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Farfouiller dans la Pure Carrière…

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort. Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force.…

Denver ou DNVR ?

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dEUS - 19/03/2026

Connan Mockasin

Avec Mockasin, on n’a plus les pieds sur terre…

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Publié en 2011, le premier album de Connan Mockasin, « Forever dolphin love », avait littéralement défrayé la chronique. Flanqué de son band, il se produisait ce lundi 26 mars à l’Orangerie du Botanique. Et il reviendra, mais cette fois au Cirque Royal, ce 19 mai, dans le cadre des Nuits Botanique, en compagnie de Charlotte Gainsbourg. Pour accueillir le Néo-Zélandais et sa troupe, la salle est bourrée comme un œuf. Quand on pense qu’au départ, le concert devait se dérouler à la Rotonde ; preuve que cet artiste est en passe devenir une ‘star’ incontournable. Pas de supporting act. Le set démarre à 20h30…

Lorsque le team monte sur les planches, leur accoutrement a de quoi faire sourire. Le drummer, situé à gauche du podium, porte une perruque. Il ressemble à Ringo Starr, mais en moins primaire. Le bassiste est plutôt bel homme. Baraqué, revêtu d’une chemise de soie aux motifs indiens, il est élégamment coiffé d’un turban comme les Maures, dans la série de longs métrages, « Angélique ». Chevelure traitée par un brushing comme à la belle époque des 70’s, le claviériste (parfois second gratteur) a enfilé un pantalon aux motifs psychédéliques et une chasuble de couleur bleue. Pas n’importe qui, puisqu’il s’agit de Sam Eastgate, le leader de Late of The Pier. On ne décernera cependant pas le prix d’élégance au percussionniste. Faut dire qu’il a enfilé une robe rose fendue, partiellement recouverte d’un mini-peignoir de couleur jais, parsemé de paillettes scintillantes. Il a bien des chaussettes de sport rayées, mais ses jambes sont particulièrement velues. La classe ! Heureusement, il restera planqué derrière un pupitre, à droite de l’estrade, pratiquement toute la soirée. Il s’est cependant remonté les cheveux en chignon, qu’il dénouera après deux ou trois morceaux. Connan a un look bien plus soigné. Sa petite moustache lui confère un petit air latino. Il est coiffé d’un superbe chapeau, mais surtout est vêtu d’une chemise abricot dont le col est fermé par un nœud papillon de même teinte.

Dès le début du set, on est plongé dans un univers atmosphérique, presque shoegaze. Subtile et douce, la voix de Connan épouse parfaitement la mélodie sinusoïdale. Sa guitare libère des sonorités éthérées, qui me rappellent quelque part celles dispensées par Garce, lorsqu’il sévissait chez Sad Lovers & Giants. Et Sam vient enrichir cet univers semi-psychédélique, en se concentrant alors sur ses cordes. Puis, après une intro a cappella, caractérisée par la conjugaison de leurs voix angéliques, les musicos attaquent le superbe « Faking jazz together ». A cet instant, on n’a déjà plus les pieds sur terre. Passé un bref instrumental, « Egor Hosford », donne un premier coup d’accélérateur. Empruntant un tempo tribal, il s’achève même sur un mode déstructuré. « Uniform in uniforms » nous propulse à nouveau dans la stratosphère. Mais à partir de cet instant, on ne sait plus trop bien quand commence ou s’achèvent les morceaux. Il y a bien une nouvelle chanson (« I wanna roll with you »), imprimée sur un mid tempo, soulignée de chœurs falsetto, et abordée dans l’esprit de Prince, puis une autre épique, emphatique que n’aurait pas renié Mercy Rev, des breaks inattendus, interrompus de conversations entre Connan et le public, ponctuées d’éclats de rires, des relances fulgurantes, un accès de clavier cathédralesque, un drumming convulsif, presque floydien, et en final une immersion dans l’univers aquatique de « Forever Dolphin love », le titre éponyme de l’opus, dont l’apothéose en crescendo, même au niveau des vocaux, est aussi frénétique que superbe…

