Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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The Cure
Chroniques

Sean Carney

Hundred Acres

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Sean Carey est surtout connu pour son boulot exécuté auprès de Justin Vernon, chez Bon Iver, comme drummer et vocaliste. Pourtant, le natif d’Eau Claire (NDR : c’est dans le Wisconsin) mène un projet personnel depuis 2014. Et il tient parfaitement la route. « Hundred Acres » constitue déjà son 3ème opus solo.

Maintenant, n’imaginez pas que la musique de Sean Carey se contente de marcher sur les plates-bandes de Bon Iver. Bien sûr, on reconnaît la voix si présente dans les chœurs de ce dernier. 

Et rien que l’image reproduite sur la pochette donne le ton. Elle évoque un retour à la nature. Sculptés dans une forme de folk sophistiqué, les morceaux constituent autant de coins, dans la forêt, à explorer. De balades bucoliques au cœur de l’Amérique des espaces verts. Quoique essentiellement acoustique, l’instrumentation (sèche, violon, piano, …) est riche, mais discrète. Bien sûr, l’ensemble est enrichi par le concours d’une lap steel ainsi que de quelques touches de synthés et d’ingrédients électroniques, que se réserve Justin Vernon en personne. Paisible, la voix de Carey est régulièrement soutenue par des chœurs, auxquels participe Gordi, une jeune songwritrice australienne qui avait reçu l’aide de Carey, lors des sessions d’enregistrement de son premier elpee.

Résultat des courses, l’expression sonore dispensée tout au long de ce « Hundred Acres » navigue à la croisée des chemins de celles développées par Asgeir et Sufjan Stevens. Dommage que l’ensemble manque un peu de punch. Un zeste d’adrénaline aurait permis à cet LP de sortir de l’ordinaire…

 

Frankie Cosmos

Vessel

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Inépuisable vivier de talents, New-York révèle, à une cadence insolente, des artistes en devenir. A l’instar de Greta Kline, aka Frankie Cosmos… Cette artiste au pedigree **** (NDR : c’est la fille de l’acteur Kevin Kline que l’on a vue dans ‘Un Poisson Nommé Wanda’ et de l’actrice Phoebe Cates icône des ‘Gremlins’) vient de graver « Vessel », son troisième opus, un parfait recueil de morceaux anti-folk, aux fortes réminiscences pop.

Bien qu’impliqué comme guitariste chez Porches, elle a trouvé néanmoins le temps de graver 18 pistes, sur ce long playing ; de petites comptines introspectives très susceptibles de toucher votre petit cœur sensible au folk légèrement lo-fi. A conseiller aux aficionados d’Adam Green et de Moldy Peaches…

 

Moonreich

Fugue

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Deux ans après avoir publié un prometteur « Pillars of Detest », Moonreich nous propose son nouvel LP, sobrement intitulé « Fugue ». Force est de constater que du chemin a depuis lors été parcouru. Alors que le précédent album studio restait dans les clous, réservant un Black Metal certes efficace mais plutôt classique et linéaire, les premières minutes de ce dernier effort laisse d’entrée de jeu révéler une plus grande liberté d’écriture. La thématique de la fugue y est déclinée en deux compositions : « Every Time She Passes Away » et « Every Time the Earth Slips Away ». Un même riff froid et corrosif, particulièrement efficient, donne le ‘la’ des deux morceaux. Le premier titre, plus rapide et plus brutal, est particulièrement carré et ravageur. De quoi être agrippé par le col et trainé dans la boue sans avoir pu vous rendre compte de ce qui se produisait. Chargée de colère et de haine la voix de L. dégaine ses paroles, telles des rafales d’AK47. L’expression sonore est sale et graveleuse. D’ailleurs, on ne peut s’empêcher de penser aux prouesses vocales de Mortuus, qui milite chez Marduk et Funeral Mist. La démonstration de force passée, la seconde déclinaison de « Fugue » sonde davantage le Black Metal ambiant. Le temps est étiré en longueur (plus de 180 secondes de plus que le premier morceau) ; et on retrouve ce même riff exploité à l’envi. Les lyrics son prononcés d’abord de manière quasi-robotique, avant de recouvrer, de longues minutes plus tard, vigueur et amertume.

