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Le parfum de vie de Goudi

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I Like Trains (iLiKETRAiNS)

Shoegazing ferroviaire...

'J'aime les trains'… Si les cinq jeunes hommes qui montent sur la scène de la rotonde sont endimanchés comme des contrôleurs de la British Rail en goguette à Bruxelles, c'est parce qu'ils 'aiment les trains', comme nos vaches bleu blanc belge. Sauf qu'ici nous les regardons passer, en ruminant nos vieux souvenirs de 'shoegazing' et de Joy Division.

iLiKETRAiNS est un nouveau groupe à la mode, qui devrait faire parler de lui ces prochaines semaines. Il y a de l'Interpol (la voix, théâtrale, profonde), du Ride, du Cousteau chez ces cinq barbus (moins 1) au poil à peine pubère, qui parlent dans leurs chansons de figures historiques de la grande Angleterre. Il y a le Capitaine Scott, parti à la découverte de l'Antarctique en 1912 (« Terra Nova »), Bobby Fischer, champion du monde aux échecs pendant la Guerre Froide (« A Rook House For Bobby »), Richard Beeching, l'ex-président de la British Railways Board (« The Beeching Report ») ou encore « Spencer Perceval » (l'un des deux inédits de ce live), le seul premier Ministre anglais à s'être fait assassiner, en 1812… iLiKETRAiNS serait-il un groupe de jeunes licenciés en histoire, qui profitent du rock pour enseigner leur savoir pompeux à la masse boutonneuse ?

Mieux qu'un cours poussiéreux donné par une vieille rombière à la bouche pâteuse, le disque de ces cinq Britanniques assoiffés de savoir divertit donc le quidam rock tout en l'instruisant. En 'live' il en résulte un condensé de rock vaporeux toutes guitares dehors, à peine ragaillardi par une voix spectrale qui rappelle comme d'hab' celle de feu Ian Curtis. Huit titres (l'intégrale du mini-album « Progress – Reform », excepté « No Military Parade », et deux inédits), à peine une petite heure de concert : il n'en faut pourtant pas davantage au quintet pour récolter de francs applaudissements. Le signe avant-coureur d'un buzz qui ne devrait qu'enfler. 'Si on s'appelle iLiKETRAiNS, c'est parce qu'en Angleterre personne ne prend le train, et c'est bien dommage', bredouillera Guy Bannister (guitare, synthés) en vendant quelques disques dans le couloir du Bota.

Chez eux les kids leur demandent où acheter l'uniforme de la British Rail. Mais on ne sait pas si la vente de Go Pass a connu ces temps-ci un 'revival' économique .Le 'shoegazing', si, et c'est tant mieux pour les fans de riffs qui durent et crapahutent. Dommage qu'une fois mis sur ces rails (déjà tant de fois empruntés…), iLiKETRAiNS ne dévie pas d'un pouce : 8 titres, certes, mais huit titres qui sonnent comme un seul, à la vigueur interchangeable… C'est ainsi, quand on prend les transports en commun : ça roule peut-être vite, mais c'est vite monotone. 'La prochaine hype en provenance de Leeds arrivera à la voie 11 à 22h12'. Ah m…, il est 22h13 ! Bah, tant pis, on prendra la prochaine !

 

Mogwai

Rock Inaction

Écrit par

Après avoir accordé de fructueuses prestations au Domino festival de l'AB et à Rock Werchter, les Ecossais de Mogwai venaient présenter au public belge, pour la troisième fois en six mois, leur dernière plaque en date, « Mr. Beast ». Sans oublier les quelques merveilleux classiques de la formation issus de « Rock Action » ou encore « Young Team », pour n'en citer que deux.

Kid 666, qui assurait la première partie, n'a pas convaincu grand monde. Dissimulé derrière son laptop, l'homme enchaîne les beats electro-noise. Mais l'ensemble manque manifestement de cohésion. La sauce prend à peine que le DJ relâche la vapeur. Si, dans d'autres circonstances, cette performance aurait pu être créditée de potable, en tant que 'support act' d'un groupe tel que Mogwai, elle était plutôt non avenue. 

