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La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au festival Rock en Seine, devant 40 000 spectateurs, RORI poursuit son ascension. Cet été, elle s'invite sur les scènes de plusieurs festivals dont Les Francos à Esch/Alzette, Les…

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Hooverphonic
Hooverphonic

Xavier Rudd

La communion par la musique

Écrit par

Invariablement pieds nus, Xavier Rudd foule inlassablement les planches des festivals world internationaux les plus célèbres. Au fil du temps, le globe-trotter australien apparaît naturellement comme l’une des personnalités les plus excentriques de la scène world.

Multi-instrumentiste surdoué, ce jeune fou de 32 ans, expert en didgeridoo, manie plus de dix instruments et use de son expérience acquise lors de ses nombreux voyages pour tisser une musique intense et universelle. Il fait du monde sa maison. Un lieu peuplé de sons, de visages et de paysages où il cultive une pluri-culturalité sonore unique. Mêlant musique traditionnelle aborigène et instruments classiques (guitare, batterie, harmonica…), il tisse chaleureusement des ponts entre les continents. Son sixième et dernier opus, présenté ce soir à l’Ancienne Belgique, met d’ailleurs l’Afrique du Sud à l’honneur. Tout au long de « Koonyum Sun », « Xavier Rudd » décide de revenir aux sources de sa musique et de s’éloigner du puissant et décalé « Dark Shades Of Blue ». Un retour en grande pompe qui bénéficie des lumières de Tio Moloantoa (basse) et Andile Nqubezelo (batterie). Deux musiciens sud-africains de légende (ex-membres de Lucky Dube). Un album world exceptionnel sillonné de reggae, dub, blues et folk déjà restitué lors d’un concert inoubliable accordé sur la scène de l’Ancienne Belgique au mois de février dernier.

20h50, les étendards sont dressés. Côté jardin, le drapeau aborigène d’Australie. Côté cour, celui de l’Afrique du Sud. Le ton roots est donné. Les couleurs de « Koonyum Sun » visuellement symbolisées.

Seul, tout d’abord, Xavier Rudd expose toute l’ampleur de son talent. Un début instrumental, assis, qui distille des fluides musicaux proches de l’expérience chamanique. Une transe habillée de trois didgeridoo et d’une batterie qui affronte le temps et fige l’espace. Je répète : seul et simultanément. Impressionnant ! De morceau en morceau, le ‘one-man band’ jongle d’un instrument à l’autre (didge, drums, guitare, harmonica…) et les manie avec une aisance déroutante. Le ‘Yirdaki’ abandonne alors subitement la batterie pour la guitare Weissenborn et l’harmonica. Façon Ben Harper, il gratte et souffle le chaud. Sa dextérité déconcertante irradie la salle d’une atmosphère énigmatique et agréablement crispante. Un premier acte qui impose le respect face à tant de talent et nous laisse sans mots. L’accueil tambourinant du public en sera juge.

Changement de cap subit pour le deuxième acte. Le théâtre du monde s’enrichit des deux musiciens sud-africains d’Izintaba. L’atmosphère change. La dimension artistique prend de l’ampleur. Musiques des Caraïbes, world, rock, reggae, dub… viennent habiter les lieux. Une musique reflétant la passion de l’artiste nomade pour le mélange des cultures. Mixité merveilleusement exécutée ce soir par le trio intercontinental. Un savoureux mélange qui ravit un homme qui aime s’inspirer et défendre toute minorité ethnique. Et, plus particulièrement, la sienne, la culture aborigène.

Artiste profondément humain et généreux, Xavier Rudd a, ce soir encore, atteint son objectif : communier en musique face à un public surchauffé, dansant et visiblement heureux.

Xavier Rudd et Inzintaba, un trio qui réchauffe l’âme et le corps à l’orée d’un hiver bruxellois froid et sombre.  