Le reste de l’opus est empreint de cette nouvelle rage fougueuse qui alimente la première piste, lorgnant de temps à autre vers le Brutal Black Metal. Le climat se révèle tour à tour oppressant, apocalyptique ou suffocant. Et les compos sont habillement charpentées afin de ne jamais lasser. Les quelques instants plus paisibles sont immédiatement compensés par une rafale de blast. Tout est constamment réglé pour se servir des antagonismes : des instants calmes mais flanqués d’une double pédale, des riffs qui pourraient paraître joyeux mais bien vite souillés par les éruptions malsaines de L., la permission de reprendre son souffle avant d’être une fois de plus roué de coups. Il s’agit là certainement d’une des forces de cet LP : entretenir une tension permanente entre des opposés. ‘Breath in – til your lungs detonate, bring the poisoned air in every particles, breath out – til your heart is stone-shaped’, phrase qui figure sur le morceau « Rarefaction », reflète le climat géneral de cet opus. Un long combat entre les pulsions de vie et celles de mort, où la grande faucheuse finira inéluctablement par l’emporter. L’évolution du band est ici remarquable et lui confère une identité, autant visuelle (quel artwork !) que musicale. A suivre de près.

Alexis Taylor

Beautiful Thing

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Alexis Taylor est une des têtes pensantes des mythiques geek dansants, Hot Chip. A l’instar de ses compères Joe Goddard et Al Doyle, respectivement chez The 2 Bear et New Build, il s’est autorisé une petite virée en solitaire, pour assouvir ses propres aspirations musicales.

Produit par Tim Goldsworthy (co-fondateur de DFA en compagnie de James Murphy du LCD Soundsystem), « Beautiful Thing » constitue quand même son quatrième opus solo. Une œuvre au cours de laquelle il explore des paysages plus mélancoliques, mais légèrement moins électro-pop. Tel un Elton John indie, Alexis Taylor expérimente, à l’aide de ses claviers foutraques. Tout comme sur les albums de Hot Chip, la première écoute est déroutante. Mais au fil de celles-ci le charme commence à opérer. Et on finit par se laisser griser en savourant le piano sautillant qui dynamise « Beautiful Thing », les notes presque kitsch qui dégringolent tout au long du pluvieux « Out of Time », l’électro dansante et déviante alimentant « Suspicious of Me » ou encore l’atmosphère vaporeuse enrobant la ballade « A Hit Song ». A travers des schémas totalement décomplexés, Taylor est parvenu à tracer une route unique en son genre…

 

Courtney Barnett

Tell Me How You Really Feel

Écrit par

Débarquant d’Australie en 2015, grâce à une pépite indie rock semblable à une météorite, le premier opus de Courtney Barnett était aussi doux qu’acidulé. Alors, pour son second essai, elle était, bien sûr, attendue au tournant ! Et c’est un euphémisme d’affirmer qu’elle confirme tout le bien qu’on pensait d’elle sur ce second elpee. Baptisée « Tell Me How You Really Feel », c’est une oeuvre grandiose de bout en bout. L’à peine trentenaire dévoile une série de titres hymniques jouissant de cette jouissive coolitude rock… Le tout dans un esprit indubitablement 90’s. « Sunday Roast » et son refrain imparable ou «  Charity » devraient figurer au top des vues sur YouTube dans un monde parfait, tellement ils agrègent à merveille aisance mélodique, énergie lo-fi et esprit slacker à la Pavement (« City Looks Pretty »). Les textes sincères et introspectifs sont de plus magnifiquement ciselés et les guitares juste suffisamment saturées… ce qui n’est pas pour nous déplaire. Bref, cet album fait déjà figure de classique du genre…

 