Ces derniers ont offert au public du Cirque Royal une prestation hors du temps, un show resplendissant mais un peu trop statique. Après avoir ouvert son set par un envoûtant « Xmas Step », Mogwai ne doit déjà plus trop se décarcasser pour convaincre l'assistance. D'ailleurs, sur scène, les mecs n'ont pas vraiment l'air de se fouler, enchaînant leurs compos comme d'autres enchaînent les heures de travail derrière un bureau. Mais l'intensité des « Hunted By A Freak », « Friend Of The Night » ou encore « Acid Food » excite tellement nos petites neurones que les corps figés des membres de la troupe sont presque admissibles. Agrémentée d'un sympathique light show, la déferlante noise s'achève par un épique rappel au cours duquel ils enchaînent « Mogwai Fear Satan » et « My Father, My King », une suite qui a semblé durer une éternité. Après 1h50 de stimulation cérébrale, Mogwai desserre l'étreinte exercée sur un public émerveillé et quasi sourd. Une chose est sûre : même en ne prestant que le strict minimum, les Ecossais ont confirmé, ce soir, leur réputation de dieux du post-rock. 

Soulfly

Comme un animal blessé...

Écrit par

Lors de cette soirée placée sous le signe du diable ('Number of the beast 666'), le Zénith s'est converti à la philosophie du métal pour accueillir des groupes aussi solides et réputés que Soulfly et Korn. Les formations en présence partageaient d'ailleurs une devise commune : "Make some fxx noise". Et manifestement, ils ont respecté ce dessein. Ce qui a bien évidemment enchanté le public.

A ce jour, Flyleaf n'a commis qu'un seul Ep ; mais un disque sur lequel figure un hit : 'I'm so sick'. Ce quintet américain peut, en outre, compter sur une chanteuse charismatique : Lacey Mosley. Elle possède un timbre vocal perçant, proche d'une Courtney Love. Le combo pratique un rock dynamique, énergique, mélodique, mais surtout métallique. Et leur set s'est révélé, ma foi, fort agréable.

Soulfly ne disposait que de 40 minutes pour chauffer la salle. Son métal tendu et implacable concentre (speed)metal, hardcore, rock, dub et rythmes brésiliens. Tout au long du set, les guitaristes se sont acharnés à multiplier les envolées de cordes (NDR : surtout Tom Morello). Une prestation enfiévrée par les accès de basse et fouettée par les percussions impitoyables. Une section rythmique en béton, quoi ! Fin de l'an dernier, le band a commis son cinquième opus, 'Dark Ages' ; mais Soulfly n'a guère interprété de titres issus de cette plaque. 'Babylon' et 'Frontlines', quand même. On a eu droit à une cover du 'Roots bloody roots' de Sepultura, l'ex groupe de Cavalera. Les morceaux sont imprimés sur un tempo infernal. Le climat est lourd. Max Cavalera hurle tout ce qu'il a dans les tripes. Comme un animal blessé… De temps à autre, un second vocaliste se met également à rugir. Il en remet une couche. Effrayant ! Bref, un set très court mais puissant et surtout convainquant!

Après une traversée du désert, caractérisée par la confection d'albums sans grand intérêt et de prestations scéniques de piètre facture, Korn s'était enfin de nouveau montré à la hauteur de son sujet, l'an dernier, lors du festival Pukkelpop. On le croyait au bout du rouleau. Et il est ressuscité. 'See you on the other side', son nouvel elpee, aligne des compos lourdes mais mélodiques. Les spécificités de Korn ont retrouvé toutes leurs couleurs : les riffs de guitares tranchants, la ligne de basse ronflante, les drums stimulants et le chant torride de Jonathan Davis. Le line up est aujourd'hui élargi à huit musiciens, impliquant un percussionniste, un second guitariste et un 'backing vocalist'.

