.

Le « dress code » désigne l’ensemble, souvent tacite, des règles qui encadrent une tenue selon le contexte : projeter une image professionnelle, coller à un thème, maintenir une cohérence sociale, du White Tie le plus strict aux options les plus décontractées.

Ici, le lien reste flou. Le guitariste arbore une tenue Adidas qui l’apparente davantage à un sportif qu’à un musicien. Le chanteur mise, lui, sur une allure plus soignée. Quant au batteur, il opte pour la légèreté : le jeu réclame de l’amplitude.

Le duo compose des titres à la croisée du rock et de l’électro, sur fond de thèmes sombres : l’amour, la société de consommation.

Après plusieurs passages remarqués sur les podiums, la formation revient récemment par un nouvel EP, « Under The Surface », dont « Get Rid Of Fears » sert d’éclaireur.

Les chansons arrivent à maturité sans précipitation. Tout paraît naturel, presque instinctif : c’est direct, alerte, convaincant.

Les compositions brassent électro-rock, synthpop, industriel et new wave, sur un fil mélancolique qui mène de Depeche Mode à Interpol, en passant par Nine Inch Nails.

À la guitare, le jeu reste précis et maîtrisé : slides, bends et effets s’enchaînent sans démonstration inutile.

Le chant, chargé d’émotion, épouse la rugosité des synthétiseurs et la densité de la six-cordes.

Des refrains accrocheurs tranchent sur des climats plus sombres, au sein d’une atmosphère à la fois aérienne et profonde. Sous la surface, la tension affleure et le morceau menace de basculer.

Sans durcir totalement vers l’industriel, Dresscode conserve une élégance mordante et aligne ce soir une série de titres taillés pour fédérer, sur un socle résolument énergique.

Milk prend ensuite possession du podium. À la basse : Sébastien Préaud, l’un des piliers de ce mini-festival. Les initiés le connaissent aussi chez At Night, passé la semaine dernière par l’Ancienne Belgique.

Le projet local s’est forgé une solide réputation dans les circuits régionaux. Puis il a tiré sa révérence il y a quelques années, lors d’un dernier passage au Canal10, lieu très fréquenté du côté de Saint-Ghislain.

Cette reformation, annoncée comme éphémère, poursuit un objectif simple : honorer la mémoire du fondateur du WR.

« I Want You » lance les hostilités. Dès l’intro, Milk va droit au but : zéro chichi, pas d’artifices. Le son s’avère organique, dense ; la section rythmique maintient une pression constante. Aline Renard porte le refrain, la voix un peu fragile au départ, puis de plus en plus assurée au fil du set.

Dans la fosse, la foule s’échauffe sur la pulsation répétitive et l’attaque sombre de la basse. Les riffs acérés de « Body Harmony » prennent vite le relais. Le titre figure lui aussi sur « Romantic », long playing paru en 2009, qui garde aujourd’hui encore une vraie fraîcheur.

Milk puise dans les meilleures aspérités du rock alternatif des années 90, sans pastiche.

Moment à part : Dorian, fils de Fabien, rejoint le band et reprend à la guitare électrique « Personal Jesus » (Depeche Mode). La salle retient son souffle.

« J’suis A Bout », « Fire Space », « Come On Me » : les morceaux s’enchaînent sans temps mort. Derrière l’énergie du concert, on devine une écriture rigoureuse ; la voix sert de fil conducteur à ce chaos parfaitement tenu, entre fragilité et puissance.

Les rythmes s’avèrent redoutablement entêtants. Le set reste cohérent du début à la fin, comme le confirment « Be Yourself » et « Forget », deux titres rugueux.

Milk referme la parenthèse par une version inattendue de « Forget » (Sofa Mix).

Les musiciens s’avancent ensuite au bord du podium pour saluer. Une bande-son enchaîne alors, pendant de longues minutes, « Avant de nous dire adieu » de Jeane Manson.

Pour conclure ce 18e chapitre, We Are Waves prend le relais.

La formation n’a rien d’inconnu ici : elle revient régulièrement sur les planches du micro-festival. L’auditoire répond présent, et le plaisir se lit autant côté musiciens que côté salle.

Le quatuor réunit Viax (voix, guitares), Cisa (synthés), Mene (basse) et Adriano (batterie). Direction Turin, en Italie.

Le combo cumule près de vingt ans de parcours. Parti du heavy metal, il explore ensuite le nu-metal, le rock alternatif, le post-rock, puis flirte même par moments avec le folk.

Animés par le rock, l’art et la recherche, ces Transalpins proposent une lecture personnelle de la new wave : un son hybride qui tire vers un heavy électro, puis vers des accents post-grunge.

