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Gavin Friday - Het Depot
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David Bartholomé

Une belle histoire d’humour…

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Sharko est mort, vive David Ier. En apothéose à une carrière menée tambour battant durant une bonne décennie, le trio wallon nous a livré un bel héritage sous forme d’un « BeAst of » paru en juillet 2010. Fort de 15 titres, le testament de la formation belge léguait à la postérité ses 15 pierres les plus précieuses.

Et chacun de s’en retourner à ses petites affaires de son côté. Il était clair, dès le départ, que seul David Bartholomé parviendrait à surnager dans cet océan de ‘solitude’ artistique, l’homme ayant déjà depuis belle lurette pas mal de projets en tête et des idées à foison.

A peine douze mois se sont-ils écoulés depuis l’enterrement de première classe de Sharko que David, tel Lazare dans une autre histoire (mais laquelle encore ?) revient à la vie.

« Cosmic Woo Woo », premier album solo de Bartholomé voit le jour en octobre 2011 et immédiatement, c’est le côté fantaisiste de l’homme qui prend le dessus. Libéré des obligations liées à la vie de groupe, David se lâche, écrit et compose ce qu’il a vraiment envie de chanter. Il arrange ses morceaux de façon tout à fait ‘spéciale’, et chacune des plages, truffée de trouvailles et d’originalité démontre le génie de l’homme.

Mardi, mercredi et ce jeudi soir, David Bartholomé défendait son dernier-né devant un parterre déjà tout acquis à sa cause. Ben oui, j’imagine mal des gens se déplacer pour voir quelqu’un ou quelque chose qu’ils n’aiment pas !

Mais si l’album en avait surpris plus d’un (dans le bon sens) que dire du ‘spectacle’ proposé ?

Car plus qu’un concert ou récital, c’est vraiment le terme spectacle qui sied le mieux à la prestation livrée ce soir, digne d’un ‘one man show’ de la meilleure veine. A la fois clown, ventriloque, marionnettiste, amuseur public, le plus Ardennais des Bruxellois laisse libre cours à ses fantaisies et à ses envies les plus folles.

C’est seul à la guitare et en bricolant une boîte à rythmes (qui comporte aussi des lignes de basse et de claviers) à l’aide de ses pieds, qu’il nous propose le classique « Sweet Protection ». Parfaite entrée en matière !

Mais la suite sera beaucoup plus animée… Cachée derrière un petit théâtre de marionnettes, Camille assure les chœurs sur « Mars » tout en nous laissant imaginer que c’est une éponge jaune trafiquée qui chante. Le reste sera à l’avenant… De temps à autre, son autre acolyte vient l’accompagner au piano, jouet d’enfant ou sur une batterie pour nains ! Mais la bonne humeur, les sourires et les éclats de rires sont au rendez-vous.

Au meilleur de sa forme, David propose au public de participer à l’orchestration sur « Moon ». L’un reçoit donc une clochette, le suivant un klaxon, le troisième un canard pouêt-pouêt et ainsi de suite jusqu’au volontaire qui doit crier ‘Cor de chasse’ ; le but du jeu étant d’utiliser son ‘instrument’ lorsqu’un mot bien précis de la chanson est prononcé. Dès les explications et avant l’entame du morceau, tout le monde est mort de rire.

Mais ce doux-dingue va jusqu’au bout de ses idées folles, c’est la raison pour laquelle on l’aime aussi ! Et ça marche, effet garanti !

Ne retenir que les excentricités de David Bartholomé serait vachement réducteur. A côté de ce côté exubérant et festif, il reste un artiste sensible, à l’organe si particulier chantant souvent à la limite de la rupture. Et ses chansons font mouche. Gouailleur, moqueur (les chanteurs français en prennent pour leur grade), un tantinet désabusé politiquement parlant, David fait l’unanimité quant à la qualité de son interprétation et au choix de ses chansons.

