Les idoles de Yungblud…

Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

logo_musiczine

Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Stereolab
Gavin Friday - Het Depot

Eiffel

Eiffel s’est coincé les pieds dans l’Atomium !

Écrit par

Point de chute de sa dernière tournée en date, la grande salle du Botanique de Bruxelles accueille les Toulousains d’Eiffel en cette fin d’année. Habitué des petits espaces, le quatuor français dont le line up est up est quasi inchangé depuis la précédente –un claviériste a cependant été engagé pour les besoins de la circonstance– aime partager une proximité palpable avec son public.

Hormis une apparition aux Francos de Spa en juillet dernier, Bruxelles était et reste à ce jour la seule date ‘belge’. Fallait donc pas se louper faute de les… louper, eux !

Marché de Noël oblige, notre capitale est complètement engorgée. Coup de bol, un emplacement se libère aux abords de la salle. Nous investissons malheureusement les lieux, alors que Les Twin Twisters en sont déjà à plus de la moitié de leur set. Ce duo super puissant réunit un batteur et un guitariste/chanteur. Ce binôme ‘surjoue’ quelque peu en voulant transmettre (ou tenter de le faire) une énergie dont l’objectif est de mettre les sens de l’auditoire en éveil avant l’entrée en scène de leurs illustres amis. Bof, bof…

Il faudra quasiment 40 minutes pour peaufiner les réglages. Une fois n’est pas coutume, mais parmi les 500 spectateurs présents ce soir, ne figurent pratiquement que des francophones. Il est vrai que le combo ne pratique pas l’idiome de nos amis qui crèchent au nord de Bruxelles…

L’attente est longue et après coup, on est en droit de se poser des questions sur la nécessité de tant de va et vient sur l’estrade. Et il faut croire que le préposé aux manettes est complètement sourdingue ou alors il est d’une incapacité rare. Alors que l’Orangerie jouit d’une acoustique vraiment impeccable, Eiffel s’est produit dans des conditions indignes de leur statut. Ça valait vraiment la peine de nous faire ch*** durant quasi trois quarts d’heure pour atteindre un tel résultat ! La basse est surpuissante et assourdissante. La voix du chanteur incompréhensible. Et les quelques instruments sont complètement inaudibles. De quoi démontrer le manque de savoir-faire du gugusse payé pour assurer une bonne couverture sonore. Quel désastre ! Quant à la scène, pas grand-chose à se mettre sous la dent. Un éclairage qui le plus souvent aveugle les spectateurs et laisse les musiciens dans l’ombre. Est-ce voulu ? Perso je pencherais plutôt pour un délire (un de plus) du préposé aux interrupteurs qui fumera la chicha toute la durée du concert alors que… Ok c’est pas bien de cafter mais m****, sous son aspect technique, c’était vraiment du grand n’importe quoi, ce soir !

Et quand on sait que la com n’est pas la spécialité de Romain Humeau, on a dû se contenter du visuel à défaut d’autre chose. Cerise sur le gâteau, le leader nous avoue qu’une méchante ‘crève’ exerce des ravages au sein du band et vu que pendant leur tournée, lui, son épouse (à la basse) et le groupe partagent le confort exigu d’un mobil home, cette situation n’est pas prête de s’améliorer. Que de bonnes nouvelles !!!

Dès l’entame du concert, « Place de mon cœur » tente de secouer le public. Difficile de croire ce que l’on entend ; c’est Eiffel là ? Quelques fans tentent de se bouger un peu, mais le soufflet retombe vite. Heureusement que les mélodies sont reconnaissables, sans quoi…

La setlist est principalement consacrée au dernier album en date. Pas moins de 10 titres seront ‘interprétés’ et une place assez restreinte est laissée au reste du répertoire constitué quand même des morceaux imparables qui n’ont pas été retenus ce soir.

Dommage pour « Soul », « Minouche », la reprise du « Temps des cerises » et autres « Te revoir » que l’on aurait aimé (ré)entendre… Pas de chance pour cette fois ! A la place de ces standards, Romain nous fera humer (de loin) « Il pleut des cordes » et « Sombre » du premier opus du groupe, « Dispersés » du second et « A tout moment la rue », « Le cœur d’Australie », « Sous ton aile » ainsi que « Nous sommes du hasard » de l’avant-dernier né. Et fidèle à son habitude, c’est par un texte écrit de la plume de Boris Vian que Romain Humeau met un terme à la prestation d’Eiffel en interprétant « Je voudrais pas crever ».

