Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

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Suede 12-03-26
Gavin Friday - Het Depot

Sophia

En période de rodage...

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Voir Sophia une veille de la Saint-Valentin. Se faire bercer par leurs douces mélodies, si tendres… Un rêve, n'est ce pas ? En première partie, Gamine, une chanteuse des pays de l'Est, interprète au  premier degré, des titres tels que 'It is so beautiful to be married'. Influencée par les romans Harlequin, elle nous remet directement les pieds sur terre…

En effet, même si les critiques (des magazines commerciaux) sont dithyrambiques, je n'aime pas vraiment le nouvel album de Sophia. Il ne possède ni le désespoir de son premier opus, ni la plénitude du second, mais reprend plutôt tous les ingrédients pour en faire un panachage. Résultat des courses, le soufflet retombe rapidement à plat. Bref, Sophia avait fort à faire sur scène, vendredi dernier, pour me convaincre. Et il faut avouer que sa mission n'a été qu'à moitié remplie. Robin est en effet un vrai showman, qui interagit avec son public, après nous avoir fait croire que les membres du groupe se promènent nus dans les couloirs des hôtels. Il nous propose même de les louer pour n'importe quel Bar Mitzvah, d'ici 10 ans (NDR : et là, je ne peux qu'applaudir sa lucidité). Pourtant, il y eut de réels moments de grâce ; et en particulier au début de son répertoire : « So slow », « Are you happy now », « River song » (d' « Infinite circle ») ; mais aussi de longs moments d'ennui. Et en particulier après le single « Oh my love », lorsqu'il s'est mis à interpréter trois chansons du nouvel album. Robin nous explique au cours du concert qu'il s'agissait du premier concert de leur tournée et que la formation rodait la set list. Peut-être seront ils parfaits le 3 juillet a Werchter ?  Et oui, la nouvelle vient de tomber…

 

 

Centro-Matic

La limpidité enivrante des complaintes sudistes...

Soirée néo-country à l'AB, en compagnie de Centro-Matic, Saint Thomas et My Morning Jacket en fougueux cow-boys échappés de leurs bourgades désertiques, les cheveux pleins de sable et d'épines de cactus, ruminant leur rock emprunt d'americana sous les loupiotes de l'ABBOX.

Sous ce ciel étoilé d'une salle à moitié remplie, Will Jonhson brave très vite l'indifférence de début de soirée en enfilant les perles de « Love You Just The Same », le dernier album de son groupe Centro-Matic. Neil Young, figure tutélaire de tous ces jeunes mélodistes hors pair, veillera tout au long de ses trois heures intenses de concerts habités. Après 20 minutes, Centro-Matic finit par séduire le public, tout émoustillé par ces complaintes sudistes d'une limpidité enivrante.

Mais le vrai déluge viendra de My Morning Jacket, combo psyché-country d'une virtuosité et d'une hargne insolentes : Creedence Clearwater Revival, Flaming Lips, Pink Floyd, At The Drive-In, Pinback,… Les références se bousculent devant l'étendue des talents de Jim James et de ses quatre potes de Louisville. Et quels talents ! Marier ainsi la violence tourbillonnante du psychédélisme et la mélancolie bucolique de la country donne souvent pour résultat d'infâmes bouillons sans aucune magie. Chez My Morning Jacket c'est le contraire, et c'est magnifique. « It Still Moves », leur troisième album, est un chef d'œuvre. L'un des albums de l'année, pas moins… Mais ce soir, Jim James avait mal à la gorge, s'excusant après trois titres sublimes de ne pouvoir continuer à chanter sous peine de devenir aphone pour le restant de ses jours. Pourtant ce « Mahgeetah » en ouverture, qui justifie à lui tout seul l'achat de l'album, annonçait un concert grandiose. Et il le fût, en un certain sens… A condition d'accepter que même sans la voix magnifique de Jim James, My Morning Jacket est un grand groupe. Techniquement bluffant. Instrumentalement ahurissant. C'est là qu'on reconnaît le génie de ces types : même sans paroles, leur musique reste tout bonnement fantastique. Même s'il faut dire qu'on aurait préféré un concert normal… Mais au moins pourrons-nous dire qu'on a vu My Morning Jacket dans des conditions singulières. Pour leur prochain concert, Jim James nous a déjà promis d'être en forme, jusqu'à jouer « deux fois plus longtemps » pour se racheter une conduite. D'ici là, on se repassera en boucle « One Big Holiday » et « Easy Morning Rebel » en tapant du pied et en chantant nous-mêmes, avec l'espoir qu'un autre rhume ne dissipera pas toutes nos chances d'un jour voir ces rockeurs à 100 %… Quand même, quelle claque !

