La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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La Divine Comédie de Lora Gabriel

Lora Gabriel a trouvé sa voie en oscillant constamment entre les polarités pour mieux les réconcilier. Cette quête débute dès son enfance, lorsqu'un professeur de flûte traversière, au conservatoire, lui propose de chanter les notes qu'elle joue. Son premier…

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Hooverphonic
Epica - 18/01/2026

My Little Cheap Dictaphone (MLCD)

The Tragic Tale of Brian Wilson !

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Bienvenue dans le monde merveilleux de Brian Wilson (fondateur des Beach Boys) ! Sous le ciel gris de Bruxelles, l’Archiduc ouvrait généreusement ses portes aux derniers récits sonores de My Little Cheap Dictaphone (NDR : prononcez MLCD !).

Deux ans d’écriture résumés en cinq clins d’œil mélancolico-tragiques tirés du nouveau ‘spectacle-album’ minimalement orchestré par Redboy (Chant-guitare), Xavier Guinotte (Basse) et Louis Louis (Piano). Architecture narrative habilement désossée contant le destin torturé du leader des Beach Boys.

Essence d’un opéra pop qui éclipsera les premiers visages sur les planches du Cirque Royal le 08 mai 2010. Un univers kaléidoscopique qui évoque, d’une voix ‘tomwaitsienne’ en filigrane, le monde magique de Mercury Rev et Bernard Herrmann (musiques de films Hitchcock). Fiction ingénieusement drapée d’une mise en scène orchestrée par Bubble Duchesse (Eve Martin) et d’une scénographie réalisée par Catherine Cosme et Gaspard Berlier. Vidéos (Eve Martin et Nico Bueno) qui prêtent un supplément d’âme aux symphonies ‘dictaphoniennes’. Spectacle sonore et visuel qui image le décor ‘rockocos’ d’une animation 50’s d’une synchronisation digne d’un d’horloger suisse. Attention aux oreilles et aux yeux car le résultat est surprenant !

Entre rêve et réalité le quatuor liégeois tourne les pages de la vie captivante du musicien californien avec un talent narratif digne de Tom Waits. Une expression surréaliste à ne surtout pas rater dans les bacs dès la mi-mars.

Concert-Spectacle à découvrir impérativement le 07 mai 2010 à la Caserne Fonck (Liège) et le 08 mai 2010 au Cirque Royal (Bruxelles) dans le cadre des Nuits du Botanique.              

 

The Swell Season

Soldiers Of Love

Écrit par

En 2008 paraissait « Once », un petit film musical irlandais, sans prétention. Ce Dvd mettait en scène Glen Hansard, leader de The Frames, et une certaine Markéta Irglovà. En tant que mélomane et fan des Frames, impossible de passer à côté. Une petite location et 1h20 plus tard, c’est le coup de foudre. Le lendemain, je décidais donc d’acquérir non seulement le Dvd mais également le splendide disque éponyme du duo qui finira par tourner en boucle dans la platine. Parce que The Swell Season n’est pas un groupe que l’on apprécie vulgairement mais une formation dont on tombe amoureux, inconditionnellement. Et le concert accordé au sein d’une AB, dans sa configuration Flex (semi-assis), comble et comblée n’a fait qu’accentuer ce sentiment !

Josh Ritter a manifestement un penchant pour les Irlandais. Pour son premier passage en Belgique, il était soutenu par Damien Rice. C’était en 2004. Six ans plus tard, le troubadour nous offre un set du même acabit, un sourire figé sur le visage. Seul avec sa guitare, Ritter parcourt le meilleur de sa discographie qui compte quatre enregistrements studios presque impeccables. Il est content d’être là, le bougre. Et le public l’écoute. Religieusement. Après un court récital de 30 minutes, il se retire, promettant de revenir au printemps. Le rendez-vous est pris !

The Swell Season ne fait pas attendre son public. Seulement un quart d’heure plus tard, Glen Hansard débarque sur scène salue le parterre et entame un « Say It To Me Now » en solo avant d’être rejoint au micro par Makéta Irglovà pour « All The Way Down ». Le ton est donné. Ce soir on va frissonner. Glen, particulièrement bavard et amusant, présente ensuite ses amis de The Frames, invités à monter sur le podium pour la suite des festivités. Elles démarrent par le décontractant « Low Rising ». Les extraits du récent « Strict Joy » vont joliment se mêler à ceux de l’éponyme. La formation fait vibrer l’AB à plusieurs reprises. Et notamment lorsque Hansard interprète un « Leave » intense, au point de donner la chair de poule. Carrément !