Nous non plus on voudrait pas que toi et ton groupe creviez, Romain. Faudrait p’tète alors penser à renouveler les cadres au niveau de la sonorisation ou à tout le moins remettre un peu d’ordre dans le carré barricadé et ‘enfumé’ réservé à la technique. Moi, j’dis ça pour toi, hein…

Oui, je sais, je suis un peu dur mais il y a un minimum de respect à observer vis-à-vis des fans qui se déplacent souvent de loin et mettent de leur poche pour, en principe, passer une bonne soirée.

Pour la fin, une petite anecdote laissera un souvenir impérissable et surtout une belle cicatrice à une fan… A la mi-concert, Romain balance (involontairement je l’espère) son micro dans la foule. Celui-ci atteint une petite dame en plein visage et c’est en sang qu’elle est évacuée sous le regard interrogateur et soucieux du ‘vilain agresseur’…

(Organisation Botanique)

Voir aussi notre section photos ici

 

Stephan Eicher

Une mise à feu trop tardive…

Dans la série : ‘Jusqu’où êtes-vous prêt à aller par amour ?’, cette soirée a définitivement sa place. Et pour cause, ce jeudi 13 décembre, ma compagne et votre serviteur se rendaient au Cirque Royal de Bruxelles, pour assister au concert de Stephan Eicher. D’habitude, je prends les clichés et Sophie se charge du compte-rendu que j’enrichis de mon point de vue. Le résultat d’un travail en équipe, si vous préférez. Encore que le spectacle du bel Helvète, intercalé dans la programmation de la salle bruxelloise entre Michèle Torr et Roch Voisine, s’adresse surtout au public féminin. Dans ces circonstances, accompagner ma chère et tendre reflète certainement le sentiment profond que je lui porte…

Trêve d’ironie, Stephan Eicher est surtout devenu notoire pour les hits qu’il a publiés, en 29 ans de carrière. Des tubes qui plaisent surtout aux amateurs de ‘variétés françaises’. Au cours de cette période, il a quand même gravé 13 albums, dont le dernier (« L’envolée ») est plutôt réussi. Et ce soir, manifestement, le public est conquis d’avance…

Il est 20h20, et le Suisse monte sur l’estrade en toute sobriété. Il s’installe derrière son piano, dos au public, pour attaquer « La relève ». Le titre monte alors en crescendo, au fur et à mesure que les autres musiciens entrent en scène. Une intensité alimentée par le cuivre, le violon et la batterie. Ce soir, je suis préposé aux photos. Trois titres, quelques clichés, et le service de sécurité me raccompagne manu militari, à l’entrée. Sympa ! Faudra donc que Sophie se débrouille seule pour le reste du show…   

Les titres se succèdent et bénéficient d’une grande diversité d’arrangements. « Dans ton dos » lorgne carrément vers la country. « Des hauts, des bas » adopte une forme soul/disco ; mais le tout baigne dans un medley réminiscent du « Papa was a rolling stone » des Temptations. Un titre qui colle bien au décor, très vintage ; les enceintes empilées rappelant les anciennes chaînes hi-fi…

Bien que l’on sente les spectateurs de bonne humeur, le climat campe encore quelques degrés sous zéro. Et il faudra quelques titres avant que la glace ne se brise. ‘On t’aime Stephan’ clame un fan, sis aux premiers rangs. Déclic, l’artiste ose enfin balancer quelques traits d’humour et notamment : ‘C’est un Cirque ici, je peux faire le clown’. L’interaction entre l’auditoire et Eicher commence à exercer ses effets. Puis, il interprète « La Rivière », aux ivoires. Postés une bonne dizaine de mètres derrière le maître de cérémonie, les musiciens commencent à se rapprocher du bord de l’estrade. Il aborde ensuite une version plutôt rock’n’roll de « Combien de temps ». L’ambiance monte à nouveau d’un cran, car la foule reprend le refrain en chœur. Manifestement le set est éclectique. Il chante quatre titres en allemand. Pas une très bonne idée. Et « Donne-moi une seconde », plage brillante, enrobée de gospel, qui ouvre le nouvel opus, fait un peu pâle figure. La formule proposée ce soir est beaucoup trop rock.