Et s'il y avait des récalcitrants dans la salle, leur déception n'aura pas été de longue durée, grâce à la prestation sympathique de Thomas Hansen, alias St Thomas, au club, en clôture de cette soirée déjantée. Le Norvégien, qu'on avait déjà vu ici même il y a plus d'un an en première partie de Lambchop, n'a rien perdu de son humour et de sa décontraction. Alternant les titres de ses deux albums (« I'm Coming Home » et « Hey Harmony »), notre cow-boy venu du froid aura vite fait de redonner un peu d'entrain aux plus déçus des fans de My Morning Jacket. Entre sa musique, de la néo-country mélancolique, et ses blagues potaches à l'accent scandinave, un monde : comme quoi on peut chanter des histoires de ruptures et puis en rire… C'est déjà ça de pris !

 

Camel

Un concert d'adieu remarquable de sobriété et d'efficacité...

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Ce samedi 25 octobre, Verviers recevait Camel. Toutefois, et c'est plutôt réjouissant, la demande de places fut telle que, exceptionnellement, Francis Geron dût transférer le concert depuis son mythique 'Spirit of 66' vers le grand théâtre de Verviers. Autre bonne surprise, ce lieu est vraiment un superbe vieux théâtre d'environ 700 places, parfaitement préservé, avec parterre, corbeilles, balcons, et décor éblouissant de charme désuet. Un de ces lieux où d'emblée on se sent bien. Et la soirée nous permettra d'en apprécier l'acoustique irréprochable!

Rappelons que, prévue en juin, cette tournée d'adieux à la scène européenne avait dû être reportée suite aux problèmes de santé de l'épouse du clavier Guy Leblanc, d'ailleurs absent ce soir. Le groupe fut accueilli par des applaudissements nourris dès son entrée en scène, témoignage du capital sympathie acquis en 30 ans. Mais le set fut-il à la hauteur ? Quand on est sur scène sans artifice, sans mise en scène, sans costumes et quasi sans light-show, il ne reste que le talent pour conquérir son public. Et du talent, ce concert en débordait de toutes parts. Sans jamais chercher à en mettre plein la vue, Camel allia maîtrise technique et émotion à fleur de peau, compétence et passion, enthousiasme et pudeur, sensibilité et humour. Pourtant fort de 5 excellents albums commis au cours de ces dernières années, Camel a très largement privilégié son vieux répertoire, déroutant sans doute un peu les fans de la dernière heure. Les huit premiers albums ont été passés en revue. Le public a donc eu droit aux grands classiques tels que 'Lady Fantasy', 'Hymn to her', 'Arrubaluba' ou encore le toujours impressionnant enchaînement 'Rhayader/ Rhayader goes to Town'. Quatre extraits seulement des albums post-eighties ont complété le set, dont un très émouvant 'For Today'. Amis fidèles, les musiciens rendirent hommage à Peter Bardens (fondateur et premier clavier du groupe), décédé récemment. Le point d'orgue de ce concert fut sans aucun doute l'interprétation magistrale et très émotionnelle du classique 'Ice', laquelle alla jusqu'à arracher des larmes à certains dans le public. Des quatre musiciens, Ton Scherpenzeel fut physiquement le plus discret. Ce qui ne l'empêcha pas de trôner sur ses claviers avec une maestria qui ne fit pas regretter l'absence du pourtant excellent Guy Leblanc. Rappelons que si Ton a été membre à part entière de Camel pendant un temps, il est avant tout le leader de Kayak. Colin Bass, avec son éternel physique de jeune instituteur, fut fidèle à sa réputation d'excellent bassiste, à la fois puissant et mélodique, et domina les parties chantées, semblant même continuer à bonifier sur ce plan. Andrew Latimer fut loin de décevoir. Il subjugue avec ce toucher de guitare unique et sa redoutable maîtrise technique, peaufinée depuis trente ans. Et quand, yeux fermés, il se lance dans un solo, il est un spectacle à lui tout seul. Il m'est toujours apparu comme le pendant anglo-saxon pur jus de Carlos Santana. L'instrument semble un prolongement de son corps, pris de convulsions des jambes aux épaules. Et, de contractures en syncinésies, son visage est tellement expressif que le gars obtiendrait probablement un énorme succès, même devant un public de sourds. La petite surprise vint du jeune batteur Denis Clément, un Québécois au look improbable et à la pêche d'enfer, qui ouvrit de nouvelles perspectives à certains morceaux. N'y allons pas par quatre chemins: ce concert fut probablement l'un des plus beaux, des plus sincères et des plus émouvants que le territoire belge connaîtra en 2003. Et le public, ému, debout, unanime dans une longue ovation, fut bien dépité par l'absence d'un deuxième rappel. Pourquoi n'y étiez-vous donc point ? Reste à espérer que les membres de Camel ne supporteront pas plus que nous leur retraite scénique…