The Swell Season est un collectif et le démontre en cédant l’avant-scène d’abord à Rob Bochnik (guitare). Ce dernier réinterprète magistralement le « Little Arithmetics » de dEUS. Puis à Colm Mac Con Iomair (violon). Il présente un extrait de « The Hare’s Corner », son recueil de musiques traditionnelles irlandaises. Retour ensuite à la prestation de la troupe qui enchaîne par « The Rain », « The Moon », « Back Broke », « Fantasy Man » et encore « When Your Mind’s Made Up », avant de se retirer sous une ovation bien méritée.

Le rappel sera l’occasion pour le combo de présenter d’autres morceaux de « Strict Joy » et surtout, le splendide et ‘oscarisé’ « Falling Slowly ». Josh Ritter rejoint ses amis le temps d’un « Come And Find Me », extrait de son « Golden Age Of Radio ». Après 2 somptueuses heures, Glen, Markéta et les autres membres de The Swell Season se retirent une dernière fois, laissant derrière eux un public entièrement conquis à leur cause. On en redemande !

Organisation : Ancienne Belgique

Asaf Avidan

La traversée du désert avant la terre promise…

Écrit par

Suite à la chronique consacrée au dernier album d’Asaf Avidan and the Mojos, concoctée par Michel Serry, j’ai décidé de me rendre à l’ABClub ce jeudi 18 février, afin d’assister à leur set programmé en première partie de Mai Lev, artiste inconnue au pavillon (de mes oreilles). Dans un souci de progression qualitative dans le texte, j’éviterai de raconter cette soirée selon l’ordre chronologique. Je commencerai par la fin. En principe, la coutume veut que l’on programme la tête d’affiche en second ; ainsi la soirée est comme un feu d’artifice clos par un superbe bouquet final. Après un premier groupe très fort, on espère toucher les étoiles. Ce soir, après Asaf Avidan et ses Mojos (NDR : qui avaient placé la barre très haute, il faut le reconnaître), la déception était totale. Le flop, la débandade.

Mai Lev se fait attendre et les essais de ses techniciens sont longs avant que ne débute son show. Enfin, elle arrive, boudinée par une robe de collégienne japonaise montée sur bottes blanches de travelo et dessinant des mimiques de petite fille. Entre notes de carillons et airs de flûte à bec (évoquant là encore l’école), elle se dandine et chante d’une voix sucrée des chansonnettes aux textes niaiseux. Elle nous balancerait des bonbons qu’on ne serait pas surpris. La réclame de l’AB promettait une révélation, parlait de Ravel, des Beatles… Une blague ! On n’est pourtant pas déjà en avril.... Je n’ai pas eu le cran de rester parmi les courageux vétérans, et suis partie, comme la plupart du public, avant la fin du spectacle ( ?!?!?)

Mais revenons en arrière, au début de soirée. Les cinq musiciens d’Asaf Avidan and the Mojos ouvrent la soirée. Pas un cadeau pour le combo, puisque le public bruxellois se résume à une quarantaine de personnes éparpillées dans la petite salle. C’est regrettable, parce que le groupe a de quoi faire vibrer un espace plus grand que l’ABClub. Leur musique est riche, émouvante, naviguant entre tension calme et explosions vrombissantes. La voix exceptionnelle d’Asaf Avidan est souvent comparée à celle de Janis Joplin. Eraillée, criarde, chargée d’émotion et susceptible de dérailler à tout instant, elle est portée par quatre musiciens de haut vol : une violoncelliste, un guitariste, un bassiste et un batteur. Sur scène, le groupe évolue avec une élégante simplicité. Les soli de chant, percussions ou guitare, sont des moments étranges où tous s’effacent pour écouter celui qui joue seul. Le guitariste balance un solo très rock, puis le chanteur Asaf Avidan, au milieu de la compo, s’octroie un instant a cappella, un temps suspendu, une éternité qui se prolonge tandis qu’il se tortille pour exploiter la moindre alvéole pulmonaire. Un cri poussé par un ange égosillé. L’échine se glace, les boyaux se tordent. Puis les musiciens répondent et le morceau reprend. On pense même avoir rêvé.

