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New Candys

Shoegaze jusqu’aux chaussures…

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Double affiche ce lundi 15 septembre, puisque le club de l’Aéronef accueille la formation italienne New Candys et canadienne Preoccupations.

Formé en 2008, à Venise, par le chanteur-compositeur-guitariste Fernando Nuti et le bassiste-synthétiseur Dario Lucchesi, The New Candys se produit aujourd’hui en configuration trio. Dario Lucchesi est absent, laissant Fernando Nuti (guitare/chant) accompagné d'Emanuele Zanardo (guitare solo/chœurs) et de Francesco Giacomin (batterie/sampler), tous deux membres du combo depuis 2023.

À 20 heures précises, New Candys ouvre le set par « Cagehead » - un morceau caractérisé par des riffs sombres et lourds - devant une centaine de personnes ; mais la salle va se remplir progressivement.

Le drummer est installé au centre du podium, tout devant. Il porte des lunettes fumées, qu’il ôtera après deux ou trois morceaux. Les deux sixcordistes se placent aux extrémités de l’estrade. Le lookd es musicos est soigné, jusqu’aux chaussures. Ce qui colle bien au style shoegaze.

Incisives, les guitares construisent un mur de son pénétrant, sans doute appuyées par les samples de basse.

Et c’est le batteur qui fédère l’ensemble de son drumming souple et efficace.

Peu loquace, Fernando Nuti laisse la musique parler d'elle-même. Les influences de The Jesus & Mary Chain sont palpables, notamment dans les parties instrumentales où Zanardo laisse parler sa guitare avec précision. D’ailleurs, ce qui apporte ce petit plus d’âme à la musique de New Candys, ce sont ces accords surf, dispensés çà et là, mais judicieusement, par Emanuele.

Le band interprète des morceaux de ses quatre elpees précédents, mais met particulièrement l'accent sur son plus récent, « The Uncanny Extravaganza ».

Tout au long du concert, de nombreux spectateurs se balancent au rythme de la musique et bon nombre d’entre eux, qui ne connaissaient pas la formation, sont agréablement surpris de la qualité du show, certains regrettant même d’être arrivés en retard.

De quoi mieux comprendre pourquoi New Candys est signé sur le label 'Fuzz Club'.

(Photos Ludovic Vandenweghe ici

Setlist :

Cagehead
Dark Love
Crime Wave
Breathe Me In
Tempera
Aphrodite in Leather
Night Surfer
You'll Never Know Yourself
Begin Again
Mercenary
Rising
Regicide
Overall

 

Place ensuite à Preoccupations. Ce groupe post-punk canadien (NDR : il est issu de Calgary) formé en 2012, a gravé son cinquième album, « Ill at ease », en mai dernier.  Un opus au cours duquel le combo a pris un nouveau virage. Plus synth pop, mais dans l’esprit de New Order, tout en soignant le sens mélodique.

En février 2023, il s’était produit ici même, après avoir sorti un excellent long playing, intitulé « Arrangements » ; et sur les planches, le leader, Matt Flegel, avait cédé la basse à son frère, pour se consacrer exclusivement au chant. Mais de gros soucis de balances avaient gâché le concert.

Dès l'entrée en scène, la configuration du groupe attire l'œil : Matt Flegel, le leader, se place au centre, reprenant sa basse tout en assurant le chant, tandis que le batteur s'installe légèrement en retrait. De chaque côté, les deux guitaristes, véritables alter ego avec leur look de faux jumeaux, manipulent chacun un clavier identique, ajoutant une dimension synthétique au son du quatuor.

La prestation débute par ces fameuses lignes de basse frémissantes et des percussions précises, signature du combo. L’expression sonore enveloppe littéralement la salle, créant une atmosphère homogène. Les thèmes abordés sont pesants, parfois troubles, mais interprétés avec une maîtrise indéniable. Les morceaux du dernier opus, « Ill at ease », entrecoupés d’anciens titres, défilent sans fausse note. L’écoute est plaisante, sans toutefois jamais surprendre réellement l’auditeur. On se laisse envahir par ce climat, mais cette immersion devient rapidement lassante.

Si Preoccupations s’inscrit historiquement dans la mouvance post-punk, la prestation de ce soir flirte davantage avec la synth pop : les guitares se fondent parfois derrière les nappes de synthé, renforçant l’aspect monotone du concert.

Mais à force de linéarité, le concert finit par manquer de relief. Aux trois quarts du set, la lassitude s’installe, et il devient difficile de rester captivé. Si la qualité d’exécution est indéniable et le sens mélodique préservé, l’absence de moments forts ou d’envolées inattendues provoque un ennui certain. Si bien que nous préférons rejoindre nos pénates… (Page ‘Artistes’  et photos Ludovic Vandenweghe ici)

(Organisation : Aéronef, Lille)

 

New Candys

L’extravagance étrange de New Candys…

Le groupe italien New Candys, originaire de Venise, vient d’annoncer la sortie de son cinquième album, « The Uncanny Extravaganza », et partage le premier single « Regicide », accompagné d'une vidéo. La sortie de l'opus est prévue pour le 30 mai via Fuzz Club. Marquant une évolution audacieuse du son de New Candys, « The Uncanny Extravaganza » mélange ses racines psych-rock avec des influences électroniques fraîches et une production de pointe de Maurizio Baggio (The Soft Moon, Boy Harsher). C'est une expérience sonore qui défie les genres et qui pourrait bien être leur travail le plus convaincant à ce jour, oscillant entre des sons agressifs et rugueux, des rythmes de synthétiseurs et un minimalisme mélancolique et rêveur.

À propos du premier single, « Regicide », la formation a déclaré : ‘« Regicide est un morceau emblématique de notre nouvel album, qui incarne tout ce que nous voulons être aujourd'hui. Nous voulions introduire des éléments qui n'avaient jamais fait partie de nos chansons auparavant. Le rythme disco des couplets nous a vraiment enthousiasmés, c'était un choc délibéré entre deux genres éloignés que nous voulions mélanger, rendant la chanson aussi dansante et festive que possible tout en conservant une atmosphère sombre, exactement comme nous l'aimons. D'ailleurs, toutes les caractéristiques de nos morceaux les plus agressifs sont présents ici, mais dans cette chanson, ils sont poussés à l'extrême.’