The Notwist

Encore trop d'imprécisions...

Pendant tout un week-end, les Allemands de Notwist ont pris d'assaut l'AB avec tous leurs copains, pour deux soirées spéciales autour du groupe : films, clips, merchandising, DJ-sets, et surtout des concerts, de Notwist (en apothéose) et de leurs side projects (Console, Lali Puna, Ms John Soda, Tied & Tickled Trio, Couch). The Notwist, c'est donc une nébuleuse, une constellation : autour du groupe gravitent plusieurs formations qui ont toutes en commun cette propension à mixer indie pop et électro (de l'indietronica), émotion et technologie, impro et refrains chantés. En cela, The Notwist est une petite entreprise qui fonctionne plutôt bien : la « scène » dont le groupe s'est retrouvé fer de lance connaît un beau succès d'estime, en témoigne ce soir une AB bien remplie, alors qu'au début l'événement était prévu dans l'ABBOX.

C'est Couch qui ouvre les festivités, un trio rappelant Add (N) to X (une femme, aussi, aux claviers) et ces groupes de post-rock qui malmènent leurs guitares sans dire un mot. Les riffs sont répétitifs et la batterie reste calée sur le même rythme, provoquant chez leurs géniteurs une transe solitaire qui n'emporte que très peu de spectateurs. Une heure de concert, ce fût long, malgré quelques bons moments.

Arrive alors Lali Puna, qu'on a rarement le plaisir de voir en concert. Valerie Trebeljahr chante timidement, tandis que Markus Acher (chanteur-guitariste des Notwist) reste courbé sur sa guitare, l'air concentré ou l'esprit ailleurs. Des nouveaux morceaux, et quelques perles de « Scary World Theory », leur dernier album en date, un véritable petit joyau. En rappel, une reprise de « 40 Days » de Slowdive, qu'on retrouve sur la compile « Blue Skied An' Clear » du label Morr Music.

Vers 22h30, les Notwist entrent en scène. Il y a plus d'un an qu'on ne les a plus vus, depuis ce passage raté à Werchter, avec Arne Van Petegem en remplacement de Micha Acher et son plantage sur « Pick up the phone » (un grand moment). Cette fois, le groupe est au complet. Les hits y passent, surtout ceux de « Neon Golden » (à part un « Chemicals » un peu fade), plus quelques morceaux plus noisy, traces un peu crasses de leur passé d'ados tourmentés (les premiers albums). C'était là qu'en effet, le bât blessait : peut-être à cause d'un manque de répétition, d'une cuite à la bière belge ou d'un gros rhume chopé pendant le voyage, les quatre Allemands semblaient à côté de leurs pompes quand il s'agissait de jouer ensemble et de jongler avec les crescendo. Pendant ces morceaux rock, de longues plages de silence, avant l'explosion, cassaient tout rythme, et toute ambiance (n'est pas Mogwai qui veut). Un peu comme si on avait coupé le courant pendant quelques secondes (« Mais qui a éteint la musique ? », était la réaction la plus fréquente), avant de rebrancher les prises et de laisser les quatre Allemands faire leur boucan en totale discordance. Bizarre qu'après un an de tournée, deux albums excellents, The Notwist soit encore victime de telles imprécisions. A tel point qu'après trois-quarts d'heure de concert, l'attention du public n'était plus que polie (il était tard aussi), et l'ambiance de partir en couilles comme un vulgaire plat de nouilles. Pas glop.