Sur « EMDR », « Something To Lose » ou « 1982 », on comprend vite que l’on ne parle pas de musique de chambre.

Chaque composition tombe juste. Les musiciens affichent une vraie expérience, au point que l’instrument prolonge le geste.

À l’écoute de « Mirrors » ou « Lovers Loners Losers », les affinités avec The Cure sautent aux oreilles : guitares électriques, synthés, boucles hypnotiques et batterie évoquent l’ère « Disintegration ».

Autre détail frappant : certaines inflexions vocales rappellent Jim Kerr (Simple Minds). Le set assume des réminiscences eighties, jusque dans l’esthétique plus « garage ».

La température grimpe ; la sueur perle sur les visages. Le concert se termine sur « Sports », morceau où les instruments se dissolvent dans un brouhaha volontairement déroutant.

Il est un peu plus de minuit lorsque la soirée s’achève. Malgré les protections auditives, un sifflement persiste aux oreilles, souvenir tenace d’une longue série de concerts.

Les organisateurs fixent déjà le prochain rendez-vous : 10 avril 2027. Même lieu, même ambiance.

Fabien, lui, restera dans les mémoires. Et, d’une certaine manière, au premier rang.

(Organisation Centre culturel de Dour)

Août en Eclats 2025 : samedi 30 août

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Le centre historique de la cité millénaire fondée au VIIème siècle par Vincent Madelgaire (Saint Vincent) est une nouvelle fois en effervescence.

Et pour cause, la Ville de Soignies accueille, en grande pompe, son festival familial et pluridisciplinaire, le bien nommé ‘Août en Eclats’, un festival particulier puisque les belles découvertes musicales côtoient spectacles, village des enfants, marché du monde, saveurs et animations de rue, autour des places Verte et Van Zeeland.

En termes de facilités économiques, on ne peut pas faire mieux ! Ici, les spectacles et concerts sont proposés gratuitement !

Côté musique, deux scènes se côtoient, la grande pour les artistes confirmés comme Mud Flow et Les Innocents chargés de présenter une rétrospective de leur carrière respective ; la plus petite pour celles et ceux, qui pourraient le devenir. Et à voir ceux qui vont s’y produire, il y a fort à parier que, méconnus, ils pourraient devenir rapidement de grandes stars, comme cette jeune et presque inconnue, Epona.

C’est justement par cette frêle artiste que la journée de votre serviteur débute. Alors qu’elle n’a que 24 printemps, elle possède déjà une belle carrière au théâtre, au cinéma et évidemment dans le domaine de musique.

Elle a enregistré un premier Ep 4 titres, intitulé « Help I’m Fine », en 2023. Une œuvre dont les thématiques tournent autour d’histoires personnelles. Si se mettre à nu demande du courage et une bonne dose d’introspection, s’agit-il peut être dans son chef d’une manière pudique de rendre hommage à toutes ses victimes, voire d’exorciser quelque chose de plus profond qui sommeille en elle… Dieu seul le sait !

Quoiqu’il en soit, c’est par « Computer » qu’elle entame son concert. Les accords de guitares de Dimitri Eggermont se marient parfaitement aux frappes de Merlin Vanitterbeek, expression sonore sur laquelle se pose la voix crépusculaire d’Epona Guillaume, son nom à l’état civil.

Après l’excellent « Witches », c’est encore par cette superbe reprise guitare/voix d’un titre de Kavinsky (« Nightcal ») que l’identité vocale de la gonzesse prend une dimension toute particulière, entre candeur et douceur. Une chanson popularisée par Angèle également, lors de la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de Paris, en 2024, en compagnie du groupe Phoenix.

Mais ne vous fiez pas aux apparences, la post-adolescente sait aussi se montrer sauvage et déterminée, à l’instar de ces « Wrong » et « Louise », à l’intensité bestiale.

Alors que jusqu’ici son terrain de jeu était l’anglais, elle surprend avec un titre interprété dans la langue de Voltaire, « Peine pour toi », issu d’un single tout frais ; une chanson dans laquelle elle narre l’histoire d’un type qui a voulu la salir en lui dérobant des photos personnelles, que l’on devine intimes. Un texte où elle dévoile une facette plus vulnérable de son répertoire, en général, plus engagé.

Et une nouvelle reprise plus tard, le combo adapte une compo des Strokes, un groupe de rock américain, originaire de New York, drivé par Julian Casablancas, dans une version iconoclaste de « Ode to the mets », une comptine dans laquelle la jazzcaster du préposé aux cordes émet un son d’une finesse inouïe. La classe !