Après cinq bonnes minutes d’attente et d’applaudissements, le groupe revient sur les planches. Connan Mockasin les rejoint un peu plus tard. Il porte une perruque blonde, a remis son chapeau, porte des lunettes fumées, et a enfilé un gant. Michael Jackson est de retour ! Il se lance alors dans un pastiche de feu le King de la Pop en interprétant son « Remember the time », tout en réussissant quelques pas de danse caractéristiques. Hilarant ! Lors du titre ultime, « Lizard », un morceau qui devrait figurer sur leur projet commun, Soft Hair, Connan et Sam, se mettent à déclamer et même à rapper, avant de descendre dans la fosse pour entamer une sarabande, en compagnie du public, ravi de défiler comme lors d’un concours de mode. Puis les deux compères remontent sur l’estrade, aidée par leur roadie, dans un climat de bonne humeur communicative. Le quintet prend alors congé de l’auditoire, le sourire jusqu’aux oreilles, et nous aussi…

(Voir aussi notre section photos)

Organisation Botanique

Amadou & Mariam

Amadou et Mariam raniment La Défense

Écrit par

Le groupe malien Amadou et Mariam présentait son dernier album « Folila » lors d’un concert, accordé ce 20 mars, dans le cadre du Festival Chorus, dans les Hauts-de-Seine. Sous le chapiteau Magic Mirror, le duo est parvenu à réchauffer le public, au beau milieu du quartier d’affaires de La Défense, à cette heure, désert et austère.

Prendre son temps semble sacré pour les Maliens, à Bamako comme à Paris. Il faut patienter jusqu’à 22 heures environ pour apercevoir les silhouettes d’Amadou puis celle de Mariam, guidée par un confrère, s’avancer tranquillement vers la scène. Le duo perce l’obscurité de la salle. Il n’a rien perdu de son goût pour le doré, des lunettes aux bijoux en passant par l’habituelle guitare électrique d’Amadou. Vêtus d’un traditionnel bazin bordeaux, les chanteurs prennent place sous un Magic Mirror déjà chauffé au son reggae de Clinton Fearon ainsi qu’aux résonances planantes du balafon et du vibraphone de Lansiné Kouyaté et David Neerman. Deux choristes et danseuses accompagnent Amadou et Mariam.

Le duo entame le concert par « Mogo » tiré de leur nouvel album « Folila » qui sort le 2 avril prochain. Un morceau qui permet au public de retrouver le groupe dont le dernier opus, le  protéiforme « Welcome to Mali », date de 2008. L’attente en valait la peine, les choristes nous assurent que ‘Tout le Mali est là’.

Viennent « Magosa », qui emplit nos oreilles de la douce mélodie de la langue bambara. Puis « Batoma ». Cette chanson nous parle d’une personne désinvolte qui se fiche de tout, même quand la collectivité chante, danse, tchatche et bouge, comme nous en ce moment!

Mariam met un point d’honneur à garder la température de la salle élevée en ponctuant sa chanson de ‘yepa’ et de ‘chaud’, appelant le public à frapper des mains. De son côté, Amadou, le sourire imperturbable, demande si l’on est ‘prêt à sauter’. Les spectateurs s’exécutent avec plaisir.

De « Dobe Mangan » à « Wari », qu’Amadou nous traduit du bambara par ‘argent’, l’enchaînement des morceaux est régulièrement et naturellement entrecoupé de dialogues entre Amadou et Mariam et quelques personnes du public qui les interpellent dans leur idiome. Des échanges verbaux souvent rapides, parfois plus longs. Nous tentons de comprendre le sujet. Nous nous contenterons de deviner le contenu positif à entendre Mariam répéter ‘Ini tché’, soit merci dans sa langue.

Retour dans l’exaltation sur « Africa mon Afrique » nouveau titre au texte engagé qui inscrit le duo malien dans la tradition des chanteurs clamant un changement politique pour le continent africain. Amadou et Mariam y prônent le ‘multipartisme, la transparence et les élections libres’ ou encore ‘la démocratie et le changement’.

On se surprend à espérer voir surgir Bertrand Cantat des coulisses, qui est en featuring sur quatre morceaux de « Folila », mais en vain.

« Masiteladi » » et « Wily Kataso »  maintiennent un public attaché et remuant qui se sépare  petit à petit de quelques prudents qui ne veulent pas rater le dernier métro.

« Dogon » nous entraîne un peu plus haut, dans les terres ancestrales du Mali, un pays qu’Amadou nous encourage vivement à venir découvrir.