(Organisation Ancienne Belgique)

 

 

The Temper Trap

Des kangourous encore trop sur leur réserve…

Écrit par

La Rotonde était pleine comme un œuf, ce samedi 19 décembre, au Botanique, pour accueillir deux groupes qui sont à l’aube de leur carrière. Faut dire que lorsque l’arène est sold out, 250 personnes tout au plus garnissent les ‘gradins’ et la fosse (?) Une audience visiblement séduite par le single du moment, « Sweet Disposition » (NDR : qui cartonne sur les ondes de Pure FM), puisqu’elle avait bravé les conditions hivernales afin de faire connaissance avec la formation australienne. Responsable d’un seul elpee à ce jour, « Conditions », on savait que le set de The Temper Trap ne durerait pas deux heures ; et que tout serait emballé et pesé pour 22h30 au plus tard…

En première partie, un combo gallois, répondant au patronyme de The Joy Formidable avait pour mission de réchauffer l’assemblée transie par le froid, avant de pénétrer dans l’hémicycle. Mission réussie pour le trio gallois qui peut compter sur un bassiste sobre mais efficace, un batteur à l’énergie démesurée et une chanteuse/guitariste tout autant mignonne que talentueuse. Une grosse demi-heure de rock spontané et ‘électrique’ plus tard, la ‘foule’ est toute ragaillardie et prête à accueillir ses favoris…

Un seul technicien a la lourde tâche de mettre tout en œuvre afin que Temper Trap soit paré pour monter sur les planches. Il a fort à faire le malheureux : câbler, accorder, régler, coller les tracklists, disposer serviettes et bouteilles d’eau. C’est ainsi qu’on se rend compte que les ‘Aussies’ ne sont qu’aux balbutiements de leur aventure. Pas très fortuné, le band ! Pendant les préparatifs, on apprend via 4 fans lillois que le groupe s’est pris un bide dans le Nord de la France. ‘Normal, prétend l’un d’eux. On est toujours en retard d’un an ou deux sur la Belgique !!!’ Il est vingt et une heure, tout est fin prêt.

Les cinq membres font leur apparition : un batteur, un bassiste, un premier guitariste, un second qui joue aussi des claviers et le chanteur également ‘armé’ d’une guitare et coiffé d’une casquette. Aucun décor. Un jeu de lumières des plus discrets. Visiblement le band ne compte que sur sa musique… qui est tout bonnement excellente ! Véritable révélation australienne au sein de la scène indie rock, The Temper Trap revendique une musique pop explosive, agrémentée par les envolées vocales du frontman.

La prestation s’ouvre par une intro instrumentale inédite, inconnue au bataillon. Et embraie par l’intégralité de son elpee (10 plages seulement !), joué à la perfection. Le chanteur montre des dispositions assez remarquables. Une voix qui peut monter, monter,… sans jamais connaître la moindre hésitation, la moindre faiblesse. Ses quatre complices se mettent au diapason. L’interprétation est de très bonne facture ; mais léger bémol (NDR : règle cependant importante lors d’un concert), le combo ne prend guère de risques et ne communique guère avec son public ; un public pourtant conquis et qui ne demande qu’à s’enflammer. 

Les Australiens attendront le dernier titre, « Drum Song », pour se déchaîner et montrer qu’ils sont capables d’investir une scène et de se l’approprier totalement. C’est le moment choisi par Dougie, le chanteur, pour couvrir d’eau la peau de son gros tambour et de le frapper comme un sourd pour faire surgir des gerbes d’eau à chaque coup de baguette. Effet garanti !

La troupe se retire avant un rappel, décevant pour les deux premiers titres. Une reprise du boss (« Dancing in the Dark ») et un inédit (pas à la hauteur du reste). Avant de terminer sur l’excellent « Science of Fear ». C’est à cet instant que certains regrets nous traversent l’esprit. Pourquoi ne pas avoir manifesté la même énergie tout au long du ‘show’. Musicalement remarquable, la formation australienne demande à être revue d’ici un ou deux ans, après avoir étoffé son répertoire et acquis cette maturité scénique qui lui fait un peu défaut à l’heure actuelle.

Il est 22h30 comme prévu ! Retour à la maison. Gaffe au volant ! Neige, gel et… conducteurs maladroits sur les routes !!!