La formation a ouvert le set par 'It's on'. Derrière le rideau, on pouvait entrevoir la structure imposante de la batterie et des claviers. Un rideau qui s'est finalement ouvert pour laisser apparaître la gigantesque mise en scène, après trois morceaux. La double percussion a rendu le son plus riche et dynamique. Le band a privilégié les compos issues de son ancien répertoire ; et puis dès le début, a exécuté quelques classiques comme 'Falling away from me' ou 'Here to stay'. En milieu de parcours, le collectif a quelque peu ralenti le tempo. Ce qui ne l'a pas empêché de maintenir la concentration de la foule. Notamment à travers 'Shoots and ladders' et 'Lies'. Ils a, bien sûr, livré l'un ou l'autre fragment issu de son dernier elpee ; et en particulier 'Coming undone' et 'Throw me away'. Traditionnellement Davis interprète une chanson à la cornemuse. Pour 'ADIDAS', l'excitation du public était à son comble ; une manière de conduire le spectacle vers l'apothéose : 'Got the life'…

En rappel, Korn a dispensé trois titres imprimés sur un rythme particulièrement soutenu : 'Twisted radio', 'Freak on a leash' et 'Blind'. Le guitariste fêtait son anniversaire ce jour là (666). Un 'Happy Birthday' diabolique lui a été réservé. Après une heure et demie de prestation, les musiciens se sont retirés. Et il faut reconnaître que leur set s'est révélé à la fois captivant et intense, démontrant ainsi que le groupe s'est enfin reconnecté à la scène métal contemporaine…

Organisation: France Leduc Productions

Traduction: Hendrik Tant (Adaptation Bernard Dagnies)

The Streets

Les joyeuses libations des Streets...

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Sur les planches, The Streets est un véritable groupe. Un quintet drivé par Mike Skinner qui chante ou déclame (NDR : c'est du rap !) d'un timbre soul chargé d'émotion. Sa musique embrasse une multitude de styles : pop, hip hop, R&B, (dub) reggae, 2 step et j'en passe. Une solution sonore obsessionnelle qu'il enrichit d'orchestrations et de beats. Et le résultat de cette mixture se révèle totalement intriguant. A ce jour, les Streets comptent 3 albums à leur actif ; mais ce soir ils ont surtout interprété une majorité de titres issus de leur premier opus, le magistral 'Original pirate material' (2002), ainsi que du dernier elpee, 'The hardest way to make an easy living'. Sans oublier d'y incorporer les hits de leur deuxième essai, 'A grand don't come for free'. Visiblement, Mike Skinner est en forme ; et dès les premières mesures, il parvient déjà à communiquer son excitation au public. Il marche sur le podium de long en large, histoire de donner de l'élan à son show. Deux ans plus tôt, lors du festival Pukkelpop, il était totalement véritablement passé à travers. Faut dire qu'il avait un peu trop forcé sur l'alcool. A un tel point que le deuxième MC lui avait volé la vedette. Bien plus frais, il a pu étaler toute sa vivacité et sa capacité à maîtriser son sujet. Responsables d'un set contagieux et enfiévré, les Streets ont aligné des compos dynamiques et davantage uptempo ; des morceaux souvent épaissis par le style narratif de leur rap.