Le duo va puiser toute l’énergie du public en balançant tour à tour « La réalité », tiré de l’album « Dimanche à Bamako » (2004) qui nous rappelle l’Amadou et Mariam d’antan, celui de Manu Chao, des sonorités légères et frétillantes ; puis « C’est pas facile pour les aigles » et « Beaux dimanches », le tout, avant de se retirer de scène.

Et de laisser le public encore plus sur sa fin. Grondement de pieds.

Amadou et Mariam reviennent pour entonner « Chérie » et « Sebeke ». Les danseuses sont survoltées et s’accaparent le devant du podium en rivalisant de mouvements frénétiques et imposants alors que le public s’imagine sur un autre continent.

Il est bien plus de minuit et personne n’est sûr de pouvoir rentrer chez soi. Finalement pas certain de le vouloir non plus.

 

We Have Band

Harder, Better, Faster, Stronger

Écrit par

We Have Band revient, plus motivé que jamais. Venu défendre les couleurs de « Ternion », son nouvel et second LP, le trio originaire de Londres a investi le plancher de la Rotonde du Botanique pour un show tout en crescendo. Entre leur première apparition en Belgique sur cette même scène en 2009 et celle de ce 20 mars 2012, un monde de différence. Darren, Dede et Thomas ont offert une prestation quasi sans faille à un public shooté au Redbull.

En septembre 2009, We Have Band défendaient « WHB », un premier disque electro-pop fort sympathique devant une Rotonde qui se secouait timidement. Près de trois ans plus tard, le trio réinvestit la petite salle du Botanique devant un parterre bondé. Sur les planches, dès 21h, Darren Bancroft, Dede Wegg-Prosser et son mari Thomas Wegg-Prosser démarrent leur set par deux morceaux extraits de « Ternion », publié en janvier dernier. Ces nouvelles compos de la formation prennent une direction clairement new-wave. Le travail d’écriture semble plus engagé que sur « WHB », disque duquel ils extrairont ensuite « WHB » et « Love, What You Doing ? ».

Face au public, une formation transcendée par les acclamations continues du public. Dede, en tête, est une pile sur pattes. Elle exhibe fièrement sa dégaine eighties et chauffe le public sans faux-semblants. Le trio déploie un set maitrisé et donne, graduellement, tout ce qu’il a dans le ventre. En milieu de parcours, Darren se lance dans « Honeytrap ». Retravaillée sous une version électrisante, elle met le feu aux poudres. Dede reprend la main lors d’un « You Came Out » dont les ‘scream and shout’ répétés inlassablement en guise de refrain sont littéralement exécutés par un public de plus en plus déchaîné. Les trois Londoniens, certainement transcendés par l’énergie du public, font ensuite un sans-faute dont les points forts seront « Visionary », « Divisive », « Where Are Your People ? » et « Watertight ».

En guise de rappel, We Have Band propose un titre que les musicos disent ne jamais jouer en live. « What’s Mine, What’s Yours », emmené par la voix de Darren, est un pur moment d’extase pendant lequel même les plus turbulents de l’assistance retiennent leur souffle. « Oh ! » signale la reprise des festivités. Après avoir regagné les coulisses, les trois insulaires, qui n’ont pas manqué de marquer leur enthousiasme face à un public aussi chaud, sont contraints de rebrousser chemin vers les planches une troisième et dernière fois, devant la ténacité des hurlements de la foule. Pas de « Hear It in the Cans » au programme, mais WHB assène le coup de grâce en dispensant leur classique « Time After time » qui fait bondir presque tous les fans placés dans la petite fosse de la Rotonde.

Sur scène Le We Have Band cru 2012 a définitivement plus de saveur que trois ans auparavant. Et face à un accueil pareil, nul ne doute qu’on les reverra très bientôt par ici !

(Organisation : Botanique) 

Timber Timbre

Comme une lettre à la Poste…

Écrit par

Taylor Kirk, alias Timber Timbre, était de retour au Botanique de Bruxelles, pour une nouvelle prestation en solitaire. Tout au long de ses deux premiers opus, le Canadien (NDR : il est né à Brooklin, une commune de la ville de Whitby, dans l’Ontario) était parvenu à démontrer son talent de songwriter. Cependant, lors de ses dernières visites dans la capitale, Timber Timbre a soufflé le chaud et le froid. A cause de sets sans doute psychédéliques, mais surtout trop expérimentaux.  Néanmoins, le public ne semble pas lui en porter grief, puisque ce soir, la Rotonde est pleine à craquer.

