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DEADLETTER
Stereolab

The Posies

Dead band can dance!

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Décidément, l’industrie du disque souffre cruellement de la crise. Faute de temps, on préfère  jouer sur la fibre nostalgique du consommateur et ressortir les vieilles casseroles. Miroir aux alouettes qui a grisé plus d’un groupe, au cours de ces derniers mois. Excités par leur égo, ils arpentent les devants de la scène dans l’espoir, à peine dissimulé, de revivre leurs heures de gloire passées. Armés, pour certains, de nouvelles compos (Teenage Fanclub, The Pastels, The Posies, …) ou encore de simples reprises (Supergrass, My Bloody Valentine, …), ils ne sortent cependant pas tous indemnes de l’expérience délicate du come-back. Pourtant, les fans suivent, animés globalement du désir compulsif de revoir enfin leurs idoles d’antan. 

Ce soir, direction Anvers pour découvrir ou plutôt redécouvrir l’une des formations les plus respectées de la scène pop alternative de Seattle des 90’s : The Posies. C’est après cinq ans d’absence –dix sur les terres anversoises– que Ken Stingfellow et Jon Auer sont venus présenter leur dernier opus (« Blood/Candy ») devant une poignée de spectateurs. Trois dates consécutives en Belgique (Anvers, Bruxelles et Liège), fréquence vraisemblablement coupable de cette faible assistance.

L’admiration vouée à ce quatuor s’explique aisément. Elle provient essentiellement du choix artistique sciemment adopté par les deux leaders de la formation. Un choix consistant à nager systématiquement à contre-courant. Alors que la quasi-totalité de l’Etat de Washington s’embourbait dans les profondeurs marécageuses du grunge, Auer et Stingfellow naviguaient paisiblement aux antipodes, à l’abri des vents dominants qui soufflaient sur Seattle dans les nineties. Les deux provocateurs américains revendiquaient fièrement leur pop classique. Une ‘power pop’ et une ‘retro pop’ vintage balançant des mélodies pures et lumineuses diamétralement opposées aux beuglements rageurs et suicidaires poussés par toute une génération d’adolescents. 

Lyrics simples mais certes pas innocentes. Car la qualité des textes chez The Posies constitue également l’autre force majeure du groupe. Une ‘power pop’ qui ressemblerait davantage à un indie rock alphabétisé tant la qualité des paroles est remarquable. « Every Kind of Light » en est d’ailleurs le plus bel exemple. Un sixième ouvrage studio, finement politisé, truffé de métaphores, dénonçant les faiblesses de l’administration Bush et la guerre en Irak. « Blood/Candy », d’apparence plus sage, n’en reste pas moins subtil.

Sur scène, la magie de The Posies procède davantage de l’alchimie opérée entre Auer et Stringfellow que dans les mélodies elles-mêmes. Car malgré les nombreux désaccords qui les ont déchirés, dans le passé, ces deux hommes se connaissent parfaitement et se répondent en écho. Les voix s’épousent naturellement et les guitares s’entrechoquent machinalement. Une vieille complicité qui se manifeste également lors des longs breaks entre les morceaux. Les deux Gretsch s’accordent instantanément. Le silence résonne d’histoires croustillantes contées à deux voix. Le ton est ironique et s’amuse à taquiner le public d’anecdotes sur les Flamands et les conflits communautaires. Les Laurel et Hardy US provoquent et usent de leur expérience scénique pour créer l’interaction et séduire, en fin de compte, l’assistance de leur humour caustique. Moments intimes qui prendraient presque l’ascendant sur la musique. Car, à vrai dire, la performance musicale déçoit par une carence indéniable d’inventivité et nous livre une musique pop classique sans grande originalité. Avec le temps, The Posies ne serait-il pas simplement devenu un dead band ? Un groupe qui serait définitivement entré dans les annales du Nord-Ouest du Pacifique ? Et « Blood/Candy », la dernière page de l'un des catalogues les plus convaincants de la pop moderne ?

Toutefois, les deux routards expérimentés (NDR : accompagnés de leurs deux fidèles musicos : le bassiste Matt Harris et le drummer Darius Minwalla) vont nous offrir quelques surprises pop particulièrement agréables.

Soulignons tout d’abord l’efficace ouverture emmenée par « Plastic Paperbacks ». Un titre traçant des lignes power pop parfaites dont les harmonies vocales s’avancent dangereusement en terre électrique. « Licenses To Hide » nous surprend ensuite d’un mini opera rock aux vibrations queeniennes.