Epona est issue d’une famille nombreuse puisque la fratrie compte 10 enfants, dont 7 filles, nés de deux pères différents. L’une de ses demi-sœurs est relativement connue dans le milieu, puisqu’elle est impliquée au sein du binôme Colt, auparavant Colline et Toitoine, et avec lequel une collaboration pourrait voir le jour prochainement. Et au vu des univers foudroyants des frangines, on ne peut s’attendre qu’à de belles surprises.

La maman d’Epona se tient à une encablure de la scène. Pour lui rendre hommage, Epona se livre magistralement dans un « Mom » qui touche au plus profond celle qui n’est autre que la principale concernée, accompagnée par d’autres enfants. Les regards qui s’échangent en disent long sur la complicité qui règne au cœur de cette famille.

Le féminisme et les thématiques liées à l'égalité femmes-hommes appartiennent, depuis longtemps, à l’identité de l’artiste. Elle le prouve encore ici à travers un « Voice », plus significatif jamais. Une guerre idéologique, certes, mais a-t-elle aujourd’hui toujours une raison d’exister, en Europe occidentale ?

Il y a des combats qui ne peuvent être menés que par la parole. C’est le cas de cet étrange « Naked man (in the forest) », l’histoire véridique d’une rencontre fortuite et malheureuse de l’une de ses sœurs avec un exhibitionnistes, alors qu’elle se soulageait en forêt. Si de prime abord, le sujet pourrait prêter à sourire, la demoiselle est parvenue à le transformer en une chanson satirique d’une intensité rare. Un délice pour les oreilles, moins pour l’imaginaire collectif.

Le concert touche doucement à sa fin. Après une heure d’un set qui aura dévoilé bien des facettes d’une personnalité protéiforme, Miss Guilaume a tout d’une grande artiste : une voix, un univers musical percutant et des thématiques qui interrogent à l’instar du rock très coloré « Siner, you », qui traite des agressions sexuelles.

Et si Epona était une ambassadrice qui dénonce tout ce qui n’est plus possible d’accepter ?

La grande scène se situe à quelques pas. C’est Orlane qui s’y colle ! Deux jeunes gens sont postés côte à côte. Ils ont la lourde tâche d’alimenter des sons à l’aide de leurs synthés. Un des proposés aux ivoires se charge aussi de la gratte électrique.

Elle est venue proposer des compos issues d’un premier album intitulé « Aller-Retour ». L’amour et la solitude seront au cœur des débats, à l’instar de « Mal d’amour », une chanson pop dans laquelle elle aime se mettre à nu, armée de son saxophone, un instrument dont elle se sert merveilleusement bien. Musicienne chevronnée, la belle manie la gratte également.

La jeune Belge impose son style et ses couleurs comme sur ce très caustique « 23/09 ». Ce morceau ravit la ‘fan base’ qui a découvert Orlane sur les planches de l’émission ‘The Voice’, il y a déjà quelques années.

Malheureusement, votre serviteur doit écouter le set, car une interview d’Epona est prévue au sein de l’hémicycle du Centre culturel.

Dommage, car l’univers coloré d’Orlane Willems, influencé par sa synesthésie, une condition qui lui permet d’associer des couleurs à des lettres et des notes de musique, avait tout pour plaire.

A son retour dans la fosse, les portugaises de votre serviteur sont irrésistiblement attirées par le son que libère le concert de Yolande Bashing.

N’y voyez aucune connotation féminine, car Yolande Bashing est un personnage de fiction, un patronyme derrière lequel se cache une grande soif de liberté. Un personnage à deux têtes aussi ; celle de Baptiste Legros et Aurélien Gainetdinoff.

Aurélien se poste derrière des machines électroniques. Il a un look déluré : training bleu, coupe mulet, et grandes lunettes rouges. Baptiste, quant à lui, marcel blanc sur le dos, qui lui procure un côté vieille France, se charge du micro. Comédien à ses heures perdues, il avait milité au sein de la formation électro-punk Les Dents avant de se lancer définitivement en solo, gravant un tout premier elpee baptisé « Yolande et l’amour », qui a rencontré un joli succès.

Au milieu de l’estrade, trône un vieux téléphone beige, dont le cadran est composé d'un disque rotatif autour duquel sont portés les chiffres de 0 à 9. Un objet qui interpelle les plus jeunes à l’heure des téléphones portables. Quant aux plus nostalgiques, il se remémoreront les canulars d’antan.