L’émotion est là parce que chacun la ressent. Les Mojos sont heureux de jouer. Ils s’amusent à répliquer via leurs instruments. Ils s’écoutent. Sourires complices. Aux titres lents succèdent des compos plus rock’n’roll, mais le public, timide, ne leur réserve pas un franc honneur. Des applaudissements, oui, mais peu de mouvement, et toujours cette distance polie de deux mètres au devant de la scène. Où sont les fans ?

Je sors de ce double concert mi-figue mi-raisin. Parce que terminer ainsi une soirée si bien commencée, c’est triste. Parce qu’assister au non-accueil d’un groupe fantastique, c’est désolant… Parce que ne voir aucun autre point commun entre deux groupes israéliens que leur nationalité pour justifier leur programmation le même soir, c’est énervant.

Si les Mojos ne sont pas trop rancuniers, j’espère que leur prochaine tournée en Belgique sera saluée, remarquée et applaudie. Perso, promis, je rameute tous mes potes et on leur fait un accueil digne de ce nom ! 

(Organisation Ancienne Belgique)

 

The Horrors

Les miscellanées de Mr. Rotter

Écrit par

La bande freak de la nouvelle vague anglaise connaît l’histoire du rock sur le bout des doigts et elle le fait entendre. Les influences ‘caméleones’ s’impriment alors sur les microsillons en vinylite de « The Primary Colors » et parlent manifestement à un large public. Origine certaine du succès unanime de ce deuxième elpee, car le quintette british ne brille ni d’originalité ni de talent particulier sur scène. Sans toutefois nier que The Horrors demeure un excellent moment live, les avalanches de critiques dithyrambiques, tombées sur les parterres médiatiques 2009, et criant hâtivement au génie, me semblent excessives.

Certes, The Horrors n’étaient pas venus faire de la figuration. Le set sue de générosité et parvient à habiller l’espace du Cirque Royal d’un univers hypnotique lugubrement grisant. De là à taxer la bande de Faris Rotter de révélation majeure, sur les planches, de ces dernières années… J’estime, pour ma part, que l’on est loin du compte.   

Il restait au beau ténébreux Faris Rotter à matérialiser, sur les planches du Cirque Royal, les modestes propos régulièrement scandés dans la presse people de son pays: ‘A l’époque, nous étions sous contrat avec une major qui n’avait pas l’habitude qu’un groupe débarque avec des idées aussi précises sur tout. Ça a peut-être joué en notre défaveur’.

Et aujourd’hui ? Geoff Barrow, architecte de Portishead, aurait-il réussi à remettre de l’ordre dans le garage néo-goth désaffecté de « Strange House » ?

20h02’ : les corbeaux attaquent !

Le quintette londonien de S.C.U.M meuble l’espace vide du Cirque Royal de 30 minutes de coldwave insipide. En résumé furtif, si Ian Curtis et Robert Smith avaient eu un fils, ils l’auraient sans aucun doute appelé S.C.U.M.

21h09’ : Mars Attacks !

Synopsis : ‘Des milliers de soucoupes volantes en provenance de la planète Mars se dirigent vers la Terre. L'événement provoque les réactions les plus diverses sur la population mondiale…’
Réalisation : Geoff Barrow
Scénario : Faris Rotter
Production : Geoff Barrow

Musique : The Horrors
Effets Spéciaux : Tomethy Furse & Spider Webb
Pays d'origine : Great-Britain
Format : Couleurs – N/B
Genre : Post/punk – garage/rock 60’s – coldwave – dream pop – shoegazing…
Durée : 80 minutes

Un spectacle sonore qui s’ouvre sur la longue intro en apesanteur de « Mirror’s Image » et glisse vers une spirale infernale où se mêlent une basse lancinante, un écho de cathédrale, des pulsations qui se chevauchent et des distorsions de guitares shoegazing (« New Ice Age »). Un post-punk-wave énervé qui se calme en pop sur le psychédélico-romantique « Scarlet Fields ». Sixième morceau qui s’ouvre sur une séquence plus doucement pop pour se noyer finalement de frissons sur le majestueux « Sea Within A Sea ». Morceau où le groupe respire enfin d’une magistrale sérénité et laisse s’exprimer pleinement la voix ténébreuse ‘iancurtisienne’ de Faris Rotter. Le public se laisse finalement charmer et gronde la salle de ses premiers applaudissements.