Un seul album solo d’une durée de 35 minutes à peine, c’est un peu juste pour passer la soirée. Nous avons droit à quelques ‘vieilleries’ dont  « Rise Up » et évidemment, histoire de terminer cette folle soirée, « Excellent » repris (hurlé) en chœur par les 150 personnes qui peuplent la Rotonde ce soir.

Jamais je n’avais autant ri lors d’un concert !

Envie de vous marrer un bon coup ? Allez donc voir David Bartholomé. Il guérit de tous les maux…

(Organisation Botanique)

 

Yael Naïm

La Grâce est israélienne

Écrit par

Il était une fois une ville répondant au nom de Tournai. Une cité, surplombée par cinq clochers, abritant une Maison de la Culture. Par un soir d’automne, alors que les feuilles craquaient sous mes pieds, j’entrai dans ce bâtiment aux multiples portes, devancé par quelques marches. Ces mêmes portes qui pourraient symboliser la diversité culturelle que ces salles renferment. Une fois n’est pas coutume, la musique habitait les lieux, le temps d’un soir.

Une petite jeunette de 21 ans nommée Sarah Carlier s’aventure sur l’estrade, accompagnée d’un unique guitariste, devant une salle pratiquement comble. Sa voix est douce et laisse planer des airs un temps agréable. Et puis, je me surprends à avoir mes yeux rivés sur les doigts de son musicien qui courent le long des cordes. La monotonie de son ton vient alors me percuter les neurones. Rapidement enchainé par la conscience que son micro a plus de prestance scénique qu’elle. L’ennui me gagne face à cette Schaerbeekoise qui livre un set insipide. Morphée me tend presque les bras. Heureusement, les techniciens ont 40 minutes pour chauffer la salle, comme il se doit…

Un peu plus tard, débarque Dame Grâce, j’ai nommé Yaël Naïm. Sa robe blanche, ses gants roses, sa classe naturelle séduisent déjà l’auditoire. Lorsqu’elle ouvre la bouche pour laisser s’échapper les premières notes, des milliers d’oiseaux viennent se poser sur l’épaule de chaque spectateur. Ils leur poussent de douces mélodies au creux de l’oreille, les plus naturelles aussi. Dame Grâce confie alors son histoire, nous parle de son arrivée en France, de sa famille restée à Tel Aviv, de son amour lassé d’attendre son retour. Une interaction s’établit entre l’artiste et le public, et celui-ci lui rend bien. Bientôt, elle se met à jongler avec les instruments : tantôt à la guitare, tantôt au piano. Et aux ivoires, elle prend une dimension magique, une ampleur émerveillant tout un chacun. Une véritable envolée sauvage. Après la tempête revient le calme.

L’Israélienne embarque tout le monde sur une petite barque naviguant sur une rivière d’émotions. Ses peurs, sa tristesse, son mal du pays nourrissent ses chansons. Au détour d’un méandre, on aperçoit une contrée inhabituelle d’où s’échappe une langue mal jugée. Les ballades interprétées en hébreu, qu’elle nous offre, sont d’une poésie rarissime. Tout à coup, de manière inattendue, elle bifurque vers des terres que chacun connaît, qu’elle s’approprie et refleurit d’une espèce nouvelle. Le « Toxic » de Britney Spears et « My Umbrella », que chantait il n’y a pas si longtemps Rihanna, en deviennent méconnaissables.

Déjà, c’est le moment pour chacun de reprendre sa route. Juste le temps d’un grand éclat de rires entre musiciens, qui nuit malheureusement à la qualité de « New Soul », provoqué par le bassiste qui s’improvise apparemment clown. Une belle histoire d’un soir qui, malgré toutes ses qualités précitées, ne m’a pas transcendé. Mais ce récit reste néanmoins agréable à vivre.

Ils furent heureux et eurent beaucoup de standing ovations.