S’il fallait cerner l’univers de cette formation singulière, on indiquerait que ce n’est pas tellement la chanson qui caractérise Yolande Bashing, mais bien la dérision, voir l’autodérision, le duo n’hésitant pas à dépeindre le quotidien tantôt façon Docteur Yolande, tant façon Mister Bashing, c’est selon. En tous cas, l’univers dans lequel ce concept fantasque baigne est un savant mélange de Flavien Berger, Sttellla et Odezenne, l’exercice consistant à lancer, rattraper et relancer de manière continue et méticuleusement les mots et leur sens.

Legros et Gainetdinoff connaissant parfaitement la recette d’une journée réussie. C’est donc à coup de beats lancinants et de synthés épileptiques, agrémentés d’un phrasé désabusé, que le chanteur éveille un mouvement festif presque incontrôlable.

Les thématiques s’enchaînent et ne se ressemblent pas. On passe du marteau à l’enclume en une fraction de seconde, du « Le chat » à « Claude », l’esprit dialectique des lascars s’imprégnant dans chacune des compos.

Tout au long d’un set savamment construit autour de titres les plus improbables, Y. B. réinvente magnifiquement la chanson pop et francophone entre techno, poésie, mélancolie, synthés désaccordés et ‘spoken word’ tremblant (‘Tu te répètes’).

Caractérisé par son spectaculaire crescendo, « Solitude » constitue un paradoxe des temps modernes. Quant à « Les Vivants » et son refrain entêtant, il suggère que les quelques centaines de festivaliers présents vont éprouver toutes les difficultés du monde à s’émerveiller dans une réalité plus sombre que celle dans laquelle le duo les a entraînés durant une heure.

La fiesta est terminée, malgré les demandes de rappels…

Mud Flow embraie. Il s’agit d’un collectif belge de rock alternatif, originaire de Bruxelles, et formé autour du chanteur-guitariste Vincent Liben.

Mud Flow appartient à de cette vague de groupes belges de pop/rock qui a connu un certain succès à l’aube des années 2000, comme Girls in Hawaii, Ghinzu ou encore Hollywood Porn Stars, qui revient à la surface.

Après cinq albums et plus de dix ans d'existence, le combo s'était séparé officiellement en 2010. Mais, nonobstant la carrière solo de Vincent, une envie de reprendre la route des tournées s’est progressivement manifestée. Alors, il s’est offert le luxe d’ouvrir la parenthèse pour le plaisir de tous. Une ultime fois ?

La formation réputée pour ses riffs de guitare dynamiques et sa rythmique palpitante a décidé de rejouer sur scène et dans son intégralité, l’album « A Life on Standby », une œuvre remarquable qui plonge l’auditeur dans l’univers sonore particulier du band, tout en y incorporant quelques pépites des long playings « Ryunosuke » (« Planes »), « Re-Act » (« Panic »), ou encore « Amateur ».

Caractérisé par ses envolées aériennes, « The sense of me » rappelle combien la richesse mélodique constitue la source de cette formation décidément bien en forme, porté par un Liben qui n’a pas perdu de son aura, ni sa superbe voix rauque et ténébreuse, malgré le poids des années.

Un concert d’une intensité rare où le public a pu (re)découvrir une salve de compos, tantôt ouatées à l’instar du chaud et envoûtant « Unfinished Relief », tantôt percutants comme ce « New Eve », des morceaux qui ont, au moins, gagné l’attention de tout un auditoire et sans aucun doute ravivé un sentiment de nostalgie chez les admirateurs de longue date. D’ailleurs, la foule reprend en chœur le refrain de « Today », titre qui n’a pas pris une ride.

Et « Tribal Dance », porté par une énergie brute et un son authentique parfaitement reconnaissable, mérite la mention ‘Plus que parfait’.

Durant une heure, Mud Flow s’est offert un concert d’une dimension incroyable. Et pourtant, les musiciens n’ont pas perdu leur âme d’enfant, s’amusant tout en se produisant sur les planches.

Alors que Jean-Pol Groove s’excite sur la petite scène, votre serviteur décide de rester sur place, afin de conserver le meilleur angle possible pour assister à la prestation des Innocents, un groupe qu’il a découvert pour la première fois, en 1989, au festival de Dour.

Depuis, le line-up a bien évolué. En 2000, peu après la sortie du quatrième opus, Sieur Urbain décide de voler de ses propres ailes. La formation implose et l’aventure se termine aussi brutalement qu’elle a commencé…

Entre-temps, JP s’accorde une parenthèse et entame une carrière solo. La critique salue sa première œuvre, mais la défection d’une partie du public lui laissera un goût amer…  Le come-back du tandem n’était donc pas tout à fait… innocent.

