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Wholes passe son chemin…

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Epica - 18/01/2026

120 Days

Where are You, People ?

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Passage furtif et discret pour les 4 Norvégiens de 120 Days ce 16 avril au Witloof Bar du Botanique. Une visite annoncée (en première partie d’Islet) seulement deux petites semaines avant la date fatidique. Une annonce accueillie un large sourire aux lèvres, par votre serviteur, qui attendait ce moment depuis la sortie de « 120 Days », publié il y a six ans. Le quatuor est donc venu présenter son second ouvrage « 120 Days II », pour un public qui va briller par son absence.

La débandade en arrivant au Witloof. A quelques minutes du set de 120 Days, les membres de l’assistance se comptent sur les doigts d’une main. La formation norvégienne aurait-elle manqué le coche en s’absentant de la scène près d’une demi-décennie ? Pourtant responsables de deux solides LPs, les gamins du Nord ne sont pas parvenus à rameuter les troupes. C’est donc devant une salle quasi déserte qu’ils se mettent en place, autour d’un équipement assez impressionnant. Jonas Dahl, leader du combo, semble légèrement éméché. Il a bien raison, le garçon.

« Spacedoubt » ouvre les festivités. 120 Days joue très fort. Leur Krautrock se mue rapidement en bombes dancefloor à mesure que les « C-Musik », « Dahle Disco » et « Lucid Dreams Part III » se succèdent. Dahl est heureux, car quatre Britons installés à gauche de la scène font des bonds sur sa musique. A juste titre. Le chanteur n’a plus d’yeux que pour eux tandis qu’il s’égosille sur le refrain de « Come Out, Come Down, Fade Out, Be Gone ».  La formation tamponne fort, sans temps mort. Malgré le peu de regards tournés vers eux, les boys délivrent un set d’une énergie contagieuse. Le genre de show qui aurait fait un tabac dans une Rotonde bien remplie. N’ont plus qu’à faire la tournée des festivals et montrer au monde de quel bois ils se chauffent !

(Organisation : Botanique)

Great Lake Swimmers

L’americana dans toute sa splendeur…

Écrit par

Soirée canadienne ce lundi soir à l’Orangerie du Botanique puisque s’y produisaient Barzin et les très talentueux Great Lake Swimmers, responsables il y a quelques semaines d’une 5ème livraison intitulée « New Wild Everywhere ».

C’est une salle sold-out –en configuration assise– (NDR : petite doléance adressée aux organisateurs : laissez-nous pénétrer à l’intérieur avec nos bières, ce n’est qu’un concert !) qui accueille Barzin, projet de Barzin Hosseini, qu’il mène en solitaire depuis 2003. Pour la circonstance l’artiste est accompagné d’une guitariste/vocaliste. Et elle a une belle voix ! Le public est attentif et presque recueilli à l’écoute de la prestation de ce duo qui sculpte délicatement son folk atmosphérique, mélancolique, dans des guitares électro-acoustiques. Un sacré talent à suivre de très près…

Après une demi-heure de pause, place à ses compatriotes et amis : les magnifiques Great Lake Swimmers. Emmenée par leur charismatique leader Tony Dekker, la formation nous vient du froid. De l’Ontario, très exactement. Le line up est complété par Erik Arnesen (guitare et banjo), Greg Millson (batterie), Miranda Mulholland (quel joli nom pour une choriste/violoniste) et Bret Higgins (à la contrebasse). Le set débute par quelques morceaux issus de leur dernier opus (« Think That You Might Be Wrong », « The Knife », « Changes with the Wind »). La voix de Tony Dekker est profonde. Forgées dans un americana pur jus, les chansons sont d’une rare pureté. Et on ne peut s’empêcher de penser à un autre Canadien, une légende vivante : Neil Young. Encore qu’intemporelle, leur musique lorgne aussi parfois vers un Sufjan Stevens plus country et plus roots ou un Bonnie Price Billy débarrassé de sa indissociable austérité… L’ambiance est moins évangélique que sur disque et le public se laisse emporter par l’enthousiasme de la bande torontoise. Le groupe enchaîne par les ‘hits’ de ses premiers albums tels que les incontournables « To Leave it Behind », « Your Rocky Spine » et « Bodies and Minds ». Les musiciens laissent ensuite leur leader seul sur scène pour deux sublimes ballades (dont le très émouvant « Moving Pictures Silent Film » datant de 2003) avant de revenir pour un final endiablé ! Après 1h30 de concert, Tony Dekker et ses potes vident les lieux.