La création de « The Uncanny Extravaganza » a commencé fin 2022, lorsque le groupe a commencé à travailler sur de nouveaux morceaux. Nuti, le principal auteur-compositeur du groupe, confesse : ‘Ce fut une période intense et passionnante. J'avais beaucoup de chansons et d'idées que je voulais tester avec le groupe, et nous avons fini par lancer « Crime Wave » en live. Nous n'habitons pas à proximité les uns des autres et ne pouvons pas répéter très souvent. Alors, la solution a été d'utiliser nos home studios. Ce nouveau processus nous a donné l'occasion d'expérimenter davantage et m'a permis d'explorer rapidement différents arrangements afin de trouver le meilleur pour chaque chanson’.

Pour découvrir le clip de « Regicide », c’est

 

Les Volcans Dorment

Les "Monstruations", de lorsque Les Volcans Dorment

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Le collectif post-rock féministe Lorsque les volcans dorment, réunit des membres de Bank Myna et de Skinsitive. Pour inaugurer cette nouvelle étape, le groupe dévoile un clip à la fois crépusculaire et libérateur : "Monstruations", premier extrait de son album attendu pour le 14 mars prochain 2025 chez Voice Of The Unheard records.

Ce clip pose les bases d'une œuvre profondément intime mais qui va bien au-delà, en transformant un parcours traumatique individuel en expérience collective et militante. Réalisé par Pierre Sopor Montali, avec la complicité d'Alain Delvare dans un esprit DIY, il incarne l'essence même du groupe avec une esthétique brute et poétique, inspirée des atmosphères crépusculaires de Dario Argento et du cinéma de Julia Ducournau et Coralie Fargeat. Le texte est signé par la poétesse Sélia Louise Château.

Le premier opus de Lorsque Les Volcans Dorment est pensé comme une longue montée en puissance combinant post-rock solaire et électro-indus glacé. Chaque morceau de l'elpee est une histoire, portée par des invité∙es issu∙es de différents horizons (slam, poésie, musiques extrêmes...) Le long playing s'accompagne d'un zine imaginé et fabriqué par le collectif ; il regroupe les textes originaux des différent∙es invité∙es, assortis de collages, découpages et illustrations 100% DIY.

La vidéo de "Monstruations" est à découvrir ici

 

 

Canty

La charité de Canty…

Écrit par

"Mercy Street", c’est la face A du premier single "Follower" de James Canty, un chanteur et multi-instrumentiste issu de l’est de Londres. "Mercy Street" est une réponse à un souvenir d'enfance de Canty, lorsqu'il se promenait en ville en compagnie d’un adulte. En croisant un sans-abri l'adulte lui a dit de ne jamais lui donner d'argent, en se justifiant : ‘Y a-t-il un sentiment d'impuissance quand quelqu'un vous demande de l'argent dans la rue... Y a-t-il une déconnexion pendant que nous préparons une réponse ou que nous continuons à marcher ?’

"Mercy Street" est en écoute

 

 

The Vacant Lots

The Vacant Lots vu de l’intérieur…

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The Vacant Lots publiera son nouvel elpee, « Interiors », le 13 octobre 2023. En attendant, il nous propose son nouveau single, "Damaged Goods".   

‘"Damaged Goods", c'est l'intégration de sentiments internes contradictoires. Si vous dites que vous avez besoin d'une stratégie de sortie et qu'une vie suffit, vous entrez dans une toute autre dimension. Sur cet opus, j'ai voulu creuser plus profondément que je ne l'avais fait jusqu'à présent et faire ressortir la douleur’, explique Jared Artaud à propos du nouveau single : ‘Dans Damaged Goods, des lignes d'autres chansons de l'album sont référencées et contrastées. Nous l'avons beaucoup fait sur "Interiors". J'aime la façon dont toutes les chansons peuvent interagir les unes avec les autres, et cela donne à cette chanson et à l'album une autre couche d'intimité, de profondeur et de proximité…’

Enregistré au cours de nombreuses nuits blanches et matinées sous amphétamines dans les studios isolés du bunker du projet à Brooklyn, "Interiors" approfondit l'esthétique minimale et maximale du groupe, avec des clins d'œil au punk des années 70/80 et à la musique des boîtes de nuit comme celle de Depeche Mode et New Order. Sur cet album, The Vacant Lots fait à nouveau équipe avec Maurizio Baggio (The Soft Moon, Boy Harsher) pour le mixage, qui avait également travaillé sur les deux derniers albums du groupe, 'Closure' (2022) et 'Interzone' (2020). 

Iggy Pop, soutien de longue date du groupe et parrain du punk, a peut-être parfaitement exprimé l'éthique de The Vacant Lots lorsqu'il a fait tourner le groupe dans son émission BBC 6 Music : ‘J'aime bien The Vacant Lots. Ils essaient un certain nombre de choses pour créer une ambiance musicale. Ils ne cherchent pas vraiment à faire de la pop, de la dance, du rock n roll ou quoi que ce soit d'autre. Ils se contentent de créer une ambiance agréable où qu'ils aillent’.

Réalisé, par Alexander Schipper, le clip de "Damaged Goods" est disponible

 

Peter Peter (Canada)

Une session acoustique sur Ep pour Peter Peter

Écrit par

Pour son retour en terre natale après un exil à Paris, Peter Roy a décidé de publier un Ep enregistré en prise ‘live’. Intitulé « Session Live H2T », il réunit 6 titres issus de son répertoire, mais en version acoustique.

Le résultat, d’une intimité saisissante, donne ainsi l’impression que l'artiste canadien se produit dans notre salon pour nous murmurer tout doucement ses mélodies.