(Organisation : Maison de la Culture de Tournai)

Zola Jesus

L’arène de cœur

Écrit par

Petit bout de femme épatant, à la frêle silhouette mais au registre vocal épatant, Nika Roza Danilova, alias Zola Jesus envahit littéralement une Rotonde pleine à craquer en ce lundi soir. Une heure de show qui stoppe net le balancier du temps, fige celui-ci dans un impalpable écrin de soie aux fibres venimeuses et transforme la plus grande obscurité en lumière blanche aveuglante. Petite par la taille, grande par le talent, cette jeune prodige d’un peu plus d’une vingtaine d’années trace sa route comme son destin. Sans compromis, et en pleine conscience de ses moyens.

Imaginez un instant Britney Spears ou Lady Gaga, tombées à l’adolescence dans un chaudron Indus-Goth et épargnées par l’industrie musicale de masse.

Imaginez-les face à un miroir au verre non déformant, où l’image reflétée serait celle d’artistes émancipées et intègres.

Et bien, de l’autre côté de ce miroir, camperait une statue de marbre blanc à l’effigie de Zola Jesus, plongée dans le crépuscule d’un univers idoine.

Débarrassée de ses oripeaux de grande prêtresse et explorant des horizons sensiblement plus Pop (définition à placer dans une perspective tronquée, cela va sans dire), son troisième opus, intitulé « Conatus », révèle au grand jour son extraordinaire potentiel.

Conatus, terme emprunté à la philosophie de Spinoza, signifie quelque chose comme : ‘continuer à aller de l’avant’. Il ne saurait en être autrement au vu de la prestation de ce soir.

Envahissant l’espace et le temps, au devant de la scène comme dans le public où elle n’hésite pas à descendre pour se mêler à la foule, attitude que l’on devine aisément contre sa nature, tant sa fragile stature tendrait à la confiner à une timide retenue, la Russo-américaine se livre entièrement et surtout laisse échapper sa voix qui s’envole depuis sa cage thoracique pour étendre ses ailes au dessus de nous, dans un vol splendide et majestueux.

Entourée de trois hommes de l’ombre aux claviers et programmations et d’un quatrième, derrière les fûts, elle restitue parfaitement en live l’univers de ses albums.

Feu de glace, sa musique est un souffle derrière un voile de grâce. Simultanément inquiétante et apaisante, excitante et intrigante, charnelle et pourtant évanescente.

« Swords » dont la lame scintille sous le crépuscule d’une nuit blafarde, « Shivers » dont les tremblements lointains résonnent en échos binaires, « Clay Bodies » dont l’enveloppe plastique s’assimile à une étreinte désespérée au cœur de l’abandon, et l’incontournable « Vessel » qui s’enlise langoureusement dans l’impénétrable tissu du doute et de l’espoir.

Une prestation sans faille et qui projette définitivement l’avenir de Zola Jesus dans une dimension parallèle au sein de laquelle nous sommes appelés à nous retrouver pour danser avec l’Amour, la Mort et la Vie, dans une communion solennelle.

(Organisation : Botanique)

  

Arid

La crème des crèmes…

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Suite à la sortie de son dernier opus, « Singles Collection », la formation flandrienne a décidé de déposer ses valises, depuis une petite dizaine de mois, un peu partout dans nos contrées. Le but poursuivi est de faire revivre d’une  façon moins ‘ostentatoire’ la crème de leurs compos. Entamée réellement en 1999, lors de la parution de « Little Things of Venom », la carrière d’Arid est immédiatement placée sur les bons rails. Douze ans plus tard et forts de 5 albums studio, la qualité toujours au rendez-vous ; mais le combo a voulu faire le point de la situation avant d’aller plus avant ans son projet. Réunissant 19 plages, ce « Singles Collection » est véritablement une superbe vitrine derrière laquelle sont exposées les plus belles pièces de leur travail.

C’est donc d’une façon plus intime, plus proche de leurs fans que les Gantois ont souhaité partager leurs plus beaux trésors. Petite salle, proximité du public, simplicité dans l’amplification, Jasper Steverlinck et ses deux (trois en incluant le bassiste) acolytes invitent donc celles et ceux qui les aiment à s’approcher d’eux, à discuter après le show, à boire un coup et même à poser pour la photo souvenir !