'Don't mug yourself' et 'Let's push things forwards' ont immédiatement donné le ton. Instantanément la foule s'est mise à remuer. 'Same old thing' et 'It's too late' ont manifesté davantage de tension retenue. Des titres composés à leurs débuts et que les aficionados apprécient tout particulièrement. Et lorsque Skinner attaque 'Could well be in', les premiers rangs commencent à bondir. En outre, il a le bon goût de laisser cette chanson partir à l'aventure… Inévitablement, 'Too much brandy' a déterminé le moment de la distribution du whiskey et de la vodka. Les spectateurs installés près du podium ont été les mieux servis. Certains ont même pu s'en délecter à plusieurs reprises. On peut manifestement parler ici d'une compo qui ne manque pas de saveur. A l'issue de cet épisode bibitif, la formation a davantage mis l'accent sur les compos les plus récentes. A l'instar des derniers singles 'When you wasn't famous', 'Let it be', 'Never went to church' et 'War of to sexes'. Mais les meilleurs moments du concert ont été atteints par 'Blinded by the lights' (NDR : surtout chez ceux qui avaient pu se jeter quelques verres derrière la cravate !), 'Weak becomes heroes' (NDR : un fragment très groovy lié au 'Music sounds better with you' de Stardust) et 'Dry you eyes'. Caractérisé par un sample de RATM, le très rock 'Fit but you know it' a conclu le spectacle. Un final au cours duquel la foule entière s'est mis à lever les bras, et à agiter les mains. Responsable d'un set bien équilibré, et soucieux de bien conjuguer raps et voix très soul, The Streets a enfin convaincu. Leur échec live vécu deux ans plus tôt est enfin oublié. Et sa nouvelle tournée s'annonce sous les meilleurs auspices. On pourra même compter sur eux pour les festivals d'été.

En première partie, on a eu droit à la prestation d'un rapper français hyperkinétique. Ses salves de raps soutenues par une boîte à rythmes hypnotiques ont entretenu un set, finalement de bonne facture. 

Organisation: France Leduc Productions

Traduction: Hendrik Tant (Adaptation Bernard Dagnies)

Robert Plant

Le plaisir des sens...

Très branché sur la musique orientale, Robert Plant a donc choisi Orange Blossom pour assurer le supporting act d'une partie de sa tournée en France. Une formation cosmopolite établie à Nantes qui pratique une musique résolument tournée vers l'Orient (NDR : l'Egypte en particulier) tout en y incluant des éléments électro et tzigane. Fondée en 1995, son line up actuel date cependant de 2001. Partagé entre un violoniste, un drummer, un percussionniste et une chanteuse, ce quatuor ne se débrouille pas trop mal sur scène. Dans le style, cet ensemble me fait penser à Transglobal Underground, lorsque Natacha Atlas était encore présente au chant ; mais en plus frénétique. Leïla Bounous possède un joli timbre velouté, onctueux, qui sied bien à leur solution sonore d'inspiration tribale. En outre, au cours de son set le groupe parvient à libérer un excellent groove propice à la danse. Evidemment, vu le monde en présence, on voit mal comment le public aurait pu remuer davantage que les doigts de pieds et la tête…