Cat Power

Il ne manquait que les sièges...

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Pour entamer son set, Chan Marshall monte sur les planches, flanquée de deux musiciens. Tout au long de cette première partie, le trio alternera compositions douces, articulées entre le piano, la basse et la batterie (« He war ») et titres plus folk/pop ( « Shaking paper » et « Speak for me » ), Chan troquant alors son piano pour une guitare électrique. C'est d'ailleurs à la fin de ce premier acte (NDR : le plus intéressant !) que le moment le plus intense sera atteint ! Et en particulier lors de l'interprétation de « Good women », lorsque la voix cassée mais très harmonieuse de Cat s'efface devant l'harmonica. A vous donner des frissons partout ! Pour la deuxième partie, les deux autres membres ont disparu de la scène, laissant Cat en solitaire. Elle passera l'essentiel de son temps derrière son piano à queue. Hélas cette seconde partie sera nettement plus terne, sans guère de relief, et surtout moins intense, à mon goût. Que ce soit à travers « Maybe not », « Half of you » ou encore « Evolution ». « Names » consistant l'exception qui confirme la règle. L'essentiel à retenir de cette deuxième partie est la mise en scène. De profil, Cat joue de son instrument en bénéficiant de la lumière diffusée par un projecteur positionné à l'arrière, à l'instar d'un 'aristochat' caressant ses mélodies sur les ivoires.

Cat Power aura finalement accordé un set fort proche de l'album. Trop indolente, sa musique n'est jamais parvenue à enflammer la salle. L'heure tardive et le moment choisi (NDR : le milieu de semaine) y sont peut-être pour quelques chose. Une impression que les quelques 400 personnes présentes ont certainement dû partager. Pourtant, elle aura bien essayé de faire participer le public ; mais hormis un « Ca va » en français et quelques phrases exprimées dans un anglais incompréhensible, rien n'y a fait ; le public était venu pour écouter, regarder et passer un bon moment. Se détendre quoi ! Il ne manquait finalement que les sièges…

The Raveonettes

La bande-son parfaite des meilleurs Cult B-Movies...

Deux concerts, deux styles, deux fois plus de plaisir. Enfin presque : le rock éthéré des Français d'Overhead a beau se la couler douce dans nos oreilles (imaginez Doves en vacances chez Zero 7), l'envie d'aller boire une bière fraîche aura eu raison de notre patience. Et puis ces clones vocaux de Jeff Buckley commencent vraiment à nous saouler, surtout quand on est venu non pas pour planer, mais pour taper du pied. Overhead aura distillé un certain vague à l'âme certes agréable, à condition d'avoir descendu juste avant quelques blanches. La véritable raison de notre présence n'était donc pas Overhead et son trip-rock un peu plat comme une pinte éventée, mais bien le groupe d'après, celui vers lequel se tournent aujourd'hui, en ces temps rock'n'roll, tous les regards.

