Les idoles de Yungblud…

Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

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Hooverphonic

Eagle Seagull

De drôles d’oiseaux…

Écrit par

Eagle Seagull (traduction littérale, l’aigle goéland) est un curieux patronyme choisi par une formation issue du Nebraska, fondée en 2004. Responsable d’un excellent second opus, en mars dernier (« The Year of the How-To-Book »), elle se produisait au Witloof Bar du Botanique, ce 27 avril. Pas la grande foule cependant pour accueillir ce combo yankee. Et pour cause, leur notoriété dépasse à peine la zone crépusculaire de l’underground. Pourtant, il affiche un fameux potentiel, susceptible de drainer un large public. Il faudra cependant faire preuve de patience, avant de le voir concrétiser ses rêves…

Eli Mardock et sa compagne Carrie ‘Eddie Sedgwick’ Butler sont les leaders du band. Ils se plantent au beau milieu de la scène, entourés d’une multitude de claviers. J.J. Idt s’installe à gauche. C’est le guitariste. Il affiche un look de bûcheron. Le jeune Mike Overfield se poste du côté droit. Il est vêtu d’un sweater à capuche. Le drummer prend un certain recul, par rapport au podium. C’est apparemment le musicien le plus âge de l’équipe. Les attitudes du couple sont très rock’n’roll. Glamoureuses, même. Ou si vous préférez, professionnelles. Les meilleurs titres de leur dernier elpee défilent. Le timbre vocal d’Eli rappelle, manifestement, celui de l’ex-chanteur de Pulp, Jarvis Cocker. Quant à la musique, pop et dansante, elle navigue quelque part entre le Bowie des 70’s et Arcade Fire. Jusqu’alors tout baigne. Mais progressivement, on ressent un certain malaise. Le climat entre les musicos du groupe ne semble pas au beau fixe ; et ils ne cherchent guère à établir la moindre communication avec le public. On a même parfois l’impression qu’ils (se) font la gueule. Et J.J. Idt, le guitariste, tout particulièrement. A moins qu’il ne s’em*****. Quand à Eli, son regard se perd dans les méandres de son étonnante tignasse. De quoi plomber l’ambiance. D’autant plus que les compos se révèlent, au fur et à mesure, de moins en moins contagieuses. Seul le violon de Carrie Butler parvient alors à maintenir le fil conducteur. Heureusement, la fin de parcours est bien plus excitante. Et le set de s’achever en force par « You’re the Reason Why I’m Afraid to Die », c'est-à-dire le meilleur morceau de « The Year of the How-To-book ». On aura même droit à un rappel, au cours duquel les membres de la formation vont enfin esquisser un sourire.

Si Eagle Seagull veut vraiment décoller, il a tout intérêt à soigner son jeu de scène. Les compos de leur long playing, ont beau se révéler superbes, dansantes et lyriques, leur transposition en ‘live’ ne m’a pas vraiment convaincu. Les natifs de Lincoln ont tout intérêt à se secouer les puces, s’ils veulent vraiment s’extraire de l’anonymat. Suffit pas d’avoir le potentiel, il faut aussi vouloir le démontrer…

Organisation Botanique.

These New Puritans

Drum’s Not Dead

Écrit par

En 2008, These New Puritans se produisaient à l’Ancienne Belgique, dans le cadre des Now:Series sur la scène d’une ABBox comptant une cinquantaine de curieux tout au plus. Forts d’un nouvel LP à l’ambiance sombre et ‘tranchée’ ainsi que d’une tournée aux côtés de The XX, les quatre Anglais récoltent les fruits de la hype en se produisant à guichets fermés sous la coupole de la Rotonde du Botanique.

En guise de mise en bouche, These New Puritans propose « Time Xone », suivi immédiatement de « We Want War », le premier extrait de « Hidden ». Un morceau long de plus de sept minutes, magnifié par un emballage très cinématographique. Le genre de compositions qu’un réalisateur de film glauque en quête de fond sonore ne renierait pas. Outre la tendance à produire des morceaux pop déconstruits, le son caractéristique de la formation originaire de Southend-On-Sea procède essentiellement de l’effet fulgurant des grosses caisses. George Barnett, préposé à la batterie, tape très fort. Et lorsque les percussions de Thomas Hein viennent s’y greffer, les chansons de These New Puritans prennent une dimension presque oppressante. Dans le bon sens du terme. A cela s'ajoutent les instruments insolites tels le hautbois ou encore des couteaux (!) qui procurent toute leur richesse aux écrits de la bande. Et il faut l’avouer, sans cette instrumentation, These New Puritains ne serait qu’un groupe pop parmi d’autres.