En rappel, Stephan Eicher enchaîne « Tu ne me dois rien » et « Tout doit disparaître ». Il prend le temps de commenter ce dernier titre, écrit par Miossec (NDR : en écoutant le refrain, c’est plus évident). Les lyrics de cette compo évoquent la disparition progressive des disquaires, une situation qui le concerne davantage que l’extinction des pandas… Mais personne ne réagit à cette réflexion, pourtant provocatrice…

Et puis, enfin, le concert va connaître son apothéose. Tout simplement en revenant à une formule qui a valu tant de sympathie, par le passé, à l’artiste. Lors du dernier morceau. En fait, comme autrefois, Stephan et sa troupe descendent au sein du parterre et jouent, comme des troubadours, au milieu du public, tout en quadrillant les quatre coins de la salle. Provoquant une communion entre lui et la foule et déclenchant même l’hystérie au sein de celle-ci.

Après un tel moment, la température au sein de la salle est torride et les spectateurs ne lésinent pas sur les applaudissements pour réclamer un nouvel encore. Les lumières tardent à se rallumer. De quoi créer une confusion au sein de l’auditoire, qui imagine un hypothétique retour sur l’estrade. En vain ! Dommage…

(Organisation : Live Nation)

Voir aussi notre section photos ici

 

 

Bonaparte

Conte de la folie ordinaire

Écrit par

Traversant des fleuves en folie, s’abreuvant à la pluie d’irraison et battant constamment la campagne qui mène en Absurdie, l’Empereur conquiert peu à peu l’Europe.

Rien n’arrête la marche de l’Empereur. Et si musicalement, il ne casse pas une patte à un ornithorynque, ce n’est pas pour autant un manchot.

Une louve adoptée, au service de ce général, haut comme trois pommes.

Chaque jour, son œil saisit la fulgurance des instantanés d’une vie bariolée de milles couleurs, peuplées d’espèces rares et en voie de disparition.

Abrasives détonations d’un Electro clash rehaussé d’un chutney de Punk.

Regard de biais sur cette invasion où le mauvais goût rehausse la saveur fadasse d’un morne quotidien.

Déglingues et guenilles, s’embrassant sous le gui.

Vision polymorphe d’une Chantal Goya noyée dans la térébenthine des pinceaux d’un Jérôme Bosch marié à James Ensor. Et encore une fois, James Ensor bien. Très bien, même.

Vous n’y comprenez rien ?

Rien à foutre !

L’instant ! Comprenez-vous ?

C’est l’instant précis où le fil de la raison se rompt.

L’instant où on bascule, chute vertigineuse dans l’iconoclaste, le loup phoque et sous un tapis de paillettes toutes chues des étoiles, là-haut dans le firme Allemand.

Sus aux conventions ! Au bon sens, à l’ordinaire ! Sus à l’ennui ! Sus, sus, sus !!!!!!!

Lundi 10 décembre, à quelques pas de la butte  de Waterloo, morne peine…

C’était l’instant. Cet instant.

Un navire qui tangue sur un chef Altier. Chétif, au bord du gouffre. Stromboscopé de centaines d’éclairs.

Une offensive annoncée par le tintement de cloches de montagnes.

Un zèbre exalté sous les injonctions d’une guitare incendiaire.

Napoléon est Prusse. Il se campe sur un trampoline. Il éructe, il vocifère. Vous, vous y feriez vous ?

Des insectes grouillant de poils mal entretenus, borgnes et claudicants.

Retour en arrière. Rewind.

reitlA fehc nu rus eugnat iuq erivan nU.

Vingt heures et quelques…

Un bonhomme rondouillard.

Time Fite.

Vidéo conférence avec un allumé en léger (très léger) différé.

Leçon de franglais.

Stop.

Etrange entertainer dédoublé, détriplé, copié-collé.

Stop.

Miam Monster Miam cloné ?

Version 1.0

Version décade danse.

Seul, face à la bande-son.

Enthousiaste et bon enfant.

Clap.

Fast Forward.

Stop.

Focus sur Bonaparte, les yeux enduits de mascara, dégoulinant sous l’effet de la chaleur moite d’une cagoule épaisse.

Le cheveu hirsute, le cheval poilant.

Enlèvement du zèbre, happé depuis sa fosse (notre fosse commune) et emmené de gré plus que de force par le bel équidé aux mœurs ostentatoires.

Pause.