C’est donc dans un cadre minimaliste que le Canadien se produit aujourd’hui : il est seul et ne s’accompagne que d’une gratte et d’une grosse caisse. Le climat est ténébreux et le public concentré. Tailor Kirk a clairement gagné en charisme et confiance. L’ombre d’un Léonard Cohen plane dans la salle. Quoiqu’énigmatique, son blues-rock est efficace. Il passe comme une lettre à la Poste… Quelques notes de guitare tout en nuances suffisent pour subjuguer l’assemblée. Voire pour la bouleverser. Sa voix fait monter la tension tandis que la grosse caisse claire accentue les crescendos. La petite salle de la Rotonde est vraiment parfaite pour accueillir ce type de concert. Au cours de sa prestation qui va durer une bonne heure et demie Timber Timbre va interpréter ses meilleures chansons, et notamment « Under Your Spell », « Demon Host » ou encore « I Get low ». L’auditoire va même avoir droit à un nouveau morceau « Coming to Paris to Kill You », qui augure un futur et excellent nouvel elpee, ainsi qu’une reprise de Screamin’ Jay Hawkins, « I Put a Spell on You ».

Face à un public, certes conquis d’avance, Kirk Taylor a de nouveau démontré qu’il était un remarquable compositeur, mais également un excellent interprète en ne se servant pourtant que du minimum syndical… Chapeau bas !

(Organisation Botanique)

 

 

Charlie Winston

Chapeau Charlie !

Écrit par

Charlie Winston est un cas un peu spécial dans le paysage musical contemporain. Né de parents hôteliers, il apprend seul le piano avant d’intégrer une fac de musique à Londres, dès 17 ans. A 20, il plaque tout pour découvrir l’Inde et élargir les connaissances de son art. Il en revient un premier album sous le bras, « Make Way ». Un disque autoproduit, même si l’artiste est déjà suivi de près par Peter Gabriel. Il l’a rencontré en 2007, dans les studios de son label, RealWorld ; et l’Archange l'a emmené en tournée pour accomplir ses premières parties. En 2009 sort « Hobo » fabuleux opus, collection de hits directs. C’est la consécration. Plus de 600 000 albums sont vendus à travers le monde. Paradoxalement, c’est en France que sa cote de popularité est la meilleure. Nul n’est prophète en son pays ! Fort de cette estime bien méritée, Charlie  s’installe à Paris. Après une tournée mondiale, le plus Français des Britishs se prend quelques semaines de congé en Australie où il continue à écrire des chansons destinées à son troisième essai, « Running Still », paru l’an dernier. C’est cet ouvrage qu’il présente lors de sa seconde tournée mondiale.

L’Aéronef, on ne le dira jamais assez est une excellente salle de concert. L’acoustique y est bien supérieure au Zénith et autres salles ‘monstrueuses’ du même acabit. Et lorsqu’il est plein, les 2 000 personnes qui garnissent son antre garantissent chaleur et communion tellement nécessaires à la réussite d’un concert.

Medi et sa petite troupe ont pour mission de chauffer le public dès 20h00 tapantes. Tâche loin d’être insurmontable pour le batteur et meilleur pote de… Charlie Winston. Hé oui ! Non content de se réserver les drums pour la vedette du soir, Medi troque les baguettes contre le micro lorsqu’il est à la tête de sa propre formation. Là, ce sont ses deux frères qui assurent le tempo. Le quintet français a de l’allure et Medi effectue le boulot proprement et efficacement. L’influence de son ‘patron’ et ami ne sont pas bien loin. Il n’empêche, la veste et le pull sont vite ôtés tant l’ambiance monte de quelques degrés, à chaque morceau.

La petite demi-heure est très (trop ?) vite passée et c’est au tour du boss d’assurer le spectacle. Hélas, une panne d’alimentation de micro retarde la mise à feu d’une bonne dizaine de minutes. Mais tout vient à point à qui sait attendre et vers 21h15 l’obscurité envahit la salle, le temps pour Medi de reprendre sa place derrière les fûts et aux autres –ils sont cinq au complet– d’occuper l’espace qui leur est dévolu.