Ce dimanche, en fin d’après-midi, nous étions parmi les 200 veinards à avoir dégoté un sésame permettant d’entrer en communion avec ce qui reste, à mes yeux et pour beaucoup d’autres, le meilleur band belge depuis perpète. Il est 18h30 à peine et la petite salle lessinoise est pleine comme un (petit) œuf quand Jasper s’assied derrière son piano et entame en solo « I Don’t Know Where I’m Going ». La magie opère immédiatement et le constat est implacable, il a une sacrée voix ce mec. Jasper Steverlinck est un vrai, un grand, un très grand chanteur, y’a pas à discuter là-dessus ! Et c’est dans de telles conditions que cette évidence saute aux yeux ou plutôt aux oreilles, devrais-je dire….

David Du Pré et Steven Van Havere rejoignent leur leader pour ce qui sera le meilleur concert d’Arid vu (six fois) par votre serviteur, en dix ans. Sur une scène de vingt mètres carrés environ, un piano trônant au centre, les places sont chères… Mais David, stoïque comme à son habitude va rester près de deux heures sur son petit espace, Steven se contentant de son estrade, derrière ses fûts, et le bassiste se confinant bien sagement dans l’ombre des trois autres. Faut dire que le trio est présent depuis les prémices de la carrière du groupe, alors que ce dernier n’est qu’une pièce rapportée…. Tous quatre vêtus de noir de la tête aux pieds, sauf les chaussures (NDR : faut pas déconner non plus), ils nous gratifient de plus d’une heure trente de titres tous plus connus les uns que les autres. L’intégralité des classiques est passée en revue, de « Broken Dancer » à « If You Go ». Inutile de citer les dix-neuf, chacun aura compris qu’Arid interprète la crème des crèmes. Personne ne s’y trompe d’ailleurs. Bien sagement assis durant près d’une heure, la foule (?) se déchaîne (!) et abandonne les fauteuils confortables de ce petit théâtre pour enfin se laisser aller, danser, taper des mains et reprendre en chœur les refrains hyperconnus. Pas besoin de grand-chose de plus, à peine un petit jeu de lumière discret, une gorgée de whisky de temps à autre (dixit Jasper himself) pour se chauffer les cordes vocales mises à rude épreuve et l’affaire est dans le sac.

Il est à peine vingt heures lorsque les quatre compères quittent le podium sous les acclamations et ne se font pas prier trop longtemps pour revenir interpréter trois derniers morceaux. « Until I Find You » clôture ce superbe set, tout en justesse et authenticité.

Nous sommes à peine sortis de la salle qu’ils sont là, dans la buvette ! Un petit verre de blanc à la main, ils nous attendent, offrent des poignées de mains, des autographes, taillent une bavette avec tout qui veut et dédicacent leur dernier CD et même les autres à ceux qui en font l’acquisition. On se croirait revenu en 1999 lors de leur première tournée. Magique et vraiment sympa !

Belle soirée, horaire idéal pour terminer la soirée entre amis autour d’un verre pour… refaire le concert.

Alors, si vous en avez l’occasion, ne les ratez surtout pas. Mais grouillez-vous, la tournée est en fin de parcours !

(Voir aussi notre section photos)  

The Antlers

Digne de Jeff Buckley !

Écrit par

Ce mardi, The Antlers se produisait à l’Orangerie du Botanique de Bruxelles, pour nous servir ses complaintes romantiques et tourmentées, issues de leurs deux magnifiques derniers albums, « Hospice » et « Burst Apart ».