Flanqués de tenues sportives, leçon de gym sur écran géant, diversion, hop !

Ça repart de plus belle.

« Computer In Love » sur le mode CTRL ALT Copulate.

Bambin hydrocéphale et Monseigneur lascif, chien fidèle.

Projection buccale de miettes gaufrées, latex ondulant et tentations charnues autant que charnelles.

Bigre !

Il m’asperge sans sourciller, de ce suc tout mouillé.

La naissance de Vénus en colorama.

Ses petits seins qui rebondissent et roulent dans l’air.

Fantôme au juste corps se glissant dans l’interstice d’un rayon de lumière violacé.

Le pénis se devinant sous de bien pâles auspices.

Déferlante affolante et écume aux lèvres.

L’Empereur s’en va, l’Empereur revient.

Plébiscité par une foule en liesse.

Monarque et souverain, l’œil torve tout convulsé, le torse bombé.

Napoléon n’est pas mort à Sainte-Hélène, mais à Rio de Janeiro.

Un soir de carnaval.

Travesti et méconnaissable.

Napoléon est mort, vive Bonaparte !

(Organisation : Botanique)

 

Crystal Castles

The Light At The End Of the Tunnel Is A Train

Écrit par

Ce 10 décembre, les épileptiques n’avaient qu’à bien se tenir. Alice Glass et Ethan Kath étaient de retour à Bruxelles pour y présenter leur troisième livraison de bruitages et BPMs electro-punk-goth-whatever. La déferlante stroboscopique de Crystal Castles s’est abattue sur l’AB en un peu plus d’une heure, mettant le public à genoux. La réputation live des Canadiens n’est définitivement plus à refaire.

Pas de mise en bouche ce soir à l’intérieur des murs de l’AB. Mais ce n’est que sur les coups de plus ou moins 21h15 que les lumières de la salle cèdent la place à l’obscurité dont se repaît Crystal Castles. La pochette de leur dernier LP, très logiquement estampillé « (III) » puisqu’il s’agit du troisième disque éponyme, illustre la toile de l’arrière-scène. Les kids des premiers rangs attendent, fébriles, l’arrivée du duo sur l’estrade tandis qu’ils commencent à se faire mitrailler par les convulsions des spots lumineux. Ethan Kath s’approche discrètement de ses machines et laisse s’échapper l’intro de « Plague », morceau d’ouverture de leur nouvelle livraison. Alice Glass suit de près, marmonnant ses sempiternels textes incompréhensibles. Affublée d’une coiffe blonde platine, la chanteuse se montre toujours aussi délurée que le veut la légende, sifflant whisky ou allumant gros bédots sur les planches.

Le tube « Baptism » suit de près l’entame, provoquant les premiers remous aux premiers rangs du parterre. Et les jeunes fans s’en donnent à cœur joie. Ethan Kath se contente de bidouiller ses machines. Le show, c’est Alice qui s’en charge. Cette dernière ira se planter à califourchon sur l’attirail de son partenaire pour lui prêter main forte à deux ou trois reprises. Les titres de « (III) », comme le menaçant « Wrath Of God », « Telepath » ou l’hymne rave « Sad Eyes », emportent la plus grosse part du gâteau et te passent dessus comme un train à grande vitesse. Mais ce sont, of course, les plus anciens morceaux qui retournent l’AB, sans effort. « Alice Practice », le terrible « Doe Deer », une version (re-)revue de « Crimewave », « Untrust Us » font suer les bons ¾ d’un public survolté. Alice, saute, hurle, se secoue sans fléchir et sans adresser la parole à l’auditoire. C’est qu’elle a une certaine image à projeter, la p’tite dame.

Pourtant, on n’arrive toujours pas à distinguer clairement si la jeune femme interprète réellement tous les morceaux en direct, tant les vocalises sont noyées sous les effets. On a beau tenter de se convaincre du caractère ‘live’ de l’ultime morceau, la fameuse reprise de « Not in Love » (Platinum Blonde), dans sa version single et avec Glass dans le rôle de Robert Smith, les doutes persistent…

Dernier coup d’« Insulin », le temps d’un rappel livré et bouclé en 5 minutes. Le duo vide les lieux, même si la chanteuse tient encore à peine debout. Et c’est dans le même état que je quitte l’AB pour la dernière fois en 2012. De quoi clôturer l’année sur une toute bonne note.