Les riffs énervés, la batterie solide et les voix version « Nada Surf » de « Take Care Of Yourself » fournissent pourtant un supplément d’énergie à la setlist. Instant fragile trahi rapidement par un « The Glitter Prize » nous rappelant que les guitares d’aujourd’hui sont résolument plus sages que celles du temps de leur splendeur.

Dès lors, les morceaux joués au clavier demeurent les éléments les plus convaincants. Ceux qui exposent au mieux le potentiel inépuisable d’écriture des deux songwriters. « Enewetak » et « For The Ashes » atteignent alors de nouvelles cimes dans l'émotion piano-ballade.

Trois rappels qui s’éteindront enfin sur le lourd et volcanique « Definite Door » et qui illustrent les deux atouts majeurs du groupe : son infinie générosité et sa boulimie scénique.  

(Organisation Trix)

Bernard Dolan

Un nounours tendre mais sarcastique…

Écrit par

Déjà près d’une décennie que Sage Francis pratique une forme de hip hop alternatif, nourri au slam et teinté de folk ou de rock. Natif de Providence (NDR : c’est dans le Rhode Island), il en est même devenu une figure de proue. A son actif, cinq albums, dont un en compagnie des Non Prophets. Il se produisait ce mardi 5 octobre à l’Orangerie du Botanique, pour défendre son dernier opus, « Li », lors d’une double affiche, puisque Dolan y était également programmé. Bernard Dolan est également issu du même Etat, mais de Hanton City. Un rapper, activiste, emcee et slammer réputé pour son spoken word profondément engagé, politique et cynique. C’est un pote à Sage. Il relève d’ailleurs de son label.

Vers 20h, la sonnette retentit. Elle annonce le début du spectacle. Ou plus exactement du supporting act. Mais c’est face à un auditoire encore clairsemé que le Bruxellois L.E.G. entre en action. Soutenu par deux acolytes aux manettes, ses yeux sont cachés derrière des lunettes de soleil et sa tête dissimulée sous une capuche. Le Belge donne tout ce qu’il a dans le ventre, en déambulant aux quatre coins de la scène. L’énergie est palpable. Son hip hop, au début bordélique, se fluidifie au fil du temps. Malheureusement, il est manifestement difficile d’assurer une première partie pour deux pointures de la trempe de Sage Francis et Dolan. Les  spectateurs sont amorphes. Après une demi-heure, la performance de L.E.G. s’achève et le public se retire. Si les esprits de la maigre assistance n’ont pas été marqués par ce premier groupe, le trio, lui, doit l’être. Et pour cause, ce n’est pas tous les jours qu’un artiste a l’opportunité de figurer à la même affiche que nos deux vedettes de la soirée. 

Juste le temps de prendre l’air et de s’hydrater le gosier et la deuxième sonnerie annonce déjà la montée sur le podium de B Dolan. Une véritable armoire à glaces ! Il porte la barbe. Il s’accompagne uniquement d’une machine. Directement, le grand gaillard entre dans le vif du sujet. Son flow est incisif et véloce. Et ses samples efficaces. En un morceau, l’Américain met le feu à une Orangerie déjà plus remplie. Après un morceau, l’Américain s’asperge du contenu d’une bouteille et tente de reprendre sa respiration. Débute alors un dialogue avec le public qui ne s’achèvera que lorsqu’il videra les lieux. Sarcastique, Dolan vante la suprématie de l’Amérique républicaine, et n’hésite pas à la comparer à notre petite Europe. A l’instar de l’excellent morceau consacré à Sarah Palin. Multipliant les traits d’humour, il introduit chaque titre, comme un véritable chauffeur de salle. Et c’est efficace ! Mais le gros nounours sait également se faire tendre ; et tout particulièrement lorsqu’il interprète « Marvin ».  L’émotion est à son paroxysme et un frisson nous parcourt l’échine. Après une bonne demi-heure, c’est sous des applaudissements bien mérités que Dolan quitte le podium. Première étape réussie !