Organisation Botanique

(Voir aussi notre section photos)

 

Biffy Clyro

Fire Water Burn

Écrit par

Pour clôturer en beauté sa saison 2009, le Vk* avait convié ce mercredi 16 décembre, la formation écossaise, Biffy Clyro. Actif depuis 2001, le trio goûte enfin aux joies de la reconnaissance, notamment grâce à « Puzzle », un quatrième ouvrage incandescent, publié il y a deux ans. Mais également suite à une longue tournée mondiale opérée d’abord en compagnie de Bloc Party, puis tout seuls comme des grands ; et, enfin, dans les bagages de Queens Of the Stone Age. En 2009, le combo a finalement acquis une base de fans solide en dehors des frontières de la Grande-Bretagne. Si bien que la petite salle molenbeekoise affichait complet à l’heure où les trois Britons entraient en scène pour défendre leur dernier né, « Only Revolutions ».

C’est une tradition au Vk*, les concerts ne démarrent que très rarement avant 21h30. Après une prestation très anecdotique de People In Planes et quelques bières, un public complètement surexcité (la fin des examens ?) attendait le trio de pied ferme. Lorsque Simon Neil et les frères Johnston apparaissent sur les planches, ouvrant le bal par « That Golden Rule », dernier single extrait de leur nouvel opus, la frénésie est immédiate. Elle prendra de l’ampleur au fur et à mesure que les morceaux s’enchaînent. Ainsi, l’énorme « Living Is A Problem Because Everything Dies » suivi de « A Whole Child Ago », « Who’s Got A Match ? » ou le sublime « 9/15ths » marquent le début des hostilités. Aux premiers rangs, les fans pogot(t)ent sans relâche et n’ont pas l’air prêts de s’accorder une pause.

D’autant plus que Biffy Clyro embraie par l’incontournable single « 57 », extrait de l’œuvre introductive « Blackened Sky ». L’occasion pour quelques casse-cous de donner le signal de départ du crowdsurfing. Difficile ensuite de poursuivre par des morceaux plus calmes. Ayant chauffé à blanc l’assistance, les trois Ecossais doivent affronter un public dissipé qui ne prête que peu d’attention à « Machines », « God & Satan » ou « Now I’m Everyone », pourtant sublimes. A ces titres, le public belge préfère les défouloirs « Justboy », « Glitter & Trauma » ou encore « Semi-Mental ». La plupart des chansons sont reprises en chœur par la foule. Les trois gaillards se montrent plutôt surpris d’un tel accueil et finissent alors par injecter davantage de hargne dans leur prestation. Il faut dire que le public est autrement plus dynamique que celui qui les avait accueillis lors de leur prestation à la Rotonde du Botanique, en 2007.

La formation clôture son set par les singles « Saturday Superhouse » et « The Captain », procurant à leurs fans, une ultime occasion de se rentrer dedans. 2009 s’achève donc dans un tourbillon de riffs et de sueur, comme il se doit. Il aura fallu près de neuf ans à Biffy Clyro pour s’imposer ; et, au vu de l’effet produit par leurs hymnes sur le public belge particulièrement chaud, la mission est bel et bien accomplie.

(Organisation Vk*)

 

Sukilove

De Londres à Bruxelles…

Écrit par

C’est après avoir accompli une longue tournée à travers la Grande-Bretagne (Londres, Reading…) que les cinq Gantois de Sukilove sont venus déposer, un dimanche soir d’hiver bruxellois, leurs guitares sur l’estrade du Botanique. Environ cinquante visages clairsemaient timidement le parterre de la Rotonde pour découvrir le nouveau projet original du compositeur/guitariste/chanteur Pascal Deweze. Il est soutenu par quatre acolytes. En l’occurrence Stoffel Verlackt, préposé aux drums, Toon Offeciers, au piano, à l’orgue, au moog et aux samplings, Tim Vandenbergh, à la basse ainsi que Sjoerd Bruil, à la guitare. Qui se chargent également des backing vocaux. Projet créatif, rappelons-le, concocté en 14 jours à peine et directement suivi d’une tournée européenne (voir chronique Cd). Restait donc aux cinq ‘homo-érotico-rockeurs de nous présenter leur inclassable « Rusty Pop », sur scène.