Les cinq musiciens britanniques viendront finalement ponctuer la soirée d’un long rappel. Cinq titres excités qui invitent le dancefloor d’une électro puissante, de voix gravement gothiques et de finaux punks. Un final généreux et sincère qui ferait presque oublier le concert reporté du 30 octobre 2009 au Botanique. Bravo !

(Organisation Botanique)    

 

Delphic

The Kids Are Quite Alright

Écrit par

Au placard la Saint-Valentin. Ce 14 février, le Botanique fêtait Delphic et la publication de son premier album, « Acolyte ». Le trio, découvert en première partie de Bloc Party ou sur la scène du festival Polsslag l’an dernier, investissait la Rotonde, en lieu et place d’un Witloof bar dans lequel il devait originellement se produire. Succès oblige.

En mai dernier, lorsque Delphic occupait les planches d’une scène du Polsslag, l’élément le plus frappant du set se situait au niveau de la ressemblance des mélodies avec celles d’un autre combo briton répondant au doux nom de Bloc Party. Depuis, les Mancuniens ont trouvé leur marques et ont publié un premier ouvrage ayant réussi à conquérir les faveurs du public et de la presse. La BBC les a d’ailleurs gratifiés d’une place confortable dans leur ‘longlist 2010’, une liste de référence des groupes à surveiller de près et qui, chaque année, vise souvent en plein dans le mille. Celle-ci incluait entre-autres, Owl City, Two Door Cinema Club, Gold Panda, Marina & The Diamonds et The Drums, des formations qui, depuis, jouissent d’un buzz grandissant.  

Rien de plus naturel donc pour Delphic que de s’extirper des caves du Botanique pour mieux investir la salle ornée d’une boule à facette. Histoire d’exciter la foule, l’ingé son diffuse un petit remix bien puissant de « Doubt ». Instinctivement, les bassins se mettent à gigoter. Ca, c’est de la promo. Chauffé comme il se doit, le public accueille ensuite le trio qui, sans cérémonie, démarre sa prestation par « Clarion Call », la plage d’ouverture de son « Acolyte ». Pas très bavarde, la formation se contentera de lancer un petit ‘bonjour’ et quelques ‘merci’ en français dans le texte au public. Les mélodies ultra-catchy de « Doubt », « Halcyon » ou « Red Lights » se talonnent.

L’assistance à l’air plutôt réceptive, plongée dans une chaleureuse ambiance animée par un jeu de lumière assez efficace. Un « Counterpoint » et « This Momentary » plus tard, James Cook (chant, basses, bidouillages), Richard Boardman (synthés) et le batteur de la tournée relégué au fond la scène quittent les planches. Le temps d’un rappel pendant lequel Matt Cocksedge (guitares, bidouillages bis) décide de rester sur une scène plongée dans l’obscurité. Quelques secondes plus tard, il entame l’intro du titre-maître de l’œuvre introductive de Delphic. Il est alors rejoint par ses trois –osons le jeu de mots– acolytes. L’ultime morceau du set, instrumental et long de près de 10 minutes, sera le clou du spectacle, transformant la Rotonde en piste de danse, d’un bout à l’autre. Discrets mais efficaces, les p’tits Britons !

Organisation : Botanique.

Kasabian

Fire !!!! Kasabian is back !!!

Écrit par

Deux ans et demi après avoir ‘renversé’ l’Aéronef, le quatuor de Leicester était de retour. Au même endroit. Afin d’y dispenser son britrock mélodique, contaminé par les rythmiques hip-hop et le drum 'n' bass.