« Three Thousand », « Numbers (AKA Numerology) », « Orion », « Fire-Power », « Attack Music », « Infinity Ytinifni » s’enchaînent en toute cohérence. Mais certains morceaux souffrent d’une similarité flagrante, ce qui rend la prestation moins percutante. Jack Barnett s’adresse à plusieurs reprises à la foule avec un accent à couper au couteau et un chouia trop de reverb’ dans le micro. Le mec aurait pu parler en chinois que l’effet aurait été identique… Le set s’achève sur le single « Elvis », en guise de rappel. Un concert d’une heure tout rond. Une prestation pas désagréable mais manquant cruellement de relief.

(Organisation : Botanique)

Crystal Castles

Thunderstruck

Écrit par

Tout au long de leur premier LP, Crystal Castles était parvenu à donner une nouvelle dimension au ‘chiptune’, en l’assénant d’un électrochoc punk bien balaise. Les Canadiens, réputés pour leurs shows chaotiques, ne se sont pas laissés impressionnés par un vulgaire nuage de cendres. Ils ont donc, comme prévu, posé leurs semblants de bagages sur la scène de l’Orangerie et terrorisé l’assemblée au son des tueries qui composeront leur deuxième œuvre éponyme, à paraître ‘incessamment sous peu’.

Sur le coup des 21 heures, l’Orangerie du Botanique est bondée. Peut-être même davantage que d’ordinaire. Et le public bouillonne déjà. Ce qui explique peut-être les barrières placées devant le podium. Oui, oui, des barrières de sécurité ! Au Botanique ! Ca promet… Alice Glass et Ethan Kath vont être servis en matière d’ambiance. La salle est soudainement plongée dans une obscurité intégrale. Un son strident marque le début des hostilités. Le duo, accompagné en mouture ‘live’ d’un batteur, apparaît sur les planches et engage un premier extrait de son nouveau recueil. Seul un subtil jeu de lumière éclaire la scène par intermittence. Alice malmène le micro d’une main, et un stroboscope de l’autre. Pas plus de 5 minutes plus tard, on comprend que Crystal Castles est un véritable rouleau compresseur en matière de prestation ‘live’.

Les nouveaux morceaux produits par Paul Epworth (Bloc Party, The Rapture, etc.) emballent le public presque autant que les extraits du premier éponyme. « Baptism», « Celestica » ou l’incendiaire « Doe Deer » passent sans encombre l’étape de la scène. Mais ce sont essentiellement les vieux tubes qui font péter les plombs de l’assistance. Ainsi, les premières notes de « Air War », « Courtship Dating », « Crimewave » ou ceux de « Alice Practice » soulèvent instantanément  l’Orangerie. Et pourtant, certains demeurent statiques. Incompréhensible…

Ethan est plutôt discret, dissimulé derrière ses manettes. A l’inverse, Alice chauffe le public comme pas deux. A plusieurs reprises, elle s’élance au cœur de la foule. La petite Canadienne est simplement impressionnante. Le set de Crystal Castles est plutôt dark et d’une intensité rare. Un vrai show ‘in-your-face’. Mais la fin du concert survient brusquement, au bout d’une heure pile. La formation se retire sans crier gare et les lumières de la salle rappellent le public à la réalité. Pas de rappel. Les salauds ! Il faudra attendre cet été et le Festival Les Ardentes pour obtenir une nouvelle dose de Crystal. Et le manque se fait déjà ressentir.

(Organisation : Botanique)

 

Caribou

Free As A Bird

Écrit par

En 2008, les drôles d’élans ont parcouru les plaines d’« Andorra » et ont suscité, sans vraiment le vouloir, la curiosité de plusieurs milliers de "tree-hugging hippies" de tous bords. Les yeux tournés vers l'horizon, ces derniers attendaient impatiemment le retour de l’espèce convoitée. En 2010, c’est chose faite depuis la publication de « Swim », un troisième LP au cours duquel Caribou est parvenu à s’élancer encore plus loin. Au cours de son périple, le gibier Canadien n’a pas oublié de poser ses pattes dans nos contrées, du côté du Beurskaffé, en plein centre de Bruxelles.

