La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

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Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

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And Also The Trees

Récréation acoustique…

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Doucement le cercle solaire descend des cieux, et une multitude de corbeaux envahit les pelouses de la cour intérieure de l'abbaye. Taches noires éparses et clairsemées. Puis vient la nuit, et avec elle, l'invitation à l'abandon... Je lisse mes plumes de jais et m'engouffre à la suite de mes comparses dans le tunnel conduisant à un escalier étrangement moderne pour ce genre d'endroit. A l'étage, la salle s'offre à mon regard. Haute et sertie d'une magnifique charpente en poutres du plus beau bois. Je suis convié à prendre place dans un des confortables sièges de velours disposés en gradin. Puis la lumière décline. Recueil et silence de mise. Accueil et applaudissements timides.

Première partie : Seesayle. Seule sur scène. Tour à tour aux claviers, à la guitare, au violon, la demoiselle envoûte l'auditoire grâce à de subtils arrangements, sa voix, ses grands yeux qui vous happent, mais surtout grâce à de véritables chansons. Perles de rêves dans un écrin de velours. Tour à tour déclinées en anglais, français, hongrois ou dans une langue imaginaire aux accents slaves. Même confrontée à l'obscurité totale (orage ou mystérieux visiteurs ?) la belle garde son aplomb. Seesayle ou la clé d'un songe éveillé.

And Also The Trees quant à eux déploient leur majestueuse musique intemporelle depuis le début des eighties, mais jamais pourtant elle n'est parue datée. Classieux et loin des canevas des modes, les deux frères Jones traversent les années dans leur machine à remonter le temps sans se soucier de leur époque. Avec intégrité. Et pour se ressourcer, ils s'offrent depuis un moment une récréation acoustique. Qui s'arrête ici ce soir. Avant une date autrichienne et une autre Italienne. C'est dire si nous sommes chanceux. Bien sûr, le côté électrique et électrisant de la guitare de Justin se fait désirer sur la longueur du set. Mais offertes ainsi dans une version boisée, les chansons du répertoire de AATT se découvrent telles des naïades au sortir du bain. Belles et fragiles. Le dépouillement opère en tant que catalyseur des émotions. Mais tout en retenue. Subtilement. Et accentue le côté théâtral de leur musique. Je devrais dire dramaturge. Hanté par ses fantômes, Simon Huw Jones habite les compositions et les vit véritablement sur scène, tel un acteur qui soir après soir s'habille de la personnalité de ses différents personnages. Mentions spéciales aux morceaux issus de « Green is the sea », au classique « A room lives in Lucy » et à l'imparable « Virus meadow ».

Le manteau de la nuit a recouvert l'abbaye. Quelques oiseaux aux atours de ténèbres s'attardent encore ci et là. Mais moi, je regagne mon nid. Tomorrow the sun will shine...

(Organisation : Soirées Cerises)

Caetano Veloso

L'étoile du Brésil

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Ce mercredi 7 juillet, alors qu'une demi-finale de football attire les foules dans les bars du centre-ville, l'Ancienne Belgique accueille le tout grand chanteur brésilien Caetano Veloso. Censuré et interdit au temps de la junte militaire brésilienne au pouvoir jusqu'en 1985, rejeté par la gauche socialiste qui lui reprochait son goût pour les musiques nord-américaines, exilé en Angleterre, Caetano Veloso est aujourd'hui une fierté nationale adulée bien au delà de la terre brésilienne.

Auteur, compositeur, et interprète de grand talent, il a été révélé par chez nous grâce à ses collaborations aux B.O. de films, notamment le sublime "Cucurrucucu Paloma" du "Parle avec elle" de Pedro Almodovar. Et son concours à celle, non moins superbe, du long métrage "Frida" a contribué à sa popularisation en Europe. Veloso est aujourd'hui un familier de la scène, et c'est sans difficulté que celle de l'Ancienne Belgique s'est remplie pour ce concert.