(Organisation : AB)

Menomena

Magistral !

Écrit par

Réduit à un duo depuis le départ de Brent Knopf chez Ramona Falls, Menomena se produisait à Bruxelles, le jour de la St Nicolas, sous la coupole de la Rotonde du Botanique. Il venait y défendre son nouvel album : « Moms ». L’occasion de revoir un groupe dont on connaît toutes les qualités scéniques et surtout de jauger leur musique, depuis le changement de line up.

C’est au Belge Sis Matthé, aka Stacks, que revient l’honneur d’ouvrir la soirée. Autrefois actif chez White Circle Crime Club, l’Anversois nous présente aujourd’hui son projet solo. Et sur les planches, il n’est entouré que de machines. Pendant une bonne demi-heure, il va dispenser une musique minimaliste et sympathique. Mais il faut bien avouer que tous les esprits sont déjà tournés vers Menomena.

La formation issue de Portland monte sur l’estrade vers 21h. La salle est presque comble, et il est difficile de se faufiler jusqu’au podium. Les deux membres fondateurs sont accompagnés par trois musiciens multi-instrumentistes. De quoi apporter une dimension nouvelle à leurs compos. L’instrumentation est d’ailleurs plus dense, notamment sur les morceaux extraits de « Moms ». Davantage psychés aussi. Suivant leur bonne habitude, les musicos troquent leurs instruments, quasiment à chaque morceau. Justin Harris est au centre de la scène. Il manifeste un maîtrise parfaite, tant au saxophone baryton, à guitare ou la basse. Et ce sont toujours les drums qui fédèrent l’expression sonore. Quant aux harmonies vocales, elles sont, comme d’hab’, impeccables. La prestation frise la perfection. Elle durera une heure et demie, ‘encore’ compris. Frise, car on n’entend pratiquement pas les interventions du saxophone soprano. Menomena ne se contente cependant pas de jouer les titres du dernier elpee, mais –histoire de satisfaire l’auditoire– n’oublie pas son ancien répertoire. Et en particulier une reprise de « Horses », accordée en rappel, pour achever ce concert tout bonnement magistral…

(Organisation Botanique)

 

Local Natives

Ready To Start

Écrit par

Deux ans après leur premier passage sous la coupole du Botanique, les cinq gaillards de Local Natives ont décidé d’y poser à nouveau leurs bagages, ce 5 décembre. Une initiative accueillie avec enthousiasme par les fans belges qui se sont arraché l’ensemble des sésames en près d’une semaine. L’occasion de découvrir les nouveaux morceaux du combo, qui figureront sur « Hummingbird », un second LP attendu pour janvier.

Les mélomanes fréquentant régulièrement les salles de concerts l’ont constaté. Deux tendances se confirment depuis près d’un an. Tout d’abord, le taux d’audience augmente à la même mesure que le prix des tickets. Ensuite, le public se déplace de plus en plus tôt le soir de l’évènement. Dès lors, il est de plus en plus fréquent de pénétrer dans une salle complètement bondée pendant la prestation de la première partie. Le concert des Local Natives à la Rotonde en est la représentation parfaite. Ainsi, les déplacements à l’intérieur de la petite salle s’avèrent déjà compliqués dès 20h15, heure à laquelle les Anglais de Famy (autrefois Family) montent sur l’estrade. Le quatuor a donc le plaisir de se produire devant un parterre bien garni. A contrario, les spectateurs ont été contraints de subir une prestation réduite à quelques notes efficaces. L’espoir que le groupe soit aussi bon que les premiers accords distillés sont réduits à néant aussitôt que le chanteur de la bande ouvre la bouche. Le public de la Rotonde a donc dû se farcir des vocalises approximatives, souvent fausses, pendant une quarantaine de minutes. Un set qui a paru durer une éternité.

Après le supplice du supporting act suivi de l’interminable soundcheck, la Rotonde accueille extatique le quartet californien. Il débarque sur les planches et balance d’entrée de jeu leur dernier single en date, « Breakers ». A cinq sur scène, en compagnie d’un membre honoraire, suite au départ du bassiste Andy Hamm, enregistré l’an dernier, Local Natives est de ces groupes dont le potentiel est largement amplifié en ‘live’. Autant dire que la formation risque fort de sauter l’étape ‘scène intermédiaire’ pour atterrir à coup sûr directement sur la grande scène de l’AB d’ici l’an prochain, comme le veut une autre des tendances actuelles.

