La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Biohazard 8/8/26
Chroniques

Guided By Voices

Zeppelin over China

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Robert Pollard ne fait jamais les choses à moitié. Il vient donc de graver un double album studio réunissant la bagatelle de 32 morceaux en 75 minutes. Auteur de plus de 100 elpees à ce jour (NDR : le 26eme pour GBV), si on tient compte de l’ensemble de ses projets, il aurait ralenti la cadence. Ce qui ne va pas l’empêcher de publier un nouvel opus, en février 2020, dont il a déjà choisi le titre, « Street party ».

Mais penchons-nous sur « Zeppelin over China ». Tout d’abord et c’est une constante, la voix sinusoïdale de Bob évoque toujours autant celle de Roger Daltrey, mais sans grimper aussi haut dans les octaves. D’ailleurs quelques plages (l’enlevé « Wrong turn on » et l’hymnique « My future in Barcelona », au cours duquel son esprit tordu imagine sa retraite lointaine) rappellent carrément le « Tommy » du Who. Mais pas seulement. Faut dire qu’en 32 pistes, il y a de quoi varier les plaisirs. Plusieurs plages sont enrichies d’arrangements de cordes et même de cuivres (la valse lente « Vertiginous Rafts »), des arrangements qui communiquent alors souvent un profil prog à l’expression sonore ; et c’est particulièrement flagrant tout au long de « The hearing department » ainsi que « Question of the test ». Et puis d’autres baignent dans le groove metal yankee (Prong ?), comme « Blurring the contacts », « Holy rhythm » et même « Carapace », dont le riff rythmique et hypnotique semble emprunté au « You really got me » des Kinks. Précision, le line up implique deux ou trois sixcordistes, selon les morceaux. Punk, « Where have you been all my life » est attaqué dans l’esprit… d’Ed Kuepper, alors que le légèrement psyché « Cold cold hands » réserve des harmonies vocales hantées par David Byrne. Interprété au piano, et enrichi d’arrangements de cordes, « Enough is never at the end », nous entraîne dans le cabaret tandis que « Jam Warsong » adopte le rythme du boogie bolanesque. On épinglera encore des titres semi-acoustiques et des compos plus pop, dont celle qui bénéficie d’une superbe mélodie, « Everything thrilling ». Enfin, c’est Travis Harrison qui s’est chargé de la mise en forme et tout particulièrement de ces fameux arrangements de cordes, apportant à la musique fondamentalement lo-fi de Guided By Voices, une dimension plus majestueuse…

Royal Trux

White Stuff

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Royal Trux a donc opéré son retour sur disque. Et c’est une surprise ! « White Stuff » constitue son onzième opus. 18 longues années après avoir quitté les chemins escarpés de l’indie rock, le mythique et sulfureux duo réunissant Neil Hagerty et Jennifer Herrema allait-il conserver cette morgue inégalable, suite à une série interminable de scandales liés à la drogue et autres excès en tout genre. Le groupe/couple se serait déjà séparé depuis lors… Difficile de faire plus rock’n’roll que Royal Trux mais qu’en est-il de sa musique qui était à l’époque un irrésistible mix –étonnement mélodique– de blues poisseux et d’effluves psyché-grunge ? Le côté hymnique des compositions je-m’en-foutiste demeure intact (« Year of the Dog ») tout comme les accès de guitare crasses (« Suburban Junky Lady ») et les accents bluesy déviants (« Purple Audacity #2 »). Leurs voix s’entrelacent avec une coolitude jamais démentie. Rien n’a réellement changé du côté de Royal Trux si l’on excepte l’étonnante incartade hip-hop opérée en compagnie de Kool Keith sur « Shows & Tags »… C’est une certitude, The Kills leur doivent tout ! Un comeback plus qu’honorable…

Cherry Glazerr

Stuffed & ready

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Clementine Creevy a encore fait le ménage dans son groupe, puisqu’après le remplacement de       Sean Redman en 2015, et Hannah Uribe, l’année suivante, c’est au tour de la claviériste, Sasami Ashworth, de se faire la malle. C’est donc sous la forme d’un trio guitare/basse/batterie que le quatrième elpee a donc été enregistré. Un invité quand même : Delicate Steve, qui vient donner un bon coup de gratte sur « That’s not my real life ». Musardant quelque part entre les univers de Hole, Blood Red Shoes et des Breeders, le garage/punk/pop de Cherry Glazer est bien électrique (cordes tour à tour chatoyantes, tintinnabulantes, grésillantes, atmosphériques, turbulentes ou frénétiques), même si la mise en forme est nettement plus sophistiquée que sur l’album « Apocalipstick ». Le drumming est subtil mais efficace, les harmonies vocales sont limpides et soignées, alors que la voix de Clementine évoque souvent celle de Mylène Farmer, sauf sans doute sur « Stupid fish », où on a l’impression qu’elle pousse des miaulements. Percutants et sujets à polémique, les lyrics traitent aussi bien de questions politiques, sociales que personnelles, à l’instar de « Wasted man », une compo qui fustige la misogynie, fruit d’une masculinité toxique…

How To Dress Well

The Anteroom

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En dix années, Tom Krell est parvenu à se réserver une place au soleil au sein du paysage electronic/r’n’b américain et à récolter les faveurs de la presse. Pourtant, il faut bien avouer que la discographie de l’Américain est inégale. Ainsi, on se souviendra que son dernier album, davantage orienté vers la pop, avait été loin de faire l’unanimité. On espérait donc un retour aux sources pour son cinquième opus, “The Anteroom”.