Ce soir, le public est cosmopolite et multi-générationnel, d'une moyenne d'âge de trente-cinq ans. Les conversations polyglottes se mêlent dans une atmosphère chaude ; des bribes de mots en espagnol et portugais s’échappent ça et là. Caetano Veloso se fait attendre et réclamer à plusieurs reprises, à grand renforts de sifflements. A 20h35, le rideau s'ouvre enfin sur un bonhomme aux cheveux blancs, mais toujours aussi charismatique. Souriant, il est vêtu en toute simplicité. Il entame la soirée par "A voz do morto", un morceau enjoué chaloupant déjà le public. Quelques titres plus tard, entre rock et bossa nova, l'étincelle Veloso gagne l'assistance qui s'embrase du parterre au deuxième balcon. Sa voix douce, capable de monter très haut, envoûte tout un chacun. Sans frime, mais pas sans humour, Veloso danse avec sa guitare, tape dans les mains des spectateurs du premier rang, regarde les visages éclairés par les spots le temps d'une chanson apparemment très populaire (les paroles sont connues très précisément par la foule). Par rapport à Veloso (NDR : il affiche 67 balais au compteur), les trois musiciens qui l'accompagnent sont jeunes. Sa présence scénique ne se laisse heureusement pas éclipser par une projection vidéo (si tendance !) présente le temps de quelques chansons, images sans queue ni tête du Brésil, vagues en pagaille et Christ de Rio. La fierté nationale est palpable dans l'assistance qui brandit un drapeau vert et jaune à chaque applaudissement.

Les morceaux, très différents les uns des autres, font preuve d'une grande liberté d'écriture, d'une inventivité et d'un intérêt continu pour les musiques actuelles. Veloso et ses musiciens (NDR : le guitariste Pedro Sa, le percussionniste Marcelo Callado et le bassiste Ricardo Dias Gomes) aiment puiser dans les musiques traditionnelles latines, et les déstructurer. Ainsi, un tango se métamorphose, grâce à des guitares électriques, sur "Volver". Chanté en anglais, le détonnant " Maria Bethania", écrit lors de son exil en Angleterre en hommage à sa sœur (également musicienne), rappelle le groupe français Dynonisos. On y retrouve l'influence, revendiquée par Veloso, des Beatles. Tous les muscles de son visage s'animent pour exprimer les sentiments humains, et l'homme nous apparaît fragile, touchant.

Après dix-huit morceaux énergiques, et un bis conséquent, les sifflements reprennent et les spectateurs tiennent dix bonnes minutes la barre des décibels pour un second rappel. Mais déjà le rideau rouge se referme. Celui qui s'est fait siffler se fait maintenant huer. Le rideau s'arrête in extremis ; on croit au miracle, mais quelques furtifs allers-retours indiquent qu'il est simplement bloqué ! L'auditoire déçu manifeste sa frustration, le concert n'a duré qu’1h45. Mais alors que la salle désemplit, restent les fans, les vrais, qui arrachent la tracklist collée au sol et la brandissent comme un trophée (NDR : de quoi faire des envieux ?), en ayant au moins la satisfaction de rentrer chez soi en emportant une photo souvenir (d'une liste de titres !)

De son vrai nom Velloso, auquel il a ôté un l (NDR : ce qui signifie ‘duveteux’), Caetano Veloso a malgré tout ravi son public de sa voix si douce, de ses yeux malicieux et de l'énergie contagieuse avec lequel l'on repart.

(Organisation: Greenhouse Talent, Gand)

 

Charlotte Gainsbourg

Pari gagné !

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C’est après avoir publié « IRM », son troisième album, composé par le génial bidouilleur californien Beck Hanson, que Charlotte a enfin décidé de monter sur les planches, exercice de style qu’elle redoutait tout particulièrement. Loin de la pression parisienne, la fille de Jane et Serge a rôdé son set aux Etats-Unis, lors d’une petite quinzaine de dates, en avril dernier. Son concert lillois n’est que le quatrième de sa première tournée française, entamée le 14 juin ; elle se produisait la veille, à Bruxelles. Et pas de première partie pour ce spectacle programmé à l’Aéronef.