Les nouveaux morceaux de la bande, tels que « You & I », « Black Spot » ou « Heavy Feet » régalent le parterre. Leur plaisir est même décuplé. Taylor Rice, le lead singer, partage son micro avec le claviériste Kelcey Ayer. Les nouvelles compos qu’interprète ce dernier sont légèrement teintées d’electronica, apportant une nouvelle dimension aux travaux de la formation. Une direction différente, mais pas toujours probante. Reste à entendre le résultat sur disque.

Taylor remercie le public de s’être déplacé la veille de ‘sinterklaus’ (sic) avant d’entamer, comme cadeau aux plus sages « Wide Eyes », extrait de « Gorilla Manor ». Les titres les plus acclamés du public sont d’ailleurs, évidemment, issus du premier LP. Les plus acclamés mais également les plus puissants. « Wide Eyes », « Warning Sign », « World News » et le sublime « Who Knows, Who Cares » sont les seules plages du premier opus retenues pour cette soirée ; mais elles valent à elles seules le déplacement. En bonus, les cinq musicos offrent deux anciens morceaux supplémentaires en guise de rappel, un « Airplanes » au refrain repris en chœur par le public, et un « Sun hands » fracassant pour boucler la boucle.

Après avoir foulé deux fois les planches de la Rotonde, Local Natives et sur le chemin des étoiles. Nul doute que les prochaines étapes pour le combo seront les larges espaces des ‘festoches’ avant de se taper une grande salle forcément pleine à craquer. En attendant, le combo se produira –certainement pour la dernière fois– dans endroit encore à taille humaine, ce 8 mars prochain. Ce sera au Trix d’Anvers et, sans surprise, à guichets fermés.

(Organisation : Botanique)

 

 

Laurent Voulzy

Dites-le avec des fleurs…

Écrit par

Hier, j’suis allé voir un ‘vieux’ en concert ! Un vieux bonhomme de 64 ans ! Un papy ! Oui, je sais, n’est pas l’seul. Y’a l’aut’ band de cinglés qui, de l’autre côté du Channel, font également de la résistance.

Dans un vieux théâtre encore bien plus âgé que le chanteur, les fauteuils et le décorum appartiennent eux aussi à une autre époque, un siècle d’existence au bas mot…

Le rouge domine. Tout est rouge, du sol au plafond, moquette, sièges, murs, tout, absolument tout, même le gilet de l’ancêtre adoptera le coloris, ce soir.

L’ancêtre, c’est Voulzy, Laurent Voulzy, frère de sang et de cœur de Souchon, Alain Souchon. Son alter ego, sa moitié, son bras droit, celui qui tient la plume et qui fait danser les mots sur les partitions géniales écrites par l’autre main, celle de Laurent.

Vieux… Ben faut croire que moi aussi j’suis vieux, puisque je dois avoir acheté son premier 45 tours, il y a près de 35 ans ! « Rockcollection », je devais avoir 14/15 ans à tout casser. Ça ne date pas d’hier, hein ! On est milieu des seventies, si ma mémoire ne me fait pas faux bond. Mais en près de 4 décennies, l’eau a coulé sous les ponts. Voulzy a pondu un véritable chapelet de hits en seulement 4 elpees studio, de 1979 à 2011. Ouais, pas pressé le mec. A sa décharge, il compose pour son pote et pour d’autre encore. Et puis, comme il le dit lui-même, il n’y a pas d’urgence. Chez lui, la qualité prend le pas sur la quantité.

En 2011, il publie un album concept qui transporte ses auditeurs en plein Moyen-âge de l’autre côté de la Mer du Nord. L’opus surprend mais reste néanmoins d’excellente facture. Musicalement, il tape dans le mille, usant d’instruments acoustiques nouveaux et anciens avec un égal bonheur.

Ce soir, c’est donc le ‘Lys & Love Tour’ qui nous est proposé, dix ans après la tournée qui illustrait « Avril », tombé dans les bacs, en 2001.