Et How to Dress Well comble nos espérances, puisqu’il vient de graver un de ses meilleures elpees à ce jour. Tom Krell y développe une musique électronique aux rythmes complexes. Plusieurs écoutes sont d’ailleurs nécessaires avant d’appréhender cette expression sonore faussement minimaliste qui baigne au cœur d’une atmosphère austère. Il y a bien quelques titres plus rythmés, mais en général ils ne sont guère propices à faire danser toute la nuit. Bref, tout au long du cinquième opus de H.T.D.W., Krell dévoile résolument une facette mélancolique de sa musique à travers sa splendide voix aux accents r’n’b.

Beechwood

Trash Glamour

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« Trash Glamour » constitue le premier opus de Beechwood. Gravé en 2014 sur une cassette et alors disponible via téléchargement, il vient d’être réédité sur un compact disc, dont l’artwork de la pochette est signé par l’artiste Polina Skoch. Au cours de l’été qui a précédé les sessions, Gordon Lawrence et Isa Tineo ont écouté quasiment en boucle le « Raw Power » des Stooges et « Exile on main street » des Rolling Stones. Une mise en condition qui inévitablement va influencer l’enregistrement de cet essai –immortalisé dans une cave– à l’aide d’un seul micro, tout au long duquel ils ont été accompagnés d’amis et de filles et ont consommé des drogues et de l’alcool. A l’époque, Sid Simmons, le bassiste, ne faisait pas encore partie de l’aventure…

Bref, si on reconnaît bien la patte de Beechwood, les conditions d’enregistrement rudimentaires rendent l’ensemble un peu monocorde. D’autant plus que la plupart des compos sont sculptées dans un rock’n’roll/garage groovy, âpre et corrosif. Outre les références susvisées, le spectre des Troggs rôde tout au long de « (I’m your) other man » et de Kurt Cobain sur « Run away », un morceau qui aurait pu paraître sur une compile de démos consacrée à Nirvana, après le décès du mythique guitariste. Deux plages augurent déjà les albums « Inside the flesh hotel » et surtout « Songs from the land of nod », le tendre « Milk » et le lo-fi « Beach blonde », une compo à la jolie mélodie, signée par Isa Tineo. Enfin, le noisy « Don’t walk away » lorgne vaguement vers Jesus & Mary Chain…

Tullie Brae

Revelation

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Tullie Brae baigne dans la musique depuis qu'elle est haute comme trois pommes. Fille d'un pasteur, dont la famille vivait près des champs de coton et des marais louisianais, elle fréquente l'église dès son plus jeune âge pour y chanter le gospel. Vu ses dispositions musicales naturelles, elle joue de différents instruments, dont le piano, les percussions, la basse et la guitare ; puis elle finit par diriger la chorale. Au fil du temps, Tullie élargit son spectre musical ; ainsi, après le gospel, elle se passionne pour le blues, la soul et même le rock, surtout à travers son énergie.

Les sessions d’enregistrement de cet elpee se sont déroulées au sein de plusieurs studios de Memphis. Elle a ainsi pu bénéficier de la participation de la crème des musiciens locaux, dont le guitariste Jeff Jensen qui assure aussi la production. Miss Brae signe ici dix compos aux textes consistants. 

Après une introduction à l'orgue et au cordes, Tully donne de la voix, une voix puissante, tel un cri, une menace même. Imprimé sur un tempo flemmard, ce blues nous réserve un duel entre les cordes de Jensen et la cigar box de la maîtresse de cérémonie. "Seven bridges" trempe dans le gospel. Le vocal de Tullie affronte les chœurs, alors que l’ensemble frémit aux interventions fragiles des percus, avant que la guitare en slide ne s'échappe de ce climat passionnel. Blues flemmard, "Mississippi rain" se distingue par sa mélodie, une compo à la voix chargée de feeling et tapissée des claviers chaleureux, au cours de laquelle les cordes de Jeff s'envolent. "Break these chains" constitue le sommet de cet opus. Lourd, le climat nous entraîne dans le delta. Le bruit des chaînes sert de percus. Et puis la voix éclate face aux sanglots soufflés par l'harmo de Brandon Santini. Tout aussi remarquable et écrasant, "Devil in Deville" nous conduit, quelque part, dans les collines du Nord du Mississippi, à la rencontre du diable. Canalisé par une solide ligne rythmique, la compo favorise les envolées aux sonorités si métalliques dispensées par la cigar box de Miss Brae. Très jolie ballade bluesy, "Ain't no good" macère au sein d'une atmosphère sombre et menaçante ; Jeff choisit alors ce moment pour nous réserver le meilleur solo de l'album. Et le reste de l'elpee ne souffre d'aucune faiblesse. Remarquable !