Mais le public en veut encore et réclame un rappel. Ce que Great Lake Swimmers va lui accorder. D’abord à travers une cover de Gram Parsons et puis un bouquet final assez rock. Les spectateurs sont conquis, ils ont vécu ce soit un excellent moment, ce lundi, à l’Orangerie !

(Organisation Botanique)

 

Chelsea Wolfe

Chelsea Wolfe : la sorcière bien aimée...

Pour assister à un concert le vendredi 13, il ne faut pas être superstitieux. Mais lorsqu’il est organisé par Cheap Satanism Records et que la vedette principale est associée à la vague ‘witch-house’, on craint quelque peu d'y perdre son âme. Mais finalement, on a passé une excellente soirée, grâce à Chelsea Wolfe, bien sûr, mais aussi aux deux groupes qui lui ont ouvert la voie : Unison et Cercueil.

Unison, un combo originaire de la région Poitou-Charentes, nous a séduits par sa musique captivante, hypnotique, caractérisée par son ‘mur de son’ d'inspiration shoegaze, noise, voire drone, au-dessus duquel plane la voix fragile et envoûtante de Mélanie Moran. On pense à Portishead, My Bloody Valentine ou encore Cocteau Twins ; mais Unison possède une tonalité propre, qui frise la perfection, surtout lors de l’interprétation du très beau "Brothers And Sisters" (en vidéo ici). En fin de set, le groupe a repris le célèbre hit new-beat "Rock To The Beat" de 1o1, ‘en hommage à la Belgique’ (à voir ici). Un excellent choix! En un mot, la prestation s’est révélée convaincante, et devrait nous inciter à se précipiter sur leur opus éponyme, paru récemment chez Lentonia Records.

Nous attendions également avec intérêt le concert de l’ensemble lillois Cercueil. Vu le patronyme, on peut être sûr qu'il enterre ses concurrents (NDR : bon, la vanne est placée, un peu de sérieux maintenant). Formé en 2009, le band compte déjà deux plaques à son actif, dont l'excellent "Erostrate". Leur style est difficile à décrire. En extrapolant, on pourrait imaginer un cross-over entre cold-wave, noise, electronica et trip-hop, qui évoque tour à tour Velvet Underground, Nine Inch Nails, Portishead (à nouveau), Kate Bush ou Kraftwerk. La voix de Pénélope Michel évoque Nico mais aussi Liela Moss (The Duke Spirit) voire Grace Slick, la lumineuse vocaliste de Jefferson Airplane (NDR : à quand une reprise de "White Rabbit"?) Sur scène, la formation installe son univers sonore malgré de petits problèmes techniques et la magie s’installe, surtout lors du superbe "After Dark", tiré du dernier album (voir ici). Seul petit bémol, Pénélope Michel est un peu statique derrière ses claviers et sa voix peine parfois à s’extraire des arrangements un peu bruyants propagés par les autres musiciens. Je suis impatient de les revoir lors d’un concert pour lequel ils seraient tête d'affiche!

Après quelques minutes d'attente, c'est le moment de découvrir la grande prêtresse de la soirée, Chelsea Wolfe. Décidément, cette période de l'année est propice aux (jolies) sorcières. Après Florence Welch, The Jezabels ou encore il y a quelques mois, Zola Jesus, c'est en permanence Halloween, pour notre plus grand bonheur! La scène est sombre, les musiciens habillés de noir et elle arrive, mystérieuse et envoûtante... Basée à Los Angeles, elle a été révélée par deux albums de très bonne facture. Et elle nous emmène dans son univers folk aux accents 'drone'. On a un peu l'impression de voir la petite sœur gothique de PJ Harvey. La formation qui l'accompagne est d'une efficacité redoutable, alternant les fulgurances noisy et les moments calmes, où le silence se fait l'écrin de la voix plaintive de Chelsea. Dans la setlist, on retrouve tous les meilleurs morceaux de "The Grime And The Glow" et "Apokalypsis", du brutal "Moses" au terrifiant "Demons" en passant par le fantomatique "Movie Screen". Dans "Pale On Pale", les accents de voix prennent une forme arabisante et on se rappelle une certaine Lisa Gerrard (Dead Can Dance).