Pour entamer le set, « New Begining », titre d’ouverture du premier elpee, pare le décor musical d’un pop-rock épique tambourinant. Les percussions se caressent de riffs doux et nous guident progressivement vers la découverte d’un bouquet électrique composé de 12 fleurs pop-rock dont 8 éclosent de l’album. Lors de ce trip musical, on assiste à un concert où les versants lugubres et nihilistes de « Static Moves » s’estompent graduellement et laissent place à un pop rock plus classique et moins expérimental que sur la galette. L’unique écho nous restituant l’atmosphère de l’album est répercuté à travers une superposition d’harmonies vocales en strates joliment architecturées. Les cinq voix parlent et s’épousent magistralement pour créer un univers singulier, particulier au groupe.

Un rock plus fragile et plus dénudé est effectivement dispensé en ‘live’ mais nous offre cependant un ensemble merveilleusement orchestré. Ce quintet est indéniablement constitué d’excellents instrumentistes qui font aisément la démonstration de leur expérience artistique. Malgré la météo glaciale pétrifiant la capitale, le combo le lance dans un final particulièrement agressif. Les guitares s’énervent en riffs plus durs et glissent, par intermittence, des instants psychédéliquement agités. On détecte, cependant, une certaine lassitude dans la voix de Pascal Deweze lors des intermèdes ; une fatigue certainement consécutive à une fastidieuse tournée anglaise.

Ecouter « Static Moves » avant de découvrir le groupe sur les planches, offre une perspective plus objective du potentiel de la formation gantoise.

De retour au pays, Sukilove se produira prochainement à travers la Belgique (Anvers, Gand et Laarne) et les Pays-Bas (Utrecht, Leeuwarden et Amsterdam) du 30/12/2009 au 17/04/2010. Informations disponibles sur le website Myspace du groupe : http://www.myspace.com/sukilove

Organisation : Botanique.

(Voir aussi notre section photos) 

The Notwist

Audacieux mais perfectible…

Écrit par

Après avoir accordé un concert exceptionnel ce 13 avril 2009 dans le cadre du festival Domino, les inclassables Allemands de Notwist rouvraient les portes de l’Ancienne Belgique pour nous proposer un concert dénu(d)é d’électronique mais joliment habillé de cuivres et de cordes.

C’est accompagnés du Big Band ‘Andromeda Mega Express Orchestra’ de Berlin que les frères Archer foulent les planches de l’AB. Les claviers de Martin Gretschmann se dérobent alors et laissent place aux harmonies délicieusement jazz minimalistes et classiques du combo berlinois. Une multitude d’instruments se heurtent, se bousculent, s’enlacent et irradient soudainement l’univers indietronica du quatuor bavarois (trombone, basson, alto/tenor sax, bass clarinet, contrebasse, violoncelle, violons…)

20h45. Sous les feux des projecteurs, les elfes et les fées envahissent furtivement la salle et effleurent les oreilles du spectateur des douces et mélodieuses mélopées de Markus Archer. Set où les musiciens allemands revisitent plutôt l’avant-dernier album (« Neon Golden »). Source sonore qui s’accorde davantage au projet proposé sur scène.

Résolument plus classiques que les prestations précédentes, les morceaux se croisent et se vêtent de textures sonores où alternent les violons et les guitares électriques. « This Room » escalade progressivement le mur du son et, crescendo, se termine en envolée lyrique saturée de violons. Quant au final de « Gloomy Planets », il s’assourdit de lourdes guitares électriques qui tombent en frénésie et flirtent avec la musique noise.

Ce mélange de guitares, electronica et combo classique-jazz fonctionne globalement bien mais trahit parfois quelques faiblesses. Sans remettre en question les qualités intrinsèques et artistiques du combo classico-jazz du Mega Express Orchestra, certains des morceaux sombrent dans les abysses de l’ennui. Cette prestation semble moins inspirée que celle accomplie au mois d’avril. La magie opère moins aisément (plus difficilement) et souffre parfois d’une sorte d’inachèvement induit par une improvisation pas toujours maîtrisée. La setlist se farde de morceaux laissant libre cours à l’expression du Big Band berlinois et ombragent l’âme de la formation bavaroise. Instants sonores qui jurent avec l’ensemble et le désorganisent. Le premier rappel illustre cette impression où, Andromeda Mega Orchestra en avant, colore l’univers musical de Notwist de mélodies qui pourraient se glisser et se fondre dans l’univers musical de Goran Bregović. La symbiose combo jazz/indietronica band ne fonctionne malheureusement pas toujours et manque parfois de cohérence et de liant.