La salle affiche complet depuis quelques jours. La capacité du lieu est assez moyenne, ce qui le rend d’autant plus convivial. Il est 21h15 lorsque Derwin, le panda d’Essex débarque sur les planches. Derrière ses manettes et son laptop, Gold Panda est tout content. Normal, il a été désigné par la BBC comme l’un des grands espoirs de 2010 aux côtés d’une dizaine d’artistes dont la carrière a déjà bien décollé, à coups de buzz (Delphic, Two Door Cinema Club, The Drums, Owl City, Marina & The Diamonds, etc.) Sous son déguisement, Gold Panda exécute une électro à la fois minimale, planante et engageante, extraite de ses nombreux Eps. Le petit dernier, « You », sera d’ailleurs disponible dès le 10 mai, soit 6 jours avant sa prestation sur la scène du chapiteau aux Nuits Botanique. Le Briton jouera aux côtés de The Field. Et il y a fort à parier que les fans de ces derniers se rallieront sans hésiter à la cause du panda doré.

Sur le coup des 22h, Dan Snaith et ses trois musiciens prennent place sur la (petite) scène du Beurskaffé. Tout de blanc vêtus, les quatre hommes ne perdent pas une seconde et plongent immédiatement le public dans le vif du sujet. Il est loin le temps où Snaith portait encore le sobriquet de Manitoba. Ce soir, Caribou célèbre la sortie de « Swim » et souligne cet événement en jouant la quasi intégralité de l’œuvre. Le set est donc à l’image du disque : une ode à la liberté mariant électro, rock et psyché. Un retour aux sources plutôt bien négocié. Les morceaux « Bowls », « Kaili » et « Odessa » valent à eux seuls leur pesant d’or. Derrière les musicos, leur incontournable écran diffuse en continu l’artwork de « Swim », modulé par des couleurs trippantes. Les stroboscopes n’en finissent pas de crever les yeux des spectateurs tandis que Snaith élance ses splendides complaintes. L’une des rares incursions dans le passé se produira lorsque le combo se lancera dans l’interprétation de « Sundialing » et l’essentiel single « Melody Day ».

Après une petite pause, Caribou revient pour un bis repetita au cours duquel des « Swim » et « Barnowl » majestueux plongent le public dans un océan de beats magistraux. Un set parfait en tous points. Lors de ses pérégrinations estivales, l’oiseau rare survolera la plaine de Kiewit, le temps d’un passage au Pukkelpop. Et si vous n’y êtes pas, c’est que vous êtes fous.

(Organisation : VK*)

Birdy Nam Nam

A Rush Of Blood To The Head

Écrit par

Les quatre ‘Turntablists’ aux doigts de fées étaient de passage à l’Ancienne Belgique après avoir remporté, quelques semaines plus tôt, la ‘Victoire de la Musique’ du meilleur album électro de l’année. Il faut dire que « Manual For A Successful Rioting » envoie une claque sans concession, à coups de beats bien bourrins, assénés où il faut, quand il faut. Après s’être produits lors des festivals Polsslag, Pukkelpop et I Love Techno, en 2009, Birdy Nam Nam présentaient leur ‘scud’ pour la première fois en salle en Belgique, sous le toit de l’AB.

Les Liégeois de Partyharders Squad étaient chargés de préparer le terrain. Rien de bien excitant au programme. Le duo enchaîne les clichés du DJing, et chauffe donc la salle en se contentant de cliquer sur la touche ‘next’ de son laptop et de hurler à chaque montée de BPM. Et on n’échappera pas au quart d’heure dubstep, histoire de démontrer qu’on est bien ‘aware’ des tendances émergeantes. Au moins, ça a le mérite de faire danser les kids des premiers rangs. On a beau ne pas adhérer au style des Liégeois, impossible de nier que leur cible est bien atteinte et conquise.