Les lumières faiblissent, la sono joue le remix « Shine it all around » à fond la caisse. Le public scande 'Robert' à tue-tête. Mais il faudra attendre la fin de cette intro pour voir apparaître Plant et son groupe : The Strange Sensation. En l'occurrence Clive Deamer aux drums (ex Portishead), John Baggot à la basse ou à la contrebasse (ex Portishead, ex Massive Attack), Skin à la première guitare (l'ancien guitariste de Cast) et Justin Adams, un musicien qui avait milité dans les groupes de Sinead O'Connor, Jah Wobble ou Wayward Shakes, à la seconde gratte. Le public est déjà très chaud et acclame cette entrée en scène. En ouverture, Plant se la joue blues et semi-acoustique, un titre des plus trompeurs, car la suite sera dominée par un son très rock, même si les influences arabisantes demeureront omniprésentes durant la quasi intégralité du set. Pour le second titre, le bassiste a déjà abandonné son imposant instrument à quatre cordes pour une contrebasse. Au gré des titres proposé, il va ainsi jongler entre ces deux instruments et une guitare électrique, pour répondre au riffeur de service, Justin Adams, un Justin dont les prouesses guitaristiques évoquent parfois un certain Jimmy Page, même si le comparse de Plant possède une réelle personnalité et surtout affiche un jeu absolument fascinant. Plant commence à frapper des mains en invitant le public à le rejoindre : c'est « Freedom fries », une composition davantage contaminée par la world. Et puis, le combo attaque le « Black Dog » du Led Zep, un des titres phares de l'album de « l'homme au fagot de bois ». Bien qu'ayant conservé toutes ses caractéristiques hymniques seventies, cette compo a subi un fameux lifting, particulièrement au niveau de son institutionnel riff de guitare, absolument méconnaissable. A tel point que certains fans ne réalisent pas de suite qu'on est bien en présence d'une version réactualisée et moins féroce d'un classique parmi les classiques. Plant nous parle du Pays de Galles. Une région de l'ouest de l'Angleterre qu'il aime tout particulièrement. C'est d'ailleurs là qu'il avait enregistré « No quarter », en compagnie de Page, en 1994. Pendant ce temps, les deux solistes de service ont empoigné respectivement une sèche et un banjo. L'émotion est particulièrement forte au sein de l'Aéronef bondé, tant l'organe vocal de Plant a conservé toute sa chaleur. Son timbre tant imité mais jamais égalé a à peine subi l'érosion du temps. Certains affirment même que sa voix a encore gagné en maturité. Place ensuite au single « 29 palms ». Le seul extrait de l'album « Fate of nations ». Un single encore régulièrement programmé sur de nombreuses stations radiophoniques, également proposé dans une version totalement remodelée. La play list continue à surprendre, même les fans les plus assidus ! Percussif, hypnotique, « Another tribe » nous donne l'occasion de découvrir l'immense talent et le jeu créatif du drummer charismatique Clive Deamer. Visiblement, Plant ne recrute pas chez les manchots, c'est le moins que l'on puisse écrire. De nouveaux claquements de mains et un tempo espagnol conduisent l'épatant « Four sticks ». Un climat fiévreux enrobe « Tin pan valley », une chanson du dernier album, une compo soutenue par des effets électroniques bouillonnants et balayée d'explosions extatiques. « Gallows pole » est incontestablement un des grands moments du concert. Le public enflammé par cette version très alternative du Led Zep se laisse alors transporter par l'ombre d'un dirigeable incontrôlable, alimenté par les sonorités ambiguës d'un folk psychédélique qui enivre et touche les âmes. Et pour clôturer le set proprement dit, Plant et sa bande reviennent au blues. Un blues au départ intimiste, mais qui graduellement va gagner en intensité.

Le rappel était attendu et il ne s'est pas fait (trop) attendre. Le groupe l'entame par « Shine it all around », un extrait du dernier elpee, « Mighty rearranger ». Cosmique, presque floydien, cette chanson place les claviers à l'avant plan. A cet instant, le light show sobre mais efficace balaie toute la salle. Tout au long de cette plage à la fois planante et énergique, nostalgique quoique résolument moderne, le public est à genoux et n'a d'yeux que pour l'icône vivante qui semble prendre plaisir à lancer des vannes dans la langue de Molière dès qu'une bonne occasion se présente. Il fallait donc une apothéose. Ce sera le final. Un long medley incluant le standard du blues « Hoochie coochie man », une chanson en arabe et l'inévitable « Whole lotta love ». A cet instant, on se rend compte que la rythmique n'a rien perdu de son côté heavy. Au contraire ! Le refrain est scandé par une foule entièrement dévolue à la cause de ce géant du rock'n roll, qui a réussi à se renouveler tout en gardant une totale intégrité et puis à séduire près de quatre générations, sans jamais sombrer dans la facilité ou dans le piège de la médiatisation. Nonobstant son statut, Robert Plant et sa troupe remercient chaleureusement le public de leurs longs applaudissements. Et puis rideau ! Le temps de regarder sa montre, et on se rend compte que le set n'a duré qu'une heure quarante. Un moment de bonheur intense, mais trop bref à notre goût. Ils se produiront à Werchter cet été…

Organisation : France Leduc Production

Mercury Rev

L'Odyssée selon Mercury Rev...