Ce concert nous a cependant permis de revisiter une jolie partie du répertoire du groupe sous un nouvel angle. Même en s’éloignant de leurs rivages initiaux, les quatre de Bavière continuent à expérimenter le son et à faire évoluer leur aventure musicale en manifestant un même talent.

Organisation : Ancienne Belgique

    

Julian Plenti

Alone Again Or…

Écrit par

Paul Banks tombe le masque. La figure de proue d’Interpol met ses agents à l’écart pour mieux se glisser sous la peau de Julian Plenti, son alter-ego. L’homme, habitué aux salles d’ampleurs conséquentes, fait momentanément machine arrière et se tourne vers les petits clubs pour y présenter une première œuvre en solitaire, « Julian Plenti Is… Skyscraper ». Une tournée des clubs qui s’est arrêtée au Botanique ce 5 décembre.

Invité de Julian Plenti sur toute la tournée, I’m In You, combo originaire de Brooklyn, se charge d’ouvrir le bal. La formation au nom ridicule débute sa prestation sur une brillante démonstration de rock puissant et joliment construit. Un set qui commençait donc très bien jusqu’à ce que le petit gars à l’extrême gauche de la scène ne cède le micro au gars du centre, qui se révèle être le leader de la troupe. L’enchaînement est pénible. A priori harmonieuses, les mélodies du combo subissent une véritable agression vocale qui gâche l’ensemble. Mes tympans deviennent spontanément hermétiques à la suite de la prestation. Le niveau ne va remonter que lorsque le premier interprète reprend le crachoir, le temps d’un morceau. I’m In You est définitivement une formation qui gagne à ouvrir les yeux… et les oreilles surtout !

Julian Plenti et ses acolytes prennent place sur les planches sur le coup des 21h15. Salutations rapides avant d’entrer dans le vif du sujet. « Fly As You Might » marque délicatement le début du set, suivi par « Chance Of Survival ». Les premiers morceaux l’attestent : nous ne sommes définitivement pas à un concert d’Interpol. Paul Banks est décontract’. Le costard est resté au placard. A sa droite, un guitariste hyperactif fait son show, sautillant sur quasiment tous les titres, même les plus calmes. « Julian Plenti Is… Skyscraper » est parfaitement transposé en ‘live’. Banks a manifestement eu le temps de travailler sur ses vocalises. Un point positif lorsque l’on sait que celles-ci peuvent parfois être assez approximatives quand il entouré de ses collègues d’Interpol. Le jeu scénique de la troupe est plutôt sobre. De toute évidence, Julian Plenti n’est pas là pour amuser la galerie. Et le public belge semble apprécier, d’autant plus lorsque l’interprète lui passe de la pommade avec l’inusable rengaine ‘This is a beautiful city, we love playing here’…

« Into The White », une sympathique reprise des Pixies suit l’excellent « Only If You Run » et « Unwind », dont les trompettes sont brillamment remplacées par le violoncelle. Le set se conclut par « Goodbye Toronto », une compo inédite introduite par quelques notes d’un « Let It Snow » de saison, bien qu’abordé de manière plutôt sarcastique. Un petit rappel plus tard, Banks et ses musiciens effectuent le retour ‘obligatoire’ sur la scène de l’Orangerie. Ils entament alors une reprise du splendide « A Horse With No Name » du groupe America et y font tout à fait honneur. Le concert s’achève ensuite sur une version musclée du single « Games For Days », prouvant une fois pour toutes que Julian Plenti n’a rien à envier à Interpol…

Organisation : Botanique

(Voir aussi notre section photos)

 

-M-

Noir sur blanc…

Écrit par

Lors de la tournée consécutive à la sortie de l’album « Qui de nous deux », en 2005, j’avais manqué son concert. En cause ? Une vilaine grippe. J’en étais encore plus malade. Pas question donc, cette fois-ci de le louper ! Il y a quelques semaines, j’avais chroniqué son dernier ouvrage ; et je dois avouer que l’écoute de ce disque m’avait procuré énormément de satisfaction. Une fois de plus, ce nouvel opus est une réussite, plein de maturité et de fantaisie. J’avais même terminé mon article par les mots ‘Vite le concert !’

