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dEUS - 19/03/2026
Gavin Friday - Het Depot

Arno

L'humour scatologique, mais pas seulement...

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La grande salle était bourrée comme un œuf pour accueillir le spectacle accordé par Arno Hintjens, ce mercredi 22 janvier, à la Maison de la Culture de Tournai. Honnêtement, je dois reconnaître qu'il y a des lustres que je n'avais plus vu autant de monde assister à un concert rock, dans la cité scaldéenne. Comme quoi, même s'il n'existe pratiquement aucune structure rock à Tournai pour organiser un tel événement, il existe bien un public pour ce style de musique. N'en déplaise à ceux qui pensent que dans la cité de Cinq Clochers, il n'y a de la place que pour les 'coulonneux' et les faits divers…

Arno aime le blues. Il a même monté un groupe, à une certaine époque qui répondait au patronyme de Charles et les Lulus. Il nous le rappelle dès son premier morceau. Et épice régulièrement son set de chansons sculptées dans ce style. En s'accompagnant même parfois d'un harmonica. Il aligne, ensuite quelques nouvelles chansons. Millésimées Arno, elles devraient donc figurer sur son nouvel album. Première constatation, l'Ostendais peut s'appuyer sur une solide formation. Faut dire que son drummer et son claviériste/pianiste l'épaulent depuis plus de vingt ans. Il nous le rappellera à la fin de son concert… Complètent le line up un guitariste plutôt habile, un bassiste particulièrement efficace (NDR : pas cher, ajoute-t-il par boutade : il est Yougoslave !) et un accordéoniste impressionnant de virtuosité qui joue debout en tirant parti au maximum de ses pédales de distorsion. Arno est en forme. Et n'a pas (n'est pas ?) trop consommé… Il ne manque pas de sortir ses vannes scatologiques. Mais pas seulement. Son histoire du Delhaize. On n'y comprend pas grand-chose. Sauf quand il précise que sa femme (son ex ?) habite Lyon… Episodiquement, Arno s'assied. Pour interpréter l'un ou l'autre titre plus tendre. Comme le très beau « Dans les yeux de ma mère ». Il nous réserve également quelques reprises. Celle du « Bon Dieu » de Brel. Une autre encore, mais complètement méconnaissable du « Mother's little helper » des Stones. Et que dire alors de celle de « Drive my car » des Beatles ? Le public s'enflamme. Et Arno de sortir des cymbales (NDR : ça rime !). Puis ses incontournables covers de TC Matic : « Putain putain » et un « Oh la la la », sur lequel l'accordéon fait voler un sulfureux vent d'Est. Le public est debout. Ben oui, avant il était assis. Pour celle des « Filles du bord de mer » d'Adamo, les spectateurs répondent en chœur. Arno peut donc les remercier et s'en aller. Mais ils en veulent encore. Même s'il est, en général, programmé le rappel fait partie des institutions. Un rappel au cours duquel il va nous léguer son très beau « Lola » et puis le classique des classiques : « Vive ma liberté ! ». Tout un symbole ! En tout cas du tout grand Arno…

My Little Cheap Dictaphone (MLCD)

Plein les tympans...

Les soirées rock made in Namur sont toujours de qualité : c'est que la scène locale est soutenue par quantités d'associations actives et passionnées, telles le Bear Rock, pour n'en citer qu'une. Ce soir pourtant, pas de Namurois au programme. Peu importe... A Namur, on n'est pas chauvin : pour preuve avec le groupe d'ouverture, My Little Cheap Dictaphone, des Liégeois abonnés à la Soundstation. Ou plutôt un : Redboy, grand échalas fan des Pixies et de Grease qui nous a livré l'année dernière un premier album fantastique (« Music Drama »). Ca commence dur avec un « Am I Your Friend ? » survolté, qui met déjà tout le monde d'accord. Le reste passera comme une lettre à la poste, et le public d'être impressionné par ce Liégeois pro du manche, adepte d'un rock classe et sans fioritures. Chapeau Redboy : même les coincés au bar en auront pris plein les tympans, de quoi les détourner un peu de leur verre de blanche de Namur (cela dit onctueuse et goulue).