A peine le temps de nous remettre de nos émotions et de finir notre petite mousse que la dernière sonnerie retentit. C’est désormais dans une salle pleine à craquer (ou presque) que Sage Francis va se produire. Apparaît alors la bête. Un drapeau sur la tête, il est également barbu. Mais aussi chevelu. Il ouvre le bal en interprétant des extraits de ses tubes. « Escape Artiste », notamment. Rien de tel pour se rendre compte du talent du rappeur. Sage démontre qu’il n’a pas décroché de nombreux trophées, lors des concours de Slam, pour rien. Chauffeur de salle dans l’âme également, on le découvre guilleret. Et puis, il est en pleine forme. Il accomplit même des pas de danse à faire pâlir plus d’un boys band. La majorité de ses morceaux sont déformés. Pas question ici de rejouer les morceaux de l’album. Tous les styles musicaux y passent ; que ce soit le disco, le rock ou le jazz ; en témoigne sa reprise jazzy de « Jah Didn’t Kill Johnny ». Après une demi-heure de set, Sage Francis se décoiffe en retirant sa perruque (très réaliste soit dit en passant !) et dévoile sa réelle personnalité. Finie la rigolade, le ton devient plus agressif et plus tranchant. Après ces morceaux plus virulents, l’Américain laisse la place à l’émotion, et nous confesse ses problèmes de cœur. S’engage alors un monologue a cappella, tout bonnement impressionnant. Une trentaine de minutes plus tard, le Sage quitte la scène, sous les applaudissements. Respect !

Vient alors le moment du rappel. Sage est alors accompagné de Dolan. Les deux comparses se chamaillent et interprètent tour à tour leurs morceaux. Trois de rap bien lourds, bien américains, comme on les aime. Idéal pour conclure une soirée en tous points parfaite.

Organisation Botanique

 

Sage Francis

Une bête de scène…

Écrit par

Déjà près d’une décennie que Sage Francis pratique une forme de hip hop alternatif, nourri au slam et teinté de folk ou de rock. Natif de Providence (NDR : c’est dans le Rhode Island), il en est même devenu une figure de proue. A son actif, cinq albums, dont un en compagnie des Non Prophets. Il se produisait ce mardi 5 octobre à l’Orangerie du Botanique, pour défendre son dernier opus, « Li », lors d’une double affiche, puisque Dolan y était également programmé. Bernard Dolan est également issu du même Etat, mais de Hanton City. Un rapper, activiste, emcee et slammer réputé pour son spoken word profondément engagé, politique et cynique. C’est un pote à Sage. Il relève d’ailleurs de son label.

Vers 20h, la sonnette retentit. Elle annonce le début du spectacle. Ou plus exactement du supporting act. Mais c’est face à un auditoire encore clairsemé que le Bruxellois L.E.G. entre en action. Soutenu par deux acolytes aux manettes, ses yeux sont cachés derrière des lunettes de soleil et sa tête dissimulée sous une capuche. Le Belge donne tout ce qu’il a dans le ventre, en déambulant aux quatre coins de la scène. L’énergie est palpable. Son hip hop, au début bordélique, se fluidifie au fil du temps. Malheureusement, il est manifestement difficile d’assurer une première partie pour deux pointures de la trempe de Sage Francis et Dolan. Les  spectateurs sont amorphes. Après une demi-heure, la performance de L.E.G. s’achève et le public se retire. Si les esprits de la maigre assistance n’ont pas été marqués par ce premier groupe, le trio, lui, doit l’être. Et pour cause, ce n’est pas tous les jours qu’un artiste a l’opportunité de figurer à la même affiche que nos deux vedettes de la soirée.  

Juste le temps de prendre l’air et de s’hydrater le gosier et la deuxième sonnerie annonce déjà la montée sur le podium de B Dolan. Une véritable armoire à glaces ! Il porte la barbe. Il s’accompagne uniquement d’une machine. Directement, le grand gaillard entre dans le vif du sujet. Son flow est incisif et véloce. Et ses samples efficaces. En un morceau, l’Américain met le feu à une Orangerie déjà plus remplie. Après un morceau, l’Américain s’asperge du contenu d’une bouteille et tente de reprendre sa respiration. Débute alors un dialogue avec le public qui ne s’achèvera que lorsqu’il videra les lieux. Sarcastique, Dolan vante la suprématie de l’Amérique républicaine, et n’hésite pas à la comparer à notre petite Europe. A l’instar de l’excellent morceau consacré à Sarah Palin. Multipliant les traits d’humour, il introduit chaque titre, comme un véritable chauffeur de salle. Et c’est efficace ! Mais le gros nounours sait également se faire tendre ; et tout particulièrement lorsqu’il interprète « Marvin ».  L’émotion est à son paroxysme et un frisson nous parcourt l’échine. Après une bonne demi-heure, c’est sous des applaudissements bien mérités que Dolan quitte le podium. Première étape réussie !