20h15 précise, les lumières de la salle s’éteignent. Suivis par ses cinq musiciens, la sylphide Charlotte fait son apparition. Elle s’excuse presque de déranger l’assistance, et entame son set par le titre maître de son denier opus. Son timbre vocal est certes fragile, mais il s’intègre parfaitement à l’ensemble, porté par une section rythmique de haute volée. Le band fait montre d’une grande cohésion ; l’aspect dépouillé et sobre du light show ajoutant à la magie, d’entrée de jeu. Si au cours des quatre ou cinq premiers morceaux, la voix de Charlotte semble se fondre dans le collectif, c’est à partir de « Heaven can wait », son nouveau single, que son timbre va prendre toute son expression. Une perception confirmée par le plus rock « Trick Pony » ainsi que « The song that we sing », extrait du précédent opus « 5.55 », paru en 2007 (NDR : sous la houlette du duo versaillais Air). Passé ce moment plus enlevé, la belle se réapproprie le « Just like a woman » de Bob Dylan, une adaptation tout en délicatesse, quelle accorde juchée sur un tabouret.

« IRM », dont la plupart des compos servent d’ossature au tracklisting, reprend ensuite ses droits, avant de laisser place à la première reprise, tant attendue, ‘du meilleur, du plus grand, du plus beau’, comme elle se plait à qualifier son père… Mais pas évident d’opérer un choix dans l’immense répertoire de Gainsbourg. Elle s’attaque donc à « L’hôtel particulier », un extrait de « L’histoire de Melody Nelson », édité en 1971. Sous-estimé à sa sortie, cet elpee est devenu culte depuis. Une œuvre qui nous démontre combien l’homme à tête de chou était en avance sur son temps et puis son art à transcender les genres. Composé il y a près de 40 ans, ce morceau d’une modernité étonnante est magnifié par sa fille et ses cinq musiciens, alors, en véritable état de grâce. On ne pouvait rêver plus bel hommage. La boucle semble donc bouclée. Bien qu’en plein apprentissage de la scène, la belle peut-être fière de l’honneur qu’elle vient de faire à ses parents (« L’histoire de Melody Nelson », sur lequel Jane Birkin chante, a également été porté à l’écran).

Le spectacle se clôture, de façon magistrale, par un festif « Couleur café » repris en chœur par la foule. L’air de ne pas y toucher –tout au long des 90 minutes qui ont passé trop vite– ‘la Gainsbourg’ a parfois flirté avec le sublime. Conquis, le public lui a réservé une ovation bien méritée qui s’est même prolongé bien longtemps après que les lumières ne soient rallumées…

A l’âge de 38 ans, Charlotte Gainsbourg a merveilleusement réussi l’épreuve de la scène. Un pari qui n’était pas gagné d’avance. En outre, elle dispose encore d’une belle marge de progression. Ce qui augure du meilleur encore, pour la suite.  

La manière dont elle mène sa barque suscite le respect. Et pour cause, non seulement ses choix de carrière, tant cinématographiques que musicaux, sont judicieux. En outre, elle est toujours parvenue à s’entourer de collaborateurs compétents (NDR : le Gainbarre pour "Charlotte For Ever" en 86, Air, Jarvis Cocker et Neil Hannon pour "5.55" en 2008, Beck pour "IRM" en 2009). De quoi démontrer, s’il le fallait encore, qu’elle n’est pas que la fille DE… mais aussi une artiste complète. En osant l’exercice du ‘live’, elle vient d’accomplir une étape importante dans sa carrière, pourtant déjà bien remplie.