Il faudra attendre une quinzaine d’années pour que les chevilles ouvrières se croisent à nouveau, au détour de l’enregistrement d’une compilation confectionnée sous la forme d’un ‘best of’ et se réunissent sous un line up minimaliste. Il devient alors duo réunissant simplement Urbain et Nataf.

En analysant l’auditoire, la pyramide des âges est bien représentée. On y croise aussi bien une bobonne aux cheveux gris que de jeunes enfants d’à peine sept ou huit ans. Sans oublier les fans quinquas à la chevelure plus rare que des spectateurs lambda venus pour entendre des tubes. Et puis d’autres encore qui se sont égarés sur le site…

Les groupies piaffent d’impatience. Faut dire que Les Innocents ont vécu de glorieuses années, entre 1989 et 1999. Un succès couronné de singles platinés, passages radios, tournées à guichets fermés et récompenses aux Victoires de la musique. Les ‘Innos’ ont marqué cette décennie par des standards pop comme « L'autre Finistère », « Fous à lier » ou encore « Colore ».

Les ‘deux frères ennemis’ se sont entourés d’une formule groupe pour l’occasion. Ça risque donc de déménager grave !

Il est 22h30 lorsque JP, vêtu sobrement, sourire aux lèvres, salue le parterre, et sixcordes en bandoulière entame son tour de chant par « Des jours adverses », une compo qui figurait sur l’elpee ‘Post-parfum », en 1995.

Nataf, cernes marqués par des nuits blanches supposées et barbe noire mal entretenue, manifeste déjà une belle connivence musicale avec un Urbain, plus en retrait. 

Sans frime ni préméditation, les gaillards s’amusent comme des gamins ! Des regards complices s’entrecroisent. Si ces deux-là n’étaient pas de vrais amis dans le passé, la connexion qui les lie aujourd’hui fait plaisir à voir…

Le duo est influencé par la pop anglo-saxonne. Mais, le fil conducteur de leurs compos reste le français qu’ils utilisent astucieusement pour ciseler des textes qui dépeignent un univers métaphorique, à l’instar de ce « Fous à lier », un hymne que le temps n’est pas parvenu à démoder.

Les chansons s’enchaînent à une cadence folle. Malgré les arrangements subtils, le band laisse pas mal de place à l’improvisation. En quelque sorte, c’est frais, millimétré et exercé avec beaucoup de souplesse. Un travail d’orfèvre ! Les pédales d’effets sont utilisées à bon escient. Le feedback aussi ! L’exercice est suffisamment intéressant pour permettre la découverte ou la redécouverte de morceaux incontournables comme « Quand la nuit », Lune de lait » ou « Apache », même si un parfum de nostalgie flotte dans l’air, tout au long du concert. Il est cependant fortement hanté par l’esprit du leader !

JP est de très bonne humeur ! Le show est ponctué d’anecdotes ! Et à la stupéfaction de tous, JP s’accorde même un pas de danse de Sioux pour le moins contorsionniste ! Un condensé de twist et de polka ! Delirium ? Il est encore plus drôle, lorsque par moment, sa jambe droite croise la gauche. Une position d'unijambiste qui faciliterait son envol en cas d'agression surprise comme le font les flamants rose ? En tout cas, sympa, mais risqué pour le service trois pièces ; fallait voir l’étroitesse du falzar ! Le genre masculin compatira…

Afin de briser la fine couche de glace qui persiste, les blagues émaillent le show. Qu’elles soient rigolotes ou ringardes (façon Carambar), le gars est complètement décomplexé et se fiche totalement de ce que les gens pensent !

Il a bien raison ! Après tout, on est là pour se vider la tête et passer un moment agréable !

« Colore », mais surtout « Finistère » bénéficient de de mélodies simples, mais efficaces, avec en toile de fond des textes bien torchés.

Il est déjà temps de se dire au revoir ! Des cris hystériques s’élèvent ! Le rappel est annoncé ! « Jodie » et « Un homme extraordinaire » s’uniront pour le meilleur et pour le pire, coupables d’un amour périlleux…

Durant une heure vingt Les Innocents ont livré un set haut en couleurs, grâce à « Un homme extraordinaire » : Jean-Philippe ‘Jipé’ Nataf. Et Jean-Christophe Urbain, un homme extraordinaire lui aussi.

« Un homme extraordinaire », une expression qui souligne à merveille le talent et la singularité de chacun des artistes qui se sont produits ce soir ainsi que chacun des bénévoles qui ont œuvré dans l’ombre afin de faire de cette édition, une belle journée qui restera gravée dans les cœurs et les mémoires.

(Organisation : Août en Eclats)

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