Fait pas chaud ce soir à Lille. En outre, les organisateurs en mettent du temps pour nous laisser entrer. Pour un spectacle prévu à 20h30, on n’ouvre les portes qu’à 19h45. On a déjà vu mieux…

Soit, on y est, ne boudons pas notre plaisir. La salle, 1000 sièges en tout et pour tout, se remplit rapidement et lorsque Sirius Plan prend possession de quelques mètres carrés, à l’avant-scène, tous les beaux fauteuils sont occupés. Les trois filles, jolies, ce qui ne gâche rien, sont présentées en voix off par Laurent lui-même avant d’entamer un mini-set de cinq morceaux jouissifs et dynamiques à souhait. Le public bien que majoritairement plus que cinquantenaire, dans l’ensemble, se laisse prendre au jeu et les deux derniers titres sont interprétés devant une foule conquise, debout et super excitée. Chapeau mesdemoiselles ! A revoir d’urgence…

Quelques réglages plus tard, la sonnette retentit (ben oui, on est au théâtre) et chacun regagne sa place avant d’être plongé dans une semi-obscurité. Place alors aux premiers accords d’« Un ange passe », introduction instrumentale, qui plonge immédiatement l’auditoire dans un décor et une ambiance baroque. Cloches, violon, violoncelle, harpe, chandeliers géants, bougies au sol et autre bouclier, tout nous rappelle l’époque des châteaux forts, des seigneurs et des folles épopées amoureuses de ses preux chevaliers. Laurent Voulzy lui-même a revêtu des habits qui collent à l’histoire : pantalon noir, chemise à jabot et dentelles aux poignets des manches, foulard et petit gilet de velours rouge. Par contre ses musicos, deux jeunes filles charmantes et trois messieurs un peu moins jeunes (ils se partagent une bonne dizaine d’instruments) sont accoutrés comme le commun des mortels de notre siècle. Marrant ! Le style musical, lui, ne se départira pas de l’époque médiévale. Astucieusement, Laurent mélange la quasi-intégralité de son dernier long playing à des titres plus anciens mais tout en gardant la même ligne de conduite. Un timbre moyenâgeux est toujours bien présent sur chaque morceau, même sur une reprise fabuleuse, « Scarborough Fair » de Simon & Garfunkel, est revisitée d’une façon incroyable. Mieux que l’original, tout en finesse, chœurs et subtilité. Quel talent !

Discret jusque là, Laurent se met à dialoguer de plus en plus avec son public, allant même jusqu’à téléphoner en direct à son ami de toujours qui, lui aussi, via un smartphone, échange quelques mots avec les fans lillois. Info ou intox ? Tout est possible vu la performance des téléphones portables actuels… Peu importe, l’essentiel réside dans la communion entre l’artiste et son public. Plus le concert avance, plus Voulzy se déride. Les tubes s’enchaînent, les cordes vocales tiennent le coup même si de temps à autre, ce sont celles de sa guitare qui donnent à frémir, par deux ou trois fois. Un trou de mémoire amuse la galerie et c’est le bassiste qui vient au secours de son seigneur. La bonne (l’excellente) surprise vient des instrumentistes, tous pétris de talent pour leur doigté musical ; mais que dire alors de leur prestation au micro… Rien, y’a rien à dire, juste se taire, écouter et se laisser envahir par la beauté, l’émotion. Les arrangements sont somptueux d’élégance, les voix sont divines tant chez les filles que chez les garçons. Voulzy a eu la main heureuse en dénichant trois jeunes collaborateurs pétris de talent : le bassiste, la harpiste et la violoniste. Les deux autres aux claviers et aux percussions sont des fidèles, des complices de longue date, ce qui n’enlève rien à leur mérite. La soirée se poursuit magnifiquement par quelques titres affichant pour la plupart une bonne dizaine d’années : « Liebe », « Paradoxal système », « Le pouvoir des fleurs », « Belle-Ile en mer ». Le public est ravi et Laurent le laisse chanter mais, perfectionniste jusqu’au bout des ongles, il corrige avant de faire reprendre en s’assurant que la note est correcte.

Mais la nuit avance, deux heures déjà que le set a débuté. « Jeanne » et « J’aime l’amour » sonnent le glas. L’artiste se retire sous les acclamations mais ne peut rester longtemps dans les coulisses. C’est sous les ‘On n’est pas fatigué’ qu’il refait surface en répliquant tout sourire ‘Moi non plus’.

S’ensuit alors une petite histoire de rencontres dans les rues de Lille qui donnent lieu à quelques reprises raccourcies de chansons qu’il n’a pu insérer dans sa ‘set-list’, par manque de… temps…

« Fille d’avril », « Le cœur grenadine », « Karin Redinger » retrouvent la place qu’ils méritent.