Charlotte accomplit actuellement une tournée européenne, qui passe, bien sûr par la France ; mais qui reviendra également par la Belgique, puisqu’elle se produira lors du festival des Ardentes de Liège, ce 10 juillet…

 

Benjamin Biolay

La ‘Comédie Humaine’ revue et corrigée par Benjamin Biolay…

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Artiste déchiré, controversé, Benjamin Biolay aime provoquer et s’écorcher publiquement. Ses célèbres coups de gueule dans le monde artistique francophone et son autosuffisance affichée lui ont d’ailleurs coûté une petite mort médiatique. Petite mort dont il a utilisé soigneusement les stigmates pour signer l’un des meilleurs albums de chanson française de cette décennie. Parmi ces fleurs du mal, a fini par éclore « La Superbe », essence magistrale d’un auteur-compositeur-interprète de génie aux dérapages capricieux qui le condamnent à marcher dans l’ombre d’un Gainsbourg. Ce dernier ouvrage lui a valu la reconnaissance méritée de ses pairs : il remporte trois victoires de la musique dont celle du meilleur album et de l’artiste interprète de l’année.   

Adoré ou détesté, le dandy lyonnais s’érige dès lors comme l’un des artistes les plus prolixes et les plus doués de sa génération. Bref, une icône masculine adulée par les femmes –détestée par leur mari– qui nous offre ce soir la quintessence de son cinquième album sur les planches de l’AB de Bruxelles. Ville chère à ses yeux où il a écrit (NDR : Biolay évoque le célèbre café-concert l’Archiduc), composé et enregistré (ICP) la majorité des sillons lumineux de son dernier opus.       

20h30. Sur un fond de décor noir, simple et intimiste, le dandy ténébreux investit les lieux et introduit « Même si tu pars », sur un ton serein et assagi. Un nouveau visage Biolay, plus calme, moins torturé, s’affiche d’emblée pour nous livrer un set qui gagne en valeur au fur et à mesure que la setlist avance. L’artiste se livre progressivement au public, communie crescendo d’anecdotes, d’humeurs de vie… et parvient finalement à tisser un lien doux et amical avec le public. L’atmosphère prend corps et donne de l’assurance aux compos. La voix grave et hésitante se rassure au fil des morceaux et finit par vaincre une timidité profonde. Puis, elle s’impose doucement comme si elle acquiesçait progressivement à l’autorisation tacite de s’inviter parmi nous. Sur « Night Shop », Benjamin Biolay se libère et se métamorphose furtivement en un délicieux raconteur d’histoires. Ensuite, les titres déboulent…

Armée de cinq musiciens (harpe, batterie, guitares, basse, claviers), la performance scénique peine cependant à trouver la grandiloquence du studio. Les arrangements et les compositions ‘live’ trahissent les finitions fines de l’album et ne parviennent que trop rarement à utiliser les aspérités de la scène pour donner vie aux textes. Victime d’un album presque parfait, le concert sue et se chagrine davantage de nostalgie sur les morceaux de « Trash Yéyé ». Ainsi, « Bien Avant », « Dans La Merco Benz » et « Qu’est-ce que ça peut faire », moins instrumentalisés, redonnent un supplément d’âme à l’AB.   

C’est d’ailleurs lorsque la ‘spleen machine’ se retrouve seule au piano, légèrement habillée d’une harpe délicate et de quelques percussions discrètes (« Nuit Blanche »), que les mélodies sombres et déchirantes retrouvent pleinement leur âme originelle.

« La Superbe » et « Qu’est-ce que ça peut faire » attendront encore une heure avant de crouler sous les innombrables brassées d’applaudissements d’un public absolument fan et conquis. Enfin, le concert se referme sur le plus intimiste « A l’Origine ». Trois rappels viendront  clôturer cette soirée aux paroles hautement émotives : le plus léger « Padam », le mélancolique « Les Cerfs-Volants » et l’authentique « Brandt Rhapsodie », sur lequel l’audacieuse harpiste palliera l’absence vocale de Jeanne Cherhal.     