A peine le temps de nous remettre de nos émotions et de finir notre petite mousse que la dernière sonnerie retentit. C’est désormais dans une salle pleine à craquer (ou presque) que Sage Francis va se produire. Apparaît alors la bête. Un drapeau sur la tête, il est également barbu. Mais aussi chevelu. Il ouvre le bal en interprétant des extraits de ses tubes. « Escape Artiste », notamment. Rien de tel pour se rendre compte du talent du rappeur. Sage démontre qu’il n’a pas décroché de nombreux trophées, lors des concours de Slam, pour rien. Chauffeur de salle dans l’âme également, on le découvre guilleret. Et puis, il est en pleine forme. Il accomplit même des pas de danse à faire pâlir plus d’un boys band. La majorité de ses morceaux sont déformés. Pas question ici de rejouer les morceaux de l’album. Tous les styles musicaux y passent ; que ce soit le disco, le rock ou le jazz ; en témoigne sa reprise jazzy de « Jah Didn’t Kill Johnny ». Après une demi-heure de set, Sage Francis se décoiffe en retirant sa perruque (très réaliste soit dit en passant !) et dévoile sa réelle personnalité. Finie la rigolade, le ton devient plus agressif et plus tranchant. Après ces morceaux plus virulents, l’Américain laisse la place à l’émotion, et nous confesse ses problèmes de cœur. S’engage alors un monologue a cappella, tout bonnement impressionnant. Une trentaine de minutes plus tard, le Sage quitte la scène, sous les applaudissements. Respect !

Vient alors le moment du rappel. Sage est alors accompagné de Dolan. Les deux comparses se chamaillent et interprètent tour à tour leurs morceaux. Trois de rap bien lourds, bien américains, comme on les aime. Idéal pour conclure une soirée en tous points parfaite.

Organisation Botanique

 

Black Mountain

The dark side of the mountain

Écrit par

Après avoir publié deux excellents albums qui avaient propulsé Black Mountain sur le devant de la scène musicale étasunienne, le quintette psyché-rock canadien nous propose son troisième opus, une œuvre colorée de nouveaux sons. Habité d’une volonté constante de se réinventer (‘Is safe for the cowards to do what they’ve already done’), Stephen McBean emprunte les voies du métal pour construire les trames de son dernier elpee, sorti le 13 septembre dernier. Changement de direction manifeste observé sur les planches de l’Ancienne Belgique ce mardi 5 octobre. Le rock sombre et brutal profondément ancré dans les 70’s (Black Sabbath, Deep Purple, Pink Floyd, etc) et voilé d’une pop somptueuse a laissé place à des sonorités plus lourdes, plus excitées aussi. D’ailleurs, le chanteur Stephen McBean décrit ce dernier ouvrage comme le ‘most metal and most folk oriented record so far’. Si la volonté de changement est respectable, le résultat n’est pas toujours à la hauteur des ambitions. Le choix du hippie band de Vancouver s’explique probablement par le désir de s’affranchir des combos canadiens stéréotypés aux allures de groupe pour étudiants altermondialistes, des formations qui envahissent progressivement les médias internationaux, depuis l’explosion d’Arcade Fire, en 2005. Un désir de créer une authentique identité artistique ? Ou, plus simplement, une démarche opportuniste consistant à surfer sur une vague métal en pleine ascension ? Peu importe. Seul le résultat compte. Et le résultat… c’est l’impression que Black Mountain a loupé la marche du troisième album ! 

D’emblée, les cinq de Vancouver affichent les nouvelles couleurs du combo et haussent immédiatement le ton. Les cinq musicos nous balancent trois morceaux expéditifs aux guitares pyrotechniques. Quand « Wilderness Heart » et « Evil Way » nous assomment d’un métal lourd  aux saveurs pseudo-sataniques, « Let Spirit Rites » sonne un heavy métal seventies bas de gamme aux solos de guitares dignes du pire hair metal des années quatre-vingt. Instants terriblement éprouvants pour les non-amateurs de chevauchées métalliques.