Cinq minutes de répit à peine avant que les Parisiens n’entrent en scène. Ce soir, l’AB affiche complet. Crazy B, Little Mike, DJ Need et DJ Pone, tout sourire, ont l’air motivés. Le public, lui, l’est davantage. Et une énorme installation light-show démontre que la formation joue désormais dans la cours des grands. C'est certain, celles et ceux qui recherchaient la simplicité de leurs premières prestations vont être servis en matière de déception. Le set démarre sur quelques bons souvenirs de l’éponyme, à l’époque où les quatre gaillards privilégiaient les scratches aux bleeps. Mais les extraits du premier opus sont soit retravaillés (ou torturés, c’est selon), soit rapidement passés sous silence, au profit des bangers de la grosse machinerie « Manual For A Successful Rioting ». Ainsi, même le tubesque « Abbesses » n’est plus ce qu’il était. Birdy Nam Nam est désormais une infernale machine à danser et assume très manifestement son statut. Même si le groupe donne parfois l’impression de réaliser à quatre, ce qu’il pourrait facilement exécuter à deux…

Les pieds entre le sol et le plafond, le public adhère à donf et se laisse entraîner sur les beats carnassiers de « Worried », « TransBoulogne Express » ou l’excellent « Red Dawn Rising ». Il faudra deux rappels pour calmer les ardeurs de la foule, chaude comme la braise. Après tout, c’est samedi soir. Un « The Parachute Ending » aux allures de seringue d’adrénaline, vient achever le travail entamé une heure et demie plus tôt. Tandis que ses trois camarades se retirent, Little Mike en profite pour caresser son public dans le sens du poil et exhiber le drapeau belge qu'il s’est fait tatouer au bras. Avant de se retirer, il prend encore le temps de charrier les ‘footeux’ en scandant le nom de son équipe fétiche (NDR :  information qui n’est restée gravée dans mon esprit, que quelques millièmes de secondes) tandis que DJ Pone remonte furtivement sur les planches, en brandissant le maillot de la football team en question. Un final bon enfant qui résume assez bien l’ambiance générale entretenue, tout au long du set des turntablists passés pros du bidouillage.

(Organisation : AB + Live Nation)

Blood Red Shoes

Le feu et la glace

Écrit par

Beaucoup de monde pour assister à la prestation de Blood Red Shoes (NDR : à la limite, le spectacle aurait pu glisser du club vers la salle principale). Un duo qui vient de publier son deuxième elpee, « Fire like this ». Les mauvaises langues avancent que cette formation serait la réponse US aux White Stripes voire aux Kills. Si la formule du line up est identique, le combo de Detroit est dominé par le brillantissime guitariste Jack White (NDR : Meg se contente de frapper sur les peaux comme une dératée), et puis sa musique est surtout contaminée par le blues, alors que chez les seconds, elle est davantage ancrée dans le garage punk. Au sein de Blood Red Shoes, si l’énergie est aussi explosive, elle est aussi et surtout plus raffinée…

Il revenait à la formation parisienne, King of Conspiracy, d’ouvrir les hostilités. Et le set démarre en trombe sur un tempo psychobilly digne des Cramps. Le son est pourri. La voix du chanteur l’est tout autant. Le drummer et le guitariste essaient de suivre le rythme effréné dicté par le soliste (c’est également le chanteur). Il en impose par sa grande carcasse et maltraite sa guitare, en lui faisant subir les pires sévices, même à l’aide d’un stick de batterie. Il gesticule dans tous les sens et tournoie sur lui-même. Il est King of Conspiracy. Pendant une bonne demi-heure, la formation française va nous balancer un punk’n’roll furieux, bruitiste, énergique, décapant, mais un peu trop brouillon pour convaincre votre serviteur. Etonnant, lorsqu’on sait que le combo tourne régulièrement en Angleterre, et y a reçu de flatteuses comparaisons avec Mclusky. A mon humble avis, ce soir, le trio a confondu vitesse et précipitation.