Pas de gifle musicale étourdissante ce soir à l’AB. Plutôt les confessions intimes d’un homme fragile et sincère qui nous propose un nouveau profil touchant d’humanité et d’ironie amère…

(Voir aussi notre section photos) 

 

Christophe Willem

Brussel’s night fever…

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Phénomène issu de l’émission radio crochet ‘La nouvelle star’, Christophe Willem avait donné rendez-vous à ses fans mercredi soir, à Bruxelles. Quelques heures avant de m’y rendre, l’envie n’y était pas. Faut dire qu’en règle générale, ce genre de variété franchouillarde ne m’inspire pas beaucoup. Mais bon, j’avais sollicité et reçu une invitation ; j’étais donc tenu de répondre présent. Normal ! Allez, courage, quand faut y aller, faut y aller…

Pour ne pas changer les bonnes habitudes, lors d’un concert prévu à Forest, j’ai droit à ma dose de bouchons dès la sortie de l’autoroute et un mal de chien pour dénicher une place de stationnement. Mais tout vient à point à qui sait attendre et au guichet m’est remise une place de choix, face à la scène, juste derrière la table de mixage. Et un bon point, un ! Je m’installe et constate rapidement que le public n’est pas tout à fait celui auquel je m’attendais. Là où je croyais ne rencontrer que des jeunes (et moins jeunes) femmes, force est de constater que Christophe Willem attire, tout comme Tintin, les jeunes de 7 à 77 ans, tant de sexe masculin que féminin. Manifestement non, Christophe Willem n’est pas que le héros des ménagères de moins de 50 balais, loin de là…

Il est vingt heures pétantes lorsque Sky, petit bout de femme, seule au monde, nous apparaît, isolée face à 6 000 personnes, ne disposant comme seule arme, qu’une guitare acoustique. Mais visiblement, cette situation ne l’effraie pas. Courageusement, elle entame sa première chanson et révèle au public une facilité de voix assez déconcertante ainsi qu’un jeu de cordes très au point et non moins efficace. Se baladant tant en français qu’en anglais, la belle nous met en forme durant la petite demi-heure que lui a accordée son  ‘patron’… (NDR : elle est également invitée à former un duo dans le spectacle de l’ex-nouvelle star, dont elle n’était que choriste lors de la tournée précédente). Et cela marche. Très bien même. Oscillant entre Zazie et Sheryl Crow, les titres qu’elle nous propose sont tout à fait de nature à mettre l’assemblée en appétit. La demi-heure est donc vite avalée et digérée.

Il ne faut pas plus d’une vingtaine de minutes pour que l’idole, que toute la salle attend, fasse son apparition. Et quelle apparition ! Après un générique (sur un écran super géant) digne d’un film à gros budget, Christophe Willem opère une entrée remarquée et remarquable. Suspendu à un câble par la main gauche et le micro dans l’autre, il descend tel un artiste de cirque, au milieu de l’arène, tout en entamant son premier titre « Berlin », repris directement par 6 000 chœurs plus qu’enthousiastes. Et c’est un euphémisme ! Tout au long des deux heures de spectacle, ce sera une constante. La foule chantera et dansera. Et déjà à ce moment-là, bien que ne connaissant quasi rien de son répertoire, le doute m’habite. Je me demande où je suis tombé. Plutôt habitué à l’odeur d’un joint pourri, j’ai pour une fois dans le nez des parfums plus chics les uns que les autres ! Ça change…

 

Sur scène, ils sont sept outre la vedette : trois choristes, dont deux superbes créatures, un trio basse-guitare-batterie et une claviériste rompue à tous les exercices dont ceux des effets sonores spéciaux. Et bien sûr, Sky qui viendra interpréter quelques duos dont une fabuleuse reprise de « Why » d’Eurythmics. C’est la soirée du strass et des paillettes, le retour des années disco, un spectacle son et lumières fabuleux, un clip vidéo gigantesque de deux heures. 

 

Ce grand déglingué sans allure nous en met plein la vue et les oreilles. Il nous bluffe complètement en usant de sa voix d’une justesse remarquable et jouant à la fois au chauffeur de salle, au comédien, à l’humoriste, au danseur. Il va même jusqu’à descendre au milieu de la fosse pour entraîner sur le podium Micheline (non non, j’sais pas qui c’est) en compagnie de laquelle il interprètera le titre suivant tout en esquissant un pas de danse. Et là je me dis : ‘Très fort le bougre’. Et je me surprends à battre la mesure, à sourire, rire même. Ben oui, je m’amuse, beaucoup même. La bonne humeur est contagieuse !