Les trois concerts programmés ce soir nous ont baignés dans un univers ténébreux, fantomatique et ensorcelant, mais également d'une terrifiante beauté...

Voir ici la vidéo en 'live' de "Pale On Pale"  et celle de "Widow" 

(Organisation: Cheap Satanism Records)

 

 

The Cast of Cheers

Bien, mais un peu court…

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Alors que l’Orangerie était sold out pour accueillir la formation française Dyonisos, le sous-sol du Botanique, et plus explicitement le Witloof Bar, programmait au même moment The Cast of Cheers, dans le cadre de la campagne ‘New Talents, cool prices’. Peu connu chez nous, le groupe dublinois venait présenter en avant-première son second opus, dont le titre sera éponyme. Il devrait paraître en juin.

Le public est réduit à une trentaine de personnes. Ce qui n’est pas pour me déplaire, vu l’architecture de la salle, dont les plafonds sont soutenus par des piliers en briques. Si l’endroit est particulièrement esthétique, la visibilité est souvent réduite, surtout pour celles et ceux qui ne trouvent place qu’à l’arrière de la pièce. Quoiqu’il en soit, aujourd’hui, l’assistance restreinte permet de voir l’intégralité de la scène.

Le combo irlandais entame les hostilités à 20h30 par un morceau bourré d’énergie, augurant ainsi un set débordant de fougue punk. Les deux guitaristes gesticulent dans tous les sens frôlant à plusieurs reprises la collision. Les compos s’enchaînent rapidement et ne dépassent que très rarement les 3 minutes. Leur mélange de math-rock et d’indie rock est percutant. Un style que le quatuor maîtrise parfaitement en ‘live’, haussant le ton lorsqu’il le faut. Le traklisting est puisé au sein de leurs deux opus. Et épingle l’inévitable « Family », premier single qui tout en lorgnant vers The Rapture, démontre que le combo peut également afficher une face pop. Ainsi que leur nouveau, « Animals », chanson également plus radiophonique. En fin de parcours, The Cast of Cheers embrasse même une forme plus électro, dans l’esprit d’Errors.

Après une demi-heure de prestation, le combo vide les lieux, pour y revenir quelques secondes plus tard. Leur intention : accorder un rappel. Malheureusement, il ne se produira jamais. Motif ? Un problème technique réduisant le bassiste au silence. Les musicos vont s’excuser à plusieurs reprises. Ce qui ne changera pas grand-chose à la situation. Pas de chance ! Et le public de quitter la salle, un arrière-goût de trop peu dans la bouche, malgré leur mini set convainquant. Vivement la sortie de l’album !

(Organisation Botanique)

 

Dionysos

Of Moons, Birds & Monsters

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Mathias Malzieu redéploye ses ailes après quelques années d’absence scénique, pour le plus grand bonheur des fans de l’animal curieux qu’est Dionysos. Pour fêter la sortie de « Bird’n’Roll », le nouvel album concept de la troupe, et leur retour sur scène, les Français ont planté leur décor sur celle de l’Orangerie du Botanique (NDR : il s’agissait de leur seconde date de leur tournée) afin d’y donner le top départ d’un long périple qui s’arrêtera lors du second semestre aux Ardentes et à l’Ancienne Belgique. L’occasion de démontrer qu’ils n’ont rien perdu de leur incomparable cocktail d’énergie et bonne humeur.

Quatre ans se sont écoulés depuis la dernière fois où les drôles d’oiseaux de Dionysos ont mis les pieds sur des planches belges. Pourtant, il n’a pas fallu plus de quinze jours pour que les tickets s’évaporent dans la nature. C’est qu’ils sont au taquet les fans de Dionysos. Ainsi à 21h, la salle est plus que comble tandis que les six enfants terribles prennent place sur la grande scène du Bota. Derrière eux, une enseigne aux couleurs du titre de leur dernier LP se tient toute prête à scintiller.