Cette salle lilloise, la formation insulaire l’affectionne tout particulièrement. Et y entraîne ses plus fervents disciples. Pas pour rien que deux cars entiers de compatriotes avaient décidé de venir les supporter. D’ailleurs, au cours de la matinée de ce samedi, ces fans ce (com)pressaient déjà face aux grilles de l’entrée, afin de pouvoir, dès l’ouverture, se coller contre le podium. Ou si vous préférez, s’installer le plus près possible de leurs idoles. Le reste de l’audience est partagée entre aficionados belges (NDR : surtout néerlandophones) et régionaux. Et tout ce beau monde, à l’instar de pauvres sardines entassées dans leur boîte, attendent impatiemment l’entrée en scène du band.

Bizarre, pas de première partie ! Miles Kanes assure pourtant le supporting act un peu partout... sauf à Lille. Difficile dans ces conditions de faire patienter le public. Un public qui devra cependant attendre plus d’une heure avant que le combo n’entame les hostilités. En se demandant pourquoi les roadies montent sur les planches au gré de leur fantaisie. Tantôt pour accorder une guitare, voire une basse, alors que l’audience, déjà chauffée à blanc s’impatiente. Et manifeste ce sentiment en s’égosillant. Le début du set est prévu pour 20h30. Il ne s’ouvrira que vers 21h15. Mais en saluant son public dans la langue de Voltaire, dès son entrée en scène, le groupe déclenche l’hystérie la plus totale.

Première surprise, mais elle est de taille : le nouveau look du chanteur/leader Tom Meighan. Les cheveux coupés à la brosse, un blouson de cuir sur les épaules, une grosse paire de lunettes de soleil lui cache les yeux. Ce qui change radicalement son image de jeune rocker branché et lui confère un style plus ‘agressif’, plus provocateur. Deuxième surprise, le line up ne se limite plus à quatre musiciens, mais a été étendu à un septuor. A la formule rituelle du combo (Tom au chant, Sergio Pizzorno à la guitare, au chant et aux chœurs, Christopher Edwards à la basse et Ian Matthews aux drums), sont venus se greffer un guitariste soliste, un claviériste et un trompettiste. Des musiciens qui les accompagnent, bien évidemment, pour les besoins de la tournée.

Dès l’entame du premier titre, la foule ne tient plus en place, saute, se déplace par vagues (parfois dangereuses) et reprend ensuite en chœur les refrains de « Mothman », « Underdog » ou encore « Swafirga ». Le ton est donné. Le service d’ordre ne sait déjà plus où donner de la tête, évacuant même déjà quelques spectatrices collées aux grilles, étouffées par la pression et incapables de se libérer de leur posture inconfortable ; une situation qui va perdurer tout au long des nonante minutes (seulement) de ce fabuleux concert. Tous les ingrédients pour une excellente prestation sont présents : son parfait même si on aurait pu (dû) mieux entendre Tom, lumières efficaces, jeu de scène excitant, participation (c’est peu dire) des 2 000 fans complètement dingues. Bref, une bonne recette pour une bonne soirée !

Durant une heure et demie, Kasabian va nous dispenser l’intégralité ou presque de son dernier opus, « West Ryder Pauper Lunatic Asylum » ainsi que les meilleures compos déjà ‘cultes’ des deux albums précédents : « Lost Souls Forever », « Cutt Off », « Empire », « Shoot The Runner », etc. Non content d’interpréter tous ces ‘tubes’, Tom communique avec son public, l’invitant à frapper des mains, à chanter à sa place, et même excite quelque peu le service d’ordre très (trop) sévère, voire brutal. Rien pourtant de bien répréhensible, dans le comportement des fans. Bien sûr, ils multiplient les vagues, pogos et autres ‘crowdsurfings’ ; mais apparemment, ces manifestations d’enthousiasme avaient le don de faire sortir de leurs gonds les molosses de service. Et leurs interventions ‘musclées’ me paraissaient quelque peu  déplacées.

Hormis ces quelques remarques, rien que du bonheur. Et pour bois de rallonge, trois titres en rappel dont le hit actuel « Fire », afin de clôturer une soirée super festive où rock, danse, hip hop et house ont fait bon ménage pour la plus grande joie des quelques 2 000 spectateurs déchaînés.

Il est à peine 23 heures et la soirée se termine déjà. On a pourtant envie de danser encore et encore… toute la nuit… On en redemande !