Paisiblement, Black Montain retourne progressivement sur les territoires trippy de « Black Montain » et « In The Future ». Deux albums qui avaient reçu les faveurs du public et de la critique, en 2005 et 2008. Une accalmie qui réveille les mélancolies limpides, les mélodies extensibles et hétéroclites, les crissements extatiques des guitares, les séquences psyché hypnotiques, la mixité harmonieuse des voix de Stephen McBean et d’Amber Webber... Manifestement, le quintette excelle dans les séquences atmosphériques. Trips sonores titubant entre rock lourd et pop éthérée où le son dessine des reliefs d’ombre et de lumière, de brouillard et d’éclaircie. 

Mais la setlist proposée ce soir se veut résolument métal et éclipse rapidement les morceaux les plus additifs. « Old Fangs » repart alors à l’assaut d’un hard rock graisseux aux guitares ultra lourdes et aux synthés racoleurs. « Don’t Run Our Hearts Around » vient finalement sauver les meubles. Ses sublimes cascades de riffs stoner, son rythme pesant et sa construction schizophrène alternant des climats lourds et des escapades mélodiques clôturent le set de bien belle manière.

Parfois grandiloquents et excessivement nostalgiques, parfois subtils et dramatiques, les cinq artistes canadiens bousculent systématiquement le public par un décalage temporel et stylistique s’inspirant obligatoirement des années septante. Une carence de caractère qui mélange essentiellement les influences des orgues de Deep Purple, des riffs de Black Sabbath et du psychédélisme de Pink Floyd.  

Bref, un Black Mountain moins inspiré, se reposant sans doute sur ses lauriers, qui nous sert des mets nouveaux dont la qualité laisse à désirer et s’éloigne terriblement de celle d’« In The Future ». Reste à espérer que le groupe canadien ne soit pas arrivé au bout de sa formule et retrouve la force de se régénérer.    

(Organisation AB)

The Black Angels

Austin power

Écrit par

Quelques mois seulement après leur passage à Dixmude, les anges noirs d’Austin étaient de retour pour présenter leur excellent dernier album “Phosphene dream”. Petit tour d’horizon dans une Orangerie pleine à craquer. Il est étonnant que l’assistance du concert de ce lundi soit encore aussi conséquente. Pas que la musique abrasive de ces lointains cousins du Velvet puisse être taxée d’élitiste, mais de là à déplacer les foules ? Il faut donc se féliciter d’un tel engouement général ayant drainé aussi bien gente féminine que masculine, (très) jeune ou moins jeune.

L’hypnose instaurée par ces Américains au charisme quasi nul (bon sang, ce chapeau de cow-boy et cette veste en cuir à franges !) opérant dès les premières notes, très vite les chansons de ces Black Angels dessinent une trame enivrante dans laquelle l’auditoire s’enlise passionnément. Hochant la tête et me balançant d’avant en arrière, humant de tout mon saoul le souffle virevoltant de ces mantras psychédéliques, je succombe de mon plein gré à cet appel quasi mystique. La batterie de Stéphanie Bailey, l’écho répercutant les distorsions des guitares, la voix ‘Morrissonienne’ du chanteur, Alex Maas, casquette éternellement rivée sur le sommet du crâne, tous les éléments s’enchaînent et s’entrelacent dans un kaléidoscope hallucinatoire propre à donner le tournis. Les nouveaux titres « Science Killer », « River of Blood » ou le presque pop « Telephone » se mêlent aux classiques du groupe tel le « You on the run » toujours pertinent d’efficacité. L’aspect homogène de l’ensemble renforce l’aspect incantatoire de la musique de ces Texans, agissant comme le catalyseur d’une montée en puissance digne d’un écrit de William Burroughs. En rappel, le groupe revient à ses premières heures, déposant aux pieds de leurs fans des titres de « Passover », en signe de profonde gratitude.

Là où The Black Angels passent, nul besoin de s’enivrer de substances illicites pour goûter aux plaisirs de paradis artificiels…

(Organisation Botanique)

 