Presque 20 ans et toutes ses dents, Dionysos casse la baraque dès son entrée. On se prend les foudres de John McEnroe et la tonitruante « McEnroe’s Poetry » en pleine face. C’est bon, rien n’a changé. Mathias et ses potes sont à fond, le rock’n’roll dans les veines. Ou plutôt le « Bird’n’Roll », concept extrait des membranes cervicales du leader de la bande. Un concept qui occupera d’ailleurs les trois-quarts du set. La formation prend donc la température de la mouture live des nouveaux morceaux. Ils tapent souvent dans le mille mais l’attente du public est manifestement tournée vers les anciens morceaux, comme l’indiquera l’accueil réservé aux « Don Diego 2000 », « Song For Jedi » et autres « Métamorphose de Mister Chat », durant lequel s’entremêlaient d’ailleurs miaulement de joie et hystérie collective. Près de 700 personnes qui attendent impatiemment de pouvoir hurler ‘ta gueule le chat !’, ça doit s’entendre jusqu’au bout du couloir.

Fidèle à lui-même, Malzieu s’envole au-dessus du public et y plante son nid le temps d’un morceau, mégaphone à la main, devant les yeux amusés de la toujours aussi charmante Babet et de ses autres collègues. En guise de rappel, la bande de Valence nous présente son « Roi en Pyjama » avant d’enchaîner sur les riffs à la perceuse de l’ultime et bouillonnant « Wet », dédié aux fans de la toute première heure. Après un tel spectacle, il serait idiot de ne pas Bird’n’Roller avec McEnroe, Don Diego, Mister Chat, June Carter, Spidergirl, Tom Cloudman, le pire cascadeur du monde, et les autres Monsters in Love, lors des prochaines étapes belges de la bande de volatiles !

Aux Ardentes le 5 juillet et à l’AB le 1er novembre.

(Organisation : Botanique)

 

Gnod

Gnod Gnod Gnod on heaven’s door

Écrit par

Chaque année, à pareille époque, on assiste immuablement au même rituel.

Deux mille douze ans que ça dure.

De passage parmi les hommes, je me sacrifie (sic !) à la tradition et je fais bonne figure.

Ce sacrifice ne me dérange pas. Je crois que je l’aime, dans le fond.

Hier, mercredi onze, votre serviteur avait un peu de temps libre devant lui, après les festivités du week-end.

Informé par un tract, il s’est retrouvé un peu par hasard dans cette arrière-salle, quelque part à Liège.

Depuis il est sourd. Et en totale harmonie avec l’humanité.

 

La cène, non, pardon, la scène se situait tout dans le fond.

Tellement exiguë que tous les musiciens ne pouvaient s’y tenir ensemble.

Du coup, seul le batteur trônait là, derrière ses fûts.

Au milieu du public, clairsemé en ce début de soirée, se produisaient un guitariste survolté, une bassiste exaltée et une chanteuse qui sans payer de mine démontrait l’étendue épatante de sa tessiture vocale.

Derrière un nom improbable se cachait la première bonne surprise de la nuit.

Katawumpus, quatre pèlerins issus d’Ardèche dont le Rock incisif et à première vue brouillon s’avérait en fait d’excellente facture.

Magma improbable et électrifié qui amplifiait au fil du set pour se terminer en orgie bruitiste sous les cris conjugués d’un saxophone possédé et les onomatopées gutturales sorties tout droit des gorges du mont Golgotha.

Tout en sueur sous ma robe de bure, mes membres s’entrechoquaient à chaque assaut du combo en pleine ascension.

 

Après cette salve jouissive, je me suis tourné vers le bar et je me suis fait servir une coupe de leur meilleur vin de messe.

Discutant le coup avec quelques autochtones, j’ai pu constater que mon enthousiasme était largement partagé.

Il n’a pas fallu longtemps pour que le second groupe, français lui aussi, donne l’assaut.

Naturellement réticent aux égosillements infatigables, toute performante que soit la voix empruntée par le prêcheur de Coubiac, celle-ci me ramena naturellement vers le calice qui m’attendait. De là où je me tenais, je pouvais apprécier la prestation scénique et Ô combien énergique des fils spirituels de Black Flag.

 

Cependant, un petit bonhomme étrange suscitait ma curiosité.

Sautillant, semblant sous amphétamines, et apparemment très en forme, ce petit lutin arborant un drôle de T-shirt à l’effigie du pape Jean Paul II faisait le pitre et semblait ne plus tenir en place.