(Organisation A Gauche de La Lune)

(Voir aussi notre section photos)

 

Rachid Taha

Le Gainsbourg du raï

Écrit par

Le raï est né au début du XXème siècle, en Algérie. Très exactement en Oranie. Mais il a surtout été popularisé début des années 90, par des imposteurs comme Khaled ou le maniaco-dépressif Faudel (NDLR : en compagnie desquels, il a quand même enregistré un elpee live, en 1999…) ; qui finalement dénaturaient la nature profonde du mouvement. Auquel des formations comme Raïna Raï et Carte de Séjour rendaient heureusement les lettres de noblesse. C’est d’ailleurs au sein de ce dernier groupe que Rachid Taha s’illustre déjà, à l’époque. Boosté par Radio campus (NDR : l’excellentissime radio universitaire du Nord de la France), cet artiste à l’attitude provocatrice voire carrément rock’n’roll, commence à recueillir un succès certain. En mars 2001, il fait un véritable Taha ( ?!?!?) à l’Ancienne Belgique, un set qui sera d’ailleurs immortalisé sur un Dvd Live. Et sa notoriété prend une même courbe ascendante. Ce qui lui permet de collaborer avec des artistes aussi notoires que Robert Plant, Brian Eno, Patti Smith, Damon Albarn et plus récemment Gaëtan Roussel, qui a participé à l’enregistrement de son tout dernier elpee, « Bonjour ». 

Bref, on était en droit d’attendre monts et merveilles de ce spectacle, prévu ce vendredi soir. Et pourtant on est resté sur sa faim. Pas de première partie tout d’abord. Pas de trace de Vieux Farka Touré (NDR : c’est le fils d’Ali !), comme lors du passage de Rachid à Londres. Pas de ‘sold out’ non plus. La salle est d’ailleurs réduite à sa forme ‘AB Box’. Ce qui n’était pas annoncé au départ. Mais pas de quoi faire la fine bouche, puisque cette situation permet souvent de rendre l’atmosphère plus chaleureuse. Et en faisant preuve d’imagination, vu les rideaux rouge recouvrant les balcons, une vision de l’Orient pouvait se profiler…

Vers 20h40 (NDR : ben oui,  il ne faut pas lui demander d’être ponctuel), Rachid Taha débarque sur scène. Pas de bol pour les photographes, tout au long des premiers morceaux, il reste bien caché sous son chapeau et derrière son micro. Il faudra d’ailleurs attendre une petite demi-heure avant que la prestation ne commence à s’enflammer. Et en particulier lors du titre maître de son elpee « Bonjour ». Pas de Gaëtan Roussel, pourtant omniprésent sur l’opus, mais bien Stéphane qui le remplace à la guitare. Mais les provocations et les règlements de compte vont aussi commencer à pleuvoir. L’Italie et l’Espagne en prenne ainsi pour leur grade. Morceaux choisis : ‘Ils ont fait venir les immigrés chez eux, et maintenant que c’est la crise, ils veulent tous nous mettre dehors’… ‘Et les écoles italiennes veulent limiter les quotas à 30%, comme si les étrangers les rendent plus stupides’. Ce n’est que lors des reprises de classiques comme « Ya Rayah » ou encore « Rock El Casbah », que la foule va se mettre véritablement à remuer. En fin de parcours, les musiciens quittent l’estrade. Pas le frontman. Il en profite pour clamer : ‘C’est des conneries tout ça, faire semblant de partir puis revenir’. Puis il entame une discussion à bâtons rompus, sans grande suite logique, avec le public. Un aspect complètement déstructuré de son show alimenté par une interprétation (volontairement ?) brouillonne de certains titres qui cassent trop souvent l’ambiance et empêchent ce concert de véritablement décoller. Et pourtant les musiciens qui l’accompagnent assurent un max.

Et c’est la raison pour laquelle on ne peut s’empêcher de penser à Gainsbourg ou à Daniel Darc, lorsqu’on analyse son attitude. Certes l’artiste a du talent et du charisme. Certes ses provoc’ font parfois sourire. Mais au bout du compte, sa nonchalance, ses hésitations dans la playlist et les paroles, finissent par lasser. Et côté picole, l’artiste semble aussi faire concurrence aux deux premiers cités. Bien que discrètement dissimulé dans des bouteilles d’eau, c’est bien au champagne qu’il carbure tout au long du concert !