Après « Trash », morceau électro-pop surpuissant, Christophe honore ses comparses en les mettant en évidence chacun à leur tour. Visiblement authentique, sympa et relativement rare… D’une simplicité et d’un naturel assez convivial, il arrive à mettre Bruxelles dans sa poche (ben oui, moi aussi) ! Cinq bonnes minutes seront nécessaires à la reprise du ‘concert’. Le public acclamant son idole durant de longs moments au son du célèbre refrain de « Seven nation army » dont il avoue ne pas connaître les paroles, sans quoi…

Le calme revenu, il choisit d’entamer « Why » en duo avec Sky. Sur fond bleu azur, ce titre renaît de ses cendres et confirme tout le talent d’interprète de ce grand bigleux hors du commun. La belle ne le quitte plus pour la fin du show et voit son statut de choriste passer à celui de complice…

On épinglera aussi tout l’humour dont une certaine dose d’autodérision qui caractérise le personnage. Projetant d’immenses photos de lui-même en arrière-plan, il n’a visiblement pas choisi les clichés les plus avantageux et n’en a cure. Cela marche et fait à nouveau (sou)rire les plus pincés, s’il y en avait… Le ‘Coffie Tour’ arrive déjà à sa fin, plus d’une trente, seize titres passés à la vitesse de la lumière. Et pour une fois, le son était à la hauteur, les ingénieurs ont fait du bon boulot dans cette salle à l’acoustique minable. 

Les lumières s’éteignent sur le final de « Heartbox ». Mais des milliers de mouchoirs blancs s’agitent et réclament le retour de la star. Et sans manière, sans chichi, sans faire patienter de longues minutes ses fans, il revient. Seul au piano pour interpréter « Si je tombais », superbe ballade qui dénote un peu dans le répertoire de ce showman complètement déjanté. Et une fois de plus ça marche. Il peut tout se permettre, rien à dire il est doué le mec ! Avant de tirer sa révérence, il se demande s’il n’a pas oublié un titre. Et celui que tous attendaient, le seul que je connaissais réellement, « Double jeu » terminera la soirée de la même manière qu’elle avait commencée. Sur les chapeaux de roues.

Ben franchement, moi je lui tire le mien à ce gars. Il m’a blousé. De la première à la dernière minute. Il m’a invité à une grosse fête où tout le monde s’amuse, tout le monde rigole. Où la bonne humeur est ou devient obligatoire. Il ne nous laisse pas le choix. Ce mec-là, c’est un remède contre tout ce qui va mal ou pas bien. C’est un mélange de ‘Prosac’ et de gélules survitaminées.

Et puis basta avec le reste. Faites comme moi. Partez avec des pieds de plomb et revenez en chantant, heureux…

(Organisation Live Nation) 

 

Thee Vicars

Back to the sixties…

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Le Water Moulin nous proposait une belle double affiche ce samedi 28 mai. Au fil des concerts, ce club devient, ‘the place to be’, au sein de l’univers du rock hors circuit traditionnel, dans la région tournaisienne. Faut dire que depuis la création de la très active ASBL locale, ‘OFF’, cette maison bourgeoise est devenue un véritable antre du r’n’roll. Après une bonne année d’activité, les organisateurs ont frappé fort en programmant le même soir, les Lillois de Teenage Moonlight Borderliners et la nouvelle sensation anglaise psychédélique et 100% énergique, Thee Vicars. Cette soirée très attendue avait donc attiré la foule ; et notamment des mélomanes issus du Nord de la France et de Flandre.

Il incombait au duo français, Teenage Moonlight Borderliners, d’ouvrir les hostilités. Le public était tellement impatient de découvrir nos 4 énervés de la Perfide Albion, que la bonne prestation du duo lillois, responsable d’un rock énergique alimenté par 2 guitares incisives et une rythmique minimaliste mais efficace, est malheureusement passée quelque peu inaperçue ; une bonne partie du public goûtant encore un peu à l’air printanier, avant d’entrer dans le Water Moulin qui allait bien vite se transformer en four.