Hyrgal

Serpentine

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Alors que certaines formations de Black Metal sont très prolifiques, d’autres prennent plus de temps à immortaliser leurs morceaux. Hyrgal appartient à cette seconde catégorie. Dix ans qu’il a fallu attendre pour que ce trio français, originaire du Var, vienne à bout de « Serpentine », son premier opus studio ! Le premier contact avec le groupe s’opère par la pochette, une photo saturée en noir et blanc de Fabrice Flandrois, illustrant ce qui pourrait être la devanture d’un chalet, où un drap blanc repose sur une chaise. La personnification de l’absence. Une sensation qui sert également de trame fond à « L’appel », lente et mélancolique introduction de cet LP d’une trentaine de minutes. Une mise à mort, dont chaque pas est rythmé par un claquement de batterie. L’appel vers ce qui bientôt ne sera plus. Les coups s’arrêtent, le temps est suspendu. La ligne est désormais franchie, vous voici de l’autre côté. « Mouroir » ouvre abruptement les hostilités, laissant la place à un Black Metal froid, cru et rapide. Un flot glacé de guitares lancinantes, supporté par un martèlement de batterie qui cogne à en perte haleine et surplombé par de longs râles vindicatifs et écorchés. Les amateurs de la langue de Molière ne pourront qu’être ravis : non seulement les chants sont en français, mais ils sont également correctement et clairement prononcés. Ce qui, il faut l’avouer, n’est pas toujours une gageure dans ce style musical. Le groupe semble d’ailleurs accorder une importance particulière aux lyrics, autant dès lors s’y intéresser. Nul doute, les Français du Sud sont nostalgiques d’un passé à leurs yeux révolus, une transformation dont les conséquences se font aujourd’hui subir. Un substrat tiré de « Till », troisième titre de cet LP : ‘Nous somme les nouvelles chimères/Survivalistes de l’oubli, sous les glaces, en sommeil/à la fonte, restera l’essentiel/Le sang des communs dans la fange et les selles’. Bien qu’atmosphérique, ce premier effort se veut moins un voyage au cœur d’un univers que d’une déclinaison en sept actes d’une thématique qu’est l’incarnation de l’absence, de ce qui n’est désormais plus. Certes classique dans sa forme et ne sortant pas nécessairement des chemins battus, Hyrgal propose ici un Black Metal efficace, hargneux, parsemé de quelques moments épiques et délicieusement cyniques. Autant l’introduction que la sixième piste, « Interlude », démontre une certaine maîtrise de l’atmosphère froide et malsaine, ce qui pourrait peut-être laisser présager pour le futur la création d’un univers davantage personnel, l’instauration d’un décor aseptisé où la vindicte pourrait profondément et pour toujours s’immiscer. 

Paru à l’origine ce 28 octobre 2017, ce long playing a été réédité ce 1er juin 2018, par le label,  Les Acteurs de l’Ombre…

 

Lonely Kamel

Death’s-Head Hawkmoth

Écrit par

Issue d’Oslo, cette formation pratique une forme de stoner teintée tantôt de psychédélisme, de prog ou de blues. A l’origine quatuor, elle a été réduite en trio après le départ de Lukas Paulsen, puis élargie à un quintet à l’issue de la sortie de cet opus, suite au concours de Vegard Strand Hotlthe et Jøran Normann aux grattes, lors des sessions d’enregistrement. « Death’s-Head Hawkmoth » constitue son cinquième elpee, un disque qui fait, bien évidemment, la part belles aux guitares. Riffs, soli, envolées, groove : tout y est, y compris la section rythmique en béton, dans un style qui oscille entre Motörhead, Monster Magnet, Motorpsycho et Triggerfinger. Lors des tempos les plus lents, Black Sabbath, également. C’est solide, musclé et plein de bonnes vibrations métalliques. Les vocaux sont puissants, parfois sataniques, mais jamais beuglés. Mentions spéciales à l’entraînant « Inebriuated » et puis au titre final « The day I’m gone » (11’ quand même), un blues/rock remarquable fracturé par la prog et le psyché… que n’aurait pas désavoué… Led Zeppelin, à son époque…

 

Parquet Courts

Wide Awake!

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En dix ans, Parquet Courts s’est imposé comme une des formations-phare de l’indie-rock américain. Chaque album publié par la bande à Andrew Savage et Austin Brown recueille des critiques favorables. Et son quatrième opus, « Wide awake ! », ne déroge pas à la règle. 

Pour ce nouvel essai, les New-yorkais d’adoption ont reçu le concours de Danger Mouse (Red Hot Chili Peppers, U2, Te Black Keys, A$AP Rocky), à la production. Un choix clairement indiqué, tant cet « Awake Wide ! » constitue l’elpee de Parquet Courts le plus hétéroclite, gravé à ce jour. Les influences 70’s, 80’s et 90’s sont légion et entrent en fusion.

L’album s’ouvre par deux morceaux sculptés dans le punk/rock (« Total Football », « Violence »). « Mardi Gras Beads » baigne davantage dans le rock californien. Epuré, « Almost Had to Start a Fight/In And Out of Patience” aurait pu figurer au répertoire de Beck. Le refrain est repris en chœur tout au long de « Freeebird 2 ». Le langoureux « Normalisation » concède des accents psychédéliques. Le titre maître trempe dans le funk. « Extinction » adopte un profil carrément rock’n’roll alors que « Tenderness » campe une ballade balisée par le piano.  

Tout au long de ce long playing, on est tellement impressionné par la maîtrise affichée par le band, qu’on en reste scotchés. La majorité des morceaux mériteraient de se transformer en tubes. Assurément un des albums de l’année !

 

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