Bref, un sentiment mitigé m’envahissait après ce spectacle. Celui d’avoir passé une soirée agréable dans un univers rock parfumé d’Orient ; mais en même temps de n’avoir pu vivre un moment exceptionnel, qui aurait pu naître, si le principal intéressé s’était imposé une ligne de conduite un peu plus rigoureuse…

Organisation : UBU

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Stereophonics

Metro, boulot, dodo…

Écrit par

Dix ans que votre serviteur est accro aux Stereophonics ! Aussi, je me faisais une joie de les revoir pour la troisième fois depuis 2000. En route donc pour Bruxelles où les Gallois nous attendent pour mettre le feu à la salle, comme chaque fois qu’ils se produisent chez nous ! Sold out depuis belle lurette, l’Ancienne Belgique accueille donc la bande à Kelly Jones pour une soirée mémorable, festive et dansante…

Pour meubler la première partie, The Silent Days crachouille quelques compos personnelles dans une ambiance un peu ‘je-m’en-foutiste’. Pas de (bonne) surprise, le public dans sa majorité boit une chope au bar ou grille une clope sur le trottoir. Comme il doit être difficile pour un petit band de faire son trou… d’autant plus qu’hélas, sa prestation ne suscitera aucun regret…

Il est 20h15 lorsque les roadies entament leur ballet. Ils sont une petite dizaine en tout. La grosse artillerie donc. 1996 (année de leurs débuts) est bien loin. D’ailleurs, c’est à la présence de ce personnel et au nombre de photographes accrédités, entre autres, que l’on remarque le nouveau statut des Stereophonics : il est devenu un gros cube de la scène pop/rock. Une petite demi-heure plus tard tout est prêt et les cinq membres (?) du groupe prennent possession des lieux. Bizarre, seuls les deux Jones (membres originels) et le batteur argentin (depuis 2004) figurent sur les affiches de promo. Le claviériste et le guitariste solo seraient-ils considérés comme des pis-aller ?

Allez hop, on y va ! Au premier accord de guitare, on est déjà tous fous dans la salle ! La fête ne durera pas ; du moins en ce qui me concerne.

Les trois premiers titres s’enchaînent sans que Kelly, le leader, ne daigne prononcer le moindre mot. Une constante durant tout le show, si la prestation mérite un tel attribut.  

Alors qu’on était en droit d’attendre un concert, un show, une communion, on a eu droit –ni plus ni moins– qu’à un récital. Aucun décor, un jeu de lumières minable, une mise en scène inexistante, aucun effet, RIEN !!! Durant une heure trente, montre en main, le quintet interprète 20 titres, sans manifester la moindre émotion ni trahir une quelconque complicité entre eux ; et sans même échanger un seul mot avec les fans. Les seules paroles émanant de sa bouche se limitent à : ‘Thank you, nice to be here’ ou alors, à situer le morceau suivant. Ouais, ouais, évidemment, 20 titres, ce n’est pas de la tarte. Tous d’excellente facture, il est vrai. Tous hyper connus et repris pour la plupart en chœur par l’assistance. Mais même l’enthousiasme de la foule ne les émouvait guère. A aucun moment de la soirée le groupe n’a semblé intéressé par la ‘participation’ des pauvres andouilles qui avaient payé pour s’amuser, rigoler, chanter et danser avec eux.

Ils me faisaient penser à une bande de fonctionnaires venus prester leurs heures puis se casser après avoir reçu leur paie… Une fameuse claque dans la gueule !

Comment Stereophonics a-t-il pu en arriver à ce stade ? Où est leur joie de jouer ? Comment est-il possible qu’un artiste affichant un tel répertoire et d’une telle qualité musicale puisse mépriser à ce point une assemblée qui les adore ? Y’a là kekchose qui m’échappe…

Dans sa grande majorité, le public, conquis d’avance, n’y a vu visiblement vu que du feu. Et c’est tant mieux finalement. Ils reviendront les pauvres. Moi pas. Je me contenterai à l’avenir d’écouter leurs albums… toujours excellents heureusement…

Organisation Live Nation

(Voir aussi notre section photos)