Peter Peter y dévoile des captations tournées en plan séquence, dont Dominic Vanchesteing signe la réalisation, et révélant, de fait, la vulnérabilité de chaque titre.

Pour regarder et écouter les près de 23’ de session, c’est

 

 

The Vacant Lots

On boucle chez The Vacant Lots

Écrit par

Issu de Brooklyn, The Vacant Lots, est un duo post-punk/synth-pop réunissant Jared Artaud et Brian MacFadyen. Son quatrième elpee paraîtra ce 30 septembre. Intitulé "Closure", il fera suite à "Interzone", paru en 2020. En attendant, il nous propose son single, "Chase". Composé à l’aide d’une boîte à rythmes Synsonics et d’un synthétiseur Yamaha CS-10, ce titre démontre que le tandem est capable de faire le maximum avec le moins d'éléments possible.

Non seulement Jared Artaud a coproduit les derniers opus d’Alan Vega, "IT" et l’album perdu "Mutator", mais il a publié un recueil de poèmes (‘Empty Spaces’) en 2014. Pas étonnant que certains médias ont qualifié The Vacant Lost comme un duo de synthétiseurs new-yorkais qui réalise la fusion entre Suicide et Burroughs...

Pour écouter "Chase", c’est ici

 

 

Mystery Machine (Canada)

10 speed

 

Voici une formation qui porte bien son nom. Pas la moindre bio, pas la moindre information, pas la moindre coupure de presse à se mettre sous la dent. De quoi entretenir le mystère (!). Est-elle canadienne? New-yorkaise? Américaine, certainement. Peut-être de Vancouver, puisque l'album y a été enregistré. Mais rien n'est moins sûr... D'autant plus que le style pratiqué par ce quartette semble davantage inspiré par la noisy pop britannique. Celle de la fin des eighties, qui a permis au label Creation de nous faire découvrir des groupes tels que Ride, Biff Bang Pow, My Bloody Valentine et House of Love. Encore que lorsque le son s'épaissit, on pense plutôt à Psychedelic Furs. A moins que ce ne soit à Dinosaur Jr voire à Eleventh Dream Day. Unique voie de garage américaine autorisée à ce "10 speed". Des guitares donc. Tempétueuses, fragiles, sauvages, mélodiques, frénétiques, grésillantes, chargées de feedback qui apportent aux compositions une intensité électrique blanche, presque palpable. Et si en bonus track, ce disque nous réserve une cover du "Glass of heart" de Blondie, c'est sans doute pour nous rappeler que Mystery Machine est bien issu du pays de l'once Sam. Encore un must!

 

 

Candélabre

Candélabre

Écrit par

Trio toulousain, Candélabre nous replonge au cœur même de la dark wave du début des eighties ; tintinnabulantes, cristallines, les sonorités de cordes évoquant tour à tour Cocteau Twins ou The Cure. La basse est bien post punk et le recours aux synthés ainsi qu’à la boîte à rythmes accentuent le climat mélancolique, gothique, de l’expression sonore, climat hanté par la voix spectrale, fragile et incantatoire de Cindy Sanchez, sorte d’hybride entre Elisabeth Fraser, Dolores O’Riordan et Sinéad O’Connor, qui lorsqu’elle est overdubbée rapelle alors les échanges opérés entre Miki Berenyi et Emma Anderson, chez Lush.  

Bertrand Cantat

En guise d’adieu…

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C’est la première et ce sera peut-être la dernière fois que votre serviteur assiste à un concert de Bertrand Cantat. La tournée 'Amor Fati’ s’achève définitivement ce soir dans une Ancienne Belgique pleine à craquer. C’est le Palois en personne qui va annoncer cette décision, avec beaucoup d’émotion, au beau milieu du set. Elle fait suite à toute la polémique déclenchée par son retour sur scène. Pourtant, ce périple aura permis à plus de 35 000 personnes de le voir ou de le revoir en ‘live’. Un public qui s’est déplacé pour l’artiste et pas l’homme, n’en déplaise à ses détracteurs…

Il n’est que 19h15 lorsque Belfour, le supporting act, grimpe sur le podium. Un duo issu de Clermont-Ferrand, réunissant les chanteurs/percussionnistes Michael Sacctti et Mena Lucie, cette dernière se consacrant également aux percus.  

Energique, la musique du tandem puise ses sources dans la roots, le folk, le blues, le rock et l’electro, surtout à travers les samples. Les influences sont d’ailleurs multiples et oscillent de John Lee Hooker à Feist, en passant par T-Model Ford, Ali Farka Toure, PJ Harvey, Cat Power, Florence and The Machine, Janis Joplin, The Black Keys et The Kills. La voix de Michael Sacchtti est envoûtante, mais aussi parfois explosive. Celle de Mena adopte des inflexions proches de Beth Hart. Les chansons sont interprétées dans la langue de Voltaire ; et de la setlist, on épinglera « Juste une seconde ». Entre riffs entêtants, rythmique minimaliste, à la limite tribale, la paire s’autorise des crescendos bien sentis. Une excellente mise en bouche !

A 20h15, le backing group de Cantat débarque sur les planches, surmontées de deux estrades. L’une est destinée au préposé aux synthés et l’autre au drummer. Pascal Humbert (NDR : également impliqué chez Detroit) se charge, bien évidemment, de la basse. Et le line up est complété par deux guitaristes, Cantat empoignant épisodiquement une troisième gratte, et bien sûr se réservant le chant. Il entre en scène, après son quintet, sous un tonnerre d’applaudissements.  