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Au sein de Sattelite City, on retrouve Allan Muller, un des fers de lance du défunt Metal Molly. Issue du nord du pays et responsable de deux albums à ce jour, cette formation a rejoint Triggerfinger, Mint et Elysian sur le label Green L.F/ ant. Particulièrement populaire de l'autre côté de la frontière linguistique, Satellite City a reçu toute une série de marques de reconnaissance, au cours des derniers mois : leur chanson « Break & burn » a ainsi été sélectionnée pour devenir le générique de la série TV « Rupel » diffusée sur VTM ; la cinéaste Hilde Van Mieghem a retenu « Evangeline » pour son film « De kus » ; sans oublier le single « Frien », devenu le tube de l'été l'an dernier sur Studio Brussel. Sur scène, le groupe ne se débrouille pas trop mal. Mais sa musique manque cruellement d'originalité. Un zeste de Counting Crow, un chouia de REM et une pincée de Van Morrison épicent le pop/rock légèrement jazzyfiant de ce groupe flamand qui aurait tout intérêt à revoir complètement sa copie, s'il ne souhaite pas disparaître dans le plus pur anonymat….

Brendan Benson est issu de Detroit. Un chanteur/compositeur/multi-instrumentiste capable de s'immiscer dans la production pour concocter des chansons pop empreintes de fraîcheur et de subtilité qui doivent autant aux Beatles, aux Kinks aux Beach Boys, qu'à Matthew Sweet voire Fountains of Wayne. Avec un sens mélodique qui rappelle parfois House Of Love. Physiquement, Brendan ressemble même à Guy Chadwick. Ce soir, il se produisait au sein d'une formation basique : un bassiste, un drummer et un guitariste/claviériste. Brendan chante – et même très bien – en s'accompagnant d'une guitare électrique ou semi-acoustique. Malheureusement, à l'une ou l'autre exception près, le groupe a confondu puissance et intensité. Gommant tout le raffinement qui fait la beauté des chansons de Benson. Même les mélodies ont souffert du volume excessif du son. Qu'un artiste ou un groupe essaie de donner une autre dimension à sa musique, je l'applaudis. Mais si c'est pour lui ôter tous ses charmes, il est préférable d'en rester au format initial…

En novembre dernier Mercury Rev s'était produit au Concertgebouw de Bruges, dans le cadre du festival 'Music In mind'. Une prestation cinq étoiles, mais dans un style pop tellement velouté, qu'on se demandait si le groupe ne cherchait pas à opérer une opération de séduction grand public. D'autant plus que nonobstant ses qualités intrinsèques, son dernier album « The secret migration », est quand même fort accessible. Avant que le combo ne monte sur scène, une bande sonore diffuse « Lorelei » de Cocteau Twins. Et les images mêlées de diapos commencent à passer sur l'écran, placé derrière la scène. Première surprise, lorsque le Rev monte sur scène, Jonhathan est armé d'une guitare. Il ne la délaissera que très rarement au cours de la soirée. Même pour lamper de rares gorgées d'une bouteille de vin rouge qu'il a déjà commencé à boire en coulisses. Deuxième surprise, le son est terriblement puissant. Mais pas au point de nous assommer. Simplement pour nous plonger dans un voyage qui durera le temps du spectacle. Un patchwork de films composé d'images cosmiques, de la nature, de fonds sous-marins, de la mer, d'animaux… mais aussi des extraits de vieux films en noir et blanc (NDR : il ne faut pas oublier que Grasshopper a été étudiant en cinéma), dont « Le fantôme de l'opéra » et « La belle et la bête » sont projetés tout au long du show. Le tout régulièrement ponctué de citations existentialistes signées tantôt William Blake, André Gide, Stanley Kubrick, Hemingway, Van Gogh, etc. et même E.T. Parmi d'autres : « Nous sommes une partie du mystère que nous essayons de résoudre » - « L'enfer est plein de spectateurs » - « Certains cherchent le bonheur, d'autres le créent » - « L'amour est une force puissante, la compassion davantage » - « Ne le rêve pas, sois-le »… Une mise en scène qui nous aspire dans leur univers transcendant, un peu comme dans le célèbre « 2001 Odyssée de l'espace ». Le regard et le sourire de Jonathan sont toujours aussi hypnotiques. Il focalise l'attention du public sur sa personne. Il se fond dans l'écran. Il fait l'oiseau. Au beau milieu du concert, il nous propose une compo inédite. Qu'il joue à la guitare sèche, un peu à la manière de Syd Barrett. Tout en nous dispensant un laïus sur la persévérance. Et en rappel il devient chef d'orchestre. Beaucoup plus sobres mais terriblement efficaces, les autres musiciens participent activement à la confection de cette magie sonore. Mercury Rev interprétera une majorité de titres issus de son dernier opus, « The secret migration » : « Black forest », « Secret for a song », « Vermillion »… mais aussi des extraits de « All is dream » (NDR : dont des adaptations épurées de « Tides of the moon » et de "Spiders and flies") et bien sûr de "Deserter's songs" (« Holes », « Tonight it shows »). La formation a compris qu'elle vient de toucher le public en plein cœur ; même sans avoir interprété son classique « Goddess on a hiway ». Et Jonathan les remercie. Standing ovation. Jonathan applaudit. Rappel ! Nouvelle standing ovation. Le groupe au complet applaudit et se retire. Il est temps de revenir sur terre… Mercury Rev reviendra en Belgique ce 10 août, en première partie de The Cure, dans le cadre des 'Lokerse feesten'…