Mais, avant de savourer la voix d’ange déchu de Peter Silberman, le public est invité à découvrir un supporting act. Dry The River. Une formation insulaire. Arrivé en retard, je n’ai pu profiter que des deux derniers morceaux de leur prestation. Deux compos issues de leur dernier Ep. A mon grand regret d’ailleurs ; car la musique de ces Londoniens est tout bonnement irrésistible. Elle est même inspirée par les Fleet Foxes, mais en plus rock. La salle est déjà comble quand le groupe, pourtant relativement peu notoire, défend son répertoire sur les planches. Et elle ne désemplira d’ailleurs jamais, de toute la soirée…

En live, le line up de The Antlers est élargi à quatuor. Une configuration, ma foi fort classique, puisqu’elle implique guitares, basse, batterie et claviers. Le son est particulièrement bon ce soir, à l’Orangerie. Et dès le début du set, la gratte de Timothy Mislock (c’est le musicien qui accompagne le combo, en tournée) et le falsetto de Peter Silberman impressionnent. La voix de ce dernier est proche de celle de Jeff Buckley. Les accords de six cordes dispensés par Mislock sont tour à tour saturés ou épiques. Le tracklisting puise parmi les pépites des deux derniers opus du band (« French Exit », « Sylvia », « No Widows »). Mais bien que toujours empreintes de mélancolie, les compos sont proposées sous une forme plus énergique et en même temps, magnifiées par les superbes interventions de Darby Cicci aux claviers. En extrapolant, on a parfois l’impression de se replonger dans l’univers de feu Buckley…

Le public est conquis et a droit à un rappel, au cours duquel, des titres comme « Two » et « Bear » vont nous flanquer des frissons partout. The Antlers est entré dans la cour des grands. Et ce n’est pas vraiment une surprise.

(Organisation Botanique)

 

Wiz Khalifa

Jam For The Ladies

Écrit par

Son précédent séjour en Belgique, Wiz Khalifa s’en souviendra longtemps. Il est en effet l’un des derniers artistes à s’être produit sur une scène du Pukkelpop 2011, avant l’événement désastreux qui a frappé le festival. Et ce nouveau passage sur les planches belges, il est fort à parier que le jeune rappeur s’en rappellera également longtemps, mais pour des raisons autrement plus réjouissantes. Car c’est une foule déchaînée et hautement enthousiaste qui a accueilli l’artiste ce vendredi 18 novembre, dans la grande salle de l’Ancienne Belgique.

Depuis sa signature sur le label Atlantic, le nom du rappeur de Pittsburg est sur toutes les lèvres. La sortie du single « Black & Yellow » et de « Rolling Papers », son troisième LP, ont contribué à alimenter un buzz aujourd’hui devenu considérable. Pour preuve, une AB complète depuis quelques mois déjà. Pourtant, quelques minutes avant le show du bonhomme, l’assistance est encore clairsemée. Sur les coups de 21h, le DJ prend place derrière ses manettes. Pas de vrai show ‘live’ donc. Ce qui n’empêchera pas le public de hurler à plein poumons à chaque onomatopée et scratch du gars. Dans les gradins, une jeune fille s’accroche à son panneau ‘I Love You Wiz Khalifa’ ou un truc du genre. Justement, le Wiz s’amène tranquille sur scène, sous un sweatshirt rose et déballe instantanément « When I’m Gone ». Premier morceau, premier tube. Et des tubes, il va en pleuvoir ce soir. Les filles ne maîtrisent plus leurs cordes vocales tandis que les mecs lèvent les bras comme un seul homme. Wiz Khalifa est accueilli comme le messie. Accompagné de Chevy Woods, qui assurait également la première partie de la soirée, le rappeur remercie d’entrée de jeu ses fans de leur présence et leur balancent des « Cabin Fever », « Gang Bang » et autres « In The Cut » qui font vibrer les murs de la salle.

Cameron Thomaz, alias Wiz Khalifa, sait comment faire hurler les filles. D’abord en sweat, le jeune homme se retrouve bientôt en chemise avant de finir torse nu en milieu de parcours. Mais c’est lorsqu’il s’adonne à quelques pas de danse suggestifs que la gente féminine fait plus particulièrement péter les décibels. Repris à plein poumons par les fans, « Taylor Gang » voit l’apparition sur scène de trois mecs sortis de nulle part. Ils ne chantent pas, ne rappent pas, ne dansent pas vraiment. Bref, ils ne servent à rien, sinon à jouer aux poseurs en trois minutes chrono. Un ‘Bros before hos’ scénique tout à fait dispensable.