Thee Vicars, c'est certainement le plus jeune groupe européen de garage qui tourne pour l’instant. Ils sont sur la route depuis avril 2009 et ne poseront leurs instruments à Bury St. Edmunds, dans la région d'Ipswich, leur patrie d’origine, qu'en novembre prochain, si tout va bien...

Après une courte pause boisson, les musiciens se frayent un chemin à travers la salle qui se remplit d’un seul coup. Nos 4 Anglais, à peine sortis de l’adolescence investissent la petite scène du Water Moulin. Il ne faut que quelques secondes pour comprendre qu’un grand moment de rock’n’roll va se produire ! Il leur suffit de quelques riffs pour transmettre leur énergie hautement contagieuse à une véritable meute qui n’en demandait pas tant. Le public est véritablement en ébullition et le Water Moulin, pour l’heure, transformé en club enfumé du Londres des premières heures des Stones, Kinks, Standells ou autres Who, dont les Vicars sont les dignes héritiers.

L’ambiance n’est d’ailleurs pas sans rappeler les 30’’ du concert des Yardbirds au célèbre Marquee dans le cultissime film ‘Blow up’ d’Antonioni contant les pérégrinations d’un photographe de mode dans le swinging London. A l’énergie musicale vient se greffer une ambiance psychédélique quasi-magique dominée par la voix de Mike Whittaker, soutenue par ses 3 comparses ; l'ensemble faisant montre d'une puissance et d'une maturité étonnante. Ils ne desserreront jamais leur étreinte, durant les presque 2 heures que va durer la prestation, sur un public qui n’était pas en reste et en redemandait…

Thee Vicars est incontestablement un très grand groupe de scène, comme on en a peu vu dans la cité scaldéenne. En outre, le combo a eu le mérite d'attirer un public multi-générationnel. Rarement on a vu des gars de cet âge perpétuer, de manière aussi magistrale, l'esprit des early sixties. Ce ne sont pas les articles dithyrambiques récemment parus dans Rock'n'Folk et les Inrockuptibles qui le démentiront. S'il fallait encore mettre l'accent sur leurs grandes qualités, on signalera qu'ils ont joué en support des Black Lips sur toute leur tournée européenne et anglaise !!! Vous l'avez compris, ils sont chauds très chauds et ils sont passés par Tournai un soir de mai...

Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que leur nouvel album, intitulé "Psychotic Beat", vient juste de sortir sur Dirty water records. Et il comporte 13 titres !

Editors

Un final hallucinant !

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La Caserne Fonck de Liège accueillait un concert surprise des Editors, ce vendredi 28 mai 2010. A peine 700 places avaient été mises en vente pour cet événement. Pas étonnant que le set ait été décrété sold out en deux temps trois mouvements. Mais pourquoi cette prestation ? En fait les Editors souhaitaient opérer un warm-up de leur nouveau spectacle prévu pour les festivals d'été. Au départ, le combo avait envisagé se produire dans une église. Mais ces édifices ne leur ouvrant que trop difficilement leurs portes, ils ont accepté de se produire à la Caserne, dont l’architecture offrait certaines similarités. Et puis quoi de plus logique de jouer à Liège, lorsque le lendemain, on est programmé au Pinkpop, dont le site n’est séparé que d’une petite heure de route.

Les réjouissances démarrent à 20h30. La formation sympathique Willow débarque sur le podium pour y dispenser un pop-rock de bonne facture. Peu bavards entre les morceaux, les musiciens dégagent cependant suffisamment de charisme pour chauffer la salle.