« Amie nuit » puis le titre maître d’« Amor fati » ouvrent le show. Des images correspondant parfaitement aux thèmes traités par ces deux compos sont projetées sur un écran installé en hauteur. Les interventions de Humbert à la basse sont déjà bien marquées. « Silicon Valley » et l’implacable « Excuse My French » libèrent toute leur puissance électrique. Cantat est impérial tout au long d’« À l'envers, à l'endroit », un des titres-phares de Noir Désir, et tout particulièrement derrière son micro. D’ailleurs, en général, sa voix s’impose. Il signale être content d’être à Bruxelles, que le public belge est moins prétentieux que celui de Paris et qu’il a vécu de très bons moments dans l’Ancienne Belgique. Sous le coup de l’émotion, il va quitter le podium, à trois reprises. Mais ses musicos prennent alors le relais. Et soudain, il annonce qu’il s’agit de son dernier concert. Le public est sous le choc, mais l’applaudit très longuement. C’est également à trois reprises qu’il souffle dans son harmonica, des moments au cours desquels il vide ses tripes et épanche tout son spleen. Il fustige également le showbiz et une certaine presse. Humbert remercie le public et apparemment secoué par la décision de Bertrand, déclare également, qu’il s’agit du dernier concert. Il fond même en larmes en présentant l’équipe des techniciens et les musicos qui l’accompagnent.

Véritable bête de scène, Bertrand Cantat nous délivrera, ce soir, 7 reprises de Noir Désir dont un « Sa majesté » de toute beauté. Et notamment en rappel, dont les incontournables « L’homme pressé », « Tostaky », « Lost » et « Ici Paris ». Enflammé, l’auditoire lui rétorquera, à plusieurs reprises, un ‘Ici Bruxelles’, moment au cours desquels Cantat cessera de jouer pour profiter du moment.

Lors du second encore, il clôt le show par une version unplugged de « Comme elle vient ». Et la foule reprend les paroles en chœur, mais en les hurlant, illustrant une véritable communion entre elle et le band. Un concert exceptionnel, c’est le cas de le dire…

(Organisation : Live Nation en accord avec Uni-T)

Bertrand Cantat

Amor Fati

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Dans l’esprit collectif, Bertrant Cantat est celui dont les déboires conjugaux l’ont conduit tout droit en prison à Vilnius, en Lituanie, pour l’homicide de sa compagne de l’époque, Marie Trintignant.

Très réducteur parce que l’existence de l’artiste a, elle aussi, fait couler beaucoup d’encre…

Il faut reconnaître que son talent inné a permis à Noir Désir de devenir –et à juste titre– un des meilleurs groupes de rock français, mais qui connaîtra un destin singulièrement tragique en raison de la condamnation de son leader. Denis Barthe (batterie), Serge Teyssot-Gay (guitare) et Jean-Paul Roy ont donc préféré donc changer d’air ou d’horizon, selon. Un divorce difficile que l’on imagine aujourd’hui définitif et sans appel.

Après huit ans de réclusion (dont quatre passées derrière les barreaux), Bertrand chasse les démons qui l’habitent et tente un retour sur scène en 2013, en formant Détroit. Une formation qu’il emprunte avec l’aide du bassiste Pascal Humbert et Bruno Green (responsable des programmations et des claviers).

Les uns crieront au haro sur le personnage, les autres le stariseront encore un peu plus.

Les polémiques pleuvent évidemment, mais il y fait face. Et le projet rencontre un vif succès. Une belle revanche !

Fort de cette renaissance, il ose une fois encore défier, contre toute attente, et amorce un retour solo en publiant "Amor Fati". Il s’imagine libre de toute dette, mais les médias, les radios et les organisateurs festivaliers l’entendront autrement… une fois de plus.

Le disque ne sera pas proposé à la presse avant sa commercialisation par Barclay, filiale du major Universal.

Il a fallu que Les Inrockuptibles illustrent sa couverture par son faciès pour créer immédiatement un flot d’indignations démesurées et relancent une polémique malsaine.

Parce que le fond du problème est là ! Trop souvent confondre l’œuvre de quelqu’un et les actes primitifs, rend caduc tout espoir de libre arbitre.

En gravant ce nouvel opus, le Bordelais a voulu s’assurer et se complaire dans une zone de confort et renvoyer son image. Mais « L’amour du destin » (traduction du latin – emprunté à Nietzsche) n’en constitue malheureusement qu’une ombre.

La plage titulaire "Amie Nuit" laissait arguer un disque d’une excellente facture. La voix de Cantat y brille de mille feux sur un socle new wave, synthétique et croustillant, que sublime la trompette d'Erik Truffaz (présente sur trois titres au total).

Les autres compositions, plus proches des fondamentaux du rock, révèlent un phrasé décousu opéré sur des cordes de gratte électrique ("Aujourd'hui") ou folk ("Les pluies diluviennes", "Anthracitéor'). Un son qui rappelle aux nostalgiques les bons jours de Noir Déz’.

Quelques fautes de goût impardonnables viennent noircir un ciel qui aurait pu devenir azur. 

Pourfendeur de la mondialisation et de l’ultra capitalisme, "L'Angleterre" (qui traite du Brexit) tombe assez vite dans l’ennui et la mièvrerie compulsive.

Si les thèmes abordés ne sont pas certes novateurs –pourquoi pas après tout– ils sont parfois traités avec légèreté et décadence, dans un style auquel les aficionados n’ont pas été habitués jusqu’alors.

Dommage aussi, ces lignes mélodiques entêtantes du début qui finissent par devenir niaises, répétitives et fondent vite dans une abyssale lassitude.

BC s'est toujours considéré poète et « Maybe I » lui permet de s’exprimer magistralement sur une voix douce et quelque peu éraillée.

Le spleen qui s’étire sur l’ensemble du disque témoigne une envie si ce n’est de tourner la page, de la déchirer.

Ce souhait rédempteur doit être souligné. Mais s’il est quitte de la Justice de l’Homme rien n’est moins sûr avec celle de Dieu…

Globalement, malgré le format coloré, Cantat ne s’en tire pas trop mal, car il fait la part belle aux genres variés, alternant titres tantôt dansants, tantôt lancinants.

S’il avait été un écolier, son titulaire de classe aurait indiqué sur son bulletin de fin d’année scolaire : ‘peut mieux faire’.