Ensuite, pause acoustique avec Erlend Oye, échappé de Kings of Convenience, duo norvégien venu sauver les guitares en bois de la casse  il y a deux ans, avec un album digne de ces bons vieux Simon & Garfunkel. « The New Acoustic Movement », qu'ils appelaient ça : sans doute qu'Erlend en a eu marre de se voir traité de bobo fleur bleue fan de Nick Drake, puisque son premier album, « Unrest », sent plutôt l'électro tendance de chez Colette (beats eighties, prod' béton et copinage hyper hype). N'empêche que ce soir, le Norvégien n'aura pas failli à sa vieille réputation, en entonnant ses morceaux seul à la guitare, sans claviers ni séquenceurs. Comme quoi, une chanson bien écrite peut se jouer aussi bien avec des BPMs que sans tambours ni trompettes (ou bien c'est le contraire ?). Et avec un petit « Remind Me » ressorti du répertoire de ses amis Royksopp (la voix, c'est lui), les buveurs de bière, un peu bruyants, l'auront au moins écouté trois minutes. Chapeau Erlend : t'as même fait craquer les minettes avec ta grosse moustache et tes lunettes ringardes. A quand le look Erlend branché dans les soirées aware de Bruxelles et d'ailleurs ?

Enfin, les Allemands de Schneider TM, plutôt pénibles dans une version pouet-pouet de leur électro pourtant pas si mauvaise, auront (presque) clôturé la soirée. C'est qu'Erlend, trendy jusqu'au bout, nous aura fait le coup du DJ-pousse disques à l'éclectisme sans failles : Michael Jackson, Wham !, Felix Da Housecat et j'en passe. Ce type est trop cool, y a pas de doute. Dommage qu'il n'aura mixé (sic) qu'une demi-heure, parce que c'était drôle, surtout de le voir danser sur Jimmy Sommerville. Quelle teuf !

Nashville Pussy

Une oeuvre de salubrité publique...

Le rock'n'roll, cette chose vilaine qui a pris d'assaut les couv' des magazines, proclamant son grand retour (de flammes), intronisé « tendance de l'année ». Les Nashville Pussy, eux, n'ont pas attendu que de jeunes groupes en colère prennent le maquis rock pour nous en mettre plein les oreilles. Il y a déjà quelques années que leur histoire dure. « Let Them Eat Pussy » (…) date d'ailleurs de 1998. Et ce n'est pas fini ! Nashville Pussy, donc : une escouade de rednecks puant la mort, le gasoil et la vaseline – le genre de groupes qui fait peur aux aînés, et aux bigots partis en croisade. Nashville Pussy : ça parle de cul, de cul, de cul. Des gros riffs bourdonnant dans le bas ventre, jusqu'à l'éjaculation. Une musique du diable, sûrement. Du Texas. Avec des femmes à la guitare et à la basse, qui tiennent l'engin comme un gros sexe turgescent prêt à exploser… Tout cela, c'est normal, devrait être interdit au moins de 12 ans. Une fois l'âge atteint, c'est à un cours d'éducation sexuelle que nous convient les Texans, éructant des « Go Motherfucker Go » et des « Let's Fucking » à tout va : Nashville Pussy, une œuvre de salubrité publique.

Chez certains, tout cela pourrait quand même être mal interprété. Les lyrics explicites et tendancieux faisant office de feu au poudres : ce rock sudiste, ces bonnes femmes les seins à l'air, ce chanteur (Blaine) au look de sympathisant KKK… Du calme ! Ce n'est que de la musique ! Mais quelle musique : incandescente, sauvage, primaire, comme l'étaient celles de Mötorhead et d'AC/DC, il y a 20 ans. Pas question d'amalgame donc, Blaine allant jusqu'à sermonner les spectateurs du premier rang qui brandissaient fièrement un drapeau sudiste (Plus ou moins : « Beaucoup de bouseux racistes aiment à se balader avec ce genre de drapeau : faites gaffe, les gars »). Pas con, le mec, et c'est tant mieux. Parce que c'est sûr : les Nashville Pussy pourraient passer pour de gros crétins du manche, des Amerloques de bas étage, s'ils n'avaient pas une sourde colère qui tapissait leur bide et qui transformait tout ça en rock'n'roll sacrement jouissif. Encore une fois, le rock était dans la place, avec ses plus beaux spécimens. Chaud.



Radio 4

Une question de longueur d'ondes...