C’est « Wild Ones » qui a la charge d’inaugurer le set. On a déjà, à ce moment-là, un petit aperçu de ce que Charlie Winston est capable de créer à l’aide de sa bouche ; car il ne se contente pas seulement de chanter. Il est également un spécialiste de la ‘human beat box’, imitation vocale d’une boîte à rythmes, de scratches et de nombreux autres instruments (principalement de percussion). Vous l’ignoriez ? Moi aussi !!! Mais c’est tout bonnement génial de voir et d’entendre ce gars commencer seul au micro un morceau avant d’être rattrapé par ses musicos… Dès cet instant, l’homme à la cravate et au petit chapeau (mais étrangement pas coiffé de son couvre-chef, ce soir) entretiendra le feu qu’il a mis dès le départ. Le public, immédiatement sous le charme, réagit au quart de tour et tape des mains, pogote ou reprend les refrains (connus) à l’unisson. Bien secondé par ses troupes au sein desquelles on épinglera la prestation cinq étoiles de Ben Edward, son harmoniciste, le frère de Tom Baxter (hé oui !) enchaîne les 20 titres que compte la setlist de son set. Grâce à un jeu de lumières constitué de cinq ‘arbres’ comprenant une dizaine de spots changeant de couleur au gré des morceaux choisis et un rideau variant son teint grâce à une rampe placée au bas de son dos, l’impression de fête, de feu d’artifice est partout et constamment présente. Ce qui ne fait qu’ajouter au bonheur des aficionados.

Charmant, charmeur, Charlie a vraiment tout pour plaire. Il est sympa, poli, comique et on en passe, mais non seulement, il gratifie l’assemblée de ses meilleures compos, et il y en a un paquet, mais en outre, il converse allègrement dans la langue de son pays d’adoption. Il a tous les atouts dans son jeu et il s’en sert magistralement. Les 2 000 fans présents le lui rendent bien, jouant le jeu lorsqu’il le demande ou battant la mesure quand le préposé aux claviers le propose. Bien que ne comptant que deux ‘véritables’ elpees à son actif (le 1er  reste anecdotique) tout qui a un jour allumé son poste de radio a déjà entendu « In Your Hands », « Like a Hobo », « I love your Smile » « Generation Spent » issus de son pénultième long playing ou « Hello Alone », « Where I can buy Happiness » de sa dernière publication.

C’est lors de l’interprétation d’« In your Hands » que Charlie descendra de son estrade pour venir chanter avec et parmi ses fans. Il ira même jusqu’à se mettre debout sur les barrières de sécurité délimitant le périmètre des pupitreurs afin d’être vraiment au cœur de son public pour partager son bonheur.

« Hobo » clôture la première partie, après une heure passée à la vitesse de l’éclair. A ce moment, Charlie nous demande d’applaudir à la japonaise, c'est-à-dire les mains près de la poitrine dans le but de voir tous les visages sur les photos qu’il postera sur sa page Facebook.

La série de rappels débute par une ballade interprétée au piano, « Lift me gently » avant de, émotion garantie, reprendre somptueusement et d’une façon rageusement incroyable « Au suivant » de l’immortel Brel.

Deux hits « I love your Smile » et « Generation Spent » seront ses deux dernières compos personnelles mais pas encore la fin de son concert. Réclamant Medi au micro et ses acolytes avec lui sur scène, nous aurons encore droit à deux reprises, « Alright » de Supergrass et pour mettre un point final à cette soirée endiablée, « Wake up » d’Arcade Fire.

Quand je vous disais que Charlie Winston et Medi étaient les meilleurs amis du monde… Ils s'amusent bien et en font de la musique. Avant de se retrouver sur la tournée, ils viennent d'enregistrer une série de reprises pour le plaisir. Il s'agit de quatre titres: les deux compos interprétées lors de son rappel ainsi que "Who's gonna save My Soul" de Gnarls Barkley et "Lonely Boy" des Black Keys.

Vraiment un mec bien ce Charlie Winston. L’avez pas vu ? Tant pis pour vous car son concert prévu à l’AB le 26 mars prochain affiche complet… Mais peut-être reste-t-il des places deux jours avant, le 24, au Belzik de Herve ?

Ou alors, il vous faudra attendre son retour, mais au Zénith de Lille, le 22 septembre prochain.