Impatient d’entamer la grand-messe qui allait suivre, le leader de Gnod trépignait.

Et puis soudain, le plafond de la salle s’est envolé.

Le ciel s’est assombri, et le vent a commencé à souffler, tandis que des éclairs déchiraient l’obscurité.

Le sol s’est mis à trembler. Sans doute éventré par ces deux basses qui semblaient faire jaillir la vérité ultime des tréfonds de la terre.

Littéralement happé par une transe qu’il ne semblait nullement contrôler, le drôle de personnage qui présidait à cette eucharistie se roulait aux pieds des fidèles, se relevait, tremblait sur ses jambes qui ne semblaient plus le soutenir, se vautrait dans la fange et appelait à lui quelques démons ou anges que seul lui semblait voir.

Cris de damnés étranglés dans d’infinies réverbérations, soutenus par des giclées de bruit blanc crachées par une guitare sous acide.

Le visage maculé de sang, l’improbable orateur psalmodiait des paroles incompréhensibles sous le regard hagard de ses disciples entourés d’une aura lumineuse dont les spirales hallucinées s’enroulaient et s’entrelaçaient dans l’espace déchiqueté.

Suspendu entre l’infini et l’éternité, je me suis envolé dans les hautes sphères de l’absolu et j’ai touché l’éternité.

De là, je vous écris ces quelques lignes, qui devraient vous inciter à découvrir au plus vite Gnod et à vous ouvrir à eux.

Oui, comme l’indique l’un de leur grands faits d’arme, « In Gnod We Trust ».

 

(Organisation : Carlo Lévi)

 

Breton

Breton et tellement anglais !

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Nonobstant un patronyme pas vraiment ‘sexy’, Breton est à la pointe de la ‘hype’ depuis quelques mois. Et ce n’est pas une formation bretonne, comme on aurait pu l’imaginer, mais bien anglaise. Il n’est donc guère surprenant de voir la Rotonde pleine comme œuf, pour ce concert. Après avoir gravé 3Eps passés plus ou moins inaperçus, le combo a publié « Other People’s Problems », il y a quelques semaines. Un opus paru sur l’excellente maison Fat Cat et bien reçu par la critique.

Le groupe monte sur l’estrade vers 20h30, le chanteur/guitariste Roman Rappak, en tête. Il semble éméché et a ramené une bière et sa bouteille de Jameson. Tellement rock n’ roll ! Il est flanqué de quatre comparses, respectivement préposés à la batterie, la basse, les claviers et autres obscurs engins de programmations. Derrière le quintet, soucieux d’être de son temps, un écran reçoit les projections des belles vidéos du groupe. Faut dire que Breton est le groupe multimédia par excellence ! A l’origine, il considérait sa musique comme un support destiné à sonoriser leurs films réalisés dans leur squat londonien (NDR : on se doute cependant que l’aventure musicale est devenue rapidement prépondérante…) Le son est puissant. Le groupe est solide et bien en place. Il aligne les titres issus de son elpee. Il nous livre une sorte de version dansante de la rage adolescente manifestée par Wu Lyf : toutes guitares et basses dehors ! Et ce sont les sonorités électro subtilement tribales qui allègent l’expression sonore. Les titres sont accrocheurs (« Pacemaker », « Electrician », « The Commission », « Edward the Confessor »), à défaut d’une présence scénique remarquable des musicos. Le groupe communique très peu avec son public, mais quand il le fait, c’est dans un français sans accent.

Malheureusement, au bout de 35 minutes, donc après avoir épuisé son court répertoire, le gang insulaire laisse maladroitement tomber son public, juste après un bref rappel. Bref si le set était efficace, on ne peut pas dire qu’il deviendra inoubliable. Le groupe a certainement beaucoup de talent et marche peut-être sur les traces des fantasques  Foals. D’autres sales gosses… Seul l’avenir nous le dira…

(Organisation Botanique)

 