Christopher Duncan

The Midnight Sun

Écrit par

Ce petit prodige du songwriting s’était d’abord illustré en publiant, dès 2015, le très élégant « Architect », une œuvre nominée au Mercury Prize, il faut le rappeler. Christopher ‘C’ Duncan confirme partiellement les perspectives escomptées, en publiant « The Midnight Sun »…

Entre pop de chambre et pop/folk, la musique de cet Ecossais est toujours aussi limpide et cotonneuse. Et les arrangements particulièrement subtils, réservés à ce nouvel opus, en sont encore une belle illustration. Atmosphériques, les compos sont alimentées par des nappes de synthés ou diverses boucles qui soulignent le timbre velouté de l’Ecossais. Mais si l’ensemble se révèle cohérent, il souffre quand même singulièrement d’un manque de relief, bien plus présent sur le précédent essai. En bref, toutes les plages sont impeccables, mais elles sont trop similaires. Et au fil du long playing, elles deviennent ennuyeuses. Si le jeune compositeur osait quelques saillies pop accrocheuses, à l’instar de « He Believe in Miracles », il parviendrait de nouveau à tutoyer les étoiles, tant son talent est incontestable. Et des morceaux comme « Wanted It Want It Too » et « The Midnight Sun » sont certainement révélateurs de son énorme potentiel. En fait, lorsqu’il a gravé son premier essai, C Duncan avait mis la barre tellement haute, qu’il était quasiment impossible de renouveler cette prouesse. Ce qui explique, cette légère déception… 

 

Little Hurricane

Un duo à revoir de toute urgence !

Écrit par

Ce soir, à l’AB, en mode Box, la salle est comble pour accueillir Spinvis ; mais votre serviteur a choisi le Club, endroit plus cosy, où va se produire Little Hurricane, un duo issu de San Diego, en Californie, qui réunit la drummeuse Celeste ‘C.C.’ Spina et le chanteur/guitariste Anthony ‘Tone’ Catalano. Il vient de sortir son nouvel elpee, « Same Sun Same Moon », en avril dernier. Il s’agit de son quatrième, si on compte celui consacré à des covers, le superbe « Stay Classy », publié en 2013. Le style de cette formation ? Un mélange de blues du Delta et de rock lo-fi.

Pas de supporting act. La salle est bien achalandée. Les spectateurs les plus bavards sont agglutinés au bar. A 20h30 précises, le couple monte sur l’estrade. Anthony est coiffé d’un chapeau (probablement un Stetson !) Plutôt sexy, C.C. porte une robe blanche en dentelle, assez courte. Elle laisse apparaître un superbe tatouage sur le bras gauche. Et elle est particulièrement jolie, ce qui ne gâte rien ! Elle ôte ses chaussures en cuir, pour libérer ses petits petons afin de manœuvrer plus facilement les pédales de ses fûts.

« Superblues » ouvre le set. Plutôt percutant, le morceau évoque instantanément Jack et Meg des White Stripes, même si le spectre de Black Box Revelation se met déjà à planer. « Summer Air » nous plonge dans les eaux du Mississipi. La voix de Tone est rocailleuse. Ses tonalités de cordes sont métalliques et frémissantes. Elles virent au surf sur « Sheep In Wolves Clothes », un morceau qui semble déchiré entre americana et bluegrass. Non seulement, la version du « Bad Moon Rising » de Creedence Clearwater Revival est méconnaissable, mais elle est surtout originale. C.C. rencontre un petit problème technique. Et lorsqu’il est réglé, le tandem attaque « Mt Señorita », une compo aux accents chicanos, qui figure sur le dernier LP. Plus groovy, « Isn’t it great » incite à bouger le popotin. Place ensuite à « Bad Business », un hit au refrain entêtant, qui a cartonné sur YouTube. Mr Calatano adapte le « God's Gonna Cut You Down » de Johnny Cash, en mode lap steel guitar, dos de l’instrument sur un fly case. Digne de Ben Harper ! Lors de « March Of The Living », un instrumental de plus ou moins deux minutes, les musicos en profitent pour étaler tout leur registre technique.

Après le très rock « Trouble Ahead », « Natural Blues » baigne au sein d’un climat paisible. C’est une compo signée Moby.

C.C. se réserve le micro pour « OTL ». Sa voix est limpide. Elle devient de plus en plus croquante/craquante (NDR : ne biffez pas la mention utile !) Lorsque Little Hurricane aborde « Boiling Water », la solution sonore entre en ébullition. Et quand il nous quitte, on a des « Crocodile Tears » dans les yeux. Mais les alligators ont encore faim et aimeraient dévorer davantage de morceaux. Qui leur seront servis, notamment, à travers une cover magique et endiablée du blues/funk « Ain’t no sunshine » de Bill Withers. Un duo à revoir de toute urgence !  

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

Nasty Candy & Coco Lipstick

Rendez-vous (Ep)

Écrit par

Derrière les pseudonymes Nasty Candy & Coco Lipstick se cachent Clémentine Collette (alias Clemix) et Marie Gaignier (alias Marie Paillette). C’est en 2015 que les deux Bruxelloises décident de monter ce projet. A première écoute, on a vraiment l’impression qu’elles prennent beaucoup de plaisir derrière leurs machines. « Rendez-vous » constitue leur premier Ep et a été mixé par Jean Vanesse du Greenhouse Studio (Dan San, Kid Noize, …)

Les cinq morceaux qui composent l’opus sont tous construits dans le même moule. Les deux dames dispensent une électro/pop construite sur une rythmique basique sur laquelle vient se poser des lignes de synthés et des sonorités futuristes. Et cette expression sonore véhicule des textes féministes. Mention spéciale, cependant, à « It Doesn’t Matter », une piste qui parvient à s’extraire de ce schéma, en ralentissant le tempo, pour libérer une large palette d’émotions. Si on imagine que sur les planches, l’énergie dispensée par Nasty Candy & Coco Lipstick est très susceptible de mettre le souk, il faut reconnaître que dans son salon, après avoir écouté trois morceaux, on a plutôt envie de zapper…

 

Can

Décès de Jaki Liebezeit, le drummer du mythique Can

Écrit par

Cofondateur de Can, groupe pionnier du mouvement krautrock, Jaki Liebezeit est décédé ce dimanche 22 janvier, des suites d’une pneumonie. Il était âgé de 78 ans. Can est une formation qui a marqué l’histoire de la musique rock. A l’origine, elle réunissait Irmin Schmidt, Holger Czukay, David C. Johnson, Michael Karoli et bien sûr Jaki Liebezeit. Groupe avant-gardiste et underground, Can a exercé une influence fondamentale sur l’ambient, la new wave, le post rock, la musique expérimentale et électronique. Buzzcocks, Happy Mondays, Hunters & Collectors, Jesus & Mary Chain, Joy Division, Pavement, PiL, Portishead, Primal Scream, Siouxsie and The Banshees, Sonic Youth, Talking Heads, Talk Talk, The Fall, The Mars Volta et The Stone Roses figurent parmi ceux qui l’ont reconnue ouvertement.