 

Maxïmo Park

Une fusion de l'âge d'or des eighties

Écrit par

On en a parlé, on en parle, et on en parlera encore. De qui ? De Maxïmo Park ! Un quintet issu de Newcastle qui défraie la chronique outre-Manche. Leurs deux premiers singles y ont fait un véritable tabac et la sortie officielle de leur tout premier album est prévue pour fin mai. Et vous pouvez me croire, ce sera un 'must'.

La formation se produisait donc ce lundi 11 avril à l'Ancienne Belgique, dans le cadre du festival Domino. Une bonne occasion de découvrir la nouvelle coqueluche des Britanniques. Si le chanteur (Paul Smith) et le claviériste (Lukas Wooler) portent d'élégants costards/cravate, les autres musiciens font plutôt dans la discrétion vestimentaire. De type indien, le bassiste (Archis Tiku) n'est pas le patron d'un night shop. Mais il aurait pu l'être. Le guitariste (Duncan Lloyd) porte des lunettes dont l'épaisseur des verres est impressionnante. Il ressemble même à Matt Sharp, mais en plus balaise. Enfin, en bras de chemise, le drummer (Tom English) semble bien en retrait par rapport à l'ensemble du groupe. Dès les premières notes, on est littéralement soufflés par la puissance du son. Lukas et sa coupe à la 'stone' adopte la gestuelle d'un automate. Mais le show est assuré par Paul. Il gigote dans tous les sens en malmenant son pied de micro. Et il lui arrive même de bondir sur les planches en s'en servant de support. L'expression qui se lit sur son visage trahit toutes les émotions qu'il essaie de faire passer. Depuis la colère à la peur, en passant par la passion et l'euphorie. Une forme d'art dramatique qu'il veut communiquer au public sur un ton qui me rappelle quelque part … Peter Gabriel, lorsqu'il drivait Genesis. Mais ici s'arrête la comparaison, car musicalement l'univers de Maxïmo Park navigue à des années-lumière de la prog. On parlerait même plutôt de punk (Wire ?), de funk blanc (Gang Of Four) et de pop à consonance new wave (XTC, Smiths). Une fusion de l'âge d'or des eighties, si vous préférez. Dans un style convulsif, parsemé de brisures de rythme ou même de breaks. Un peu comme chez les Pixies. La plupart des titres de leur nouvel opus vont y passer, dont les déjà célèbres « The coast is always changing », « The night I lost my head » et « Apply some pressure ». Et puis l'un ou l'autre inédit (« You know the way I feel »). Au beau milieu du set, Paul brandit même un petit calepin rouge, qu'il a sorti de la poche de sa veste. Ce n'est pas pour lire le petit livre de Mao, mais je me pose quand même des questions. Surtout que le nom du groupe s'inspire d'un parc de La Havane à Cuba : le Maximo Gomez Park. A méditer ! En fin de concert, Paul enlève sa veste et desserre sa cravate qui commence alors à virevolter au rythme de ses mouvements. Follement acclamé, le groupe renvient jouer « Kiss you better » en rappel. Le public est ravi. Le groupe aussi. Mais à mon avis, leur répertoire était épuisé. N'empêche, quelle claque !   