Florence & The Machine

Une 'Machine' de guerre gothique et flamboyante

Écrit par

On l'attendait au tournant, la Florence. Après le hype énorme suscité par son dernier opus et le succès évident de sa tournée (le concert de l'AB sold-out en quelques minutes et des tickets qui s'échangent à plus de 150 EUR sur ebay), nombreux étaient ceux qui se réjouissaient déjà de pouvoir descendre en flamme la nouvelle ‘diva’. Et bien non, qu'on aime ou pas sa musique, il faut reconnaître que Florence assure un max sur les planches…

 
 

On remarque tout d'abord le décor de la scène, 'dark' à souhait: des tentures noires, des représentations de vitraux d'église, des musiciens habillés... en noir! On sent que la grand-messe va commencer. Assurant le supporting act, Spector n’est pas parvenu à nous séduire en dispensant une powerpop simpliste inspirée par les Buzzcocks. Par contre, lorsque Florence Welch pénètre sur la scène, vêtue d'une large cape de jais, le vacarme est assourdissant et on mesure immédiatement l'étendue du succès de ce groupe.

 
 

En grande prêtresse, Florence entame alors le concert par les très majestueux "Only For A Night" et "What The Water Gave Me". Elle est assez grave et statique mais à la fin du second morceau, elle commence faire virevolter sa pèlerine et on se rend compte qu'elle en a ‘sous la pédale’. Impression qui se confirme plus tard quand "Cosmic Love" explose à la lumière des stroboscopes ou lorsque Florence tombe la cape pour courir sur la scène comme une possédée pendant "Between Two Lungs". Après le très mystique "Shake It Out" et avant d'entamer "Dogdays", elle se souvient de la première fois qu'elle s’est produite à l'AB, en première partie de MGMT. La formation avait dû dormir dans la voiture sur le parking. Et de remercier le public de lui permettre, cette fois-ci, de passer la nuit dans un hôtel! Au cours de "Dogdays", elle réussit avec une aisance déconcertante à accumuler une longue pression avant de faire exploser tout le public sur place comme des dingues, montrant une maîtrise étonnante de la dynamique d'un spectacle. Regardez ce moment étonnant en vidéo ici 

 
 

Un moment pour souffler ensuite lors de belles versions acoustiques de "Heartlines", "Leave My Body" et "Lover To Lover", où on apprécie l'incroyable versatilité de la voix de cette chanteuse hors pair. Ensuite, le set repart plein pot grâce à "You've Got the Love" et surtout "Rabbit Heart (Raise It Up)", qui exhale un parfum de Björk. Sur ce dernier morceau, Florence demande aux garçons qui sont accompagnés de leur girlfriend de la hisser sur leurs épaules. Et on voit alors plusieurs dizaines de filles émerger de la foule comme des fleurs qui éclosent : funny! Florence + The Machine clôture enfin sa prestation par "Spectrum", titre au  cours duquel transparaissent les influences gospel de cette ancienne choriste d'église.

 
 

Lors du rappel, le band va nous réserver deux morceaux totalement hypnotiques, "Never Let Me Go" et "No Light, No Light", deux perles tirées de "Ceremonials". Le ‘cérémonial’, justement, se clôture sur les arpèges jouées en douceur à la harpe par Tom Monger. Et n'oublions pas de présenter les autres –excellents– musiciens, Robert Ackroyd à la guitare, Christopher Lloyd Hayden à la batterie et Isabella Summers aux claviers. Regardez ici la vidéo de "No Light, No Light".

 
 

Au moment d’établir le bilan, il faut admettre que tous les ingrédients d'un grand spectacle étaient réunis ce soir: une musique captivante, un son et des lumières parfaits, et surtout une artiste exceptionnelle, habitée, d'une sensibilité à fleur de peau, capable de tenir toute une salle ‘dans la paume de sa main’ pendant tout un concert. Enfin, l'alternance entre les morceaux plus gospel, plus sombres du dernier album et les titres plus pop-rock de "Lungs" a contribué à rendre l’ensemble parfaitement équilibré.

 
 

Florence sur scène: une 'Machine' de guerre gothique et flamboyante!

 
 

Setlist

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Only If For A Night
What the Water Gave Me
Cosmic Love
Between Two Lungs
Shake It Out
Dog Days Are Over
Heartlines
Leave My Body
Lover To Lover
You've Got the Love
Rabbit Heart (Raise It Up)
Spectrum

 
 

Rappel:

 
 
 

Never Let Me Go
No Light, No Light

 

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