Junip

Tout vient à point à qui sait attendre…

Écrit par

Il a fallu près d’une décennie avant que le premier long playing de Junip ne soit enfin publié. Victime du succès planétaire rencontré par José Gonzales, leader incontournable du groupe, le trio suédois végétait dans un demi-sommeil rêveur. Comme à la poursuite d’un songe d’adolescent, les trois amis d’enfance guettaient inlassablement l’instant. L’instant du premier Opus. Cet instant symbiotique convoité depuis 1998. Cet instant incessamment différé par la célébrité grandissante de l’enfant prodigue. Laissés dans l’expectative, Elias Araya (drums) et Tobias Winterkorn (claviériste) ont observé sans ciller l’ascension fulgurante du trinôme. Dès 2003, le songwriter suédois sort  « Veneer ». Premier album qui sera ultérieurement distribué en Europe et aux Etats-Unis par Peacefrog et Mute. C’est pourtant en 2005 que la plaquette rencontre un vif succès populaire et critique. L’utilisation de « Heartbeats » dans un spot publicitaire de Sony Bravia explose radicalement les ventes –plus d’un million de copies– et le couronne disque de platine au Royaume-Uni. Malgré le succès également rencontré par le deuxième album (« In Our Nature ») et les tournées interminables en solo, José Gonzales décide subitement d’abandonner sa guitare aux cordes d’acier noueuses pour rejoindre fidèlement ses deux autres tiers. Enfin, il reprend son souffle et peut se consacrer sereinement à son projet initial : Junip. Jouer en équipe l’inspire et le résultat est stupéfiant : ‘Nous ne sommes ni les meilleurs ingénieurs son, ni les meilleurs musiciens, mais nous savons enfin ce que nous aimons’. Dix ans de patience et de frustrations récompensés par « The Fields » : une curiosité folk-pop-électro qui frôle l’addiction.     

L’architecture minutieuse du premier album achevée, Junip peut maintenant user de ses mélodies pour fouler sereinement toutes les scènes internationales. Celles présentées ce vendredi soir au Grand Mix ont surpris d’une setlist hétéroclite oscillant du calme au rugissement, de la simplicité au désordre. Un patchwork capitonné d’une voix de chaman millénaire, de paroles férocement poétiques et de sons intentionnellement rugueux (rough) habillant les lieux d’un environnement flou, mélodique et hypnotique. Un mélange séduisant et capiteux qui nous plongerait dans les univers peu conventionnels du folk-jazz de John Martin ou de la soul psychédélique de Richie Havens ; le tout parfumé de sonorités krautrock. Bref, une capsule d’oxygène gonflée de folk, de krautrock et de pop offrant un nouveau souffle à un registre pop-folk fort poussiéreux.

Les trois pièces göteborgoises surprennent d’un concert rigoureusement équilibré et cohérent doté d’une mécanique mélodique de précision. Un set composé de chansons riches d’influences, sans texture ostentatoire, sans lenteur, sans variation dynamique inutile, sans accord superflu…

Ça et là, la chaleur des claviers de Winterkorn, les rythmes subtilement insistants d’Araya, la voix paisible et le lyrisme énigmatique de Gonzales tissent d’heureuses, de délicieuses mélancolies.  Paroles et mélodies oscillent entre chaos et renaissance, entre vie et mort (« Tide »). Quant à « To The Grain » et « In Every Direction », ils dessinent de majestueux voyages pop-folk voilés de paysages gris et automnaux.   

Ailleurs, derrière les beats et les guitares, Tobias Winterkorn élève des murs musicaux construits de sons analogiques, de Moog, de Rhodes puis laisse place à des moments plus vaporeux sur « Without You » et « Off Point ».

Plus loin encore, le jazz et les répétitions rythmiques éthiopiennes (NDR : technique héritée des origines africaines d’Elias Ayala) s’accordent subtilement aux airs latins (NDR : héritage musical issu des origines argentines de José Gonzales) et esquissent des champs exotiques exquis.

Junip sonne comme un vrai groupe. Un trio solide aux éléments complémentaires qui ne devrait pas faire regretter à José Gonzales son retour sur la ‘Junipsphere’. Une nouvelle expérience qui renforce incontestablement son répertoire et résonne comme une renaissance artistique, un heureux aboutissement de ses efforts passés. Un choix audacieux qui souligne la qualité de programmation du Grand Mix et vous réserve d’ores et déjà de belles surprises pour les semaines à venir (http://www.legrandmix.com)

Organisation Le Grand Mix

 

The Divine Comedy

So British… so kitschy !