Pas que The Raveonettes soit plus original que tous les autres, loin s'en faut : seulement, voilà, il y a une fille à la guitare, qui plus est une Danoise, genre blonde de chez blonde. Heureusement d'ailleurs, parce que l'autre membre de ce duo (renforcé en live d'un batteur et d'un guitariste balèzes) ressemble plus à votre voisin de palier qu'au dernier martyr du rock garage tendance 2003. Sharin Foo (guitare/voix) pourrait bien jouer et chanter faux qu'on n'y trouverait rien à redire : ce déhanchement qui accompagne chaque pincement de cordes, cette moue appliquée sans doute répétée devant le miroir de sa coiffeuse, cette nonchalance désabusée lorsqu'un refrain se fait violent, les cheveux dans les yeux et le dos cambré… Aaahh ! ! ! Et que dire de la musique : un mélange de rock'n'roll et de pyché-pop façon sixties, comme si Jesus & Mary Chain jouait les Ronettes en accéléré dans les studios Toerag. Voilà la bande-son parfaite des meilleurs Cult B-Movies, une relecture sauvage de la surf music, mais sans ses clichés éculés. Sune Rose Wagner (voix/guitare) n'est certes pas glamour comme sa copine, n'empêche qu'il assure. On pourrait tout de même reprocher au duo son manque d'originalité sur la longueur : leur EP « Whip It On », pourtant très court, n'évite pas les redites – guitare fuzz, voix en écho, murmures monocordes,… Leur son, déjà reconnaissable entre mille, se révèle en fin de compte rapidement unichrome. Mais leur premier album, prévu pour août devrait, on l'espère, nous réserver quelques surprises, à l'écoute de ces « Let's Rave On », « Remember » et « Rebel Invasion » moins prolo-rock que disco-punk FM. A cet égard, une chose est sûre : quand Sharin laisse exploser son côté Debbie Harry, c'est plutôt chaud. Après 40 minutes, il aura bien fallu quelques bières pour refroidir toute cette ardeur. Au Pukkelpop, on prévoira deux packs de six.  

 

The Folk Implosion

A pas de Lou...

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Ne pas confondre Alaska et Alaska et Alaska ! Si un distrait pensait assister à un concert du combo espagnol ou à celui réputé pour sa musique progressive, il a dû déchanter. Et le set auquel il a assisté le laisser de glace. Et pourtant ! En fait, le groupe qui ouvrait la soirée est californien ; et implique deux musiciens du nouveau Folk Implosion. Soit le guitariste Imaad Wasif (ex Lowercase) et le drummer Russel Pollard (toujours Sebadoh), pour la circonstance préposé à la basse. Un line up complété pour la tournée par une drummeuse. Très jolie par ailleurs. Ce qui ne l'empêche pas de taper dur sur ses fûts, la longue chevelure noire lui cachant constamment le visage. Enfin, pour ce que j'ai pu voir de leur prestation. Une bonne vingtaine de minutes. Au cours desquelles le band s'est fendu d'un long trip électrique, psychédélique, vivifiant, dans l'esprit du 'Paisley Underground'. Imaad y prend vraiment son pied et finit par se contorsionner en se roulant sur les planches. Bonne entrée en matière, même si Alaska pourrait y gagner en faisant preuve d'un peu plus d'originalité.

Née sur la côte Ouest des States, d'un père d'origine japonaise et d'une mère irlandaise, Mia Doi Todd me fait penser à… une squaw cheyenne. Et je dois vous avouer qu'on l'inviterait bien dans son tepee (NDR : pour y prendre le thé, hein !). Pratiquement inconnue en Europe, Mia a déjà commis quelques albums, dont le dernier « The golden stat » a été produit par l'ex époux de Suzanne Vega, Mitchell Froom. Et en assistant à son set, on comprend mieux pourquoi Froom a accepté ce challenge. Mia est avant tout une ‘folk singer’. Sur les planches, elle s'accompagne tout simplement d'une guitare sèche, et s'autorise même une version a cappella de « Age ». A vous flanquer des frissons partout ! Elle possède une très jolie voix. Pure, cristalline, douce, mais très intense et profonde. Son timbre me fait d'ailleurs tantôt penser à Joni Mitchell, à Joan Baez, à Jacqui Mc Shee (NDR : pour ceux qui ont connu Pentagle !), ou encore bien sûr, à Suzanne Vega. Elle interprète des chansons qui parlent de liberté individuelle, de conflits sociaux et personnels, de la nature et de ses cycles. Franchement, il n'y manquait qu'un quatuor à cordes et on tombait de sa chaise (NDR : surtout qu'il n'y en avait pas, et qu'une partie du public était assis à même le sol). Mais que voulez-vous, chez certains majors, il faut vendre des centaines de milliers d'albums pour qu'on s'intéresse à votre cas. N'empêche, d'ici quelques mois, on risque bien de reparler de cette talentueuse Mia Doi Todd. Et en bien !