Jaki Liebezeit avait également et notamment bossé en compagnie de Brian Eno, Depeche Mode, Michael Rother (Neu), The Orb et même Eurythmics. Batteur créatif, il puisait son inspiration à la fois dans le jazz et dans les musiques dites ‘ethniques’. C’est le premier à avoir confronté ses drums à une boîte à rythmes. 

On se souviendra aussi d’un titre dansant absolument fabuleux, paru en 1982, enregistré par le trio Jah Wobble / Jaki Liebezeit / Holger Czukay, « How much are they » (en écoute ici)

Voir également la chronique de la compile Anthology 1968 – 1993, sortie en 1994,

 

 

 

R.I.P.

 

Summer Cannibals

Full of it

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Patti Smith et son mari Fred 'Sonic' Smith avaient écrit "Summer cannibals", en 1996. C’est également le patronyme choisi par ce quartet rock issu de Portland, dans l’Oregon. Ce combo réunit trois filles et un garçon. Soit la chanteuse/guitariste Jessica Boudreaux, la bassiste Jenny Logan, la drummeuse Devon Shirley et le gratteur Marc Swart. Avant de publier "Full of it", la formation avait déjà gravé "No makeup" en 2013, et "Show us your mind" en 2015.

"Go home" lance rapidement le quatuor sur les rails. Un morceau punk, particulièrement dense. La voix de Jessica est empreinte de sensualité. Jenny assure les backing vocals. Quelque peu déjantée, la gratte de Swart met déjà le nez à la fenêtre. Le tempo décélère avant de repartir de plus belle. Et la piste embraie directement dans "Just a little bit". Allumée, la gratte dirige l’ensemble. Garage, les sonorités sont particulièrement ‘fuzzy’. Pop, la voix de Miss Boudreaux est accrocheuse et sensuelle. Tout comme sur "I wanna believe", une plage au cours de laquelle la section rythmique, renforcée par la gratte de Jessica, impressionne par sa force naturelle. "Say my name" s’ébroue plus paisiblement, avant de monter en puissance. Le lead vocal est empreint de sérénité. Les backing vocaux féminins reprennent le refrain en chœur. "Not enough" adopte un profil new wave. A cause de la rythmique. Cependant, les cordes de Marc prennent rapidement le large, implacablement soutenues par les autres instruments. Ce qui déclenche une forme de transe. Elle est devient rapidement permanente. Excellent ! Punk, cette rythmique punk fracasse "Full of it". Plus rien ne peut retenir la guitare qui s’emballe dès qu’elle est sous pression. Elle devient même acide afin de s’enfoncer au cœur d’un trip psychédélique. Et l’atmosphère est toujours aussi allumée quand "The lover" prend le relais. La voix est plus veloutée, mais la gratte continue de délirer. Bien garage/rock, "Talk over me" déborde d’énergie. "Make up" constitue un des sommets de l’elpee. Les cordes éclatent inlassablement au sein s’un climat ravagé et dévastateur. Imprimé sur un mid tempo, "Fallen" nous replonge dans une ambiance acide et fluctuante. "Simple life" clôt ce long playing. La voix est douce et fragile ; mais l’étincelle guette. Et quand elle se produit, c’est pour exprimer toute sa vitalité psychédélique… 

 

Christopher Duncan

Un guerrier sombre qui aime les cantiques de Noël…

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Il a fallu s'armer de patience avant que le concert de C Duncan. puisse enfin se dérouler. Initialement prévu dans le courant du mois de novembre, il avait été annulé suite aux attentats perpétrés à Paris. Suite à ceux commis à Bruxelles (NDR : comme quoi lorsque la poisse te colle aux basques, elle ne te lâche plus), on craignait donc une seconde annulation.  Heureusement, le spectacle a été maintenu et, c’est avec une certaine excitation qu’on allait enfin pouvoir découvrir la musique de Christopher Duncan, alias C Duncan, responsable d’un superbe premier elpee baptisé "Architect", un disque paru en juillet de l’an dernier.

Hormis quelques personnes qui profitent du soleil dardant ses rayons sur la terrasse des jardins du Botanique, le site est pour le moins vide, ce mercredi soir. Et pour cause, seul le show du Glaswégien est programmé. Direction vers le Witloof Bar, avant 20 heures, afin de se réserver une place idéale et surtout ne pas avoir la vue partiellement obstruée par les arches en briques. La salle est loin d'être bondée. Il ne faudra donc pas jouer des coudes.

Vers 20 h les lumières s'éteignent. C Duncan monte sur l'estrade. Il est accompagné d’un bassiste, qui se plante à sa gauche, d’un claviériste, à sa droite, et d’un drummer, à l’arrière.   Le jeune songwriter se consacre à la gratte. Le set s’ouvre, tout comme sur l’opus, par l'excellent "Say". La voix de l’artiste insulaire est douce et paisible ; en outre, elle colle parfaitement à la musique. Ses musicos assurent les chœurs dans un climat propice aux belles harmonies vocales. "I'll Be Gone By Winter" est même digne des veillées de Noël. La set list alterne titres cool, comme "For", et morceaux remuants, à l'instar de "Here to There". Mais aussi de nouvelles compos, ainsi qu’une remarquable reprise du "Pearly-Dewdrops' Drops" de Cocteau Twins.