Écrit par

The Divine Comedy, c’est avant tout Neil Hannon, un auteur, compositeur et interprète qui reconnaît pour influences majeures Burt Bacharach, Kurt Weill, David Bowie et même Jacques Brel. Lors de sa dernière tournée, il était soutenu par une belle brochette de musiciens. Et son dernier opus, « Bang Goes The Knighthood », paru en mai dernier, ne trahissait certainement pas une volonté de se la jouer perso. En homme-orchestre si vous préférez. C’est pourtant, en solo qu’il se produisait ce mardi 28 septembre, à l’Orangerie du Botanique. Sous le patronyme The Divine Comedy…

21h10’ : le rideau rouge s’ouvre brusquement sur le cabaret musical de Neil Hannon ! Sous une formule intimiste et dépouillée de ses musiciens, le leader charismatique de The Divine Comedy entrouvre les portes confidentielles de son univers précieux et facétieux. Seul. Sobre. Vêtu d’un complet noir. Coiffé d’un chapeau melon noir. Instrumenté d’un piano Yamaha noir. L’artiste sort méticuleusement les précieuses partitions qui architecturent les symphonies sophistiquées de « Bang Goes The Knighthood » de sa serviette noire. A l’image d’un automate aux mécanismes parfaitement huilés, Neil Hannon se dandine au clavier, fabriquant, de ses doigts d’horloger, des atmosphères piano-bar sublimées d’une décadente nostalgie pop. Image d’un personnage semblant sortir des « Noces Funèbres » de Tim Burton qui aurait emprunté la voix de Sweeney Todd pour nous fredonner de charmantes capsules de comédies musicales désuètes (« Down In The Street Below »).

Toutefois, les ingénieuses orchestrations –point fort du dernier opus– brillent par leur absence et condamnent la première partie du set au calme et à la vacuité. Une impression d’inachevé résonne. Mais, ici, le chanteur irlandais se livre à un tout autre exercice : sa propre mise en scène. Son talent scénique, son humour british parviennent cependant à faire oublier l’absence de musiciens. Aidé de ses fidèles aficionados venus en nombre (concert sold out !), il parviendra finalement à tisser un lien de complicité avec les spectateurs. Interactivité croissante qui a eu le mérite de nous faire passer un chaleureux moment d’une heure trente-cinq. Les applaudissements suivant le premier rappel de plus de quinze minutes en témoignent d’ailleurs largement.

En outre, l’auteur-compositeur-interprète britannique passe sans complexe du piano à la guitare, livrant une musique baroque. Un retour aux sources qui rappelle son éternelle passion pour Scott Walker et ne laisse assurément pas indifférents les fans de la première heure.     

Peu importe la guitare, peu importe le piano ! Car, finalement, Neil Hannon, c’est avant tout une voix. Un timbre qui souffle et le chaud et le froid, invite le rire et les larmes. Up & down qui navigue, lunatique, entre drôlerie et tristesse. Un clown triste qui improvise et use d’inflexions vocales sur « At The Indie Disco » pour amuser le spectateur de beat box. Single qui sera suivi d’une délicieuse reprise parodique de « Human League ». Puis, la pénombre. L’artiste décide alors de jouer avec les cordes sensibles de l’auditeur et vous balance une drama-song mélancolique. Mais, attention, non sans une pointe d’ironie qui vous griffe au tournant. En bref, un artiste qui use habilement de sa voix et de la langue de Shakespeare.

L’ensemble du concert reste cependant fidèle au disque. Il nous livre une grande musique pop-baroque et un storytelling capricieux. Ici, pourtant, l’attention se porte davantage vers ce personnage imprévisible, capable de passer tout naturellement du drama au piano-bar popeux excentrique avec une grande cohérence.

Assurément, le passage de « The Divine Comedy » sur scène demeure toujours un événement inédit et incontournable.   

Organisation Botanique

(Voir aussi notre section photos)

Goldfrapp

Retour vers le futur

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Saviez-vous qu’Alison Goldfrapp avait vécu en Belgique ? A la sortie de son adolescence. Avant de devenir ‘backing vocalist’ chez Tricky et Orbital. Elle a même participé à l’enregistrement de quelques uns de leurs disques. Ce n’est qu’en 1999, que Will Gregory et Alison fondent le duo Goldfrapp. Responsable de 5 albums à ce jour, dont le dernier, « Head first », fait un peu pâle figure au sein de leur discographie, Goldfrapp se produisait donc à l’Aéronef de Lille, ce mardi 28 septembre. On se demandait donc si la formation était capable de donner une autre dimension à des titres pas vraiment folichons…

En arrivant dans la salle, un chansonnier interprète son répertoire dans la langue de Molière. Ce genre de spectacle serait tout à fait indiqué pour animer les fêtes de famille ou un piano bar. Anecdotique. Embraie un certain Wagner. Non, non, par Richard, il est mort en 1883. Mais Yan. Un franco-américain qui chante dans celle de Goethe en s’aidant de machines. Tout un programme ! Mais au bout du compte, pas vraiment de quoi s’enflammer.