21h30 précises La bande à Tom Smith monte sur les planches. Immédiatement, le ton est donné. Le son est excellent. Les différents instruments libèrent des sonorités cristallines. Le combo semble avoir la pêche (NDR : à contrario de leur set accordé en 2008, à l’AB ; une prestation, soit dit en passant, qui m’avait laissé sur ma faim). La formation insulaire est, bien sûr, venue présenter son dernier opus ; mais elle a le bon goût de puiser sa set list au sein de ses trois elpees. Les tueries sont légion. Ce qui n’empêche pas le band de nous réserver quelques compos plus intimistes. A l’instar de "No Sound But The Wind", que chante Tom en s'accompagnant uniquement d’un piano. Une plage programmée entre "The Racing Rats" et "Smokers Outside The Hospital Door" (NDR : l’unique titre un peu trop mou à mon goût !) Imparable, "Papillon" achève le concert. Une heure au cours de laquelle les Brummies ont enchaîné douze titres, que Tom, dans un français quasi-impeccable, ose à peine perturber…

Pas le temps de reprendre son souffle que Tom, Chris, Russ et Ed remontent sur les planches pour se lancer dans un rappel. Qui s’étalera sur six titres. Mais si volet principal se concentrait essentiellement sur les tubes du groupe, le rappel nous proposera des morceaux moins connus, moins évidents à appréhender. Et en finale, le combo nous accordera une compo totalement hallucinante. Intitulée "Fingers In The Factories", elle constitue la cerise sur le gâteau, après une  heure et demie de concert.

Un grand merci aux Editors dont on attend, bien sûr, de nouvelles surprises de ce style…

(Voir aussi notre section photos)

 

 

Deadmau5

I Think I Smell A Rat

Écrit par

Comment électrifier son public en un tour de main ? Derrière sa tête de rongeur, Joel Zimmerman ne laisse rien percevoir mais connaît sa leçon sur le bout des doigts. Ce 19 mai, le Canadien de 29 ans est venu présenter son dernier labeur, « For Lack Of A Better Name », lors d’un show à faire pâlir de jalousie Tiësto et consorts. Un choc visuel que les Daft Punk applaudiraient des deux mains.

L’Allemand Moguai, chargé de la première partie, semble s’éclater derrière ses platines. Sa House n’a rien de révolutionnaire mais permet à quelques motivés de pratiquer leur cardio avant l’arrivée sur scène du principal intéressé. Fait rare pour une première partie, les lumières de la salle brillent toujours de mille feux alors que le set du DJ est entamé depuis un long moment. Ce qui renforce le sentiment que Moguai comble l'attente en jouant le simple rôle de chauffeur de salle, et rien d’autre.

Un concert de Deadmau5, c’est la garantie d’en prendre plein les yeux. Les rideaux se lèvent vers 21h pour dévoiler une table de mixage oblique, en forme de V ; et un sacré dispositif de light show à l’arrière. Zimmerman, a.k.a. Deadmau5, apparaît derrières ses machines et sous un masque d’un blanc immaculé. Le DJ rentre dans le vif du sujet en balançant directement l’un de ses plus gros hits, « Moar Ghosts ‘n’ Stuff ». Le lightshow paraît à priori gentillet mais va prendre, au fur et à mesure, une dimension autrement plus spectaculaire. Les hits ultra-dansants s’enchaînent mais, pour la majorité du public, impossible de décoller les yeux de la scène.

Le rongeur exécute un véritable déballage d’effets visuels percutants. De la table mixage au masque du bonhomme, tous les éléments déployés sur scène disposent d’écrans digitaux. A chaque morceau son ambiance visuelle particulière. Le public en prend plein les mirettes mais un tel spectacle est à double tranchant. A vouloir épater la galerie, le cousin halluciné de Mickey Mouse fait malheureusement passer la musique au second plan. Cependant, que l’on aime ou déteste la House Progressive, impossible de ne pas reconnaître Deadmau5 comme l'un de ces artistes capables de vous scotcher du début à la fin de leur show. Avant de se retirer pour un ultime rappel, le Canadien clouera le bec aux spéculateurs en dévoilant son visage à l’assemblée. Histoire d’éviter une réputation d’escroc scénique à la Daft Punk ou MF Doom ?

A voir cet été au festival Pukkelpop.

Organisation : Live Nation