Hier soir Mathieu et son band se produisaient donc, à l’Aéronef de Lille. Départ vers 18h30, histoire d’arriver bien à l’aise, de se choisir une bonne petite place pour participer à une chouette soirée. Ouais ! Mais Indochine était également programmé à deux bornes de mon point de chute. Résultat des courses : quelques bouchons pour sortir du périf et accéder au centre commercial d’Euralille (NDR : originalité, l’Aéronef est une petite salle nichée au sommet dudit centre ; et les voisins ne sont pas dérangés !) Pas de panique, il est 19h30 quand j’arrive à destination ; et il n’y a pas encore trop de monde. Tous piégés comme votre serviteur, sans doute…

Les portes à peine franchies et juste le temps de se trouver un petit espace, les lumières s’éteignent. Quatre jeunes garçons surgissent des coulisses, guitares et baguettes à la main, et prennent place devant le rideau. Leur morceau d’ouverture et surtout leurs voix suffisent à nous faire bouger le popotin. Gush pratique une pop bien léchée, toute fraîche et endiablée. Une solution sonore au sein de laquelle on discerne des influences puisées chez les Beatles, les Beach Boys et Crosby, Stills, Nash & Young. Tout juste pour nous mettre en appétit… Leur set est nickel. Le drummer particulièrement dynamique. Les guitares acoustiques sont bien présentes et les harmonies vocales de toute beauté. Le courant passe immédiatement entre les 2000 personnes alors présentes et ces jeunots, tant leur ferveur de jouer de la musique est communicative. Un set de trente minutes au cours duquel ils vont littéralement chauffer l’audience, achevant même leur prestation par un titre joué à capella et sans micro. Le respect du public est total. Leur succès bien mérité. Gush se retire sous les applaudissements nourris. Lumière et une bonne chope bien fraîche (NDR : fait très chaud dans cette petite enceinte).

Vingt bonnes minutes seront nécessaires pour préparer la suite des événements. 20h30, la scène est déserte et le public réclame son idole. Quelques longues minutes s’écoulent. -M- serait-il sourd à nos appels ??? 20h40, l’auditoire est complètement plongé dans l’obscurité. On entend plus que hurlements, sifflets, battements de mains et de pieds. 20h41, une lumière éblouissante jaillit et dévoile une scène intégralement blanche. Même la batterie et le piano se sont mis au diapason. Tout est absolument immaculé. En toile de fond, derrière un voile estampillé d’un énorme ‘M’, on devine par transparence la silhouette de Matthieu qui entame « Mister Mystère ». Hystérie générale ! Aux trois-quarts du morceau, Matthieu déchire la feuille de papier et traverse le décor qui le séparait de ses musiciens. Nouvelle réaction hystérique. Mais l’accouchement est plutôt ‘douloureux’. On croyait le gaillard guéri des facéties guignolesques qui le caractérisaient ; mais force est de constater que sa tignasse est encore plus exubérante qu’auparavant et le contraste entre son look et celui du reste de la troupe est saisissant. Il est vêtu complètement de noir. De la tête aux pieds. ‘I am the boss’ ! Le rose n’est plus de mise…

Dès le second titre, caché derrière ses lunettes de soleil, il se fend d’un solo dont il a le secret, démontrant par la même occasion qu’il est probablement un des meilleurs guitaristes de l’Hexagone. Lorsqu’il interprète « Hold up » (emprunté à son papa), la mise en scène est saisissante ; on assiste quasiment à un court métrage au cours duquel les musiciens deviennent acteurs. Même le préposé à la sécurité y joue un rôle. Le braquage se termine par la mort des deux complices qui s’écroulent sous les balles de la police et tombent raides-morts parmi les spectateurs des premiers rangs. Génial !