(Organisation Vérone Productions)

 

Horace Andy

De l’absence plutôt que de la présence d’esprit…

Écrit par

15 mars 2012, première escale pour le sexagénaire Horace Andy, dont la petite tournée française démarre à Lille. On ne présente plus l’artiste au vibrato vocal aussi impressionnant que son parcours. Originaire de Kingston où il a enregistré plusieurs perles reggae, il décide de s’exiler aux Etats-Unis (NDR : et oui, le rêve américain). Plus tard, il prend le large vers Londres pour enfin revenir en Jamaïque. Musicalement, c’est tout aussi diversifié. En Jamaïque, les débuts sont difficiles mais après trois audits chez le grand Coxsonne Dodd, il décoche sa première production. Son aventure ne fait que commencer. Et, à aucun moment, il n’hésitera à profiter des différents producteurs qui s’arrachent son talent. Il collabore avec divers musiciens, chanteurs et dj’s dont Jah Shaka, King Tubby et bien d’autres. Dans un autre registre, il prête sa voix au groupe notoire de trip-hop anglais Massive Attack qu’il accompagne pour 2 tournées internationales.

Ce soir,  le concert n’est pas sold out et Papy Andy est flanqué d’un band français qui lui apporte régulièrement son concours, le Homegrown Band. Le ton est donné dès l’intro « multi-riddim » : ce sera du reggae classique. Malheureusement, les trois premiers morceaux sont gâchés par des galères techniques qui sont à la limite de la négligence. Gros larsens, micro HF foutu et retours mal réglés. Et la voix d’Horace peine à se faire entendre... Argh ! Ça démarre fort. Heureusement pour l’assemblée (plutôt défoncée voire rastafarienne), « Skylarking » arrive afin de mettre tout le monde d’accord. Quoi que…

L’artiste présente son dernier album « Serious Times ». Il en enchaîne les morceaux qui ne sont autres que des copies-conformes des versions enregistrées. Peu d’âme dans le live band ; d’ailleurs, un cruel manque d’organisation vient jusqu’à mettre à mal la beauté du timbre que nous offre les cordes vocales du chef au sourire charmeur. Durant la prestation, Horace salue l’assemblée et ne semble oublier personne. Il est clair qu’il nous donne du bonheur à l’état pur, mais musicalement, il manque quelque chose ce soir. Chance qu’il soit capable de tenir un public (malgré quelques déserteurs) en haleine à lui seul. La seule critique qu’on pourrait lui adresser, c’est de se conformer à la tradition du Pull Up qui oblige les musicos à s’y reprendre à deux fois avant de commencer réellement un morceau. Quelle drôle d’idée ! Surtout quand on sait que c’est pour faire monter la pression à peine perceptible, jusqu’à présent.

L’Aéronef décolle enfin lors de l’incontournable « Cuss Cuss » qui fait un bien fou aux aficionados du genre. L’homme de la situation en profite pour présenter ses musiciens ; mais ils n’ont pas tous l’air enchantés à l’idée de devoir produire un solo. L’homme nous quitte et ses musiciens lui emboîtent le pas, une fois leur tâche accomplie. Et c’est à ce moment que le tromboniste (seul Anglais sur scène) vient secouer la salle en nous réservant un « Do you want some moooore ? ». Okay, l’affaire est déjà pliée, les musiciens remontent sur les planches pour une sorte d’interlude avant de proposer un dernier morceau de l’album « Serious Times » et de finir en beauté par l’excellent « Ain’t no sunshine » qui réanime la foule et adoucit l’atmosphère. Ce qui est clair, c’est qu’Horace Andy a toujours la pêche. A 61 ans, il assure un set qui dépasse l’heure et demie et sa voix est proche de la perfection. Il est parvenu à communiquer de bonnes vibrations au public, mais à mon humble avis, il manquait quelque chose. Sa représentation spirituelle n’a jamais décollé, sa prestation live était intéressante, mais ne s’est jamais révélée impressionnante. Nous en ressortons, malgré tout, ravis et enrichis en se disant que nous ne le verrons peut-être plus de si tôt.

Julien Doré

Doré… et croustillant à souhait !