Exit John Davies, le nouveau Folk Implosion implique donc Imaad Wasif à la six cordes, Russell Pollard aux drums et bien sûr Lou Barlow, qui en est revenu à ses premières amours, en troquant sa guitare contre une basse. Il se réserve toujours le chant en se servant de deux micros aux tonalités différentes. Petite surprise, Mia Doi Todd vient apporter son concours aux samples et aux boucles, pour entamer le concert. Et elle reviendra en fin de parcours, pour assumer quelques backing vocaux. Lou est en pleine forme. Il plaisante entre chaque interprétation. Et son humour est toujours aussi subtil. Il entame son set par les compos les plus musclées de son nouvel opus. Et je dois avouer, qu'elles passent bien la rampe. Tout comme celles du Folk Implosion première mouture, d'ailleurs. Après une bonne demi-heure, Barlow et Imaad s'asseyent pour entrer dans la phase acoustique. Barlow a repris sa vieille gratte. Imaad a recours au bottleneck. L'intensité et l'émotion sont très palpables. Et atteignent une nouvelle dimension en rappel, lorsqu'il revient seul, toujours flanqué de sa sèche. Pour interpréter une nouvelle chanson. Puis égrener quelques morceaux intimistes, minimalistes, mais dont il a le secret pour les rendre magiques. Deux rappels plus tard le public était aux anges… Et moi aussi !

Arno

L'humour scatologique, mais pas seulement...

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La grande salle était bourrée comme un œuf pour accueillir le spectacle accordé par Arno Hintjens, ce mercredi 22 janvier, à la Maison de la Culture de Tournai. Honnêtement, je dois reconnaître qu'il y a des lustres que je n'avais plus vu autant de monde assister à un concert rock, dans la cité scaldéenne. Comme quoi, même s'il n'existe pratiquement aucune structure rock à Tournai pour organiser un tel événement, il existe bien un public pour ce style de musique. N'en déplaise à ceux qui pensent que dans la cité de Cinq Clochers, il n'y a de la place que pour les 'coulonneux' et les faits divers…

Arno aime le blues. Il a même monté un groupe, à une certaine époque qui répondait au patronyme de Charles et les Lulus. Il nous le rappelle dès son premier morceau. Et épice régulièrement son set de chansons sculptées dans ce style. En s'accompagnant même parfois d'un harmonica. Il aligne, ensuite quelques nouvelles chansons. Millésimées Arno, elles devraient donc figurer sur son nouvel album. Première constatation, l'Ostendais peut s'appuyer sur une solide formation. Faut dire que son drummer et son claviériste/pianiste l'épaulent depuis plus de vingt ans. Il nous le rappellera à la fin de son concert… Complètent le line up un guitariste plutôt habile, un bassiste particulièrement efficace (NDR : pas cher, ajoute-t-il par boutade : il est Yougoslave !) et un accordéoniste impressionnant de virtuosité qui joue debout en tirant parti au maximum de ses pédales de distorsion. Arno est en forme. Et n'a pas (n'est pas ?) trop consommé… Il ne manque pas de sortir ses vannes scatologiques. Mais pas seulement. Son histoire du Delhaize. On n'y comprend pas grand-chose. Sauf quand il précise que sa femme (son ex ?) habite Lyon… Episodiquement, Arno s'assied. Pour interpréter l'un ou l'autre titre plus tendre. Comme le très beau « Dans les yeux de ma mère ». Il nous réserve également quelques reprises. Celle du « Bon Dieu » de Brel. Une autre encore, mais complètement méconnaissable du « Mother's little helper » des Stones. Et que dire alors de celle de « Drive my car » des Beatles ? Le public s'enflamme. Et Arno de sortir des cymbales (NDR : ça rime !). Puis ses incontournables covers de TC Matic : « Putain putain » et un « Oh la la la », sur lequel l'accordéon fait voler un sulfureux vent d'Est. Le public est debout. Ben oui, avant il était assis. Pour celle des « Filles du bord de mer » d'Adamo, les spectateurs répondent en chœur. Arno peut donc les remercier et s'en aller. Mais ils en veulent encore. Même s'il est, en général, programmé le rappel fait partie des institutions. Un rappel au cours duquel il va nous léguer son très beau « Lola » et puis le classique des classiques : « Vive ma liberté ! ». Tout un symbole ! En tout cas du tout grand Arno…