Laura-Marie et Steven montent à leur tour sur les planches. Coiffée d’un chignon élégamment négligé, elle est vêtue d’un t-shirt de couleur noire et d’un jeans. Comme je l’avais déjà souligné, c’est une très jolie fille. Lui, arbore un polo rayé marine vert et blanc (NDR : un supporter du Celtic de Glasgow ?) et fonce derrière ses fûts, installés de profil, à droite du podium. Le set s’ouvre par « It’s getting by the sea », un extrait de “Box of secret”, leur premier elpee. En fait, la tracklisting va alterner compos issues du premier opus et du tout dernier, “Fire like this”. Les harmonies vocales sont soignées, limpides, impeccables. Laura-Marie maîtrise sa guitare avec une aisance époustouflante, libérant des accords tantôt féroces, sauvages ou fiévreux ; mais concédant aussi régulièrement des notes aussi astucieuses que mélodiques. Parfois on a l’impression qu’elle joue de la basse en même temps. Son visage est impassible. Pas un sourire. Elle ne semble pas vouloir communiquer avec le public, et préfère apparemment se concentrer exclusivement sur son sujet. Elle focalise pourtant les regards (NDR : peut être les désirs les plus cachés…) Une beauté glacée, dans l’esprit de Catherine Deneuve (NDR : pensez à « Belle de jour » de Luis Buñuel). Elle déambule régulièrement, manche à la main, pour se diriger vers son partenaire. Steven est plus extraverti. On sent qu’il éprouve énormément de plaisir sur scène et ose quelques mots en français. Il se balance sur son siège. Son jeu est ample, souple, précis et lorsqu’il le faut, puissant. Le mouvement imprimé à ses sticks crée un effet de décomposition de la lumière, dont l’esthétisme vaut à lui seul le déplacement. Bref, il est impressionnant ! Les titres s’enchaînent, tous plus magistraux les uns que les autres. Le plus souvent hymniques. Et surtout excitants. Le jeu de lumières est assez sobre. Quatre ou cinq longs tubes en néon de couleur bleue sont plantés verticalement, au fond de la scène. Et au-dessus quelques gros projecteurs, en forme de fleur, baignent le show dans les teintes cobalt, parfois jaune ou rouge. Les riffs décapants du nouveau single, « Light it up », sont manifestement découpés dans le grunge. Lors de cette compo, Laura-Marie pose son timbre vocal, alors réminiscent de Kim Deal. Un timbre qui évoque quand même parfois aussi celui de Siouxsie Sioux. Tout en crescendo, « Keeping it close » constitue probablement le sommet du concert. Un morceau plus complexe. A l’instar du tout aussi excellent, « You bring me down », caractérisé par cette alternance entre climats dynamiques et plus calmes. Plutôt réservé, le public commence enfin à réagir. Et quand même à s’enflammer. Ce serait dommage, vu la qualité de la prestation. Et puis du titre du dernier album de Blood Red Shoes : « Fire Like this ». Bourré d’énergie punkysante, « Heart sing » clôt le set. On n’a pas vu le temps passer. Acclamations. Il était temps ! Un roadie règle les instruments, le duo va revenir, c’est sûr !

Quelques minutes plus tard, le couple remonte sur le podium. Au cours de ce bref rappel, ils interprèteront l’autre single « Colour fade », un morceau hymnique dont le refrain est repris en chœur par la foule. Le morceau s’achève dans un déluge de décibels. Laura-Marie dépose délicatement sa gratte contre son ampli, de manière à libérer une bonne dose de feedback, puis se barre, après avoir esquissé un semblant de sourire. Steven la rejoint, après avoir exécuté un léger signe de la main, avant de prendre congé de son auditoire. Vu la perfection du set, il ne faudra pas deux ans pour que Blood Red Shoes soit programmé à l’affiche des plus grands festivals mondiaux, et en particulier celui de Werchter. Et si vous voulez en savoir plus sur le duo de Brighton, je vous invite à lire l’interview que le duo a accordée récemment, à Musiczine…

Organisation Aéronef

(Voir aussi notre section photos)

 

The Berliners

A suivre de très près…

Écrit par

Le Water Moulin ? Votre serviteur n’y avait jamais mis les pieds. Un scandale quand on habite à moins de 5 kilomètres du site. Mais aussi la conséquence d’un emploi du temps surchargé. La double affiche locale avait aussi de quoi m’inciter au déplacement. D’abord, il y avait Hoboken, une formation constituée de vétérans, au sein de laquelle on retrouve, avec beaucoup de plaisir, l’ex-compositeur/guitariste de Little Egypt, Jean-Jacques Dewulf et puis, The Berliners, un combo de d’jeuns dont on dit le plus grand bien, mais qui a vécu quelques turbulences, suite aux projets d’études de certains de ses musiciens…