La dernière partie du concert est consacrée aux derniers tubes du rappeur qui enchaîne coup sur coup « On My Level », « No Sleep », avant que « Roll Up » et « Black & Yellow » ne ferment la danse. Wiz et ses potes ne s’éclipsent que l’espace de quelques secondes avant de balancer un dernier morceau et tirer leur révérence. Le moins que l’on puisse dire c’est que le rappeur a laissé une bonne partie du public sans voix. Au propre plus qu’au figuré.

Organisation : Live Nation.

Suarez

Dans le salon de Suarez

Écrit par

La salle de l’Ancienne Belgique est souvent le rendez-vous de belles soirées musicales. Mais quand un ‘petit’ groupe de Montois débarque à Bruxelles, le tapis rouge, c’est Suarez qui le déroule pour les spectateurs, constitué majoritairement de jeunes adultes. La salle comble les ravit, les pousse à en donner toujours plus. Plus que de jouer pour les fans, ils jouent avec eux. Simple, efficace, monstrueux, et bien d’autres adjectifs élogieux, Suarez a déjà tout des grands et peut-être même un peu plus!

La jeune Mariama arbore une tenue brillant de mille feux pour ouvrir cette soirée à l’AB. C’est seule, uniquement armée de sa guitare, qu’elle doit faire face à une salle pleine à craquer. Et le sourire affiché ne laisse planer aucun doute sur le plaisir partagé en compagnie du public bruxellois. Ses mélodies bien balancées instaurent une ambiance qui monte crescendo. De sa grand-mère Mathilde à son grand-père tchèque, la native de Sierra Leone nous emmène dans son petit monde, source de son inspiration. Elle remplit sa mission à merveille en chauffant ces spectateurs qui commencent déjà à pousser la chansonnette avec elle. Si les jours qui viennent la verront mettre le feu aux planches en première partie de Yaël Naim, cette douce voix aux rythmes entrainants devrait bientôt lui permettre de prendre son envol.

21h, les voilà enfin! Les cinq compères de Suarez prennent possession de la scène. Ils démarrent à cent à l’heure telle une voiture de formule 1. « T’étais comme » donne directement le ton de la soirée. Le public et le groupe ne font qu’un, un peu comme si les 2 000 personnes étaient sur l’estrade aux côtés du groupe. D’ailleurs, Marc Pinilla, le chanteur ne résiste pas et prolonge les morceaux encore et encore pour le plus grand bonheur de tous. Alors « On attend », « Le temps de voir » ces artistes déchaîner leur talent. Mais « Aie aie aie », comment vous décrire l’esprit qui règne sur l’assemblée quand viennent ces titres? Il faudrait presque inventer de nouveaux mots, un nouveau dictionnaire: ‘Le Petit Suarez’. Parce que citer les mots ambiance, partage, plaisir, simplicité… paraitrait tellement léger qu’il en deviendrait peu approprié. Mais après tout, « On s’en fout » de quelques mots maladroits, je préfère rester « L’indécideur » de service et vous laisser les choisir. Etre un phénomène inexplicable, c’est aussi la magie du groupe montois! On a juste envie de tous entrer dans « La danse », comme si l’Ancienne Belgique était leur salon et qu’ils jouaient pour un groupe d’amis. Et au-delà des mélodies fêtardes, Marc est aussi capable d’user d’une voix sensible, capable de réveiller quelques émotions qui font du bien. Elles restent là, en nous, sur le bord de notre cœur, « Juste pour voir » quand on va refaire appel à elles. Mais déjà vient l’heure du rappel et elles ont peur d’avoir été abandonnées. Mais puisque Suarez est généreux à souhait, ils offrent un petit cadeau à Mariama et lui font grâce d’un titre en leur compagnie. La salle est en ébullition. Et puis, ce concert atteint son zénith, son summum, les émotions tantôt laissées pour compte explosent dans tous les sens. Chacun voit « La vie en rose », tel « L’amant » devant sa bien-aimée. Un moment particulier… Tous au devant de la scène, ils se posent délicatement en harmonie avec ce public admiratif. Vient alors l’heure de se quitter… Un dernier titre, un chanteur qui descend parmi les fans, gagné par une frénésie, se fendant d’une déclaration d’amour auprès de l’auditoire bruxellois qui n’a pas failli à sa réputation. Un bouquet final pour clôturer cette soirée de folie, de pur bonheur pour les oreilles. Les cinq artistes quittent la scène, un peu à contrecœur. Aah « Qu’est-ce que j’aime ça » quand des groupes sont capables de voir grandir leur notoriété en gardant cette simplicité et cette proximité avec le public!