Aaargh, la cold-wave est de retour ! The Faint n'a plus écouté de musique depuis 1982, à l'époque ou Human League et Front 242 faisaient un tabac dans les clubs de Mouscron et de Detroit. De l'EBM qu'ils appelaient même ça ! Les saligauds, v'là-t-y pas qu'ils nous refont le coup comme en 40, avec les combat shoes et les tenues en treillis ! Ce beat ! Ces poses ! Cette voix ! Mais que diable, serions-nous au Steeple Chase de Waregem à danser sur Wumpscut, en balayant le sol de nos cheveux longs corbeau, les poings fermés se balançant d'avant en arrière ? The Faint ? Chouette alors, on se sent rajeunir, et pour ceux qui n'était pas nés, voilà une belle entrée en matière dans le fabuleux monde des années 80 ! Elektroklash meets Billy Idol, pour qu'ils comprennent mieux. Ah ouaiiis ! The Faint : le groupe qu'on aimerait ne pas aimer. « Danse Macabre » (NDR : ce titre !) est en vente chez tous les bons disquaires).

Radio 4 : on en a déjà parlé. Le punk funk, cette tendance rétro qui replonge dans le début des années 80, à l'époque ou Gang Of Four, A Certain Ratio et co. faisaient danser l'undergound avec leur mix de rock abrasif et de grosses basses frétillantes. Mais le public serait-il venu pour The Faint et son EBM figé dans le temps ? A voir l'ambiance (nulle) et les gens qui dansaient (personne), on se dit que Radio 4 s'est trompé de salle. Pourtant, leur « Gotham ! » est une pure merveille de rock dansant, produit par un duo de choc composé de Murphy et de Goldsworthy, alias DFA. Liars, The Rapture, c'est aussi eux. Bon, patience : un « Dance To The Underground » devrait embraser la salle en un quart de tour. Raté : « On se croirait presque à New York », ironise Anthony Roman, le chanteur-bassiste. Un petit rappel pour être polis (avec deux chansons de leur premier album, « The New Song And Dance » et le fameux « Certain Tragedy »), et puis Radio 4 met les voiles. Triste… Que dire de plus ?

The Streets

La peur au ventre...

Affirmer que Mike Skinner, alias The Streets, était attendu relève de l'euphémisme. Son album déjà assuré de toutes les louanges dans les référendums de fin d'année, c'était donc une ABBOX remplie qui venait voir sur place le messie, pour un concert qui se devait de confirmer les dires de tous. Manque de bol, le petit Mike n'aura pas assuré « un max ». Sans doute est-ce dû à son manque d'expérience de la scène, d'autant plus qu'il a fait son album tout seul chez lui, et que le voilà maintenant entouré d'un vrai groupe. Il n'empêche : sa bonne bouille d'hooligan de pub anglais et son accent middle class aura fait son effet. On se serait presque cru dans un film de Ken Loach sur la musique de rue dans les bas-fonds de Sheffield. 100% British, mes amis, direct from the filthy streets of the suburban England fish and chips. Dommage que Skinner avait un peu la pétoche (« Mais que faire de ces bras qui pendent le long de mon corps », se dit-il tandis que son ami black chante le chorus ?). Comble des combles : Skinner n'aura d'autre conversation avec le public que de lui faire répéter « Great Beers » après lui avoir demandé « What's Belgium all about ? », alors qu'il brandissait fièrement… une Kronenbourg. Sinon, la musique est bonne : rien à dire. Encore un peu de rodage et Skinner fera péter tout ça dans une ambiance de feu. A Werchter, par exemple ?

 

 



Paul Weller

Le parrain du punk a encore de beaux restes...

Le Modfather était de retour en Belgique, quelques mois seulement après son dernier passage sur nos terres, pour un concert de présentation de son dernier album, « Illuminations »… La salle presque pleine semblait démontrer la preuve du regain d'intérêt que rencontre l'Anglais, malgré l'indifférence quasi générale que suscitent les sorties de ses albums depuis quelques années. Vieux, le Weller ? Pas encore, à voir la vigueur avec laquelle il empoigne sa guitare, comme au bon vieux temps d'« All Mod Cons » et de « Seting Sons »… Le concert sera d'ailleurs ponctué de nombreux classiques du parrain de la brit-pop, entre autres « That's Entertainment » et « A Town Called Malice » des Jam, sans oublier une version jazzy d'« Have You Ever Had It Blue ? », l'un des rares hits que connût Style Council, son groupe soul des années 80. Le reste, fût à l'avenant : plusieurs morceaux d'« Illuminations », comme ce « It's Written In The Stars » à la limite de la rengaine pop sautillante, preuve que son dernier album possède bien des vertus – son meilleur depuis « Wild Wood », sans aucun doute. Paul Weller commence à se faire vieux, mais a donc de beaux restes (les classiques solo « You Do Something To Me », « Wild Wood », « The Changingman »). Peu importe que certains le trouvent ringard : pour nous, il restera toujours l'auteur de chansons intemporelles.