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Quand j’ai entendu sur les ondes et vu à la TV, Julien Doré dans son premier clip « Les limites », je me suis intéressé à lui. Sachant que le garçon avait participé et remporté une émission qui fabrique (soi-disant) les futures stars du paysage musical, j’avais quelques doutes… Mais il faut avouer que le gaillard ne laisse pas de marbre. J’ai donc entamé des recherches sur le net et jeté un œil sur son parcours dans ladite émission. Et là, surprise, le mec a non seulement un talent certain pour l’adaptation mais une forte personnalité. Elle est même hors du commun. Les morceaux ‘pourris’ qu’on lui demandait d’interpréter, il les réarrangeait à sa sauce et à tous les coups, c’était bingo ! Allez donc voir sur Youtube comment il est parvenu à transformer ces titres minables, c’est complètement ahurissant.

Quatre ou cinq ans plus tard, ce Méditerranéen compte déjà deux albums à son actif, « Ersatz » publié en 2009 et « Bichon » sorti deux ans plus tard.

Si son premier ouvrage suscitait la curiosité, il laissait l’auditeur quelque peu sur sa faim. Par contre son second et génial elpee ressuscite la sève d’une variété française seventies. Ce disque est d’excellente facture, très recherché, et hyper varié ; Julien y laisse déborder son imagination.

C’est pour « Bichon » et surtout pour voir ce gars sur les planches, et bien sûr ce qu’il a dans le ventre, que je me suis déplacé ce soir, à Bruxelles.

Quelques 1500 fans et/ou curieux étaient présents pour découvrir ce ‘prodige’ de la reprise décalée.

En attendant ‘la nouvelle star’, c’est à Waterllillies qu’incombait la tâche de faire patienter les francophones venus des 4 (?) coins de notre pays. Avouons in petto qu’ils se sont réellement très bien débrouillés, ces petits Français. Au sein de leur répertoire orienté pop/rock du meilleur acabit, ils chauffent la salle, à température idéale, pour la suite des événements.

Bien soutenus par l’équipe de Julien Doré, ils ont pu compter sur l’appui des pupitreurs et de la sonorisation prévus pour la vedette du soir. Rarement on voit une telle collaboration, voire complicité entre la ‘tête de série’ et les non-classés. Et ce ne sera pas tout…

Vingt et une heures, tout est prêt. Le décor est à l’image du personnage, trois lampadaires ringards sortis d’un grenier, un écran de télévision ne diffusant qu’un fond blanc et un panneau sur lequel est écrit ‘Julien Doré Orchestra’. Le second degré et le ridicule sont poussés à outrance. C’est du meilleur effet et vraiment marrant ! Les musiciens prennent possession de l’espace scénique pour une introduction d’une petite minute qui s’achève par de puissants coups de gong. Au dernier coup, apparaît le ‘papa du bichon’ dans une tenue complètement noire, parsemée de paillettes qui scintillent sur une veste recouvrant son marcel (noir aussi).

Julien présente d’emblée sa face cachée dès « Baie des anges », une splendide ballade sensuelle plus parlée que chantée, dans un style fort proche de Biolay. Pas rigolo, rigolo, mais tout en jeux de mots et musicalement très forte, cette compo démontre le talent d’écriture et la diversité musicale dont il est capable. Ensuite c’est armé de deux cymbales qu’il entame « Piano lys » où il assure le rythme avant de s’écrouler 4 minutes plus tard, visiblement au bord de l’épuisement. « Golf Bon Jovi » marque un retour à la case départ ; mais à la différence de Biolay, quand celui-ci nous semble parfois dans sa bulle, Doré est d’un comportement diamétralement opposé, sa gestuelle exubérante donnant une impression de ‘rigolade’ tout en énonçant des propos qui ne le sont pas vraiment.

C’est le début du show Julien Doré !

Le ton est donné et le véritable spectacle peut commencer. « Laisse avril », dernier hit en date, débute par un lancer de confettis géants. Cette superbe plage pop 5 étoiles est efficacement soutenue par des guitares omniprésentes et une voix excellente et puissante. La première partie du concert s’achève par « L’été summer » et le magnifique « First Lady » qu’il termine au balcon du premier étage avant de descendre parmi ses fans au risque de se casser le cou et il regagne son domaine de prédilection pour terminer cette chanson d’amour à l’humour décapant. Un moment fort !

Changement de décor pour la seconde partie du spectacle. Coiffé d’une couronne de fleurs du meilleur effet, Julien revient armé de sa mandoline pour entamer, en acoustique, la suite et la fin de son set. Contrebasse, guitare sèche, petite batterie portable et autre flûte à bec donnent le change. Les morceaux interprétés en anglais en toute simplicité, sans artifice mais avec l’aimable collaboration vocale de ses acolytes font mouche. On reste dans un registre amusant où la bonne humeur devient terriblement contagieuse.