 

Radio 4

Du punk funk qui remue les tripes...

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Operator? Un duo constitué d'un chanteur/guitariste et d'un Dj. Les deux gars jouent dans des univers différents. Un peu comme s'ils espéraient un jour se rencontrer à l'infini. Après deux titres, je me suis barré. Vraiment pas ma tasse de thé ! Et deux jus de houblon pour ne plus y penser…

Pas trop attiré par les formations au sein desquelles militent un Dj, j'ai un peu fait la grimace en voyant le pupitre plus qu'imposant réservé au bidouilleur. J'ai dû revoir mon jugement, car pour la première fois, je suis tombé sous le charme d'une formule baptisée « electroclash ». En fait, Out Hud nage en plein underground. Puisant son inspiration chez des ensembles aussi novateurs que ESG, Liquid Liquid, 23 Skidoo, Tortoise, et confirmés que PIL, Adrian Sherwood ou encore Chemical Brothers. Pourtant, toute l'expression sonore gravite autour de la violoncelliste. Elle est pratiquement la seule à ne pas changer d'instrument. Et c'est elle qui donne la coloration à l'expression sonore en créant le lien entre chaque instrumentiste. Claviéristes, bassiste, guitariste, drummer et vocalistes ont ainsi le loisir d'y tournoyer dans un mélange de musique de chambre, de funk, de dub, de hip hop, de post punk, de noise et de house ; un mélange finement texturé au sein duquel le Dj vient apporter tout son feeling viscéral. Bien qu'issu de Sacramento, Out Hud est aujourd'hui fixé à New York. C'est sans doute le bon choix ; car je les vois mal encore longtemps végéter dans la zone crépusculaire de l'underground.

Paru l'an dernier, le deuxième album (« Gotham ! ») de Radio 4 a reçu un accueil enthousiaste de toute la presse spécialisée. Faut dire que pour l'enregistrer, ces New-yorkais avaient aussi bénéficié du concours de DFA (alias Tim Goldsworthy et James Murphy). Mais leur musique est tellement accrocheuse, dansante et contagieuse, qu'on finit par y succomber. Peuplées de références 80's qui vont de Gang of Four à PIL en passant par le Clash période dub, leurs chansons ont aussi le bon goût de poser des réflexions sur les problèmes sociaux et politiques. Le plus souvent vécus à New York. Mais aussi et de manière plus généraliste, de traiter de thèmes comme le SIDA, la presse, la TV, etc. Après un passage en demi-teinte à l'AB, en décembre dernier, je voulais quand même voir ce que le quintette avait vraiment dans le ventre. Et je n'ai pas été déçu, car leur punk funk m'a vraiment remué les tripes. Sur les planches, l'ombre du Clash est beaucoup plus présente. Même les voix déclamatoires forgent des hymnes à leur manière. Plus étonnant, il leur arrive également de chanter à trois. Une conjugaison qui atteint parfois des sommets inattendus. Autre bonne surprise, en gommant les nombreux effets dus à la technologie moderne qui parsemaient l'opus, le groupe ne perd pas pour autant en fraîcheur. Disons que le set est plus puissant. Et met davantage en valeur le percussionniste. En rappel, le chanteur de Out Hud est même venu donner de la voix sur une chanson, avant que le quintette ne clôture la prestation par « New disco », un fragment taillé dans le punk le plus pur et dur. This is « Radio Clash »… pardon Radio 4…