Le Water Moulin, c’est un lieu multiculturel, sis au 207 Boulevard Eisenhower, derrière la gare de Tournai. S’y sont déjà produits une multitude de groupes et d’artistes underground. Aussi bien nationaux, qu’internationaux. Mais cet endroit est également ouvert à d’autres disciplines, comme le cinéma, les arts plastiques, les ateliers pour enfants, les cours de musique et le théâtre. Et puis, il sert aussi de local de répétition ; une aubaine, quand on sait que trouver un tel type de local n’a jamais été une sinécure pour les artistes issus de la cité scaldienne. Autre atout principal, la configuration du site. Un endroit qui permet d’éviter les nuisances sonores, donc les plaintes des voisins. En outre, le soir, les emplacements de parking sont nombreux et disponibles. Maintenant, il s’agit bien d’un club, au sein duquel on ne peut pas y mettre plus de 100 personnes. Un club privé, puisqu’il faut se procurer sa carte de membre, au prix d'un euro, avant d'y accéder… Vous savez tout ou presque sur ce chouette endroit ; vous savez donc ce qu’il vous reste à faire. Et pour les locaux, n’attendez pas 50 ans avant de visiter les lieux, comme pour votre propre cathédrale, pourtant inscrite, sur la liste du patrimoine de l’UNESCO…

Mais venons-en aux concerts. Et tout d’abord une remarque. Annoncé à 20h00, le premier concert n’a débuté que vers 21h45. Une mauvaise habitude, selon de nombreux habitués de l’endroit. Et un retard qui incite les spectateurs à débarquer de plus en plus tard. Il est compréhensible que les artistes ou groupes préfèrent se produire devant une salle bien garnie plutôt que devant trois pelés et un tondu. Mais en adoptant ce mauvais pli, le public va se pointer instinctivement de plus en plus tardivement. Les organisateurs ont tout intérêt à discipliner leurs artistes, de manière à fidéliser leur public. Sans ce minimum de rigueur, les concerts risquent un jour de s’achever aux petites heures et décourager les mélomanes. D’autant plus que les spectacles se déroulent toujours en semaine.

Hoboken est donc un quintet. Réunissant un drummer, un bassiste (NDR : tiens, c’est Bébert, une vieille connaissance) et trois guitaristes. Une rythmique et deux solistes, dont le chanteur principal et le jeune vétéran Jean-Jacques. Dès les premiers accords, on se rend compte que nous sommes en présence d’excellents instrumentistes. Mais on sent que le groupe en garde sous la pédale. Et puis, c’est leur premier concert officiel ! On a même l’impression que les trois six-cordistes jouent la même partition. Mais en milieu de parcours, le set commence à décoller. On reconnaît alors bien le toucher de gratte minimaliste et tout en délicatesse de JJ (NDR : dont deux potes, ex-Little Egypt, étaient présents dans la salle), alors que son comparse commence à oser l’un ou l’autre solo. On comprend alors beaucoup mieux la bio qui nous parlait, au sujet de leur musique, de rencontre entre la new wave et le psychédélisme. Un psychédélisme, feutré, il faut le préciser. Et peut-être plus proche du power pop que de la new wave. Pensez notamment aux Buzzcocks. Bébert se risque au chant lors d’un titre un peu plus funk blanc. Et ma foi, sa voix un peu falsetto lorgne du côté de Sting. Mais c’est au cours des derniers morceaux que le combo va donner toute la mesure de son talent. Surtout tout au long d’une longue compo, parcourue de changements de tempo et éclaboussée d’interventions en cascade des guitares. Superbe ! Encore des répètes, quelques nouveaux titres et le groupe sera prêt à affronter la route…

Entre les deux sets pop/rock, Lahcen Akill (40 ans), un joueur de lothar du haut-atlas marocain, apporte une coloration world à la soirée. Dans son pays, il milite au sein de plusieurs formations notoires. En outre, il fabrique ses instruments lui-même. Actuellement en tournée à travers la France et pour 3 semaines, il se produira notamment à Paris, Rennes et Lille. Arrivé dans l'après-midi en France, il a été proposé par des Lillois se déplaçant régulièrement au Water Moulin. De la musique berbère très bien jouée, mais qui ne collait pas trop à ce type de soirée…