Les quatre musiciens ne sont pas des ‘bêtes de scène’ ; cependant, ils parviennent à créer une chouette ambiance en communiquant avec le public. Et tout particulièrement lorsque le bassiste dédie "He Believes in Miracles" à un ami présent dans l’auditoire qui lui avait annoncé son prochain mariage. Ce qui va déclencher une belle salve d’applaudissements. Christopher Duncan confesse que lui et sa troupe visitent Bruxelles, pour la toute première fois et qu’il comptent se rendre, dès que le concert est terminé au Delirium. Mais les spectateurs de la capitale belge sont les premiers à les dissuader. C’est une brasserie très souvent bondée qui n’attire que les touristes. Rendez-vous est donc pris, après le spectacle, pour échanger les adresses.

Après une heure de set, rappel compris, le combo écossais tire sa révérence. Il est à peine 21 heures, mais la soirée est déjà réussie.

(Organisation : Botanique)

 

 

Hurricane # 1

Find what you love and let it kill you

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Hurricane # 1 s’est donc reformé en 2014, mais sans Andy Bell. Qui est quand même venu donner un coup de guitare sur un titre de cet elpee, « Think of the sunshine ». Un gage d’amitié pour Alex Lowe, victime d’un cancer, qui a composé les morceaux de l’album, alors qu’il suivait une chimiothérapie en milieu hospitalier. Parue en single, cette compo bénéficie d’un refrain particulièrement contagieux. Bref, en remontant le combo, c’était sans doute un acte davantage thérapeutique qu’artistique. Au sein du nouveau line up, figurent les frères Carlo et Lucas Mariani, respectivement gratteur et bassiste, ainsi que l’ex-Teenage FanClub, Chris Campbell, aux drums.

L’album recèle inévitablement des titres britpop, aux mélodies hymniques, sculptés dans des guitares épiques. A l’instar du titre d’ouverture, « Best is yet to come » ou du single (NDR : qui se termine même comme une jam). D’autres plus allègres. Comme « Crash », rogné de claviers ou « Where to begin », une piste bluesy caractérisée par des cordes grésillantes. Des compos sur lesquelles le timbre graveleux de Lowe manque quand même de justesse. On a même parfois l’impression qu’il essaie de pasticher Liam Gallagher. Mais en général, l’ensemble de l’opus est tramé dans l’instrumentation acoustique ou semi-acoustique. Et paradoxalement, c’est dans ce contexte que la voix de Lowe –bien plus limpide– révèle sa face la plus intéressante. Des plages qui sont très susceptibles d’émarger à l’americana. Il y a même de la slide sur la ballade uptempo « Has it begun » (Imitating life) » et de la pedal steel sur la valse « Coyote ahoy ». Enrichi par de superbes harmonies vocales, « Roomed in circles » aurait pu figurer au répertoire de Crosby, Stills & Nash, alors que tapissé de chœurs en arrière-plan et sublimé par une jolie conjugaison de cordes acoustiques, « Heathen mother » lorgne plutôt vers Poco. On se croirait revenu à la fin des 70’s en pleine période west coast. Et l’album de s’achever par le bouleversant « Find what you love, and let it kill you », une chanson hantée (NDR : et le mot est faible) par une chorale…

 

Candy Robbers

Des biscuits qui se méritent…

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Candy Robbers se produisait au Salon de Silly, ce vendredi 26 février, un groupe belgo/américain établi à Bruxelles. A son actif, un Ep éponyme, publié en en 2014, et un single, « 1000 Miles », dont le clip a été primé au festival 'Clip That Beat’ aux côtés de ceux de Robbing Millions, Great Mountain Fire ou encore Stromae. Et un premier album, dont la sortie officielle est prévue pour cette année. Après avoir remporté la finale de l’Emergenza (NDR : devant Feels !), en 2015, tremplin qui s’est déroulé à l'Orangerie du Botanique, le combo représentera la Belgique cet été, dans le cadre du festival ‘Taubertal’, à Rotenburg, un événement auquel participe 20 pays.

Pas grand monde dans la salle pour accueillir Candy Robbers. Tout au plus une cinquantaine de personnes. Le line up du band implique le drummer Remy Polfliet, le guitariste Axel Olson, le chanteur/gratteur (NDR : ce barbu à la bouille sympathique se sert d’une semi-acoustique) Maxime Rosenberg (NDR : c’est aussi le leader !), la claviériste/choriste Florence Theys et la (nouvelle) bassiste Bo Waterschoot.

Le set s’ouvre par « Oscilliations », un extrait de l'Ep. Maxime joue de la guitare à la manière de Matthew Irons. Ses riffs sont tour à tour doux ou atmosphériques. Puissante, bouleversante, chaude ou veloutée, sa voix est capable de monter très haut dans les aigus ou descendre très bas dans les graves. Pas de cuivres, comme sur disque ; ces sonorités sont reproduites par les synthés. 

Lorsqu’elle emprunte des intonations funkysantes ou jazzyfiantes, la voix de Maxime lorgne davantage vers celle de Mark King (Level 42). En fin de parcours, « Running Away » autorise un duel entre cordes.

La version quasi-acoustique de « 1000 Miles » est un vrai bonheur. La voix de Max est enrobée de chœurs féminins. L’instrumentation est soignée. Les interventions de drums sont légères et précises. Et la mélodie est contagieuse. « Come On » réverbère des sonorités surf, une compo très radiophonique. « Strangers Out Of Time » adopte un profil subrepticement reggae, nonobstant la présence de la slide. « Tango Dancer » baigne au sein d’un même climat. Quoique soul et autoritaire, la voix féminine appuie alors impeccablement celle de Max. Un inédit ? « Holler ». Des clapotis émanent du bord de la six cordes pour « Sorry », avant que les percus ne fassent monter la sauce.