Second grand moment de communion totale avec le public, « Winnipeg » fait danser et chanter tout le monde lors du refrain. Durant près de 10 minutes, on se régale de ce chassé croisé entre musiciens, public et chanteur.

L’heure du tube a sonné et c’est paradoxalement le moment le moins amusant de la soirée. Heureusement que « Kiss me forever » et ses deux danseurs délicieusement ridicules ont vite succédé aux « Limites » devenues un peu fades sans Yvette Horner, Remy Bricka, le danseur barbu ou la grosse dame blonde au petit chien.

« Campari », « Bleu canard » et « Glenn Close » rappellent ensuite que Julien Doré est un excellent parolier et non moins bon arrangeur avant d’être l’amuseur public qu’il donne l’impression d’incarner en permanence.

Mission accomplie pour ce fou chantant du 21ème siècle. Le public est dans sa poche, conquis par ces deux facettes d’une des personnalités les plus improbables de la chanson française.

Cerise sur le gâteau pour terminer cette soirée d’anthologie, Julien Doré débute « I need someone » le titre final, seul à la guitare. Mais rapidement, c’est la voix de David Bartholomé du haut de son balcon qui surgit pour épauler son ami avant d’être soutenu pour les chœurs par les musicos montés au balcon d’en face. Bel hommage de ce bougre de clown à un chanteur belge qui ne l’est pas moins…

Quand je vous disais que ce type avait un je ne sais pas quoi de spécial…

Ah oui, j’allais oublier de reparler des Waterllillies !

Et bien sachez que Julien Doré n’est pas un ingrat et qu’il sait très bien d’où il vient et comment il y est arrivé. C’est sans doute pour cette raison qu’il a convié ceux qui avaient pour tâche de ‘préparer’ son public à venir le rejoindre sur l’estrade pour interpréter ensemble (ils étaient une dizaine sur les planches) « Murder on a range rover ».

Quand j’vous l’disais qu’il avait un p’tit quelque chose de spécial…

Si vous l’avez raté, il ne vous restera plus qu’à courir la France, car sa dernière date prévue pour la Belgique, c’était ce 15 mars à Liège !

(Organisation Nada Booking)

 

Underground Railroad

Out of the tube

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La passion comme rail, parallèle à celui de la curiosité, et le train m’embarque vers ce point à l’infini où ces deux lignes ne se rejoindront jamais.

Un voyage semé de belles surprises, comme hier soir, à L’Escalier.

Venu un peu par hasard, par la grâce d’un clip posté par un ami sur un certain mur, je posais mes chaussures fatiguées sous les lumières tamisées au devant de la scène.

La soirée accueillant aussi des étudiants Erasmus, la salle était envahie d’un brouhaha général qui sourdait de leurs gorges déployées et de leurs gosiers assoiffés.

Ignorant ce manque cruel de bienséance, le combo français exilé à Londres, depuis maintenant six ans, campait en face et laissait déferler la rage de ses compositions.

S’enchaînaient des brûlots qui au moment même où j’écris ces lignes se dévoilent plus précisément au milieu des craquements du vinyle.

Guitare/basse/batterie, la Sainte trinité d’un Rock hargneux et sauvage qui maîtrisé de la sorte, suscite mon engouement.

Aucune référence évidente ne permettant de leur accoler une quelconque étiquette, cette fraîcheur et cette véracité affichée dans leur musique les distingue de la majeure partie des sorties d’aujourd’hui.

Le groupe prenait plaisir sur scène, et cette générosité affichée décuplait la puissance de leur jeu, finissant de convaincre les éventuels sceptiques.

Contrairement à la veille, le concert pouvait se terminer dans un dernier assaut bruitiste, sans alerter les forces de l’ordre (petite mésaventure ayant fortement frustré les spectateurs du DNA).

Sortant des souterrains londoniens, Underground Railroad devrait bientôt être exposé à des projecteurs plus puissants et à la curiosité de bien plus qu’une poignée de passionnés et d’étudiants en goguette.

Et vous, vous devriez être là, la prochaine fois !

(Organisation : Honest House)

 

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