The Berliners campe donc un quatuor. Qui compte au moins 2 ans et demi d’existence. Faut dire que le combo a dû mettre son aventure entre parenthèses, pendant une petite année. En 2008, très exactement. Suite au départ de deux membres à l’étranger, où ils devaient poursuivre leurs études. Le line up est ma foi, fort classique, puisqu’il réunit un drummer (NDR : solide, il faut le préciser), un bassiste et deux guitaristes dont un se charge des vocaux (parfois sans sa gratte). Un personnage qui, ma foi, ne manque pas de charisme. Pourtant, il ne se charge de la deuxième six cordes, que depuis le second épisode. Le groupe propose, en outre, un tout nouveau répertoire, n’ayant retenu qu’une seule compo de ses débuts. Et depuis, leur reformation, c’est également leur premier set officiel. Showman, le chanteur n’hésite pas à venir au milieu du public, pour l’haranguer. Il possède une très bonne voix, légèrement mordante. Et maîtrise parfaitement son micro, qu’il maintient, verticalement, à une vingtaine de centimètres des lèvres. Enfin, à la gratte, son entente avec l’autre soliste est vraiment épatante. De son côté, le bassiste joue un peu le rôle de métronome. Bref, bien que constitué de très jeunes musiciens, ce combo affiche une assurance étonnante. Mais il faut reconnaître que leur musique n’est pas facile d’accès. Le groupe se réclame de Joy Division. Pas du tout évident ! Perso j’ai plutôt l’impression que leur solution sonore évolue quelque part entre post punk (The Fall pour le passé, Futureheads et Maxïmo Park pour le présent), indie rock/post-hardcore (Girls Against Boys) et alt rock (Mclusky). Une chose est sûre, cette formation possède un énorme potentiel. Elle est en tout cas, à suivre de très près…

(Organisation Water Moulin)

 

Hoboken

A pas feutrés…

Écrit par

Le Water Moulin ? Votre serviteur n’y avait jamais mis les pieds. Un scandale quand on habite à moins de 5 kilomètres du site. Mais aussi la conséquence d’un emploi du temps surchargé. La double affiche locale avait aussi de quoi m’inciter au déplacement. D’abord, il y avait Hoboken, une formation constituée de vétérans, au sein de laquelle on retrouve, avec beaucoup de plaisir, l’ex-compositeur/guitariste de Little Egypt, Jean-Jacques Dewulf et puis, The Berliners, un combo de d’jeuns dont on dit le plus grand bien, mais qui a vécu quelques turbulences, suite aux projets d’études de certains de ses musiciens…

Le Water Moulin, c’est un lieu multiculturel, sis au 207 Boulevard Eisenhower, derrière la gare de Tournai. S’y sont déjà produits une multitude de groupes et d’artistes underground. Aussi bien nationaux, qu’internationaux. Mais cet endroit est également ouvert à d’autres disciplines, comme le cinéma, les arts plastiques, les ateliers pour enfants, les cours de musique et le théâtre. Et puis, il sert aussi de local de répétition ; une aubaine, quand on sait que trouver un tel type de local n’a jamais été une sinécure pour les artistes issus de la cité scaldienne. Autre atout principal, la configuration du site. Un endroit qui permet d’éviter les nuisances sonores, donc les plaintes des voisins. En outre, le soir, les emplacements de parking sont nombreux et disponibles. Maintenant, il s’agit bien d’un club, au sein duquel on ne peut pas y mettre plus de 100 personnes. Un club privé, puisqu’il faut se procurer sa carte de membre, au prix d'un euro, avant d'y accéder… Vous savez tout ou presque sur ce chouette endroit ; vous savez donc ce qu’il vous reste à faire. Et pour les locaux, n’attendez pas 50 ans avant de visiter les lieux, comme pour votre propre cathédrale, pourtant inscrite, sur la liste du patrimoine de l’UNESCO…

Mais venons-en aux concerts. Et tout d’abord une remarque. Annoncé à 20h00, le premier concert n’a débuté que vers 21h45. Une mauvaise habitude, selon de nombreux habitués de l’endroit. Et un retard qui incite les spectateurs à débarquer de plus en plus tard. Il est compréhensible que les artistes ou groupes préfèrent se produire devant une salle bien garnie plutôt que devant trois pelés et un tondu. Mais en adoptant ce mauvais pli, le public va se pointer instinctivement de plus en plus tardivement. Les organisateurs ont tout intérêt à discipliner leurs artistes, de manière à fidéliser leur public. Sans ce minimum de rigueur, les concerts risquent un jour de s’achever aux petites heures et décourager les mélomanes. D’autant plus que les spectacles se déroulent toujours en semaine.