Funkysantes, les grattes secouent « What You Searching For », dans l’esprit de Nile Rodgers. Et au bout d’une heure, « Beast Is Wild », clôt le set. Le nouvel album, « Cookie Jar », est exclusivement en vente lors des concerts. Pas de distribution officielle pour l’instant. Les biscuits se méritent ! Pour vous les procurer, vous devrez vous rendre à l’une des distributions consenties lors des concerts de Candy Robbers…

(Organisation Le Salon de Silly + Silly Concerts)

Canned Heat

Songs from the Road

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Groupe légendaire, Canned Heat figure parmi les meilleurs groupes de boogie sur cette planète. Et ce crédit ne date pas d’hier ! D’ailleurs le combo célèbre, en 2015, ses cinquante années d'existence. La formation a été fondée à Los Angeles, par deux collectionneurs invétérés de vieux blues, Bob Hite et Alan Wilson. A l’époque, Stu Brotman se chargeait de la basse. Les gratteurs et batteurs vont défiler au sein du line up ; mais finalement ce sont Henri Vestine et Frank Cook qui vont s’y coller. Dès 1966, le quintet enregistre un elpee, sous la houlette de Johnny Otis. Il ne sortira qu'en 1970, sous le titre de "Vintage Heat". En mars 1967, Larry Taylor remplace Brotman à la basse. 1967. Le 17 juin, la formation se produit dans le cadre du premier grand festival, le Monterey Pop. En juillet 1967, elle grave officiellement son premier opus. Il est éponyme. Le 1er décembre 1967, Adolfo Fito de la Parra remplace Cook, derrière les fûts. L’année suivante, Canned Heat publie "Boogie with Canned Heat", sur lequel figure le hit "On the road again". Le succès est au rendez-vous ! Si De la Parra est toujours au poste, devenant au fil du temps le moteur et le leader du boogie band, il faut reconnaître que le destin s’est acharné sur les autres musicos. Ainsi, de grandes figures comme Alan Wilson, Bob Hite et Henri Vestine se sont éteintes. Et pourtant, ceux qui les ont remplacés ou qui se sont succédés, tout au long de l’histoire du Canned Heat se sont, la plupart du temps, révélés talentueux.  

Cette année, le label Ruf a donc décidé de publier un nouveau chapitre des "Songs from the Road", dans le cadre de leur ‘50 Years Anniversary Tour’. Soit un coffret réunissant un cd et un dvd. Fito de la Parra est bien entendu au poste, mais également son prédécesseur, le remarquable bassiste Larry Taylor. John Paulus est préposé à la gratte, Dale Spalding au chant et à l'harmonica.

Le cd est découpé en 14 plages, le dvd en recèle deux de plus : "I'm her man" et "Have a good time". Le concert s’ouvre par le classique "On the road again". Spalding souffle dans l’harmo et Fito se charge du micro ; et toute évidence, c’est lui qui possède la voix la plus frêle et la plus proche d'Alan Wilson. Mais il ne convainc pas sur cette plage. Tout comme sur l’incontournable "Going up the country". A contrario, Spalding chante impeccablement le "Time was" de Wilson, dans une autre version. John Paulus pète la forme sur sa six cordes. "I'm her man" est également extrait du long playing paru en 1969, "Hallelujah". CH passe au jump style. Larry se réserve les vocaux tout au long de  "Don't know where she went". Mais aussi la gratte ; comme sur l'instrumental "Nighthawk", alors que John Paulus excelle à la basse. "So sad" est une piste issue de "Future Blues". La guitare y tire son épingle du jeu. Et Spalding la sienne, à l’harmo, sur les savoureux instrumentaux  "Oaxaca" et "Cristo Redentor", un vieux traditionnel que Charlie Musselwhite avait popularisé. D’ailleurs, il adopte un style proche du vieux Charlie. Larry Taylor chante encore "Amphetamine Annie", un titre qui figurait sur "Boogie with Canned Heat", alors que John Paulus a pris le rôle de Vestine. Taylor se consacre au bottleneck sur l’exquise cover du célèbre 'Rollin'and tumblin'" et le tube "Let's work together". Et tout bon concert de Canned Heat s’achève par un long boogie. Pour la circonstance, "Euro Boogie", un morceau de plus d'un quart d'heure. En route pour le 60ème !

 

Graham Candy

Holding Up Balloons (Ep)

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Graham Candy est né à Auckland, en Nouvelle-Zélande. Il y a grandi. C'est le plus jeune d'une famille de 4 enfants. Peu studieux, il rêve déjà de se consacrer à la musique, au cinéma et à la danse. En 2012, il est repéré par un label allemand. Qui le signe et l’invite à rejoindre Berlin, pour donner une nouvelle impulsion à sa carrière. 

C'est donc en Allemagne que l’artiste commence à prendre ses marques. Il y rencontre les Dj's Parov Stelar et Alle Farben aux studios Riverside de Kreuzberg. Il apporte son concours aux vocaux à deux compos du second cité, en 2014, « She Moves » et « Sometimes ». Elles deviennent d’énormes tubes outre-Rhin.

Graham possède une voix particulière. Androgyne et légèrement ébréchée. Un peu dans le registre d’Asaf Avidan, mais sans –ou très rarement– la teinte soul.

Pour concocter cet Ep 4 titres, il a reçu la collaboration du groupe teuton… « Holding Up Ballons » est une compo pop sucrée et lumineuse. Ce titre a comptabilisé 5 millions d'écoutes sur la seule plate-forme. C'est fou !

« Worth It All » baigne au sein d’une forme de trip hop. Envoûtante, troublante, cette plage fait la part belle aux chœurs, nappes de synthé complexes et samples…

« Addictive Personality » est contaminé par quelques beats électro. Une piste indolente qu’interprète Candy d’un timbre délicat, instinctif… Langoureux, « Don't You Worry » incite à rejoindre le dancefloor. Plus soul, sa voix est ici la plus proche d’Asaf Avidan. 

A conseiller, si vous appréciez Two Kids In Holiday. « Plan A », son premier véritable album, devrait paraître en septembre 2015.

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