(Organisation : Nada Booking)

 

The Rapture

Party Rock Anthem

Écrit par

Le moins que l'on puisse dire c'est que le retour du combo Disco Punk new-yorkais était plus qu'attendu. A la fois avec excitation et appréhension. Une excitation due à la publication d'un quatrième album, « In the Grace Of Your Love », aussi groovy et efficace que le disque précédent. Et une petite appréhension consécutive à la reconfiguration de la bande qui a vu Matt Saffer, l'un de ses piliers, quitter ses rangs en 2009. Finalement, l'efficacité du quatuor devenu trio aura raison de tous les doutes. Quelques semaines après leur prestation accordée au Trix d'Anvers, The Rapture nous fait l'honneur d'un second passage, cette fois au cœur de Bruxelles, à l'Orangerie du Botanique.

« In the Grace Of Your Love » représente un tout nouveau départ pour Luke Jenner et ses acolytes. Ou un retour aux sources, c'est selon. Car ce quatrième LP voit le trio se rabibocher avec le label DFA qu'il avait quitté le temps d'un disque, « Pieces Of the People We Love ». The Rapture, version 2011, monte sur les planches vers 21h devant un parterre comble depuis plusieurs semaines. L'intro du titre-maître du dernier ouvrage s'échappe des baffles. Le ton est donné, ce soir : c'est le vrai 'party rock' qui est à l'honneur. Pas de 'shuffle', juste des bons riffs qui te font décoller le popotin aux premières notes et des beats qui s'amusent à envoyer des décharges électriques aux gambettes. Bref, rester stoïque face aux morceaux de The Rapture relève d'un manque de coordination flagrant. Parce que lorsque Luke, Vito et Gabriel –flanqués d'un quatrième musicien pour la mouture live–, balancent « Pieces Of the People We Love », « Get Myself Into It », « Whoo ! Alright-Yeah...Uh Huh » et « Killing » presqu’à la suite l’un de l’autre, le public ne peut que se plier aux volontés de la formation. L'Orangerie est en ébullition et le couvercle explose carrément lorsque l'intro de l'übber-tube « House Of Jealous Lovers » retentit entre ses murs.

Sur scène The Rapture circa 2011 n'est certes plus le même que huit ans auparavant, lorsqu’il défendait l'énorme « Echoes ». Mais malgré une énergie moins perceptible qu'à l'époque, le trio s'en sort haut la main en dosant idéalement anciens morceaux et nouvelles compos. Comme« Olio », ce putain d'hymne electro auquel les New-Yorkais ont greffé « Come Back To Me ». Une transition entre l'ancien et le nouveau Rapture opérée de manière tout à fait naturelle, comme si ces deux compos avaient été écrites à la même période. S'ensuivent « Sail Away » et ses accents disco et le post-punk de « Echoes » qui vient clôturer le show.

Les Ricains reviennent pour un ultime 'encore' durant lequel ils vont faire un peu retomber la tension en interprétant « Children », l'un des deux morceaux les moins intéressants de la nouvelle plaque. Luke et co. ont néanmoins l'excellente idée de faire leurs au revoir au son de « How Deep Is Your Love? », premier extrait d’« In the Grace Of Your Love », accueilli bruyamment par une horde de près de 700 fans qui en ont eu pour leur argent. The Rapture version 2.0, c'est de la balle.

Organisation : Botanique