Il est déjà 9h30 lorsque le large rideau tendu tout au long de la scène tombe. On aperçoit un énorme cylindre au fond du podium, duquel s’échappe un brouillard de fumée. Un décor qui me fait penser à la célèbre série B de science-fiction, programmée à la TV, au cours des seventies, ‘A cœur du temps’. Pour les plus jeunes, ils penseront sans doute davantage à ‘Blade Runner’, voire à ‘La guerre des étoiles’, mais les comparaisons me semblent moins judicieuses. A cause de l’esprit ‘vintage’ que semble véhiculer le groupe. Bref, on est en plein univers intergalactique. Mais d’une autre époque. « Voicething », le dernier morceau du dernier album de Goldfrapp, « Head first », est diffusé en fond sonore. Puis les musiciens entrent par ce tunnel. Outre Alison, ils sont six. Une drummeuse, qui s’installe, au fond de la scène, à droite. Un bassiste, planté du même côté, mais plus en avant. Côté gauche, une claviériste et Will Gregory, plus centré, mais en retrait, tous deux à l’AX-Synth, lorsque la première ne se réserve pas les synthés et le second le violon ou circonstanciellement la guitare. Ces deux derniers sont vêtus d’une combinaison zébrée, couleur noir et blanc, mais en oblique. Alison s’approche du bord de l’estrade. Elle a revêtu une sorte de poncho fabriqué à l’aide de bandes de cassettes. Et face au ventilateur, placé au sol, l’effet est assez saisissant. Les bandelettes s’agitent dans tous les sens et scintillent à la lumière des spots. Il souffle en même temps les boucles dorées de ses cheveux. Collants noirs, yeux hyper-maquillés, son look colle parfaitement à la mise en scène particulièrement kitsch, glamoureuse, si vous préférez. Elle possède un charisme fou. C’est une star et elle le sait. Enfin, elle jouit d’un timbre de voix assez exceptionnel. Tour à tour opératique, cristallin, éthéré, sensuel ou puissant. Le set s’ouvre par « Cristalline Green » (NDR : ben tiens !) et embraie par « Supernature », avant de concentrer l’essentiel de son répertoire sur le nouvel opus, « Head first », dont les inévitables singles « Rocket » et « Alive », en n’oubliant pas d’y inclure un de leurs plus anciens tubes, « Number 1 ». La prestation est énergique, passionnée, flamboyante, mais un peu trop linéaire à mon goût. Et puis ces références pompées chez ABBA ou dans le disco ne me bottent pas vraiment. Il faut attendre la seconde moitié de set, pour enfin vibrer. Tout d’abord lors d’un des derniers morceaux de « Head first », soit le ‘robotique’ « Shining and warm » (NDR : oui, c’est une plage du dernier opus, mais une des meilleures). Puis « Train » (NDR : il figure sur Black Cherry), dont la version proposée ici est absolument époustouflante, digne du « I feel love » de Donna Summer (NDR : oui, je sais c’est du disco, mais quand c’est bon, il faut le reconnaître). La voix d’Alison atteignant alors vraiment le sommet de son art. Et enfin, lors de la finale, l’inévitable « Ooh la la », dont le tempo imprimé sur un boogie, réminiscent du « On the road again » de Canned Heat, met littéralement le feu à la salle.

Rappel inévitable. Alison a changé de look. Elle a enfilé une parure scintillante, couleur chrome et noir. Le combo se lance dans « Little bird » (NDR : extrait de « Seventh Tree »), une compo atmosphérique, construite en crescendo, à la croisée des chemins de Spiritualized et de Cocteau Twins. Epatant ! Et de terminer par « Lovely head », morceau ‘enniomorriconesque’, sifflements samplés à l’appui. Acclamations soutenues.

Et le public en veut encore. Ce soir Goldfrapp est généreux. Alison a encore changé de look. Elle porte une autre parure en longs poils colorés d’orange, de rose et de jaune. Le show s’achève par un titre plus rock. D’ailleurs, Will a alors repris sa guitare. Chouette concert qui contraste avec leur dernier album, « Head first ». Ce sont d’ailleurs les plus anciennes compos qui ont fait la différence, même si le public lambda a sans doute aimé se trémousser, sur les titres les plus contagieux et à caractère disco. Fallait s’en douter.

(Organisation A Gauche de La Lune)