 



Le Peuple de l’Herbe

Si vous ne dansez pas, c'est que vous êtes mort...

Sacré meilleur groupe français live aux Victoires de la musique l'année dernière, Le Peuple de l'Herbe était de retour chez nous pour présenter son nouvel album, "PH Test/Two" (sortie le 24 juin). C'est vrai que Le Peuple, sur scène, est une furieuse machine à danser - les habitués de Dour et de l'Axion Beach 2001 s'en souviennent encore. Leur mix explosif de dub, de rap et d'électro fonctionne à merveille, avec ou sans herbe, propulsant le spectateur en orbite, mais pas géostationnaire : ici on danse, on trépigne, on s'agite dans tous les sens, du breakbeat désaccordé genre drum'n'bass aux rythmes chaloupés d'un dub-ragga bien moite. Sur scène, Le Peuple de l'Herbe met donc le feu au dance-floor, tout en ménageant parfois le public avec quelques titres plus calmes mais pas moins inspirés. Trompette, samples-platines et batterie au service d'une musique décomplexée, le groupe est soudé et s'amuse. Les nouveaux morceaux révèlent quelques surprises, comme ce "Maison en dur", sorte de bravade techno un peu fier-à-bras mais furieusement sautillante. Vous n'avez jamais vu Le Peuple de l'Herbe en live ? Pas grave : ils sont partout cet été (Klinkkende Munt, Dour, Seat Beach Rock,…). Et si vous ne dansez pas, c'est que vous êtes mort.

 

Bertrand Burgalat

Une association impressionnante de virtuosité et de classe...

Soirée psyché-glamour au Bota, dans le cadre du Parcours Chanté, avec au programme le groupe bruxellois Fantomas Pop, les Français de Frandol et en apothéose, Bertrand Burgalat en personne, accompagné de son groupe déjà mythique, AS Dragon.

Fantomas Pop se la joue sixties, n'hésitant pas à ressortir le visuel d'époque, boule à facettes et projections à base d'hallus à La Grateful Dead. Leur musique oscille entre le psychédélisme de bon ton et la variété yéyé si chère à Gainsbourg période France Gall. En grande partie instrumentale, leur set list recèle quelques perles aux relents acid - dommage que le maniérisme de la chanteuse ternisse un peu l'ensemble (à cet égard, la voir rouler des yeux en chantant ses préférences en matière de Chupa Choup est à pleurer de rire).

Deux jours plus tôt en première partie de Noir Désir à Forest National, les Français de Frandol se la jouent davantage rock'n'roll : leurs mélodies transpirent sous les aisselles, et les guitares se font plus avenantes. Sorte de croisement incertain entre Bow Wow Wow et Matmatah, ce groupe de seconde division parvient rarement à déchaîner les passions, tant leur rock variet' un peu bâtard reste coincé au ras du plancher.

Tout le contraire de Bertrand Burgalat et AS Dragon : depuis son album solo ("Sssound of Mmmusic"), le producteur-remixeur-compositeur et patron de Tricatel nous étonne à chaque livraison. Cette fois accompagné d'un groupe sacrément solide, à la rythmique imparable, le joyeux luron de la vague néo-psyché nous livrera un concert puissant, parfait, voire, à certains moments, ahurissant. Car sa formation, initialement constituée pour accompagner Michel Houellebecq sur les plages de France, impressionne de virtuosité et de classe : rarement groupe français nous aura tant bluffé par sa technique et son aisance sur scène. Reste la voix de Burgalat, pas toujours au point mais émouvante de sincérité, et ses paroles pince-sans-rire, à des années lumière de la soupe hexagonale desservie par tous ces Enfoirés de Goldman et Garou. S'éclipsant parfois derrière la beauté androgyne d'une nouvelle chanteuse à la voix d'or, Burgalat reviendra pour un final dantesque, avec une reprise du " Tears of a clown " des Smokey Robinson. Que demander de plus ?