Hoboken est donc un quintet. Réunissant un drummer, un bassiste (NDR : tiens, c’est Bébert, une vieille connaissance) et trois guitaristes. Une rythmique et deux solistes, dont le chanteur principal et le jeune vétéran Jean-Jacques. Dès les premiers accords, on se rend compte que nous sommes en présence d’excellents instrumentistes. Mais on sent que le groupe en garde sous la pédale. Et puis, c’est leur premier concert officiel ! On a même l’impression que les trois six-cordistes jouent la même partition. Mais en milieu de parcours, le set commence à décoller. On reconnaît alors bien le toucher de gratte minimaliste et tout en délicatesse de JJ (NDR : dont deux potes, ex-Little Egypt, étaient présents dans la salle), alors que son comparse commence à oser l’un ou l’autre solo. On comprend alors beaucoup mieux la bio qui nous parlait, au sujet de leur musique, de rencontre entre la new wave et le psychédélisme. Un psychédélisme, feutré, il faut le préciser. Et peut-être plus proche du power pop que de la new wave. Pensez notamment aux Buzzcocks. Bébert se risque au chant lors d’un titre un peu plus funk blanc. Et ma foi, sa voix un peu falsetto lorgne du côté de Sting. Mais c’est au cours des derniers morceaux que le combo va donner toute la mesure de son talent. Surtout tout au long d’une longue compo, parcourue de changements de tempo et éclaboussée d’interventions en cascade des guitares. Superbe ! Encore des répètes, quelques nouveaux titres et le groupe sera prêt à affronter la route…

Entre les deux sets pop/rock, Lahcen Akill (40 ans), un joueur de lothar du haut-atlas marocain, apporte une coloration world à la soirée. Dans son pays, il milite au sein de plusieurs formations notoires. En outre, il fabrique ses instruments lui-même. Actuellement en tournée à travers la France et pour 3 semaines, il se produira notamment à Paris, Rennes et Lille. Arrivé dans l'après-midi en France, il a été proposé par des Lillois se déplaçant régulièrement au Water Moulin. De la musique berbère très bien jouée, mais qui ne collait pas trop à ce type de soirée…

The Berliners campe donc un quatuor. Qui compte au moins deux ans et demi d’existence. Faut dire que le combo a dû mettre son aventure entre parenthèses, pendant une petite année. En 2008 très exactement. Suite au départ de deux membres à l’étranger, où ils devaient poursuivre leurs études. Le line up est ma foi, fort classique, puisqu’il réunit un drummer (NDR : solide, il faut le préciser), un bassiste et deux guitaristes dont un se charge des vocaux (parfois sans sa gratte). Un personnage qui, ma foi, ne manque pas de charisme. Pourtant, il ne se charge de la deuxième six cordes, que depuis le second épisode. Le groupe propose, en outre, un tout nouveau répertoire, n’ayant retenu qu’une seule compo de ses débuts. Et depuis, leur reformation, c’est également leur premier set officiel. Showman, le chanteur n’hésite pas à venir au milieu du public, pour l’haranguer. Il possède une très bonne voix, légèrement mordante. Et maîtrise parfaitement son micro, qu’il maintient, verticalement, à une vingtaine de centimètres des lèvres. Enfin, à la gratte, son entente avec l’autre soliste est vraiment épatante. De son côté, le bassiste joue un peu le rôle de métronome. Bref, bien que constitué de très jeunes musiciens, ce combo affiche une assurance étonnante. Mais il faut reconnaître que leur musique n’est pas facile d’accès. Le groupe se réclame de Joy Division. Pas du tout évident ! Perso j’ai plutôt l’impression que leur solution sonore évolue quelque part entre post punk (The Fall pour le passé, Futureheads et Maxïmo Park pour le présent), indie rock/post-hardcore (Girls Against Boys) et alt rock (Mclusky). Une chose est sûre, cette formation possède un énorme potentiel. Elle est en tout cas, à suivre de très près…

(Organisation Water Moulin)