The 44s

Twist the knife

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Issue de Los Angeles, The Forty Fours est une formation fondée en 2007. Au départ, elle était drivée par l'harmoniciste d'origine japonaise, Tex Nakamura, et le chanteur/guitariste Johnny Main. Depuis le départ du premier cité, Johnny se réserve le leadership.

"Twist the knife” fait suite à "On the 13th", un opus qui remonte déjà à quatre longues années. Entretemps, le batteur originel, JR Lozano, a cédé le relais à Gary Ferguson, et Eric Von Herzen se charge de la musique à bouche, un musicien qui drive également son propre band, The Atomic Kings. Le bassiste Mike Hightower est cependant, toujours au poste.

Instrumental, "Cuttin' deep" ouvre les hostilités, une compo signée par le band. Un r&b attaqué dans l’esprit de Harpo, qui bénéficie du concours d’un invité de luxe. En l’occurrence le gratteur californien Junior Watson. Et sa présence bonifie l’ensemble. En outre, bonne nouvelle, ce guitariste exceptionnel participe à la quasi-totalité des plages du long playing. A contrario, on regrettera la carence en compos personnelles. D’ailleurs, les sept plages chantées sont toutes des reprises. Dont "Sugar you", un titre écrit et interprété par Richard Berry en 1957. Watson s’éclate sur ses cordes tout au long de ce r&b old school. Le "Howlin'" de Howlin' Wolf (of course) est imprimé sur un tempo assez alerte. La voix forcée de Main adopte celle, rauque et ravagée, du géant du blues, alors que Van Herzen souffle dans son harmo à la manière de James Cotton. Blues lent, "Champagne and reefer" est issu du répertoire de Muddy Waters. La voix est aussi ravagée que celle de Wolf, alors que Van Herzen se réserve de nouveau une brillante intervention. Le "Too many drivers" de Lightnin' Hopkins se distingue par son rythme explosif, mais également par le déchaînement de Watson sur ses cordes, vite rejoint par son collègue souffleur. Dans un autre style, la version du "Rosie" de Doyle Bramhall II (NDR : il a longtemps milité au sein du backing groupe d’Eric Clapton), est imprimée sur un tempo répétitif, une piste caractérisée par un seul envol ; en l’occurrence celui de Johnny Main, particulièrement élaboré, créatif et surtout très réussi. En outre, l’intervention finale de Van Herzen est un réel bonheur et rappelle le regretté Lester Butler, une légende qui nous a quittés voici déjà 21 ans. Blues lent, "Helsinki blues" est signé par l’harmoniciste James Harman (NDR : issu de Los Angeles, ce vétéran est également un de leurs potes). Ce morceau permet encore aux deux solistes de briller de mille feux. Et cet LP ‘artisanal’ s’achève par le "44's Shuffle" de T-Bone Walker, un final sont The 44s s’acquitte avec passion et brio…

Ally Venable

Texas Honey

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Ally Venable est issue de Kilgore, dans le Texas. Un patelin sis pas très loin de la Louisiane. Cette disciple du blues/rock contemporain a commencé à chanter à l'église. Un début de parcours courant, outre-Atlantique. Au cours des dernières années, elle a collectionné les citations locales : meilleure guitariste, meilleur blues band et meilleur album ! Son backing group se résume à une section rythmique réunissant le bassiste Bobby Wallace et le batteur Elijah Owings. Avant de graver "Texas Honey", elle avait déjà publié "No glass shoes", en 2016, et "Puppet show", l'an dernier. A l'instar d'autres jeunes talents féminins, Ally a été signée par le label allemand Ruf. Quant à la production, elle a été confiée au talentueux blues rocker texan Mike Zito. Bien qu'elle soit à peine âgée de 20 printemps, elle signe la majorité de son répertoire.

Des riffs bien ancrés dans le blues/rock amorcent l'elpee. La voix d'Ally est empreinte de douceur. Privilégiant la slide, ses interventions aux cordes sont subtiles. "Broken" révèle son potentiel vocal qui recèle une réserve de puissance évidente. Elle construit progressivement son envol qui finit par faire mouche. Carré et rageur, le titre maître flaire bon le Texas. Véhiculant des accents dramatiques, "Blind to bad love" met bien en exergue l'amplitude vocale d'Ally. Dans le même registre, l'excellent "Come and take it" bénéficie du concours de d'Eric Gales (NDR :  ce blues rocker compte déjà 18 albums à son actif). Les deux musicos se partagent les vocaux et les envols, en toute complicité. La cover dynamique du "Love struck baby" de feu Stevie Ray Vaughan n'est pas vraiment une surprise. La gratte rythmique en slide de Mike Zito alimente l'épopée southern vécue par "One sided misunderstanding". Puissant, le riff de "White flag" évoque le "I love rock'n'roll" de Joan Jett. Une compo qui conjugue une belle dose de panache et de réalisme. "Running after you" concède une dernière chance à Ally d'étaler sa technique en slide ! Et de bonne facture, cet LP s'achève in "Careless love", une piste dont la rythmique est implacable...

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