Un changement de costumes s’impose pour la suite des événements. De quoi aligner une série de titres notoires durant lesquels les fans sont invités par Mathieu à reprendre les refrains ou à l’accompagner, même sans aucun support musical. Et ils s’en donnent à cœur joie. La moitié du show est largement dépassée, lorsque les premiers accords de « Je me démasque » retentissent. Sur un texte de sa grand-mère, Andrée, -M- décide de passer à l’acte. C’est le moment choisi pour abandonner définitivement son accoutrement de ‘bête de scène’ et redevenir lui-même. Enlevés le postiche capillaire et les lunettes de soleil. Face à nous se dresse maintenant l’homme tel qu’il est. Le chanteur dans toute sa sensibilité, son humour, sa fragilité. Une seconde (re)naissance !

Et c’est reparti pour une série de standards du style « Le complexe du corn flakes » avant de quitter une première fois le podium. Le public en redemande (évidemment) et la troupe ne se fait pas prier trop longtemps pour faire sa réapparition et nous interpréter trois titres dont le sublime « Onde sensuelle » avant une chorégraphie (croit-on) finale assez surprenante de la part de tous les membres de sa ‘famille’.

Deuxième rappel et Matthieu s’exécute en duo avec sa petite sœur Anna pour « L’élixir », splendidement proposé en ‘deux voix’ ; interprétation soutenue par les membres de Gush pour les chœurs (NDR : bel hommage pour ces jeunes artistes programmés en première partie).

Non encore repue, l’assemblée en réclame une dernière de la part de son favori qui se plie volontiers à la demande. Et c’est un troublant « Lettre à Tanagra », chanson dans laquelle il prononce les mots 'J'aime ton cul', qui clôture une soirée où chacun aura trouvé son bonheur tant du côté scène que du côté public, conquis dès avant l’entame de cette représentation !!!

A ne louper sous aucun prétexte si vous en avez (encore) l’opportunité…

(Organisation : Agauchedelalune + Aéronef)

 

The Field

Un spectacle pour les yeux, pas pour les oreilles…

Écrit par

Jeudi 3 décembre, Axel Willner aka The Field venait présenter son second et dernier opus, « Yesterday And Today ». En concoctant l’excellent « From Here We Go Sublime » (NDR : son premier elpee, paru en 2007), le Suédois était parvenu à s’enfoncer au cœur d’une nouvelle sphère techno deep particulièrement étonnante. Un univers sonore minimaliste et cérébral très apprécié par le label allemand Kompakt (NDR : chez qui milite également Gui Boratto). Entre krautrock, ambient et electronica, The Field nous promettait donc, au sein de l’Orangerie du Botanique, une soirée électro haute en couleurs…

Première surprise, avant que le concert ne débute, on remarque la présence d’une batterie, d’une basse et d’une guitare. Et dès que le show commence, des projections hallucinantes sont projetées en boucle, en toile de fond. Paysages et objets y fusionnent pour créer de nouvelles formes. Rien que cette féerie est un spectacle à lui seul. On est presque est hypnotisés par cette vision. Et la plupart des spectateurs semblent manifestement tomber sous ce charme… car côté musique, on reste sur sa faim. Sur les planches, les musiciens semblent avant tout préoccupés par leur instrumentation voire leur partition. Un effort de concentration néanmoins guère concluant, puisque si on entend bien l’énorme sonorité produite par la basse du Suédois, c’est au détriment des autres instruments. Voire même de la musique. Quant au public, les membres du groupe s’en soucient comme de leur première culotte. A un tel point que la prestation auditive commence franchement à devenir lassante. Malgré un set d’une heure vingt, au cours duquel le tracklisting va privilégier les morceaux issus du premier opus, The Field se retire, laissant la poignée de spectateurs présents ce soir, quitter la salle, en emportant un sentiment d’amère déception. Heureusement, il y avait quand même un spectacle pour les yeux, mais pas pour les oreilles…

(Organisation : Botanique)