Finalement au bout de deux heures trente, « La nuit » clôture définitivement le show de ce ‘vieux bonhomme’ qui nous a, une fois de plus, éblouis par la beauté de ses chansons, par sa gentillesse et son professionnalisme.

Ben, les p’tits jeunes, prenez-en de la graine car le pépère Voulzy a vraiment plus que de beaux restes, il pourrait même vous remonter les bretelles si votre ‘la’ n’était pas juste, juste…

Les fleurs, il les a reçues de quelques ‘jeunes dames’, les a précieusement gardées et il a même accepté de signer l’un ou l’autre autographe pour les admiratrices les plus persévérantes.

Quand on vous dit qu’il est gentil…

Superbe soirée, un remède bien meilleur que les antidépresseurs prescrits en cette période grise, froide et triste…  

OrganisationVérone Productions

(Voir aussi notre section photos ici)

 

Two Gallants

Dommage, ces balances mal réglées…

Écrit par

Pendant quelques années, les deux musicos de Two Gallants se sont consacrés à leurs projets respectifs. En solo pour Adam Haworth Stephens. Au sein de Devotionals pour Tyson Vogel. Il y a quelques mois, le duo a publié un nouvel opus, « The Bloom and the Blight ». Un album résolument différent des précédents elpees (NDR : tous excellents, il faut le rappeler !) et au cours duquel Stephens n’a pas hésité à se servir davantage de la distorsion. Le son y est donc beaucoup plus sauvage et âpre. Un changement radical qui avait éveillé notre curiosité et puis suscité l’envie d’assister à une future prestation scénique. Le concert au Botanique de ce 27 novembre tombait donc à pic.

Le tandem jouit quand même d’une notoriété certaine en Belgique, puisque le spectacle est sold out, déjà depuis quelques semaines. La première partie est assurée par un groupe anglais répondant au doux nom de To Kill a King. Un patronyme inspiré d’un film britannique réalisé par Mike Barker, sorti en 2003. Pratiquant une forme de folk rock, cette formation est venue présenter son premier Ep, « Word of Mouth ». Les Londoniens ont donc la lourde tâche d’ouvrir les hostilités. Malheureusement, sans être catastrophique, leur prestation ne casse pas ‘trois pattes à un canard’ ; dans ces conditions si le roi est mort, on ne criera pas ‘vive le roi’…  

Le temps de prendre l’air quelques minutes et il est temps de revenir dans la salle. Derrière le podium, s’étend une énorme banderole arborant un motif tout droit sorti des premières encyclopédies. Sa signification reste une énigme pour l’ensemble de la foule et esthétiquement les avis sont mitigés. Peu importe…

Les deux barbus montent sur l’estrade vers 21h05. Ils attaquent d’abord plusieurs morceaux de leurs derniers albums, dont l’excellent « My Love Don’t Wait ». Techniquement, les deux protagonistes sont toujours au top. Adams.H.Stephens affiche une dextérité impressionnante à la guitare même si son jeu s’est durci. Quant à Vogel, on se demande encore comment il parvient à tenir la distance à ce régime. Si la prestation tient la route, on ne peut pas en dire de même de la qualité du son. Et pour cause, sur-amplifiée, la batterie étouffe les subtilités des accords de la guitare. Et si au fil du concert, le phénomène va s’estomper, il sera toujours bien présent. Fâcheux ! Malgré ces soucis techniques, Two Gallants enchaîne les titres. Et les anciennes compos subissent un traitement plus pêchu. A l’instar de « Steady Rollin’» ou « Las Cruces Jail ». On aura même le droit à un nouveau morceau. En fin de parcours, deux membres du groupe anversois Hickey Underworld les rejoignent sur l’estrade, afin d’assurer les percus, pour une composition qui ne relève pas du répertoire des Californiens. Une reprise sympathique, mais loin d’être percutante. Et c’est « Halcyon Days » qui clôt le corps du set.

Un peu de calme pour entamer le rappel, puisque Two Gallants aborde deux ballades, « Broken Eyes » et « Sunday Souvenirs ». Mais « Nothing to You » conclut la prestation très électrique du duo étasunien. Dommage, ces balances mal réglées… 

(Organisation Botanique)

Voir notre section photos ici

 

Page 97 sur 154